NICOLE

Citations

Avoir un ascendant incommode et plein de fierté, Essais de morale, cité dans RICHELET dans ASCENDANT
Il faut nous flatter et nous caresser comme des enfants, pour nous tenir en bonne humeur, dans BOUHOURS, Rem. dans CARESSER
La contrition, conçue par la seule crainte des peines de l'enfer, ne suffit pas pour justifier le pécheur dans le sacrement de pénitence, Instr. sur les sacrements, dans RICHELET dans CONTRITION
Il [l'homme] se fait un monde du petit cercle de créatures qui l'environnent, sur lesquelles il agit ou qui agissent sur lui, Ess. de mor. 1er traité, ch. 3 dans CRÉATURE
Ce n'est pas une faiblesse à l'âme d'avoir besoin de s'appuyer sur quelque chose de véritable et de solide ; ou, si c'est une faiblesse, elle est essentielle à la créature, qui, ne se suffisant pas à elle-même, a besoin de chercher ailleurs le soutien qu'elle ne trouve pas en soi, Ess. mor. 1er traité, ch. 11 dans CRÉATURE
En quelque état que l'on soit, il ne peut être permis d'agir par cupidité, ni de se conduire par sa volonté et par son caprice, Ess. mor. 2e traité, ch. 8 dans CUPIDITÉ
Aucun n'a vu de si funestes suites de ses péchés que celles qu'ils [Adam et ève] ont vues de leur désobéissance, puisque tous les maux qui sont arrivés à tous les hommes ensemble, tous les péchés qui se sont commis dans le monde, et la damnation de ce nombre innombrable de réprouvés sont des suites de leur crime, Ess. de mor. 2e traité, ch. 5 dans DAMNATION
C'est par ce sentiment [désir de fuir Dieu qu'on a offensé] que les damnés se précipiteront eux-mêmes dans l'enfer, comme au lieu le plus ténébreux, le plus éloigné de Dieu, et où ils seront moins percés des rayons pénétrants de sa justice, Ess. mor. 2e traité, chap. 10 dans DAMNÉ, ÉE
Qu'ils feraient tout leur possible pour élever leur famille et pour la laisser puissante eu biens et en charges ; qu'ils mourraient en tel temps ; qu'ensuite toutes les langues et tous les écrivains se déchaîneraient contre eux, Ess. de mor. 1er traité, ch. 4 dans DÉCHAÎNER
L'un de ces abîmes [le passé et l'avenir] s'écoule continuellement dans l'autre, l'avenir se décharge dans le passé en coulant par le présent, Ess. de mor. 2e traité, ch. 3 dans DÉCHARGER
Combien les faits y sont-ils décharnés [dans les histoires], c'est-à-dire séparés tant des mouvements secrets qui les ont produits que des circonstances qui ont contribué à les faire réussir !, Ess. de mor. 1er traité, ch. 6 dans DÉCHARNÉ, ÉE
La déclaration que Dieu nous fait de sa volonté sur ce point est générale, quand il nous dit : la volonté de Dieu est que vous soyez saints et purs, Ess. mor. 2e traité, ch. 8 dans DÉCLARATION
Il n'y a rien qui nous découvre plus d'actions de vertu à exercer, que cette attention continuelle à la loi de Dieu, parce qu'il n'y a rien qui nous les cache davantage que de s'abandonner à ses inclinations, Ess. mor. 2e traité, ch. 8 dans DÉCOUVRIR
Aussitôt qu'une âme est séparée de son corps, elle va droit au lieu qui lui est propre ; et si, étant morte, elle ne trouvait ce lieu que le décret de la justice de Dieu a préparé pour elle, elle serait dans un enfer mille fois plus grand, parce qu'elle se verrait hors de l'ordre et de la disposition de Dieu, Ess. mor. 2e traité, ch. 10 dans DÉCRET
La nécessité où les hommes sont de soutenir tous les jours la défaillance de leur corps par le boire et par le manger, Ess. de mor. 1er traité, ch. 5 dans DÉFAILLANCE
Les histoires ne nous présentent proprement que des squelettes, c'est-à-dire des actions toutes nues ou qui paraissent dépendre de peu de ressorts, quoiqu'elles n'aient été faites que dépendamment d'une infinité de causes, auxquelles elles étaient attachées et qui leur servaient de soutien et de corps, Ess. de mor. 1er traité, ch. 6 dans DÉPENDAMMENT
