ALIBORON

Prononciation : a-li-bo-ron
Nature : s. m.

1Maître aliboron, l'âne.
Arrive un troisième larron Qui saisit maître aliboron , LA FONT. , Fab. I, 13
2Homme ignorant et stupide. C'est un maître aliboron. XIIIe s.
Et herbes i trova assez Dont li rois sera respassez ; Aliboron [sorte d'herbe] i a trové Que plusors genz ont esprové , Ren. 19309
XVe s.
Se je fusse roi ou regent, Ou un grant maistre aliboron, Chascun ostast son chaperon , Mir. de Ste Genevieve
XVIe s.
Sur ce point nous despeschasmes ce maistre aliborum du Fay, justement trompeur et trompé , D'AUB. , Conf. II, 3
Qu'il vienne de là les monts quelque messer qui se vante d'estre un maistre aliboron en tout et guerir de toutes maladies , POISSENOT , l'Esté, f. 110, verso.
Mot d'origine douteuse. Dans le procès d'Egidius de Rays (1440), cité par Du Cange, aliborum est dit signifier le diable ; et dans la dernière édition de Du Cange on propose l'étymologie allemande altboran, de alt, vieux, et de boran, ennemi, le vieil ennemi. Aliboron, on le voit à l'historique, a signifié aussi une plante. Ménage adopte l'opinion de Huet, qui regarde aliborum comme le génitif de alibi, pensant que maître aliborum a été dit premièrement d'un homme fécond et subtil à trouver des alibi. On fait venir aussi ce mot de ari, va, et bourou, baudet (voy. BOURRIQUE). Cette dernière étymologie ne peut se concilier avec aliboron, plante, et avec le sens primitif qui est, personnage de conséquence. ALIBORON. - ÉTYM. Ajoutez : À côté des conjectures diverses dont l'origine de ce mot est l'objet, on peut placer celle de M. , DEVIC, Dict. étym. Il conjecture que c'est le nom du savant arabe Al Birouni, contemporain d'Avicenne et qui a joui d'une grande réputation durant le moyen âge ; or, un des sens principaux d'aliboron est celui de docteur, d'habile homme, jusqu'à ce que, l'appellation prenant une teinte d'ironie, un beau jour sous la plume de La Fontaine, maître Aliboron devint maître baudet. Dans le Testament de maistre Pathelin, l'apothicaire s'appelle maistre Aliborum.