Jean-François MARMONTEL (1723 - 1799)

Citations

À la guinguette instruisant ces recrues, D'obscurs lauriers j'ai fait large abatis, in-8 dans ABATIS
Sur cent premiers peuples célèbres, J'ai plongé cent peuples fameux Dans un abîme de ténèbres, Où vous disparaîtrez comme eux, Temps. dans ABÎME
Travailler serait un abus : J'ai cinquante écus, Cinquante écus. dans ABUS
Oui, j'irai sur les tourelles Former des accords plaintifs, Pet. Ois. dans ACCORD
Je gage, s'il naît un Voltaire, Qu'on emprunte pour l'acheter, Poëte de Cour. dans ACHETER
Je ne m'en fais pas accroire..., Cont. mor. I, 295 dans ACCROIRE
C'est lui [Voltaire] qui sur la scène a fait un sentiment religieux de la bienfaisance universelle, art. Tragédie. dans BIENFAISANCE
Nous ne permettons point la bouderie.... nous ne voulons jamais que nos amis restent brouillés plus d'un quart d'heure, dans LAFAYE, ib. dans BOUDERIE
Les sots sont la broussaille du genre humain, dans GIRAULT-DUVIVIER dans BROUSSAILLES
Je confronte la théorie des savants avec l'expérience des laboureurs, je tâche de corriger ce que je vois de défectueux dans les spéculations des uns et dans la pratique des autres, Contes mor. Scrup. dans CONFRONTER
C'est une monnaie dont l'alliage fait la consistance, Contes moraux, Alcib. dans CONSISTANCE
Laisser voir la feinte au spectateur, c'est à quoi tout comédien peut réussir ; mais ne la laisser voir qu'au spectateur, c'est ce que les plus consommés n'ont pas toujours le talent de faire, Élém. de littér. t. VI, p. 336, dans POUGENS dans CONSOMMÉ, ÉE
Dans nos vers on a fait une loi d'éviter la consonnance de deux hémistiches ; la même règle doit s'observer dans les repos des périodes, Élém. litt. Oeuvres, t. VIII, p. 31, dans POUGENS dans CONSONNANCE
La nature et la fortune semblaient avoir conspiré au bonheur d'Alcibiade, Contes moraux, Alcib. dans CONSPIRER
Il eut la constance de le laisser pendant cinq ans s'appliquer sans relâche à rétablir sa fortune, détaché du monde et partageant sa vie entre son cabinet et le parloir d'Angélique, Contes moraux, École des pères dans CONSTANCE
À ces mots la consternation se répandit sur tous les visages, Contes moraux, Berg. Alp. dans CONSTERNATION
Dans la conversation, ce qu'on appelle conte est le récit bref et rapide de quelque chose de plaisant, Élém. de littér. t. VI, p. 207, dans POUGENS dans CONTE
Opposez à ce penchant la contention de l'habitude ; Socrate n'était pas né sage, et son naturel, en se redressant, ne s'était pas estropié, Élém. litt. Oeuvres, t. VII, p. 256, dans POUGENS dans CONTENTION
L'art du conteur est de réduire l'action à ce qu'elle a d'original et d'intéressant, Élém. litt. Oeuvres, t. VII, p. 42, dans POUGENS dans CONTEUR, EUSE
Telle est la prophétie de Joad dans l'Athalie de l'illustre Racine, le plus beau morceau de poésie lyrique qui soit sorti de la main des hommes et auquel il ne manque, pour être une ode parfaite, que la rondeur des périodes dans la contexture des vers, Élém. litt. Oeuvres, t. IX, p. 24, dans POUGENS dans CONTEXTURE
Continuez, madame, et comptez sur moi, on est trop honoré de pouvoir contribuer au bien que vous faites, Contes mor. Femme comme il y en a peu dans CONTINUER
Bossuet, le plus grand controversiste de l'Église romaine, a eu quelquefois le tort de l'être en chaire, Élém. de littér. t. VI, p. 39, dans POUGENS dans CONTROVERSISTE
Toutes les convenances qui font les grands mariages s'accordaient avec ce penchant mutuel, Contes moraux, Deux infort. dans CONVENANCE
Le caprice, les convenances arrangent et dérangent tout, Contes moraux, Scrup. dans CONVENANCE
Vous copiez un vase étrusque, et vous lui donnez l'élégance grecque ; ce n'est point là ce qu'on vous demande et ce qu'on attend de vous, Élém. de litt. Oeuvres, t. X, p. 267, dans POUGENS dans COPIER
Comme les vices des Grecs avaient passé chez les Romains, Térence, pour les imiter, ne fit que copier Ménandre, Élém. de litt. t. VI, p. 156, dans POUGENS dans COPIER
Les élèves de Raphaël et des Caraches n'en ont pas été les copistes ; mais, dans leurs tableaux, on reconnaît le génie de leur école, la touche, le dessin, la couleur de leur maître, la manière de composer, Élém. litt. Oeuvres, t. VIII, p. 199, dans POUGENS dans COPISTE
Une coquette est un tyran qui veut tout asservir, pour le seul plaisir d'avoir des esclaves, Contes mor. Heureusement. dans COQUET, ETTE
Nous croyons entendre des fables, lorsqu'on nous dit que, chez les Grecs, une corde ajoutée à la lyre était une innovation politique ; que les sages même en auguraient un changement dans les moeurs, une révolution dans l'État, Élém. litt. t. XIX, p. 312, dans POUGENS dans CORDE
Personne ne se corrige, dit-on ; malheur à ceux pour qui ce principe est une vérité de sentiment, Élém. de litt. t. VI, p. 168, dans POUGENS dans CORRIGER
Ce Philippe qui, mieux qu'homme du monde, savait diviser pour réduire et corrompre pour asservir, Élém. litt. Oeuvres, t. VIII, p. 86, dans POUGENS dans CORROMPRE
C'est là que tous les préjugés d'une éducation corruptrice sont ébranlés par les maximes de la nature et de la raison, Élém. litt. Oeuvres, t. X, p. 340, dans POUGENS dans CORRUPTEUR, TRICE
Cet exemple et mille autres prouvent que l'imagination est la plus corruptible des facultés de l'âme, Essai sur le goût, Oeuvres, t. IV, p. 366, dans POUGENS. dans CORRUPTIBLE
Jamais on ne doit se décourager ; la corruption n'est jamais totale ; il y a partout des gens de bien, et, s'il en manque, on en fait naître, Bélisaire, XI dans CORRUPTION
Du côté de la fortune, le revers que vous éprouvez est accablant, Contes mor. École des Pères. dans CÔTÉ
Voyez un peu ce cou d'ivoire s'arrondir sur ces belles épaules, Contes moraux, Lauret. dans COU ou COL
J'ai couché plus mal quelquefois, dit-il ; ayez seulement soin de cet enfant qui me conduit et qui est plus délicat que moi, Bélisaire, I dans COUCHER
Toutes les langues ont les couleurs entières de l'expression et n'ont pas les mêmes nuances, Élém. litt. Oeuvres, t. X, p. 270, dans POUGENS dans COULEUR
Si Molière a rendu Tartuffe odieux au cinquième acte, c'est par la nécessité de donner le dernier coup de pinceau à son personnage, Élém. litt. t. VI, p. 141, dans POUGENS dans COUP
On ne forme point les esprits avec des tableaux et des coups de théâtre, Élém. litt. Oeuvres, t. IX, p. 16, dans POUGENS dans COUP
Ah ! c'est pour le coup qu'il faut se croire heureux en bêchant son jardin, Bélis. II dans COUP
Un écrivain, qui a de l'oreille et assez d'art pour donner à son style le mouvement de la pensée ou du sentiment qu'il exprime, saura bien varier encore la coupe et le rhythme du vers, Élém. litt. Oeuvres, t. X, p. 472, dans POUGENS dans COUPE
Mon ami, lui dit le chevalier, j'ai autant d'envie que vous de me couper la gorge, car je suis outré de dépit ; mais ce ne sera pas avec vous, s'il vous plaît, Contes mor. Lauret. dans COUPER
Ménage, qui a dit tant de mots et qui en a dit si peu de bons, avoit pourtant raison de s'écrier à la représentation des Précieuses ridicules : courage, Molière ! voilà le bon comique, Élém. de littér. t. VI, p. 171, dans POUGENS dans COURAGE
Ce trône était ombragé de lilas qui se courbaient en voûte, Contes mor. Mari sylphe. dans COURBER
Honnête homme ! et qui ne l'est pas ? C'est un mérite qui court les rues, Contes mor. Bon mari. dans COURIR
Rien dont le ciel pût se courroucer, Contes moraux, Ann. Lub. dans COURROUCER
Je vois sur votre visage cette méditation profonde qui couve les germes du génie et les dispose à la fécondité, Contes mor. Connaiss. dans COUVER
Cette sensibilité délicate la rendait craintive à l'excès, Contes moraux, Bonne mère. dans CRAINTIF, IVE
Eudoxe en le voyant ne fait qu'un cri et tombe évanouie, Bélisaire, ch. VI dans CRI
On voit par là que c'est dans le moment critique où les républiques se corrompent, qu'on y a besoin de l'éloquence, Élém. de litt. t. VI, p. 388, dans POUGENS dans CRITIQUE
Le critique supérieur doit avoir dans son imagination autant de modèles qu'il y a de genres différents ; le critique subalterne est celui qui, n'ayant pas de quoi se former ces modèles transcendants, rapporte tout, dans ses jugements, aux productions existantes, Élém. de litt. t. VI, p. 238 dans CRITIQUE
N'est-ce pas plutôt aux poëmes d'une longue étendue qu'il eût fallu permettre les rimes croisées ? je le croirais, non-seulement parce que les vers masculins et féminins entrelacés n'ont pas la fatigante monotonie des distiques, mais parce que leur marche libre, rapide et fière, donne du mouvement au récit, de la véhémence à l'action, du volume et de la rondeur à la période poétique, Élém. litt. Oeuvres, t. XI, p. 467 dans CROISÉ, ÉE
M. de Voltaire a croisé les vers de la tragédie de Tancrède, et au moins cette singularité n'a-t-elle pas nui au succès de la pièce, l'une des plus intéressantes du plus pathétique de nos poëtes, Élém. de litt. Oeuvres, t. V, p. 119, dans POUGENS dans CROISER
Comme si l'objet de l'intrigue n'était pas rempli quand l'intérêt croît d'acte en acte, Rép. à La Harpe, Oeuvres, t. XVII, p. 31 dans POUGENS. dans CROÎTRE
L'opinion sur les faits, soit moraux, soit physiques, est tantôt de pleine croyance, tantôt de simple adhésion, Élém. litt. Oeuvres, t. X, p. 506, dans POUGENS dans CROYANCE
La politesse n'avait point appris aux héros d'Homère à se quereller noblement, et la crudité des injures qu'Achille dit à Agamemnon n'était encore que de la franchise, Ess. sur le goût, Oeuvres, t. IV, p. 347, dans POUGENS. dans CRUDITÉ
Rendre crûment la vérité commune est le talent d'un ouvrier ; faire mieux que n'a fait la nature elle-même et l'embellir en l'imitant est l'art réservé au génie, Élém. litt. Oeuvres, t. VII, p. 45, dans POUGENS dans CRÛMENT
Les femmes, à qui l'on reproche tout crûment dans les Harangueuses [d'Aristophane] de se soûler, de ferrer la mule et bien d'autres espiègleries, ib. t. IX, p. 398 dans CRÛMENT
Que voulait-il qu'un musicien fît de toutes ces comparaisons façonnées en ariettes, qui terminent des scènes comme des culs-de-lampes, ou qui plutôt sont dans le chant comme des bouquets d'artifice pour obtenir l'applaudissement ?, Élém. litt. Oeuvres, t. IX, p. 104, dans POUGENS dans CUL ou CU
Je ne veux, je n'attends rien de vous, et je mourrai en cultivant ma vigne, Contes moraux, Lauret. dans CULTIVER
Aussi ne voit-on les prodiges de la culture et de l'abondance que dans les campagnes divisées entre une foule de possesseurs, Pays. nord. Oeuvres, t. XVII, p. 91 dans CULTURE
Il n'est rien d'indigne et de bas que la cupidité n'engendre, Bélis. XII dans CUPIDITÉ
De bons curés seront, quand on le voudra bien, dans les villes et dans les campagnes, des missionnaires perpétuels, et de plus des arbitres, des conciliateurs, de fidèles dépositaires de la confiance des familles, des liens de concorde, de zélés surveillants de la tranquillité publique, Élém. litt. t. VI, p. 70, dans POUGENS dans CURÉ
La nature a mille détails qui seraient vrais, qui rendraient même l'imitation plus vraisemblable et qu'il faut pourtant éloigner, parce qu'ils manquent d'agrément ou d'intérêt ou de décence, et que nous cherchons, au théâtre et dans l'imitation poétique en général, une nature exquise, curieuse et intéressante, Élém. littér. Oeuvres, t. VIII, p. 148, dans POUGENS. dans CURIEUX, EUSE
S'il me l'avait proposé [un carrosse], je ne me serais pas emboîté comme un sot dans cette caisse dandinante, Mém. t. I, liv. II, p. 177, dans POUGENS dans DANDINANT, ANTE
Un fatal jeu de dés dont la fureur les possédait, noircissait leur esprit et absorbait leur âme, Mém. liv. VII, t. II, p. 206, dans POUGENS dans
Le débile et dernier effort qu'il [Voltaire] faisait pour lui plaire [au public] , Irène, fut applaudie comme l'avait été Zaïre, Mém. liv. X, t. III, p. 208 dans DÉBILE
Voilà de quelle source ont dérivé tous nos malheurs ; nous allons les voir se grossir et se déborder par torrents, jusqu'à nous entraîner dans la plus profonde ruine, Mém. liv. XII, t. III, p. 316, dans POUGENS dans DÉBORDER
Pour animer ses yeux et débrouiller ses traits, il fallait qu'il parlât, Mém. liv. VI, t. II, p. 113, dans POUGENS dans DÉBROUILLER
Elle aspire à débuter dans le tragique, et elle vaut la peine que vous lui donniez des leçons, Mém. IV dans DÉBUTER
Elle [une actrice] est votre voisine, elle est sage, elle vit décemment avec sa mère et avec sa soeur, Mém. IV dans DÉCEMMENT
Lorsque Mme d'Étioles, depuis marquise de Pompadour, fut annoncée pour maîtresse du roi, et avant même qu'elle fût déclarée, il s'empressa de lui faire sa cour, Mém. liv. IV dans DÉCLARÉ, ÉE
Les mains derrière le dos il découpait en profil un portrait aussi ressemblant et plus ressemblant qu'il ne l'aurait fait au crayon, Mém. liv. VII, t. II, p. 241, dans POUGENS dans DÉCOUPER
J'ai vu de lui des paysages en découpure sur des feuilles de papier blanc où la perspective était observée avec un art prodigieux, Mém. liv. VII, t. II, p. 342, dans POUGENS dans DÉCOUPURE
" M. Marmontel, me dit-il, le roi me décrasse ; " je répondis, comme je le pensais, que sa noblesse à lui était dans l'âme, et valait bien celle du sang, Mém. liv. v. dans DÉCRASSER
Ce nouveau rédacteur fit si mal sa besogne, que le Mercure, décrié, tombait et n'allait plus être en état de payer les pensions dont il était chargé, Mémoires, VI dans DÉCRIÉ, ÉE
Que vraisemblablement mon livre serait censuré, et que, pour cela seul, il n'osait proposer au roi d'en accepter la dédicace, Mém. liv. VIII dans DÉDICACE
Son trépas ne fut qu'une dernière défaillance, Mém. liv. VIII dans DÉFAILLANCE
Une société qui n'était pas de celles que la faveur attire et que la défaveur éloigne, Mém. liv. X dans DÉFAVEUR
Il fit la plus belle défense ; mais, de mon côté, je m'obstinai si fort qu'il fallut me céder et recevoir mes cent écus, Mém. liv. I dans DÉFENSE
Accoutumé à une déférence obséquieuse pour ses idées systématiques, il était quelquefois désagréablement surpris de trouver parmi nous moins de révérence et de docilité, Mém. liv. VII dans DÉFÉRENCE
Louis XVI, élevé au trône à l'âge de vingt ans, y apportait un sentiment bien précieux lorsqu'il est modéré, bien dangereux quand il est excessif, la défiance de soi-même, Mém. liv. XI dans DÉFIANCE
Je vendrai tout le peu que j'ai pour dégager mon fils, Mém. II dans DÉGAGER
Quand nos doigts engourdis de froid ne pouvaient plus tenir la plume, la flamme de la lampe était le seul foyer où nous pouvions les dégourdir, Mém. liv. I dans DÉGOURDIR
Il en aurait fait, en déguisant son écriture, une douzaine de copies, qu'il aurait adressées aux comédiens, aux mousquetaires, aux auteurs mécontents, Mém. liv. VI dans DÉGUISER
Lorsque je lis que Périclès sacrifiait tous les matins aux Grâces, ce que j'entends par là, c'est que tous les jours Périclès déjeunait avec Aspasie, Mém. liv. VII dans DÉJEUNER
C'était la prendre par son endroit sensible, que dites-vous ? s'écria-t-elle, Crébillon est pauvre et délaissé ; aussitôt elle obtint pour lui du roi une pension de cent louis sur sa cassette, Mém. liv. IV dans DÉLAISSÉ, ÉE
Le délaissement [de la part du maréchal de Saxe] où tombait ma Zaïre [une actrice qui jouait le rôle de Zaïre] nous accabla tous les deux de douleur, Mém. IV dans DÉLAISSEMENT
Pour une plaisanterie, en vérité, ce n'est pas la peine de me charger du rôle infâme de délateur, Mém. VI dans DÉLATEUR
Jamais l'extérieur n'annonça moins de délicatesse ; il en avait pourtant dans la pensée et dans l'expression, Mém. VI dans DÉLICATESSE
J'étais encore dans le salon voisin à attendre sa délivrance, lorsque ma belle-mère vint me dire : venez embrasser votre femme et la sauver du désespoir ; votre enfant est mort en naissant, Mém. X dans DÉLIVRANCE
Que j'étais déjà assez dupe d'avoir si mal employé mes quarante écus, et que je ne le serais pas au point de lui céder à demeure la bonne place, Mém. X dans DEMEURE
Ce peuple, qui depuis s'est peut-être laissé dénaturer, était alors la bonté même, Mém. t. I, liv. II, p. 165, dans POUGENS dans DÉNATURER
D'Alembert vous croit l'ennemi des gens de lettres et l'ami de Séguier, leur dénonciateur ; voilà pourquoi il ne vous aime pas, Mém. IX dans DÉNONCIATEUR, TRICE
Le comte de Creutz, qui dans un coin lisait une dépêche, Mém. IX dans DÉPÊCHE
Je ne me suis jamais donné le soin d'examiner en moi en quoi j'avais pu lui déplaire ; mais je savais bien, moi, ce qui me déplaisait en lui, Mém. VI dans DÉPLAIRE
L'histoire, ainsi que les nations déprédatrices et conquérantes, semble avoir pris pour règle d'équité le mot de Brennus : Vae victis (malheur aux vaincus), Élém. de littérat. t. IV, liv. II, dans GIRAULT-DUVIVIER dans DÉPRÉDATEUR, TRICE
Attentif à guetter l'opinion qu'on avait de lui, il lui arrivait souvent de parler de lui-même avec une humilité feinte, pour éprouver si l'on se plairait à l'entendre se dépriser, Mém. V dans DÉPRISER
Quelle distance depuis l'instinct d'un Lapon ou d'un nègre jusqu'à l'intelligence d'un Archimède ou d'un Newton !, dans GIRAULT-DUVIVIER dans DEPUIS
Le maréchal de Contades montrait de sa main le plan de campagne et le désastre de Minden, Mém. IX dans DÉSASTRE
Il aima mieux descendre du ministère que de s'y dégrader, Mém. XI dans DESCENDRE
Insensiblement je croyais voir sa tête se désenfler du vent dont elle était remplie, Mém. II dans DÉSENFLER
Son regard en dessous observait tout avec une ombrageuse attention, Mém. IV dans DESSOUS
Il demanda pour toute peine que son détracteur fût chassé de la maison du comte d'Artois, Mém. XI dans DÉTRACTEUR
Craindre les écueils de la bonne fortune, et passer avec courage les détroits de l'adversité, Mém. I dans DÉTROIT
Tâchons de mourir aussi saintement qu'elle ; nous nous reverrons devant Dieu, Mém. X dans DEVANT
Je n'ai qu'elle [de fille], et pas pour un diable elle ne veut se marier, Mém. II dans DIABLE
Lorsque j'allai demander à l'archevêque de vouloir bien obtenir pour moi ce qu'on appelle un démissoire pour recevoir les ordres de sa main, Mém. II dans DIMISSOIRE
Jamais je n'ai mangé ni de meilleures perdrix ni des dindes si succulentes ni des truffes si parfumées, Mém. II dans DINDE
À ce dîner de garçons régnait une liberté franche, Mém. IV dans DÎNER ou DÎNÉ
Il ne parlait qu'avec enthousiasme des moeurs, de la discipline, des études de Sainte-Barbe, Mém. X dans DISCIPLINE
On attendait la dispense de Rome pour aller à l'autel, Mém. VIII dans DISPENSE
Il en était de ces dîners comme de beaucoup d'autres où la société, jouissant d'ellemême, dispense l'hôte d'être aimable, pourvu qu'il la dispense de s'occuper de lui, Mém. X dans DISPENSER
Pour dérober Piccini aux distractions de Paris, je l'engageai à venir travailler près de moi dans ma maison de campagne, Mém. X dans DISTRACTION
Souvent pensif, plus souvent distrait, mais le plus charmant des convives, lorsque, sans distraction, il se livrait à nous, Mém. VI dans DISTRAIT, AITE
Il remplissait toutes les parties des instruments ou de la voix, distribuant des traits de mélodie et d'harmonie, ainsi qu'un peintre habile aurait distribué sur la toile les couleurs et les ombres pour en composer son tableau, Mém. X dans DISTRIBUER
L'économie des revenus et des frais de perception, l'abolition des priviléges onéreux au commerce et à l'agriculture, et une plus égale distribution de l'impôt sur toutes les classes, étaient les remèdes qu'il fallait appliquer à la grande plaie de l'État, Mém. XI dans DISTRIBUTION
Ainsi, pour Voltaire et pour lui, la vie avait été perpétuellement mais diversement agitée, Mém. X dans DIVERSEMENT
La partie des sciences qui tombait sous les sens et qui, pour le public, pouvait être un objet de curiosité, était aussi de son domaine, Mém. VI dans DOMAINE
Le roi, pour toute réponse, lui tourna le dos brusquement, Mém. IV dans DOS
Ne le lui proposez pas comme une dissipation ; les grandes douleurs y répugnent ; il faut à leur insu tâcher de les distraire et les tromper pour les guérir, Mém. I dans DOULEUR
Roux, mal fait, borgne, et un dragon dans l'oeil, Mém. VIII dans DRAGON
Pourquoi le grand modèle des dramaturges, Shakspeare, n'a-t-il pas lui-même pris ses sujets parmi le peuple ?, dans le Dict. de BESCHERELLE. dans DRAMATURGE
Comme j'avais pris, à deux fins, mes premières inscriptions à l'école du droit canon...., Mém. II, p. 172 dans DROIT
Regardant le pur amour du bien public comme une duperie ou comme une jactance, Mém. XI dans DUPERIE
On ne parlait que de son accueil [Calonne arrivé depuis peu au ministère] et des charmes de son langage ; ce fut pour peindre son caractère qu'on emprunta des arts l'expression de formes élégantes, Mém. XI dans ÉLÉGANT, ANTE
Je ne me serais pas emboîté comme un sot dans cette caisse dandinante, dans le Dict. de POITEVIN dans EMBOÎTER
L'on distinguera toujours dans les travaux, dans les combats, et surtout dans la discipline, l'homme docile et fort tiré de la charrue, de l'homme énervé, dissolu, qu'on a pris à l'ombre des murs, Oeuvres, t. XVII, p. 94, dans POUGENS dans ÉNERVÉ, ÉE
Il mêlait des sentiments si fiers et si nobles aux enfantillages de l'amour-propre, que tout cela ensemble n'avait rien que d'intéressant, Contes moraux, Scrup. dans ENFANTILLAGE
Vous me flattez, dit le président, avec une pudeur enfantine et faisant semblant de rougir, Contes moraux, Philos. soi-dis. dans ENFANTIN, INE
Ennuyé de sa magnificence, il abandonne ces vastes enfilades aux regards des passants, et se retire dans un étroit réduit, Essai sur le bonh. Oeuvres, t. XVII, p. 206, dans POUGENS. dans ENFILADE
Le génie qui m'inspirait m'abandonna ; mon esprit et mon âme tombèrent languissants comme les voiles d'un navire auquel tout à coup manque le vent qui les enflait, Mém. III dans ENFLER
De grands mots et de petites idées ne sont jamais que de l'enflure, Élém. litt. Oeuvres, t. x, p. 227, dans POUGENS dans ENFLURE
