bafrer

Prononciation : bâ-fré
Nature : v. n.

Manger gloutonnement et avec excès. Populaire. Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. XVIe s.
Il feut conclud que ils les bauffreroient sans rien y perdre , RAB. , Gar. I, 4
On [au] dyable l'ung qui se feignoyt ; c'estoyt triumphe de les voir bauffrer , RAB. , Pant. II, 26
Berry, baufrer ; piémont. bafrè. Diez le rattache à bave, citant le picard bafe, gourmand, et baflier, baveur ; dérivation qui reste douteuse. On trouve dans l'ancien français baufrée, avec le sens de pièce et avec celui de soufflet ; ce qui porte à croire que bafre ou baufre signifie les joues et, par extension, joue pendante, pièce ; d'où viendrait bâfrer avec le sens qu'il a : de la sorte il se rattacherait au radical baf ou bav, lèvres (voy. BAFOUER). Il y a aussi dans le dictionnaire de Thomas, publié par Maï, t. VIII, p. 71 : bafer, grossus, turgidus, ventriculosus ; d'où l'on tirerait sans peine le verbe baferare, s'emplir la panse. Mais rien n'est certain.