AIGREFIN

Prononciation : è-gre-fin
Nature : s. m.

1Homme rusé et qui vit d'industrie. Défiez-vous de cet homme, c'est un aigrefin. 2En termes d'histoire naturelle, aigrefin ou ègrefin, poisson du genre gade, à chair blanche, ferme et feuilletée ; on dit aussi ânon ou aiglefin. XVI. s.
Merlans, esperlans, aigrefins, turbots , PARÉ , XXIV, 22

Aigrefin, au sens d'homme rusé et même de poisson, vient peut-être d'aigre faim, faim très vive (homme, poisson affamé) : Que le faucon ait aigre fain , Modus, f° LXXXI Il y a eu une monnaie dite aiglefin ou aigrefin, du persan aschrafi.
AIGREFIN. Ajoutez : - REM. On a dit aigrefine au féminin.
On t'en a fait de rudes [expériences], et les aigrefins de nos régiments et les aigrefines de nos garnisons tiennent d'assez bonnes écoles pour vous autres enfants de Paris , DANCOURT , le Prix de l'arquebuse, sc. 14
Ajoutez : Ce mot, dans ses trois acceptions, est jusqu'à présent inextricable. Ces trois acceptions sont dans l'ordre de leur histoire : pièce de monnaie (voy. AIGREFIN, à l'étymologie, dans le Dictionnaire) ; sorte de poisson ; homme rusé. La plus ancienne est la monnaie ; pour la seconde on a des exemples du XVe siècle : Il luy fault anguilles, barbeaux, Carpes et brochetz bons et fins, Aloses, lamproyes, daulphins, Esturgeons, macquereaulx, muletz, Congres, merluz et esgrefins, Rougetz, turbotz et quarreletz, Rec. de farces, etc. P. L. Jacob, Paris, 1859, p. 407. Pour la troisième, les exemples sont du XVIIe s. M. Devic, Dict. étym., pense que peut-être c'est la monnaie qui a suscité le troisième sens. Mais la dénomination du poisson, comment la rattacher aux deux autres ? à moins de quelques nouveaux textes, le mieux serait de faire trois articles séparés des trois acceptions, et de ne noter une étymologie que pour la monnaie, qui en a une assurée.