Charles Pinot, sieur DUCLOS (1704 - 1772)

Citations

Ce n'est pas moi que l'on abuse ainsi : Qu'à quelque enfant ces ruses on employe, 445 dans À
De m'effrayer depuis ce presage ne cesse ; Mais j'en consulterai sans plus à ma maistresse, 505 dans À
Bienfaiteur est un de ces mots composés qui portent avec eux leur définition ; le bienfaiteur est celui qui fait du bien.... mais tous les bienfaits ne partent pas de la bienfaisance, Considérations sur les moeurs, ch. XVI dans BIENFAISANCE
Le Français n'a point d'âge mûr, et passe de la jeunesse à la caducité, Considér. sur les moeurs, V, ch. 1 dans CADUCITÉ
Nous n'avons point de cas en français ; nous nommons l'objet de notre pensée ; et les rapports sont marqués par des prépositions ou par la place du mot, Rem. sur la gramm. II, 6 dans CAS
Je vous prie, vous qui estes par de là, avisiez à fraper un beau coup sur le duc de Bourgogne.... et j'espere faire si bonne diligence par deçà que vous connoissiez que je n'ay pas chomé tant que j'y auray demeuré, Preuv. de Louis XI, p. 399, dans LACURNE dans CHÔMER
Le cardinal, voyant qu'il avait à faire à un contradicteur peu complaisant, balbutia ; car il passait quelquefois de l'audace du brigand au déconcertement du friponneau, Mém. règ. Oeuvres, t. VI, p. 106, dans POUGENS dans DÉCONCERTEMENT
C'est moins à leurs vexations qu'à l'insolence de quelques-uns d'entre eux que les financiers doivent rapporter le décri où ils sont encore, Considérations sur les moeurs, ch. IX dans DÉCRI
Si devons de ce avertir le roy en luy requerant et conseillant qu'il y mette remede et fasse faire justice et raison de ceux qui sont cause de la depopulation du peuple, Preuves de Louis XI, p. 289, dans LACURNE dans DÉPOPULATION
On ne déprise avec affectation que par le chagrin de ne pouvoir mépriser, dans le Dict. de POITEVIN. dans DÉPRISER
L'espèce, terme nouveau mais qui a un sens juste, est l'opposé de l'homme de considération ; l'espèce est celui qui, n'ayant pas le mérite de son état, se prête encore de lui-même à son avilissement, Considér. sur les moeurs, ch. 5 dans ESPÈCE
Il [Louis XIV] préférait la soumission aux lumières, et disait quelquefois qu'il craignait les esprits, Règne de Louis XIV, Oeuvres, t. v, p. 175, édit. DELAUNAY. dans ESPRIT
On est fâché pour l'honneur de Virgile, d'Horace, d'Ovide, et autres, que le nom de Cicéron ne se trouve pas une seule fois dans leurs ouvrages, Consid. Moeurs, ch. 3 dans FÂCHÉ, ÉE
Toutes les facultés de l'âme se réduisent à sentir et penser ; nos plaisirs consistent à aimer et connaître, Consid. moeurs, ch. II dans FACULTÉ
Plus l'esprit est faible, plus il imagine de chimères, Hist. Louis XI, Oeuvres, t. II, p. 459, dans POUGENS. dans FAIBLE
Elle savait que le faible de ce prince, jaloux de son autorité, était de paraître tout faire par lui-même, Louis XIV, Oeuvres, t. v, p. 182, dans POUGENS dans FAIBLE
L'impulsion à laquelle ce prince obéissait, n'altérait point son jugement : vrai caractère de la faiblesse !, Règne de Louis XIV, Oeuv. t. v, p. 96, dans POUGENS. dans FAIBLESSE
Ses maximes [du duc de Bourgogne] étaient que les rois sont faits pour les sujets, et non les sujets pour les rois, Règne de Louis XIV, Oeuvres, t. V, p. 51, dans POUGENS. dans FAIT, AITE
En fait de procédés, on est bien près du mépris, quand on a droit à l'indulgence, Consid. moeurs, ch. 4 dans FAIT
