BISE

Prononciation : bi-z'
Nature : s. f.

1Vent du nord en général, et, en particulier, vent du nord-nord-est, qui souffle très souvent en France, et qui est très sec. Sec comme bise.
Nous avons une bise qui tue mes mains , SÉV. , 261
Comme tombe une fleur que la bise a séchée , MALH. , VI, 20
Sous ses haillons où s'engouffre la bise, C'est du pain qu'elle attend de nous , BÉRANG. , Pauvre femme.
2Poétiquement, l'hiver.
[La cigale] ... Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue , LA FONT. , Fab. I, 1
XIIIe s.
Un vent qu'en apele byse , VILLEH. , CIV
Car si l'avoit ateinte et la pluie et la bise , Berte, XXX
Car mout [elle] doutoit la bise, qui ert [était] tranchans et fiere , ib. X
Pour bise ne pour autre affaire Ne laist son dout [doux] servise à faire La tresmontaigne [étoile polaire] clere et pure , Lais inédits, p. III
Mes meintes foiz az oï dire Qu'après grant joie vient grant ire Et après Noel vente bise , Ren. 13649
Harenz frès orent à planté, Que bise avoit auques venté Trestoute la semaine entiere , ib. 776
L'autre porte qui est assise à main senestre, devers bise , la Rose, 3892
Ahi ! prelat de sainte Yglise, Qui, por garder les cors de bise, Ne volez aler aus matines , RUTEB. , 95
XVe s.
Après chault temps, vient vent de bise , CH. D'ORL. , Rondeau.
XVIe s.
Le vent de septentrion, dit communement la bize, est froid et sec , PARÉ , Introd. 13
Nous nous garderons d'entreprendre telle besongne, lorsque la bize souffle rudement , O. DE SERRES , 661
Provenç. bisa, biza. Il y a dans le haut-allemand bîsa, pîsa ; suisse, bise, beise, la bise ; dans le bas-breton, bîz, vent du nord-est ; mais on ne sait si ces mots viennent du roman ou si le roman en vient. Diez se demande d'autre part si la bise ne serait pas dite de l'adjectif bis, de couleur sombre, comme en latin aquilo, l'aquilon, vient de aquilus, de couleur foncée. L'origine, comme on voit, est douteuse. Poisson de mer presque semblable au thon.