BANQUE

Prononciation : ban-k'
Nature : s. f.

1Originairement, commerce d'argent qu'on fait remettre de place en place, d'une ville à une autre, par le moyen des lettres de change ; établissement qui se chargeait de l'argent des particuliers pour le faire valoir à gros intérêts ou le mettre en sûreté. Faire la banque, faire ce genre de commerce.
Celui-ci faisait la banque ; celui-là se donnait au commerce de la mer , MONTESQ. , Lett. pers. 115
2Aujourd'hui, entreprise commerciale dont les opérations consistent à recevoir, conserver, payer, emprunter et prêter les capitaux sous forme de monnaie métallique ou autre. Commerce consistant à effectuer pour le compte d'autrui des payements et recettes, à faire l'escompte, à acheter et revendre soit des valeurs commerciales, lettres de change, billets de commerce, effets publics, actions d'entreprises industrielles et tous titres créés pour l'usage du crédit, soit des monnaies ou matières d'or et d'argent. Plus spécialement, les établissements par actions qui se livrent à ces diverses opérations. Maison de banque, maison qui s'occupe principalement des opérations de banque. Banque, lieu où se font les opérations. Banque de circulation, celle qui émet des billets dits de banque. Banque de dépôt et de virement, celle qui reçoit des valeurs et les transfère par ses écritures. Banque d'escompte, celle qui fait des avances sous forme d'escompte et de prêt direct. Banque publique : 1° celle qui fait ses opérations non avec des clients particuliers, mais avec le public en général, à des conditions réglées par des dispositions générales ; 2° institution de banque fondée, dirigée ou dotée par les États ou villes qui en sont le siége. Banque agricole, celle qui fait des avances à l'agriculture. Banque foncière, immobilière, territoriale, celle qui fait des prêts garantis par des immeubles. Banque mobilière, celle qui fait des avances sur valeurs mobilières. Banque hypothécaire, celle qui fait des prêts sur hypothèque. 3Terme d'imprimerie. Payement fait aux ouvriers chaque semaine ou tous les quinze jours. 4Terme de jeu. Somme qu'a devant lui le joueur qui tient contre tous les autres. Faire sauter la banque, gagner tout l'argent de celui qui tient le jeu. Fig.
Ces gens jouent contre le peuple, mais ils tiennent la banque contre lui , MONTESQ. , Esp. XXV, 6
5Au jeu du commerce, les cartes qui composent le talon. 6Terme de métiers. Instrument qui porte les bobines du passementier. Banc sur lequel travaille l'ouvrier en peignes. Billot où est la meule d'acier sur laquelle se font les pointes d'épingles. 7Terme de marine. Navire qui fait la pêche de la morue sur le banc de Terre-Neuve. 8Populairement, les artifices des bateleurs, le charlatanisme. XVIe s.
Le charlatan estoit monté sur un petit eschaffaut jouant des regales [sorte d'épinette] et tenant banque comme on en voit assez à Venise en la place St-Marc , Sat. Mén. p. 3
Ital. banca ou banco, banque, proprement banc (voy. BANC), à cause du banc qu'avaient à l'origine, comme beaucoup d'autres marchands, ceux qui faisaient le commerce d'argent. BANQUE. 2Ajoutez : Banque d'émission, banque qui émet des billets.
En principe, les billets d'une banque d'émission devraient être représentés par son stock métallique et par son portefeuille exclusivement composé de bonnes lettres de change , DE WARU , Enquête sur la Banque, p. 205
9Autrefois, lieu public où se faisait le trafic d'argent, où s'assemblaient les banquiers, les marchands, et où il se débitait, comme maintenant à la bourse, force nouvelles.
Je serai curieux de vous mander des nouvelles..., et je sais bien que je suis la meilleure banque d'où vous en sauriez avoir , MALH. , Lexique, éd. L. Lalanne