Étienne PASQUIER (1529 - 1615)

Citations

L'aberration des étoiles dépend de la vitesse de leur lumière, combinée avec celle de la terre dans son orbite, Exp. IV, 17 dans ABERRATION
Quel spectacle que celui d'un vénérable vieillard [Galilée] abjurant à' genoux, contre le témoignage de sa propre conscience, la vérité qu'il avait prouvée avec évidence !, Exp. v, 4 dans ABJURER
La vérité, pour s'établir sur la terre, a souvent eu à combattre des erreurs accréditées qui, plus d'une fois, ont été funestes à ceux qui l'ont fait connaître, Exp. V, 1 dans ACCRÉDITÉ, ÉE
Faire un affront pour braver un homme est de notre siecle [est une expression nouvelle], Recherches, VIII, p. 662 dans AFFRONT
Aimoin, qui, dans son quatrieme livre, chapitre premier, prit un singulier plaisir au recit et aigrissement de cette accusation, Rech. V, 15 dans AIGRISSEMENT
Je vous ferai voir une Sicile jouet de la ville de Rome, amusoir des princes estrangers..., Recherches, VIII, 51 dans AMUSOIRE
Il eust trouvé que c'estoit non pas apostoliser, mais apostasier...., Rech. III, 43 dans APOSTOLISER
Je n'avois leu [lu] arborer une enseigne, sinon aux ordonnances que fit l'amiral de Chastillon, exerçant lors la charge de colonel de l'infanterie, Recherches, VIII, 3 dans ARBORER
Ce que nos anciens appellent heaume, on l'appela sous François 1er armet ; nous le nommons maintenant habillement de teste, Rech. VIII, 3 dans ARMET
Le premier qui mit en oeuvre avant-propos pour prologue, fut Louis Lecharrond en ses Dialogues ; dont on se mocquoit au commencement ; et depuis je vois cette parole receue, sans en douter ; non sans cause : car nous avons plusieurs mots de mesme parure : avant-garde, avant-jeu, avant-bras, Rech. VIII, 3 dans AVANT-PROPOS
Entre les especes de nostre poesie, il y en eut une que l'on appeloit baguenaude, qui sembloit avoir esté de propos delibéré introduite en despit de la vraye poesie, Recherches, liv. VII, p. 594 dans BAGUENAUDE
Besicle, que nous appelons autrement lunettes, Recherches, dans LABORDE, ib. dans BESICLES
Bigot denote celui qui avec une trop grande superstition s'adonne au service divin, Recherches, liv. VIII dans BIGOT, OTE
Une infinité de voleurs n'eussent eu moyen de se blottir en lieux forts, Rech. VIII, 17 dans BLOTTIR (SE)
Son estendart estoit de toille ou boucassin bordé de veloux, Rech. liv. VI, p. 474, dans LACURNE dans BOUCASSIN
Comment ? ay-je laissé quelque mauvaise bouche [bruit] de moy après ma mort ?, Rech. p. 905, dans LACURNE dans BOUCHE
Boursiers furent en la ville de Tholose appelez collegiaux, comme enfans des colleges, et en l'université de Paris boursiers, comme estant nourris et alimentez de la bourse commune de leurs fondateurs, Recherches, liv. IX, p. 791, dans LACURNE SAINTE-PALAYE dans BOURSIER
Moy trop heureux qui, vivant dans la flame De Cupidon, suis consommé et ars, Sentant braser dedans mon corps une ame Par un doux ris, par de friands regards, Menophile, p. 75, dans LACURNE SAINTE-PALAYE dans BRASER
Briborions [prières mal prononcées], OUDIN., Le mot de brimborium dont nous usons quand nous disons que quelqu'un dit ses brimborions, vient du latin breviarium, Rech. VIII, p. 754, dans LACURNE SAINTE-PALAYE dans BRIMBORION
Je prend à très grande obligation l'injustice que l'on exerce en ma personne, par le moyen de la quelle je ferai un bris de prison à tous mes malheurs, pour entrer en une beatitude eternelle, Recherches, liv. VI, p. 508, dans LACURNE SAINTE-PALAYE dans BRIS
Bordeur que nous employons pour un insigne menteur, quand, un homme nous ayant payé d'une bourde, nous en souhaitons autant pour le brodeur, Recherches, liv. VIII, p. 753, dans LACURNE SAINTE-PALAYE dans BRODEUR, EUSE
Devois-tu faire ce grand brouhaha ? en devois-tu seulement parler ?, Lettres, t. III, p. 901, dans LACURNE SAINTE-PALAYE dans BROUHAHA
Ainsi que le diamant brusque [non poli], Rech. III, p. 259, dans LACURNE dans BRUSQUE
Escriteaux mis au dos de gens justiciez, lesquels estoient escrits en lettres cadelées, Lettres, t. II, p. 306, dans LACURNE dans CADELER
Quant au mot de caignard, cela depend d'une histoire dont je puis estre temoin ; de tant qu'en ma grande jeunesse, ces faineants avoient accoustumé au temps d'esté de se venir loger sous les ponts de Paris.... ce lieu estoit appelé le caignard, Recherches, VIII, 42 dans CAGNARD, ARDE
Got, en langue germanique, signifioit Dieu ; et delà nous tirons les mots de bigot et cagot, pour denoter ceux qui avec une trop grande superstition s'addonnent au service de Dieu, Recherches, VIII, 2 dans CAGOT, OTE
Voulez-vous en françois braver un homme, vous dites que vous le ferez bien camus, ou que vous lui rendrez le nez aussi plat comme une andouille, Recherches, liv. VIII, p. 694, dans LACURNE dans CAMUS, CAMUSE
Je ne veux oublier le coqueter des coqs et poules ; qui est le langage dont ils nous rompent la tête quand ils s'entrefont l'amour, et dont nous avons formé, par une belle métaphore, caqueter, lorsque quelques babillards nous repaissent de paroles vaines ; et de là mesme, les medisans ont appelé le caquet des femmes, mesme que l'on appelle une femme coquette qui parle beaucoup sans sujet, Rech. VIII, 6 dans CAQUETER
Du masque de ces louables coustumes prirent leur source les decimes, les annates de la cour de Rome, les deports des archidiacres, les proficiats et cathedratiques que les evesques prenoient pour leur bienvenue, Recherches, livre III, p. 252, dans LACURNE dans CATHÉDRATIQUE
À mon grand regret diray cavallerie, infanterie, enseigne, colonelle, esquadrons, au lieu de chevallerie, pietons, enseigne, coronale, bataillons, Lett. t. I, p. 105, dans LACURNE dans CAVALERIE
De chevalerie nous avons faict cavallerie, de chevalier cavalier, Recherches, liv. VIII, p. 661, dans LACURNE dans CAVALIER, IÈRE
Pourquoy, en matiere de cession de biens, l'on fait abandonnement de la ceinture devant la face du juge, Recherches, liv. IV, p. 344, dans LACURNE dans CEINTURE
Le roy a constitué des centeniers dans la ville de Paris, Lettres, t. I, p. 271, dans LACURNE dans CENTENIER
L'opinion ancienne a esté qu'en la partie cerebrale y avoit trois sieges que nous appellons ventricules, distincts et separés l'un de l'autre, Lett. t. II, p. 189, dans LACURNE dans CÉRÉBRAL, ALE
C'est une charité que l'on luy preste quand on l'accuse de cruauté, Recherches, liv. V, p. 427, dans LACURNE dans CHARITÉ
Il ne nous advint jamais de parler des Jesuites, car lors c'estoit une chasse morte, ou, pour mieux dire, saincts qu'on ne festoit nullement, Lettres, t. II, p. 669, dans LACURNE dans CHASSE
Malheureux nostre siecle en ce desastre né, Sous lequel nous voyons tant d'ames chatemites, Carnassieres des rois, avoir esté produites, Lettres, t. II, p. 573 dans CHATTEMITE
Il descouvroit les discours qu'ils avoient eus ensemblement le premier soir de leurs nopces, nommoit ceux qui leur avoient apporté le chaudeau le lendemain matin, Recherches, liv. VI, p. 572, dans LACURNE dans CHAUDEAU
Que faictesvous ? que dites-vous ? brief de quel bois vous chauffez-vous ?, Lettres, t. I, p. 18, dans LACURNE dans CHAUFFER
Tout ainsi que l'on voit en un plaisant festin Le compaignon gaillard qui se gorge de vin, Il le taste d'entrée, il chauvit de l'oreille, Et peu à peu gayment en beuvant se resveille, Oeuv. meslées, p. 418, dans LACURNE dans CHAUVIR
Se voyant à toute force chevalé, picqué, esperonné et, pour mieux dire, suborné, Lettres, t. II, p. 38, dans LACURNE dans CHEVALER
Dans Lyon on avoit projetté de faire assassiner le roy, soudain après sa conversion ; et sur ce projet il avoit esté chevalé jusques dans Melun par un meschant homme, lequel y fut prins, ib. p. 272 dans CHEVALER
Et après l'avoir par longs ambages chevalé, tasté et tenté, ib. p. 343 dans CHEVALER
Ce pauvre esprit, de ceste façon chevalé, se laisse aller à la volonté et discretion de celui qui le mene d'une parole amadouante, Recherches, liv. III, p. 298 dans CHEVALER
Jamais personne accusée ne fut tant chevalée par un juge pour estre surprise que la pucelle d'Orleans, et toutesfois personne ne respondit plus à propos que cette-cy, ib. liv. VI, p. 472 dans CHEVALER
Quelques sots et glorieux Italiens se sont voulus affubler de tel honneur par-dessus nous, qu'ils semblent, par leurs escrits, nous reputer comme chiffres [zéros], Lettres, t. I, p. 45, dans LACURNE dans CHIFFRE
Nous defendons et inhibons par tous les trois edits (porte le langage latin) que, dans la ville et vicomté de Paris, nuls chirurgiens et chirurgiennes ne puissent exercer l'art de chirurgie, soit publiquement ou en privé, s'ils n'ont esté prealablement examinez et approuvez par les autres maistres chirurgiens jurez demeuranz à Paris, à ce expressement appellez. Chose de prime face estrange et toutefois excusable, si par nos anciens romans (images de nos coustumes anciennes) nous trouvons que nos chevaliers ayans esté casuellement blessez par la campagne, ils avoient recours aux plus proches chasteaux, dans les quels ils trouvoient leur guerison par le ministere des preudes dames et damoiselles, Recherches, IX, p. 820, dans LACURNE dans CHIRURGIEN
Il lui dardera un cil d'oeil [clignement] avec un ris friant, Menophile, p. 126, dans LACURNE dans CIL
L'invention des citadelles plus pernicieuses que profitables à l'Estat, Lett. t. I, p. 280, dans LACURNE dans CITADELLE
Il sembloit que cette ordonnance, tant de fois reiterée, eut esté, comme l'on dit, fichée à cloux de diamans, Recherches, liv. III, p. 237, dans LACURNE dans CLOU
Il a eu le coeur de ce faire, Recherches, liv. VIII, p. 675, dans LACURNE dans COEUR
Il n'y a pas tant de chiquaneries aux cohues, comme on en trouve entre les courtizans pour destourner un dementi, Lettres, t. I, p. 612, dans LACURNE dans COHUE
