BIFFER

Prononciation : bi-fé
Nature : v. a.

1Effacer ce qui est écrit. Biffer une ligne. 2Terme de palais. Annuler en effaçant. Biffer une clause d'un contrat. 3Rompre. Il était dit dans les statuts des orfévres que l'on bifferait ou romprait les poinçons des maîtres après leur décès. XVIe s.
Portrait si biffé qu'il ne s'est peu faire cognoissable , MENARD , Hist. de du Guesclin, p. VI
Origine incertaine. Ménage le tire de blafard, parce qu'en effaçant on rend pâle ; ce qui ne peut se soutenir.
On a, dans le bas-latin et l'ancien français, biffa et biffe, signifiant une sorte d'étoffe qui était rayée : Et de biffes camelines raiées , Liv. des mét. 393
Qui veut sa robe de brunete, D'escarlate ou de violete, Ou biffe de bone maniere , BARBAZAN , Fabliaux, éd. MÉON, t. IV, p. 179 Il serait possible que de là on eût fait biffer pour rayer.
Il y a aussi un composé des-biffer : Au reste sont plus esgriffées, Plus usées et desbiffées Que les vieilles chausses d'ung poste , J. MAROT , V, 216
On a dit aussi biffe pour tromperie : Il veoid que ce n'est que biffe et piperie , MONT. , I, 330 Mais biffe est ici pour beffe, beffle, ital. beffare, beffa. Enfin biffe avait aussi le sens de pierre fausse.