COMÈTE

Prononciation : ko - mè - t'
Nature : s. f.

1Astre qui porte une chevelure lumineuse, qui est constitué par une matière excessivement rare et qui décrit autour du soleil des orbes extrêmement allongés.
Les comètes, que l'on a regardées pendant longtemps comme des météores, sont des astres semblables aux planètes : leurs mouvements, leurs retours sont réglés suivant les mêmes lois que les mouvements planétaires , LAPLACE , Exp. II, 5
Le sentiment de ceux qui croient les comètes des corps éternels, aussi bien que les planètes, avait été attaqué par M. Montanari, sur ce fondement que cette dernière comète, qui avait disparu à la fin de février 1681, n'était point alors assez éloignée de la terre pour disparaître par son éloignement seul et qu'il devait y avoir eu, par conséquent, quelque dissolution physique , FONTEN. , Guglielmini.
Il conclut que les comètes sont des corps éternels et que leurs retours peuvent être prédits, ce qui est aussi la pensée de M. Cassini , FONTEN. , Bernoulli.
Je suis très persuadé qu'aucune comète ne peut prendre aucune planète en flanc , VOLT. , Lett. Dionis du Séjour, 18 janv. 1775
Tout Paris, en dernier lieu, était en alarmes ; il s'était persuadé qu'une comète viendrait dissoudre notre globe le 20 ou 21 de mai , VOLT. , Lett. Hamilton, 17 juin 1773
Dès qu'une comète a été observée trois fois avec exactitude, on calcule ses éléments paraboliques, et l'on s'empresse de rechercher si, dans le catalogue où de tout temps ces éléments sont inscrits et qui s'appelle le catalogue des comètes, il en est d'à peu près semblables à ceux qu'on vient de trouver , ARAGO , Annuaire, 1832, des comètes, p. 172 Vin de la comète, vin recueilli dans l'année 1811, célèbre par l'apparition d'une très belle comète, par la chaleur de l'été et de l'automne, et par l'excellence de ses vins.
2Terme d'artifice. Fusée à queue lumineuse. 3Sorte de ruban étroit qui a beaucoup d'apprêt. 4Terme de blason. Étoile à huit rayons, qu'on peint avec une queue flamboyante. 5Jeu de cartes qui se joue avec deux jeux de cartes, dont on ôte les as ; l'un des deux jeux est de couleur noire, l'autre de couleur rouge ; il y avait une des cartes sur laquelle était représentée la figure d'une comète ; ou bien on faisait servir de comète le neuf de carreau dans le jeu noir, et le neuf de trèfle dans le jeu rouge.
Il est vrai qu'elle a fait plus de progrès dans la comète et le trictrac que dans l'orthographe, et qu'elle met la comète pour neuf plus aisément qu'elle n'écrit une lettre , VOLT. , Lett. d'Argental, 23 janv. 1763
Comète fut d'abord du féminin ; au XVIe s. on fit ce mot du masculin pour se conformer à l'étymologie ; plus tard on hésitait entre l'ancien genre et le nouveau : Ces affreux comètes, Merc. de Fr. oct. 1779, p. 23 ; aujourd'hui comète est du féminin. XIIIe s.
Mes les cometes plus n'aguetent [regardent], Ne plus espressement ne gietent Lor influances ne lor rois [rayons] Ne sor rois que sor povres hommes , la Rose, 18745
Les cometes font-il [les cieux] paroir, Qui ne sunt pas es ciex posées, Ains sont parmi l'air embrasées, Et poi durent, puis que sont faites , ib. 18738
XIVe s.
Aussi fu l'estoile comée [comata, à chevelure], En semblance de feu couée, Qui de feu et d'occision Faisoit pronostication , MACHAULT , p. 68
XVIe s.
Et là notoient les cometes, si aulcuns estoyent , RAB. , Garg. I, 23
Provenç. espagn. et ital. cometa ; du latin cometa, en grec, chevelure : astre chevelu.