St Paul ne laissait pas de souhaiter d'aller prêcher l'Évangile à Rome, quoiqu'il ne le souhaitât que dépendamment de la volonté de Dieu, ib. 2e traité, ch. 3 dans DÉPENDAMMENT
Que devrait-on faire si, en considérant son état présent, on le trouvait déréglé et contraire à Dieu ?, Ess. mor. 2e traité, ch. 9 dans DÉRÉGLÉ, ÉE
Cette machine [le corps], quoiqu'unie si étroitement à un esprit, n'est ni immortelle ni incapable d'être troublée et déréglée, Ess. de mor. 1er traité, ch. 3 dans DÉRÉGLER
Et celles [les actions] qui sont d'elles-mêmes égales et indifférentes, deviennent inégales et différentes, lorsque l'on y ajoute cette raison d'uniformité dans les mêmes exercices, Ess. mor. 2e traité, ch. 8 dans DIFFÉRENT, ENTE
Ce sentiment [ne pouvoir souffrir Dieu qu'on a offensé] est faible en cette vie, où nous ne concevons qu'imparfaitement la difformité du péché, Ess. mor. 2e traité, ch. 10 dans DIFFORMITÉ
Les discours ordinaires des hommes sont tout pleins des éloges qu'ils se donnent les uns aux autres pour les qualités d'esprit, Ess. de mor. 1er traité, ch. 6 dans DISCOURS
Que leur famille s'éteindrait ; que tous leurs grands biens se dissiperaient, Ess. de mor. 1er traité, ch. 4 dans DISSIPER
En s'en approchant comme de plus près pour connaître plus distinctement ces différentes parties, on voit que le corps est une machine composée d'une infinité de tuyaux et de ressorts...., Ess. de mor. 1er traité, ch. 3 dans DISTINCTEMENT
On se fait honneur de cette honteuse nécessité [de manger], et, bien loin de s'en humilier, on s'en sert à se distinguer des autres, quand on est en état d'y apporter plus d'appareil et d'ostentation, Ess. de mor. 1er traité, ch. 5 dans DISTINGUER
Chacun a son don de Dieu, et il faut prendre garde de ne pas vouloir le servir dans le don d'un autre, Ess. mor. 2e traité, ch. IV dans DON
On sent vivement les choses, et on succombe à ce sentiment si vif ; il y a des hommes qui sont douloureux partout, dans SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. I, p. 461, 3e éd. dans DOULOUREUX, EUSE
Combien de gens s'allaient autrefois battre en duel, en déplorant et en condamnant cette misérable coutume et se blâmant eux-mêmes de la suivre !, Ess. mor. 1er traité, ch. X dans DUEL
Pour suivre dans cette ouverture que l'Écriture nous donne, que chacun contemple cette durée infinie qui le précède et qui le suit, et qu'y voyant sa vie renfermée, il regarde ce qu'elle en occupe, Ess. de mor. 1er traité, ch. III dans DURÉE
Quoiqu'il ne soit pas certain que le coeur ait part à tous les éblouissements de l'esprit, Essais, t. VIII, 2e partie, p. 77, lettre XI, dans POUGENS. dans ÉBLOUISSEMENT
Une confiance sans raison d'échapper de tous les dangers, Ess. de mor. 1er traité, ch. 4 dans ÉCHAPPER
Le moindre vaisseau qui se rompt ou qui se bouche, interrompant le cours du sang et des humeurs, ruine l'économie de tout le corps, Ess. de mor. 1er traité, ch. 4 dans ÉCONOMIE
Nous ne connaissons que la surface et l'écorce de la plupart des choses, Ess. de mor. 1er traité, ch. 8 dans ÉCORCE
La bouche de l'enfer est toujours ouverte, et les grands et les petits, les forts et les faibles, les riches et les pauvres y entrent pêle-mêle à tous moments, Ess. mor. 3e traité, ch. 5 dans ENFER
L'enfer est le centre des damnés comme les ténèbres sont le centre de ceux qui fuient le jour, ib. 2e traité, ch. 10 dans ENFER
Ne trouvant donc point de lieu qui lui soit plus propre et qui lui soit moins pénible que l'enfer, elle [l'âme pécheresse] s'y précipite comme dans son centre et dans le lieu seul qui lui est convenable, ib. 2e traité, ch. 10 dans ENFER
L'orgueil est une enflure du coeur par laquelle l'homme s'étend et se grossit en quelque sorte en lui-même et rehausse son idée par celle de force, de grandeur et d'excellence, Ess. de mor. 1er traité, chap. 1 dans ENFLURE
Il faut piquer cette enflure pour en faire sortir le vent qui la cause, ib. ch. 2 dans ENFLURE
