BARDE

Prononciation : bar-d'
Nature : s. f.

1Ancienne armure faite de lames de fer, qu'on plaçait sur le poitrail d'un cheval. 2Tranche de lard fort mince dont on entoure les chapons, les bécasses, les perdrix, etc. qu'on fait rôtir.
J'y vois de gros gardes, Cuirassés de bardes, Portant hallebardes De sucre candi , BÉRANG. , Cocagne.
3Longue selle faite uniquement de grosses toiles piquées et bourrées. XVIe s.
Leurs chevaux semblablement bardez de bardes de fer et de cuivre , AMYOT , Crassus, 45
Bas-lat. barda, bât ; provenç. bardel, bât ; espagn. et portug. albarda, bât et barde de lard ; ital. barda, caparaçon ; de l'arabe bardahet, couverture que l'on met sur le dos d'une bête de somme avant d'y placer le bât, du persan barzahet. Certaines provinces emploient pour selle le mot aubarde, qui correspond à l'espagnol et portugais albarda.
On trouve, dans l'ancien français, barde avec le sens de arme offensive : Plantant une grosse javeline de barde qu'il portait en la main , AMYOT , Marc. 8 En ce sens, barde vient de l'allemand Bart, hache. Du sens de selle, caparaçon, on a passé à celui d'armure défensive du cheval, et enfin à celui de pièces de lard avec lesquelles on couvre une volaille.
1. BARDE. - HIST. XVIe s. Ajoutez :
Si vous marchandez un cheval, vous lui ostez ses bardes, vous le voyez nud et à descouvert , MONT. , I, 324
Poëte chez les anciens Celtes. Fig. Poëte héroïque et lyrique. Bardus, barde, mot celtique : bas-bret. barz, bars ; kymri, barz ; gaél. et island. bard, poëte, chanteur.