Les hommes n'exigent point de preuves pour adopter une opinion, leur esprit n'a besoin que d'être familiarisé avec elle, comme nos yeux avec les modes, Consid. moeurs, ch. 2 dans FAMILIARISÉ, ÉE
Le commerce plus familier qu'on a à la campagne me la fit mieux connaître, et toujours à son avantage, Confess. Comte de ***, Oeuv. t. VIII, p. 142, dans POUGENS. dans FAMILIER, IÈRE
Le maréchal de Villars, fanfaron des qualités mêmes qu'il avait, traversant un jour la place dans un carrosse brillant, chargé de pages et de laquais, voulut tirer pour sa vanité quelque profit de son désintéressement, Mém. Régence, Oeuv. t. VI, p. 40, dans POUGENS dans FANFARON, ONNE
Savez-vous, dit-il [Louis XIV], ce que c'est que mon neveu [le duc d'Orléans] ? c'est un fanfaron de crimes, Règne de Louis XIV, Oeuvr. t. v, p. 39 dans FANFARON, ONNE
On imagina [à Rome] de faire venir d'Étrurie des farceurs dont les jeux furent regardés comme un moyen propre à détourner la colère des dieux, Mém. jeux scéniques, Oeuvres, t. I, p. 335, dans POUGENS. dans FARCEUR, EUSE
Dans les déclamations contre la finance, ce n'est ni la générosité ni la justice qui réclament, quoiqu'elles en eussent souvent le droit et l'occasion, c'est l'envie qui poursuit le faste, Considér. moeurs. ch. 10 dans FASTE
Plus il voulut faire le fat, plus il prouvait qu'il n'était qu'un sot, Acajou, Oeuvres, t. VIII, p. 361, dans POUGENS dans FAT
Il passait pour le plus habile faussaire de son temps ; c'était lui qui avait fabriqué, sous le nom de Calixte III, les bulles qui permettaient au comte d'Armagnac d'épouser sa soeur, Hist. de Louis XI, Oeuvres, t. III, p. 275 dans FAUSSAIRE
On en rendit compte au roi [des fauteuils que se faisaient apporter les grands seigneurs, membres de l'Académie française], qui, prévoyant les conséquences d'une pareille distinction, ordonna à l'intendant du garde-meuble de faire porter quarante fauteuils à l'Académie, et confirma par là et pour toujours l'égalité académique, Hist. Acad. franç. Oeuvres, t. IX, p. 280, dans POUGENS. dans FAUTEUIL
L'esprit n'est jamais faux que parce qu'il n'est pas assez étendu, au moins sur le sujet dont il s'agit, quelque étendue qu'il pût avoir d'ailleurs sur d'autres matières, Moeurs, 14 dans FAUX, FAUSSE
Si l'on dévoile la vie intérieure des favorites, on aura pitié d'un état si envié, Mém. rég. Oeuvres, t. VI, p. 112, dans POUGENS dans FAVORI, ITE
Madame Dorval, c'était son nom, était ce qu'on appelle une bonne femme, Confess. comte de ***, Oeuvres, t. VIII, p. 126, dans POUGENS. dans FEMME
En cherchant à douter de la divinité, il [le duc d'Orléans] courait les devins et les devineresses, et montrait toute la curiosité crédule d'une femmelette, Mém. régence, Oeuvres, t. V, p. 202, dans POUGENS dans FEMMELETTE
Louis avait le coeur ferme et l'esprit timide, Hist. Louis XI, Oeuv. t. III, p. 358, dans POUGENS dans FERME
Je ne sais si j'ai trop bonne opinion de mon siècle ; mais il me semble qu'il y a une certaine fermentation de raison universelle qui tend à se développer, qu'on laissera peut-être se dissiper, et dont on pourrait assurer, diriger et hâter les progrès par une éducation bien entendue, Consid. moeurs, ch. 2 dans FERMENTATION
La délicatesse de sentiment ne s'allie guère à un tempérament de feu, Mém. Oeuvres, t. X, p. 44, dans POUGENS dans FEU