Il se voit toujours englouti comme un atome imperceptible dans l'immensité de l'univers, Ess. de mor. 1er traité, ch. 3 dans ENGLOUTI, IE
Il les en veut convaincre, et il les y laisse longtemps englués [dans des raisonnements], Essais, t. IX, p. 331, dans POUGENS dans ENGLUÉ, ÉE
Nous ne sommes capables de connaître qu'un seul objet et une seule vérité à la fois ; le reste demeure enseveli dans notre mémoire comme s'il n'y était point, Ess. de mor. 1er traité, ch. 8 dans ENSEVELI, IE
Un petit épanchement de sang dans le cerveau suffit pour boucher les pores par où les esprits entrent dans les nerfs et pour arrêter tous les mouvements, Ess. de mor. 1er traité, ch. 4 dans ÉPANCHEMENT
Il [le désespoir du damné] sera sans bornes dans l'autre vie, lorsque les péchés auront poussé leurs épines, comme dit St Augustin, et que nous en serons percés, Ess. mor. 2e traité, ch. 10 dans ÉPINE
Si l'esprit humain est si peu de chose, même lorsqu'il s'agite et qu'il cherche la vérité, que sera-ce lorsqu'il s'abandonne au poids de son corps et qu'il n'agit presque que par les sens ?, Ess. mor. 1er traité, ch. 10 dans ESPRIT
L'Église distribue des grâces toute l'année, en diverses saisons, et la dévotion des fidèles devrait être de suivre son esprit, comme les êtres naturels ne manquent jamais de suivre l'esprit général qui règle le cours de toute la machine du monde, Ess. de mor. 3e traité, ch. 7 dans ESPRIT
Ces masses prodigieuses qu'on appelle des étoiles ne sont qu'un point à nos yeux et ne nous paraissent presque que des étincelles, Ess. de mor. 1er traité, ch. 8 dans ÉTOILE
Nous divisons les choses les plus simples en diverses idées, parce que notre esprit est encore trop étroit pour les pouvoir comprendre toutes ensemble, Ess. de mor. 1er traité, ch. 8 dans ÉTROIT, OITE
N'y ayant rien dont Dieu se serve plus souvent pour retirer les âmes d'une certaine évaporation que leur insensibilité produit, et pour les faire rentrer en elles-mêmes, que de la vue de ces terribles objets [idées de la mort], Ess. mor. 3e traité, ch. 4 dans ÉVAPORATION
Tous ces sages du paganisme, tous ces examinateurs curieux de la nature et des choses du monde, Essais, t. IX, p. 208, dans POUGENS dans EXAMINATEUR, TRICE
Qu'est-ce qu'une armée selon cette idée ? c'est une troupe d'exécuteurs de la justice de Dieu qu'il envoie pour faire mourir des gens qui ont mérité la mort et qu'il a condamnés à ce supplice, Ess. de mor. 2e traité, ch. 2 dans EXÉCUTEUR, TRICE
Il ne faut pas s'exempter de crainte par cette doctrine commune que l'on ne perd la grâce que par un péché mortel, et que l'on ne se souvient pas d'en avoir commis, Ess. morale, 3e traité, ch. 6 dans EXEMPTER
Un voluptueux de Rome se faisant rapporter du bain dans une chaise demandait : Suis-je assis ? c'est à peu près comme celui qui, étant à la chasse, demandait à ses gens s'il avait du plaisir : ce sont des fatuités des grands qu'il est bon de remarquer, dans Dict. de Trévoux, Fatuité. dans FATUITÉ
Notre esprit est souvent troublé par la défiance et l'incertitude ; et le faux lui paraît revêtu de couleurs si semblables à celle du vrai, qu'il ne sait où il en est, Ess. de mor. 1er traité, ch. 8 dans FAUX, FAUSSE
L'homme ne s'y soutient pas [dans le repos] par l'attache à quelque vérité qu'il connaisse clairement ; mais il s'appuie sur quantité de petits soutiens, et il est comme suspendu par une infinité de fils faibles et déliés à un grand nombre de choses vaines et qui ne dépendent pas de lui, Ess. mor. 1er traité, chap. XI dans FIL
Le sage nous avertit que la vraie finesse est de bien connaître non la voie des autres, mais sa voie propre, Ess. mor. 2e traité, chap. 5 dans FINESSE
L'esprit de l'homme, étant si faible, si sujet à s'égarer, est en même temps si présomptueux, qu'il n'y a rien dont il ne se puisse croire capable, pourvu qu'il se trouve des gens qui l'en flattent, Ess. mor. 1er traité, ch. 9 dans FLATTER
