BLASPHÈME

Prononciation : bla-sfê-m'
Nature : s. m.

1Paroles qui outragent la Divinité, la religion. Dire, proférer des blasphèmes.
Il vomit des blasphèmes contre le Très Haut , BOSSUET , Hist. II, 5
Si par son repentir, favorable à soi-même, De sa voix sacrilége il purge le blasphème , ROTR. , St-Gen. V, 6
Une femme.... peut-on la nommer sans blasphème ? , RAC. , Athal. II, 2
2Par exagération, propos qui outrage. C'est un blasphème de parler de lui comme vous faites. Il disait qu'on n'avait jamais proféré un si grand blasphème contre l'amitié. XIIe s.
Il ne dit mie blafeme el saint Espirit, et por ceu a-il conceut misericorde , ST BERN. , 558
XIVe s.
Pour diffamer l'estat d'icellui suppliant et donner blaspheme deshonnorable , DU CANGE , blasphemare.
XVIe s.
De peur qu'ils ne tresbuchent en blaspheme irremissible , CALV. , Instit. 782
Blasphemes enormes , CALV. , ib. 783
Oh ! l'ay je dit ? helas ! l'ay je songé, Ou si pour vray j'ay dit blaspheme telle , LA BOËTIE , 446
Voy. BLASPHÉMER ; provenç. blaspheme. S'est dit quelquefois pour blasphémateur.
De Volgesie enfin, cette aimable héritière.... Qui m'a vu renverser, sacrilége et blasphème, L'image du soleil qu'elle adore elle-même , PEYRAUD DE BEAUSSOL , Arsacides, III, 3 Inusité.