Enfoncé dans les calculs des spéculations commerciales, Mém. X dans ENFONCÉ, ÉE
C'était dommage de laisser tant de talents enfouis dans une petite ville ; Paris devait en être le théâtre, Contes moraux, Connaiss. dans ENFOUI, IE
Les générations humaines successivement englouties dans cet immense océan de l'éternité ; et Dieu qui reste et qui les attend, Élém. de litt. t. VI, p. 36, dans POUGENS dans ENGLOUTI, IE
On perd l'habitude de réfléchir comme celle de marcher ; et l'âme s'engourdit et s'énerve comme le corps dans une stupide indolence, Élém. litt. Oeuv. t. VII, p. 415, dans POUGENS dans ENGOURDIR
Nous avons vu tout Paris indigné de ce qu'une énigme du Mercure se trouvait n'avoir point de mot, Élém. litt. Oeuvres, t. VII, p. 190, dans POUGENS dans ÉNIGME
Ce qui ne laisse pas d'être une énigme pour nous, et ce qui nous semble une négligence inexprimable dans un poëte aussi attentif et aussi habile qu'Horace à donner à ses vers lyriques tous les charmes de l'harmonie, c'est de voir, même dans les odes qu'il a divisées en quatrains, le sens enjamber à tout moment d'une strophe à l'autre sans qu'il ait cru devoir se donner aucun soin de les couper par des repos, Élém. litt. Oeuvres, t. X, p. 184, dans POUGENS dans ENJAMBER
Le sentiment de l'harmonie naît en partie de cet enlacement [des rimes], Éléments de litt. vers. dans ENLACEMENT
Mon livre était enlevé, la première édition en était épuisée, Mém. VIII dans ENLEVÉ, ÉE
Ici je me sentis enlevé hors de moi par de plus invincibles charmes, Mém. X dans ENLEVÉ, ÉE
Cette enluminure du style qu'on donne pour du coloris, Essai sur le goût, Oeuv. t. IV, p. 451, dans POUGENS. dans ENLUMINURE
Lorsqu'on dit d'un homme qu'il a des ennemis, il faut, avant de le juger, bien regarder s'il a mérité d'en avoir, Mém. VII dans ENNEMI, IE
En poésie, rien n'est beau que par les rapports des détails avec l'ensemble et de l'ensemble avec nous-mêmes, Élém. litt. Oeuvres, t. VIII, p. 222, dans POUGENS dans ENSEMBLE
Ainsi le mal est en évidence, et le bien reste enseveli, Contes moraux, Misanthr. corr. dans ENSEVELI, IE
Combien de vérités utiles, froidement et négligemment énoncées, y seraient restées ensevelies, si l'éloquence n'était venue les retirer comme du tombeau !, Élém. litt. Oeuv. t. I, p. 109, dans POUGENS dans ENSEVELI, IE
C'est sous les ruines du trône et du palais de votre vieux tyran qu'il faut l'ensevelir avec tous ses complices, Bélisaire, ch. III dans ENSEVELIR
L'entassement confus des mots et des phrases entrelacées, Élém. litt. Oeuvres, t. x, p. 210, dans POUGENS dans ENTASSEMENT
Très mécontente, entendez-vous ?, Amis de la maison, I, 1 dans ENTENDRE
Une espèce de petit temple qu'il avait décoré de toiles d'opéra, et qui ce jour-là était orné de tant de guirlandes de roses que nous en étions entêtés, Mém. VI dans ENTÊTÉ, ÉE
L'esprit de la secte stoïque fut l'enthousiasme de la vertu ; le génie de l'ancienne Rome fut l'enthousiasme de la patrie, Élém. litt. Oeuvr. t. VII, p. 215, dans POUGENS dans ENTHOUSIASME
On peut même sous-entendre l'une des deux prémisses, lorsqu'elle est évidente ; c'est ce qui fait l'enthymème, syllogisme abrégé qui convient beaucoup mieux à un raisonnement rapide, et que préfère l'orateur lorsqu'il veut être véhément et pressant, Élém. litt. Oeuv. t. IX, p. 507, dans POUGENS dans ENTHYMÈME
Plus de fadeur, plus de galanterie ; son langage était rapide, entrecoupé, plein de substance et de chaleur, Cont. moraux, Les quatre flacons. dans ENTRECOUPÉ, ÉE
Rimes artistement entrelacées, Élém. de litt. vers. dans ENTRELACÉ, ÉE
Mon travail, entremêlé de lectures intéressantes, me laissait peu de moments d'ennui, Mém. VI dans ENTREMÊLÉ, ÉE
L'histoire générale et les mémoires particuliers se communiquent et s'entremêlent toutes les fois que l'intérêt public et l'intérêt privé ont des rapports communs, Élém. littér. Oeuvres, t. VIII, p. 341, dans POUGENS. dans ENTREMÊLER
Pour sauver les pensions, il fallut enfin qu'on fit une entreprise de libraire, Mém. VI dans ENTREPRISE
Lisez le règne de Tibère ou celui de Néron, ces deux terribles et longues tragédies dont Rome est le théâtre, et où Tacite a porté si loin l'art d'émouvoir : l'éloquence artificielle, le soin d'orner et d'agrandir n'y entre pour rien, Élém. litt. Oeuvres, t. VIII, p. 111, dans POUGENS dans ENTRER
Homme d'esprit et homme sage, qui, sous une épaisse enveloppe, ne laissait pas de réunir une littérature exquise, beaucoup de politesse et d'amabilité, Mém. VI dans ENVELOPPE
On a dit de la traduction qu'elle était comme l'envers de la tapisserie, cela suppose une industrie bien grossière et bien maladroite, Élém. litt. Oeuv. t. x, p. 281, dans POUGENS dans ENVERS
Les plus adroits, lorsqu'ils sont consultés, gardent sur les endroits critiques un silence mystérieux, ou prononcent, comme les oracles, en se ménageant par l'ambiguïté de leurs réponses les deux envers d'une opinion qu'ils laissent flotter jusqu'à l'événement, afin de ne jamais se compromettre, Élém. litt. Oeuvres, t. v, p. 148 dans ENVERS
Alcine nous la faisait voir magnifique et inépuisable dans l'épanchement de ses dons, Contes moraux, École de l'amitié dans ÉPANCHEMENT
Lorsqu'il est plein, ses eaux s'épanchent en cascades ; mais, dans les temps de sécheresse, ces épanchoirs n'en versent plus, et alors c'est du fond du réservoir qu'on les tire, Mém. VII dans ÉPANCHER
Lorsqu'il [le bassin de Saint-Ferréol] est plein, ses eaux s'épanchent en cascades ; mais, dans les temps de sécheresse, ces épanchoirs n'en versent plus, et alors c'est du fond du réservoir qu'on les tire, Mém. VII dans ÉPANCHOIR
Elle allait s'étendre sur l'honneur que lui ferait dans l'histoire cette circonstance de son règne ; mais il la pria de l'épargner, Contes moraux, Soliman II dans ÉPARGNER
D'un naturel indolent, épicurien par caractère, mais presque aussi pauvre que moi, Mém. III dans ÉPICURIEN
Marot me semble à cet égard le plus ingénieux des poëtes épigrammatiques tant par la singularité que par la variété de ses petits dessins, Élém. litt. Oeuv. t. VII, p. 226, dans POUGENS dans ÉPIGRAMMATIQUE
On attache aujourd'hui à l'épître l'idée de la réflexion et du travail, et on ne lui permet pas les négligences de la lettre, Éléments litt. Oeuvres, t. VII, p. 250, dans POUGENS. dans ÉPÎTRE
Il faut croire que l'estime et l'amitié ont inventé l'épître dédicatoire, mais la bassesse et l'intérêt en ont bien avili l'usage, ib. p. 263 dans ÉPÎTRE
C'est l'imitation, ou récit, d'une action intéressante et mémorable ; ainsi l'épopée diffère de l'histoire, qui raconte sans imiter ; du poëme dramatique, qui peint en action ; du poëme didactique, qui est un tissu de préceptes ; et des fastes en vers, qui ne sont qu'une suite d'événements sans unité, Élém. littér Oeuv. t. VII, p. 264, dans POUGENS dans ÉPOPÉE
L'homme de génie est celui qui enfonce le soc de la charrue dans un terrain qu'on n'a qu'effleuré avant lui, et qui sait par là rendre fécond un sol que l'on croit épuisé, Élém. litt. Oeuvres, t. VIII, p. 276, dans POUGENS dans ÉPUISÉ, ÉE
L'énumération exclusive, et que les mathématiciens appellent la preuve par épuisement, Élém. littér. Oeuvres, t. IX, p. 490 dans ÉPUISEMENT
Les premiers maîtres du théâtre avaient épuisé les combinaisons des caractères, des intérêts et des passions, Élém. littér. Oeuvres, t. VII, p. 432, dans POUGENS. dans ÉPUISER
On lui reprochait d'épuiser ses sujets et de ne rien laisser à penser au lecteur, Mém. X dans ÉPUISER
Prague emportée d'assaut le 28 novembre 1631 par Jean George, électeur de Saxe, et par escalade le même jour 28 novembre 1741 par son arrière-petitfils, Élém. litt. Oeuvres, t. VIII, p. 365, dans POUGENS dans ESCALADE
Peu de temps après commença contre lui la légère escarmouche des facéties parisiennes, Mém. VII dans ESCARMOUCHE
Bon plaisant, d'un sel fin dans son sérieux ironique, et plus espiègle que malin, Mém. IV dans ESPIÈGLE
Agathe, la plus jolie petite espiègle que l'amour eût formée, ne perdit pas un mot de cet entretien, Contes moraux, Connaiss. dans ESPIÈGLE
Un esprit élevé ne daigne apercevoir dans son objet que les rapports qui l'agrandissent, Élém. litt. Oeuvres, t. x, p. 198, dans POUGENS dans ESPRIT
Un esprit profond ne s'arrête jamais aux apparences superficielles, sa méditation s'exerce à sonder son objet et à tirer comme de ses entrailles, ex visceribus rei, ce qu'il y a de plus riche et de plus enfoui, ib. p. 197 dans ESPRIT
Cet esprit de tyrannie et d'oppression qui n'estime dans la fortune que le moyen d'acheter des esclaves, et dans l'autorité que le droit odieux de faire trembler ou gémir, Élém. de litt. t. VI, p. 49, dans POUGENS dans ESPRIT
Quand on s'assied sur un trône, on a bien l'air de l'essayer, Bélis. ch. 15 dans ESSAYER
L'estime est un sentiment tranquille et personnel, Fragm. philos. mor. gloire dans ESTIME
Voltaire dans ses derniers jours ne pouvait voir sans un véritable chagrin qu'on se permît ainsi d'estropier nos belles tragédies, Élém. littér. t. IX, p. 53, dans POUGENS dans ESTROPIER
Il s'établissait peu à peu parmi eux l'opinion que... Il s'établit dès ce jour entre eux la liaison la plus intime et en apparence la plus philosophique, Cont, moraux, Scrup. dans ÉTABLIR
Le duc de Biron, le marquis de Castries, et quelques autres du même étage composaient sa société, Mém. IV dans ÉTAGE
Non, lui dit-elle, d'une voix presque éteinte, je n'accepte point ces présents, je pars, Contes moraux, Soliman II dans ÉTEINT, EINTE
Je suis l'ami et le disciple de Socrate ; et je crains bien que la haine qu'on a pour lui ne s'étende jusqu'à moi, Cont. moraux, Alcibiade. dans ÉTENDRE
L'esprit est pour lui comme les éternuments qui vont venir et qui ne viennent jamais, Cont. mor. Connaiss. dans ÉTERNUMENT
Moquons-nous de l'étiquette Et du sot qui l'inventa, Luc. sc. 4 dans ÉTIQUETTE
Il est bien difficile d'être aussi fortuné sans un peu d'étourdissement, Mém. X dans ÉTOURDISSEMENT
Quesnai, logé bien à l'étroit dans l'entre-sol de Mme de Pompadour, ne s'occupait du matin au soir que d'économie politique et rurale, Mém. v. dans ÉTROIT, OITE
Je suis bien persuadé que de tous les modèles celui que Massillon avait le plus étudié, c'était Racine, Élém. litt. Oeuv. t. v, p. 82, dans POUGENS dans ÉTUDIER
Oreste, condamné par un Dieu à tuer sa mère, et, pour ce crime inévitable, tourmenté par les Euménides, n'est guère moins intéressant pour nous que pour les Athéniens, Élém. litt. Oeuv. t. X, p. 289, dans POUGENS dans EUMÉNIDE
La prude loua cette résolution d'un air bien capable de la faire évanouir, Cont. mor. Alcib. dans ÉVANOUIR (S')
Vous saurez que c'est moi qui donnai l'éveil à nos astronomes, Cont. mor. Connaiss. dans ÉVEIL
J'étais placé vis-à-vis d'eux, à deux pas de la table, bien isolé et bien en évidence, Mém. v. dans ÉVIDENCE
Je veux vous éviter l'ennui de trouver cet homme maussade, dans LAVEAUX dans ÉVITER
Si l'on considère le nombre des traits qui caractérisent un personnage comique, on peut dire que la comédie est une imitation exagérée, Élém. de litt. t. VI, p. 142, dans POUGENS dans EXAGÉRÉ, ÉE
L'action théâtrale étant privée de l'expression du visage, on s'efforça d'y suppléer par l'expression du geste, et l'immensité des théâtres obligea de l'exagérer, Élém. littér. Oeuvres, t. IX, p. 156, dans POUGENS dans EXAGÉRER
Il devint triste, inquiet, jaloux ; il fit tant, qu'elle en fut excédée et prit le parti de le congédier, Cont. mor. Quatre flacons. dans EXCÉDÉ, ÉE
L'excellence de la musique est dans le chant, et la mélodie en est l'âme, Élém. littér. Oeuv. t. IX, p. 111, dans POUGENS dans EXCELLENCE
Il n'y a point d'exception à cette règle, que chacun doit parler d'après sa pensée, Élém. littér. Oeuvres, t. x, p. 450, dans POUGENS dans EXCEPTION
Le peuple voulut bien s'exclure des premières places, mais il ne voulut pas en être exclu ; et la preuve qu'il méritait d'y prétendre, c'est qu'il eut la sagesse et la vertu de s'en abstenir, Oeuv. t. XVII, p. 185, dans POUGENS dans EXCLURE
Parmi les productions monstrueuses de la nature, on peut compter le coeur d'une mère qui aime l'un de ses enfants à l'exclusion de tous les autres, Contes mor. Mauv. Mère. dans EXCLUSION
Voilà comme une théorie exclusivement attachée à la pratique des anciens donne les faits pour la limite des possibles, et veut réduire le génie à l'éternelle servitude d'une étroite imitation, Élém. litt. Oeuv. t. X, p. 37, dans POUGENS dans EXCLUSIVEMENT
Il faut que la sensibilité de l'âme s'exerce ; et, si elle n'a pas un objet véritable, elle s'en fait un fantastique, Cont. mor. Mari sylphe. dans EXERCER
Cicéron, qui quelquefois s'est permis la raillerie dans ses harangues, ne laisse pas de demander que l'exorde soit grave et sentencieux, Élém. litt. t. VII, p. 333, dans POUGENS dans EXORDE
Fléchier a fait d'un mauvais exorde de Lingendes le frontispice incomparable de l'oraison funèbre de Turenne, ib. t. VIII, p. 205 dans EXORDE
Tandis qu'on l'expédiait insensiblement, la fidèle Fatime qui s'aperçut de sa décadence, rêva une nuit qu'elle le quittait et le lendemain elle le quitta, Cont. mor. Mauv. mère. dans EXPÉDIER
Ne songeons qu'à rendre utile et salutaire aux hommes cette expérience héréditaire que le présent dispose et lègue aux siècles à venir, Élém. littér. Oeuvres, t. VIII, p. 75, dans POUGENS. dans EXPÉRIENCE
Je viens, lui dis-je, au nom de Jésus-Christ le père universel des pauvres, vous conjurer de n'être pas complice de l'expoliateur des pauvres, Mém. II dans EXPOLIATEUR
Lorsque Turgot donna sa loi en faveur de la libre exportation des grains, non-seulement de province à province, mais au dehors et dans tous les temps, Necker se permit de lui dire qu'il y voyait quelque danger, Mém. XI dans EXPORTATION
Eschyle, inventeur de la tragédie, est peut-être de tous les poëtes grecs celui qui expose ses sujets de la manière la plus simple et la plus frappante, Élém. litt. Oeuvres, t. VII, p. 343, dans POUGENS dans EXPOSER
Sophocle avant pris la manière d'Eschyle dans l'art d'exposer en action ; les deux Oedipe, l'Électre, l'Antigone en sont des exemples, ib. p. 345 dans EXPOSER
Ce fut sous sa dictée que je rendis compte au public de l'exposition des tableaux en 1759, l'une des plus belles que l'on eût vues, Mém. VI dans EXPOSITION
L'art de l'exposition dramatique consiste à la rendre si naturelle qu'il n'y ait pas même le soupçon de l'art, Élém. litt. Oeuvres, t. VIII, p. 343, dans POUGENS dans EXPOSITION
La plus froide, la plus pénible, la plus longue, et en même temps la plus obscure de toutes les expositions, est celle de Rodogune, ib. p. 347 dans EXPOSITION
Ses yeux [de Voltaire] et son sourire avaient une expression que je n'ai vue qu'à lui, Mém. VII dans EXPRESSION
Qu'importe à des malheureux dont on exprime la sueur, d'avoir pour oppresseurs les Romains ou les Perses ?, Bélis. ch. X dans EXPRIMER
Ce crime une fois extirpé, où seraient les maux domestiques qu'on attribue à la nature ?, Ess. bonh. Oeuvres, t. XVII, p. 221, dans POUGENS dans EXTIRPÉ, ÉE
Il n'y a point de si mauvais livre dont on ne puisse tirer de bonnes choses, disent tous les gens d'esprit et de goût ; il n'y a pas non plus de si bon livre dont on ne puisse faire un extrait malignement tourné, qui défigure l'ouvrage et l'avilisse, Élem. litt. Oeuv. t. VII, p. 347, dans POUGENS dans EXTRAIT
C'était sur l'âme de ce jeune homme que l'extrême vertu dans l'extrême malheur avait fait le plus d'impression, Bélisaire, ch. I dans EXTRÊME
La noblesse et la dignité sont les décences du théâtre héroïque ; leurs extrêmes sont l'emphase et la familiarité, Élém. litt. t. IV, p. 315, dans POUGENS dans EXTRÊME
La Fontaine est peut-être celui de tous les poëtes qui passe d'un extrême à l'autre avec le plus de justesse et de rapidité, Élém. litt. Oeuv. t. VII, p. 382, dans POUGENS dans EXTRÊME
En faveur de ses grandes beautés, on lui [à Homère] passa ses contes puérils, ses comparaisons exubérantes, ses harangues hors de saison...., Essai sur le goût, Oeuv. t. IV, p. 422, dans POUGENS. dans EXUBÉRANT, ANTE
Sensible à l'harmonie de ses beaux vers [de Quinault], charmé de l'élégante facilité de son style, je ne lisais jamais les belles scènes de Proserpine, de Thésée et d'Armide, qu'il ne me prît envie de faire un opéra, Mém. IV dans FACILITÉ
Nous n'eûmes ni lieu de nous plaindre, ni lieu de nous louer de notre façon d'être ensemble, Mém. IV dans FAÇON
La première opération de la faculté de théologie avait été d'extraire de mon livre les propositions condamnables, Mém. VII dans FACULTÉ
C'est la plus faiblement écrite de mes pièces de théâtre, mais la plus pathétique, Mém. IV dans FAIBLEMENT
Quelle folie que celle d'un jeune homme qui croit à la fidélité d'une femme déjà célèbre par ses faiblesses, et à qui l'attrait du plaisir a fait oublier la pudeur !, Mém. III dans FAIBLESSE
Avec nous demeuraient deux abbés gascons, aimables fainéants d'une gaieté intarissable, qui allaient courant le monde, Mém. III dans FAINÉANT, ANTE
Se délivrer, par la calomnie, du fardeau de la reconnaissance, Mém. x dans FARDEAU
En général, la fatuité des musiciens est de croire ne rien devoir à leur poëte ; et Grétry, avec de l'esprit, a eu cette sottise au suprême degré, Mém. IX dans FATUITÉ
Faux-fuyants pour éluder, détours pour donner le change, bons mots pour déconcerter le sérieux par la plaisanterie, Mém. XI dans FAUX-FUYANT
Voir quels étaient les faux-fuyants de la dépense, et en réformer les abus, Mém. XI dans FAUX-FUYANT
À présent dites-moi, reprit l'adroit jésuite, si c'est feinte ou mensonge ce que vous m'avez dit, qu'un curé de campagne a été votre maître, Mém. I dans FEINTE
Dès qu'il apprit que j'avais fait pour lui un aveu qu'il n'avait pas fait, il jeta feu et flamme, m'accusant de l'avoir trahi, Mém. VIII dans FEU
Dans une place fictive, dispensé d'être homme d'État, il n'avait eu à déployer que ses qualités naturelles, les agréments d'un homme du monde et les talents d'un homme de cour, Mém. XI dans FICTIF, IVE
Voici comment s'était noué le fil de ce petit roman, Mém. III dans FIL
Depuis la filature de l'or avec la soie jusqu'à la perfection des plus riches tissus, nous suivîmes rapidement toutes les opérations de l'art, Mém. VII dans FILATURE
Cette amante désolée qui vous a cru noyé, qui vous a fait chercher jusqu'aux filets de Saint-Cloud, et qui depuis a su que vous l'aviez trahie, Mém. III dans FILET
Hormis quelques mots fins qu'il [M. Necker] plaçait çà et là, personnage muet, il laissait à sa femme le soin de soutenir la conversation, Mém. X dans FIN, FINE
M. de la Popelinière n'était pas le plus riche des financiers, mais il en était le plus fastueux, Mém. IV dans FINANCIER
C'était la belle Desfourniels qui, pour la régularité, la délicatesse des traits et leur finesse inimitable, était le désespoir des plus habiles peintres, Mém. III dans FINESSE
Un flacon de vin de Tokai animait la fin du repas, Mém. IV dans FLACON
Thibouville à son tour parla, et en se flattant le menton de la main pour faire admirer sa turquoise, Mém. III dans FLATTER
Les réponses qu'elle y faisait, pleines d'esprit, de grâce et de délicatesse, flattaient son amour-propre [d'un homme] sans jamais flatter son amour, Mém. VIII dans FLATTER
J'ai su qu'elle avait exigé du médecin et de nos tantes de me flatter sur son état, et de ne m'en laisser aucune inquiétude, Mém. II dans FLATTER
Ma mère eut alors un courage au-dessus du mien ; car elle ne se flattait plus, et moi je me flattais encore, Mém. II dans FLATTER
Depuis quarante ans qu'elle [une liaison] dure, je puis la citer pour exemple d'une amitié que ni les années ni les événements n'ont fait varier ni fléchir, Mém. V dans FLÉCHIR
Une cuisse de chapon bouilli ruisselant de graisse et fondant, Mém. VI dans FONDANT, ANTE
On ne parlait que des grâces de son accueil [de Calonne, arrivé depuis peu au ministère] et des charmes de son langage ; ce fut pour peindre son caractère qu'on emprunta des arts l'expression de formes élégantes, Mém. XI dans FORME
Une liaison fortuite et passagère, sans autre cause que l'attrait du plaisir et de l'occasion, Mém. IV dans FORTUIT, ITE
Mot qui courut dans le monde et fit fortune, Mém. V dans FORTUNE
Je trouvais dans son jeu trop d'éclat, trop de fougue, pas assez de souplesse et de variété, Mém. V dans FOUGUE
À frais communs et à peu de frais, nous étions abonnés pour nos lectures avec un vieux libraire, Mém. I dans FRAIS
Alors, en fredonnant l'air qu'elle avait dansé, Mlle Navarre me demanda si je savais les paroles de cet air-là, Mém. III dans FREDONNER
Je me reprochais à moi-même d'être si frileux et si faible, Mém. I dans FRILEUX, EUSE
Mme de la Poplinière, avec une tête assez vive, était d'une extrême froideur, Mém. IV dans FROIDEUR
Il s'attendait à me trouver fort effrayé du décret que la Sorbonne allait fulminer contre moi, Mém. VIII dans FULMINER
Helvétius, préoccupé de son ambition de célébrité littéraire, nous arrivait la tête encore fumante de son travail de la matinée, Mém. VI dans FUMANT, ANTE
Des impressions funestes qu'il a faites sur les esprits par de spécieuses calomnies, Mém. X dans FUNESTE
Sans être naturellement gai, il s'animait de la gaieté des autres, Mém. VI dans GAI, GAIE
Une petite gaieté qu'il s'était permise au théâtre de Fontainebleau, en y tournant en ridicule, dans un prologue de sa façon, les gentilshommes de la chambre, les lui avait aliénés, Mém. VI dans GAIETÉ ou GAÎTÉ
Un jour qu'elle dînait chez lui en grand gala, et son fils avec elle, Mém. VI dans GALA
Nos galettes de sarrasin, humectées, toutes brûlantes, de ce bon beurre du Mont-Dore, étaient pour nous le plus friand régal, Mém. I dans GALETTE
Nous avions de la peine, Thiriot et moi, à ne pas éclater de rire, de voir Voltaire en chemise, gambadant de colère, et apostrophant le roi de Prusse, Mém. IV dans GAMBADER