C'est par cette flexibilité [à la volonté de Dieu] que des personnes qui aiment l'étude ne laissent pas de s'appliquer avec soin à des entretiens qu'ils n'aiment pas, lorsque la charité le demande, Ess. Mor.2e traité, chap. 8 dans FLEXIBILITÉ
L'amour de la volonté de Dieu... retranche toute attache de la pratique de ces exercices, et il nous rend flexibles à les changer, quand Dieu le veut, Ess. mor. 2e traité, chap. 8 dans FLEXIBLE
Nous flottons dans la mer de ce monde au gré de nos passions qui nous emportent tantôt d'un côté et tantôt d'un autre, comme un vaisseau sans voile et sans pilote, Ess. mor. 1er tr. ch. 11 dans FLOTTER
Ce n'est que l'oubli de la fragilité de la vie et une confiance sans raison d'échapper de tous les dangers, qui fait résoudre les hommes à entreprendre des voyages au bout du monde, Ess. de mor. 1er traité, ch. 4 dans FRAGILITÉ
Elles rendent les prières plus languissantes et moins efficaces, les communions moins fructueuses, Essais, t. VI, p. 16, dans POUGENS dans FRUCTUEUX, EUSE
On prend plaisir à gagner à toutes sortes de jeux, même sans avarice, et l'on n'aime point à perdre, Ess. de mor. 1er traité, ch. 1 dans GAGNER
Peu s'en faut que l'esprit humain ne tire de là [la permission du mal par la Providence] cette conclusion impie qu'on attribuait faussement à saint Paul : que, puisque Dieu est glorifié par les crimes des hommes, il ne les faut plus condamner, Ess. de mor. 2e traité, chap. 3 dans GLORIFIER
Le plaisir est une glu qui colle et attache l'âme à son objet, dans RICHELET dans GLU
Si tous les hommes de la terre ne sont devant ses yeux [de Dieu] qu'une goutte d'eau et un peu de poussière, comme parle l'Écriture, Ess. mor. 3e traité, ch. 5 dans GOUTTE
Tout est trop grand pour notre esprit ; il faut qu'il raccourcisse tout ce qu'il considère ou qu'il en retranche la plus grande partie pour le proportionner à sa petitesse, Ess. de mor. 1er traité, chap. 8 dans GRAND, ANDE
Un grand, dans son idée, n'est pas un seul homme, c'est un homme environné de tous ceux qui sont à lui, et qui s'imagine avoir autant de bras qu'ils en ont tous ensemble, parce qu'il en dispose et qu'il les remue, Ess. de mor. 1er traité, chap. 1 dans GRAND, ANDE
On ne conçoit la mort que sous l'idée de la grimace d'un homme mourant, sans y voir rien de ce qui l'accompagne, Ess. mor. 3e traité, chap. 3 dans GRIMACE
Une grimace, une parole de chagrin nous mettent en colère, et nous nous préparons à les repousser comme si c'était quelque chose de bien redoutable, Ess. mor. 1er traité, chap. 11 dans GRIMACE
Cette privation de toutes pensées raisonnables et cette application totale de l'âme à un objet grossier, vain et inutile, est ce qui fait le plaisir de tous les jeux, Ess. mor. 1er traité, chap. 14 dans GROSSIER, IÈRE
L'orgueil est une enflure de coeur par laquelle l'homme s'étend et se grossit dans son imagination, Ess. mor. 1er traité, ch. 1 dans GROSSIR
Il n'y a personne qui ne demeure d'accord que la raison nous est donnée pour nous servir de guide dans la vie, pour nous faire discerner les biens et les maux, et pour nous régler dans nos désirs et dans nos actions, Ess. mor. 1er traité, ch. 11 dans GUIDE
Ils font voir par là que la vertu ne leur est guère naturelle, et qu'il leur a fallu de grands efforts pour guinder leurs âmes jusques à l'état où ils sont si fiers de se faire voir, Essais, t. III, p. 140, dans POUGENS dans GUINDER
L'Écriture nous dit que l'habitation terrestre abaisse l'esprit qui pense à plusieurs choses, Ess. mor. 1er traité, ch. 10 dans HABITATION
Les pompes du monde que saint Augustin appelle avec raison les haillons du diable, Essais, t. III, p. 324, dans POUGENS dans HAILLON
Je suis quitte de la fièvre, mais non de la courte haleine ou asthme, Essais, t. VII, p. 300, dans POUGENS dans HALEINE
