VILLEMAIN

Citations

Les lacets subtils de la dialectique argutieuse qu'avait tissée l'oisiveté d'Athènes, Génie de Pindare, X dans ARGUTIEUX, EUSE
C'est le grand asservisseur des rois et des consciences, le grand despote religieux, Grégoire VII, qui favorise la hardiesse et le premier élan de l'esprit populaire, Cours de littér. Moyen âge, t. I, p. 28 dans ASSERVISSEUR
Robert et Guillaume ont la force des armes, et je ne sais quoi d'audacieux qui avait amené la race normande des bords de la Scandinavie jusqu'à Rouen, Londres et Salerne, Cours de littér. moyen âge, t. I, p. 20 dans AUDACIEUX, EUSE
[Les écrivains qui, sous l'empire, ont] caractérisé l'éloquence comme une espèce de brûle-maison, de désordre continuel, Cours de littérature, XVIIIe s. 3e partie, p. 332 de l'ancienne édition, in-8°. dans BRÛLE-MAISON
L'Académie, moins hardie que nos grands écrivains, ou, si l'on veut, plus timide en masse que dans chacun de ses membres, n'avait-elle pas trop restreint les richesses de notre langue, trop ébranché le vieux chêne gaulois ?, Préf. du Dict. de l'Acad. 1835 dans CHÊNE
Les mêmes choses avaient besoin d'être récrites dans le français nouveau qui devenait bien vite vieux et chenu, Préf. du Dict. de l'Acad. 1835 dans CHENU, UE
Il y a donc, pour ainsi dire, une contrefaçon du talent de la parole, dans le Dict. de DOCHEZ. dans CONTREFAÇON
En France, sous le nom de seconde époque, je désignerai le temps où les quatre génies créateurs du XVIIIe siècle n'agissent plus seuls sur la littérature, et sont remplacés ou entourés par le nombre assez grand d'esprits inférieurs mais brillants, qui concoururent à donner aux lettres françaises un caractère de popularité dans toute l'Europe, Litt. fr. 18e siècle, 2e partie, 1re leçon. dans CRÉATEUR, TRICE
Je crois que les allusions à la politique contemporaine sont une faute dans l'art ; ce n'est pas la censure qui doit les empêcher, c'est la critique, Littér. fr. 18e siècle, 2e partie, 2e leçon. dans CRITIQUE
La liste des autorités pour la langue poétique n'est pas moins surannée ; hormis Malherbe et Régnier, il ne s'y rencontrait pas un nom qui pût faire date pour cette poésie sage, ornée, naturelle, où devait atteindre notre langue, Dict. de l'Acad. Préface, p. XII dans DATE
À ces causes particulières [de variations dans la langue française] se joindraient les causes générales, qui, chez toutes les nations, ont amené une sensible différence entre la changeante rapidité des époques de formation et de débrouillement, et la durée de l'époque dernière, où une langue qui semble fixée se développe encore sans s'altérer et acquiert sans rien perdre, Dict. de l'Acad. Préface, p. VIII dans DÉBROUILLEMENT
L'altération du langage s'est rencontrée même sans les causes qui hâtent la barbarie et le déclin social, Dict. de l'Acad. Préface, p. X dans DÉCLIN
Ainsi, au milieu de ces alternatives, de ces flux et reflux de l'usage, le déclin, ou, si l'on veut, la décomposition des idiomes, de temps en temps suspendue, reprend son cours et s'achève, Dict. de l'Acad. Préface, p. X dans DÉCOMPOSITION
L'érudition moderne nous atteste que, dans une contrée de l'immobile Orient, une langue parvenue à sa perfection s'est déconstruite et altérée d'elle-même, par la seule loi de changement, naturelle à l'esprit humain, Préf. du Dict. de l'Acad. dans DÉCONSTRUIRE
Si vous songez, messieurs, quel rang occupait la littérature au XVIIIe siècle, combien on ménageait Voltaire, même en décrétant ses livres...., Litt. fr. XVIIIe siècle, 2e part. 2e leçon. dans DÉCRÉTER
On était si préoccupé des affaires politiques, si dédaigneux de la poésie, que les vers admirables de Thompson restèrent d'abord ignorés du public et du protecteur que le poëte avait invoqué, Litt. fr. XVIIIe siècle, 2e part. 2e leçon. dans DÉDAIGNEUX, EUSE
À travers les obscurités et les défigurements du langage, Essai sur le génie de Pindare, p. 70 dans DÉFIGUREMENT
Il voulait rétablir et réorganiser les grandes monarchies qu'avaient démantelées les guerres de Napoléon, dans le Dict. de POITEVIN. dans DÉMANTELER
Je n'étais pas M. de Luxembourg ou le prince de Conti ; je n'ai pas, malgré les préjugés du rang et les scrupules de la croyance, accueilli dans mon château J. J. Rousseau, philosophe démocrate et libre penseur, Littér. fr. du XVIIIe siècle, IIe part. 2e leçon. dans DÉMOCRATE
Quant aux romans tout à fait inventés, ils étaient continuellement, quelle que fût l'époque et le nom des personnages, la reproduction de l'élégante politesse du XVIIe siècle ; ils ne dérogeaient pas jusqu'à la vérité, Litt. fr. XVIIIe siècle, 2e part. 1re leçon. dans DÉROGER
Vous m'aviez promis de me soutenir, et vous m'avez abandonné ; quelle désertion ! Je vais tourner mes recherches vers un pays étranger, vers une autre littérature ; cependant ce n'est pas une désertion timide de mon sujet qui me conduit en Angleterre, Littér. franç. Tabl. du XVIIIe siècle, 2e partie, 2e leçon. dans DÉSERTION
Les écrits corrects et savants de Port-Royal excitaient dans le parti contraire, jusque-là tout empreint de barbarie scolastique, une émulation de délicatesse, un soin scrupuleux de la diction, qui fut, après les ouvrages de génie, le secours le plus utile à la pureté de la langue, Dict. de l'Acad. Préface, p. XVII dans DICTION
Ils ont tout du théâtre français, excepté cette grâce admirable de diction qui brille dans Esther ou dans Iphigénie, Littér. Tabl. du XVIIIe siècle, 2e partie, 2e leçon. dans DICTION
