BESOGNER

Prononciation : be-zo-gné
Nature : v. n.

Faire de la besogne. Nous avons bien besogné. Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir, et ne se dit plus que dans le style familier et avec quelque ironie. Autrefois il était le verbe du substantif besogne et, s'employant pour faire ce qu'on avait à faire, il n'avait aucune nuance péjorative.
L'absence des tenants qui n'avaient plus à besogner au delà de ce qu'ils avaient fait, laissa l'entrée de la chambre [du roi] plus libre , SAINT-SIMON , 405, 53
Laissons-la [Mme des Ursins] triompher et besogner à son aise, et retournons en arrière , SAINT-SIMON , 144, 105
XIIe s.
Li riche besuignerent e fameilerent [eurent faim] , Liber psalm. p. 42
XIIIe s.
Bel-Acueil en la chambre va ; Et la vielle ausinc se leva, Pour besoigner par la maison , la Rose, 14885
Aucune foiz estoit que les messages venoient à li ; par quoi il nous convenoit besoigner à la matinée , JOINV. , 267
XIVe s.
Aucuns excellens et bien besoignans selon vie attive tiennent que felicité est honnour , ORESME , Eth. V, (9).
XVe s.
Ils bastirent leur siege bien et sagement et se pourveurent petit à petit de tout ce qui leur besognoit , FROISS. , II, II, 12
Avec telz gens veulx-je avoir à besongner qui tiennent ce qu'ils promettent , COMM. , I, 12
XVIe s.
Ceux qui besongnerent des mestiers , AMYOT , Sol. 45
Menuisiers besongnans d'yvoire , AMYOT , Péricl. 25
Besogne ; provenç. besonhar, besoignar ; anc. catal. bessognar ; ital. bisognare.