Ainsi chez les Gascons, je débutai par une gasconnade ; mais elle m'était nécessaire, Mém. II dans GASCONNADE
C'était bien, comme on le disait, un vieil enfant gâté de la fortune, Mém. IV dans GÂTÉ, ÉE
Il me fut impossible de me traîner seul jusque-là ; mes genoux fléchissaient sous moi, il fallut que l'on me soutînt, Mém. III dans GENOU
J'ai su depuis que c'était le protocole de Monseigneur en parlant aux petites gens, Mém. VIII dans GENS
Le genre de ses poésies avait bien pu dans sa jeunesse lui mériter le surnom de gentil [gentil Bernard] ; mais il n'était rien moins que gentil quand je l'ai connu, Mém. VI dans GENTIL, ILLE
Figurez-vous avec cela, dans sa manière de conter et dans sa gesticulation, la gentillesse la plus naïve, Mém. VI dans GESTICULATION
Le soir nous mangions gaiement le gigot dur, en nous moquant des grandeurs humaines, Mém. VIII dans GIGOT
Une glande qu'elle avait au sein fut le foyer d'une humeur corrosive qui la dévora lentement, Mém. IV dans GLANDE
Je répliquai en appuyant sur l'estime, sur l'amitié, sur les louanges de sa fille ; je glissai sur le reste, Mém. III dans GLISSER
Mlle Duménil aimait le vin, elle avait coutume d'en boire un gobelet dans les entr'actes, mais avec assez d'eau pour ne pas s'enivrer, Mém. IV dans GOBELET
En contrefaisant cette manière d'opiner qui avait valu à d'Argental le nom de gobe-mouches, Mém. VI dans GOBE-MOUCHES
Le roi avait de la répugnance à se détacher de Calonne ; il goûtait son travail, Mém. XI dans GOÛTER
Dès nos premières entrevues, nous voir, nous goûter, nous chérir, désirer de nous voir encore, en fut l'effet simultané, Mém. X dans GOÛTER
C'est près de là qu'est située cette petite métairie de Saint-Thomas, où je lisais Virgile à l'ombre des arbres fleuris qui entouraient vos ruches d'abeilles, et où je faisais de leur miel des goûters si délicieux, Mém. I dans GOÛTER
Tous les ans son maître d'hôtel allait recueillir la mère goutte des meilleurs celliers de Bourgogne, Mém. v. dans GOUTTE
Quelle tombe ! ah ! monsieur, ils me l'ont mis sous une gouttière, lui qui depuis l'âge de raison n'avait pas bu un verre d'eau !, Mém. VI dans GOUTTIÈRE
On lui donnait pour dot sa place de gouverneur des pages qu'il cédait à son gendre, Mém. VIII dans GOUVERNEUR
En lui le plus petit grain d'humeur était comme un levain qui fermentait bien vite, et dont l'aigreur se communiquait à toute la masse de ses pensées, Mém. VIII dans GRAIN
Mme de Montulé avait dans l'esprit et dans le caractère ce grain d'honnête coquetterie qui, mêlé avec la décence, donne aux agréments d'une femme plus de vivacité, de brillant et d'attrait, ib. VII dans GRAIN
Les louanges qu'il [Voltaire] y donnait à mon ouvrage me consolèrent pleinement de ce que j'appelais l'injustice de l'Académie, dont le jugement ne pesait pas, disais-je, un grain dans la balance contre un suffrage tel que celui de Voltaire, Mém. X dans GRAIN
Le vicaire du Temple était venu lui administrer [à un malade hydropique] l'extrême-onction : ah ! monsieur l'abbé, lui dit-il, vous venez me graisser les bottes ; cela est inutile, car je m'en vais par eau, Mém. VI dans GRAISSER
Il avait vu en grand les moeurs des nations, leurs usages et leurs polices, Mém. VI dans GRAND, ANDE
Ce mince emploi, où mon beau-frère avait rétabli l'ordre, l'activité, l'exactitude, et qu'on lui avait permis de joindre à celui du grenier à sel, Mém. VII dans GRENIER
Tandis que les orages se formaient et se dissipaient au-dessous de l'entre-sol de Quesnai, il griffonnait ses axiomes et ses calculs d'économie rustique, Mém. v. dans GRIFFONNER
On sait qu'avec beaucoup de noblesse et de fierté dans l'âme, le maréchal de Saxe avait les moeurs grivoises, Mém. IV dans GRIVOIS
L'autre déploie sur celle des deux tables qui était vacante, un linge un peu grossier, mais blanc, Mém. VI dans GROSSIER, IÈRE
Ainsi dans presque aucun de ces groupes d'enfants l'oisiveté n'était soufferte, Mém. I dans GROUPE
Occupé comme l'araignée à tendre ses filets et à guetter l'instant d'y envelopper sa proie, Mém. X dans GUETTER
Deux poëtes de l'ancien opéra-comique, dont le génie était la gaieté, et qui n'étaient jamais si bien en verve que sous la treille de la guinguette, Mém. VI dans GUINGUETTE
J'avais d'abord fréquenté ce café Procope, le rendez-vous des habitués et des arbitres du parterre, Mém. IV dans HABITUÉ, ÉE
En sorte que Sémiramis éperdue et l'ombre de Ninus sortant du tombeau étaient obligées de traverser une épaisse haie de petits maîtres, Mém. IV dans HAIE
Ce malheureux Lefranc, qu'il [Voltaire] harcelait, son médecin lui ayant ordonné, disait-il, pour exercice, de courre une heure ou deux tous les matins le Pompignan, Mém. VII dans HARCELER
Mme Denis jouait Zaïre ! Mme Denis comparée à Clairon ! je tombai de mon haut, Mém. VII dans HAUT, AUTE
Quand il en fut à ces vers : Voltaire est à son couchant, Vous êtes à votre aurore ; il fit un haut-le-corps, et sauta de son lit bondissant de fureur, Mém. IV dans HAUT-LE-CORPS
En insérant dans le Mercure une héroïde de Colardeau, je fis sentir combien le style de ce jeune poëte approchait, par sa mélodie, sa pureté, sa grâce et sa noblesse, de la perfection de l'art, Mém. VI dans HÉROÏDE
Dans demi-heure, se dit par abréviation pour dans une demi-heure, Mém. V dans HEURE
Nous sommes trop heureux, me disait ma femme, il nous arrivera quelque malheur, Mém. X dans HEUREUX, EUSE
Dans l'asile voluptueux qu'il s'était fait, il nous reçut avec cette hilarité gasconne à laquelle contribuait l'aisance d'une fortune honnête, Mém. VII dans HILARITÉ
Peu de temps après, l'Académie perdit Duclos ; et, à sa mort, la place d'historiographe de France me fut donnée sans aucune sollicitation de ma part, Mém. IX dans HISTORIOGRAPHE
L'huile exprimée de nos noix encore fraîches avait une saveur, une odeur que nous préférions au goût et au parfum de celle de l'olive, Mém. I, p. 12 dans HUILE
En lui l'humeur gâtait tout, et cette humeur était quelquefois hérissée de rudesse et de brusquerie, Mém. V dans HUMEUR
Plus d'intérêt sans illusion, plus d'illusion sans vraisemblance, Mém. IV dans ILLUSION
Assez imbu de belles-lettres, parlant bien, écrivant d'un style pur, aisé, naturel et du meilleur goût, Mém. V dans IMBU, UE
De tous côtés on m'adressa de petits saluts imperceptibles, de doux sourires d'amitié, Mém. IV dans IMPERCEPTIBLE
L'ambition de Duclos était de se rendre important dans sa province de Bretagne, Mém. IV dans IMPORTANT, ANTE
Le plus libéral, le plus imprévoyant des hommes avait, pour ses véritables amis, le défaut de ne jamais vouloir écouter leurs avis sur l'article de sa dépense, Mém. IX dans IMPRÉVOYANT, ANTE
Une intrigue nette et facile à nouer et à dénouer ; des caractères simples ; des incidents qui naissent d'eux-mêmes ; des tableaux variés, Élém. litt. Oeuv. t. IX, p. 50, dans POUGENS dans INCIDENT
Dans mon changement, il est vrai, je ne lui étais pas infidèle, mais j'étais inconstant ; c'en était bien assez, Mém. I dans INCONSTANT, ANTE
Son caractère était doux et gai, plein de candeur, et d'une égalité parfaite, incorruptible dans ses moeurs, et toujours semblable à lui-même, Mém. V dans INCORRUPTIBLE
Un homme qui portait la règle et l'épargne dans les finances, un homme inflexible au crédit, incorruptible à la faveur, ib. XI dans INCORRUPTIBLE
Nous vîmes une collection de pierres grises qui, fendues par lits comme le talc, présentent les deux moitiés d'un poisson incrusté, dont la figure est très distincte, Mém. VII dans INCRUSTÉ, ÉE
Ô mes enfants, quelle maladie incurable que celle de l'ambition !, Mém. VIII dans INCURABLE
J'ai été indiscret, mais je ne serai point perfide, Mém. VI dans INDISCRET, ÈTE
Elle semblait se reposer sur sa beauté du soin de plaire, sans y contribuer d'ailleurs que par l'égalité d'un caractère aimable et par son indolence à se laisser aimer, Mém. IV dans INDOLENCE
Suard, naturellement indolent, aurait bien voulu de la fortune, mais sans qu'il lui en coutât sa liberté ni son repos, Mém. V dans INDOLENT, ENTE
Sa démarche était indolente ; mais dans la négligence de son maintien c'était un naturel plein de bienséance et de grâce, Mém. IV dans INDOLENT, ENTE
Cependant moi qu'environnaient les occasions de faillir, je n'étais rien moins qu'infaillible, Mém. IV dans INFAILLIBLE
Tout le monde savait que c'était à Diderot que s'adressait cette note infamante, et bien des gens croyaient qu'il l'avait méritée, Mém. VII dans INFAMANT, ANTE
Je m'aperçus qu'à l'exception d'une petite chambre sur le derrière, mon appartement était inhabitable pour un homme d'étude, à cause du bruit infernal des carrosses et des charrettes sur l'arcade du pont, Mém. X dans INFERNAL, LE
Ce jour-là donc, après notre initiation à l'état ecclésiastique, nous allâmes, conduits par nos trois directeurs, rendre nos devoirs à l'évêque, Mém. II dans INITIATION
Le comte de Broglio m'initia dans les mystères de ses négociations secrètes, Mém. IX dans INITIER
Il n'était pas aussi facile qu'on le croyait d'inquiéter l'auteur de Zaïre, d'Alzire, de Mérope et de Mahomet, Mém. III dans INQUIÉTER
Ce bien [qu'on disait de quelqu'un] était altéré par des insinuations adroites et perfides, Mém. XI dans INSINUATION
J'ai connu, me dit-il, une honorable dame qui confessait qu'un jour, après avoir crié à l'insolence, il lui était échappé enfin de dire : charmant insolent, Mém. VII dans INSOLENT, ENTE
Par ses relations avec les dilettanti, il se faisait passer en Italie et dans toute l'Europe pour l'inspirateur des beaux-arts, Mém. VI dans INSPIRATEUR, TRICE
Ah ! que je fus bien inspirée, Quand je vous reçus dans ma cour !, Didon, II, 3 dans INSPIRER
Ses sentiments les plus intimes et ses intérêts les plus chers, Mém. VII dans INTIME
Avant que le duc de Choiseul, son cousin [du comte de Praslin], eût donné l'importance de l'ambassade et du ministère à sa triste inutilité, Mémoires, III dans INUTILITÉ
Je me sentais invinciblement porté à le croire tel qu'il s'annonçait, Mém. X dans INVINCIBLEMENT
Que de faiblesse, de petitesse et de misère dans cette vivacité inquiète, ombrageuse, irascible et vindicative !, Mém. VIII dans IRASCIBLE
Le peu qu'on voit de son cou est blanc comme l'ivoire ; et ses bras ! ils en sont aussi, de cet ivoire, et ils sont faits au tour, Mém. II dans IVOIRE
Jamais la jalousie du talent n'avait inspiré plus de haine qu'à la belle Gaussin pour la jeune Clairon, Mém. III dans JALOUSIE
Un autre incident me jeta dans des sociétés nouvelles, Mém. IX dans JETER
Vernet, admirable dans l'art de peindre l'eau, l'air, la lumière et le jeu de ces éléments, Mém. VI dans JEU
À cette amabilité se joignait le plus grand sens, la plus rare prudence et la plus solide vertu, Mém. III dans JOINDRE
Si ce personnage d'amant malheureux n'eût duré que peu de temps, on l'aurait cru joué ; mais plus de quinze ans de suite il a été le même, Mém. V dans JOUÉ, ÉE
Vanté dans les journaux, dont il savait gagner ou payer la faveur, Mém. VII dans JOURNAL
Et moi, jeune et jovial encore, je puis dire qu'à ces soupers j'étais le héros de la table, Mém. III dans JOVIAL, ALE
Un air de jubilation se répandit sur son visage, Mém. III dans JUBILATION
Il m'en remboursa le montant [d'une note de dépenses] au plus juste, Mém. V dans JUSTE
Il jeta sur la table cet écu qu'il avait eu tant de peine à lâcher, Mém. IV dans LÂCHER
Il m'arriva une fois à Compiègne d'être six semaines au lait pour mon plaisir et en pleine santé ; jamais mon âme n'a été plus calme, plus paisible que durant ce régime, Mém. V dans LAIT
Il avait voulu la retirer de ce grand monde où elle était lancée, Mém. IV dans LANCÉ, ÉE
N'ayant guère que deux jours de la semaine à donner au léger travail de ma place, Mém. V dans LÉGER, ÈRE
Quel dommage qu'un caractère si séduisant fût si léger, et qu'avec tant de sincérité, de fidélité même dans ses amours, elle n'eût pas plus de constance !, Mém. III dans LÉGER, ÈRE
J'y pris la même part que si j'eusse été un des leurs, Mém. X dans LEUR
Sensible à l'amitié, il la cultivait avec soin, mais il la voulait modérée ; il en chérissait les liens, il en aurait redouté la chaîne, Mém. X dans LIEN
Nous n'étions plus menés et retenus à la lisière comme chez Mme Geoffrin, Mém. VII dans LISIÈRE
Son logement [de d'Alembert] chez la vitrière était une petite chambre mal éclairée, mal aérée, avec un lit à tombeau très étroit, Mém. VII dans LIT
Le comte de Maillebois me livra tous les papiers de son père et les siens, Mém. IX dans LIVRER
J'avais du goût pour la sagesse avec les sages, mais je me livrais volontiers à la folie avec les fous, Mém. IV dans LIVRER
C'est ainsi que, durant dix ans que j'ai été son locataire, sans lui inspirer une amitié bien tendre, je n'ai jamais perdu son estime ni ses bontés, Mém. VI dans LOCATAIRE
En ce temps-là l'auteur d'une pièce nouvelle avait pour lui et pour ses amis une petite loge grillée aux troisièmes sur l'avant-scène, Mém. III dans LOGE
Un beau logement au Louvre, que lui fit donner le comte d'Angiviller, son ami et le mien, Mém. VII dans LOGEMENT
[Anciennement dans les théâtres] le lieu de la scène était resserré par une foule de spectateurs, les uns assis sur des gradins, les autres debout au fond du théâtre et le long des coulisses, Mém. IV dans LONG, ONGUE
Sa vie entière fut une lutte, et il fut infatigable, Mém. X dans LUTTE
Un oeil de lynx pour saisir le faible ou le ridicule des hommes, Mém. XI dans LYNX
Pour le B, la lèvre supérieure prend son appui au-dessous de l'inférieure ; et pour l'M les deux lèvres, d'un mouvement égal, ne font que s'unir et se détacher, Élém. litt. Oeuv. t. VIII, p. 504, dans POUGENS dans M
La magistrature est encore parmi nous l'ordre de la société où les moeurs sont les plus sévères, Élém. hist. Oeuv. t. VII, p. 152, dans POUGENS dans MAGISTRATURE
Ils ont dit que le mien serait assez beau, si.... ; que celui de Denis serait assez bien ; mais.... eh ! bien, si, mais ?, Mém. III dans MAIS
Elle n'ignorait pas que, dès l'âge de dix-neuf ans, il avait, selon le bel usage, une petite maison et une jolie maîtresse, Contes mor. École des pères. dans MAISON
Elle tenait habituellement la maison à Versailles, Mém. V dans MAISON
On a pris pour de la majesté la pesanteur des vers qui se tiennent comme enchaînés deux à deux, et qui se retardent l'un l'autre ; mais la majesté consiste dans le nombre, le coloris, l'éclat et la pompe du style, Élém. litt. Oeuv. t. X, p. 467, dans POUGENS dans MAJESTÉ
C'est une idée assez heureuse pour exprimer la crainte des maux d'imagination que l'allégorie d'un enfant qui souffle en l'air des boules de savon, et qui, s'effrayant de leur chute, inspire la même frayeur à une foule d'autres enfants, sur qui ces boules vont retomber, Élém. de litt. Oeuvr. t. V, p. 129. dans POUGENS dans MAL, ALE
Elle feignit un mal de tête ; et l'on sait qu'un mal de tête, pour une jolie femme, est une manière civile de congédier les importuns, Cont. mor. Heur. div. dans MAL, ALE
La louange la plus flatteuse pour une jolie femme, c'est le mal qu'on lui dit de ses rivales, Cont. mor. 4 flac. dans MAL, ALE
Les climats froids produiront des hommes moins ardents que d'autres, mais plus laborieux, plus actifs, plus vigoureux par leur complexion, plus entreprenants par l'impulsion du malaise, Élém. litt. Oeuv. t. VIII, p. 382, dans POUGENS dans MALAISE
Le voilà fou, dit mon père à ma mère, si vous ne lui faites pas quitter ce malheureux latin ; et l'étude fut suspendue, Mém. I dans MALHEUREUX, EUSE
Ah ! le malheureux ! me répond le portier, il est au For l'Évêque, il nous a escroqué à tous le peu d'argent que nous avions, Mém. III dans MALHEUREUX, EUSE
Sa malice fut plus légère, plus piquante, plus féconde en idées originales et plaisantes qu'elle n'avait jamais été, Mém. VII dans MALICE
De la faiblesse sans bonté, de la malice sans noirceur, des ressentiments sans colère, l'insouciance d'un avenir qui ne devait pas être le sien, ib. XI dans MALICE
Qu'il ne leur est permis de se montrer sensibles qu'avec délicatesse, instruites qu'avec modestie, passionnées qu'avec pudeur, malicieuses qu'avec l'air d'un badinage innocent et léger, Élém. litt. Oeuv. t. VII, p. 406, dans POUGENS dans MALICIEUX, EUSE
Comme, pour manier avec grâce un style naïf, il faut être naïf soi-même, Élém. hist. Oeuvres, t. VIII, p. 334, dans POUGENS dans MANIER
De la tournure habituelle de son esprit comme des affections habituelles de son âme, résulte encore, dans le style de l'écrivain, un caractère particulier que nous appelons sa manière ; et celle-ci lui est naturelle, Élém. litt. Oeuv. t. X, p. 255, dans POUGENS dans MANIÈRE
Les Mondes de Fontenelle sont un modèle dans ce genre ; il y a peut-être un peu de manière ; mais cette manière ingénieuse n'est ni celle de Pluche ni celle de Bouhours, Élém. de litt. T. VI, p. 476 dans MANIÈRE
Son secret [de Pascal] fut d'éviter toute manière, et de donner toujours la préférence à l'expression la plus simple et au tour le plus naturel, ib. t. X, p. 266 dans MANIÈRE
Lamotte était moins étudié que Fontenelle dans sa prose ; mais, dans ses fables, toutes les fois qu'il a voulu être naïf, il a été maniéré, Élém. de litt. Oeuv. t. V, p. 92, dans POUGENS dans MANIÉRÉ, ÉE
Les finesses du langage de Racine n'ont jamais rien de maniéré ni d'affecté : c'est la grâce unie à la noblesse ; c'est la plus élégante facilité, ib. t. VII, p. 464 dans MANIÉRÉ, ÉE
La partie est arrangée ; et certainement je n'y manquerai pas. - Pardonnez-moi, madame, vous y manquerez, pour ne pas vous manquer à vous-mêmes, Cont. mor. Bon mari dans MANQUER
À chacune de mes réponses le major écrivait avec un visage de marbre, Mém. VI dans MARBRE
Je vis entrer chez moi Genson, le maréchal des écuries de la Dauphine, Mém. V dans MARÉCHAL
Un petit plat d'artichauts frits en marinade, Mém. VI dans MARINADE
Dans presque tous les genres, des ouvrages du meilleur ton et du meilleur esprit, voilà ce qui marquera notre siècle ; et je n'en ai pas dit assez, Ess. sur le goût, Oeuv. t. IV, p. 429, dans POUGENS. dans MARQUER
Cette traduction [des Géorgiques, par Lefranc de Pompignan], si péniblement travaillée, en vers durs, raboteux, martelés, sans couleur et sans harmonie, Mém. VII dans MARTELÉ, ÉE
Métastase n'a presque point d'airs dont les deux parties ne se reposent sur un vers masculin, Élém. litt. Oeuv. t. VIII, p. 460, dans POUGENS dans MASCULIN, INE
Le peintre Vernet, sur un vaisseau battu d'une horrible tempête, s'étant fait attacher au mât, et tout occupé à dessiner le mouvement des vagues, leurs replis, leur écume et les feux de la foudre, Élém. litt. Oeuv. t. VII, p. 206, dans POUGENS dans MÂT
À dîner l'on nous donnait de somptueuses matelotes, et pour fruits d'excellents raisins, Mém. X dans MATELOTE
Il revint à Londres, mais languissant, abattu, au point d'en être méconnaissable, Cont. mor. Amitié à l'épr. dans MÉCONNAISSABLE
Cicéron observe que chaque voix a son médium, et que c'est dans ce ton moyen que l'orateur doit commencer, pour s'élever ensuite ou s'abaisser selon que le demandent l'accent de la nature et celui de la langue, Élém. de litt. t. VI, p. 266, dans POUGENS dans MÉDIUM
La musique s'est proposé de peindre ; l'oreille lui a demandé l'harmonie, la mesure et le mouvement ; la musique a obéi à l'oreille : d'où la mélopée, Élém. de litt. t. VI, p. 299, dans POUGENS dans MÉLOPÉE
La première place entre les mémoires expressément écrits pour servir à l'histoire me semble due à ceux de Commines, pour leur solidité, leur ingénuité et leur vérité lumineuse, Élém. litt. Oeuv. t. VIII, p. 345, dans POUGENS dans MÉMOIRE
Celle-ci [l'histoire] n'a jamais d'intérêt que de faire connaître l'homme public, et les événements l'exposent ; au lieu que des mémoires nous décèlent l'homme privé, et ne font qu'effleurer les actions publiques, ib. t. IX, p. 467 dans MÉMOIRE
Les Mémoires de Torcy, comme leçons de politique, ne sont guère moins intéressants que les Mémoires de Sully, comme leçons d'économie, ib. t. VIII, p. 349 dans MÉMOIRE
Je me rappelai ce que disent les sages, que l'amitié fait plus de bons ménages que l'amour, Mém. X dans MENAGE
M. Rousseau demande jusqu'où peuvent aller les ménagements d'un homme vrai ? je lui réponds : exclusivement jusqu'à l'équivoque, Apolog. théât. Oeuv. t. XVI, p. 423, dans POUGENS dans MÉNAGEMENT
Il ménageait toutes les faiblesses, il n'en avait aucune, Mém. X dans MÉNAGER
Il a passé l'âge où l'on se corrige ; il n'y a donc plus qu'à le ménager, Cont. mor. Connaiss. dans MÉNAGER
Au milieu d'eux une femme d'un esprit et d'un sens profond, mais qui, enveloppée dans son extérieur de bonhomie et de simplicité, avait plutôt l'air de la ménagère que de la maîtresse de la maison, Mém. IV dans MÉNAGER, ÈRE
Le point le plus essentiel dans l'art de mener les esprits, c'est de leur cacher qu'on les mène, Cont. mor. Fem. com. peu. dans MENER
Il y a vingt ans que je n'ai lu que la liste de mes vins et le menu de mon soupé, Cont. mor. Philos. soi-dis. dans MENU, UE
Les talents n'ont ni fleurs ni fruits dont le Mercure ne se couronne ; littéraire, civil et politique, il extrait, il recueille, il annonce, il embrasse toutes les productions du génie et du goût, Mém. VI dans MERCURE
Le merveilleux naturel est pris, si je l'ose dire, sur la dernière limite des possibles.... le merveilleux surnaturel est l'entremise des êtres qui, n'étant pas soumis aux lois de la nature, y produisent des accidents au-dessus de ses forces, ou indépendants de ses lois, Élém. litt. Oeuvr. t. VIII, p. 363, dans POUGENS dans MERVEILLEUX, EUSE
Je trouvai dans son salon Mme de Marchais, à qui de point en point je contai ma mésaventure, Mém. V dans MÉSAVENTURE
Quelle est cette mésintelligence entre le coeur et la raison, qui fait que l'on chérit encore ce que l'on cesse d'estimer ?, Cont. mor. Bon. mère. dans MÉSINTELLIGENCE