Quand on voit, dans les témoignages du temps, la réputation du grand Arnauld, et qu'on la cherche dans ses oeuvres, on sent que cet homme fut nécessairement supérieur à ce qu'il a laissé, et qu'il domina surtout par l'action de ses entretiens et de ses disciples et par la rapidité et l'à-propos de ses écrits, Dict. de l'Acad. Préface, p. XVII dans DISCIPLE
Comme il [Richardson] a diversifié le remords et le repentir ! comme il a diversifié le regret du mécompte et la douleur de la faute commise !, Littérature franç. XVIIIe siècle, 2° part. 1re leçon. dans DIVERSIFIER
Elle [une pièce de Thompson] ne fut pas jouée, parce qu'à cette époque la censure dramatique commençait à fleurir en Angleterre, Littér. Tabl. du XVIIIe siècle, 2e partie, 2e leçon. dans DRAMATIQUE
L'Académie, moins hardie que nos grands écrivains, ou, si l'on veut, plus timide en masse que dans chacun de ses membres, n'avait-elle pas trop restreint les richesses de notre langue, trop ébranché le vieux chêne gaulois ?, Dict. de l'Acad. Préface dans ÉBRANCHER
En Angleterre, l'école historique éprouvait le besoin de donner à toutes choses, non pas la régularité formaliste du dix-septième siècle, mais une sorte de justesse philosophique, Litt. franç. XVIIIe siècle, 2e part. 4e leç. dans ÉCOLE
Quand un mérite semblable [la justesse] cessa d'appartenir à la langue latine, quand les mots effacés et comme usés par le long usage y perdirent leur sens propre, Dict. de l'Acad. Préface, p. XXII dans EFFACÉ, ÉE
Au IVe siècle, il y avait dans les ouvrages des chrétiens quelque chose d'une passion nouvelle, d'une insatiable curiosité sur les destinées de l'homme, d'un élancement vers le ciel ; c'est ce qui brille dans les ouvrages de Grégoire de Nazianze, d'Augustin, Litt. fr. XVIIIe siècle, 2e part. 2e leç. dans ÉLANCEMENT
C'est après soixante ans que, par curiosité, par étude, ouvrant un livre [de J. J. Rousseau] dont les pages sont encore animées d'une éloquence qui ne passera pas...., Littér. Tabl. du XVIIIe siècle, 2e partie, 2e leçon. dans ÉLOQUENCE
La pièce est faite comme une tragédie française du second ordre, à la fois romanesque et régulière, assez bien emboîtée dans les limites de temps et de lieux, et n'offrant guère d'invraisemblable que les caractères, les sentiments et les actions des personnages, Littér. Tabl. du XVIIIe siècle, 2e partie, 2e leçon. dans EMBOÎTÉ, ÉE
C'est là le mérite de Richardson : ainsi, par ce don de l'émotion et du pathétique, les images les plus fortes, les plus hardies arriveront naturellement sous sa plume, Litt. franç. XVIIIe siècle, 2e part. 1re leçon. dans ÉMOTION
Maintenant je cherche dans l'école historique anglaise l'empreinte de Montesquieu et de Voltaire, en cette liberté philosophique, cette raison supérieure dont ils donnèrent l'exemple, 18e siècle, 2e partie, 3e leçon. dans EMPREINTE
Eh ! messieurs, sans cette innocente erreur de l'écrivain, sans cet enchantement que lui donnaient à lui-même ses propres idées, comment voulez-vous qu'il ait le droit d'agir sur l'esprit des autres ?, Littér. fr. XVIIIe siècle, 2e part. 1re leçon dans ENCHANTEMENT
Controverses assidues qui ne laissaient pas s'énerver la vigueur de la pensée, Dict. de l'Acad. Préface dans ÉNERVER
Quelques pages plus loin, vous retrouvez la vivacité impétueuse de Lovelace, son incorrigible folie, et cette gaîté non plus du vice mais du remords, qui cherche à s'étourdir, à se distraire, à s'enlever à lui-même, Litt. fr. 18e siècle, 2e part. 1re leç. dans ENLEVER
Ce reproche fait par un homme d'esprit [Malezieu] à la nation française de n'avoir pas la tête épique, appartient un peu à tous nos peuples modernes, si enfoncés dans les intérêts matériels de la vie, si entravés, si préoccupés de tous les soins de leur civilisation élégante et industrieuse, Litt. fr. 18e siècle, 2e partie, 1re leçon. dans ÉPIQUE
Si, dans la vie réelle, les lettres sont ce qui met le plus l'homme à nu, il me semble que, dans le roman, l'adoption du style épistolaire est la plus puissante et, pour ainsi dire, la plus vraie des illusions, Litt. fr. XVIIIe siècle, 2e part. 1re leç. dans ÉPISTOLAIRE
Je ne suis pas M. de Malesherbes : je n'ai pas, dans mon enthousiasme, corrigé secrètement les épreuves de l'Émile, Littér. Tabl. du 18e siècle, 2e partie, 2e leçon. dans ÉPREUVE
La Bruyère et Fénelon paraissent croire que la langue de leur temps s'était trop épurée, avait rejeté trop d'anciens mots expressifs, et l'Académie a été chargée de ce tort, Dict. de l'Acad. préface, p. XX dans ÉPURER
Il y eut [au XVIIe siècle] une tentative involontaire de répandre [en écrivant l'histoire] sur tous les temps l'uniforme étiquette de cette époque, Littér. franç. 18e siècle, 2e part. 4e leçon. dans ÉTIQUETTE
La science, l'esprit, le talent n'étaient pas encore des choses commodes, expéditives, qu'on veut acquérir en une heure, pour en user aussitôt, Litt. fr. 18e siècle. 2e part. 1re leç. dans EXPÉDITIF, IVE
Voulez-vous parcourir les deux extrémités de la pensée humaine, vous élancer tout à coup aux extrémités de la joie et de la tristesse, aux extrémités de la pureté d'âme et de la corruption hautaine et violente ? parcourez quelques-unes de ces lettres [dans Clarisse Harlowe], Litt. franç. XVIIIe siècle, 1re leçon. dans EXTRÉMITÉ
Je n'ai point consolé ses revers [de J. J. Rousseau], idolâtré sa gloire présente et factieuse, dit-on, Littér. Tabl. du 18e siècle, 2e partie, 2e leçon. dans FACTIEUX, EUSE
Cet éclat de coloris qui fait que le faux même de Voltaire a sa vérité poétique, Litt. Tabl. du XVIIIe siècle, 2e part. 2e leç. dans FAUX, FAUSSE