Ma vivacité leur plut, et, m'apercevant que je les amusais par le feu de mes idées, je m'y livrai encore plus, Confess. Comte de ***, Oeuvres, t. VIII, p. 6, dans POUGENS. dans FEU
La plus grande partie du prix de ces aliénations, n'étant pas encore payée, fut remboursée en billets de banque qui devinrent, comme il arrive et arrivera toujours aux effets royaux, des feuilles de chêne, Mém. Oeuvres, t. X, p. 30, dans POUGENS dans FEUILLE
Ses dernières paroles [de Marguerite d'Écosse] furent : Fi de la vie ! qu'on ne m'en parle plus, Hist. Louis XI, Oeuv. t. v, p. 63, dans POUGENS dans FI
Les fiançailles se firent dans le cabinet du roi, où il ne se trouva guère que les princes et princesses du sang, parce qu'il n'y eut point d'invitation, Mém. rég. t. VI, p. 20, dans POUGENS dans FIANÇAILLES
Celle [la maison] d'Armagnac descendait de Clovis par Charibert, fils de Dagobert, dont la filiation est prouvée dans la nouvelle histoire de Languedoc, Hist. Louis XI, Oeuv. t. II, p. 175, dans POUGENS dans FILIATION
Un ambitieux croit acquérir des droits en obtenant des grâces, et le duc de Bourbon fut plus sensible au refus qu'on lui fit, qu'il ne l'avait été à l'honneur d'épouser une fille de France, Hist. Louis XI, Oeuv. t. II, p. 224, dans POUGENS dans FILLE
L'esprit fin est souvent faux, précisément parce qu'il est trop fin ; c'est un corps trop délié pour avoir de la consistance, Consid. moeurs, chap. 13 dans FIN, FINE
Les grandes places de finance valent à la fois le Pactole et le Léthé, Morceaux hist. Oeuv. t. X, p. 241, dans POUGENS dans FINANCE
La finesse imagine au lieu de voir ; à force de supposer elle se trompe, Consid. moeurs, chap. 13 dans FINESSE
La finesse est un mensonge en action ; et le mensonge part toujours de la crainte ou de l'intérêt, et par conséquent de la bassesse, Consid. moeurs, ch. 13 dans FINESSE
Il [Louis XI] introduisait trop souvent dans la politique la finesse, qui la supplée rarement et qui l'avilit toujours, Hist. de Louis XI, Oeuvres, t. III, p. 357, dans POUGENS. dans FINESSE
Ainsi finit, à vingt-quatre ans, une princesse également célèbre par l'esprit, la beauté, les grâces, la folie et les vices, Mém. rég. Oeuv. t. v, p 399 dans FINIR
Mademoiselle Choin fut celle qui le fixa [le dauphin] ; elle avait été en qualité de fille d'honneur auprès de la princesse de Conti-Vallière, soeur naturelle du dauphin, Règne de Louis XIV, Oeuv. t. v, p. 46, dans POUGENS. dans FIXER
L'honneur est déjà flétri lorsqu'il a besoin d'être réparé, Hist. de Louis XI, Oeuvres, t. III, p. 285, dans POUGENS. dans FLÉTRI, IE
Ce Valero, étant curé de campagne, avait rendu les plus grands services à Philippe V dans le temps que la couronne était encore flottante sur sa tête, Règne de Louis XIV, Oeuv. t. v, p. 95, dans POUGENS. dans FLOTTANT, ANTE
L'évêque du Mans, du Crevy, disait : Je n'ai jamais lu le livre de Quesnel, mais j'en ai entendu dire beaucoup de bien ; et si, par notre acceptation de la bulle, nous avons mis la foi à couvert, nous n'y avons pas mis la bonne foi, Règne Louis XIV, Oeuv. t. v, p. 133, dans POUGENS dans FOI
Il [Louis XI] accorda à celle de St-Germain la foire franche qui subsiste encore aujourd'hui, Hist. Louis XI, Oeuv. t. III, p. 330, dans POUGENS dans FOIRE
On a cherché bien des fois quel était le meilleur...., Consid. sur les moeurs. XI dans FOIS