Il y a dans l'homme un sentiment si vif et si clair de son excellence au-dessus des bêtes, que c'est en vain que l'on prétend l'obscurcir par de petits raisonnements et de petites histoires vaines ou fausses, Ess. de mor. 1er traité, ch. 2 dans HOMME
Ce que nous concevons par une bête, est un certain animal qui pense, mais qui pense peu, qui n'a que des idées confuses et grossières, et qui n'est capable de concevoir qu'un fort petit nombre d'objets, Ess. mor. 1er traité, ch. 10 dans IDÉE
Des femmes en qui le démon habite, qui font à de misérables hommes mille plaies mortelles ; et des hommes qui percent le coeur de ces femmes par leurs criminelles idolâtries, Ess. mor. 3e traité, ch. 3 dans IDOLÂTRIE
Cette illumination que Dieu ne leur refuse point et qu'il leur accorde par bonté et par une miséricorde générale, Essais, t. IX, p. 212, dans POUGENS dans ILLUMINATION
On conserve avec un extérieur réglé et mortifié une très-grande immortification intérieure, Essais, t. XIII, p. 306, dans POUGENS dans IMMORTIFICATION
Les femmes connaissent leurs défauts, elles sentent leurs immortifications, leurs promptitudes, Pensées, p. 132 dans IMMORTIFICATION
Si un verre cassé vous impatiente, votre repos en dépendait, Essais de mor. t. I, dans RICHELET dans IMPATIENTER
Si l'âme sent cette disposition [la bonne disposition à l'égard du prochain], elle la suit ; si elle ne la sent pas, elle l'excite autant qu'elle peut, et elle l'imprime au moins dans ses actions extérieures, afin de se l'imprimer peu à peu dans le coeur, Ess. mor. 2e traité, ch. 7 dans IMPRIMER
C'est par ce regard de la volonté divine que nous allions ces mouvements qui paraissent d'abord contraires et inalliables, tant à l'égard du passé que de l'avenir [l'approbation de ce qui vient de Dieu, et la condamnation de ce qui vient de l'homme], Ess. de mor. 2e traité, chap. 3 dans INALLIABLE
La plus grande partie de la philosophie n'est qu'un amas d'incertitudes, Essais de morale, dans RICHELET dans INCERTITUDE
Il y a infinité partout, et, par conséquent, incompréhensibilité partout, Essais de morale, dans RICHELET dans INCOMPRÉHENSIBILITÉ
Une personne peut faire beaucoup plus de fautes d'inconsidération, de légèreté, d'empressement, d'imprudence, qu'une autre, Essais, t. VIII, part. 2e, p. 107, dans POUGENS dans INCONSIDÉRATION
L'esprit, source d'incorruption ; la chair, source de corruption, Essais, t. XIII, p. 2, dans POUGENS dans INCORRUPTION
Il est inutile de s'inquiéter de cet état, puisque l'on n'y remédie pas par l'inquiétude ; mais il n'est pas inutile de le craindre, Ess. mor. 3e traité, ch. IV dans INQUIÉTUDE
Ce qui est, dit saint Augustin, plus inscrutable que quand il [Dieu] envoie, en cette vie, des maux aux gens de bien et des biens temporels aux méchants, Essais, t. IV, p. 132, dans POUGENS dans INSCRUTABLE
La plupart des gens de travail pensent à boire et à manger, ils sont comme insensibles à toutes les autres choses, Ess. de morale, dans RICHELET dans INSENSIBLE
Qui nous donnera le droit de les regarder comme irrémédiablement méchants ?, Essais, t. IX, p. 380, dans POUGENS dans IRRÉMÉDIABLEMENT
Il y a toujours une ligne de tout état à Dieu ; et, sitôt que l'on commence à marcher sur cette ligne, on est dans son ordre, Ess. mor. 2e traité, ch. 9 dans LIGNE
Elle rapporta uniquement à Dieu la gloire de ce qu'il avait opéré en elle ; elle le magnifia, mais elle ne se magnifia point elle-même, Contin. des Essais, Pens. sur les myst. dans MAGNIFIER
Ce n'est point cette manifestation de sa sagesse [de Jésus] qui est admirable, c'est cette longue suppression qu'il en a faite, Essais, t. XIII, p. 321, dans POUGENS dans MANIFESTATION
Une complaisance déréglée, un manquement de circonspection, Essais, t. III, p. 80, dans POUGENS dans MANQUEMENT