L'analogie donne la raison de l'usage ou le corrige ; elle est la partie la plus fine de la philosophie même du langage, Dict. de l'Acad. Préface, p. XX dans FIN, FINE
Et puis de pénibles souvenirs, quelque chose de son crime et de son repentir paraît encore au milieu de ces joies à fleur d'âme, par lesquelles il [Love lace] veut se tromper lui-même, Litt. franç. 18e siècle, 1re leçon. dans FLEUR
Rencontre de tant de génies divers, façonnant sous leurs mains la rudesse encore flexible du langage, Dict. de l'Acad. Préface dans FLEXIBLE
Si quelque chose peut vous donner l'idée d'une tragédie française sans génie, mais avec cette régularité, et, il faut le dire, cette formalité qui altère parmi nous la vérité grecque et encore plus la vérité du moyen âge, c'est une tragédie de Thompson et de Young, Littér. franç. XVIIIe siècle, 2e partie, 2e leçon. dans FORMALITÉ
Tout ce redoublement de la fragilité humaine que manifeste le spectacle des révolutions, Litt. fr. XVIIIe siècle, 2e part. 2e leçon. dans FRAGILITÉ
Quelques pages plus loin, vous retrouverez la vivacité impétueuse de Lovelace, son incorrigible folie, et cette gaîté non plus du vice, mais du remords qui cherche à s'étourdir, Litt. fr. XVIIIe siècle, 1re leçon. dans GAIETÉ ou GAÎTÉ
Et cependant, par l'influence d'une langue gâtée comme la littérature de leur temps, Augustin et Tertullien ne paraissent souvent que des génies sans goût et d'éloquents barbares, Dict. de l'Acad. préface, p. X dans GÂTÉ, ÉE
De la censure minutieuse et délicate de Vaugelas, le travail de l'Académie passa dans la main rude et encore un peu gauloise de Mézeray, qui, le meilleur de nos vieux historiens pour la liberté de jugement, la vigueur du récit et parfois l'éloquence, se trouva chargé de recueillir dans l'usage la belle langue française qu'il n'adoptait qu'à demi, Dict. de l'Acad. préface, p. XII dans GAULOIS, OISE
La géométrie, cette science judicieuse, qui avait formé Descartes et dont Pascal et ses amis mêlèrent l'inflexible justesse à l'ardeur même de l'éloquence, Dict. de l'Acad. Préface dans GÉOMÉTRIE
Ce n'est pas ma faute si sa parole [de J. J. Rousseau], puissante comme le glaive et comme le feu, agitait les âmes de ses contemporains, Littér. fr. 18e s. 2e partie, 2e leçon. dans GLAIVE
En le corrigeant sur ce point [les idiotismes], le langage s'affaiblit ; le nôtre est devenu plus grammatical et moins français, Dict. de l'Acad. Préf. p. XXII dans GRAMMATICAL, ALE
La royauté avait été déplacée par la noblesse ; il restait donc une imposante coalition de toutes les grandes fortunes et de tous les grands noms de l'Angleterre, Littér. fr. 18e siècle, 2e part. 2e leçon. dans GRAND, ANDE
On trouve dans la Henriade une éloquente, une brillante, une judicieuse traduction en vers du système de la gravitation, Litt. fr. XVIIIe siècle, 2e partie, 2e leçon. dans GRAVITATION
Depuis Thompson, tout le monde a été mélancolique, tout le monde a entendu mugir les vents, les torrents grossis se précipiter...., Litt. fr. 18e siècle, 2e part. 2e leç. Fig. dans GROSSI, IE
Quand vous lisez les lettres de Jean Sobiesky, vous le voyez conquérant tracassé par une femme hautaine ; vous le voyez, de la tente du grand vizir, du milieu des trésors qu'il a conquis, écrivant à cette épouse dont il ménage l'orgueil, dont il flatte la coquetterie, et lui promettant les riches dépouilles du harem du vizir, Litt. fr. 18e siècle, 2e part. 1re leçon. dans HAUTAIN, AINE
Lorsque Richelieu, avec cette précipitation impérieuse qui veut tout mûrir en un moment, avait commandé le dictionnaire de la langue, on ne savait encore où prendre cette langue ; elle n'était plus dans l'inculte liberté et la confusion hétérogène du XVIe siècle, on ne la voyait pas encore dans les génies rares et contestés des commencements du XVIIe siècle, Dict. de l'Acad. Préface, p. XI dans HÉTÉROGÈNE
Louis XIV disait à Boileau : Souvenez-vous que j'aurai toujours une demi-heure à vous donner, Litt. fr. 18e siècle, 2e part. 2e leçon. dans HEURE
Se lassant de cette doctrine trop étroite de la sensation, il [Hume] se jette dans un idéalisme illimité, qui, pour lui, n'est qu'un scepticisme plus complet ; il arrive à la négation des effets extérieurs et à la négation de la cause, Littér. fr. 18e siècle, 2e part. 3e leçon dans IDÉALISME
Serait-il vrai que ce déclin des idiomes, certainement inévitable, soit toujours également rapide, que rien ne puisse retarder la décadence, et qu'elle n'ait pas des stations et des retours ?, Dict. de l'Acad. préface, p. X dans IDIOME
Ces nomenclatures [des mots scientifiques] qui sont autant de langues particulières, changent de fond en comble par le progrès des sciences, et n'offriraient souvent aujourd'hui que la date inutile d'une erreur détruite ou d'une ignorance qu'on n'a plus, Dict. de l'Acad. franç. Préface dans IGNORANCE
Cette pièce avait, suivant moi, deux défauts littéraires : l'un, d'être une imitation du théâtre français, de n'être pas indigène à l'Angleterre, l'autre, d'offrir une longue allusion à la politique, Littér. Tabl. du 18e siècle, 2e partie, 2e leçon. dans INDIGÈNE
Les uns, touchés de la sublime innocence de Clarisse [de Richardson], de cette ingénuité si pure, si élevée, si charitable, de cette chasteté d'âme unie à tant d'élévation, à tant de sagacité d'esprit, le suppliaient de faire que jamais ce beau modèle ne fût altéré, Littér. fr. 18e siècle, 2e part. 1re leçon. dans INGÉNUITÉ
Des traits épars et inoubliables de l'entretien du matin [avec Napoléon 1er], Mr de Narbonne, XI dans INOUBLIABLE