Sforce jugea qu'une telle conjoncture valait mieux que des droits ; quand on n'en a point à faire valoir, c'est par l'épée qu'on les fonde, Hist. Louis XI, Oeuv. t. II, p. 300, dans POUGENS dans FONDER
Il [Louis XI] fit marché à mille écus d'or pour son tombeau avec Conrard de Coulogne orfèvre, et Laurent Wrin, fondeur ; il en fixa lui-même la forme, les dimensions et les ornements, Hist. Louis XI, Oeuvr. t. III, p. 297, dans POUGENS. dans FONDEUR
L'affaire contre M. de la Chalotais, aussi odieuse et aussi absurde que celle d'Urbain Grandier, était dans toute sa force, Voy. Ital. Oeuv. t. VII, p. 5, dans POUGENS dans FORCE
Ce prince [Louis XI], ne faisant jamais la guerre que forcément, recevait tous ceux qui cherchaient son alliance, Hist. Louis XI, Oeuv. t. III, p. 176, dans POUGENS dans FORCEMENT
Quelque mépris que le régent eût pour les forfanteries du maréchal, il en était quelquefois piqué, et avait été deux ou trois fois près de l'exiler ; mais la dernière incartade combla la mesure, Mém. Rég. Oeuv. t. VI, p. 142, dans POUGENS dans FORFANTERIE
Le mépris des formes entraîne bientôt parmi nous celui du fond ; nous employons si souvent la formule, sans tirer à conséquence, qu'à la fin tout sera sans conséquence, Mém. rég. Oeuvres, t. VI, p. 155 dans FORME
Dans les sociétés formées, les enfants ayant succédé au rang de leurs pères, et n'ayant plus qu'à jouir du fruit des travaux de leurs ancêtres, Consid. moeurs, chap. 6 dans FORMÉ, ÉE
Son fou, nommé le glorieux, qui lui avait souvent entendu parler de la valeur d'Annibal, lui criait en fuyant avec lui : Monseigneur, nous voilà bien annibalés, Hist. Louis XI, Oeuv. t. III, p. 99, dans POUGENS dans FOU ou FOL, FOLLE
Les marchands de Paris sont flattés de donner des repas aux officiers des régiments qu'ils fournissent, Confess. comte de ***, Oeuv. t. VIII, p. 68, dans POUGENS. dans FOURNIR
Tellier prit la voie la plus sûre, en représentant au roi cette maison comme le foyer du jansénisme et de l'esprit républicain, Règne de Louis XIV, Oeuv. t. v, p. 120, dans POUGENS. dans FOYER
Je sortais le matin en frac, pour me promener dans les ruines, Voy. Ital. Oeuvres, t. VII, p. 45, dans POUGENS dans FRAC
Il y avait sans doute, à la cour de ces rois comme ailleurs, de petits seigneurs très importants, faisant du fracas, Consid. moeurs, ch. 5 dans FRACAS
On prétend que le latin était, par la vivacité des ellipses et par la variété des inversions, plus propre à l'éloquence ; le français le serait plus à la philosophie par l'ordre et la simplicité de la syntaxe, Gramm. Oeuv. t. IX, p. 94, dans POUGENS dans FRANÇAIS, AISE
La franchise que Law conserva au port de Marseille, y attira des vaisseaux de toutes parts, Mém. Rég. Oeuv. t. VI, p. 62, dans POUGENS dans FRANCHISE
Le czar y voulut tout voir, tout examiner, et finit par le réfectoire où il demanda un coup de vin des soldats, but à leur santé, les traitant de camarades, et frappant sur l'épaule de ses voisins, Mém. rég. Oeuv. t. V, p. 297, dans POUGENS dans FRAPPER
La frivolité, qui nuit au développement de ses talents et de ses vertus, le préserve en même temps des crimes noirs et réfléchis, Consid. sur les moeurs, ch. 5 dans FRIVOLITÉ
Comme tout ce qui a rapport à l'histoire des arts est au moins aussi important que des récits de batailles, monuments de notre fureur, je finirai cette année par un fait qui servit à perfectionner la chirurgie, Hist. Louis XI, Oeuv. t. III, p. 51, dans POUGENS dans FUREUR