Les vers de mesure inégale, bien assortis dans les poésies familières, en font l'harmonie et le charme, Élém. litt. Oeuv. t. X, p. 469, dans POUGENS dans MESURE
Le goût des convenances, l'à-propos, la mesure, le mot propre à la chose, au moment et à la personne, Mém. V dans MESURE
Toutes ces honteuses métamorphoses de l'ambition et de l'intérêt, qui donneront toujours assez d'exercice à l'éloquence, Élém. de litt. t. VI, p. 72, dans POUGENS dans MÉTAMORPHOSE
Qu'on ne confonde pas l'esprit métaphysique avec l'esprit philosophique, Élém. litt. Oeuv. t. III, p. 439, dans POUGENS dans MÉTAPHYSIQUE
Dans le conte charmant des Trois manières, le même poëte [Voltaire] a employé avec choix trois mètres différents, et analogues aux caractères des personnages et des sujets, Élém. de litt. Oeuv. t. V, p. 119, dans POUGENS dans MÈTRE
Que, si elle m'avait nommé, il m'aurait mis volontiers sur la liste qu'il avait présentée au roi, Mém. V dans METTRE
Je me mis en prière, dernier recours des malheureux, Mém. I dans METTRE
La duchesse de Luxembourg donna le tort à sa vieille amie, et fit présent d'un meuble complet à Mlle l'Espinasse dans le logement qu'elle prit, Mém. VII dans MEUBLE
Pour valoir aux yeux de Mme Geoffrin ce qu'on valait réellement, il fallait avec elle savoir tenir un certain milieu entre la négligence et l'assiduité, Mém. VI dans MILIEU
Ah ! monsieur, me dit-il, ma santé est bien misérable, et il entra dans le détail de ses maux de nerfs...., Mém. VIII dans MISÉRABLE
Son âme, active au delà de toute expression, donnait aux traits de sa physionomie une mobilité éblouissante et ravissante, Mém. V dans MOBILITÉ
Ce qui me ravissait en elles, c'étaient les grâces de leur esprit, la mobilité de leur imagination, le tour facile de leurs idées et de leur langage, Mém VII dans MOBILITÉ
Je le louais avec franchise et souvent même avec transport ; mais je ne lui dissimulais pas que j'aurais voulu dans son style plus de modulation, moins de monotonie, Mém, X dans MODULATION
Ce fut surtout de cette mollesse de conscience que me guérit mon nouvel état, Mém. X dans MOLLESSE
D'autres amis plus fermes, plus jaloux de mon honneur philosophique, m'exhortaient à ne pas mollir, Mém. VIII dans MOLLIR
Un système de perfection qui n'était pas de ce monde et n'existait que dans les livres, Mém. X dans MONDE
Le plus grand monde était de ses soupers et de ses fêtes, Mém. IV dans MONDE
Si bien assortis que, lorsqu'ils étaient là, ils s'y trouvaient en harmonie comme les cordes d'un instrument monté par une habile main, Mém. VII dans MONTÉ, ÉE
Quand le prix du blé montera progressivement, disait Necker, sans doute il réglera le prix de l'industrie et de tous les salaires, Mém. XI dans MONTER
L'oeil moqueur de la critique, Mém. VII dans MOQUEUR, EUSE
Je n'aime pas les moraliseurs, les Hommes à la mode, I, 3 dans MORALISEUR
Les morceaux de littérature que j'y lisais n'avaient rien de brillant, mais n'avaient rien d'ambitieux, Mém. X dans MORCEAU
Il manquait d'intelligence et d'instruction, au point qu'il fallut lui expliquer son rôle en langage vulgaire et le lui montrer mot à mot comme à un enfant, Mém. III dans MOT
On sait comment il opinait : des demi-mots, des réticences, des phrases indécises ; du vague et de l'obscurité, ce fut tout ce que j'en tirai, Mém. III dans MOT
Le mouillé faible de l'l, exprimé par ce caractère y, et dont nous avons fait une voyelle, parce qu'il est consonne vocale, est la plus délicate de toutes ses articulations, Elém. litt. Oeuv. t. VIII, p. 38, dans POUGENS dans MOUILLÉ, ÉE
Vingt ans d'étude et de méditation dans le silence et la retraite ont amassé, mûri et fécondé ses connaissances ; et moi je répands mes idées lorsque à peine elles sont écloses, Mém. IV dans MÛRIR
Un murmure plaintif, un mélange de voix gémissantes se fait entendre, Mém. I dans MURMURE
Soit que j'eusse perdu la naïve confiance du premier âge, Mém. VII dans NAÏF, IVE
Ce fut là que prit naissance cette amitié durable qui a vieilli avec nous, Mém. III dans NAISSANCE
L'idée en naissant cherche le mot qui doit la rendre, et, s'il lui manque, elle s'éteint, Oeuvres, t. X, p. 282, dans POUGENS dans NAÎTRE
Si l'ingénuité se caractérise par des traits qu'on aurait en soi-même intérêt à déguiser et qui nous donne quelque avantage sur celui auquel ils échappent, on la nomme naïveté ou ingénuité naïve, Éléments litt. Oeuvres, t. VII, p. 372, dans POUGENS. dans NAÏVETÉ
Le son nasal, de sa nature, ressemble au retentissement du métal, Élém. littér. Oeuv. t. VIII, p. 502, dans POUGENS dans NASAL, ALE
Oh ! très curieuses, et qui vous feront grand plaisir, répondit Thiriot avec son rire sardonique et son nasillement de capucin, Mém. IV dans NASILLEMENT
La nature n'est point avare, la nature n'est point prodigue, la nature ne s'épuise point : ce sont des mots vides de sens, Élém. litt. Oeuv. t. IX, p. 298, dans POUGENS dans NATURE
Les dieux d'Homère sont des hommes plus grands et plus forts que nature, soit au physique, soit au moral, Élém. litt. Oeuv. t. VIII, p. 371, dans POUGENS dans NATURE
Comment faire parler naturellement un villageois, un homme du peuple, sans blesser la délicatesse d'un homme poli, cultivé ?, Élém. litt. Oeuv. t. VII, p. 91, dans POUGENS dans NATURELLEMENT
Nécessité l'ingénieuse me conseilla de me ménager cette occasion d'être connu des Sulpiciens et de mon évêque, Mém. II dans NÉCESSITÉ
L'intrigue, l'ambition, l'envie, et toutes les passions qu'engendrent l'intérêt servile et le luxe nécessiteux, Mém. V dans NÉCESSITEUX, EUSE
Lucile fut un peu surprise de voir paraître en négligé un homme qu'elle connaissait à peine, Contes moraux, Heur. div. dans NÉGLIGÉ, ÉE
Cicéron, à qui l'on reprochait d'être flatteur et de manquer de nerf, n'était que ce qu'il fallait être pour persuader les Romains, Élém. de litt. t. VI, p. 384, dans POUGENS dans NERF
Une netteté dans les idées, une finesse, une justesse, une rapidité dont on était surpris, Mém. V dans NETTETÉ
Une âme neuve, ingénue et sensible, Mém. XI dans NEUF, EUVE
Avec les gens de lettres, elle était au pair des plus ingénieux et au niveau des plus instruits, Mém. V dans NIVEAU
Quelle est donc la marque infaillible pour savoir si, dans les anciens, un tour, une image, une comparaison, un mot est noble ou ne l'est pas ?, Élém. litt. Oeuv. t. VIII, p. 506, dans POUGENS dans NOBLE
La noblesse des termes est indépendante de l'idée ; c'est l'usage qui la donne ou qui la refuse à son gré, Oeuvr. t. VI, p. 185 dans NOBLESSE
Mais, reprit-elle, il serait peu convenable que le roi parût d'un jour à l'autre passer du noir au blanc, Mém. VI dans NOIR, OIRE
Le nom de cette aimable personne était Gaucher ; son nom d'enfance et de caresse était Lolote, Mém. IV dans NOM
Dans l'éloquence du barreau, cette recherche curieuse et continuelle du nombre serait nuisible à l'éloquence ; il ne doit ni en être exclus, ni trop y dominer, surtout dans les endroits pathétiques, Élém. litt. Oeuv. t. VIII, p. 526, dans POUGENS dans NOMBRE
Ma famille est pauvre et nombreuse ; je lui ai déjà trop coûté, Mém. I dans NOMBREUX, EUSE
Quoi, si je vous faisais voir quelque envie d'être aimée... ?- Vous le seriez à point nommé, Cont. mor. Quatre flacons. dans NOMMÉ, ÉE
Je regrette dans le sénat, dit le héros, non ce qu'il a été, mais ce qu'il pouvait être, Bélis. ch. 12 dans NON
Il demanda au roi une assemblée de notables, où il exposerait la situation des finances, afin d'aviser avec elle aux moyens de remplir le vide qu'il y avait trouvé, Mém. XI dans NOTABLE
Les notables étaient au nombre de ceux qu'allaient frapper les nouvelles impositions ; et c'est à quoi, bien malheureusement pour eux et pour l'État, ils n'avaient jamais pu consentir, ib. dans NOTABLE
Les notes de Voltaire sur les tragédies de Corneille sont les oracles du bon goût et les plus précieuses leçons de l'art pour les poëtes dramatiques, Élém. litt. Oeuv. t. IX, p. 435, dans POUGENS dans NOTE
S'il [Voltaire] n'avait pas, disait-il, une action dramatique à nouer et à dénouer, il avait dans le czar un très grand caractère à peindre, Mém. X dans NOUER
La mémoire est la nourrice du génie ; pour peindre le malheur, il n'est pas besoin d'être malheureux, mais il est bon de l'avoir été, Élém. litt. Oeuvr. t. VII, p. 116, dans POUGENS dans NOURRICE
Dire nous, quoiqu'on ne soit qu'un, lorsque celui qui parle est un souverain ou une personne constituée en dignité, et qu'elle fait un acte solennel de sa volonté ou de son autorité : usage qui, je crois, prit naissance chez les empereurs romains, lorsqu'ils faisaient semblant de prendre conseil du sénat, et d'exprimer dans leurs édits une volonté collective, Élém. litt. Oeuv. t. X, p. 365, dans POUGENS dans NOUS
Je demande pourquoi, dans un écrit qui est l'ouvrage d'un seul homme, l'auteur, en parlant de lui-même, se croit obligé de dire nous, Élém. litt. Oeuv. t. X, p. 371 dans NOUS
Les nouveautés ont ce désavantage qu'on y va moins en spectateur qu'en critique, Élem. litt. Oeuv. t. X, p. 42, dans POUGENS dans NOUVEAUTÉ
Cette mort, le laissant noyé de dettes, sans ressources et sans espérance, il prit, je crois, la résolution de se délivrer de la vie, Mém. IX dans NOYÉ, ÉE
C'est peu d'avoir étudié dans l'homme moral ce que les peintres appellent le nu ; il faut s'instruire des différents modes que l'institution a pu donner à la nature, selon les lieux et les temps, Oeuv. t. VIII, p. 385 dans NU, NUE
Ces secrets du penchant retenus et trahis par la tendresse du sourire, par l'éclair échappé d'un timide regard, mille nuances fugitives dans l'expression des yeux et des traits du visage sont l'éloquence de la beauté, Élém. de litt. Oeuvres, t. V, p. 339, dans POUGENS dans NUANCE
Les nuances les plus fines dans l'expression, Mém. V dans NUANCE
Dans l'École des femmes, l'imbécillité d'Alain et de Georgette, si bien nuancée avec l'ingénuité d'Agnès, Élém. de litt. t. VI, p, 180 dans NUANCÉ, ÉE
À ce bruit répandu avec l'affectation d'une malveillance marquée, je m'aperçus que j'avais des ennemis ; je fus même averti que j'en avais une nuée, Mém. IV dans NUÉE
Qu'on ne dise plus que les grands objets manquent à l'éloquence, mais bien plutôt que l'éloquence manque le plus souvent aux grands objets qui la demandent, qui l'appellent, qui l'invoquent de toutes parts, Élém. litt. Oeuv. t. X, p. 107, dans POUGENS dans OBJET
Le reproche, l'objurgation, la honte, la vue de l'opprobre...., Élém. litt. Oeuvr. t. IX, p. 205, dans POUGENS dans OBJURGATION
On ne parlait que des grâces de son accueil et des charmes de son langage [de M. de Calonne, avant son ministère] ; ce fut pour peindre son caractère qu'on emprunta des arts l'expression des formes élégantes ; et l'obligeance, ce mot nouveau, parut être inventé pour lui, Mém. XI dans OBLIGEANCE
Agathe avait quelquefois daigné lever les yeux sur lui, et ses yeux semblaient lui dire les choses du monde les plus obligeantes, Contes moraux, Connaiss. dans OBLIGEANT, ANTE,
Que le poëte se ménage avec soin des passages du clair à l'obscur, du gracieux au terrible ; mais que cette variété soit harmonieuse, et qu'elle ne prenne jamais rien sur l'analogie du lieu de la scène avec l'action qui doit s'y passer, Élém. de litt. t. VI, p. 457, dans POUGENS dans OBSCUR, URE
Jamais l'envie n'a obscurci dans mes écrits la justice et la vérité, Mém. X dans OBSCURCIR
Réflexions tristes et sombres dont, avant moi, des malheureux avaient été sans doute obsédés dans cette prison [la Bastille], Mém. VI dans OBSÉDER
Il demande un esprit juste et pénétrant, un oeil observateur, une imagination vive, une sensibilité profonde, Oeuv. t. VII, p. 33 dans OBSERVATEUR, TRICE
Au moyen de ce petit casuel et du prix de l'Académie que j'eus le bonheur d'obtenir, nous arrivâmes à l'automne, Mém. III dans OBTENIR
L'occasion est un attrait ; mais, si l'occasion ne venait pas au-devant de lui, il irait bientôt au-devant d'elle, Apolog. théât. Oeuv. t. XVI, p. 450, dans POUGENS dans OCCASION
Oisif se disait de la personne, ocieux de la situation : pourquoi l'avoir abandonné ?, Oeuv. t. X, p. 432 dans OCIEUX, EUSE
L'oeil est le sens de la beauté physique, et l'oreille est par excellence le sens de la beauté intellectuelle et morale, Élém. de litt. Oeuv. t. V, p. 329, dans POUGENS dans OEIL
Un même caractère a aussi ses traits d'ombre et de lumière qui s'embellissent par leur mélange, Élém. litt. Oeuv. t. VII, p. 427, dans POUGENS dans OMBRE
Nous mangerons un ombre-chevalier, et nous entendrons M. de l'Écluse, Mém. VII dans OMBRE
S'attrister est bien fou.... On est plus jolie à présent, Et d'un minois plus séduisant On a les piquantes finesses, Mél. de litt. Rép. à Voltaire. dans ON
On espérait le lendemain qu'il viendrait de bonne heure et avant la foule : on l'attendit, on fut inquiète ; il ne vint point, on eut de l'humeur ; il écrivit, on lut son billet et l'humeur cessa, Cont. mor. Heureux div. dans ON
Et que trouvez-vous donc de si extravagant à vouloir régner avec vous ? est-on faite de manière à déparer un trône ?, Contes mor. Soliman II dans ON
De là cette éloquence onctueuse et insinuante de Massillon qui entraîne moins qu'elle n'attire, Élém. de litt. t. VI, p. 46 dans ONCTUEUX, EUSE
Des noeuds de leur ceinture placée au-dessous du sein, elles faisaient naître les ondes d'une draperie élégante, Cont. mor. Mariag. Samn. dans ONDE
Il est bien vrai aussi qu'après s'être rapproché du ton de la conversation, l'orateur et le poëte doivent se relever ; mais c'est en cela que consistent ces belles ondulations du style qui, comme je l'ai dit, lui donnent de la souplesse, de la variété et du naturel, sans en dégrader la majesté, Élém. litt. Oeuv. t. VII, p. 408, dans POUGENS dans ONDULATION
Je puis dire qu'en relevant le caractère de l'opéra comique, j'en créais un genre nouveau, Mém. IX dans OPÉRA
Celui qui fait dépendre sa conduite de l'opinion, n'est jamais sûr de lui-même, Bélis. VII dans OPINION
Instabilité devait-il être plus heureux qu'instable ? et importun plus heureux qu'opportun ?, Elém. litt. Oeuvr. t. X, p. 433, dans POUGENS dans OPPORTUN, UNE
Souvent opposés d'opinions, toujours d'accord de sentiments et de principes, et pleins d'estime l'un pour l'autre, Mém. IX dans OPPOSÉ, ÉE
On aime surtout à voir dans les vieillards les vertus opposées aux défauts qu'on leur attribue, Élém. litt. Oeuv. t. VIII, p. 420, dans POUGENS dans OPPOSÉ, ÉE
Le comique français, dont le théâtre anglais s'est enrichi, autant que l'opposition des moeurs a pu le permettre, Élém. de littér. t. VI, p. 160, dans POUGENS dans OPPOSITION
La manière grande et tragique dont il en conçut l'action, la couleur sombre, orageuse et terrible qu'il y répandit, Mém. IV dans ORAGEUX, EUSE
L'impression que font sur les âmes de grands exemples retracés avec une vive éloquence, sont les principes d'utilité sur lesquels a été fondé dans tous les temps l'usage des oraisons funèbres : il fut institué chez les Grecs par Solon, chez les Romains par Valérius Publicola, Élém. litt. Oeuv. t. IX, p. 114 dans ORAISON
Tout ce qui dans la description oratoire n'intéresse que l'imagination, est superflu et vicieux ; un modèle de ce genre est la description du supplice de Gavius dans la cinquième des Verrines, Élém. litt. t. VI, p. 459, dans POUGENS dans ORATOIRE
Ces drames sont en petit ce que sont en grand, sur nos théâtres, Athalie, Esther et Jephté ; on les appelle oratorio ; et Métastase en a donné des modèles admirables, dont le plus célèbre est, avec raison, le Sacrifice d'Abraham, Élém. litt. Oeuv. t. VI, p. 200, dans POUGENS dans ORATORIO
Les événements particuliers dont la rencontre semble ordonnée par une puissance supérieure, Élém. litt. Oeuvr. t. VIII, p. 364 dans ORDONNÉ, ÉE
La raison est l'organe du vrai, le goût est l'organe du beau, Oeuvr. t. X, p. 28 dans ORGANE
Il en est de l'historien et de l'orateur comme du poëte : éclairés et vertueux, ce sont les organes de la justice, les flambeaux de la vérité ; passionnés et corrompus, ce ne sont plus que les courtisans de la prospérité, les vils adulateurs du crime, Fragm. philos. mor. gloire. dans ORGANE
C'était là que Galiani était quelquefois étonnant par l'originalité de ses idées, Mém. VII dans ORIGINALITÉ
Il y a bon moyen pour cela : c'est de jeter tous les deux aux orties, vous ce rabat, elle ce collet rond, Mém. II dans ORTIE
Les révolutions de l'âme, ou ses oscillations d'un mouvement à l'autre, peuvent être naturellement redoublées, et par conséquent le retour de la première partie de l'air [en musique] peut avoir lieu plus d'une fois, Élém. de litt. Oeuv. t. V, p. 97, dans POUGENS dans OSCILLATION
D'où tirez-vous cette conséquence ? D'où vous est-il connu, demanda Bélisaire attendri ?, Bélis. ch. 2 dans OU
Ils s'oublient quelquefois chez Mlle l'Espinasse, Mém. VII dans OUBLIER
Le bonhomme Panard, aussi insouciant que son ami, aussi oublieux du passé et négligent de l'avenir, Mém. VI dans OUBLIEUX, EUSE
Vous y verrez avec quel artifice il a ourdi sa calomnie, Mém. VIII dans OURDIR
Cette manière ouverte d'exposer ses opérations et la situation de ses affaires a sans doute ses avantages, Mém. XI dans OUVERT, ERTE
Il est certain que pour un jeune ecclésiastique qui, avec beaucoup d'ambition, aurait eu assez de talent, il s'ouvrait devant moi une belle carrière, Mém. II dans OUVRIR
Ce n'est que dans l'espérance et en faveur du chant, que nous consentons qu'on altère la déclamation naturelle : c'est là le pacte du théâtre lyrique, Oeuv. t. X, p. 18 dans PACTE
Un petit filet du Pactole suffit à notre ambition, Mém. II dans PACTOLE
Aussi a-t-il écrit de belles pages, comme il disait lui-même, mais il n'a jamais fait un livre, Mém. VII dans PAGE
La Bruyère s'est amusé à écrire une page dans le style de Montaigne ; et il l'a très bien imité, Élém. litt. Oeuv. t. IX, p. 188, dans POUGENS dans PAGE
Et que ne fait-on pas des hommes avec de l'honneur et du pain !, Bélis. ch. 14 dans PAIN
Dès lors il ne fut plus question du choeur en intermède, jusqu'à l'Athalie de Racine, pièce unique dans son genre et absolument hors de pair, Élém. de litt. t. VI, p. 125 dans PAIR, AIRE
Ce n'étaient plus de pâles étincelles d'un feu mourant, Mém. III dans PÂLE
Je crains bien moins ceux qui rougissent que ceux qui pâlissent, disait César ; celui qui aura rougi de colère sera véhément dans sa narration ; celui qui aura pâli d'horreur, sera terrible dans ses peintures, Élém. litt. Oeuv. t. VIII, p. 362, dans POUGENS dans PÂLIR
Personne dans le monde ne veut pâlir sur des calculs, Mém. XI dans PÂLIR
Le mauvais état des finances n'est pas un mal qui se laisse longtemps pallier et dissimuler, Mém. XI dans PALLIER
C'était l'Électre de Crébillon ; au lieu du panier ridicule et de l'ample robe de deuil qu'on lui avait vus dans ce rôle, elle [Mlle Clairon] y parut en simple habit d'esclave, Mém. v. dans PANIER
La pantomime est un canevas que chaque spectateur remplit dans sa pensée, Oeuv. t. v, p. 76 dans PANTOMIME
En entrant dans son cabinet, je le trouvai glorieux comme un paon, plus joufflu que jamais, Mém. V dans PAON
Un mélange continuel le couleurs tranchantes fatigue l'imagination comme les yeux ; l'art d'éviter ce papillotage est d'observer les gradations, et, par des nuances légères, de joindre l'harmonie à la variété, Élém. de litt. Oeuv. t. VI, p. 97 dans PAPILLOTAGE
Elle jeta les yeux sur sa vie passée, et n'y vit que le papillotage de mille vaines occupations, Cont. mor. Fem. comme il y en a peu. dans PAPILLOTAGE
Dans le genre oratoire, il faut se souvenir que rien ne frappe la multitude que les grandes masses : les détails multipliés papillotent aux yeux de l'esprit, se confondent dans la mémoire, et ne font sur l'âme que des impressions légères et fugitives comme eux, Oeuv. t. VII, p. 22 dans PAPILLOTER
Vous êtes sensible ? oui, sensible par-ci par-là ; mais en un moment cela me passe, Contes moraux, Quatre flac. dans PAR
Comme depuis mille ans les vérités nouvelles et fécondes sont infiniment rares, il [Helvétius] avait pris pour thèse le paradoxe qu'il a développé dans son livre de l'Esprit, Mém. VI dans PARADOXE
Cette tragédie [le Cid], l'une des plus morales et des plus intéressantes qui aient paru sur aucun théâtre du monde, Oeuv. t. XVI, p. 374 dans PARAÎTRE
Quand on est si heureux, madame, on est bien pardonnable d'être indiscret, Contes moraux, Heureusement. dans PARDONNABLE
Ce sont les téméraires, dit Vaugelas, qui inventent les mots comme les modes : la parité n'est pas exacte ; car, dans les modes, presque tout est de fantaisie, de caprice ou de vanité ; au lieu que, dans la langue, ainsi que dans les arts, l'invention a souvent pour objet la nécessité, l'utilité, la beauté réelle, Oeuv. t. x, p. 417 dans PARITÉ
Jamais il n'avait vu sa fille si éveillée et si parlante, Mém. II dans PARLANT, ANTE
Ce qui [laisser lever le bâton sur soi] parmi nous déshonore un soldat, fut admiré dans Thémistocle, Oeuv. t. x, p. 455 dans PARMI
Une nation légère qui sur parole et sans examen, juge les hommes et les choses, Mém. XI dans PAROLE
Tant qu'il y aura des hommes plus actifs, plus industrieux, plus économes, plus heureux que d'autres, il y aura de l'inégalité dans les partages des biens, Bélis. ch. 13 dans PARTAGE
Un grand prince souhaitait à Corneille un parterre composé de ministres d'État ; Corneille en demandait un composé de marchands de la rue St-Denis ; il entendait par là des esprits droits et des âmes sensibles, sans préjugés, sans prétentions, Oeuv. t. VI, p. 327 dans PARTERRE
C'est surtout dans le parterre, et dans le parterre debout, que cette espèce d'électricité est soudaine, forte et rapide, et la cause physique en est dans la situation plus pénible et moins indolente du spectateur, qu'une gêne continuelle et un flottement perpétuel doit tenir en activité, ib. IX, p. 177 dans PARTERRE