Enfin son talent [de Hume], sa réputation deviennent assez éclatants pour inquiéter sur ses doctrines, Littér. fr. 18e siècle, 2e part. 3e leçon. dans INQUIÉTER
Malgré l'honorable et inspirante disgrâce de la Chalotais.... on trouve dans ses défenses plus de hauteur que de force et rien de ces grandes qualités qui font l'orateur, Tabl. de la littér. du XVIIIe siècle, 47e leç. dans INSPIRANT, ANTE
Jadis la pompe lyrique et musicale avait été, dans Athènes délivrée, l'inspirante apothéose des exploits héroïques, Génie de Pindare, XVII dans INSPIRANT, ANTE
J'ai choisi Richardson comme inspirateur de Rousseau et comme premier modèle du pathétique familier, exagéré par Diderot, Litt. fr. 18e siècle, 2e part. 3e leç. dans INSPIRATEUR, TRICE
Son rapide triomphe [de Napoléon revenant de l'île d'Elbe].... le forçait d'appeler ou de laisser provisoirement venir à lui la portion même d'anciens jacobins sévèrement disgraciée sous son précédent règne, Souvenirs contemporains, les Cent-Jours, ch. V. dans JACOBIN, INE
Ces actes [de Napoléon pendant les Cent-Jours].... donnaient à ce pouvoir un faux air de complaisance démocratique qui rendait pour le moment une sorte de liberté et de hardiesse à ceux mêmes que l'alliance du jacobinisme et de l'empire devait le plus menacer, Souvenirs contemporains, les Cent-Jours, ch. V. dans JACOBINISME
Il [l'empereur d'Autriche] concentrait de nouvelles troupes vers l'Italie et sur les bords du Rhin, rappelait les bataillons de la landwehr récemment licenciés, Souvenirs contemporains, les Cent-Jours, ch. III. dans LANDWEHR
La protection accordée aux lettres [sous l'ancienne monarchie] était un éclat pour le trône ; les lettres elles-mêmes étaient la seule liberté publique alors autorisée, Littér. fr. 18e siècle, 2e part. 2e leçon. dans LIBERTÉ
Il [Talleyrand] jugea que la grandeur de l'incident [retour de Napoléon] avait concilié tous les autres litiges, Souven. contemp. Cent-Jours, ch. IV, dans LITIGE
La littérature, science expérimentale au plus haut degré, s'étend, se renouvelle, se rajeunit suivant tous les accidents de la pensée humaine, Littér. franç. 18e siècle, 2e part. 4e leçon. dans LITTÉRATURE
Il ne suffit pas que Robertson se montre à moi impartial envers Luther et Léon X ; il faut que son récit soit assez complet, assez personnel, assez local, pour qu'en le lisant je conçoive et le rôle des deux personnages et la puissance qu'ils ont exercée l'un et l'autre, Littér. franç. 18e siècle, 2e part. 4e leçon. dans LOCAL, ALE
Il a gardé le mérite de la clarté, du récit intéressant et rapide, et cette louange d'avoir été quelquefois peintre dans un abrégé, Tabl. de la litt. franç. au 18e S. XVIIe leçon. dans LOUANGE
C'est là [l'émotion même de l'auteur], en partie, le secret, la magie du talent de Richardson ; eh bien, ce talent, cette magie était alors toute nouvelle en Angleterre, et presque dans la littérature européenne, Litt. fr. 18e siècle, 2e part. 1re leçon. dans MAGIE
Ce seizième siècle, curieux mélange d'imitation antique, d'imitation servile quelquefois, et d'originalité naïve et féconde, Littér. franç. 18e siècle, 2e part. 4e leçon. dans MÉLANGE
Quinault, dédaigné par Racine, avait, dans la mélodie de ses paroles, quelques accents de la même voix, Dict. de l'Acad. Préface, p. XVIII dans MÉLODIE
De même qu'avant lui une érudition servile avait mal interprété les vieux monuments de notre histoire pour leur faire mentir la servitude, ainsi souvent Mably leur fait mentir la liberté, Tabl. de la littér. du XVIIIe s. 1re part. 17e leçon dans MENTIR
Telles étaient les moeurs, qu'il ne paraissait pas mal séant à un poëte anglais du XVIIIe siècle de présenter à quelque lord une bien respectueuse dédicace, que j'allais appeler une pétition ; puis de recevoir directement, métalliquement, un salaire de son humble hommage, Litt. franç. 18e siècle, 2e part. 2e leçon. dans MÉTALLIQUEMENT
Hume.. avait les précautions, les méticulosités d'un homme de cour, Leçon de littér. du 29 avr. 1828 dans MÉTICULOSITÉ
Quoi qu'il en fût de ces habitudes prises par le pouvoir absolu et de ce mauvais régime de méticulosités tyranniques dont il ne peut se défaire pour en avoir trop usé...., Souvenirs contemporains, XXIII dans MÉTICULOSITÉ
Dans cette révolution toute militaire [la restauration de Napoléon en 1815], dans cet avénement d'empereur romain proclamé par une garde prétorienne, ce qui manquait c'était le nombre des soldats, Souvenirs contemporains, Cent-Jours, ch. V. dans MILITAIRE
Rien ne retarda les mouvements des troupes, qui étaient la mise en action de ce manifeste [la déclaration du 1er mars 1815 des puissances alliées contre Napoléon], Souvenirs contemp. les Cent jours, V dans MISE
Bossuet et Swift oubliaient que le conseil suprême de censure grammaticale changerait comme le public, et qu'à la longue les modérateurs de l'usage y céderaient eux-mêmes, Dict. de l'Acad. préface. dans MODÉRATEUR, TRICE
Cette pièce de Thompson, qui devait nous transporter dans les moeurs poétiques du moyen âge, qui devait montrer un roi d'Angleterre à la croisade, sous les murs de Ptolémaïs...., Littér. Tabl. du XVIIIe siècle, 2e partie, 2e leçon. dans MOEURS
Cette dynastie fondant par les mains d'un vieux et sage roi la monarchie représentative au milieu d'une cour moitié d'ancien régime, moitié de noblesse nouvelle, Souvenirs contemporains, les Cent-Jours, ch. 2 dans MOITIÉ
[Beaumarchais] amusant et infatigable plaideur ; doué du talent de rendre l'arbitraire non-seulement odieux mais moquable, et de mettre le ridicule du parti des gens de bien, Cours de litt. du XVIIIe s. 3e part. p. 304 dans MOQUABLE