Rien n'est à l'amant impossible pour parvenir à son intention ; mais, sa grande colere [passion] refroidie, il treuve en fin de compte avoir servy d'une grande fable et risée à tout le peuple, Monophile, p. 53, dans LACURNE dans COLÈRE
Ainsi le palalalalan a emprunté ce nom du tambour des François ; ainsi le colin tampon de celuy des Souisses, Recherches, VIII, 6 dans COLIN-TAMPON
Non content d'estre collateral à son pere [associé à son sang], le voulut, pour son premier coup d'essai, supplanter de sa dignité imperiale, Lettres, t. II, p. 519, dans LACURNE dans COLLATÉRAL, ALE
Ces escoliers furent en la ville de Tholose appellez collegiaux, comme enfans des colleges, et, en l'université de Paris boursiers, comme estans nourris et alimentez de la bourse commune de leurs fondateurs, Recherches, liv. VIII, p. 791, dans LACURNE dans COLLÉGIAL, ALE
De la mesme façon que depuis nous appelasmes coronal de l'infanterie celuy qui la conduisoit : mot qui approche de la royauté, Rech. 44 dans COLONEL
À mon regret diray cavalerie, infanterie, enseigue colounelle, esquadrons, au lieu de chevalerie, pietons, enseigne coronale, Lettres, t. I, p. 105, dans LACURNE dans COLONELLE
Les revendeurs de livres, qui les portent à leur col par la ville, sont appellez contreporteurs, d'un mot corrompu au lieu de colporteurs, Rech. VIII, p. 754, dans LACURNE dans COLPORTEUR
Montluc a intitulé son oeuvre commentaires ce qu'en nostre langue un Commines et après luy un Martin du Bellay voulurent appeller memoires ; car, pour bien dire, sans nous eslongner de nostre vulgaire françois, après avoir recité chaque memorable exploit par luy faist, il apporte tout d'une suite un beau commentaire, Lettres, t. II, p. 387, dans LACURNE dans COMMENTAIRE
Le roy declara qu'il supprimoit tous autres thresoriers et generaux, et qu'il n'y en auroit plus que deux, par devers les quels resideroit toute la charge des finances, de quelque nature qu'elles fussent, qui seroient appellez commis des finances, lesquels seroient eleus en la chambre des comptes par le chancelier, Recherches, liv. II, p. 84, dans LACURNE dans COMMIS
Ce n'est pas assez que vous vous contentiez de faire et accomplir toutes ces choses bonnes et generalement les autres qui regardent le compliment [accomplissement] de vos actions, Lett. t. III, p. 262, dans LACURNE dans COMPLIMENT
Nous avons depuis trente ou quarante ans emprunté plusieurs mots d'Italie, comme concert pour conference, dans le Dict. de DOCHEZ. dans CONCERT
Fut condamné à mort, qui luy fut neantmoins eschangée par la douceur de l'empereur en un confinement de religion et monastere, Recherches, liv. II, p. 41, dans LACURNE dans CONFINEMENT
Nous disons communément rompre la paille ou le festu avec quelqun, quand nous nous disposons de rompre l'amitié que nous avions contractée avec lui, Recherches, p. 747, dans LACURNE dans CONTRACTER
Qui pesassent, balançassent et sondassent avec un plein jugement les raisons et contre-raisons de toutes parts, Lettres, t. III, p. 804, dans LACURNE dans CONTRE-RAISON
Nous vismes en l'an 1557 en plain esté s'elever par quatre jours entiers un reume qui fut presque commun à tous, par le moyen duquel le nez distilloit sans cesse comme une fontaine, avecque un grand mal de teste, et une fievre qui duroit aux uns douze, aux autres quinze heures, que plus que moins ; puis soudain, sans oeuvre de medecin, on estoit guery ; la quelle maladie fut depuis par un nouveau terme appellé par nous coqueluche, Recherches, liv IV, p. 375, dans LACURNE dans COQUELUCHE
Les poules coquetans ou, si vous voulez qu'ainsi je le die, caquetans ensemble, Lettres, t. I, p. 606, dans LACURNE dans COQUETER
Coqueter des coqs et poulles qui est le langage dont ils nous rompent la teste, quand ils s'entrefont l'amour et dont nous avons formé par une belle métaphore caquetter, lorsque quelques babillards nous repaissent de parolles vaines, Recherches, t. VIII, p. 671, dans LACURNE dans COQUETER
Coquin, c'est un mendiant volontaire qui haleine ordinairement les cuisines que les latins appellent coquinas, Recherches, VIII, p. 718, dans LACURNE dans COQUIN, INE
Dans les livres de la discipline militaire de Langey vous ne trouverez ny corps de garde ny sentinelle, ains au lieu du premier il l'appelle guet, et le second estre aux escoutes, Recherches, p. 662, dans LACURNE dans CORPS
Je la voulois atoucher en cachette Par le coulis [action de couler, de glisser] d'une secrette main Dedans son lit...., Oeuvres mêlées, p. 377, dans LACURNE dans COULIS
Avons esté contraints de retourner, je n'ozeray dire avecques nostre courte honte ; car elle n'a esté que trop grande, Lett. t. II, p. 89, dans LACURNE dans COURT, COURTE
Ostez de votre teste cette courtisanie que je vois estre pratiquée par quelques uns qui ne se veulent charger de cause contre les grands, pour ne leur desplaire, Lettres, t. I, p. 536, dans LACURNE dans COURTISANERIE
Le premier où j'ay leu courtizer est dans la poesie d'Olivier de Magny, parole qui nous est pour le jour d'hui fort familiere, Recherches, liv. VIII, p. 662, dans LACURNE dans COURTISER
Leur commune voix [des chirurgiens] est que ce fut le roy St Louys, le tirant en couverture [preuve] de l'appointé qui fut fait entre maistre François Fromond et Robert de Langres, chirurgiens du roy jurez du chastelet d'une part, et maistre François de Troyes prevost d'autre, Recherches, IX, p. 821, dans LACURNE dans COUVERTURE
Et ce petit moulinet dont nous usons le jeudy et vendredy de la sepmaine sainte au lieu de cloches, que nous appellons cresserelle, a emprunté ce nom du son qu'il produit, Recherches, liv. VIII, p. 671, dans LACURNE dans CRÉCELLE
Nous disons qu'un homme qui est fort crotté est crotté en archidiacre, Recherches, liv. VIII, p. 700, dans LACURNE dans CROTTER
Tous mes parents [c'est Alexandre qui parle après sa mort] demeurerent non seulement en croupe, mais aussi furent miserablement meurtris par ceux que j'avois eslevez, Recherches, p. 902, dans LACURNE dans CROUPE
Je ne leu jamais tant de rigueur (je ne dirai cruauté) comme celle qui fut exercée contre cette dame [Marie Stuart], ny de constance comme celle qui se trouva en elle, Rech. liv. VI, p. 512, dans LACURNE dans CRUAUTÉ
On entreprend contre Charles une tragedie [les Vêpres siciliennes] qui fut jouée à trois personnages dont Prochite estoit sous la custode...., Rech. liv. VIII, p. 744, dans LACURNE dans CUSTODE
Les princes seculiers ont, sur ces commandes, basti tantost des oeconomes, tantost des custodi-nos et depositaires, la pluspart gens de nulle valeur, qui, sous de grandes soutanes et bonnets à l'episcopale, gardent les eveschez et abbayes qui à un capitaine et guerrier, qui à un huguenot, qui à gens mariez, qui à une dame, Lett. t. II, p. 607, dans LACURNE dans CUSTODI-NOS
Dès lors il est pris aux rets, sans qu'il s'en puisse dechevestrer, tout le demeurant de sa vie, Recherches, p. 293, dans LACURNE dans DÉCHEVÊTRER
Je pense avoir esté le premier des nostres qui ait defriché plusieurs anciennetés obscures de cette France, dans le Dict. de DOCHEZ. dans DÉFRICHER
Comme si le daimon qui garde nostre France Eust fait avec le tien eternelle alliance, Lettres, t. I, p. 289, dans LACURNE dans DÉMON
Perdre une saillie gaillarde et piquante d'esprit, ou un mot denté et plein d'aiguillon, Lett. t. III, p. 93, dans LACURNE dans DENTÉ, ÉE
L'on y mesloit de la vengeance contre uns et autres grands seigneurs, dont on requeroit le desapointement, Recherches, p. 80, dans LACURNE dans DÉSAPPOINTEMENT
Il [un fruit] a esté desassaisonné et cueilly avant le temps, Lettres, t. III, p. 221, dans LACURNE dans DÉSASSAISONNER
Le semblable fit-il quelque temps après, de sept pains et quelques petits poissons, à une autre grande troupe de gens, et lors aussi les apostres recueillirent sept corbeilles pleines du dessert, Lettres, t. II, p. 620, dans LACURNE dans DESSERT
Voilà en peu de paroles pourquoy j'appelle un esprit romain celui que le courtizan du jour d'huy appelle determiné, mot au quel je ne trouve pas grand fondement pour luy donner vogue, encores que je le voye authorizé par les bouches de plusieurs gens de cour que je n'establiray jamais pour juges du bien parler, combien que le commun peuple se persuade le contraire, Lettres, t. I, p. 554, dans LACURNE dans DÉTERMINER
Sçavoir si la science des loix reduite en digestes sous l'authorité de Justinien a esté autrefois enseignée en l'université de Paris, Recherches, p. 813, dans LACURNE dans DIGESTE
Brunehaut, jalouse de cette belle amitié, craignant d'estre de sautorisée ou discreditée, fait tant par ses charmes que Thierry ne peut habiter avec sa femme, dans le Dict. de DOCHEZ. dans DISCRÉDITER
Afin qu'il vienne consentir ou dissentir, Recherches, p. 747, dans LACURNE dans DISSENTIR
Nul ne se pourroit dire asseuré, ayant affaire avec un prince infiniement diversifié [inconstant], Lettres, t. I, p. 156, dans LACURNE dans DIVERSIFIER
Les mots et sentences dorées, Recherches, p. 512, dans LACURNE dans DORER
M. de Mayenne l'importunoit sui les assignations d'argent qui lui avoient esté promises par les articles de sa capitulation, disant n'en pouvoir estre dressé [payé], Lettres, t. II, p. 589, dans LACURNE dans DRESSER
Nicolas Roland, homme voué avec une passion extraordinaire au fait de la ligue, et sous ce titre avoit esté créé eschevin de Paris, la premiere année des troubles l'an 1588 ; toute fois, quelque temps après, il commença de mettre de l'eau sur son feu [à mettre de l'eau dans son vin, à en rabattre de son exaltation], Lett. t. II, p. 309, dans LACURNE dans EAU
Après tant de travaux et de fatigues [c'est Alexandre qui parle après sa mort], ne me contes qu'un chacun fit eschantillon de mon empire à son profit, Recherches, p. 902, dans LACURNE, au mot croupe. dans ÉCHANTILLON