Les princes trouvent toujours des âmes assez viles pour excuser leurs fureurs, Hist. de Louis XI, Oeuvres, t. II, p. 475, dans POUGENS. dans FUREUR
Ce prince [le régent] lui opposait en vain des raisons ; elle [la duchesse de Berri] y répondait par des fureurs, Mém. Rég. Oeuv. t. V, p. 396 dans FUREUR
La duchesse du Maine, princesse du sang par elle-même, furieuse de voir attaquer le rang de son mari et de ses enfants, Mém. Régence, Oeuv. t. V, p. 281, dans POUGENS dans FURIEUX, EUSE
Tant que le roi avait été occupé de ses amours, la cour avait été galante ; aussitôt que le confesseur s'en fut emparé, elle devint triste et hypocrite, Règne de Louis XIV, Oeuv. t. v, p. 181, dans POUGENS. dans GALANT, ANTE
Le roi de Saxe leur fit remettre tous les éclaircissements nécessaires, les assura qu'il tiendrait la garantie stipulée par le contrat de vente, Hist. Louis XI, Oeuv. t. II, p. 111, dans POUGENS dans GARANTIE
Il fut ordonné que, pour toutes les places qui n'étaient pas frontières, ceux qui étaient sujets au guet et à la garde en seraient affranchis en payant cinq sous chaque année, Hist. Louis XI, Oeuv. t. III, p. 233, dans POUGENS dans GARDE
Il [Louis XI] fit, cette année, quelques nouveaux arrangements dans sa maison ; il augmenta sa garde de cent archers, sous le commandement de Jean Blosset ; c'est le premier établissement des compagnies françaises des gardes du corps, Hist. de Louis XI, Oeuvres, t. III, p. 28 dans GARDE
On dit d'un poëme et de tout ouvrage d'imagination, que les moeurs y sont bien gardées, lorsque les usages, les coutumes, les caractères des personnages sont conformes à la connaissance ou à l'opinion qu'on a communément, Consid. moeurs, ch. 1 dans GARDÉ, ÉE
On apporta un missel ; les deux rois mirent chacun une main dessus, l'autre sur une croix, et jurèrent de garder la trêve, Hist. Louis XI, Oeuv. t. III, p. 76, dans POUGENS dans GARDER
Il [le czar] fit tirer d'un fourgon qui le suivait un lit de camp, et le fit tendre dans une garde-robe, Mém. rég. Oeuv. t. v, p. 291, dans POUGENS dans GARDE-ROBE
Si vous ne voulez que des liaisons de société, faites-les à la cour, ce sont les plus agréables et les moins gênantes, Consid. Moeurs, chap. 11 dans GÊNANT, ANTE
La vie la plus pénitente cesse de gêner les hommes, dès qu'elle est glorieuse, Consid. sur les moeurs, ch. 10 dans GÊNER
La plupart des gens en place n'aiment point les gens de lettres, Mém. Rég. Oeuv. t. VI, p. 159, dans POUGENS dans GENS
Il est certain que le passage de la succession de Bourgogne dans la maison d'Autriche a été, pendant plus de deux siècles, le principe d'une guerre presque continuelle, dont le germe n'est pas encore détruit, Hist. Louis XI, Oeuv. t. III, p. 145. dans POUGENS dans GERME
Les acteurs qui gesticulent le moins sont, parmi nous, ceux qui ont le geste le plus naturel, Mém. act. théât. Oeuv. t. IX, p. 332, dans POUGENS dans GESTICULER
On ne voyait que des gibets aux environs de son château [de Louis XI] ; c'était à ces affreuses marques qu'on reconnaissait les lieux habités par un roi, Hist. Louis XI, Oeuv. t. III, p. 358, dans POUGENS dans GIBET
M. le duc était très borné, opiniâtre, dur, même féroce, et, quoique prince, glorieux comme un homme nouveau, Mém. rég. Oeuv. t. VI, p. 161, dans POUGENS dans GLORIEUX, EUSE
