BIENFAITEUR, TRICE

Prononciation : biin-fè-teur, tri-s'
Nature : s. m. et f.

1Celui, celle qui a fait du bien.
Les nations ne doivent porter le deuil que de leurs bienfaiteurs , MIRAB. , Collect. t. III, p. 394
Ciel ! pourquoi Mahomet fut-il son bienfaiteur ? , VOLT. , Fanat. III, 8
Je chante en secret ma bienfaitrice, dans le fond de nos déserts , VOLT. , Lett. Mme de Choiseul, 9 avril 1770
Bienfaitrice à la fois et maîtresse du monde , SAURIN , Spartac. V, 5
2Adj.
Va, je ne blâme pas ce luxe bienfaiteur Et ce faste public qui prouve la grandeur , M. J. CHÉN. , Gracq. II, 3
XIIIe s.
Li tierz soit por mes bienfetors , Ren. t. III, p. 299
XIVe s.
À savoir mon se l'en doit plus rendre grace et retribucion à son bienfaiteur ou donner à son ami , ORESME , Eth. 261
Les bienfaiteurs aiment plus leur beneficiés que les beneficiés ne ament ceulx qui leur ont bien fait , ORESME , ib. 273
Telz benefatteurs pevent legierement recevoir d'autres aussi grans biens ou plus grans , ORESME , ib. 255
XVe s.
Le roy Loys unziesme, nostre maistre et bienfaicteur , COMM. , Prol.
XVIe s.
Comment luy rendroyent-ils graces comme à leur bien-facteur ? , CALV. , Inst. 663
Parens et amis, ou bien-faiteurs , LANOUE , 73
Ceulx qui reçoivent des bienfaicts sont tenus d'en rendre la pareille à leurs bienfaicteurs , AMYOT , Philop. 37
Bienfaitteur , AMYOT , Flamin. 20
Bienfaire ; provenç. befachor, befaytor ; anc. catal. benfactor ; anc. espagn. bienfechor ; espagn. mod. bienhechor ; portug. bemfeitor ; ital. benefattore. Du temps de Vaugelas et de Chifflet, l'usage hésitait entre bienfaiteur, bienfaicteur et bienfacteur. Bouhours déclare qu'il a entendu, toute sa vie, dire bienfacteur à des gens qui parlaient bien ; Chifflet dit que bienfactrice est meilleur que bienfaitrice ; et on lit dans Voiture, Lettre 125 : " Bienfaiteur n'est pas bon ; bienfacteur ne se dit guère ; dites, s'il vous plaît, bienfaicteur. " Aujourd'hui l'usage est fixe ; et on ne dit que bienfaiteur, bienfaitrice. Bienfaiteur est dans Malherbe. BIENFAITEUR. - REM. Au XVIIe siècle, on écrivait bienfacteur.
Béni soit mon bienfacteur, puisque M. de Vaugelas le veut ainsi, et que pour si peu de chose, il ne faut pas se mettre mal avec ses amis , BALZ. , Lett. à Chapelain, 4 janvier 1639, liv. XX, lett. 1
Celui [cardinal de Richelieu] qui, ayant trahi Sa Majesté bienfactrice.... , MONTCHAL , Mém. t. I, p. 3 La Bruyère écrivait aussi bienfacteur et bienfactrice (voy. l'édit. Walkenaer, p. 741).