Les comédiens français, dans leur nouvelle salle, ont pris le parti courageux d'avoir un parterre assis : il paraît moins tumultueux, mais plus difficile à émouvoir, ib. IX, p. 186 dans PARTERRE
Boursault avait des partisans qui le préféraient à Molière, Oeuv. t. IV, p. 407 dans PARTISAN
Si le roi avait été jeune et animé de ce feu qui donne de l'audace et qui la fait pardonner, je n'aurais pas juré que la jeune et sage comtesse eût toujours passé sans péril le pas glissant du tête-à-tête, Mém. VIII dans PAS
Les jeunes gens, dans la fougue d'une imagination pleine de force, négligent trop cette règle importante ; pourvu qu'ils excitent du tumulte sur la scène et qu'ils forment des tableaux frappants, ils s'inquiètent peu des liaisons, des gradations et des passages, Oeuv. t. IX, p. 292 dans PASSAGE
Mes amis, qui croyaient les honneurs littéraires usurpés par tous ceux qui les obtenaient avant moi, s'impatientaient de voir dans une seule année quatre nouveaux académiciens me passer sur le corps sans que j'en fusse ému, Mém. VII dans PASSER
Il [Tite-Live] est toujours près des limites qui doivent séparer l'historien de l'orateur et du poëte, mais il ne les passe jamais, Oeuv. t. VIII, p. 107 dans PASSER
La reine Élisabeth demandait à Cécill : " Que s'est-il passé au conseil ? " Quatre heures, madame, répondit le ministre, Oeuv. t. VII, p. 469 dans PASSER
L'entendement est une faculté froide et passive : il obéit, dans le silence des passions, à la verité, à l'évidence, Oeuv. t. IX, p. 204 dans PASSIF, IVE
Aussi les femmes disaient-elles que les éloges les flattaient moins que les injures passionnées et véhémentes de Rousseau, Mém. X dans PASSIONNÉ, ÉE
Cette ode, à mon gré le chef-d'oeuvre d'Horace dans le genre passionné, qui est le premier de tous les genres, Oeuv. t. IX, p. 23 dans PASSIONNÉ, ÉE
Il est vrai que l'un de ses charmes était ce naturel brûlant qui passionnait son langage, Mém. VII dans PASSIONNER
Là je trouvai le célèbre Ramon Latour, le plus célèbre peintre en pastel que nous ayons eu, Mém. IV dans PASTEL
Un talent rare et fort au-dessus du mérite de cette singerie, qu'on appelle pastiche, c'est de savoir réellement s'assimiler à un grand écrivain, Oeuv. t. IX, p. 190 dans PASTICHE
J'allai voir le prélat, il me reçut d'un air paterne, en m'appelant toujours mon cher monsieur Marmontel, Mém. VIII dans PATERNE
L'État n'est plus un corps, et l'on n'a pas vu qu'il fallait des siècles pour y rétablir cette unité qu'on appelle patrie, et qui est l'ouvrage insensible et lent de l'habitude et de l'opinion, Bélisaire, ch. 11 dans PATRIE
Lorsque Zémire et Azor fut annoncé à Fontainebleau, le bruit courut que c'était le conte de la Belle et de la Bête mis sur la scène, et que le principal personnage y marcherait à quatre pattes, Mém. IX dans PATTE
Messieurs, dit-il, je vous la recommande, C'est ma payse, elle est jeune et friande, Poëme sur la musique, ch. V dans PAYS
L'homme vertueux qui, sur le trône, a passé sa vie à faire le peu de bien qui dépendait de lui, meurt à la peine, sans avoir jamais su s'il avait un ami sincère, Bélis. VIII dans PEINE
Je compris bien que ces prélats voulaient peloter avec moi, et, comme le jeu me plaisait assez, je fis volontiers la partie, Mém. VIII dans PELOTER
Celui qui se pénètre vivement du beau, du touchant, du sublime, n'est pas loin de l'exprimer, Oeuv. t. VI, p. 249 dans PÉNÉTRER
Il parlait mal et péniblement notre langue, Mém. VI dans PÉNIBLEMENT
Il m'écouta d'un air pensif et dédaigneux, Mém. II dans PENSIF, IVE
Ne trouvant personne à punir, il me faisait porter la peine des coupables par les pensums qu'il me donnait, Mém. I dans PENSUM
Le vice est une pente habituelle ; le crime n'est qu'un mouvement, Oeuv. t. VIII, p. 403 dans PENTE
Sa mollesse et son indolence laissaient comme endormie au fond de sa pensée une foule de perceptions délicates, fines et justes...., Mém. IX dans PERCEPTION
Doué d'une facilité de perception et d'intelligence qui démêlait dans un instant le noeud le plus compliqué d'une affaire, Mém. XI dans PERCEPTION
Dans Marivaux, l'impatience de faire preuve de finesse et de sagacité perçait visiblement, Mém. IV dans PERCER
Je lui répondis que Paris était pour moi un trop grand théâtre, que je m'y perdrais dans la foule, Mém. II dans PERDRE
Des hommes perdus d'envie, de noirceur et de débauche, Oeuvr. t. VI, p. 151 dans PERDU, UE
Pourquoi dit-on durable, et ne dit-on plus perdurable, qui l'agrandit ?, Oeuv. t. x. p. 431 dans PERDURABLE
Cela prouve que, dans l'espèce humaine, la multitude est perfectible ; que son caractère primitif fut sauvage et non pas féroce, Oeuv. t. XVII, p. 218 dans PERFECTIBLE
Le mot de période en fait de musique est aussi usité qu'en parlant d'éloquence : les bons écrivains et les hommes instruits n'appellent pas autrement le cercle que décrit un chant dont les parties se développent et se renferment dans un dessein régulier et fini, Oeuv. p. 240 dans PÉRIODE
Cette forme d'airs périodiques dont Vinci était l'inventeur, et que Leo, Pergolèse, Galuppi, Jomelli avaient portée à un aussi haut degré d'expression ou de mélodie, Oeuv. t. XX, p. 11 dans PÉRIODIQUE
Dans l'éloquence de la tribune et dans celle de la chaire, où il s'agit surtout d'intéresser et d'émouvoir, la péroraison est une partie essentielle du discours, parce que c'est elle qui donne la dernière impulsion aux esprits, et qui décide la volonté, l'inclination d'un auditoire libre, Oeuv. t. IX, p. 240 dans PÉRORAISON
Parce qu'il a une perruque blonde et des vapeurs noires, il se croit un philosophe anglais, Cont. mor. Connaiss. dans PERRUQUE
Ce n'est point au Cid persécuté, c'est au Cid triomphant de la persécution que Cinna dut la naissance, Mém. VI dans PERSÉCUTION
La persévérance est une stabilité perpétuelle dans des résolutions mûrement réfléchies, Oeuv. t. x, p. 75 dans PERSÉVÉRANCE
Quelquefois aussi s'engageait dans la querelle un certain Monticourt, railleur adroit et fin et ce qu'on appelait alors un persifleur de la première force, Mém. VI dans PERSIFLEUR
Ah ! mon ami, la personnalité, ce sentiment si naturel, devient atroce dans un homme public, sitôt qu'elle est passionnée, Bélis. VII dans PERSONNALITÉ
Il lui était impossible de me convaincre, mais elle m'a persuadé, Cont. mor. Misanthr. corr. dans PERSUADER
Les anciens avaient soupçonné la pesanteur de l'air ; Torricelli et Pascal l'ont démontrée, Oeuv. t. VI, p. 227 dans PESANTEUR
Mairan disait que cet ouvrage était un pétard que j'avais mis sous la porte de l'Académie pour la faire sauter si on me la fermait, Mém. VII dans PÉTARD
Elle accompagna cet adieu d'un coup d'oeil passionné, où pétillait le vin de Champagne, Cont. mor. Philos. soi-dis. dans PÉTILLER
On joua, Lusane fit remarquer à Hortense que tout son monde jouait petit jeu ; c'est, dit-il, le moyen d'entretenir l'union et la joie, Cont. mor. Bon mari. dans PETIT, ITE
J'éprouvai que les petites choses trouvent encore dans de petites âmes une envieuse malignité, Mém. X dans PETIT, ITE
Est-ce à votre pauvre petite, Qui vous aime si tendrement, Que ce coeur devrait un moment Cacher le trouble qui l'agite ?, Zém. et Azor, II, 2 dans PETIT, ITE
Ainsi se décorait et croyait s'ennoblir la petitesse de la vengeance que l'on exerçait contre moi, Mém. VII dans PETITESSE
Encore est-ce peu du talent, ce don précieux de la nature, si le travail ne le développe...., Oeuv. t. IX, p. 448 dans PEU
Le corridor où je logeais était le plus souvent peuplé de filles de spectacle, Mém. IV dans PEUPLÉ, ÉE
Est-il peureux ? demandait-on à un homme en parlant de son nouveau cheval. - Oh ! point du tout, voilà trois nuits qu'il couche seul dans mon écurie, Oeuv. t. IX, p. 280 dans PEUREUX, EUSE
À peine il est sorti, tous les peut-être les plus sinistres s'emparent de mon imagination, Mém. VI dans PEUT-ÊTRE
Il y avait à l'Académie quatre hommes désignés sous le nom de philosophes, étiquette odieuse dans ce temps-là, Mém. VII dans PHILOSOPHE
On commence à sentir que le charme de l'air, phrasé à l'italienne, manque à la scène de l'Opéra français pour l'animer et l'embellir, Oeuv. t. v, p. 105 dans PHRASÉ, ÉE
Les anciens n'ont peint de l'amour que le physique, Oeuv. t. VII, p. 80 dans PHYSIQUE
...Cette partie habituée du public, que l'on appelle les piliers du parterre : c'est elle qui donne le ton, et c'est son indulgence ou sa sévérité, sa bonne ou sa mauvaise humeur, son naturel inculte ou sa délicatesse, son goût plus ou moins difficile, plus ou moins raffiné, qui, par contagion, se communique aux loges et fait comme l'esprit du lieu et du moment, Oeuvres, t. IX, p. 181 dans PILIER
Le peuple qui pille les boutiques de boulangers n'en prend pas conseil dans les livres, Mém. XI dans PILLER
Durant les contrariétés que j'éprouvais, Mme Geoffrin était mal à son aise ; elle m'en parlait quelquefois du bout de ses lèvres pincées, Mém. VII dans PINCÉ, ÉE
Il se piquait de tout, et n'était bon à rien, Cont. mor. Heureusement. dans PIQUER
Placé dans un temps de calme et sous des règnes modérés, la fortune lui refusa et ses hautes faveurs, et ses rigueurs extrêmes, Mém. X dans PLACÉ, ÉE
Comment démêler la vérité dans le chaos des plaidoiries ? combien de fois les juges ne pourraient-ils pas dire aux avocats...., Oeuv. t. V, p. 11 dans PLAIDOIRIE
La reconnaissance parle si bas, et la plainte déclame si haut, qu'on n'entend plus que la dernière, Cont. mor. Misant. corr. dans PLAINTE
Que ne venait-elle après moi ; et je l'aurais dit avant elle, a dit plaisamment un poëte en parlant de l'antiquité, Oeuv. t. IX, p. 264 dans PLAISAMMENT
Contraste et ressemblance, voilà les sources de la bonne plaisanterie, et c'est par là que la parodie est ingénieuse et piquante, Oeuv. t. IX, p. 172 dans PLAISANTERIE
L'orgueil n'entend pas aussi bien la plaisanterie que la vanité, Oeuv. t. V, p. 405 dans PLAISANTERIE
Un homme qui n'écrit que de caprice et par pensées détachées, comme Montaigne dans ses Essais, peut n'avoir qu'une intention générale, il est dispensé de se tracer un plan, Oeuv. t. IX, p. 288 dans PLAN
Il faut planer au-dessus des grands objets pour les voir au rang des petites choses, Oeuv. t. VIII, p. 184, dans POUGENS dans PLANER
Il prenait la parole, demandait silence, suspendait l'attention, et disait une platitude, Cont. mor. Heureusement. dans PLATITUDE
Quand le caractère de celui qui parle est austère et grave, l'expression doit être pleine, forte et précise, Oeuv. t. V, p. 7 dans PLEIN, EINE
Duclos et d'Alembert avaient eu je ne sais quelle altercation en pleine Académie, Mém. VII dans PLEIN, EINE
Avez-vous peur qu'il ne pleuve des hommes ? et quand il en tomberait quelques-uns des nues, le grand mal ! le ciel nous devrait ce miracle, Cont. mor. Soliman II dans PLEUVOIR
Je sentis mon sang se glacer dans mes veines, mes genoux ployèrent sous moi, et je tombai sans connaissance, Cont. mor. Berg. alp. dans PLOYER
Malheur, me disait-elle, à qui attend tout de sa plume ! rien de plus casuel, Mém. IV dans PLUME
On disputait à Addison que le Paradis perdu fût un poëme héroïque : Eh bien, dit-il, ce sera un poëme divin, Oeuv. t. VI, p. 142 dans POËME
L'Art poétique français fait tout ce qu'on peut attendre d'un poëme : il donne une idée précise et lumineuse de tous les genres ; mais il n'en approfondit aucun, Oeuv. t. IX, p. 436 dans POÉTIQUE
La poétique d'Horace est le modèle des poëmes didactiques, et jamais on n'a renfermé tant de sens en si peu de vers, Oeuv. t. IX, p. 435 dans POÉTIQUE
Pour me servir de la métaphore de Zénon, l'éloquence a la main ouverte, au lieu que, dans la plaidoirie, elle est souvent obligée d'avoir le poing fermé comme la dialectique, Oeuv. t. IX, p. 499 dans POING
Le lendemain un grand laquais en livrée, et coiffé d'un chapeau bordé d'un large point d'Espagne, m'apporta la lettre de change, que je fis porter sur-le-champ, Mém. III dans POINT
La justice est le point d'appui de l'autorité, Bélis. X dans POINT
La petite pointe d'ail l'assaisonnait [un mets], avec une finesse de saveur et d'odeur qui aurait flatté le goût du plus friand Gascon, Mém. VI dans POINTE
On a trouvé plus facile et plus sûr de faire servir la malice humaine à corriger les autres vices de l'humanité, à peu près comme on emploie les pointes du diamant à polir le diamant même : c'est là l'objet ou la fin de la comédie, Oeuv. t. VI, p. 139, dans POUGENS dans POINTE
Ces questions frivoles, singulières et sophistiques, qui ne font qu'altérer dans les enfants la bonne foi du sens intime, rendre l'esprit pointilleux et faux...., Oeuvr. t. X, p. 74 dans POINTILLEUX, EUSE
Croyez-moi, monsieur, peu de gens ont le droit de faire la police du monde, Cont. mor. Misanth. dans POLICE
Son élégance [de la langue française] a trop pris sur sa vigueur ; ses polisseurs l'ont affaiblie ; elle a perdu de sa naïveté, de sa concision et de son énergie, Oeuv. t. X, p. 425 dans POLISSEUR, EUSE
Scarron est diffus par négligence ; il est ce qu'on appelle polisson par gaieté, Oeuvres, t. V, p. 399 dans POLISSON
Les premiers comiques latins hasardèrent la satire personnelle, mais jamais la satire politique, Oeuv. t. VI, p. 155 dans POLITIQUE
L'unique règle de l'éloquence populaire est de s'accommoder au naturel, au génie, au goût du peuple à qui l'on parle, Oeuv. t. VI, p. 382 dans POPULAIRE
La tragédie populaire a donc ses avantages, comme l'héroique a les siens, ib. t. X, p. 339 dans POPULAIRE
Ce n'a été que depuis Malherbe, Balzac et Corneille que la différence du style noble et du familier populaire s'est fait sentir, Oeuv. t. VIII, p. 508 dans POPULAIRE
Dites-leur, reprit-il, que, si jamais j'entre à l'Académie, ce sera par la belle porte, Mém. VII dans PORTE
Toutes nos ressources sont épuisées, et nous en sommes réduite au point de n'avoir pas de quoi payer le porteur d'eau, Mém. III dans PORTEUR, EUSE
Lorsque c'est une espèce d'hommes que l'on peint, comme l'avare, le jaloux, l'hypocrite, la prude, la coquette, ce n'est plus un portrait, c'est un caractère ; et c'est là ce qui distingue la satire permise de la satire qui ne l'est pas, Oeuv. t. IX, p. 459 dans PORTRAIT
Aimez sans inquiétude ; possédez sans dégoût ; désirez pour jouir ; faites des jaloux, et ne le soyez jamais, Contes moraux, Quatre flacons. dans POSSÉDER
L'attention n'est ramenée que lorsqu'une ritournelle brillante annonce l'air postiche qui termine la scène et qui en refroidit l'intérêt, Oeuv. t. IX, p. 83 dans POSTICHE
L'abbé de Bernis, échappé du séminaire de Saint-Sulpice, où il avait mal réussi, était un poëte galant, bien joufflu, bien frais, bien poupin...., Mém. v. dans POUPIN, INE
En lui [à Racine] apprenant à écrire pour le petit nombre, il [Boileau] lui apprit à écrire pour la postérité, Oeuv. t. v, p. 145 dans POUR
Cicéron avait passé sa vie à attaquer ou à défendre ; mais les trois hommes qu'il poursuivit avec le plus d'ardeur, furent Verrès, Catilina et Marc Antoine, Oeuvr. t. VI, p. 416 dans POURSUIVRE
Quand on a laissé sur la poussière des milliers d'hommes égorgés, peut-on se livrer à la joie ?, Bélis. 8 dans POUSSIÈRE
Nulle pratique des affaires, nulle connaissance des hommes, Mém. XI dans PRATIQUE
Précédé au barreau par cette réputation d'honnête homme qui est la plus forte recommandation d'une cause, et peut-être la première éloquence d'un orateur, Oeuvr. t. VIII, p. 305 dans PRÉCÉDÉ, ÉE
Le siècle du bel esprit et du précieux ridicule, Oeuv. t. v, p. 135 dans PRÉCIEUX, EUSE
Précisément, reprit Timante ; celui que je propose est ce qui vous convient, Contes mor. Éc. des pères. dans PRÉCISÉMENT
La précision du style de l'orateur et du poëte n'est pas la précision du style du philosophe et de l'historien ; mais le principe en est le même, savoir, d'aller droit à son but, Oeuvr. t. X, p. 214 dans PRÉCISION
L'art de concilier les prédilections avec les bienséances est le secret des âmes délicates, Contes mor. Laur. dans PRÉDILECTION
J'encourageai ce premier essor, en publiant les brillants essais de Malfilâtre ; je fis concevoir de lui des espérances qu'il aurait remplies, si une mort prématurée ne nous l'avait pas enlevé, Mém. VI dans PRÉMATURÉ, ÉE
Ce prince réellement prématuré, Mém. XI dans PRÉMATURÉ, ÉE
Le champ de l'invention a ses limites ; et, depuis le temps qu'on écrit, presque toutes les idées premières ont été saisies, et bien ou mal exprimées, Oeuv. t. IX, p. 263 dans PREMIER, IÈRE
Voilà nos honnêtes femmes, poursuivit-il : quand elles nous prennent, c'est excès d'amour ; quand elles nous quittent, c'est effort de vertu, Contes mor. Alcib. dans PRENDRE
Je prendrai sur moi la rupture ; vos père et mère ne sauront rien de l'aveu que vous m'aurez fait, Mém. VIII dans PRENDRE
Cette délicatesse lui prit un matin, comme Il venait de faire la cour à une prude, Contes mor. Alcibiade. dans PRENDRE
Pour faire le bien il faut le pouvoir, et, quand on le peut, il faut savoir s'y prendre, Cont. mor. Misant. corr. dans PRENDRE
C'est une terrible chose que la peste ! disait un homme préoccupé de sa noblesse, la vie d'un gentilhomme n'est pas en sûreté, Oeuvr. t. IX, p. 285 dans PRÉOCCUPÉ, ÉE
La ressource la plus commune et la plus facile est celle d'un incident nouveau ; mais cet incident ne produit son effet qu'autant que ce qui le précède le prépare sans l'annoncer, Oeuv. t. X, p. 48 dans PRÉPARER
Il ne faut avoir pour les règles tracées ni un présomptueux mépris, ni un respect superstitieux et servile, Oeuv. t. X, p. 39 dans PRÉSOMPTUEUX, EUSE
Avouer qu'on n'aime pas son mari, c'est presque avouer qu'on en aime un autre, Contes mor. Heureus. dans PRESQUE
N'avons-nous pas vu Mérope fendre la presse de nos jeunes seigneurs pour percer le coeur de son fils [les jeunes seigneurs encombraient le théâtre] ?, Oeuv. t. VIII, p. 148 dans PRESSE
[Tacite] plus pressé, plus concis, plus vigoureux que Tite Live du côté de l'expression, Oeuv. t. VIII, p. 108 dans PRESSÉ, ÉE
Ce qui en est difficile à imiter, c'est la plénitude, la vivacité, l'énergie, le tour pressé, vigoureux et rapide, la métaphore imprévue et juste, ib. t. IX, p. 190 dans PRESSÉ, ÉE
Difficilement aurait-on réuni deux hommes d'un esprit naturel plus vif, plus preste, plus fertile en traits ingénieux que ces deux hommes-là, Mém. V dans PRESTE
La prétention à juger de tout fait qu'on ne jouit de rien, Oeuv. t. X, p. 42 dans PRÉTENTION
Toutes les fois que l'illusion est agréable, on s'y prête avec complaisance ; et tout ce qui est possible, on le suppose vrai, Oeuv. t. VII, p. 48 dans PRÊTER
Faire preuve de, prouver qu'on a.... Faire preuve à la fois d'une saine philosophie, d'une littérature exquise, d'un goût sévère et pur...., Esquisse, Éloge de d'Alembert. dans PREUVE
Les nouveaux contes que je faisais alors, et dont ces dames avaient la primeur, étaient, avant ou après le souper, une lecture amusante pour elles, Mém. VI dans PRIMEUR
Soit pour s'amuser, soit pour corriger deux misanthropes l'un par l'autre, M. de Laval voulut les mettre aux prises ; il envoya prier Alceste à dîner, Contes mor. Mis. corr. dans PRISE
Il faudra que je lutte contre l'adversité, il y a longtemps que je la connais et que je suis aux prises avec elle, Mém. III dans PRISE
Les idées privatives sont comme la couleur noire, qui n'a besoin d'aucune clarté, Oeuv. t. x, p. 529 dans PRIVATIF, IVE
On semble s'être fait au barreau un système de probabilisme, tout à fait commode pour la mauvaise foi des plaideurs, Oeuv. t. V, p. 322 dans PROBABILISME
Toutes les productions humaines peuvent être comprises sous trois chefs principaux : les sciences, les arts libéraux et les arts mécaniques, Oeuv. t. VI, p. 223 dans PRODUCTION
Ce même pays, qui n'a jamais produit un grand peintre, un grand statuaire, un bon musicien, l'Angleterre, a produit d'excellents poëtes, Oeuv. t. IX, p. 362 dans PRODUIRE
L'on eût dit qu'il [Hubert de Genève] avait des yeux au bout des doigts ; les mains derrière le dos, il découpait en profil un portrait aussi ressemblant, et plus ressemblant même qu'il ne l'aurait fait au crayon, Mém. VII dans PROFIL
Il m'honore de son attention, parce qu'il me trouve le profil de l'impératrice Poppée, Contes mor. Connaiss. dans PROFIL
En exprimant ces vers de Virgile : " Illa vel intactae segetis... ", le peintre représentera Camille élancée sur la pointe des épis, mais immobile dans cette attitude, au lieu qu'en poésie l'imitation est progressive aussi rapide que l'action même, Oeuv. t. IX, p. 408 dans PROGRESSIF, IVE
Ces mots réveillèrent l'antipathie de Turgot pour le système des lois prohibitives, il répondit que sur cet objet son opinion était invariable, Mém. XI dans PROHIBITIF, IVE
Une syncope, une prolation, une inversion forcée altèrent en nous l'impression de la musique la plus touchante, Oeuv. t. V, p. 109 dans PROLATION
Le prolixe ne fait que se traîner pesamment.... et fatigue notre pensée en l'assujettissant à une pénible lenteur, Oeuv. t. VII, p. 6 dans PROLIXE
On croit assez communément que, jusqu'au temps de Cicéron, il n'y eut point d'éloges prononcés en l'honneur des vivants, et presque pas en l'honneur des morts, Oeuvr. t. VI, p. 7 dans PRONONCÉ, ÉE
Qui jamais a eu comme lui [Voltaire] ce sentiment délicat et fin des propriétés du style, et de ses différences, et qui jamais avec plus de justesse nous en a marqué les degrés ?, Oeuv. t. IV, p. 424 dans PROPRIÉTÉ
La prose avait-elle autrefois cette précision, cette rapidité, ce mouvement, cette couleur, cette âme enfin, qu'elle a reçue de nos modernes écrivains ?, Essai sur le goût. dans PROSE
La plus belle prose de l'Église, le Dies irae, qui devrait être l'objet de l'émulation de tous les grands musiciens, Oeuv. t. IV, p. 197 dans PROSE
L'ivresse de la prospérité, qui, en même temps qu'elle ôte la sagesse du conseil, donne l'audace de la pensée, Oeuv. t. IX, p. 315 dans PROSPÉRITÉ
Et qu'en attendez-vous ? - Des protecteurs, lui dis-je, et quelques moyens de fortune. - Des protecteurs ! ah ! si vous saviez comme tous ces gens-là protégent !, Mém. IV dans PROTECTEUR, TRICE