Ces nations estrangeres eschantillonnerent en parcelles l'estat de Rome, Recherches, p. 21, dans LACURNE dans ÉCHANTILLONNER
Il n'y avoit eglise cathedrale en laquelle n'y eust prebende affectée pour le salaire de celui qui enseigneroit les lettres ordinaires, et une autre pour celui qui vacqueroit à l'enseignement de la theologie ; le premier estoit appelé escolastre, le second theologal, Recherches, liv. IX, p. 767, dans LACURNE dans ÉCOLÂTRE
Esconduite, Lettres, t. II, p. 348, dans LACURNE dans ÉCONDUITE
Ce grand personnage, se voiant ainsi escorné [moque] par son client, Recherches, p. 749, dans LACURNE dans ÉCORNER
Que l'on n'eust à sonner nulle cloche, sinon celle de l'effroi, Lettres, t. I, p. 4, dans LACURNE dans EFFROI
Je croy que ceux-là n'attendent de vous nul eloge pour le sujet que traictez, Lettres, t. I, p. 558, dans LACURNE dans ÉLOGE
Je ne douteray de donner ici à chacun d'eux son eloquence [éloge], Recherches, p. 634, dans LACURNE dans ÉLOQUENCE
Après qu'il se fut empieté de deux royaumes, Recherches, p. 440, dans LACURNE dans EMPIÉTER
Philippe, pour la grandeur de ses mérites, emporta, par la voix des doctes, le surnom d'Auguste, Rech. III, 29 dans EMPORTER
Je prie à Dieu que vous puissiez empoupper vostre navire d'un vent heureux, Lettres, t. III, p. 599, dans LACURNE dans EMPOUPER
Qui venoit grandement à l'enervation de la juridiction temporelle, Recherche, p. 253, dans LACURNE dans ÉNERVATION
Bien est à presumer que Pharamond premierement, puis son successeur Clodion, voyant l'empire en tel desordre, ne demeuroient ce temps pendant engourdis, dans le Dict. de DOCHEZ dans ENGOURDIR
Premier que de passer outre, je vous prierai me permettre de faire icy cette entre-ligne pour puis reprendre à mon point le fil de cette genealogie, Recherches, p. 385, dans LACURNE dans ENTRE-LIGNE
Pendant que ces autres forçats, pour toute consolation, s'amuseront de s'entre-tromper de bayes, et donner la mocque l'un à l'autre, Pourparler de la loy. dans ENTRE-TROMPER (S')
On lui baille [à l'auteur] pour controleur un homme qui prend le tiltre de correcteur, auquel on presente la premiere espreuve.... on a recours pour la seconde espreuve à l'autheur, Lettres, t. I, p. 662 dans ÉPREUVE
Nous sommes en un royaume auquel, pour la facilité de nos rois, les choses viennent aisément à l'essor [au désordre], Recherches, p. 46, dans LACURNE dans ESSOR
Disant ces paroles, elle fondoit en larmes, de telle sorte qu'on ne la pouvoit estancher, Recherches, p. 526, dans LACURNE dans ÉTANCHER
Pour m'estancher de ce long discours [y mettre un terme], ib. p. 724 dans ÉTANCHER
Estendart, banniere ou enseigne, que nous disons aujourd'hui drapeau, Recherches, dans LACURNE dans ÉTENDARD
Ne se faut point esmerveiller si nous voyons venir en estre quelque chose qui paravant n'ait point esté, Lettres, t. III, p. 510 dans ÊTRE
Privilege par luy produit, exhorbitant neantmoins du sort commun de la justice, Rech. p. 868, dans LACURNE dans EXORBITANT, ANTE
L'a fait bannir et exterminer du pays, Rech. v, p. 405, dans LACURNE dans EXTERMINER
Saint Dominique extirpateur, par ses presches, de l'heresie albigeoise, dans le Dict. de DOCHEZ. dans EXTIRPATEUR
Flodoart, qui vivoit en ce tempslà, duquel j'use en tout ce discours comme d'un fanal pour me conduire dans les obscurités de cette histoire, dans le Dict. de DOCHEZ. dans FANAL
Le jour de la Pentecoste fut deux fois fatal au roy Henri III, eleu roi de Pologne ce jourlà en 1573, et devenu roi de France le mesme jour, Lettres, t. I, p. 371 dans FATAL, ALE
Faubourgs sont toutes les maisons hors l'enceinte de la ville, Recherches, p. 658, dans LACURNE dans FAUBOURG
Il se vint heurter contre la ville, presque aux fauxbourgs de l'hiver [à l'entrée de l'hiver], Lettres, t. I, p. 42 dans FAUBOURG
Un fierrabras, un rodomont, un taillant, fendant, Lettres, t. I, p. 576 dans FENDANT
[Pour l'execution du président Brisson] sortirent de la maison de Cornouaille plusieurs fendants [coupe-jarrets], ib. t. II, p. 302 dans FENDANT
Avec terme plus propre nous ne pouvons nommer celui qui fait le banquet que festinant, Recherches, liv. VIII, p. 674, dans LACURNE dans FESTINER
Eu esgard mesmement à son contract de mariage et testament de feue sa femme, Rech. VI, 11 dans FEU, FEUE
Comme il advient que l'on ait fondé plusieurs obits en une eglise, esquels, par long laps de temps et la multitude d'iceux, il seroit impossible de fournir, nos anciens dirent que tout cela se passoit par un fidelium, qui est la derniere oraison dont on ferme les prieres des morts, Recherches, liv. VIII, p. 700, dans LACURNE dans FIDÉLIUM
Lupolde, de son costé, se fascha d'estre ainsi interrompu par ce muguet qui toujours estoit en fievre comme les singes, Contes d'Eutrap. p. 138, dans LACURNE. Au lieu d'une fievre chaude, j'entre en une continue, puis encore en double quarte, et finalement en une quintaine qui estoit que de cinq jours l'un j'avois la fievre, Lettres, t. II, p. 666, dans LACURNE dans FIÈVRE
D'où vient qu'entre François on souhaite la fievre quarte pour grant maudisson ?, ib. t. I, p. 615 dans FIÈVRE
Il n'y a fils de bonne mere qui ne mette là son denier [à acheter des offices], Lettres, t. I, p. 642 dans FILS
L'ordinaire de nos anciens estoit d'employer le mot de fin pour bon en toutes les occurrences qui se presentoient, Recherches, p. 756, dans LACURNE dans FIN, FINE
Finesse est une parolle mitoyenne entre la prudence et la tromperie, Recherches, liv. VIII, p. 756, dans LACURNE dans FINESSE
N'y ayant animal qui ait le flair si subtil comme le loup, Lettres, t. I, p. 656 dans FLAIR
Pour n'estre grands fleuves, ne sont flotez de grands bateaux, Recherches, liv. IX, p. 761, dans LACURNE dans FLOTTER
Pour se redimer de cette vexation [refus de sépulture], les amis et heritiers du defunt estoient contraints foncer le poignet des officiaux, archidiacres et autres juges d'eglise [leur payer une somme], Recherches, liv. III, p. 254, dans LACURNE dans FONCER
Vois tu combien est demeurée en son entier cette monarchie de France ; et, bien que pour l'imbecillité de quelques rois, le royaume ait forligné en deux familles, toutefois ne se trouvera que, depuis unze cent ans, ait passé en main de nation estrangere, fors quelque vingtaine d'ans sous les Anglois, Recherches, p. 892, dans LACURNE dans FORLIGNER
Fournir à nature [mourir], Recherches, p. 905, dans LACURNE dans FOURNIR
Les bons gourmets tastans du bon vin disent qu'il sent la framboise, lorsqu'ils le veulent haut louer, ne s'advisans pas toutefois que, si un vin sentoit sa framboise, il n'y a celuy qui en voulust boire aisément ; par quoy il faut indubitablement dire, d'un bon vin qu'il sent son franc boire, c'est à dire qu'il n'y a aucun vice, Recherches, p. 753, dans LACURNE dans FRAMBOISE
Le docte Baïf remarque que gallicae estoient une espece de souliers dont les Gaulois usoient pendant la pluie ; nous l'appelons encore aujourd'hui galloches, Recherches, liv. VIII, p. 657, dans LACURNE dans GALOCHE
Il y a encore des escoliers qui demeurent hors des colleges, qui vont ouir les leçons d'uns et autres regens, selon que l'opinion leur en prend et aux maistres qui les gouvernent, les jeunes appellez martinets par nous et les autres galochiers, Recherches, liv. IX, p. 792, dans LACURNE dans GALOCHIER
[Gondebaut] attira plusieurs grands seigneurs à sa cordelle, qui excita une estrange gargouille en France, Rech. p. 445, dans LACURNE dans GARGOUILLE
Saint Romain, archevesque de Rouen, sous le regne de Clothaire second, suivi d'un prisonnier condamné à mort, ayant avec son estole dompté un dragon qui depuis fut appelé gargouille, ib. p. 865 dans GARGOUILLE
Au regard des Guelphes et Gibelins, encore que nous soyons asseurez que ces deux paroles eussent pris leur commencement de la querelle du pape avec l'empereur Frederic, si est-ce que, quand vous aurez bien recherché tous les autheurs qui en ont escrit, malaisement que puissiez sçavoir qui donna la premiere entrée à ces deux mots, Rech. p. 737, dans LACURNE dans GIBELIN
Il y a des mots qui naissent entre nous par hazard et auxquels le peuple donne cours sans savoir pourquoi. En l'an 1554 nous eusmes des vins infiniment verds, que l'on appela ginguets. En l'an 1557 il survint un mal de teste, accompagné d'une perpetuelle fluxion de pituite par le nez, que l'on nomma coqueluche. Il est impossible de rendre raison de l'un et de l'autre, Recherches, VIII, 43 dans GINGUET, ETTE
Tous ces seigneurs estans en sa chambre avec leur greffier, il [St-Valier, détenu pour un procès capital] les pria de se retirer, desirant gouverner [entretenir] à part monsieur le premier president, Rech. liv. VIII, p. 707, dans LACURNE dans GOUVERNER
On disait aussi grecaniser : Le tout sans grecaniser ou latiniser, permettez-moi d'ainsi le dire, Recherches, t. VIII, p. 657, dans LACURNE dans GRÉCISER
Se trouvans de gros chrestiens [mauvais chrétiens] qui estiment que l'eau beniste est un amusoir du peuple, emprunté de ceremonies payennes, Recherches, liv. VIII, p. 701, dans LACURNE dans GROS, OSSE
Damoyselle qui oncq, bien qu'elle fust aymée, Ne tourna ses pensers qu'en grotesque ou fumée : Laissant le meritant pour prendre à son appoint Celuy qui à part soy ne l'aymoit d'un seul point, Oeuv. meslées, t. III, p. 426 dans GROTESQUES
Il a l'oeil triste, l'oeil riant, guilleret, friant, et autres de telle marque, Oeuvres mêlées, p. 258, dans LACURNE dans GUILLERET, ETTE
Guillery du passereau, Recherches, liv. VIII, p. 671, dans LACURNE dans GUILLERI
L'habitude de l'air produit quand et soy les esprits plus doux ou plus hagards, Lettres, t. I, p 405 dans HAGARD, ARDE
Je ne vy jamais grand seigneur accompagné de plus grande prud' hommie que luy, et en ay halené plusieurs, Recherches, liv. VI, p. 485 dans HALENER
