BLEIME

Prononciation : blê-m'
Nature : s. f.

Terme de vétérinaire. Irritation de la chair du pied du cheval et, en général, des quadrupèdes monodactyles, due à une contusion de la sole des talons, et quelquefois de celle des quartiers. On a indiqué le mot grec, coup ; mais on manque d'intermédiaires pour assurer que ce mot du langage vulgaire soit d'origine grecque.
D'ailleurs il y a, dans l'ancienne langue, un mot qui s'y rapporte, c'est blesmer, qui signifie léser, blesser : XIIe siècle : E li adnes [âne] al prudumme estut deled le cors, e li leuns après, e nient nel tuchad, ne del cors puis tant ne quant ne blesmad , Rois, 289
Kar del pied jusque en amunt ne fud en sun cors nule blesmure ne nule mesfaçun , ib. 171 Le même sens est donné à blêmir dans ce vers de la Chanson de Roland : La gent de France iert [était] blessée et blesmie. Ce mot est dans le provençal, blesmar, blasmar, avec le même sens. Enfin c'est le même que l'anglais blemish, tache, défaut. L'orthographe bleime, l'anglais blemish montrent que l's peut ne pas être organique ; dès lors le mot se rattache à blême (voy. ce mot), venant d'un mot allemand qui signifie tache bleue et de là contusion, lésion.