Comme il ne voulait que des protégés et des adulateurs, il n'attirait chez lui que des gens faits pour l'être, Cont. mor. Connaiss. dans PROTÉGÉ, ÉE
Lamotte a fait, à mon avis, une étrange méprise, en employant à tout propos, pour avoir l'air naturel, des expressions populaires et proverbiales, Oeuv. t. VII, p. 381 dans PROVERBIAL, ALE
Qu'on se figure cinq cents miroirs se renvoyant l'un à l'autre la lumière qu'ils réfléchissent, ou cinq cents échos le même son ; c'est l'image d'un public ému par le ridicule ou par le pathétique, Oeuv. t. IX, p. 176 dans PUBLIC, IQUE
Vous croyez-vous obligé avec moi à de puérils ménagements ?, Cont. mor. Amit. à l'épr. dans PUÉRIL, ILE
C'est la punition d'une femme dissipée d'avoir un mari libertin, Contes mor. Femme comme il y en a peu dans PUNITION
Boileau, à qui la versification et la langue sont en partie redevables de leur pureté, Oeuv. t. VI, p. 264 dans PURETÉ
Mme de Pompadour ayant désiré que le Venceslas de Rotrou fût purgé des grossièretés de moeurs et de langage qui déparaient cette tragédie, Mém. VI dans PURGÉ, ÉE
Toute discussion philosophique ou oratoire suppose un doute à éclaircir, et l'objet du doute est la question, le point de la question, Oeuv. t. IX, p. 542 dans QUESTION
Le bon ton du supérieur est de questionner souvent ; le bon ton de l'inférieur est de ne questionner jamais, ou le plus rarement possible, Oeuv. t. X, p. 258 dans QUESTIONNER
Rochers à qui je me plains, bois à qui je compte mes peines, dans GIRAULT-DUVIVIER dans QUI
Il était dans l'âge où l'on est sensé, quand on a de quoi l'être, Cont. mor. Bonne mère. dans QUOI
Adrien de Montluc donna une farce en 1616, sous le nom de comédie des proverbes, où il avait réuni tous les quolibets de son temps, lesquels sont presque tous encore usités parmi le bas peuple, Oeuv. t. VII, p. 422 dans QUOLIBET
Ces versets, pris çà et là et raccordés avec intelligence, composeraient un riche mélange de sentiments et d'images qui donnerait à la musique de la couleur et du caractère, Oeuv. t. VI, p. 198 dans RACCORDÉ, ÉE
L'homme qui coupait la racine à tant d'abus ne pouvait manquer d'être haï, Mém. XI dans RACINE
Cette tournure de raillerie qui est le sublime de l'insolence, Mém. VIII dans RAILLERIE
Jamais railleur n'a moins souffert la raillerie ; un trait plaisant qui l'aurait effleuré légèrement l'aurait blessé, Mém. v. dans RAILLEUR, EUSE
Corneille a emprunté le caractère du Menteur, dont il disait avec tant de modestie et si peu de raison, qu'il donnerait deux de ses meilleures pièces pour l'avoir imaginé, Oeuv. t. VI, p. 157 dans RAISON
Il y a des idées qui veulent être relevées ; il y en a qui veulent que l'image les abaisse au ton du style familier ; ce grand art n'a point de règles, et ne saurait se raisonner, Oeuv. t. VIII, p. 183 dans RAISONNER
Les raisonneurs les plus pressants et les plus forts ne sont pas les plus sûrs de produire de grands effets, Oeuv. t. IX, p. 512 dans RAISONNEUR, EUSE
Le nom de Crébillon était le mot de ralliement des ennemis de Voltaire, Mém. IV dans RALLIEMENT
Le talent ressemble au rameau d'or ; Qu'on le cultive, il renaîtra sans cesse, Polymn. ch. 3 dans RAMEAU
Rancune est populaire, mais rancoeur serait noble et plus fort que ressentiment, Oeuv. t. X, p. 430 dans RANCOEUR ou RANCUEUR
Il n'est pas besoin de dire qu'Éraste se vit rappelé, Cont. mor. Tout ou rien. dans RAPPELÉ, ÉE
Il sortit, le désespoir dans l'âme, et ne fut point rappelé, Cont. mor. Scrup. dans RAPPELER
À chaque pas [dans mes lectures], je croyais découvrir entre les intentions de l'art et ses moyens, entre ses procédés et ceux de la nature, des rapports qui pouvaient servir à fixer les règles du goût, Mém. V dans RAPPORT
Je ne puis vous peindre le changement qui se fit tout à coup sur son visage, il devint rayonnant de joie, Cont. moraux, Heureus. dans RAYONNANT, ANTE
Je dois ce témoignage à la mémoire de cette femme bienfaisante, qu'à ce moyen facile et simple de décider publiquement le roi en ma faveur, son beau visage fut rayonnant de joie, Mém. VII dans RAYONNANT, ANTE
Dans cet âge où les affections de l'esprit et celles de l'âme ont une communication si soudaine, où la pensée et le sentiment agissent et réagissent l'un sur l'autre avec tant de rapidité, Mém. I dans RÉAGIR
C'était peu d'être pauvre, M. de Seran était laid et d'une laideur rebutante, Mém. VIII dans REBUTANT, ANTE
Des moeurs grossières peuvent être comiques ; mais c'est un comique local, dont la peinture ne peut amuser que le peuple à qui elle ressemble, et qui rebutera un siècle plus poli, une nation plus cultivée, Oeuv. t. IX, p. 397 dans REBUTER
Homère serait mal reçu aujourd'hui à nous peindre un sage comme Nestor ; mais aussi ne le peindrait-il pas de même, Oeuv. t. VII, p. 431 dans RECEVOIR
Je me méfie de la facilité des grands dans leurs recommandations, Mém. v. dans RECOMMANDATION
C'étaient des jeux funèbres, où, devant un tombeau chargé de trophées et de lauriers, ils recommandaient à l'avenir la mémoire d'un homme vaillant et juste qui avait vécu et qui était mort pour son pays, Oeuv. t. IX, p. 3 dans RECOMMANDER
Ce fut dans cet esprit que fut recomposé l'opéra de Roland, Mém. IX dans RECOMPOSER
Je serai du moins réconciliée avec moi-même, si je ne puis l'être avec mon mari, Contes moraux, Heureusement. dans RÉCONCILIÉ, ÉE
Ce fond de rectitude et de bonté morale, qui est la base de la vertu, Mém. XI dans RECTITUDE
Quelque mal de coeur que me causât le balancement de la voiture et cette allure à reculons, j'en souffris l'incommodité, Mém. II dans RECULONS (À)
Dans Tancrède je croyais voir la décadence de son style, des vers lâches, diffus, chargés de ces mots redondants qui déguisent le manque de force et de vigueur, Mém. VII dans REDONDANT ou RÉDONDANT
Venger le Tasse des mépris de Boileau, apprécier Boileau lui-même et le réduire à sa juste valeur, Mém. VII dans RÉDUIRE
Il va souvent dans ces réduits obscurs où de pauvres familles entassées gémissent dans le besoin, Contes mor. Misanth. corr. dans RÉDUIT
Ce lustre réfléchi qu'elle prêtait au caractère de son époux, ne faisait que donner au sien plus de relief et plus d'éclat, Mém. IX dans RÉFLÉCHI, IE
C'est une idée lumineuse d'Aristote que la croyance que l'on donne à un fait se réfléchit sur l'autre, quand ils sont liés avec art, Oeuv. t. VIII, p. 477 dans REFLÉCHIR
Saisir, dans les caractères, tous les reflets des vertus sur les vices, et des vices sur les vertus, Oeuv. t. IV, p. 411 dans REFLET
Lorsque l'attention se porte sur ce qui se passe au dedans de nous-mêmes, elle s'appelle réflexion, Oeuv. t. V, p. 287 dans RÉFLEXION
Je me présentai un dimanche à sa toilette, dans ce salon où refluait la foule des courtisans qui venaient d'assister au lever du roi, Mém. IV dans REFLUER
Ce n'était plus par goût qu'il préférait ces doux entretiens, ces tête-à-tête délicieux pour moi, au flux et reflux d'une société tumultueuse, Cont. mor. Deux infort. dans REFLUX
Britannicus est empoisonné ; mais que devient Junie ? c'est cet éclaircissement qui allonge et refroidit le cinquième acte de Britannicus, Oeuv. t. V, p. 36 dans REFROIDIR
Ma femme, avec un peu de lard, fait une soupe aux choux dont le roi mangerait ; et, le dimanche, nous nous régalons, et nous buvons un petit coup de vin, Contes mor. Misanthr. corr. dans RÉGALER
Avec un son de voix qui allait au coeur, et un regard qui dans les larmes avait un charme inexprimable, Mém. III dans REGARD
C'est à elle que son amant disait un soir qu'elle regardait une étoile : Ne la regardez pas tant, ma chère, je ne puis pas vous la donner, Mém. IV dans REGARDER
Le commun des hommes regarde sans voir ; l'homme de génie voit si rapidement, que c'est presque sans regarder, Oeuv. t. VIII, p. 5 dans REGARDER
Nos deux coteaux se regardaient, Mém. X dans REGARDER
Dans les lettres et dans les arts, les règles sont les leçons de l'expérience, le résultat de l'observation sur ce qui doit produire l'effet qu'on se propose, Oeuv. t. X, p. 26 dans RÈGLE
Les règles défendent, disait Baron, de lever les bras au-dessus de la tête ; mais, si la passion les y porte, ils seront bien : la passion en sait plus que les règles, ib. t. VI, p. 328 dans RÈGLE
Le bon air, l'exercice, la vie réglée de la campagne, lui avaient été favorables, Mém. X dans RÉGLÉ, ÉE
Turgot, pour le commerce, l'industrie et l'agriculture, ne pouvait souffrir le régime réglementaire de Colbert, Mém. XI dans RÉGLEMENTAIRE,
Il régnait de ce côté là, tout le long de la Seine, une fièvre putride d'une dangereuse malignité, Mém. IX dans RÉGNER
La terre, à regret cultivée, semble être fertile à regret, et, sous des mains avares de leurs peines, elle est avare de ses dons, Oeuv. t. XVII, p. 117 dans REGRET
Un poëme qui n'est que régulier est bien loin d'être un bon poëme, Oeuv. t. VII, p. 369 dans RÉGULIER, IÈRE
Si, dans le Centaure du Guide, la partie de l'homme ou celle du cheval était plus forte ou plus faible, l'oeil et l'imagination ne s'y reposeraient pas avec cette satisfaction pleine et tranquille que leur cause un tout régulier, ib. p. 445 dans RÉGULIER, IÈRE
Les jours de relâche au théâtre, nous passions nos après-dîners en promenades solitaires, Mém. III dans RELÂCHE
Les moeurs locales et la vérité relative, Oeuv. t. X, p. 457 dans RELATIF, IVE
Qu'il fallait mépriser ces choses-là, et qu'elles tombaient d'elles-mêmes lorsqu'on ne les relevait point, Mém. VII dans RELEVER
Térence est plus délicat, il est vrai ; mais est-il aussi pénétrant ? son comique a-t-il le relief et la vigueur de celui de Molière ?, Oeuvr. t. IV, p. 412 dans RELIEF
Il y eut dans les caractères assez de naturel et de relief pour donner prise à la comédie, ib. t. IX, p. 399 dans RELIEF
Elle me demanda si je n'allais pas faire encore quelque folie : Non, madame, mais je vais tâcher de remédier à celles que j'ai faites, Mém. VI dans REMÉDIER
Il se remit, quoique avec peine, de son extrême épuisement, Cont. mor. Mariag. samn. dans REMETTRE
Ce tableau de la renaissance de toutes les vertus dans un coeur que le vice a pu souiller, mais n'a pu corrompre, Oeuv. t. VII, p. 41 dans RENAISSANCE
Lucain était jeune, et l'ambition d'un jeune homme est d'étonner en renchérissant sur lui-même, Oeuv. t. V, p. 8 dans RENCHÉRIR
Il y a un tragique d'incidents, comme il y a un comique de rencontres, Oeuv. t. V, p. 72 dans RENCONTRE
Nous convînmes avec Delaire de dire simplement, que dans mon choix je m'étais rencontré avec le duc de Nivernois ; M. de Gisors fut charmé de cette rencontre, Mém. V dans RENCONTRER
Il lui rendit les bienfaits odieux, les bienfaiteurs insupportables, la reconnaissance importune, Mém. VIII dans RENDRE
L'objet des arts est infini en lui-même : il n'est borné que par leurs moyens ; le modèle universel, la nature, est présent à tous les artistes ; mais le peintre, qui n'a que les couleurs, ne peut en imiter que ce qui tombe sous le sens de la vue ; le pinceau de Vernet ne rendra jamais dans une tempête le cri des matelots et le bruit des cordages, Oeuv. t. IX, p. 410 dans RENDRE
Vous semblez renfermer quelque chagrin profond, Bélis. ch. 5 dans RENFERMER
Rentré en grâce auprès de Mme de Pompadour, je lui communiquais ma peine, la suppliant de savoir du roi s'il me serait favorable, Mém. VII dans RENTRÉ, ÉE
Ah ! qu'il est malaisé de rentrer dans son devoir quand une fois on en est sorti !, Cont. mor. Heur. div. dans RENTRER
Phryné est accusée d'impiété devant l'aréopage ; l'orateur la voit convaincue ; il arrache son voile, et dit aux vieillards : Eh bien ! faites donc périr tant de beautés ; Phryné est renvoyée, Oeuv. t. IX, p. 311 dans RENVOYÉ, ÉE
Il s'agit de renvoyer son auditoire plus instruit et surtout meilleur, de consoler, d'encourager les uns, de modérer et d'adoucir les autres, Oeuv. t. VI, p. 43 dans RENVOYER
Il se sera répandu en murmures contre une autorité partiale, injuste, oppressive, Mém. VI dans RÉPANDRE
On parlait de généalogie devant M. de Catinat : "Pour moi, dit-il en souriant, je descends de Catilina." De Caton, monseigneur, lui répondit quelqu'un ; l'heureuse repartie !, Oeuv. t. V, p. 141 dans REPARTIE
Il fut se placer au pied d'un rocher, qui, le jour précédent, lui répétait les sons de cette voix touchante, Cont. mor. Berg. Alp. dans RÉPÉTER
J'avais appris que le collége de Clermont, bien plus considérable que celui de Mauriac, faisait seconder ses régents par des répétiteurs d'études ; ce fut sur cet emploi que je fondai mon existence, Mém. I dans RÉPÉTITEUR
Parlons de vos répétitions ; vont-elles bien ?, Mém. III dans RÉPÉTITION
Quand la passion devient impétueuse et rapide, les replis du dialogue ne sont plus dans la nature, Oeuv. t. VI, p. 485 dans REPLI
Développer les replis de l'artifice et du mensonge ; peindre sans ménagement la fraude ou l'usurpation, l'âme d'un fourbe démasqué, ou d'un scélérat confondu, Oeuv. t. V, p. 308 dans REPLI
C'est ainsi que la réplique doit partir sur le trait qui la sollicite, Oeuv. t. VI, p. 486 dans RÉPLIQUE
Un avantage que semble avoir l'éloquence de la chaire sur celle du barreau, c'est que l'orateur parle seul et n'est point exposé à la réplique, ib. t. VI, p. 38 dans RÉPLIQUE
Elle devinait la pensée, et ses répliques étaient des flèches qui jamais ne manquaient le but, Mém. V dans RÉPLIQUE
Ce qui avait étourdi tous les autres acteurs, et fait manquer à tous moments les répliques du dialogue et tous les effets de la scène, Mém. VI dans RÉPLIQUE
Métastase a disposé les phrases, les repos, les nombres, et toutes les parties de l'air, comme s'il l'eût chanté lui-même, Oeuv. t. V, 101 dans REPOS
Lorsqu'il avait bien saisi le sens d'un morceau, je le lui déclamais, en marquant bien l'accent, la prosodie, la cadence des vers, les repos, les demi-repos, les articulations de la phrase, Mém. IX dans REPOS
Jamais, dans les comédies de Molière, les caractères annoncés ne sont dessinés en repos, Oeuv. t. IX, p. 463 dans REPOS
Ce n'est point [dans la tragédie] la nature reposée, mais la nature en contraction et dans cet état de souffrance où la mettent les passions violentes, les grands dangers et l'excès du malheur, Oeuv. t. VI, p. 257 dans REPOSÉ, ÉE
Il en est encore dont je n'ai pas voulu parler comme en passant, et sur lesquels mes souvenirs se plaisent à se reposer, Mém. X dans REPOSER
Elle était, au premier aspect, d'une laideur repoussante, Mém. III dans REPOUSSANT, ANTE
Me voilà repoussé par ma destinée dans ce Paris d'où j'avais eu tant de plaisir à m'éloigner, Mém. V dans REPOUSSÉ, ÉE
La représentation m'ennuierait et me gênerait, voilà pourquoi je m'en dispense, Mém. IV dans REPRÉSENTATION
Je ne me suis jamais permis de réprimande avec vous ; je vous prie de n'en pas user avec moi, Mém. III dans RÉPRIMANDE
Une passion violente se réprime par un mouvement de passion plus violent encore, Oeuv. t. VII, p. 158 dans RÉPRIMER
Denis fut remis au théâtre ; il eut à la reprise le même succès que dans la nouveauté, Mém. III dans REPRISE
Qui reproduira les prodiges de mécanique d'Archimède au siége de Syracuse, ou qui démontrera que c'étaient des fables inventées par les Romains pour excuser aux yeux de Rome l'impuissance de leurs efforts ?, Oeuv. t. VI, p. 227 dans REPRODUIRE
Comment se conservera-t-elle [la langue française], si, au lieu de se reproduire à mesure qu'elle se dépouille, ce n'est plus qu'un vieux arbre, dont les rameaux séchés se brisent, et qui ne repousse jamais ?, Oeuv. t. X, p. 416 dans REPRODUIRE
C'est pour vous, mes enfants, un avis d'être réservés dans vos liaisons de jeunesse ; car il est difficile de se tirer de celles où l'on s'est engagé, sans y laisser d'amers ressentiments et de cruelles inimitiés, Mém. IV dans RÉSERVÉ, ÉE
Le problème des trois corps, proposé par Newton, n'a été résolu que de nos jours, et l'a été par trois hommes en même temps, Oeuv. t. VI, p. 233 dans RÉSOUDRE
Au retour de la promenade, il fit quelques parties d'échecs avec M. Goulard, qui respectueusement le laissa gagner, Mém. VII dans RESPECTUEUSEMENT
C'est dans le vide et dans le silence de sa maison qu'une femme de mon âge respire le poison de l'ennui, Contes mor. Bon mari. dans RESPIRER
C'est bien partout [sur le théâtre] l'air de la vérité, sa ressemblance, mais jamais sa copie, Oeuv. t. VII, p. 43 dans RESSEMBLANCE
L'affectation de ne ressembler à personne fait souvent qu'on ne ressemble pas à soi - même, Oeuv. t. VI, p. 159 dans RESSEMBLER
Mon âme, que les délices de Paris, d'Avenay, de Passy, de Versailles avaient trop amollie, avoit besoin que l'adversité lui rendît son ancienne trempe et le ressort qu'elle avait perdu, Mém. VII dans RESSORT
Il [le système moderne de la tragédie] met en jeu tous les ressorts du coeur humain, Oeuvres, t. X, p. 311 dans RESSORT
Les moeurs ne sont pas du ressort des lois, Bélisaire, ch. 13 dans RESSORT
Il y a pour des coeurs bien nés des ressources inépuisables dans le courage et dans la vertu, Cont. mor. Fem. com. peu. dans RESSOURCE
Restreint dans mon ambition, Mém. X dans RESTREINT, EINTE
La règle générale que prescrit Cicéron pour le résumé de la cause, c'est de n'y rappeler que les points importants, et de donner à chacun d'eux le plus de force, mais le moins d'étendue qu'il est possible, Oeuv. t. IX, p. 242 dans RÉSUMÉ, ÉE
Le jeu retenu [au théâtre] demande une vive expression dans les yeux et dans les traits, Oeuv. t. VI, p. 323 dans RETENU, UE
Cette réticence discrète, Mém. II dans RÉTICENCE
C'était à moi qu'il avait recours pour retoucher un peu son style, Mém. V dans RETOUCHER
Nous ne fîmes plus que nous retracer l'heureux temps où la Popelinière était pour nous un hôte aimable, Mém. VII dans RETRACER
Il s'en plaignit au roi, et lui demanda décidément ou sa retraite ou celle de Sartines, Mém. XI dans RETRAITE
Un mois retranché du cours de nos études n'est pas digne de nos regrets, Mém. I dans RETRANCHÉ, ÉE
Le reste du jour, il se retrancha dans la dignité du silence, Mém. II dans RETRANCHER
Il trouva la partie politique trop rétrécie, et il m'engagea à l'étendre, Mém. VIII dans RÉTRÉCI, IE
Il leur fallait savoir quelle serait pour les gens de lettres la rétribution du travail, et ils venaient savoir ce que je voulais pour le mien, Mém. IX dans RÉTRIBUTION
Ah ! ma mère, oublions nos peines ; le ciel nous aime, il nous réunit, Bélis. V dans RÉUNIR
Je sentais de temps en temps se réveiller en moi le désir de rentrer dans la carrière littéraire, Mém. V dans RÉVEILLER
Duclos, ravi de voir d'Alembert revenir à lui, Mém. VII dans REVENIR
Je comptais mourir en servant l'État ; et, mort ou aveugle, cela revient au même, Bélis. I dans REVENIR
Si elle [une pièce] avait eu un plein succès, j'aurais déclaré qu'elle était de vous ; si elle avait eu un demi-revers, je l'aurais prise sur mon compte, Cont. mor. Connaiss. dans REVERS
Si, vénal, il parle de droiture, dissolu, de décence, vendu à la faveur, de zèle pour le bien public, il semble qu'il doive être ou ridicule ou révoltant, Oeuv. t. IX, p. 128 dans RÉVOLTANT, ANTE
On a écrit les révolutions des empires ; comment n'a-t-on jamais pensé à écrire les révolutions des arts, à chercher dans la nature les causes physiques et morales de leur naissance, de leur accroissement, de leur splendeur, de leur décadence ?, Oeuv. t. IX, p. 297 dans RÉVOLUTION
C'est là ce qu'on appelle un air à deux motifs, mais sans retour de l'un à l'autre ; tantôt il y aura un retour de l'âme sur elle-même, et comme une espèce de révulsion du second mouvement au premier, tantôt...., Oeuv. t. V, p. 96 dans RÉVULSION
Dans ses forêts le sauvage qui chante, Fidèle au rhythme, en observe les lois ; Tel est le chant, même dès sa naissance, Polymn. II dans RHYTHME
Dans la basse latinité, lorsqu'on abandonna le vers métrique pour le vers rhythmique, Oeuv. t. X, p. 461 dans RHYTHMIQUE
Voltaire, en comparant l'esprit et la galanterie de la vieille cour et de la cour actuelle, nous déploya cette riche mémoire à laquelle rien d'intéressant n'échappait, Mém. VII dans RICHE
Les bons écrivains la décorent [la langue française] de nouvelles translations de mots et de nouvelles alliances ; mais son vrai fonds, ses termes propres, ses analogues, ses synonymes, ses diminutifs, ses primitifs, ses dérivés, et, si j'ose le dire enfin, ses richesses de première nécessité périssent tous les jours pour l'orateur et le poëte, Oeuv. t. X, p. 436 dans RICHESSE
Croyez-moi, Rousseau n'est rien moins qu'un méchant homme, Mém. VIII dans RIEN
Quand la rime qu'on emploie est trop abondante, comme celle des mots en ant, on regarde comme une négligence la rime qui n'est que dans le son, et qui n'est pas dans la consonne, Oeuv. t. X, p. 111 dans RIME
Boileau appelait rimes de bouts rimés, celle de Sphinx et de Syrinx, et la reprochait à Lamotte, ib. p. 120 dans RIME
La rime masculine est double, lorsque non-seulement la finale sonore, mais la pénultième, a le même son, comme attirer, respirer, Oeuvr. t. X, p. 112 dans RIME
Ennuyé d'être spectateur oisif, je me lançais quelquefois dans l'arène à mes périls et risques, et j'y recevais des leçons de modestie un peu sévères, Mém. VI dans RISQUE
Nous voilà donc rivaux confidents l'un de l'autre, et concurrents de l'abbé Delille, Mém. VII dans RIVAL, ALE
Une femme de qualité, en passant à Bordeaux, y trouva les femmes de robe un peu trop fières : " Monsieur, dit-elle, au président de G., vos femmes font les duchesses. - Madame, lui répondit le président, elles ne sont pas assez impertinentes pour cela, ", Oeuv. t. VII, p. 467 dans ROBE
Un style simple sans négligence, plein sans roideur, noble sans faste, élégant presque sans parure, Oeuv. t. XVII, p. 32 dans ROIDEUR ou RAIDEUR
Lorsque la vieillesse me courbera le dos et me raidira les jarrets, Mém. II dans ROIDIR ou RAIDIR