Soit que vous considériez la morale comme l'expression des devoirs, soit que vous la considériez comme la science des caractères ; que le moraliste devienne un prédicateur de vertu, ou seulement un observateur du coeur humain, Litt. franç. 18e siècle, 2e part. 1re leç. dans MORALE
Prenons une autre extrémité, touchons une autre corde du coeur ; voyons non plus le moraliste pathétique et touchant, mais le moraliste profond et accusateur, Litt. franç. 18e siècle, 2e part. 1re leçon. dans MORALISTE
La plus décisive des vicissitudes que puisse éprouver un peuple, la mutation du pouvoir fondamental et souverain, avait passé sur l'Angleterre, Litt. fr. XVIIIe siècle, 2e partie, 2e leçon. dans MUTATION
Thompson, ce poëte naturel et vrai, ce premier chantre des montagnes d'Écosse, Litt. fr. XVIIIe siècle, 2e part. 2e leçon. dans NATUREL, ELLE
Cela tient à l'incertitude sociale de tout le dix-huitième siècle partagé entre d'anciennes habitudes et de puissantes nouveautés, Littérature fr. 18e siècle, 2e partie, 3e leçon. dans NOUVEAUTÉ
En France le pouvoir était souverain, illimité ; mais l'opinion était singulièrement libre et novatrice, Litt. fr. 18e siècle, 2e part. 2° leçon. dans NOVATEUR, TRICE
L'empereur flattait encore obscurément une espérance qu'il n'avait pas, Souv. cont. Cent-J. ch. v. dans OBSCURÉMENT
Richardson n'est pas, comme Rousseau, un écrivain savamment artificiel, un grand maître de la parole oratoire, Litt. franç. t. I, XVIIIe siècle, 1re leçon. dans ORATOIRE
On peut trouver aussi que l'Académie, en prodiguant les proverbes, a trop épargné certains termes usités des artisans, et qui font des images ou peuvent en fournir.... Furetière avait raison de regretter le nom énergique d'orgueil, employé par les ouvriers pour désigner l'appui qui fait dresser la tête du levier, et que les savants appelaient du beau mot d'hypomochlion, Préface du Dict. de l'Académie, 1835 dans ORGUEIL
Auguste, dit un ancien, avait pacifié l'éloquence comme tout le reste ; pacifier l'éloquence, c'est l'éteindre, Mélanges, De la corruption des lettres romaines dans PACIFIER
Il devait lui sembler [à Napoléon], à écouter ce bruit dans les pamphlets du temps, que le maître manquait partout, Souven. contemp. les Cent-Jours, II dans PAMPHLET
Tout s'accorda [dans le siècle de Louis XIV] pour porter notre idiome à cette perfection qui se sent elle-même et n'est autre chose que le plus grand degré de justesse et de force heureusement réunies, Dictionnaire de l'Académie, Préface dans PERFECTION
Le traité de Chaumont, que M. de Talleyrand avait justement nommé dans le congrès un instrument de guerre périmé depuis le traité de paix de Paris, Souvenirs contemporains, les Cent-Jours, IV. dans PÉRIMÉ, ÉE
Lorsqu'ils [les Anglais] ont fait des ouvrages sans la permission de la nature, lorsqu'ils ont imité le théâtre français, ils ont fait de pauvres tragédies, Littér. Tabl. du XVIIIe siècle, 2e partie, 2e leçon. dans PERMISSION
La déclaration que Napoléon, s'étant constitué ennemi et perturbateur du repos public, n'était plus sous la protection d'aucun traité ni d'aucune loi, Souv. contemp. les Cent-Jours, ch. 3 dans PERTURBATEUR, TRICE
À Rome, Varron trouvait que, pour le langage, comme pour le reste, le peuple ne dépendait que de soi-même, et que chacun dépendait du peuple, Dict de l'Ac. fr. Préface dans PEUPLE
Arnauld et ses amis aidaient plus sensiblement encore à ce progrès [du langage] par leurs travaux sur la grammaire générale et sur l'analyse comparée des langues ; pour la première fois depuis la Renaissance, la méthode philosophique dirigeait la philologie, et tout l'artifice de la pensée était cherché dans l'artifice du langage, Dict. de l'Acad. Préface dans PHILOLOGIE
Rien de plus urgent que de l'enlever [Napoléon sorti de l'île d'Elbe] de dessous les yeux de l'Europe et de le transporter au plus tôt le plus loin possible, Souvenirs contemp. les Cent Jours, ch. II. dans PLUS
La poésie en France et dans Voltaire, qui fut toute la poésie du XVIIIe siècle, était singulièrement l'expression d'une société élégante, brillante, Litt. fr. XVIIIe siècle, 2e partie, 2e leçon. dans POÉSIE
Ces thèses, quoique Luther soit un homme de génie, étaient bien rudes, bien grossières ; il y avait à la fois une verve théologique et une verve populacière, Littér. franç. XVIIIe siècle, 2e part. 4e leçon dans POPULACIER, IÈRE
Tout est possible sans doute pour le moment ; mais tout est impuissant contre l'Europe, Souv. cont. les Cent-Jours, III dans POSSIBLE
Elle [la littérature française au XVIIIe siècle] prédominait de beaucoup la tribune libre et légale du parlement d'Angleterre, Tabl. de la littér. au XVIIIe s. 32e leçon dans PRÉDOMINER
Sans doute, dans le XVIIe siècle, cet éclat même de la civilisation, cette vive et orgueilleuse préoccupation que la France avait d'elle-même...., Littér. franç. XVIIIe siècle, 2e partie, 4e leçon. dans PRÉOCCUPATION
Il y a des lettres écrites et précieusement conservées, où l'on voit des âmes de femmes qui ont demandé à Richardson avec une sorte d'indiscrétion, s'il m'est permis de parler ainsi, et en même temps de piété presbytérienne, que, si Lovelace était bien coupable, il le punît en ce monde, mais qu'au moins il sauvât son âme, Litt. fr. XVIIIe siècle, 2e part. 1re leç. dans PRESBYTÉRIEN, ENNE
Il [M. de Pontécoulant] le fit pressentir [son projet] en quelques paroles expressives, Souv. cont. les Cent-Jours, ch. 13 dans PRESSENTIR
