elancement

Prononciation : é-lan-se-man
Nature : s. m.

1Action de s'élancer.
L'impétueuse ardeur de ces transports nouveaux à son sang prisonnier ouvre tous les canaux ; Son élancement perce ou rompt toutes les veines , CORN. , Attila, V, 6 Espace que fournit le cheval qui s'élance. De longs élancements. Action de faire un élan. Il y a des moments où le vol des oiseaux a des élancements.
2Fig. Ardentes aspirations de l'âme. Les élancements de l'âme vers Dieu.
L'amour est circonspect, il est juste, humble et sage, Il ne sait ce que c'est qu'être mol ni volage ; Et des biens passagers les vains amusements N'interrompent jamais ses doux élancements , CORN. , Imit. III, 5
Il faisait des soupirs, de grands élancements , MOL. , Tart. I, 6
Au IVe siècle, il y avait dans les ouvrages des chrétiens quelque chose d'une passion nouvelle, d'une insatiable curiosité sur les destinées de l'homme, d'un élancement vers le ciel ; c'est ce qui brille dans les ouvrages de Grégoire de Nazianze, d'Augustin , VILLEMAIN , Litt. fr. XVIIIe siècle, 2e part. 2e leç.
3Douleur vive, aiguë, analogue à celle qu'occasionnerait un coup de lance. Cette piqûre me cause de grands élancements dans le doigt. 4Terme de marine.
Inclinaison de l'étrave par rapport à une ligne verticale qui serait élevée à l'extrémité de la quille où l'étrave vient se fixer , JAL , XVIe s.
Ceux qui poursuyvent legitimement des choses legitimes, ont un plaisir non plein de grands eslancemens, ains assaisonné de douceur , LANOUE , 520
Si ces ulceres sont corrosives, l'humeur qui en sortira sera noirastre, avec grande douleur et eslancemens , PARÉ , XI, 20
Cela affoiblit la violence que le courir donne aux premiers coups, et quant et quant oste l'eslancement des combattans les uns contre les autres , AMYOT , Pomp. 99
Les gens de guerre doivent estre comme un corps fort et robuste, qui de soy mesme n'ait aucun mouvement, ains se meuve au bransle et eslancement du capitaine , AMYOT , Galba, 1
Élancer.