Les pescheurs de la coste de Normandie, qui es dittes années ont esté aux harangaisons, Recherches, liv. VI, p. 483, dans LACURNE dans HARENGAISON
Meschante haridelle de cheval, Lett. t. I, p. 724 dans HARIDELLE
Ce que nos anciens appellerent heaume, on l'appella sous François 1er armet ; nous le nommons maintenant habillement de teste ; qui est une vraye sottise de dire par trois parolles ce qu'une seule nous donnoit, VIII, p. 662, dans LACURNE dans HEAUME
Ce mot d'heresie, grec, depuis transplanté dedans Rome, qui signifioit opinion, et par succession de temps nous l'avons tourné en si mauvaise part, que nous n'en usons que contre ceux qui nous contreviennent à la foy et religion catholique, Rech. liv. VIII, p. 686, dans LACURNE dans HÉRÉSIE
Vers de dix syllabes que nous appellons heroïques, VII, p. 605, LACURNE. dans HÉROÏQUE
Il ne falloit grandement hocher la bride aux autres princes, Recherches, livre VI, p. 459, dans LACURNE dans HOCHER
La reyne estimant pour ce hola et taisible reconciliation toutes choses luy estre asseurées, Recherch. liv. VI, p. 549. dans LACURNE dans HOLÀ
On dit que tous ceux qui meurdrirent Jules Cesar en plein senat moururent depuis de mors violentes ; semblables discours font quelques uns contre ceux qui homiciderent dedans Blois le duc de Guise, Lett. t. II, p. 336 dans HOMICIDER
De notre temps ce mot d'honneste, auquel, en ma jeunesse, j'ay veu prononcer la lettre de s, s'est maintenant tourné en un e fort long, Rech. liv. VIII, p. 646, dans LACURNE dans HONNÊTE
Constantin favorisa à huis ouvert la religion chrestienne, au desavantage du paganisme, Recherches, liv. v, p. 430, dans LACURNE dans HUIS
Tous les philosophes anciens furent hommes, consequemment attrempans ou, pour mieux dire, hypocrisans et desguisans leurs passions, selon qu'ils estoient plus discrets, Pour-parler de la loy. dans HYPOCRISER
Bon Dieu ! comment as-tu peu amonceller ceste iliade de calomnieuses et enormes injures ?, Lett. t. III, p. 922 dans ILIADE
Conferoient le plus de temps à gens illettrés, Recherches, V, 12 dans ILLETTRÉ, ÉE
Au temps que les François s'impatroniserent de cette Gaule, Recherches, livre I, p. 9, dans LACURNE dans IMPATRONISER
Nous voyons avoir esté permis aux hommes et femmes se marier, voire à l'aage d'indiscretion et où il semble n'y avoir grande connaissance, Monophile, Oeuvres mêlées, t. III, p. 102 dans INDISCRÉTION
Nos femmes, avec les quelles nous avons voué l'individuité de nos vies, Lett. t. I, p. 29 dans INDIVIDUITÉ
....Les juges et avocats tirent leurs principales maximes des jurisconsultes qui ont escrit d'un style inelegant, dans le Dict. de DOCHEZ. dans INÉLÉGANT, ANTE
À mon regret diray cavallerie, infanterie.... au lieu de chevalerie, pietons...., Lett. t. I, p. 105 dans INFANTERIE
Par succession de temps nous avons repris l'i latin ; car nous disons aujourd'hui infirme, infirmité, Recherches, VIII, p. 702, dans LACURNE dans INFIRME
Inhabitué en tels actes, Recherches, p. 872, dans LACURNE dans INHABITUÉ, ÉE
Rejettant tous ces insalutaires conseils qui ne peuvent qu'affoiblir l'estat, Lett. t. III, p. 691 dans INSALUTAIRE
Ses gens veulent faire quelque resistance ; on en vient aux mains, et se trouvent avoir du pire ; au moyen de quoy ceux qui eurent le dessus d'eux, firent un inventaire de gens d'armes de tous et chacuns ses biens meubles, bagues, joyaux, chevaux, armes, or et argent, Lett. t. II, p. 316 dans INVENTAIRE
Obliger les roys futurs par l'authorité du saint siege apostolique à les conserver [les priviléges] inviolez, sans les entamer par aucun sacrilege, Rech. III, 7 dans INVIOLÉ, ÉE
Les causes des remises et respits que vous avez eu si longtemps de votre perte irrecouvrable, Lettres, t. III, p. 622 dans IRRECOUVRABLE
Ce grand Montmorency que l'impiteuse guerre Nous a jalousement ravy de cette terre, Oeuv. meslées, p. 521, dans LACURNE dans JALOUSEMENT
Nous avons deux noms desqueIs nous baptisons en commun ceux qu'estimons de peu d'effet, les nommons Jeans ou Guillaumes, Recherches, livre VIII, p. 751 dans JEAN
Quand en l'an 1564 je plaiday la cause de l'université de Paris contre les jesuistes, depuis apelez jesuites...., Recherches, IX, p. 26 dans JÉSUITE
Pour avoir escrit contre leur jesuisme, Lett. t. II, p. 688 dans JÉSUITISME
Voyant que ce lui estoit jeu forcé, Rech. livre VI, p. 534, dans LACURNE dans JEU
T'avoir cinq ans fait de moy sacrifice, N'avoir de toy le dernier benefice, C'est trop jouer à l'amoureux transi, Oeuvres meslées, p. 385, dans LACURNE dans JOUER
Je le voyois [Montaigne] habiller le mot de jouir du tout à l'usage de Gascongne, et non de nostre langue françoise : la santé que je jouy jusques à present, Lettres, t. II, p. 380 dans JOUIR
Lors s'estoit evanouie la difference de jugeurs et rapporteurs d'enquestes, Recherches, liv. II. p. 47, dans LACURNE dans JUGEUR
Considérons ces deux lettres que les uns appellent mignardes, les autres molles, l et n [il s'agit de ll mouillées et de gn], Lettres, t. I, p. 138 dans L
Quant à ce que m'honorez tant par vos lettres, je ne le veux ni puis recognoistre ; je n'ay pas si peu vescu avec moy, que je ne me sente leger de plus de grains que ne dites ; mais c'est l'amitié que me portez qui vous aveugle, Lettres, t. I, p. 578 dans LÉGER, ÈRE
De vous dire par quels moyens, ce me sont lettres clauses, Recherches, livre III, p. 218 dans LETTRE
Ostez de nostre escriture les lettres que nous ne prononçons pas, vous introduirez un chaos en l'ordre de nostre grammaire, et ferez perdre la cognoissance de l'origine de la plus grande partie de nos mots, Gramm. franç. p. 209, dans LIVET dans LETTRE
Troubles non seulement de catholique à huguenot, mais de catholique à catholique, sous mots de faction malheureusement controuvez de ligueur, politique, maheustre, Recherches, liv. IX, p. 809, dans LACURNE dans LIGUEUR, EUSE
Aux lirons et limaçons cachez en terre ou dans leurs creux le dormir sert au lieu de mangeaille, Lett. t. III, p. 656 dans LIRON
Nous participons tous de la lune, c'est à dire que nous sommes fous en la chose où nous applicquons nostre fantaisie entiere, Lett. t. III, p. 841 dans LUNE
Telles manieres de gens avoient esté appellez, de nostre jeunesse, lutheriens à cause de Martin Luther, depuis calvinistes, et d'un mot general sacramentaires, Recherches, liv. VIII, p. 738, dans LACURNE dans LUTHÉRIEN, IENNE
Ces misanthropes et lutons, Lett. t. I, p. 480 dans LUTIN
Une vingtaine de vers macaronées, Recherches, VII, 6 dans MACARONÉE
Le malheur de nostre siecle aujourd'hui est tel que, pour acquerir reputation d'habille homme, il faut machiavelizer, Recherches, livre VI, p. 471, dans LACURNE dans MACHIAVÉLISER
Mademoiselle vostre mere, Lett. t. II, p. 154 dans MADEMOISELLE
Il nourrissoit au chasteau de Madrid des lions, des ours, des gros magots et autres bestes sauvages, qu'il faisoit souvent combattre, Lettres, t. II, p. 42 dans MAGOT
Nos coustumes appellent les serfs gens de mortemain ou main morte par une metaphore hardie, Recherch. VIII, p. 732, dans LACURNE dans MAINMORTE
Quant au mot de maistre, si est-ce que nous rapportons aujourd'hui ceste qualité aux moindres, comme sont les escoliers et maistres es arts et maistres des mestiers, Recherch. livre VIII, p. 688, dans LACURNE dans MAÎTRE
Dans les roolles [du parlement] sont les clercs qualifiez maistres, et les laiz [laïques] messires parce que c'estoient gens suivans les armes ; ny pour cette qualité de messire ou monsieur, ceux-cy n'estoient plus authorisez que les maistres, parce que, quand on parloit des seigneurs de parlement en leur general, on les appeloit ordinairement maistres du parlement, ib. liv. II, p. 46 dans MAÎTRE
Je tomberois en la male bouche de tous, Recherches, IX, p. 794, dans LACURNE dans MALEBOUCHE
Ces levées, qui estoient quelque fois extraordinaires, furent anciennement appelées maletoultes, comme si le peuple eust voulu dire qu'elles estoient mal prises, Recherch. l. VIII, p. 718, dans LACURNE dans MALTÔTE
Mandats et graces expectatives, quand commencerent de venir en desordre, Recherches, p. 224, dans LACURNE dans MANDAT
Aux emprunts de ville, quand on ne paye à jour nommé ce à quoy l'on est cottizé, l'on envoye aux maisons des garnisons d'hommes que l'on appelle mangeurs, Lettres, t. I, p. 529 dans MANGEUR, EUSE
Un fierabras, un rodomont, un taillant, fendant, mangeur de charrettes ferrées, ib. t. I, p. 576 dans MANGEUR, EUSE
Par un commun proverbe, on dit celui-là vivre à la franche marguerite, qui conduit rondement et sans tromperie ses deportements, Lettres, XXII, 5 (cité par FEUGÈRE, Glossaire d'Ét. Pasquier). dans MARGUERITE
Nous appellons marcher ou marquer, toutes et quantes fois que par un signal, affiche, reconnaissance ou autrement, nous assignons certains buts, limites et separations entre les personnes, Recherches, liv. VIII, p. 736, dans LACURNE dans MARQUER
En ce martel [lors de la journée des barricades] se passent les vendredi, samedi et dimanche, Lett. t. I, p. 784 dans MARTEL
Il y a encore des escoliers qui demeurent en ville hors les colleges, qui vont ouir les leçons d'uns et autres regens, selon que l'opinion leur en prend, ou aux maistres qui les gouvernent ; les jeunes appelez martinetz par nous, et les autres galoches, Recherches, liv. IX, p. 792, dans LACURNE dans MARTINET
Feignans de faire la menagerie du roy, ils ne firent autre chose qu'une mangerie pour eux au prejudice des seigneurs et de leurs sujets, Rech. liv. IV, p. 339, dans LACURNE dans MÉNAGERIE
Il estoit si nouveau et escolier à faire brigues et menées, je me dispenseray de ce mot [je me permettrai ce mot], qu'il ne s'en mesla que bien peu, Lett. t. I, p. 426 dans MENÉE
