ABJECTION

Prononciation : ab-jèk-sion
Nature : s. f.

1État abject. Tomber dans l'abjection. Il vécut dans la débauche et l'abjection. L'abjection des sentiments. Pour abaisser notre orgueil et relever notre abjection.
On ne remarque chez cette nation [espagnole] aucun de ces tours de phrase qui annoncent l'abjection des pensées , CHATEAUB. , Abenc. 165
2Terme de dévotion. Humiliation profonde devant Dieu. Une abjection volontaire et une entière abnégation des honneurs. 3En style de l'Écriture, rebut. L'opprobre des hommes et l'abjection du peuple. ABJECTION, BASSESSE. Signification commune, défaut d'élévation. La nature a placé des êtres dans l'élévation et d'autres dans la bassesse ; mais elle ne place personne dans l'abjection : l'homme s'y jette de son choix ou y est plongé par la dureté d'autrui, GUIZOT., En effet bassesse exprime un état où l'on est, et abjection un état où l'on a été jeté. La bassesse, quoique aussi grande que l'abjection, n'excite pas autant de mépris. Dans la bassesse on est au plus bas degré, dans l'abjection on inspire la répugnance et le dégoût. Dans la bassesse du langage et des sentiments, il y a manque de dignité ; dans l'abjection, il y a quelque chose d'ignominieux qui repousse, LAFAYE. Provenç. abjectio ; ital. abbiezzione ; de abjectione, de abjectus (voy. ABJECT).