La mort des martyrs était pour plusieurs une semence de la vie, selon la parole d'un ancien, Ess. mor. 3e traité, ch. 5 dans MARTYR, YRE
Que voient les gens du monde dans un bal.... mais qu'est-ce que la lumière de la foi découvre dans ces assemblées profanes ?... elle leur découvre un massacre horrible d'âmes qui s'entre-tuent les unes les autres, Essai mor. 3e traité, ch. III dans MASSACRE
Qu'un grand mathématicien se travaille tant qu'il voudra l'esprit pour découvrir de nouveaux astres dans le ciel ou pour marquer le chemin des comètes, Ess. de mor. 1er traité, ch. 7 dans MATHÉMATICIEN
Sans qu'il nous arrive aucun accident, la machine entière du monde travaille sans cesse avec une force invincible à détruire notre corps, Ess. de mor. 1er traité, ch. 4 dans MONDE
Sa force [de l'homme] est fort petite ; de sorte que, pour ses ouvrages un peu considérables, il est obligé de se servir des grands mouvements qu'il trouve dans la nature, qui sont ceux de l'eau, de l'air et du feu, Ess. de mor. 1er traité, ch. 3 dans MOUVEMENT
Cet avis du sage qui nous doit servir de règle en une infinité d'occasions : mon fils, ne vous engagez pas dans une multiplicité d'actions, Ess. mor. 2e traité, ch. 8 dans MULTIPLICITÉ
Nous étonnerons-nous que ceux à qui Dieu a voulu faire voir en cette vie quelque petite partie de ce spectacle [les joies célestes], se soient portés à des résolutions extraordinaires, jusqu'à s'enfermer tout le reste de leur vie entre quatre murailles ?, Essais, t. IV, p. 117, dans POUGENS dans MURAILLE
On ne s'applique point à découvrir ce qui arrête certains esprits, en quoi consiste leur obscurcissement et leurs préoccupations, Essais, t. V, p. 165, dans POUGENS dans OBSCURCISSEMENT
Le plus grand supplice des yeux malades est de les exposer au grand jour et de les forcer de le voir, Ess. mor. 2e traité, ch. 10 dans OEIL
L'orgueil qui naît des qualités spirituelles est de même genre que celui qui est fondé sur des avantages extérieurs, Ess. de mor. 1er traité, ch. 1 dans ORGUEIL
Il faut faire entrer les instructions qu'on donne aux enfants non-seulement par l'ouïe, mais aussi par la vue, Éduc. du prince, dans RICHELET dans OUÏE
Suivre sa volonté propre, c'est marcher dans sa voie et vivre en païen ; et suivre la volonté de Dieu, c'est marcher dans la voie de Dieu et vivre en chrétien, Ess. mor. 2e traité, ch. 1 dans PAÏEN, ENNE
Les tempêtes dont l'Église a été battue, ont emporté la paille et fait paraître le froment, dans RICHELET dans PAILLE
Le passé est un abîme sans fond qui engloutit toutes les choses passagères ; et l'avenir est un autre abîme qui nous est impénétrable, Ess. de mor. 2e traité, ch. 3 dans PASSÉ
Ce n'est pas la raison qui se sert des passions, mais ce sont les passions qui se servent de la raison pour arriver à leur fin, Ess. mor. 1er traité, ch. 11 dans PASSION
La pente qu'on a à recevoir sans examen tout ce qui est à son avantage, Ess. de mor. 1er traité, ch. 6 dans PENTE
Si nos déréglements ont causé un grand nombre de péchés, si ces suites subsistent et se perpétuent, il ne faut pas que nous les regardions sans douleur, Ess. de mor. 2e traité, ch. 5 dans PERPÉTUER
On avait philosophé trois mille ans durant sur divers principes, et il s'élève dans un coin de la terre un homme [Descartes] qui change toute la face de la philosophie...., Ess. de mor. 1er traité, ch. 7 dans PHILOSOPHER
Les aversions, les piques, les jalousies et toutes les autres causes de division, Essais, t. XIII, p. 29, dans POUGENS dans PIQUE
Qui choisirons-nous ? le plus vertueux, le plus sage, le plus vaillant ? mais nous voilà incontinent aux mains : chacun dira qu'il est ce plus vertueux, ce plus vaillant, ce plus sage, Ess. Traité de la grandeur, I, 5 dans PLUS
Nous sentons l'écoulement de l'avenir dans le passé, et c'est ce qui fait le présent, comme le présent fait toute notre vie, Ess. de mor. 2e traité, chap. 3 dans PRÉSENT, ENTE