Quand les pitaux de village ont pris un loup, on emporte la teste par les paroisses circonvoisines pour en tirer du commun peuple quelques grandsmercis en oeufs, fromages ou autrement, l'Interprétation des institutes de Justinian, II, 21 dans MERCI
Metayer nous est aussi propre que le partiaire pour le latin, l'un prenant sa derivation de partiri, et l'autre du mot de moitié, Recherches, liv. VIII, p. 727, dans LACURNE dans MÉTAYER, ÈRE
Toutes ces considerations mises en balance firent condamner ce pauvre malheureux à estre roué, et, auparavant estant mis sur le mestier [à la question], il confessa le tout à la descharge de la conscience de ses juges, Recherches, liv. VI, p. 574 dans MÉTIER
Estant le mieux que bien venu, fut par plusieurs jours festoyé avec toutes les allegresses que l'on pourroit souhaitter, Recherches, livre VIII, p. 697, dans LACURNE dans MIEUX
Si m'a-il [l'amour] tousjours semblé n'egaler en son endroit d'un seul point la minime partie des douleurs et tourmens, qui de là preignent leur source et origine, Monophile, p. 169, dans LACURNE dans MINIME
Le roy faict contenance de vouloir convoquer ses trois estats dedans Orleans ; ceux qui ont plus de sentiment, jugent que c'est pour y attraper les minons ; car, soudain qu'il est entré dans la ville, il a mis garde aux portes, Lett. t. I, p. 185 dans MINON
Ancien proverbe, que la moitié passe le tout, Lett. t. I, p. 760 dans MOITIÉ
Quelques sages mondains, cognoissans les infirmitez qui naissent et dans et hors de nos cerveaux, confesserent franchement qu'ils n'avoient connoissance d'autre chose sinon de leur ignorance, Lettres, t. I, p. 583 dans MONDAIN, AINE
Il n'y a presque gentilhomme de la France, qui ne pensast avoir fait tort à sa noblesse, s'il n'estoit appelé par ses enfans monsieur, au lieu de ce doux nom de pere, Rech. livre VIII, p. 670, dans LACURNE dans MONSIEUR
Encore mettons-nous en usage ce mot de monsieur pour les princes d'une façon particuliere, car jamais nous n'appelons un prince monsieur, cela est pour le commun des gens de remarque ; mais, si nous les appelons par leurs propres noms, nous en usons en ceste façon : François monsieur duc d'Alençon ; Henry monsieur prince de Condé, ib. VIII, p. 670 dans MONSIEUR
On dit en commun proverbe que telle vie, telle mort, Recherches, livre VI, p. 531, dans LACURNE dans MORT
Prince qui sçavoit par belles promesses donner la muse à ses ennemis, et rompre tout d'une suite et leurs choleres et leurs desseins, Lett. t. I, p. 154 dans MUSE
De cest entrelas d'i et n avec le g, vous en avez fait l'n mignarde, Lettres, t. I, p. 139 dans N
Au voyage que fit Charles huictienne en Italie, la pluspart de ses soldats, pour avoir mal couché avecques des femmes impudiques, rapporterent une maladie contagieuse que nous appellasmes mal de Naples, parce que ce fut le lieu où il commença ; et les Italiens, mal françois, d'autant que les François en furent les premiers partis, Recherches, liv. IV, p. 374, dans LACURNE dans NAPLES
Fut à nos anciens fort familier et frequent, pour la proximité de parentage, le mot de nepveu, non pour le regard de l'oncle, ains de l'ayeul, c'est à dire pour ce que nous disons, par un contour de langage, petit-fils, Rech. VIII, 50 dans NEVEU
Epigramme que je vous estale tout de son long, non que j'y trouve aucun nez [finesse, esprit], Rech. IX, p. 794, dans LACURNE dans NEZ
Chaque legislateur se met une justice en buste, et chacun d'eux luy fait, si ainsi voulez que je le die, un nez de cire, et la diversifie sur le moule de ses conceptions particulieres, Lettres, t. II, p. 465 dans NEZ
Voulez-vous en françois braver un homme, vous dites que vous le ferez bien camus, ou que vous lui rendrez le nez aussi plat comme une andouille, Rech. VIII, p. 693 dans NEZ
Dans ma jeunesse, c'estoit une coustume que l'on avoit tournée en ceremonie, de chanter tous les soirs, presque en chaque famille, des nouels qui estoient chansons spirituelles faites en l'honneur de nostre Seigneur ; lesquels on chante encore en plusieurs eglises, pendant que l'on celebre la grand messe le jour de Noel, lorsque le prestre reçoit les offrandes, Rech. de la France, IV, 16 dans NOËL
Et croy que pour cette mesme raison le simple peuple ait esté induit de dire au desavantage des Normands : qui fit normand, il fit truand, parce que sur tous les peuples de la France ceux-cy ont esté chargez de truz et imposts, Rech. VIII, p. 718, dans LACURNE dans NORMAND, ANDE
La princesse devisa longuement avecque sa nourriture [celui qu'elle avait élevé], Rech. liv. VI, p. 525, dans LACURNE dans NOURRITURE
....De l'Italien introducteur de ce jeu [la blancque], nous usasmes du mot de numero au lieu de nombre, qui nous est naturel françois, et dismes celuy entendre le numero, qui n'avoit oublié le nombre sous lequel sa devise estoit enregistrée : et depuis accomodasmes cette maniere de parler en toute autre chose, disans qu'un homme entendoit le numero, quand il avoit certaine information et connoissance d'une chose, Recherches, VIII, 49 dans NUMÉRO
Oblat est le soldat ou gendarme pauvre qui au service du roy est demeuré perclus et estropié de l'un de ses membres, en reconnoissance de quoy le roy luy peut assigner ses aliments sur quelques abbayes ou monasteres qui se trouvent de la nature, Rech. III, 35 dans OBLAT
Introduisismes entre autres deux nouvelles especes de poesie : les odes dont nous empruntasmes la façon des Grecs et Latins...., Recherches, liv. VII, p. 611 dans ODE
Clitus, qui estoit ton oncle de lait [parlant à Alexandre], et frere de ta mere nourrisse, Rech. p. 906, dans LACURNE dans ONCLE
Comment usonsnous en françois du mot d'orateurs ? Ce sont les evesques et prelats, lesquels, es lettres qu'ils envoyent aux roys et princes, prennent cette qualité de leurs humbles orateurs, rapportans ce mot à leurs devotions et prieres, Lett. t. I, p. 691 dans ORATEUR
Cette liberté [de l'Église gallicane], tant rechantée par les nostres, n'est autre chose que le droit commun et ordinaire ; et c'est la cause pour laquelle chacun, par un consentement, s'est induit d'appeller les evesques ordinaires, comme ne faisans rien dans leurs dioceses qui ne fut de droit ordinaire, et que ce que l'on entreprenoit sur eux estoit extraordinaire, Recherches, liv. III, p. 242, dans LACURNE dans ORDINAIRE
Il y a trente ans et plus que vous tenez l'un des premiers lieux entre ceux de nostre ordre [des avocats] en vostre païs, Lett. t. I, p. 420 dans ORDRE
Il sceut si dextrement et fidellement conduire ceste orne [intrigue], qu'il emporta de dessus tous les autres pretendans, Lett. t. I, p. 426 dans ORNE
Nous n'avons entre nous ni orthographe asseurée (chose toutesfois necessaire pour la perpetuation d'une langue), ni telle varieté de mots comme eurent jadis et le Romain et le Grec, Lettres, t. I, p. 8 dans ORTHOGRAPHE
Les trous [du navire] qui prennent l'eau au fond de l'ossec, Lett. t. II, p. 398 dans OSSEC ou OSSET
Il faut conclure que qui ayme le jeu, ne fera jamais grande fortune, ouy bien qu'il se verra avec le temps reduit à une miserable pauvreté, Lettres, t. III, p. 68 dans OUI
Galsonde, soeur aisnée de Brunehaud, deuxième femme de Chilperic, est estranglée dans son lit à l'instigation de Fredegonde, lors sa paillarde et depuis sa femme et espouse, Recherches, v, p. 410, dans LACURNE dans PAILLARD, ARDE
Nostre langue n'est moins capable que la latine des traits poetiques hardis ; car, quant à moy, je ne voy rien en quoy le romain nous fasse passer la paille devant les yeux, Recherches, VII, p. 624, dans POUGENS dans PAILLE
Palatin de l'empire, ainsi appeloient les empereurs ceux qui estoient leurs conseillers ordinaires, Recherches, liv. II, p. 90, dans LACURNE dans PALATIN
Ceux qui estoient commis au mesnagement de nostre France, au lieu de soulager de tailles, aydes et subsides les pauvres sujects affligez d'une longue guerre, introduisirent une nouvelle dace [contribution] sous le nom de pancharte, qui estoit une imposition par tout le royaume d'un sol pour livre de chaque denrée vendue, Lett. t. II, p. 350 dans PANCARTE
Se sont insinuez entre nous deux miserables mots de faction de huguenot et papiste, que je crains nous apporter au long aller les mesmes calamitez et miseres que les guelfes et gibellins dans l'Italie, Lett. t. I, p. 183 dans PAPISTE
Il luy arriva de jurer à la chaude cole [en grande colère] son grand Pasque-Dieu, et dire que s'ils n'obeissoient à son vouloir, il les feroit mourir, Rech. liv. VI, p. 568, dans LACURNE dans PÂQUE
Nom particulierement attribué en nostre eglise au benoist saint Esprit ; l'ignorance du commun peuple le nomma paraclit ; comme aussi ay je veu qu'en mes jeunes ans, dans les eglises, on appelloit le Saint Esprit spiritum paraclytum, non paracletum, Rech. VI, 17 dans PARACLET
François Ier, pour les paradoxes vertus qu'il reconnut en lui [Bayard], le choisit pour recevoir l'ordre de chevalerie par ses mains, Rech. liv. VI, p. 520, dans LACURNE dans PARADOXE
Quiconque a voulu parachever le Pseautier [de Marot], n'a pu atteindre à son parangon, Rech. VII, p. 609, dans LACURNE dans PARANGON
Il y a es femmes parfois des defaus, parfois aussi des vertus non moindres qu'aux hommes ; j'ayme mieux estre le paranymphe, que ressembler Jean de Mehun, qui, en son roman de la Rose, fit profession expresse de les blasmer, Rech. liv. VI, p. 566, dans LACURNE dans PARANYMPHE
Que le jesuite.... persevere au guerroyment de l'heresie, non par l'espée mere de sedision, ains pai sa plume, il m'aura pour son paranymphe, son advocat, son trompette, Lett. t. II, p. 571 dans PARANYMPHE
Pithou, qui ne fut jamais vendeur de parfums [donneur de galbanum], Rech. V, p. 443 dans PARFUM
Parodier, Lett. t. III, p. 519 dans PARODIER