Vers la fin du onzième siècle, on vit la poésie commencer en Provence en langage roman, ou romain corrompu, comme elle avait fait dans la Grèce, par des chants héroïques et satiriques, Oeuv. t. IX, p. 338 dans ROMAN, ANE
Nous avons des chansons plaintives sur des sujets attendrissants ; celles-ci s'appellent romances ; c'est communément le récit de quelque aventure amoureuse ; leur caractère est la naïveté ; tout doit y être en sentiment, Oeuv. t. VI, p. 92 dans ROMANCE
Ces physiciens romanciers, qui, prenant leur imagination pour le livre de la nature, érigent leurs visions en découvertes et leurs songes en systèmes suivis, Oeuv. t. VI, p. 234 dans ROMANCIER
Il y avait dans sa beauté je ne sais quoi de romantique et de fabuleux qu'on n'avait vu jusque-là qu'en idée, Mém. IV dans ROMANTIQUE
L'âme ardente et l'imagination romantique de Mlle l'Espinasse lui firent concevoir le projet de sortir de l'étroite médiocrité où elle craignait de vieillir, ib. VII dans ROMANTIQUE
Un incident assez singulier rompit cette joyeuse société, Mém. VI dans ROMPRE
Au lieu de dénouer insensiblement, je rompis, ce fut une très grande faute, Mém. IV dans ROMPRE
Le style.... impétueux dans la colère, rompu dans la fureur, Oeuv. t. V, p. 209 dans ROMPU, UE
Sentir la rondeur périodique des vers, Oeuvr. t. X, p. 476 dans RONDEUR
Et les échos de ces sauvages bois Où le dieu Mars fait ronfler son tonnerre, Polym. ch. I dans RONFLER
Presque aveugle et rongé de vapeurs et d'ennui, Mém. VII dans RONGÉ, ÉE
Carle Vanloo, ce grand dessinateur et ce grand coloriste, et sa femme qui, la première, avec sa voix de rossignol, nous avait fait connaître les chants de l'Italie, Mém. IV dans ROSSIGNOL
La décence est une autre gêne pour les poëtes comiques ; une mère veut pouvoir mener sa fille au spectacle, sans avoir à rougir pour elle, si elle est innocente ; et sans la voir rougir, si elle ne l'est pas, Oeuv. t. IX, p. 402 dans ROUGIR
Roulant tour à tour sur les objets qui l'environnent des regards troublés et confus, où l'amour et la haine, l'indignation et la pitié se combattent et se succèdent, Cont. mor. Lausus et Lydie. dans ROULER
De là ces ruisseaux d'amertume qui se répandent dans tous les états, et qui empoisonnent, dans le coeur des pères, des mères, des enfants, les sources du bonheur domestique, Oeuvr. t. XVII, p. 217 dans RUISSEAU
Il balançait les avantages et les inconvénients qu'il y aurait à épouser la présidente, et calculait combien une femme de cinquante ans pouvait vivre encore en sablant tous les soirs sa bouteille de champagne, Cont. mor. Philos. soi-dis. dans SABLER
Non, madame, dit-il, restez ; il n'est plus temps ; je ne veux point de sacrifices, Mém. VIII dans SACRIFICE
Thomas sacrifia toujours à la vertu, à la vérité, à la gloire, jamais aux Grâces, Mém. VI dans SACRIFIER
À la sagacité de l'esprit appartient la finesse ; à la sagacité de l'âme appartient la délicatesse des sentiments et de l'expression, Oeuv. t. VI, p. 392 dans SAGACITÉ
Comme il se penchait sur son lit [de Mme de Pompadour] pour lui baiser la main, le roi parut : Ah ! madame, s'écria Crébillon, le roi nous a surpris ; je suis perdu. Cette saillie d'un vieillard de quatre-vingts ans plut au roi, Mém. IV dans SAILLIE
Ce qui est riche en architecture, c'est le mélange harmonieux des formes, des saillies et des contours, c'est une symétrie en grand, mêlée de variété, Oeuv. t. V, p. 347 dans SAILLIE
Jacquaut s'en aperçut, et voilà son petit coeur saisi de douleur et de crainte, Cont. mor. Mauv. mère. dans SAISI, IE
La peinture saisit son objet en action, mais ne le présente jamais qu'en repos, Élém. litt. Oeuv. t. IX, p. 408 dans SAISIR
Le soir la fièvre me saisit ; mon domestique se sentit frappé en même temps que moi, Mém. IX dans SAISIR
Afin que la séduction se saisisse à la fois des sens, de l'esprit et de l'âme, Oeuv. t. VIII, p. 275 dans SAISIR
Cette salubrité renommée de l'air qu'on respire à Béziers, Mém. VII dans SALUBRITÉ
Sans la bataille de Chéronée, Démosthène eût sauvé la Grèce, Oeuvr. t. IX, p. 203 dans SANS
Ah, jeune homme ! jeune homme ! s'écria Bélisaire, vous ne connaissez pas la maladie de la satiété, Bélis. VIII dans SATIÉTÉ
Distinguons deux espèces de satire : l'une politique, et l'autre morale ; l'une et l'autre ou générale, ou personnelle, Oeuv. t. X, p. 124 dans SATIRE
L'anapeste, alors assujetti par la gravité du spondée, n'est plus que coulant et rapide, et cesse d'être sautillant, Oeuv. t. V, p. 216 dans SAUTILLANT, ANTE
J'ai peint le caractère de Mme Gaulard dans l'un des Contes de la veillée, où, sous le nom d'Ariste, je me suis mis en scène, Mém. VII dans SCÈNE
L'esprit d'ordre et d'économie ne distinguait pas moins que le goût du travail notre police scolastique, Mém. I dans SCOLASTIQUE
Ce personnage sec et long qui se promène seul à l'écart, Contes moraux, Connaisseur. dans SEC, SÈCHE
J'allai à mes abbés gascons et à quelques autres de cette classe : je les trouvai à sec, Mém. III dans SEC, SÈCHE
Si, d'un côté, l'emphase, l'enflure, la redondance sont un excès contraire à la précision, la sécheresse est l'excès opposé, Oeuv. t. X, p. 214 dans SÉCHERESSE
Tout ce qui s'appelle devoir attriste l'âme, flétrit l'imagination, refroidit le désir, émousse cette pointe d'amour-propre qui fait tout le sel de l'amour, Contes mor. Soliman II dans SEL
Le sel du goût et de l'esprit n'a pas besoin d'être mêlé du sel amer de la satire, Oeuvres, t. XVII, p. 33 dans SEL
Si je voulais, je ferais semblant de ne pas vous entendre ou de ne pas vous croire ; mais je ne fais jamais semblant, Cont. mor. Connaiss. dans SEMBLANT
Les grands poëtes semblent n'avoir écrit que pour les grands peintres, Oeuvr. t. VII, p. 433 dans SEMBLER
Je vis venir chez moi mes deux abbés gascons de la rue des Mathurins, et j'en reçus une semonce du sérieux le plus comique, Mém. III dans SEMONCE
Cicéron était sénateur ; et le sénat était un roi que César avait détrôné, Oeuvres, t. VI, p. 415 dans SÉNATEUR
Le bon sens est la première qualité du génie ; et l'à-propos, la première loi du bon sens, Oeuv. t. VI, p. 194 dans SENS
La poésie tourne autour de son objet comme la sculpture, et le présente dans tous les sens, Oeuv. t. IX, p. 409 dans SENS
Sensible assez pour être aimante et bienfaisante, mais pas assez pour être le jouet de ses passions, Mém. VIII dans SENSIBLE
Cette sentence de Bacon : Celui qui a épousé une femme, et qui a mis des enfants au jour, a donné des otages à la fortune, Oeuv. t. VIII, p. 178 dans SENTENCE
Ce sentiment des convenances si juste, si délicat, si fin, qui semblait être en elle le pur instinct du goût, Mém. 1 dans SENTIMENT
Le sentiment du beau physique, soit en architecture, soit en harmonie, dépend essentiellement du rapport des objets avec nos organes, Oeuv. t. VI, p. 240 dans SENTIMENT
Malherbe, le premier, sentit quel heureux choix de mots pouvait donner aux vers français de la pompe et de l'harmonie, Oeuv. t. IV, p. 399, dans POUGENS dans SENTIR
La physique est à la poésie ce que l'anatomie est à la peinture : elle ne doit pas s'y faire trop sentir ; mais, revêtue des grâces de la fiction, elle y joint le charme de la vérité, Oeuvr. t. IX, p. 423 dans SENTIR
Dans sa politesse le sérieux de l'homme en place et du supérieur se faisait ressentir, Mém. V dans SÉRIEUX, EUSE
Hélas ! le seul office que je pouvais lui rendre, c'était de lui servir la messe, mais c'était un mérite à ses yeux, et voici pourquoi...., Mém. I dans SERVIR
Hortense, ajouta-t-il en s'en allant, vous n'avez pas voulu me faire de la peine ; mais que ceci vous serve de leçon, Cont. mor. Bon mari. dans SERVIR
Le siècle de Louis XIV a-t-il un ouvrage philosophique à mettre à côté de l'Émile ?, Oeuvr. t. IV, p. 430 dans SIÈCLE
Le siècle de Médicis, qui fut pour l'Italie le règne le plus florissant des lettres et des arts, ib. p. 392 dans SIÈCLE
Ah ! madame, me dit le comte avec dépit, vous êtes bien de votre siècle !, Cont. mor. Heureusement. dans SIÈCLE
Boissy m'écrivit une lettre qui était un vrai signal de détresse, Mém. V dans SIGNAL
Ce qui nuirait s'il était connu, doit demeurer à jamais caché ; et la vérité dangereuse a le silence pour asile, Cont. mor. Amitié à l'épr. dans SILENCE
Cette exclamation de Bossuet, qui fit une si forte impression sur son auditoire dans l'oraison funèbre d'Henriette : Madame se meurt, Madame est morte ! c'est le mot simple et commun qui en fait toute la force ; s'il eût dit : Madame est expirante, Madame expire, il n'eût produit aucun effet, Oeuv. t. V, p. 213 dans SIMPLE
Qu'en politique la dissimulation est permise, mais non pas la simulation, Oeuv. t. X, p. 434 dans SIMULATION
Les Italiens modernes sont moins graves : leur imagination singeresse et imitative, pour me servir de l'expression de Montaigne, a voulu essayer de tout, Oeuv. t. VII, p. 15 dans SINGERESSE
La fameuse situation de Phocas dans Héraclius, lorsque entre son fils et son ennemi, et ne pouvant discerner l'un de l'autre, il dit ces vers si beaux et tant de fois cités...., Oeuv. t. X, p. 148 dans SITUATION
Les situations comiques sont les moments de l'action qui mettent le plus en évidence l'adresse des fripons, la sottise des dupes, le faible, le travers, le ridicule enfin du personnage qu'on veut jouer, ib. p. 150 dans SITUATION
Le travail de l'imagination ne veut pas être embarrassé par celui des autres organes ; les Muses, a-t-on dit, sont chastes ; il aurait fallu ajouter qu'elles étaient sobres, Mém. IV dans SOBRE
Une règle plus délicate et plus difficile à prescrire, c'est l'économie et la sobriété dans la distribution des images, Oeuvr. t. VIII, p. 177 dans SOBRIÉTÉ
Dans les lettres de Sévigné, l'on voit distinctement ce que l'esprit de société avait acquis de politesse, d'élégance, de mobilité, de souplesse, d'agrément dans sa négligence, de finesse dans sa malice, de noblesse dans sa gaieté, de grâce et de décence dans son abandon même et dans toute sa liberté, Oeuv. t. IV, p. 413 dans SOCIÉTÉ
On dort si bien sur une chaise ! On est ici comme chez soi, Zém. et Az. I, 1 dans SOI
Les nouveaux venus, les plus jeunes apprenaient des anciens à soigner leurs habits, leur linge, à conserver leurs livres, Mém. I dans SOIGNER
Massillon, le plus élégant de nos orateurs sacrés, n'a rien tant soigné que son Petit carême, Oeuv. t. IX, p. 152 dans SOIGNER
Quand on a la soixantaine, Entre nous c'est bien la peine De voler deux ou trois ans, Fausse mag. sc. 6 dans SOIXANTAINE
Il n'avait en littérature qu'une légère superficie, il ne savait que son Ovide, Mém. VI dans SON
Le sonnet est peut-être le cercle le plus parfait qu'on ait pu donner à une grande pensée, et la division la plus régulière que l'oreille ait pu lui prescrire, Oeuv. t. V, p. 292 dans SONNET
Le sophisme est la fausse monnaie de l'éloquence, Oeuv. t. V, p. 321 dans SOPHISME
Les passions, qui sont de tous les sophistes les plus adroits et les plus dangereux, Oeuv. t. IX, p. 510 dans SOPHISTE
Le sorite est une suite d'enthymèmes enchaînés l'un à l'autre, Oeuvr. t. IX, p. 509 dans SORITE
La plus célèbre de toutes les soties est celle de Mère sotte, composée et représentée par ordre exprès de Louis XII, Oeuv. t. X, p. 156 dans SOT, OTTE
Elle était avec moi sur un ton de bonté soucieuse et mal assurée, Mém. VI dans SOUCIEUX, EUSE
À l'autre, d'un air et d'un ton plus amical : Bonjour, abbé, en lui donnant parfois un petit soufflet sur la joue, Mém. IV dans SOUFFLET
On souhaiterait à Plaute la politesse de Térence, à Térence la gaîté de Plaute, Oeuv. t. VI, p. 153 dans SOUHAITER
Les soulagements qu'il dépend de lui de leur donner le soulagent lui-même ; car il souffre à les voir souffrir, Mém. VI dans SOULAGEMENT
Quand je trouvais en lui des mouvements impétueux à réprimer, je les lui reprochais avec une franchise qui le soulevait quelquefois, mais qui ne l'irritait jamais, Mém. X dans SOULEVER
Quand il vous fallut prendre la plume et faire l'humble aveu d'une malheureuse folie, aveu qui cependant vous aurait honoré, votre diable d'orgueil se souleva, Mém. VIII dans SOULEVER
Les soupçons, dans le monde, valent des certitudes, Cont. mor. Alcib. dans SOUPÇON
Un excès d'aigreur ou d'amertume, dans les liqueurs, nous les rend odieuses ; une pointe, ou ce qu'on appelle un soupçon de l'une ou de l'autre, pique, éveille et flatte le goût, Oeuvr. t. XVIII, p. 223 dans SOUPÇON
À la souplesse de ses mouvements, on croyait voir un jeune cèdre dont la tige droite et flexible cède mollement aux zéphyrs, Cont. mor. Berg. Alp. dans SOUPLESSE
Celui qui veut, dans son style, avoir de la souplesse, de l'aménité, du liant et ce je ne sais quoi qu'on appelle du charme, fera très bien ; je crois, de vivre avec des femmes, Mém. VII dans SOUPLESSE
Elle [Mme de Geoffrin] estimait le baron d'Holbach, elle aimait Diderot, mais à la sourdine, et sans se commettre pour eux, Mém. VII dans SOURDINE
La galanterie fut telle, que la pudeur pouvait lui sourire ; et ni la décence ni la liberté ne se gênèrent mutuellement, Cont. mor. Bon mari. dans SOURIRE
C'eût été un effort de dissimulation que je n'aurais pu soutenir, Mém. IX dans SOUTENIR
La douleur du héros était celle d'un sage ; elle était profonde, mais sans éclat et soutenue de majesté, Bélis. VI dans SOUTENU, UE
Qu'une longue souvenance du passé éclaire un vieillard sur l'avenir, et qu'il la tourne en prévoyance, Oeuv. t. X, p. 434 dans SOUVENANCE
Il vous souvient de cette fête Où l'on voulut nous voir danser, la Fausse magie. dans SOUVENIR
L'esprit ne vit que de souvenirs, et rien de plus naturel que de prendre de bonne foi sa mémoire pour son imagination, Oeuv. t. IX, p. 266 dans SOUVENIR
Quelle fraîcheur et quel éclat dans l'étoffe soyeuse et légère qui flottait à longs plis autour d'elles !, Cont. mor. Laurette dans SOYEUX, EUSE
Souple et soyeux avec les gens en place de qui dépendaient les artistes, il [le comte de Caylus] se donnait auprès de ceux-là un crédit dont ceux-ci redoutaient l'influence, Mém. VI dans SOYEUX, EUSE
La première convention faite en faveur de l'art dramatique a été que le spectateur serait censé absent, Oeuv. t. III, p. 219 dans SPECTATEUR, TRICE
Lors même que la pensée est colorée par l'imagination ou animée par le sentiment, elle nous frappe d'autant plus qu'elle est plus spirituelle, c'est-à-dire plus vive, plus finement saisie, et d'une combinaison à la fois plus juste et plus nouvelle dans ses rapports, Oeuvr. t. IX, p. 416 dans SPIRITUEL, ELLE
Il faut que tous les incidents qui font sortir le caractère, soient naturellement amenés, de façon que chaque circonstance paraisse naître spontanément pour seconder l'intention du peintre, Oeuvr. t. VIII, p. 397 dans SPONTANÉMENT
En parlant de l'ode moderne, stance et strophe sont synonymes, Oeuvr. t. x, p. 158 dans STANCE
Dans nos entretiens sérieux et philosophiques, rien de plus stérile que lui, Mém. VI dans STÉRILE
Comme je n'ai jamais eu le caractère bien stoïque, je payais moins patiemment à la nature le tribut de douleur qu'elle m'imposait tous les ans, Mém. v dans STOÏQUE
Exprimer sa pensée avec le moins de mots et le plus de force qu'il est possible, voilà le style austère et grave, Oeuv. t. x, p. 217 dans STYLE
Le style de l'histoire doit être simple avec dignité, et d'un ton naturel également éloigné de l'affectation et de la négligence, de l'enflure et de la bassesse, ib. t. VIII, p. 126 dans STYLE
Le haut style est partout le même, parce qu'il est partout étranger à l'usage, et qu'il est pris dans l'analogie des images avec les idées, laquelle est à peu près la même dans tous les pays et dans tous les temps, ib. t. VII, p. 410 dans STYLE
Rien de plus difficile que les grâces ; celles du style consistent dans l'aisance, la souplesse, la variété de ses mouvements, et dans le passage naturel et facile de l'un à l'autre, Oeuv. t. x, p. 221 dans STYLE
En général, le ridicule touche au sublime ; et, pour marcher sur la limite qui les sépare, sans la passer jamais, il faut bien prendre garde à soi, Oeuv. t. v, p. 188 dans SUBLIME
Son langage était rapide, entrecoupé, plein de substance et de chaleur, Contes mor. les Quatre flacons dans SUBSTANCE
À mesure qu'il [Vaugelas] rebutait une foule de tours naïfs, qu'on ne retrouve plus que dans la Fontaine, un grand nombre de tours vigoureux et concis, et de phrases substantielles qui sont perdues depuis Montaigne...., Oeuv. t. x, p. 426 dans SUBSTANTIEL, ELLE
Si, d'après l'examen des comptes, une subvention nouvelle était indispensable, ils consentiraient que l'imposition en fût égale sur tous les biens, Mém. XI dans SUBVENTION
En général, après des succès on doit s'attendre à trouver le public plus difficile et plus sévère ; c'est une réflexion que je ne faisais pas assez, Mém. X dans SUCCÈS
Il y a pour les talents deux succès et deux récompenses : le succès du moment et le succès de l'avenir, Oeuv. t. VII, p. 366 dans SUCCÈS
Ah ! ma fille, la triste et pénible résolution que celle de vivre seul, et de suffire à soi-même ! l'homme est trop faible pour se soutenir, Cont. mor. Misanth. corr. dans SUFFIRE
Le sein suffoqué de sanglots, sans couleur, presque inanimée, Cont. mor. Lauret. dans SUFFOQUÉ, ÉE
Si une suite d'incidents, de situations terribles ou touchantes, faisait la bonne tragédie, plusieurs de nos drames modernes l'emporteraient sur Athalie, Britannicus, Cinna, Oeuv. t. v, p. 73 dans SUITE
On croit suivre ses volontés, en suivant les volontés de ce qu'on aime, Cont. mor. Tout ou rien. dans SUIVRE
Ce n'est pas, comme l'a entendu l'abbé Terrasson, la colère d'Achille en elle-même, mais la colère d'Achille fatale aux Grecs, qui fait le sujet de l'Iliade, Oeuvres, t. VIII, p. 431 dans SUJET
Il en avait marqué un superbe dépit, Mém. VII dans SUPERBE
Ce n'est pas le fonds, mais la superficie des moeurs qui a changé, Oeuv. t. XVI, p. 376 dans SUPERFICIE
On lui fait réciter ses vers ; il amuse, il met tous ses soins à se rendre agréable ; et, avec cette superficie d'esprit et ce vernis de poésie qui était son unique talent, il réussit, Mém., p. 203, éd. 1843 dans SUPERFICIE
Tout paraît stérile à des esprits stériles ; tout n'a que des superficies pour des esprits superficiels ; et pour des esprits naturellement obscurs tout est chaos, Oeuv. t. VIII, p. 270 dans SUPERFICIEL, ELLE
Il faut éviter la superfluité des choses comme la surabondance des mots, Oeuvres, t. VIII, p. 496 dans SUPERFLUITÉ
Le sentiment supplée à tout, et rien ne supplée au sentiment, Oeuvr. t. VIII, p. 482 dans SUPPLÉER
La piété envers les étrangers, le respect pour les suppliants, le caractère inviolable qu'imprimait la mort aux volontés dernières, Oeuvr. t. IX, p. 315 dans SUPPLIANT, ANTE
Ses mains tremblantes serraient les miennes, et je puis dire que ses beaux yeux étaient en suppliants attachés sur les miens, Mém. III dans SUPPLIANT, ANTE
C'est un supplice pour les artistes que les préceptes donnés par ceux qui ne sont point de l'art, Oeuv. t. x, p. 520 dans SUPPLICE
J'eus une pension de douze cents livres sur le Mercure, et je fus content, Mém. v. dans SUR
Il n'y avait là, me disait-on, que d'honnêtes gens, des gens sûrs, Mém. VI dans SÛR, ÛRE
Docile aux usages innocents, incorruptible aux mauvais exemples, il surnageait au torrent du monde, Cont. mor. Bonne mère. dans SURNAGER
Rien n'est plus inutile, à mon avis, que le mélange des êtres surnaturels avec les hommes, Oeuvres, t. VII, p. 295 dans SURNATUREL, ELLE
Dans une syllabe composée de plusieurs consonnes qui semblent se presser autour d'une voyelle, sphinx, grecs, Cécrops, la réunion précipitée de toutes ces articulations en un temps syllabique rend l'action de l'organe pénible et confuse, Oeuvr. t. VIII, p. 33 dans SYLLABIQUE
Le symbole est un signe relatif à l'objet dont on veut réveiller l'idée, Oeuvr. t. VII, p. 181 dans SYMBOLE
La faucille est le symbole des moissons, la balance est le symbole de la justice, ib. t. X, p. 237 dans SYMBOLE
La seule voix qu'on peut donner à l'acteur pantomime, est celle de la symphonie, parce qu'elle est vague et confuse ; qu'elle ne gêne point l'action, Oeuvr. t. IX, p. 165 dans SYMPHONIE
Il syncope les mots, quand il plaît à l'oreille, Oeuvr. t. x, p. 194 dans SYNCOPER
On savait qu'il avait sans cesse sous les yeux des tableaux complets et précis de la situation des finances, Mém. XI dans TABLEAU
Instruire, persuader, émouvoir, sont la tâche de l'éloquence en général ; mais, selon le sujet, elle s'adresse plus directement à l'esprit ou à l'âme, Oeuvr. t. VI, p. 46 dans TÂCHE
Voir broyer tes couleurs et tailler tes crayons, Épît. à Voltaire. dans TAILLER
Pascal, en épurant la langue, l'a, pour ainsi dire, passée à un tamis trop fin ; il n'a pas assez conservé de la substance de Montaigne, Oeuv. t. x, p. 424 dans TAMIS
Donnez, donnez, dit-il, puisqu'on a tant fait que de les égorger [des moutons], il faut bien que quelqu'un les mange, Cont. mor. Philos. soi-dis. dans TANT
Necker n'en fut pas moins taxé de vanité pour avoir publié ce compte, Mém. XI dans TAXÉ, ÉE
C'était un caractère singulier que le sien [Mme Geoffrin], et difficile à saisir et à peindre, parce qu'il était tout en demi-teintes et en nuances, Mém. VI dans TEINTE
De deux témoignages, le moins suspect n'est pas celui que l'on dépose, mais celui qu'on laisse échapper, Oeuv. t. VIII, p. 344 dans TÉMOIGNAGE
Je ne me doutais pas que la tempérance fût la nourrice du génie, et cependant rien n'est plus véritable, Mém. IV dans TEMPÉRANCE
Dans une monarchie vaste et tranquille, où une partie des forces de la nation suffit à sa défense, le bonheur public tient essentiellement à des moeurs tempérées, Oeuv. t. x, p. 314 dans TEMPÉRÉ, ÉE
L'âge avait fait pour lui ce que la nature avait fait pour d'Alembert : il avait tempéré tous les mouvements de son âme, Mém. VI dans TEMPÉRER
Après sa banqueroute, réfugié au Temple, lieu de franchise alors pour les débiteurs insolvables, Mém. VI dans TEMPLE
