BAT

Prononciation : bat' ; le t se prononce, d'après Legoarant, t. I, p. 411
Nature : s. m.

Terme de pêche, qui n'est d'usage que pour mesurer la grandeur d'un poisson. On dit qu'il a tant de décimètres entre oeil et bat, c'est-à-dire entre la tête et la queue. XVIe s.
Par equale distance de queue et bac , RAB. , Pant. IV, 34
Qui souslevoient sur le bat de leurs ailes , REMY BELLEAU , Bergeries, t. I, p. 101
Battre ; le bat, ce qui bat. Cette étymologie, certaine pour le bat de l'aile, devient très probable pour le bat de la queue, malgré l'orthographe bac qui est dans Rabelais ; elle est, en tout cas, bien préférable à l'étymologie celtique, bod, queue, en gaélique. 1Selle grossière de forme et d'étendue variables, à l'usage des bêtes de somme. Mettez le bât sur l'âne.
J'ai un cheval de bât qui porte mon lit , SÉV. , 52
Nous aperçûmes de loin deux chevaux de bât couverts de jaune , SAINT-SIMON , 12, 140 Fig. Un cheval de bât, un homme chargé, dans une maison, dans une communauté, des besognes que les autres refusent.
2Fig.
Et toi, peuple animal, Porte encor le bât féodal , BÉRANG. , Carabas. Chacun sait où le bât le blesse, chacun connaît ce qui dans sa position est cause d'embarras ou de souffrance.
Vous savez bien où le bât me fait mal , MOL. , Sgan. 21
XIIIe s.
Et se l'on porte monnoy sur bast ; la monnoy ne doit riens ; mais le bast doit quatre deniers , Liv. des mét. 447
XVe s.
Je sçai mieux où le bas m'en blesse Que vous ne un autre ne sçavez , Patelin
XVIe s.
Six jours après je la trouvay hors la porte de Montmartre, sur un cheval de bast, jambe deça, jambe de là.... , PARÉ , XIX, 25
Ce qui vous suit de noblesse Est de ceux que le bast blesse [qui sont tarés] , Sat. Mén. p. 191
Provenç. bast ; espagn. et ital. basto ; bas-latin, bastum ; du radical qui est dans le verbe grec porter, bête de somme, qui est aussi dans bâtir, bâton, et qui a le sens de soutenir, porter, affermir.