BAGUENAUDE

Prononciation : ba-ghe-nô-d'
Nature : s. f.

1Fruit du baguenaudier, gousse pleine d'air et de petites graines, et qui éclate avec bruit lorsqu'on la presse. 2Ancienne pièce de poésie française faite en dépit des règles et du bon sens ; c'était un amphigouri en vers blancs. 3Niaiserie. XVe s.
Comme peut estre creance d'homme si legiere, que telles baguenaudes soient prinses pour doctrine, ou telles superstitions pour vraye religion ? , A. CHARTIER , l'Espérance, p. 253
Jean respondi à icelle femme : ce sont toutes baguenaudes que tu me bailles , DU CANGE , bagarotinus.
XVIe s.
Entre les especes de nostre poesie, il y en eut une que l'on appeloit baguenaude, qui sembloit avoir esté de propos delibéré introduite en despit de la vraye poesie , PASQUIER , Recherches, liv. VII, p. 594
Nota que les Picards dient que les baguenaudes sont coupplets faicts à la voulenté, contenans certaine quantité de syllabes sans ritme ni raison , FABRI , Art de la rhétorique, liv. II, p. 58, verso.
Origine inconnue. On ne sait même pas si la baguenaude, fruit, a donné le nom à la baguenaude, niaiserie, ou si c'est l'inverse. On serait pourtant tenté de le décomposer en bague-naude (sans pouvoir davantage l'expliquer) à cause du parallélisme possible avec chique-naude (chiquenaude). BAGUENAUDE. - HIST. XVe s. Ajoutez :
Baguenaude [nom d'une combinaison de rimes] , HENRI DE CROY , dans Hist. litt. de la Fr. t. XXIV, p. 451