Une méprise très commune, c'est de confondre le luxe avec le goût, Consid. goût, Oeuvres, t. X, p. 118 dans GOÛT
Le meilleur des gouvernements n'est pas celui qui fait les hommes les plus heureux, mais celui qui fait le plus grand nombre d'heureux, Consid. moeurs, 15 dans GOUVERNEMENT
Le duc d'Orléans avait eu successivement quatre gouverneurs, qui moururent à si peu de distance l'un de l'autre que Benserade disait qu'on ne pouvait pas élever de gouverneur à ce prince, Mém. Oeuv. t. v, p. 196, dans POUGENS dans GOUVERNEUR
Le roi reçut son hommage, et lui permit de se dire prince d'Orange par la grâce de Dieu, de battre monnaie, de donner rémission, hors pour le crime d'hérésie et de lèse-majesté, Hist. de Louis XI, Oeuv. t. III, p. 65, dans POUGENS. dans GRÂCE
Ses progrès [de Louvois] furent graduels, mais rapides, Règne de Louis XIV, Oeuvres, t. v, p. 166, dans POUGENS. dans GRADUEL, ELLE
Dans un État où le ministère ne comprendra pas que la meilleure et la seule administration du commerce des grains est de ne s'en point mêler, Voy. Ital. Oeuvres, t. VII, p. 130, dans LACURNE dans GRAIN
Tout grammairien qui n'est pas né dans la capitale, ou qui n'y a pas été élevé dès l'enfance, devrait s'abstenir de parler des sons de la langue, Gramm. Oeuvres, t. IX, p. 21, dans POUGENS dans GRAMMAIRIEN
Les campagnes, les jardins de la partie méridionale de l'Italie n'ont ni ne peuvent avoir l'agrément des nôtres ; l'ardeur du soleil grésillerait bientôt les feuilles de nos arbres ordinaires, Italie, Oeuvres, t. VII, p. 97, dans POUGENS dans GRÉSILLER
Les saillies de Piron et le ton grivois de Crébillon me plurent beaucoup, Mém. Oeuv. t. x, p. 40, dans POUGENS dans GRIVOIS
Quand toutes les intrigues, les finesses italiennes sont épuisées et déconcertées, les partis, assez forts pour combattre et trop faibles pour vaincre, font la paix de guerre lasse, Voy. Ital. Oeuv. t. VII, p. 56, dans POUGENS dans GUERRE
Le grand sacrifice du gui de l'an neuf se faisait avec beaucoup de cérémonies près de Chartres, le sixième jour de la lune, qui était le commencement de l'année, suivant leur manière de compter par nuits, Mém. Druid. Oeuv. t. I, p. 284, dans POUGENS dans GUI
Il [Louis XI] ordonna que chaque corps de métier eût sa bannière ; que les ecclésiastiques, le parlement, la chambre des comptes et tous les gens de robe eussent leurs guidons, Hist. de Louis XI, Oeuv. t. II, p. 320, dans POUGENS. dans GUIDON
On ne voit point, dans les faubourgs ni hors des murs, ces guinguettes où nos artisans et le bas peuple vont oublier leurs travaux et se livrer à une joie franche, sans souci pour le lendemain, Voy. Ital. Oeuv. t. VII, p. 94, dans POUGENS dans GUINGUETTE
On y parle [à Sienne] aussi purement l'italien qu'à Florence et sans l'âpreté et l'accent guttural du florentin, Voy. Ital. Oeuvres, t. VII, p. 171, dans POUGENS dans GUTTURAL, ALE
La colère est une haine ouverte et passagère ; la haine, une colère retenue et suivie, Consid. moeurs, 14 dans HAINE
Il lui restait de ses anciens charmes un air un peu plus que hardi, qui réveillait merveilleusement la fadeur d'une blonde un peu hasardée, Confess. comte de ***, Oeuv. t. VIII, p. 109, dans POUGENS. dans HASARDÉ, ÉE
Alberoni mettait dans ses démarches une hauteur qui n'était pas d'une âme commune, et qui persuadait à chacune des puissances que ce ministre pouvait s'être assuré des autres, Mém. Rég. Oeuv. t. V, p. 335 dans HAUTEUR
