BARBARIE

Prononciation : bar-ba-rie
Nature : s. f.

1Manque de civilisation, grossièreté. Les siècles de barbarie. Charlemagne lutta contre la barbarie. Le théâtre était dans la barbarie. Barbarie de langage.
Cette critique nous ferait retomber dans la barbarie , BOSSUET , Disc. acad.
Il reste à examiner ce qu'on appelle la barbarie des cantiques saints , CHATEAUB. , Génie, IV, I, 3
Le czar Pierre né dans une barbarie si épaisse, et, avec tant de génie, créateur d'un peuple nouveau , FONTEN. , Sébastien.
Que diraient les Despréaux, les Racine, s'ils voyaient les barbaries de nos jours ? , VOLT. , Lettr. Damilaville, 4 sept. 1767
2Inhumanité. Faire un acte de barbarie.
Tour à tour la victoire auprès d'eux en furie A poussé le courroux jusqu'à la barbarie , CORN. , Sertor. I, 1
3Action barbare, cruelle. Les barbaries commises par les Espagnols dans le nouveau monde.
Tes remords te suivront comme autant de furies, Tu croiras les calmer par d'autres barbaries , RAC. , Brit. V, 6
Ne m'imputez point la barbarie que nous allons faire , SÉV. , 347
Qui ne pensait que les furies Viendraient des abîmes d'enfer En de nouvelles barbaries Employer la flamme et le fer , MALH. , III, 2
4Le pays des barbares. BARBARIE, CRUAUTÉ, FÉROCITÉ. La locution bêtes féroces indique une des principales nuances entre ces trois mots. En effet, la férocité ajoute à l'idée de cruauté, celle de quelque chose de sauvage ; et l'on ne pourrait se servir que de férocité dans une phrase comme celle-ci : la férocité qui faisait contempler aux Romains les combats des gladiateurs. La barbarie tient à l'état des moeurs et implique la grossièreté et l'ignorance qui rendent les esprits sourds et immiséricordieux. Cruauté ne renferme aucune de ces idées accessoires ; c'est là ce qui le distingue des deux autres. XVIe s.
Chascun appelle barbarie ce qui n'est de son goust ni usage , CHARRON , Sagesse, II, 2
Le latin barbaries, de barbarus, barbare.