Le temps nous pressait ; j'écrivis très rapidement le poëme, Mém. x. dans TEMPS
Dans tous les temps il y a eu la raison du peuple et la raison des sages ; dans tous les temps il y a eu le goût du vulgaire et le goût d'un monde plus cultivé, Oeuv. t. x, p. 29 dans TEMPS
Le dîner, après la toilette, fut animé d'une gaieté du bon vieux temps, Mém. x. dans TEMPS
Dans l'accent naturel de la parole, ainsi que dans celui du chant, dans la quantité prosodique et dans la mesure vocale, il y a des temps forts et des temps faibles, Oeuv. t. VIII, p. 458 dans TEMPS
En arrivant, j'allai recevoir cette lyre, et tout d'un temps je la vendis, Mém. II dans TEMPS
Une tendance vers le bien, que nul obstacle ne dérange, Bélis. 13 dans TENDANCE
Les rideaux des fenêtres n'étaient qu'entr'ouverts ; un jour tendre se glissait dans l'appartement à travers des ondes de pourpre, Contes mor. Alcib. dans TENDRE
En réclamant son titre de gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, il [Voltaire] tendait lui-même le bout de la chaîne avec lequel on l'aurait attaché si on avait voulu, Mém. v. dans TENDRE
Est-ce à un homme qui a servi vingt ans sa patrie, qui s'est retiré couvert de blessures, et qui depuis n'a cessé de travailler sans relâche, est-ce à lui de tendre la main ?, Cont. mor. Lauret. dans TENDRE
Le talent d'un esprit fin, c'est de persuader qu'il ne tend pas à l'être ; et cet artifice est au comble, quand la finesse a l'air de la naïveté, Oeuv. t. VII, p. 465 dans TENDRE
On tient à ses propres résolutions par ce sentiment de liberté qui résiste à celles des autres, Cont. mor. Fem. com. peu. dans TENIR
Voltaire, de retour de Berlin, d'où il avait fait chasser le malheureux d'Arnaud, et où il n'avait pu tenir lui-même, Mém. v. dans TENIR
Ses accès lui prenaient par des éclats de rire involontaires ; au rire succédait une tension dans tous ses membres, Mém. III dans TENSION
Vous concevez qu'une tension continuelle et une hauteur monotone devaient être le défaut des écrits de Thomas, Mém. X dans TENSION
Louis XIV faisait observer sur la carte à l'un de ses courtisans quel petit espace la France occupait dans le monde : Vraiment, sire, dit le courtisan, tant vaut l'homme, tant vaut sa terre, Oeuv. t. VII, p. 468 dans TERRE
Son fils donnait tête baissée dans les égarements de son âge, Cont. mor. École pér. dans TÊTE
Elle avait pour maxime que, lorsque dans le monde on entendait dire du mal de ses amis, il ne fallait jamais prendre vivement leur défense et tenir tête au médisant ; car c'était le moyen d'irriter la vipère et d'en exalter le venin, Mém. VI dans TÊTE
Dans les arts soumis au calcul, la théorie devance et conduit la pratique ; dans les arts où président le génie et le goût, c'est au contraire la pratique qui précède la théorie : l'exemple donne la leçon, Oeuv. t. IX, p. 430 dans THÉORIE
Leur théorie [des dramaturges tirant leur pathétique des accidents de la vie commune] roule sur deux erreurs, l'une que tout ce qui intéresse est bon pour le théâtre ; l'autre, que tout ce qui ressemble à la nature est beau, et que l'imitation la plus fidèle est toujours la meilleure, Oeuv. t. VII, p. 38 dans THÉORIE
En Allemagne on a renchéri sur cette formule de politesse [le vous], en ajoutant le pluriel à la tierce personne, Oeuv. t. x, p. 258 dans TIERS, ERCE
Cette voix était la plus rare que l'on eût entendue, soit par le volume et la plénitude des sons, soit par l'éclat perçant de son timbre argentin, Mém. IV dans TIMBRE
Qu'on ne soit plus surpris, si, à mesure que le goût devient plus difficile, l'imagination devient plus timide et plus froide, Oeuv. t. VI, p. 69 dans TIMIDE
La facilité du public à applaudir les tirades et les portraits, a fait de nos scènes de comédie des galeries d'enluminures, Oeuv. t. VI, p. 491 dans TIRADE
Lubin tire le pied et ôte son chapeau avec les grâces naïves de la nature, Cont. mor. Ann. Lub. dans TIRER
On tire au volume, non pas pour la raison qu'en donne Pline, qu'il en est d'un bon livre comme de toute autre chose, et que plus il est grand, meilleur il est ; mais parce que les plaideurs, dit-on, mesurent le prix du plaidoyer à son étendue et à sa durée, Oeuv. t. v, p. 318 dans TIRER
Nous ne retrouvions au logis que le feu de quelques tisons qui se baisaient sous la marmite, et auxquels à peine tour à tour nous était-il permis de dégeler nos doigts, Mém. I dans TISON
Au bruit que la toile fit à mon oreille en se levant, mon sang se gela dans mes veines, Mém. III dans TOILE
Ne fût-ce même que pour cacher le besoin qu'on a quelquefois de baisser la toile, il serait à souhaiter qu'on la baissât toujours dès qu'un acte serait fini, Oeuv. t. VII, p. 220 dans TOILE
Il savait par coeur tous ces petits propos de toilette, tous ces jolis mots qui ne disent rien, Cont. mor. Bonne mère. dans TOILETTE
Les Italiens avaient peu de mots dont la finale se soutînt, et ils en avaient un nombre infini dont la finale était brève et tombante, Oeuv. t. VIII, p. 456 dans TOMBANT, ANTE
Si ma détention à la Bastille avait duré huit jours encore, elle aurait été mon tombeau, Mém. VI dans TOMBEAU
Bélise ne répondit point ; elle était tombée dans une rêverie profonde et dans un sérieux glacé, Contes mor. Scrup. dans TOMBER
Dans le langage, on appelle ton le caractère de noblesse, de familiarité, de popularité, le degré d'élévation ou d'abaissement qu'on peut donner à l'élocution, depuis le bas jusqu'au sublime, Oeuv. t. X, p. 253 dans TON
Ton se dit aussi des autres caractères que l'expression reçoit de la pensée, de l'image, du sentiment : le ton triste de l'élégie, le ton galant du madrigal, le ton léger de la plaisanterie, le ton pathétique, le ton sérieux, Oeuv. t. X, p. 254 dans TON
Les moeurs, le goût et les usages du grand monde ont passé dans la bourgeoisie, il n'y a presque plus que deux tons, et il n'est plus permis à celui du peuple de dominer même dans la comédie, ib. t. VIII, p. 378 dans TON
Le bon ton, dans ce qui s'appelle la bonne compagnie, est un système de convenances qu'elle s'est fait à elle-même et qui lui est particulier ; il interdit en général une familiarité déplacée, et par conséquent tous les mots, tous les tours de phrase qui supposent, dans celui qui parle, la négligence des égards qu'il doit à la société, Oeuv. t. X, p. 256 dans TON
Le bon ton n'est autre chose que le bon goût mis en pratique, ib. p. 255 dans TON
Dès lors tous les acteurs furent forcés de se vêtir sur ce modèle : plus de paniers pour les dames grecques et romaines, plus de chapeaux à grands panaches pour Mithridate et pour Auguste, plus de tonnelets aux cuirasses, plus de manchettes, plus de gants à frange, plus de perruques volumineuses pour les héros de l'antiquité, Oeuv. t. VI, p. 351 dans TONNELET
Ce ne sont pas les mots, mais la chose et la totalité du sentiment et de la pensée, que l'action doit exprimer, Oeuv. t. VI, p. 285 dans TOTALITÉ
C'est à la vérité de l'expression, à la force des touches, au choix des situations et des oppositions que le critique doit s'attacher, Oeuv. t. VI, p. 256 dans TOUCHE
La plupart des grandes pensées prennent le tour de l'antithèse, soit pour marquer plus vivement les rapports de différence et d'opinion, soit pour rapprocher les extrêmes, Oeuv. t. v, p. 237 dans TOUR
Vous concevez qu'après avoir vu périr toute ma famille du mal de poitrine, j'avais quelque raison de croire que c'était mon tour, Mém. VIII dans TOUR
Boileau a tourmenté cet endroit de son poëme [le Lutrin] ; il avait mis d'abord un horloger à la place du perruquier ; il trouva que le personnage n'était pas assez comique, il changea et ne fit pas mieux, Oeuv. t. IX, p. 175 dans TOURMENTER
Je vis la tournure et le ton que prenait la plaisanterie, Mém. VII dans TOURNURE
Timidité touchante dans un homme dont le regard était tout esprit et tout âme, Mém. VI dans TOUT, TOUTE
À mesure que, dans un ouvrage, le caractère de la pensée tient plus à l'expression, la traduction devient plus épineuse, Oeuv. t. x, p. 270 dans TRADUCTION
Ils [les modernes] ont fait le la tragédie non pas le tableau des calamités de l'homme esclave de la destinée, mais le tableau des malheurs et des crimes de l'homme esclave de ses passions ; dès lors le ressort de l'action tragique a été dans le coeur de l'homme, et tel est le nouveau système dont Corneille est le créateur, Oeuv. t. x, p. 291 dans TRAGÉDIE
Oedipe, les yeux crevés et encore sanglants, était souffert sur un théâtre immense ; sur nos petits théâtres il eût révolté ; le tragique, en s'affaiblissant, a observé les lois de la perspective, Oeuvres, t. v, p. 37 dans TRAGIQUE
Il [Piccini] écrivait son chant d'un trait de plume, Mém. IX dans TRAIT
On est disposé naturellement à chercher et à croire démêler dans les traits d'un homme ce que l'on sait qu'il a dans le coeur, Cont. mor. Bonne mère. dans TRAIT
Un traiteur, qui pour mes dix-huit sous me donnait un assez bon dîner ; j'en réservais une partie pour mon souper, et j'étais bien nourri, Mém. III dans TRAITEUR
J'ai eu lieu d'admirer plus d'une fois comment se noue et se dénoue la trame de nos destinées, et de combien de fils déliés et fragiles le tissu en est composé, Mém. II dans TRAME
Juges superficiels et tranchants, Oeuv. t. v, p. 146 dans TRANCHANT, ANTE
Quand l'affection est mutuelle à un même degré, c'est l'union la plus étroite, c'est le plus parfait accord qui puisse régner entre deux êtres sensibles ; c'est enfin, s'il est permis de le dire, la transfusion et la coexistence de deux âmes, Oeuv. t. XVI, p. 448 dans TRANSFUSION
S'il s'éloigne trop de l'original, il ne traduit plus, il imite ; s'il le copie trop servilement, il fait une version et n'est que translateur ; n'y aurait-il pas un milieu à prendre ?, Oeuv. t. x, p. 268 dans TRANSLATEUR
La raison et la vérité se transmettent, l'industrie peut s'imiter ; mais le génie ne s'imite point, Oeuv. t. v, p. 220 dans TRANSMETTRE
La beauté de cette allégorie est d'être simple et transparente, Oeuv. t. VII, p. 377 dans TRANSPARENT, ENTE
On chercherait vainement, dans la prose si travaillée d'Ablancourt, la force et la vigueur du style de Tacite, Oeuv. t. x, p. 269 dans TRAVAILLÉ, ÉE
Nous sortîmes en frémissant, et nous sentîmes les rochers auxquels la digue est appuyée trembler à cent pas de distance, Mém. VII dans TREMBLER
Ce fut alors que commencèrent les tribulations d'auteur, Mém. III dans TRIBULATION
L'éloquence n'a plus de tribune ; mais la chaire en est une encore pour cette morale sublime que rend plus pure et plus touchante la sainteté de ses motifs, Oeuv. t. x, p. 105 dans TRIBUNE
Elle avait un appartement dans un couvent de religieuses et une tribune à l'église des Capucins, mais avec autant de mystère que les femmes galantes de ce temps-là avaient de petites maisons, Mém. VI dans TRIBUNE
Le couplet ne peut guère avoir de plus jolie forme que celle du triolet, Oeuv. t. v, p. 292 dans TRIOLET
Les talents vulgaires se persuadent que la fiction par excellence consiste à employer dans la composition les divinités de la Fable, et que hors de la mythologie il n'y a point d'invention ; sur ce principe, ils couvrent leurs toiles de cuisses de nymphes et d'épaules de tritons, Oeuv. t. VII, p. 434 dans TRITON
Si Marc-Antoine le triumvir n'eût pas connu les grands moyens de l'éloquence pathétique [haranguant le peuple après le meurtre de César], César n'eût pas été vengé, Oeuvres, t. IX, p. 204 dans TRIUMVIR
Le trivial a beau être touchant : je ne vais point au spectacle, a dit un homme de sens et de goût, pour n'y voir et pour n'y entendre que ce que je vois et ce que j'entends en me mettant à ma fenêtre, Oeuv. t. VII, p. 41 dans TRIVIAL, ALE
L'abbé de Bernis et Duclos allaient la voir ensemble tous les dimanches ; et, comme ils avaient l'un et l'autre quelque amitié pour moi, j'allais en troisième avec eux, Mém. IV dans TROISIÈME
On croit tromper les autres, mais on ne se trompe jamais soi-même, Oeuv. t. VI, p. 168 dans TROMPER
Plusieurs de ces poëtes, appelés troubadours, étaient bons gentilshommes, quelques-uns princes couronnés ; le plus grand nombre, ambulants comme Homère, vivaient à peu près comme lui, Oeuv. t. IX, p. 338 dans TROUBADOUR
J'imagine un trouble-fête Auquel il ne s'attend pas, Fauss. mag. sc. 10 dans TROUBLE-FÊTE
On crut que la Bastille m'avait troublé la tête, Mém. VI dans TROUBLER
Voilà un homme que l'on peut prendre et renvoyer sans précaution et sans éclat ; heureux ou malheureux, cela ne dit mot : on n'est à son aise qu'avec ces gens-là, un Eraste est une trouvaille, Cont. mor. Tout ou rien. dans TROUVAILLE
Cette réponse traduite en un français tudesque avait été envoyée à Fontainebleau, où était la cour, Mém. v. dans TUDESQUE
Une singularité remarquable dans l'usage du tutoiement, c'est qu'il est moins permis dans le comique que dans le tragique, Oeuv. t. x, p. 370 dans TUTOIEMENT ou TUTOÎMENT
Une bataille est une, quoique cent mille hommes d'un côté et cent mille hommes de l'autre en balancent l'événement et se disputent la victoire : voilà l'image de l'action, Oeuv. t. x, p. 374 dans UN, UNE
À Paris on voit plus d'un fripon qui se dupent l'un l'autre, Incas, XLV dans UN, UNE
L'unité de moeurs consiste dans l'égalité du caractère, ou plutôt dans son accord avec lui-même, Oeuv. t. x, p. 382 dans UNITÉ
Dans la manière de s'exprimer, comme dans celle de se vêtir, l'usage diffère de la mode, en ce qu'il a moins d'inconstance, Oeuv. t. x, p. 406 dans USAGE
Dans tous les temps, le grand nombre ne cultive de son esprit que les facultés usuelles, Oeuv. t. IV, p. 443 dans USUEL, ELLE
On peut dire qu'il y a du vague dans les caractères que nous donnons au beau, mais il y a aussi du vague dans l'opinion qu'on y attache, Oeuv. t. V, p. 360 dans VAGUE
Il faut bien se garder de déterminer certaines expressions dont le vague fait toute la force, Oeuv. t. VIII, p. 165 dans VAGUE
Il y a des hommes vaguement ambitieux et irrésolus encore, ou mal affermis dans la route qu'ils doivent suivre, Oeuv. t. XVI, p. 372 dans VAGUEMENT
Chez les Grecs, lorsque l'éloquence devint oiseuse, elle fut vague et vaine, Oeuvres, t. IV, p. 372, dans POUGENS dans VAIN, AINE
Il est deux choses que les hommes vains ne trouvent jamais trop fortes, la flatterie pour eux-mêmes, la médisance contre les autres, Oeuv. t. VI, p. 149 dans VAIN, AINE
La vanité est la mère des ridicules, comme l'oisiveté est la mère des vices, Oeuv. t. IX, p. 352 dans VANITÉ
Les événements passés demandent, pour être agrandis aux yeux de l'imagination, non-seulement une grande distance, mais une certaine vapeur répandue dans l'intervalle, Oeuv. t. II, p. 327 dans VAPEUR
Un peu semblable à cet Anglais vaporeux qui croyait être de verre, elle évitait comme autant d'écueils tout ce qui l'aurait exposée au choc des passions humaines, Mém. VI dans VAPOREUX, EUSE
Une société choisie, composée au gré de ma femme, y venait successivement varier mes loisirs, et jouir avec nous de cette opulence champêtre...., Mém. X dans VARIER
Les plaisirs peu vifs, mais tranquilles d'une douce végétation, en un mot une vie paisiblement active, le sauvait de l'ennui de la solitude, Cont. mor. Misanth. corr. dans VÉGÉTATION
Le véhément Bridaine a déchiré plus de coeurs et fait couler plus de larmes que le savant et profond Bourdaloue, et, si j'ose le dire, que le sublime Bossuet, Oeuv. t. v, p. 18 dans VÉHÉMENT, ENTE
Mme du Deffant, après avoir veillé toute la nuit chez elle-même ou chez Mme de Luxembourg, qui veillait comme elle, donnait tout le jour au sommeil, Mém. VIII dans VEILLER
Son teint à peine encore velouté du duvet de l'adolescence, Cont. Mor. Heureus. dans VELOUTÉ, ÉE
Nous eûmes le bonheur de voir le vénérable Massillon, Mém. I dans VÉNÉRABLE
J'avais pour Mme Necker la plus sincère vénération ; car je n'avais vu en elle que bonté, sagesse et vertu, Mém. X dans VÉNÉRATION
Boileau, critique peu sensible, mais judicieux et solide, ne fut pas le restaurateur du goût ; il en fut le vengeur et le conservateur, Oeuv. t. IV, p. 417 dans VENGEUR, GERESSE
Aussi voit-on dans ses premiers écrits [de J. J. Rousseau] une plénitude étonnante, une virilité parfaite ; et dans les miens, tout se ressent de la verdeur ou de la faiblesse d'un talent que l'étude et la réflexion n'ont pas assez longtemps mûri, Mém. IV dans VERDEUR
Vous, Nelson, vous, la vérité même, vous voulez que je me déguise, que j'en impose à votre ami !, Cont. mor. Amit. à l'épr. dans VÉRITÉ
Je l'aurais préféré à tout autre, dit Alcimon. - En vérité ? - Rien n'est plus sincère, Cont. mor. École pèr. dans VÉRITÉ
À sa maigreur, à sa toux, au vermillon brûlant dont sa joue était colorée, je croyais reconnaître la même maladie dont mon père était mort, Mém. II dans VERMILLON
À présent ce qui m'occupe, c'est la couleur de votre voiture : le vernisseur n'attend que votre goût, Cont. mor. Fem. com. peu. dans VERNISSEUR
L'habitude, le préjugé, l'opinion sont autant de verres diversement colorés, à travers lesquels chacun de nous voit les objets ; la passion est un microscope, Oeuv. t. x, p. 452 dans VERRE
Le vers blanc peut être aussi harmonieux que le vers rimé, à la consonance près, dont l'habitude a fait un plaisir pour l'oreille, Oeuv. t. v, p. 372 dans VERS
Ce n'est pas à vingt-deux ans que le veuvage est un état libre, Contes mor. Bon mari. dans VEUVAGE
Dans cet état de solitude, qui est la viduité de l'âme, il [d'Alembert] avoue que son courage ne suffit point à son malheur, Oeuv. t. XVII, p. 50 dans VIDUITÉ
Fontenelle disait d'une vieille femme qui avait encore de la grâce et de la sensibilité : on voit que l'amour a passé par là, Oeuv. t. VII, p. 465 dans VIEIL ou VIEUX, VIEILLE
Rien, ou presque rien de la langue de Pascal n'a vieilli ; cela prouve sans doute un goût pur et sévère, mais trop sévère et trop exquis, Oeuv. t. x, p. 424 dans VIEILLIR
On demande pourquoi il est des auteurs dont le style a moins vieilli que celui de leurs contemporains, ib. t. VII, p. 94 dans VIEILLIR
J'ai pour toi la tendresse d'un amant, la franchise d'un ami, et l'inquiète vigilance d'un père, Cont. mor. Bon mari. dans VIGILANCE
Par quelle vanité voulons-nous que, dans la nôtre [langue], tout ce qui est à l'usage du peuple contracte un caractère de bassesse et de vileté ?, Oeuv. t. x, p. 438 dans VILETÉ ou VILITÉ
Le temps où dans la poésie champêtre il a fallu non-seulement distinguer l'idylle de l'églogue, mais l'une et l'autre du genre villageois, Oeuv. t. VIII, p. 135 dans VILLAGEOIS, OISE
De quoi se mêlent les théologiens de tyranniser les esprits, et d'exciter les princes à employer la force pour violenter la croyance ?, Mém. VIII dans VIOLENTER
Le vis comica de Térence, Contes mor. Connaiss. dans VIS
Il visait souvent à être fin, et tournait si bien ce qu'il voulait dire, qu'il ne savait plus ce qu'il disait, Cont. mor. Heureus. dans VISER
La mort de Marivaux en 1763 laissant une place vacante, je fis les visites d'usage, de l'air d'un homme qui n'avait rien à craindre, Mém. VII dans VISITE
Plein de volonté pour tout ce qui lui semble honnête, la vitesse de son action égale celle de sa pensée, Mém. X dans VITESSE
J'étais heureux, lorsque dans la petite chambre de d'Alembert, chez sa bonne vitrière, faisant avec lui tête à tête un dîner frugal...., Mém. IV dans VITRIÈRE
La tragédie chez les Grecs ne fut que le tableau vivant de leur histoire, Oeuv. t. IX, p. 394 dans VIVANT, ANTE
Tous les détails de l'expression [chez un acteur], toutes les nuances de la pensée et du sentiment sont aperçus et vivement sentis, Oeuv. t. x, p. 319 dans VIVEMENT
Je le verrai, madame, je sais vivre, et l'on peut se fier à moi sur l'article des procédés, Contes mor. Quatre flacons. dans VIVRE
Ces vivres consistaient en un gros pain de seigle, un petit fromage, un morceau de lard et deux ou trois livres de boeuf ; ma mère y avait ajouté une douzaine de pommes, Mém. 1 dans VIVRE
Telle fut l'origine de ces contes moraux qui ont eu depuis tant de vogue en Europe, Mém. v. dans VOGUE
Mon ami, me dit-il, nous l'avons aimé vous et moi ; ne pensons qu'à cela ; jetons un voile sur tout le reste, Mém. VII dans VOILE
Voiler et peindre est un art difficile, Polymn. ch. 2 dans VOILER
Les objets qu'il [Lamotte] parcourt ne sont liés que par des que vois-je et que vois-je encore ? c'est une galerie de tableaux, et, qui pis est, de tableaux mal peints, Oeuv. t. IX, p. 38 dans VOIR
C'était à qui saisirait le plus vite, et comme à la volée, le moment de placer son mot, son conte, son anecdote, Mém. IV dans VOLÉE
J'allai répandre mon chagrin dans le sein de Mme Harenc : " Assurément, dit-elle, c'est bien là voler sur l'autel, ", Mém. III dans VOLER
Comme un éclair, la flatteuse espérance Brille à mes yeux et semble voltiger, Fausse mag. sc. 11 dans VOLTIGER
Pour rendre intarissable la source des eaux du canal et en mesurer le volume, sans jamais le faire dépendre du cours des rivières voisines, Mém. VII dans VOLUME
Cette voix éclatante, qui remplissait la salle de son volume harmonieux, Cont. mor. Soliman, II dans VOLUME
Les palmes s'entrelacent dans l'intervalle des colonnes, et leurs volutes naturelles dérobent aux yeux séduits l'épaisseur de l'entablement, Cont. mor. Heur. div. dans VOLUTE
Ce mot de Mme de Sévigné à sa fille : J'ai mal à votre poitrine ; expression de génie, si l'on peut appeler ainsi ce que le coeur a inventé, Oeuv. t. VII, p. 474 dans VOTRE
Si le vrai seul est aimable, il faut avouer qu'il ne l'est pas toujours ; il est donc important de choisir, dans la nature, des détails dignes de plaire, et dont l'expression naïve et simple n'ait rien de grossier ni de bas, Oeuv. t. VII, p. 92 dans VRAI, AIE
Quelle fut notre joie de le voir revenir à vue d'oeil et se ranimer comme une plante desséchée et mourante que l'on arrose !, Mém. x dans VUE
J'entends les zélateurs de Boileau s'écrier que je lui préfère Ronsard, Oeuv. t. v, p. 199 dans ZÉLATEUR, TRICE