BAS

Prononciation : bâ ; l's se lie : un bas à jour, dites : un bâ-z à jour
Nature : s. m.

Vêtement qui sert à couvrir le pied et la jambe. Bas de laine, de coton, de soie. Bas drapés, bas fabriqués avec de la laine un peu lâchement filée. Familièrement et fig. Cela lui va comme un bas de soie, lui convient, l'arrange parfaitement. Bas bleu, nom que l'on donne par dénigrement aux femmes qui, s'occupant de littérature, y portent quelque pédantisme. Cette femme est un bas bleu, ces femmes sont des bas bleus. Terme de mer. Bas de soie, ou, simplement, bas, barre de fer où il y a des liens pour mettre aux mains et aux pieds de ceux qui se conduisent mal. XVIe s.
Les hommes estoyent habillez à leur mode : chausses pour les bas, d'estemet, ou sarge drapée , RAB. , Gar. I, 56
Panurge sort de la soutte en chemise, ayant seullement ung demy bas de chausses en jambe , RAB. , Pant. IV, 67
Bas ; car le bas est, comme on voit par les exemples, la partie inférieure de la chausse, picard, bô. L'expression bas bleu vient d'Angleterre (blue stocking) : en voici l'explication : " Il y avait, vers 1781, un club littéraire qui se réunissait chez Mme Montague, et que l'on appelait le club des bas-bleus (bleue-stocking club). Un des membres les plus éminents de cette société était M. Stillingfleet, dont l'habillement se distinguait par un caractère de gravité ; on remarqua surtout qu'il portait toujours des bas bleus. Telle était l'excellence de sa conversation que, quand il lui arrivait d'être absent, on avait coutume de dire : Nous ne pouvons rien faire ce soir sans les bas bleus. Peu à peu des clubs s'établirent sous ce titre, et le terme de bas bleu s'étendit aux femmes de lettres ridicules et pédantes, ESQUIROS, Revue des Deux Mondes, avril 1860, p. 778. " 2. BAS. Ajoutez : 2Anciennement, bas attaché, bas qu'on attachait au haut-de-chausses avec des aiguillettes.
Le roi, extrêmement paré de pierreries et plus de bonne mine, avec une cape, un bonnet et un bas attaché, menait la mariée , MALH. , Lexique, éd. L. Lalanne.
XVIe s. Ajoutez :
J'ai volontiers imité cette desbauche qui se veoid en nostre jeunesse au port de leurs vestements : un manteau en escharpe, la cape sur une espaule, un bas mal tendu, qui represente une fierté desdaigneuse de ces parements , MONT. , I, 192