Le roy depuis a fait minuter une abolition generale, par laquelle ont esté les prisons ouvertes à tous ceux qui estoient prisonniers par la parole ; c'est le terme dont nous usons au lieu de dire la religion ; mot certainement lequel fort à propos a peu estre accommodé à plusieurs qui sont par cy-devant morts à credit pour trop parler, Lett. t. I, p. 181 dans PAROLE
Opinion certes qui peut trouver divers parrains, pour le soustennement du pour et du contre, Recherches, VI, p. 452, dans LACURNE dans PARRAIN
Si l'argent n'estoit prompt pour suppleer à ce defaut, la malignité du temps produisit une vermine de gens que nous appelasmes partisans, qui avançoient la moitié ou le tiers du denier pour avoir le tout ; race vrayement de viperes qui ont fait mourir la France leur mere aussitost qu'ils furent esclos, Lett. t. I, p. 801 dans PARTISAN
Le mot de passe port, qui nous a esté si familier pendant nos derniers troubles, est une abreviation de passe par tout, qui est un buletin que nous obtenons des gouvernemens, afin qu'il nous soit loisible de passer partout sans prix, Rech. VIII, p. 745, dans LACURNE dans PASSE-PORT
Nos ancestres trouverent ce maistre Pierre Patelin avoir si bien representé le personnage pour lequel il estoit introduit, qu'ils mirent en usage ce mot de patelin pour signifier celui qui par beaux semblants enjauloit, et de lui firent un pateliner et patelinage pour mesme sujet, Recherches, VIII, p. 750, dans LACURNE dans PATELINER
D'où vient ceste grande cherté d'offices ? de ceste ennemie de l'estat paulete-palote, qui, à la façon du chancre, mine et mange insensiblement toutes les familles de ce royaume, Lett. t. III, p. 49 dans PAULETTE
Il repondit qu'il faisoit pavois de sa conscience contre tous les juges, Recherches, VI, 9 dans PAVOIS
Tant à l'endroit des juges royaux qu'autres juges guestrez et pedanez, Rech. II, p. 55 dans PÉDANÉ
Qui a à pendre n'a pas à noyer, Recherches, VIII, p. 714, dans LACURNE dans PENDRE
De nostre temps, le roy Henri II, voulant eriger un magistrat en chaque baillage qui eut l'oeil sur les baillifs et prevosts, pour en faire son rapport au conseil privé du roy, le voulut intituler pere du peuple, Recherches, II, p. 105, dans LACURNE dans PÈRE
Nous n'avons entre nous ni orthographe asseurée (chose toutesfois necessaire pour la perpetuation d'une langue), ni...., Lettres, t. I, p. 8 dans PERPÉTUATION
Vous verrez au long aller ce beau nom de poete venir au nonchaloir du peuple, ainsi que celuy de philosophe que l'on adapte maintenant à ces tireurs de quint-essence, Lett. t. I, p. 26 dans PHILOSOPHE
Cette proposition ne peut estre du commencement digerée, ores que quelques uns y condescendissent de franc pied, Lett. t. II, p. 297 dans PIED
Avoir piloté ce royaume au courant de tant de douloureux fleaux, Lett. t. III, p. 678 dans PILOTER
Celuy qui porte au menton Le plus crespelu coton.... Je suis son pis et son mieux ; Il me courtize en tous lieux, Oeuvres meslées, p. 485, dans LACURNE dans PIS
Des pitaux de village battant le blé dans une grange, Recherches, VII, 9 dans PITAUD, AUDE
Mon opinion n'est pas de vous bastir icy une histoire entiere de sa vie, ains de vous en remarquer quelques signalez placards, Rech. VI, p. 524, dans LACURNE dans PLACARD
Vous avez tous deux des chambres de meditations dans vos testes, où se forgent ces paroles diffamatoires, faussetez, impietez, atheismes, contes bouffonesques et maudissons, desquelles vous les tirez pour les placarder dans vos libelles, Lett. t. III, p. 945 dans PLACARDER
Faisants placets d'herbe verte, Monophile, dans LACURNE dans PLACET
Ceux qui, comme plus sages, firent planche et voye à nouvelles sectes, Lett. t. I, p. 583 dans PLANCHE
Si l'on remarquoit que vous eussiez fait le contraire de ce que vous dites, vostre creance se perdroit plat et court parmy le peuple, Lett. t. III, p. 593 dans PLAT, ATE
Elle but sur la fin du souper à tous ses gens, leur commandant de la pleger [de lui faire raison], Recherch. VI, 15 dans PLEIGER
Mettre la plume au papier, Lett. t. I, p. 55 dans PLUME
Il se presentoit tant de petits avortons de poesie, qu'il fut un temps que le peuple se voulant mocquer d'un homme, il l'appelloit poete, Rech. VII, p. 615, dans LACURNE dans POÉSIE
D'où vient ce proverbe : Pour un poinct Martin perdit son asne ?, Lett. t. I, p. 504, dans LACURNE dans POINT
Promit d'empoisonner le roy, et pour y parvenir voicy la police qu'il y tint, Rech. VI, p. 547, dans LACURNE dans POLICE
Il n'est pas qu'en nos derniers troubles le party catholique ne fut encore subdivisé en politique (que l'on estimoit de pire condition que le huguenot, parce qu'il plaidoit pour la paix) et le ligueur, Rech. VIII, p. 739, dans LACURNE dans POLITIQUE
Ce guerrier inexpugnable [le duc de Guise] a esté tué le plus poltronnement que l'on sçauroit dire par un portant le nom de Poltrot, Lett. t. I, p. 241 dans POLTRONNEMENT
Populace, mot que nous avons esté contraincts d'innover par faute d'autre pour denoter un peuple sot, Rech. VIII, p. 662, dans LACURNE dans POPULACE
Dame et possesseresse de plusieurs grandes provinces, Lettres, t. II, p. 760 dans POSSESSEUR
À chaque bout de champ les uns et les autres faisoient des chevaliers à leur poste [à leur gré], Recherches, II, 17 dans POSTE
Entendant par ces pots de vin les presents que cette dame avoit receus d'unz et autres pour obtenir de son mary une partie de ce qu'ils desiroient, Lett. t. II, p. 592, dans LACURNE dans POT
Nous la voyons [la langue française] aujourd'hui en telle reputation et honneur, que presque en toute l'Allemagne (que dy-je l'Allemagne, si l'Angleterre et l'Escosse y sont comprises ?), il ne se trouve maison noble qui n'ait precepteur pour instruire ses enfans en n stre langue françoise ?, Lett. t. I, p. 11 dans PRÉCEPTEUR
Je voy de jour à autre rongner les ongles à ceux de la religion ; defenses leur ont esté faites de faire presches aux villes esquelles le roy sejourneroit, Lettres, t. I, p. 257 dans PRÊCHE
Preconiseur, Lett. t. III, p. 915 dans PRÉCONISEUR
Ministres. qui furent par nous appelez predicanz, Recherches, liv. VIII, p. 738, dans LACURNE dans PRÉDICANT
Ainsi gouverne-t-on les princes dès leur premiere enfance, de cette façon que, commettans aucune faute, l'on chastie en leur presence, pour la faute par eulx commise, leurs pages et serviteurs, les accoustumans dès lors à faire les pechez dont leurs subjets portent puis après la penitence, Rech. p. 889, dans LACURNE dans PRINCE
Une fleur ne fait pas le printemps, Lett. t. III, p. 459 dans PRINTEMPS
Quand nous lisons dans nos vieux titres et enseignemens quelques maisons et heritages, tant en la ville qu'es champs, vendus à non prix, tant s'en faut que ce soit un argument de la felicité de ce temps là, qu'au contraire c'est une demonstration très certaine du malheur qui estoit lors en regne, par la longue suite des troubles ; la richesse d'un pays cause l'abondance du peuple, qui fait que toutes choses y sont cheres ; le peu de peuple au contre fait le non prix, Lett. t. I, p. 656 dans PRIX
Le droict de ces visitations appellées procurations, Rech. III, p. 225, dans LACURNE dans PROCURATION
Du masque de ces louables coustumes prirent leur source les decimes, les annates de la cour de Rome, les depors des archidiacres, les proficiats et cathedratiques que les evesques prenoient pour leurs bienvenues, Rech. III, p. 252, dans LACURNE dans PROFICIAT
Tant pour sauver ma vie et à ma femme et enfants, qui seroient en peril et danger indubitable, et nos biens en proie, que pour tascher.... Protestation de Brisson, dans Journ. de l'Estoile. t. I, p. 387. Le peuple romain qui s'etoit donné toute nation en proie, Recherches, I, 7 dans PROIE
La connoissance tant des mots que des proverbes nous apporte le plus du temps certaine connoissance de l'histoire, Rech. liv. VIII, p. 672, dans LACURNE dans PROVERBE
La memoire des choses passées est la prudence de ce qui est à advenir, Lett. t. III, p. 683 dans PRUDENCE
Par maniere de gausserie on appelle puceaux ceux qui au souffle de leur haleine rallument une chandelle esteinte, Rech. liv. VIII, p. 692, dans LACURNE dans PUCEAU
J'ay leu quelques vieux romans françois, esquels les autheurs plus hardiment, au lieu de q, à la suite duquel nous emploions l'u sans le proferer, usoient de k, Recherches, liv. VIII, p. 555, dans LACURNE dans Q
Et vous, messieurs, n'en devez pas moins attendre de ces jésuites, si n'en extirpez dès le commencement et la race et la racine, Recherches, liv. III, p. 300, dans LACURNE dans RACE
Quand celuy auquel on avoit beu ne vouloit faire raison à l'autre, tel est le terme dont usent les bons biberons, Recherches, liv. VIII, p. 752, dans LACURNE dans RAISON
Nous seuls, entre toutes les autres nations, faisons profession de rapiecer, ou, pour mieux dire, rapetasser nostre eloquence de divers passages, Lett. t. III, p. 446 dans RAPETASSER
Lorsque les tripots furent introduits par la France, on ne savoit que c'estoit que de raquette, et y jouoit on seulement avec le plat de la main, Recherches, IV, 15 dans RAQUETTE
Il n'y eut jamais guerre civile qui n'ait produit un chaos, meslange et dissolution generale de toutes choses ; c'est pour bien dire rat en paille, chascun y est maistre, Lettres, t. I, p. 405 dans RAT
Pour reblandir le menu peuple d'un mot plus doux, nous disons tiers-estat, Recherches, II, 7 dans REBLANDIR
Femme qui se disposa sagement aux volontés de son mari, lesquelles elle sut avec telle douceur reboucher, qu'elle gagna par une longue obeissance ce point sur lui, qu'il ne croyoit tant en nul autre qu'à elle, Lettres, VII, 10 dans REBOUCHER
La fortune.... comme si elle en eust esté recreue [de faveurs faites], Lett. VII, 10 dans RECRU, UE
Ceux de la religion nouvelle qu'ils appellent maintenant reformée, Lett. t. I, p. 189 dans REFORMER