Elle [la paix née de la vue de la volonté divine] fait que l'homme se laisse amoureusement emporter au torrent de la Providence, sans se mettre en peine d'autre chose que de s'acquitter fidèlement des devoirs particuliers qui lui sont prescrits à chaque moment par la loi de Dieu, Ess. de mor. 2e traité, ch. 6 dans PROVIDENCE
Qu'est-ce que deux armées qui se battent ? ce sont des ministres de cette justice [divine] qui se punissent les uns les autres, et qui n'exécutent précisément que ce que Dieu a ordonné, Ess. de mor. 2e traité, ch. 2 dans PUNIR
Le fond du coeur de tous les hommes les rend violents, injustes, cruels, ambitieux, flatteurs, curieux, insolents, querelleux, Ess. t. III, p. 124, dans POUGENS dans QUERELLEUX, EUSE
Le quiétisme est une adresse du diable, qui, désirant abolir tous les mystères et tous les attributs de Dieu...., Essais, t. VIII, 2e part. p. 181, dans POUGENS dans QUIÉTISME
Il n'y a que ceux qui ont éprouvé ces sentiments intérieurs qui peuvent juger de la conduite des âmes qui les éprouvent, comme Molinos, chef des quiétistes, tâche de le persuader, Essais, t. VIII, p. 168, dans POUGENS dans QUIÉTISTE
Croit-on qu'un ministre d'État, qui semble avoir dans sa tête les affaires de tout un royaume, ait l'esprit fort étendu ? tout cela se réduit à d'étranges abrégés et à des raccourcis terribles, Pens. div. t. VI, p. 280, des Essais. dans RACCOURCI, IE
Cette contemplation où l'âme demeure toute recueillie à un seul objet, Essais, t. VIII, p. 16, lettre 60 dans RECUEILLI, IE
Le regard de la volonté de Dieu comme justice fait la piété des vrais chrétiens sur la terre, et elle fera dans le ciel l'éternelle félicité des bienheureux, Ess. mor. 2e traité, ch. 10 dans REGARD
Comme s'ils [les hommes] avaient une infinité de temps à perdre, il ne leur suffit pas de s'informer de ce que les choses sont en effet ; mais ils tiennent aussi registre de toutes les fantaisies que les autres ont eues sur les mêmes choses, Ess. de mor. 1er traité, ch. 6 dans REGISTRE
Que cet extérieur ne soit qu'une image et un rejaillissement de son coeur, Essais, t. V, p. 275, dans POUGENS dans REJAILLISSEMENT
Il y a des gens de bien qui, examinant la vie de saint Thomas de Cantorbéry, sont portés à croire qu'il aurait pu, sans violer les lois de l'Église, se relâcher à beaucoup de choses que le roi Henri II désirait de lui, Contin. des Essais, 8e tr. chap. 5 dans RELÂCHER
En se remettant devant les yeux ces instructions du sage...., Ess. mor. 3e traité, ch. 4 dans REMETTRE
Il lui déclara que, pour entrer dans le royaume des cieux, il fallait être rené de l'eau et de l'esprit, Essais, t. XII, p. 109, dans POUGENS dans RENÉ, ÉE
Le renoncement à l'amour des créatures étant un des engagements de notre baptême, Essais, t. V, p. 216, dans POUGENS dans RENONCEMENT
Que notre coeur est rempli de l'amour du monde, et qu'il est vide de celui de Dieu, qui est le principe du renouvellement de l'âme !, Ess. mor. 2e traité, ch. 8 dans RENOUVELLEMENT
Ô épée de la justice de Dieu, ne vous reposerez-vous point ? remplirez-vous toujours la terre de meurtres ?, Ess. mor. 3e traité, ch. 5 dans REPOSER
Si on est dans le vice, la ligne qui mène à Dieu est d'y renoncer et de se résoudre d'embrasser tous les moyens nécessaires pour en sortir, Ess. mor. 2e traité, ch. 9 dans RÉSOUDRE
Les richesses nous élèvent, parce qu'elles nous donnent lieu de nous considérer nous-mêmes comme plus forts et plus grands ; nous les regardons, selon l'expression du Sage, comme une ville forte qui nous met à couvert des injures de la fortune et nous donne moyen de dominer sur les autres, Ess. de mor. 1er traité, ch. 1 dans RICHESSE
Cette immobilité et cette roideur inflexible qui paraît en quelques actions n'est qu'une dureté produite par le vent des passions qui enfle comme des ballons ceux qu'elles possèdent, Ess. mor. 1er traité, ch. 13 dans ROIDEUR ou RAIDEUR