Cet homme a du prestige, il exerce une influence qui ressemble à un prestige. Il y avait une bien autre force dans la personne du souverain [dans Napoléon que dans Louis XVI] ; mais il n'y en avait pas davantage [pendant les Cent-Jours] dans le prestige du trône, Souv. contemp. les Cent-Jours, ch. VIII dans PRESTIGE
Aussi loin que peuvent aller les forces et les prévoyances humaines, on devait ici compter sur le succès, Souvenirs contemporains, Cent-Jours, ch. VIII. dans PRÉVOYANCE
Suivant un autre récit, plus authentique, la reine de Suède.... rougit et parut émue.... le Dictionnaire venait de lui rappeler ce que, trois mois auparavant, elle avait fait à Fontainebleau, et quel sanglant jeu de prince elle y laissa sur son passage, Préface du dict. de l'Académie, 1835 dans PRINCE
L'épée brisée du guerrier [de Napoléon après Waterloo], le sceptre du conquérant et du distributeur de couronnes, furent un moment remplacées [aux Tuileries] non par la hache, mais par la marotte du proconsul jacobin [Fouché], par le masque nouveau de l'ancien régicide intriguant pour la royauté, Souvenirs contemporains, les Cent-Jours, ch. XVII. dans PROCONSUL
Il [le prédicateur en Angleterre] raisonne et ne peint pas ; il n'essayerait pas, comme Bossuet, de décrire avec un effrayant détail le travail progressif du tombeau, Litt. franç. XVIIIe siècle, 2e part. 2e leç. dans PROGRESSIF, IVE
Dans cette vaste revue que j'essaye avec vous, l'ordre naturel pour moi, c'est la variété, et ma seule progression, c'est le changement du sujet, Litt. franç. 18e siècle, 3e leçon. dans PROGRESSION
[Napoléon Ier, dans les galeries du Louvre, à une réunion de fête, en 1815] se promenant à travers la foule, parlant paix et commerce aux négociants, gloire et promotions aux militaires...., Souv. contemp. les Cent-Jours, X dans PROMOTION
[Pontécoulant] promu au sénat en 1805 par une reconnaissance quelque peu tardive de l'empereur Napoléon, Souvenirs contemp. les Cent Jours, ch. XV. dans PROMU, UE
Son courage [de Pontécoulant] devant l'ennemi et les proscripteurs de toutes les époques, Souvenirs contemporains, les Cent-Jours, ch. XV. dans PROSCRIPTEUR
Dans ce dépouillement graduel de tant de prospérités, dans cette proie si riche que la coalition de 1813 arrachait à Napoléon, Souvenirs contempor. les Cent-Jours, ch. VIII. dans PROSPÉRITÉ
Le contre-coup de ces dernières menaces de la tribune anglaise, et, pour ainsi dire, ce protocole de la guerre déjà commencée [en 1815] ne retentit en France qu'avec la nouvelle des désastres militaires, Souvenirs contemp. les Cent-Jours, ch. X dans PROTOCOLE
Il y a là dedans [des vers de Thomson] un sentiment de cette piété puritaine et candide ; il y a quelque chose de cette exaltation naïve de l'Écosse qui s'anime pour l'amour de la patrie, et d'une patrie du Nord, Litt. fr. XVIIIe siècle, 2e part. 2e leç. dans PURITAIN, AINE
Cette action de l'esprit français, qui tout à coup, dans l'Écosse puritaine, fait briller une littérature...., ib. 2e part. 3e leç. dans PURITAIN, AINE
Ce sont là [la négation des effets extérieurs et de la cause] les pas les plus hardis que peut faire le plus pyrrhonien de tous les esprits : quand il [Hume] en est là, il s'arrête en dépit de soi, Littér. fr. 18e siècle, 2e part. 3e leçon. dans PYRRHONIEN, IENNE
Personne moins que moi, n'aime à qualifier durement ceux avec qui nous sommes en guerre, Souven. contemp. les Cent-Jours, ch. VIII. dans QUALIFIER
Si le ralliement des troupes françaises pouvait encore arrêter les forces ennemies, alors le retour désarmé de Napoléon et son abdication hâtive l'accusaient de faiblesse, Souven. contemp. les Cent-Jours, ch. 17 dans RALLIEMENT
Arrivé demain, il faut qu'après-demain il [Napoléon à son retour de l'île d'Elbe] batte le rappel, fasse la presse des conscrits, ramasse les vieux soldats que nous ont rendus les neiges de la Russie et les pontons anglais, Souvenirs contemporains, les Cent-Jours, ch. I. dans RAPPEL
Notre temps a peut-être la tentation et l'habitude d'imprimer à toutes les époques une sorte de rationalisme politique, si je puis m'exprimer ainsi, Littér. franç. 18e siècle, 2e part. 4e leçon. dans RATIONALISME
Cette même idée.... faisait souhaiter.... à Swift l'établissement d'une académie qui pût contenir et fixer la langue anglaise, écarter beaucoup de termes, en corriger d'autres, en raviver quelques-uns, Acad. franç. Préface dans RAVIVER
Les idées philosophiques, venues d'abord d'Angleterre en France, réagissaient alors de la France sur l'Angleterre, Littér. fr. XVIIIe siècle, 2e part. 3e leçon. dans RÉAGIR
.... Et que, maître de la France [en 1815], sans l'avoir persuadée ni conquise, il [Napoléon] n'aurait, alors même, rien à espérer que d'un recommencement de sanglants hasards et d'une victoire immense sur l'Europe, Souvenirs contemp. 2e partie, p. 11 dans RECOMMENCEMENT
Après des lettres déchirantes où le coeur de Lovelace semble torturé par les furies de l'enfer, on l'a vu retomber à ses joies profanes, à ses plaisanteries scandaleuses ; on l'a vu redescendre à lui-même, Litt. franç. XVIIIe siècle, 1re leçon. dans REDESCENDRE
Comment pouvait-il [Napoléon] ne pas la croire [la dynastie des Bourbons] renversable au premier choc ?, Souvenirs contemporains, les Cent-Jours, ch. 2 dans RENVERSABLE
Nous avons besoin au dedans et au dehors qu'il apparaisse constamment une représentation des intérêts et de la nationalité et du pays, Souvenirs contemporains, les Cent - Jours, ch. 13 dans REPRÉSENTATION