Le premier prince qui se feit appeller regent de nostre France fut Philippe le Long pendant la grossesse de la royne Clemence sa belle soeur veufve du roy Louys Hutin, Rech. II, p. 133, dans LACURNE dans RÉGENT, ENTE
Nous avons non-seulement appelez regens ceux qui enseignoient la jeunesse en humanité et aux arts, mais aussi docteurs regens en decret, en medecine et aux lois, ib. IX, p. 791 dans RÉGENT, ENTE
Il n'en prit pas ainsi à nostre Budé dans nostre France ; d'autant qu'une infinité de bons esprits se mirent sous son regiment [direction], Rech. IX, p. 856, dans LACURNE dans RÉGIMENT
Le pape la relaxe du voeu, Recherches, VIII, p. 740, dans LACURNE dans RELAXER
Ceux de la religion, grande pitié que j'use maintenant de ce mot, pour dire ceux de la ligue ou faction, Lett. t. I, p. 272 dans RELIGION
Je remarque en la plupart d'eux un fil de langage mal tissu, une liaison mal cousue, un certain defaut d'entregent, et à peu dire un tout qui sent son remeugle, Recherches, I, 1 dans REMUGLE ou REMEUGLE
Si elle [une pièce de Raimbault de Vaqueiras] eust esté presentée aux chevaliers et dames juges d'amour, je veux croire qu'ils eussent sententié pour le renouement des amours de Beatrix avec ce gentil poete, dans le Dict. de DOCHEZ. dans RENOUEMENT ou RENOÛMENT
Ny plus ny moins que le bon veneur recognoist aux voyes la grandeur du cerf, aussi à l'essay et repart de vos paroles et de vos effects l'on recognoistra à quoy vous tenez, Lett. t. III, p. 588 dans REPART
Ayant une fois promis, il ne lui est pas, puis après, loisible se resiler de sa parole, Rech. liv. II, p. 78, dans LACURNE dans RÉSILIER
Le parlement n'estoit lors resseant en la ville de Paris, ains suivoit la cour du roi, Rech. liv. VIII, p. 723, dans LACURNE dans RESSÉANT, ANTE
Fut le 16e janvier 1523 prononcé l'arrest contre le duc de Bourbon par le chancelier du Prat, et quelques jours après celuy de Saint-Valier, portant condamnation de mort, au-dessus duquel estoit un retentum, qu'avant de l'exposer au dernier supplice, il seroit appliqué à la question ordinaire et extraordinaire, Rech. liv. VIII, p. 711, dans LACURNE dans RETENTUM
L'on dit qu'il n'y a rien tant à craindre que le retour de matines, c'est à dire que, quand un religieux porte quelque inimitié à un autre, il lui est lors plus aisé de le surprendre, pour l'obscurité de la nuit qui le garantit des tesmoins, Recherches, VIII, p. 701, dans LACURNE dans RETOUR
J'ay usé, de propos deliberé, en ce lieu, de ce mot accort, qui est emprunté de l'italien, aussi bien que reussir ; mais le temps nous les a favorisés, Lettres, t. I, p. 105 dans RÉUSSIR
Ayant longuement resvé et resvassé, je me trouve bien perplex pour pouvoir juger et discerner, dans le Dict. de DOCHEZ. dans RÊVASSER
La mesme haine qui y estoit se reverdit de jour à autre, Recherches, IV, p. 438, dans LACURNE dans REVERDIR
Tant s'en faut que ce soit apporter remede à la maladie qui s'offre, qu'au contraire c'est un rangregement et reverdissement de la plaie, Exhortation aux princes, cité par FEUGÈRE dans son Glossaire d'Ét. Pasquier dans REVERDISSEMENT
Et est une chose esmerveillable qu'avec le temps l'estat de ce roi des ribauds alla tellement au raval, que je le voy avoir esté pris pour executeur de la haute justice, Rech. VIII, p. 525 dans RIBAUD, AUDE
Je ne leu [lus] jamais tant de rigueur, je ne dirai cruauté, comme celle qui fut exercée contre cette dame [Marie Stuart], ni de constance comme celle qui se trouva en elle, Rech. VI, p. 502, dans LACURNE dans RIGUEUR
Rivaux, que nous appellons corrivaux, Rech. VIII, p. 684, dans LACURNE dans RIVAL, ALE
Il dit tout bas à l'oreille d'un sien amy : s'il le pense ainsi, il n'est pas sage, et trouvera qu'il y a du Robin dans Biron [ces deux noms sont l'anagramme l'un de l'autre], Lett. t. II, p. 358 dans ROBIN
Roger bon temps, que nous pratiquons pour denoter l'homme de bonne chere, est ainsi dit par abus, au lieu de rouge bontemps, Rech. VIII, p. 753, dans LACURNE dans ROGER-BONTEMPS
L'heresie est proprement en nos ames ce qu'est un chancre en nos corps, qui les rongnonne petit à petit jusques à la gangrene, Lettres, t. II, p. 605 dans ROGNONNER
Et parce qu'elle [la fourmi] fait son reservoir dedans terre, elle rognonne le grain qu'elle y veut cacher, afin qu'il ne germe point, ib. t. I, p. 591 dans ROGNONNER
La seigneurie de Venise les a chassez [les jésuites], et m'asseure que quelque jour la ville de Rome n'en fera pas moins, et trouvera qu'elle nourrit dedans son sein un ver qui à la longue rongnonnera son estat, Recherches, III, p. 289, dans LACURNE dans ROGNONNER
Il n'y a dignité temporelle en France qui entre en comparaison avec celle du roy ; et neantmoins il n'y a parole en laquelle nos devanciers se soient tant licentieusement desbordés qu'en cette-ci : roy des merciers, roy des barbiers, roy d'armes, roy des ribaux...., Rech. VIII, p. 720, dans LACURNE dans ROI
Il n'y a rien qui soit tant à craindre, que quand un royaume tombe entre les mains d'un enfant ; chacun en son particulier veut jouer au roy despouillé, ib. VI, p. 536 dans ROI
On appella roman nostre nouveau langage, pour ce qu'il estoit corrompu du vray romain ; je trouve un passage où on l'appelle rustique roman, Recherches, VIII, p. 654, dans LACURNE dans ROMAN, ANE
Ceux qui s'amusoient d'escrire les faits heroïques de nos chevaliers, premierement en vers, puis en prose, appellerent leurs oeuvres romans, Recherch. VIII, p. 654, dans LACURNE dans ROMAN
Nous disons communement rompre la paille ou le festu avec quelqu'un, quand nous nous disposons de rompre l'amitié que nous avions contractée avec luy, Recherch. VIII, 58 dans ROMPRE
Abelard avait le rond et accomplissement de toutes sciences, Recherch. VI, p. 519, dans LACURNE dans ROND
Bel esprit doué de toutes les graces, gentillesses, courtoisies et rondeurs que l'on peut souhaiter, Lettr. t. I, p. 507 dans RONDEUR
Cette princesse qui s'estoit retirée dedans la roque de Chasteau-Neuf, Recherches, VI, 26 dans ROQUETTE
Quel sera le succès, le temps nous fera sages [nous en instruira], Lettres, t. II, p. 70 dans SAGE
Me plaist, en ce bas estre, la sentence du sage mondain Aristote : jouir de la vertu en affluence de biens, ib. t. I, p. 97 dans SAGE
Bien dirai je que dedans sa religion il y avoit beaucoup du sage mondain et de l'homme d'estat, Rech. V, 1 dans SAGE
Voilà comme Paris fut reduit ; mais je vous supplie me permettre de faire icy une saillie [digression]...., Recherches, VI, p. 470, dans LACURNE dans SAILLIE
Celui qui est d'une humeur joviale meine l'amour gayement et avec plus d'allegresse, et le saturnien avec une plus grande crainte, Lett. t. I, p. 33 dans SATURNIEN, IENNE
Que le roi Charles VI seroit sacré en la ville de Reims.... que le fait de la justice se conduiroit sous son nom et scel, Recherches, II, 19 dans SCEAU
De là vient qu'encore es jurisdictions ecclesiastiques nous appelons scribe celuy qui est le greffier, Rech. IV, p. 349, dans LACURNE dans SCRIBE
Ces clers du secré furent contraints d'apporter une autre qualité au mot de secretaires, et s'appelerent secretaires des commandements, à la difference des autres ; ce qui fut continué en eux jusque vers la fin du regne de Henri II, lorsque nous traitasmes la paix avec Philippes roy d'Espagne vers l'an 1559, parce que ceux qui la negotierent, oyans que les secretaires des commandemens de l'espagnol s'appeloient secrestaires d'estat ; comme naturellement les François sont soucieux de nouveautez, nous quitasmes le mot de commandement en ces secretaires, et commenceasmes de les nommer secretaires d'estat, ainsi que nous les appellons encore aujourd'hui, ayans laissé ce qui estoit de nostre creu, Recherches, VIII, p. 681, dans LACURNE dans SECRÉTAIRE
Seize, mot qui tombe ordinairement dans nos bouches, quand nous parlons de la furieuse desbauche qui fut dedans Paris depuis la journée des barricades, Lett. t. II, p. 326 dans SEIZE
Sot à triple semelle, Lettres, t. II, p. 796 dans SEMELLE
Et ce qui fut lors introduit par une juste semonce du temps, s'est depuis tourné en police jusques à huy à la grande foule et oppression du peuple, Lett. liv. 5, édit. de 1590, p. 200 dans SEMONCE
Ces ouvrages sentent à l'huile et à la lampe [façons de parler gasconnes, reprochées à Montaigne], Lettres, t. II, p. 380 dans SENTIR
Sergens, quasi serre-gens, d'autant que leur estat est voué à la capture des malgisans, Recherches, VIII, p. 688, dans LACURNE dans SERGENT
Nos plus vieux françois firent du latin serviens un sergiens, que nous avons depuis appellé sergent, ib. dans SERGENT
Il y a plusieurs autres edicts qui sont en bransle sur le bureau, mesme celuy de dix huit mil sergens par tout le royaume ; je ne pense pas qu'il doive passer ; car, s'il avoit lieu, il effaceroit la memoire des onze mille diables dont on parloit du temps de nos bons vieux peres, Lettres, t. I, p. 450 dans SERGENT
La chambriere estoit destinée pour servir sa maistresse en la chambre ; maintenant les damoiselles prendroient à honte d'appeler celles qui les suivent chambrieres, ains les appellent servantes, mot beaucoup plus vil que l'autre, que l'on approprie à celles qui servent à la cuisine, Recherches, VIII, p. 663, dans LACURNE dans SERVANTE
Ces nouveaux hostes gagnent le coeur du peuple par chimagrées et belles paroles, Recherch. p. 287, dans POUGENS dans SIMAGRÉE
Le roy, qui, pour son excellence et prerogative de dignité, est par ses sujets appellé sire, n'a peu empescher que ce mesme tiltre n'ait esté baillé aux simples marchands ; et de là est venu ce gaillard epigramme de Clement Marot, où il appelle deux marchands ses creanciers : sire Michel, sire Bonaventure, Recherches, VIII, p. 669 dans SIRE
Sonnets que nous tirasmes des Italiens, mot toutesfois qu'ils tiennent de nostre ancien estoc, Rech. VII, p. 611, dans LACURNE dans SONNET