Il n'y a que la science des choses, c'est-à-dire celle qui a pour but de satisfaire notre esprit par la connaissance du vrai, qui puisse avoir quelque solidité, Ess. de mor. traité I, ch. 7 dans SCIENCE
La science est ou des mots, ou des faits, ou des choses, Ess. de mor. 1er traité, ch. 6 dans SCIENCE
Je m'imagine que celui qui s'est le premier appelé haut et puissant seigneur, se regardait comme élevé sur la tête de ses vassaux, et que c'est ce qu'il a voulu dire par cette épithète de haut, si peu convenable à la bassesse des hommes, Ess. de mor. 1er traité, ch. 1 dans SEIGNEUR
Si l'on demande pourquoi le Grand Seigneur a fait depuis peu périr cent mille hommes devant Candie, on peut répondre sûrement que ce n'est que pour attacher encore à cette image intérieure qu'il a de lui-même le titre de conquérant, Ess. de mor. 1er traité, ch. I dans SEIGNEUR
L'âme se résout en même temps de combattre sans cesse ses imperfections, et de se souffrir néanmoins soi-même sans s'abandonner jamais au découragement, Ess. de mor. 2e traité, ch. 5 dans SOUFFRIR
Ils savaient par sentiment, par amour.... ce que nous ne savons que par des connaissances froides et spéculatives, Essais, t. VII, p. 143, dans POUGENS dans SPÉCULATIF, IVE
Il est assez aisé de persuader spéculativement les hommes de la faiblesse de leur corps et des misères de leur nature, quoiqu'il soit très difficile de les porter à en tirer cette conséquence naturelle...., Ess. de mor. 1er traité, ch. 6 dans SPÉCULATIVEMENT
Ce nombre de stupides [gens bornés dans un petit cercle d'idées] comprend, dans le christianisme même, presque tous les gens de travail, presque tous les pauvres, la plupart des femmes de basse condition, tous les enfants, Ess. mor. 1er traité, ch. 10 dans STUPIDE
Le temps de cette vie est proprement un temps de stupidité ; toutes nos connaissances y sont obscures, sombres, languissantes, Ess. mor. 3e traité, ch. 2 dans STUPIDITÉ
Heureux ceux qui voient le bouleversement et le tournoiement des choses humaines !, Essais, t. VIII, 2e part. p. 176, dans POUGENS dans TOURNOIEMENT ou TOURNOÎMENT
Elle [la vue de la volonté de Dieu] retranche l'inquiétude, l'empressement, les désirs trop ardents pour les choses qui ne sont pas encore arrivées, les tristesses et les chagrins pour celles qui sont présentes ou passées, Ess. de mor. 2e traité, ch. 4 dans TRISTESSE
Il faut renoncer à tout ce qui dissipe notre esprit, qui le fait sortir de son assiette, qui le rend évaporé, qui le remplit d'idées confuses et tumultuaires, Essais, t. v, p. 50, dans POUGENS dans TUMULTUAIRE
Fuir vagabond [Caïn] dans le monde pour éviter le remords de sa conscience qui ne lui donnait point de repos, Ess. mor. 2e traité, ch. 10 dans VAGABOND, ONDE
Cette élévation intérieure qui est le ver des richesses, dit saint Augustin, Essai de mor. 1er traité, ch. 1 dans VER
On les regarde comme le rebut du monde, comme réduits à l'extrémité de la vileté et de la bassesse, Essais, t. VI, p. 64, dans POUGENS dans VILETÉ ou VILITÉ
Le violement et le mépris de cet avis de l'apôtre, Essais, t. IX, p. 307, dans POUGENS dans VIOLEMENT
D'où vient que les premiers chrétiens étaient si touchés des persécutions visibles, et que nous le sommes si peu des persécutions invisibles ? c'est que les unes se voyaient par les yeux du corps, et que les autres ne s'aperçoivent que par les yeux de la foi, Ess. mor. 3° traité, ch. 5 dans VOIR
La découverte du vrai dans la plupart des choses dépend de la comparaison des vraisemblances, Ess. morale, 1er traité, ch. 9 dans VRAISEMBLANCE
La vue de notre esprit est à peu près semblable à celle de notre corps ; je veux dire qu'elle est aussi superficielle et aussi bornée, Ess. mor. 1er traité, ch. 8 dans VUE
Les mouvements de pénitence qu'ils ressentent dans la vue de leurs fautes, ib. 2e traité, ch. 3 dans VUE