Les légions romaines des plus mauvais temps de Rome, l'Italique, la Rapace, troupes sans loi, sans frein, sans responsabilité devant Dieu ni devant l'homme, Souv. contemp. les Cent Jours, VIII dans RESPONSABILITÉ
Ce sont deux esprits originaux [Thompson et Young] que je choisis, deux de ces hommes que je vais tout à l'heure signaler comme les restaurateurs de la poésie anglaise, Littér. du XVIIIe siècle, 2e partie, 2e leçon. dans RESTAURATEUR, TRICE
L'Allemagne [de Mme de STAËL], ce livre jeté au pilon sous l'empire, et que la restauration venait de nous rendre comme une des libertés qu'elle apportait avec elle, Souvenirs contemp. les Cent-Jours, chap. 1 dans RESTAURATION
Autour de ces paroles éteintes [une traduction française d'une ode de Sapho], sous les changements du temps et des idiomes, rêvez le ciel de Lesbos, l'harmonie des vers et celle de la lyre...., Ess. sur le génie de Pindare, ch. VI, à la fin. dans RÊVER
Figurez-vous une quatrième, une cinquième réverbération de Voltaire, si l'on peut parler ainsi ; supposez une série d'imitations successives qui vous auraient fait descendre à une pièce de Dubelloy, Littér. Tabl. du XVIIIe siècle, 2e partie, 2e leçon. dans RÉVERBÉRATION
Je lui dis qu'on ne pouvait révoquer le passé, qu'il y avait aussi des choses que je voudrais n'avoir jamais été faites, Littér. franç. 18e siècle, 1re leçon. dans RÉVOQUER
On proscrit pour confisquer ; et les mains des confiscateurs, teintes de sang, pleines d'or, rivent les fers de la nation, Souven. cont. les Cent-Jours, X dans RIVER
Il faut le dire, messieurs, le roman éloquent, le roman passionné, le roman moral et vertueux est le poëme épique des nations modernes, Litt. fr. XVIIIe siècle, 2e part. 1re leçon. dans ROMAN
Le roman profondément moral, le roman qui prend l'âme et la suit dans toutes ses nuances, le roman qui prend la vie dans toutes ses conditions, qui laisse à chaque condition son caractère, son intérêt, sa passion, son langage, le roman qui est un immense drame, n'existait pas, ib. dans ROMAN
Lacépède, dont la douceur bénigne et la politesse.... n'avaient eu d'autre tort que de se tourner en adulation un peu fade devant la rudesse du premier empire, Souvenirs contemporains, les Cent-Jours, XII dans RUDESSE
Young habille la Mort d'ornements pompeux ; je crois même qu'il la fait danser ; mais, après ces caprices d'imagination, ces saturnales de mélancolie, il reprend une pompe monotone, Litt. franç. 18e siècle, 2e part. 2e leç. dans SATURNALES
Si l'on suivait les détails [de la mort de Clarisse Harlowe], si nous pouvions avoir ici la patience d'un lecteur solitaire, quelle science prodigieuse de douleur n'apercevrions-nous pas dans toutes les nuances par lesquelles le poëte a gradué le désespoir de ses personnages !, Litt. franç. XVIIIe siècle, 1re leçon. dans SCIENCE
Les générations à venir scruteront sévèrement notre conduite, Souv. contemp. Cent-Jours, VIII dans SCRUTER
À le voir [Napoléon] prendre pour confident de son Acte additionnel le signataire tout récent [Benj. Constant] de la protestation publique contre son despotisme, Souvenirs contempor. les Cent-Jours, ch. 6 dans SIGNATAIRE
Ce n'est pas seulement la différence du nord et du midi, comme le veulent d'ingénieux écrivains, qui détermine les caractères de la littérature ; c'est tout l'ensemble social, Litt. franç. XVIIIe siècle, 2e part. 2e leçon. dans SOCIAL, ALE
La société était si brillante dans le dix-huitième siècle, elle était si spirituelle, qu'elle était à elle-même son unique point de vue, Littér. franç. XVIIIe siècle, 2e part. 2e leçon dans SOCIÉTÉ
Il [Napoléon en 1815] temporisait, ménageait même les traîtres, détournait volontairement la vue, faisait sourde oreille et attendait le canon, Souv. contemp. Les Cent-Jours, x. dans SOURD, SOURDE
Pour une foule d'autres mots qui tiennent à la racine même de nos connaissances et qui nous sont intelligibles par la lumière naturelle, nous pouvons les traduire, les sous-interpréter, les décrire en quelque sorte, Dict. de l'Acad. 1835, préf. p. XXIII dans SOUS-INTERPRÉTER
Je vais, pour sortir d'embarras, me jeter d'abord sur la biographie ; c'est un moyen même d'éclairer les questions générales ; et raconter soutient toujours un peu, Litt. franç. XVIIIe siècle, 2e part. 3e leçon. dans SOUTENIR
Par ces dernières expressions [l'intérêt et la volonté de la nation] le vainqueur sous-entendait la souveraineté du peuple, cette autre espèce de droit divin qui n'a pas de raisons à donner ni de compte à rendre, et qui peut devenir le plus démesuré comme le plus irresponsable instrument de bien des choses que la justice réprouve, Souvenirs contemporains, les Cent-Jours, ch. VII. dans SOUVERAINETÉ
Si c'étaient des traités longs comme les Nuits d'Young, il pourrait y avoir du génie par accident ; mais cela me fatiguerait plus que cela ne me toucherait ; j'y verrais une espèce de spleen littéraire qui pourrait finir par le suicide du talent, Littér. franç. XVIIIe siècle, 2e part. 2e leç. dans SPLEEN
Il y a quelques mois, je me suis plaint beaucoup d'être sténographié, Littér. franç. XVIIIe s. 2e part. 3e leç. dans STÉNOGRAPHIER
C'est à l'appui du scepticisme et de la liberté d'opinion que Voltaire flattait ainsi les vices et les grands de la cour ; ce subterfuge de stratégie philosophique, une postérité plus sévère ne l'admet pas pour excuse, dans le Dict. de DOCHEZ. dans STRATÉGIE
Le gouvernement français [sous Napoléon, après le retour de l'île d'Elbe], c'est la guerre, c'est une stratocratie élective, querelleuse, envahissante, Souvenirs contemporains, les Cent-Jours, ch. VIII. dans STRATOCRATIE