De là s'estoit introduite la raquette telle que nous voyons aujourd'hui, en laissant la sophistiquerie du gand, Rech. IV, p. 350, dans LACURNE dans SOPHISTIQUERIE
Quelque valet d'estable ou quelque souillart [souillon] de cuisine, Ménophile, p. 137, dans LACURNE dans SOUILLARD
Aujourd'hui nous employons les potages et viandes bouillies à nos disners, et les rosties à nos souppers ; chose tournée en tel usage chez nous que ce grand chancelier de l'Hospital, voulant introduire la frugalité en France, fit par edit particulier deffenses d'user d'autres viandes que du bouilly à disner, et reserver le rosty pour le soupper, Lett. t. II, p. 547 dans SOUPER
Je serois toujours d'avis qu'on ne doit sourciller contre la venerable ancienneté, Rech. IX, p. 866, dans LACURNE dans SOURCILLER
Voilà comme d'un mot de souverain qui s'employoit communement à tous ceux qui tenoient les premieres dignités de la France, mais non absolument, nous l'avons avec le temps accommodé au premier de tous les premiers, je veux dire au roy, Rech. VIII, p. 688, dans LACURNE dans SOUVERAIN, AINE,
Non, toutefois, que je veuille.... suggiler son honneur, Rech. III, 44 dans SUGILLER
Ces seigneurs [les maîtres des requêtes] estoient quelquesfois appellez suivans, mais d'ordinaire poursuivans, non pour les vilipender, ains par un tiltre special d'honneur, parce que leurs charges entre toutes les autres estoient necessairement affectées à la suitte du roy pour recevoir les requestes qui luy estoient faites, Rech. II, p. 49, dans LACURNE dans SUIVANT, ANTE
Faire une supercherie à un homme quand on luy fait un mauvais tour à l'impourveu, Rech. VIII, p. 661, dans LACURNE dans SUPERCHERIE
Il fait trophée de ses tromperies, es quelles il estoit un superlatif, Rech. VIII, p. 751, dans LACURNE dans SUPERLATIF, IVE
.... votre portrait, autour duquel est ce vers basti sur l'equivoque de votre surnom : Tot nova cum quaerant, non nisi prisca peto, à M. Pétau, Rech. XIX, 4 dans SURNOMMER
Les juges royaux souverains que nous appelons maintenant suzerains, Rech. IV, p. 340, dans LACURNE dans SUZERAIN, AINE
Meu d'une synderese de sa conscience, Rech. VI, p. 544, dans LACURNE dans SYNDÉRÈSE
Ils poursuivirent leurs desseins avecques telle opiniastreté, qu'en fin de jeu ils demeurerent maistres du tablier, c'est à dire paisibles possesseurs du royaume d'Angleterre, Rech. I, p. 31, dans LACURNE dans TABLIER
Afin de t'admonester de rechef, qu'à l'advenir tu laisses le tac et la souilleure de ces paroles injurieuses, que tu rabaisses de tout point ceste volonté de mesdire, Lettres, t. III, p. 869 dans TAC
Faisant jouer les marteaux de nos portes, ils font un tac tac, Rech. VIII, p. 671, dans LACURNE dans TAC-TAC
Quand, voyant un homme au-dessous de toutes affaires, nous le disons estre reduit au tapis, maniere de parler que nous empruntasmes des joueurs, lesquels jouans sur un tapis verd, quand ils n'ont plus d'argent devant eux pour mestier mener, ils sont contraints desemparer la table, on les dit estre reduits au tapis verd, Rech. VII, p. 728, dans LACURNE dans TAPIS
Les courtisans estimoient Louis XII un taquin, pour estre plus retenu en ses dons, Lett. XII, 6 dans TAQUIN, INE
Il y avoit six aunes de tare [manque] en la piece de drap, Rech. VIII, p. 748 dans TARE
Faire tomber toute la tare et coulpe sur la cour, Recherches, II, 4 dans TARE
Ceux qui se sont separez de nostre religion tendent principalement au terrassement du saint siege de Rome, Rech. III, p. 260, dans LACURNE dans TERRASSEMENT
Rapportans bonnes et seures testimoniales de tout ce que dessus, Rech. IX, p. 831, dans LACURNE dans TESTIMONIAL, ALE
Survint en tiers pied [en tiers, entre deux], Rech. III, p. 281 dans TIERS, ERCE
Ainsi que le sage timonnier en jettant d'un coeur masle et viril la derniere ancre...., Lett. t. III, p. 561 dans TIMONIER
Au lieu que la raison devroit avoir la surintendance chez vous, vos sens sifflent, bruyent, grondent, s'elevent et tintamarrent comme une tempeste orageuse, Lettres, t. III, p. 590 dans TINTAMARRER
Tintin de la cloche, Rech. VIII, p. 671, dans LACURNE dans TINTIN
Nous usons encore d'une signification de ce mot tondre contre celuy qui a perdu sa brigue, ou est descheu de son entreprise, quand nous disons qu'il a esté tondu de sa brigue ou de son entreprise, Rech. VIII, p. 676, dans LACURNE dans TONDRE
Je serois d'avis de nous retirer en pays estrange par forme de parenthese, et suivre l'ordonnance des medecins encontre la peste : tost, loin et tard, Lettres, t. I, p. 278 dans TÔT
Es registres du parlement on trouve que le vingt-sixième jour d'avril, l'an 1403, y eut une maladie de teste et de toux qui courut universellement, si grande que ce jour là le greffier ne put rien enregistrer, et fut on contraint d'abandonner le plaidoyer, Rech. IV, p. 375, dans LACURNE dans TOUX
Et après plusieurs tracassements en mon esprit, suis forcé de dire...., Monophile, p. 147, dans LACURNE dans TRACASSEMENT
Pour directeur de ceste entreprise [la conjuration d'Amboise] a esté commis un gentilhomme nommé la Renauldie, homme d'esprit, remuant, qui par ci-devant a esprouvé diverses fortunes ; cestuy a couru par tout le royaume, et traffiqué le coeur de plusieurs, Lett. t. I, p. 179 dans TRAFIQUER
Ores qu'ils eussent la fortune rebourse et traversiere à leurs desseins, Rech. III, p. 250, dans LACURNE dans TRAVERSIER, IÈRE
Tributs et impositions faites sur le peuple, Recherch. p. 717, dans LACURNE dans TRIBUT
Il ne faut pas obmettre nostre jeu de tric et trac ; car, s'il nous plaist considerer le son que rapportent les dez estans jettez dans le tablier, il n'est autre que de tric et trac, Recherch. VIII, p. 671, dans LACURNE dans TRICTRAC
Après que vous avez nommé aïeul, pere, fils et petit-fils, vous demeurez court ; et, si vous n'aviez retabli le mot neveu en sa primitive et plus vieille signification, il vous seroit loisible de dire pour les ascendans pere, aïeul, bisaïeul et peut-estre trisaïeul, et pour les descendants fils, neveu et arriere-neveu ; et sais bon gré à Denis Sauvage, lequel, en sa traduction de Paul Jove, appelle Mahomet bisayeul, Amurath trisayeul de Soliman empereur de Constantinople, Recherch. VIII, p. 732, dans LACURNE dans TRISAÏEUL, EULE
Leurs poetes estoient appelez troubadours à cause des inventions qu'ils trouvoient, Rech. VII, p. 603, dans LACURNE dans TROUBADOUR
Je mets en ce mesme rang le mot de troupe ; ainsi le trouvay-je dans les loix d'Allemagne, le titre 73 estre tel : de eo qui in tropo de jumentis..., VIII, p. 658, dans LACURNE dans TROUPE
Nos anciens appellerent un homme truant qui alloit mendiant sa vie, et truander pour caimander, VIII, p. 717, dans LACURNE dans TRUAND, ANDE
Du Cange, après Pasquier, tire truant de l'ancien treü, tribut : il paraît bien qu'on a dit truanderie pour impôt : Nouveaux imposts, nouvelles daces, truanderies et maletotes, Lett. t. III, p. 44 dans TRUAND, ANDE
Je voy toutes les nations de l'Europe incliner en ceste opinion, et qu'il n'y a que nostre France où l'on prononce l'u comme nous faisons, Lettres, t. I, p. 147 dans U
Valet anciennement s'adaptoit fort souvent à titre d'honneur près des roys ; car non seulement on disoit valets de chambre ou garde robe, mais aussi valets trenchants et d'escurie ; et maintenant le mot de valet se donne dans nos familles à ceux qui entre nos serviteurs sont de moindre condition, Rech. VIII, p. 663, dans LACURNE dans VALET
Il estimoit cette opinion n'estre fondée que sur un simple vaudeville [bruit de ville], Rech. VI, p. 494, dans LACURNE dans VAUDEVILLE
Celui qui, pour estre estimé un gros lourdaut, est par nous appellé veau de disme, Rech. VIII, p. 701, dans LACURNE dans VEAU
Si cest escrimeur n'a autres armes que celles-là pour me combattre, croyez qu'il le faut envoyer en la place aux veaux, Lett. t. II, p. 703 dans VEAU
Soudain les fleurs perissent, soudain l'air mauvais corrompt les violettes, le lis et le saffran ; ainsi les paroles s'evanouissent et s'en vont à la venvole, Lett. t. III, p. 247 dans VENVOLE
Quand, par quelques sourdes pratiques, advint un inopiné massacre à ceux qui pensoient estre à l'abry du vent, les doctes appellent cela les vespres siciliennes, proverbe vrayement nostre, pour nous avoir esté cher vendu, Recherches, liv. VIII, p. 740, dans LACURNE dans VÊPRES
En tout le pays de Normandie les vicomtes sont les mesmes qu'ailleurs les prevosts et viguiers, Recherches, IX, p. 860, dans LACURNE dans VICOMTE
Il s'est vanté estre issu non seulement de l'Italie, mais aussi de cette grande villasse ou ville gaste de Rome, Recherches, p. 899, dans LACURNE dans VILLACE
Le roy trouve à Poitiers visage de pierre, et si est sa cornette blanche saluée de trois coups de canon, Lettres, t. II, p. 89 dans VISAGE
Ouvrez la porte aux disputes, il n'y a article de foy qu'un esprit mal né et visqueux [opiniâtre] ne puisse revoquer en doute, Lett. t. I, p. 621 dans VISQUEUX, EUSE
S'il [Calvin] eust tourné son esprit à la bonne voye, il pouvoit estre mis au parangon des plus signalés docteurs de l'eglise, Recherches, VIII, 55 dans VOIE
Quant au mot de voleur, l'ordonnance du roy François premier faite contre eux nous enseigne l'origine, quand elle dit qu'il y avoit des meschans hommes, lesquels, faisant semblant de voler l'oyseau, aguetoient des marchands sur les chemins ; si cela n'est vray, il est bien trouvé, Rech. VIII, p. 719, dans LACURNE dans VOLEUR, EUSE
Pour ne souiller le mariage qui estoit nom de dignité, et non pas de volupté, Ménophile, p. 71, dans LACURNE dans VOLUPTÉ
Actes lubriques et voluptuaires, Ménophile, p. 71, dans LACURNE dans VOLUPTUAIRE
Aux Pays-Bas ils se disent parler le walon, et que nous parlons le roman, Rech. VIII, p. 655, dans LACURNE dans WALLON, ONNE