BAUDRIER

Prononciation : bô-dri-é
Nature : s. m.

Bande de buffle ou d'étoffe qui, mise en écharpe, sert à porter un sabre, une épée. Baudrier d'Orion, les trois étoiles qui sont en ligne droite au milieu de la constellation d'Orion. XIIe s.
Li cuens Reynaus en monte le degré, Gros par espaules, greles par le baudré , Romancero, p. 50
Et jo te dunasse vint sicles d'argent e un baldrei , Rois, 187
XIIIe s.
Cuir à faire coroies et baudrés , Liv. des mét. 300
Si come un baudré que on apele couverture à sele de cheval ou de roncin , ib. 210
De la maisnie estoient dant Pieron le barbé, Celui qui ot la barbe dusqu'au neu du baudré , Ch. d'Ant. V, 882
XVe s.
On dit que plus vous ne daignez Porter tissus, ne gris, ne vers, Mais seulement vous vous ceignez De baudiers de velours couvers , COQUILL. , Droits nouv.
Provenç. baudrat ; portug. boldrié ; ital. budriere. Dans le vieux français, plusieurs formes sont confondues, baldrei, baldré ou baudré, et baudrier. Baldrei vient de l'anc. haut-allem. balderich, anc. angl. baldrick, baudrick ; baldré, baudrat est un participe passif formé d'un bas-latin balteratus, et signifie l'endroit du corps ceint par le baudrier ; enfin baudrier dérive d'un bas-lat. balterarius, de balteus, baudrier. L'ancien haut-allemand dérive de l'anglo-saxon belt, anglais belt, ancien nord belti, sans doute emprunté au latin balteus. Le portugais et l'italien proviennent du français. Baudrier ou baudroier était, non le baudrier, mais celui qui préparait les baudriers, ou du moins celui qui préparait les cuirs, et ce nom aura par abus passé de l'ouvrier à la chose ouvrée.