Voyons l'homme non pas qui se complaît à peindre les pieuses douleurs et le sublime de la vertu, mais qui pénètre dans une âme perverse et mobile et la dévoile tout entière, Litt. franç. XVIIIe siècle, 1re leçon dans SUBLIME
Sans un mot d'assentiment sur la condition de successibilité qu'il [Napoléon] voulait y attacher [à son abdication], Souv. cont. les Cent-Jours, XI dans SUCCESSIBILITÉ
Vainement il [Napoléon] avait pris la majesté extérieure de l'empire.... tout ce faste paisible qui décore la force, mais ne la supplée pas, Souvenirs contemporains, Cent Jours, chap. VIII. dans SUPPLÉER
Les symptômes du dehors venaient aggraver pour lui [Napoléon, en 1815] cette impression pénible de ses luttes intérieures avec les conseillers nouveaux, Souv. contemp. Cent-Jours, X dans SYMPTÔME
Sa pensée [de M. de Pontécoulant], comme il l'avouait plus tard, était une pensée de tactique défensive plutôt que de législation, Souv. contemp. Cent-Jours, ch. 13 dans TACTIQUE
Tandis que la France imitait la témérité philosophique de ses libres voisins [l'Angleterre], Littér. tabl. du XVIIIe siècle, 2e part. 2e leçon dans TÉMÉRITÉ
En flattant l'orgueil des souvenirs historiques, sans gêner par aucune témérité de réflexion et de langage la prudente étiquette d'un auditoire de souverains, de princes, de ministres et d'ambassadeurs, Souv. contemp. les Cent-Jours, ch. 3 dans TÉMÉRITÉ
Il [Napoléon] se revêt lui-même d'une grandeur théâtrale, Souv. contemp. les Cent-Jours, VIII dans THÉÂTRAL, ALE
L'ascendant de Castelreagh et de l'esprit tory en général était assuré de prévaloir [dans la chambre des communes en 1815], Souv. contemp. Les Cent-Jours, VIII dans TORY
Cette résolution qui constitue permanente la chambre élective, la déclare inviolable, incrimine de haute trahison quiconque tenterait de la dissoudre, Souv. contemp. les Cent-Jours, XII dans TRAHISON
Du palais des représentants à l'Élysée [où demeurait Napoléon Ier], on se voit à nu ; et tout est mis à jour par de fréquents transfuges, Souvenirs contemporains, les Cent-Jours, ch. XI dans TRANSFUGE
Il Caulaincourt] n'admet pas l'idée de cette guerre de partisans, de cette translation du siége de l'empire, Souv. contemp. les Cent-Jours, X dans TRANSLATION
Quand il [Napoléon] aurait perdu toute force et abdiqué tout droit, avant d'exercer le plus grand de tous, celui de transmettre à un fils l'empire en héritage, Souv. contemp. les Cent-Jours, XI dans TRANSMETTRE
C'était aux hommes de cette affreuse époque [la terreur] qu'il appartenait de s'écrier dans le trépignement digne d'un tel langage : Grand Dieu, qu'un tyran est dur à abattre !, Souven. contemp. les Cent-Jours, 16 dans TRÉPIGNEMENT
On a l'air de se demander.... si c'est bien le probe et austère Carnot.... l'ancien tribun éliminé...., Souv. contemp. les Cent Jours, XII dans TRIBUN
L'exposé sur notre situation morale que le ministre de la police générale [Fouché] apportait à la tribune, Souv. contemp. les Cent-Jours, X dans TRIBUNE
Sous la parure qu'elle portait d'ordinaire, à la fois brillante et négligée, sous ce turban de couleur écarlate qui renfermait à demi ses épais cheveux noirs.... Mme de Staël ne semblait plus la même personne, Souv. contemp. les Cent-Jours, I dans TURBAN
Ces défauts du langage ultra-lyrique de Lycophron, Génie de Pindare, XII dans ULTRA-LYRIQUE
L'unanimité de l'Europe naissant de cette juste crainte [du retour de Napoléon], et la plus grande chance de succès possible naissant de cette unanimité...., Souven. contemp. les Cent-Jours, VIII dans UNANIMITÉ
Romans [le Cyrus et autres] qui ne sont que des reflets affaiblis de l'élégante urbanité de la cour de Louis XIV, Litt franç. XVIIIe siècle, 2e part. 1re leç. dans URBANITÉ
Une objection ou plutôt une légère variante fut présentée, Souv. contemp. les Cent-Jours, XI dans VARIANTE
C'est par ce travail [combinaison des termes] qu'est souvent excité l'art de l'écrivain ; et les plus belles productions de l'esprit humain ont été composées avant cette excroissance de termes et cette végétation stérile qui couronne les vieux idiomes, Dict. de l'Acad. Préf. p. XX dans VÉGÉTATION
Quand on apprécie cet homme extraordinaire [Napoléon] dans toutes les vicissitudes de sa vie, Souv. contemp. les Cent-Jours, VIII dans VICISSITUDE
Un caractère essentiel de la langue française, celui qui la rend si propre aux sciences, aux affaires, à la vie, celui qu'elle ne peut perdre sans changer tout à fait, la clarté...., Dict. de l'Acad. Préface dans VIE
M. Suard avait pour les faiblesses et les variations d'autrui l'indulgence que donnent et la vieillesse et l'expérience de beaucoup de changements autour de soi, Souv. contemp. les Cent-Jours, ch. VII dans VIEILLESSE
Quand nous comparerons sa richesse surabondante [de Thompson] à cette pureté du goût virgilien, à cette imagination à la fois si poétique et si réservée, Litt. franç. XVIIIe siècle, 2e part. 2e leçon. dans VIRGILIEN, IENNE
Déjà [au XIVe siècle] les Italiens de Rome avaient transporté le mot virtus de l'idée de force à celle de talent, ce qui les a conduits à dire un virtuose, Tabl. de la littérature du moyen âge, t. II, p. 14 dans VIRTUOSE
C'est dans cette terre volcanisée [la ville de Rome] que poussaient les grands hommes et les grands orateurs avec une énergie sans égale, dans le Dict. de DOCHEZ. dans VOLCANISÉ, ÉE
Trompant la surveillance, ou peut-être trompé lui-même par une inattention volontaire de la police autrichienne, il [Montrond] parvint à s'introduire dans les jardins de Schoenbrunn, Souven. contemp. Les Cent-Jours, IX dans VOLONTAIRE