Dans l'histoire, comme dans l'optique, l'éloignement rapproche les objets entre eux, Oeuvres, t. I, p. 321, dans POUGENS dans HISTOIRE
L'hiver de 1709 avait détruit le germe des moissons ; la misère fut extrême dans les campagnes, dans les villes et jusque dans Paris, Règne de Louis XIV, Oeuv. t. V, p. 27, dans POUGENS. dans HIVER
Il y a une grande différence entre la connaissance de l'homme et la connaissance des hommes ; pour connaître l'homme il suffit de s'étudier soi-même, Considér. moeurs, Introd. Oeuvres, t. I, p. 64, dans POUGENS. dans HOMME
Le grand homme est celui qui, pour des objets grands et utiles, proportionne les moyens aux entreprises, les couronne par le succès, et peut s'applaudir des événements puisqu'il a su les prévoir, les préparer et les amener, Mém. Rég. Oeuvres, t. V, p. 312, dans POUGENS dans HOMME
Comme je n'écris pas une histoire ecclésiastique, mais celle des hommes de mon temps, je ne rapporterai que des faits purement humains, Règne de Louis XIV, Oeuvres, t. V, p. 132, dans POUGENS. dans HUMAIN, AINE
Alberoni lui écrivit humainement que les soldats sont faits pour mourir quand cela convient, Mém. rég. Oeuv. t. V, p. 336, dans POUGENS dans HUMAINEMENT
Ses duretés, ses humeurs, ses caprices affermissaient la constance de sa maîtresse, Mém. rég. Oeuvres, t. V, p. 389, dans POUGENS dans HUMEUR
L'un se fait philosophe, un autre plaisant, un troisième homme d'humeur, Consid. sur les moeurs, ch. IX dans HUMEUR
Un homme humilié par son bienfaiteur est bien plus à plaindre qu'un bienfaiteur qui ne trouve que des ingrats, Considér. moeurs, ch. 16 dans HUMILIÉ, ÉE
L'hyperbate est un tour particulier qu'on donne à une période, et qui consiste principalement à faire précéder une proposition par une autre qui, dans l'ordre naturel, aurait dû la suivre ; par exemple, dans ces vers de Racine : Que, malgré la pitié dont je me sens saisir, Dans le sang d'un enfant je me baigne à loisir (Andr. I, 2), Gramm. P. R. Oeuvres, t. IX, p. 210, dans POUGENS dans HYPERBATE
Parlons sans hyperbole et sans plaisanterie, Sat. X dans HYPERBOLE
On ne voyait jadis que des hypocrites de vertu ; on trouve aujourd'hui des hypocrites de vice, Consid. moeurs, ch. 5 dans HYPOCRITE
Lorsque Charles IX fit, en 1570, le plan d'une pareille société, il prit, dans les lettres patentes, le titre de protecteur et premier auditeur d'icelle, Hist. Acad. fr. Oeuv. t. IX, p. 308, dans POUGENS dans ICELUI
Le goût des plaisirs faisait perdre aux Romains cette idée de liberté si chère à leurs ancêtres, Mém. jeux scéniques, Oeuv. t. I, p. 347, dans POUGENS. dans IDÉE
Ils aiment mieux être malheureux qu'ignorés ; celui dont les malheurs attirent l'attention est à demi consolé, Consid. moeurs, ch. 5 dans IGNORÉ, ÉE
Les hommes véritablement illustres sont ceux dont l'histoire se trouve liée à celle de leur nation, Hist. Louis XI, Oeuv. t. II, p. 125, dans POUGENS dans ILLUSTRE
Les autres fées ajoutèrent que, pour remédier en partie au mal qu'elles ne pouvaient pas absolument détruire, l'imbécillité de la princesse cesserait dans le moment qu'elle ressentirait de l'amour, Acajou, Oeuv. t. VIII, p. 359, dans POUGENS dans IMBÉCILLITÉ
Les sciences, encore fort imparfaites, n'en étaient pas moins honorées, Hist. Louis XI, Oeuv. t. III, p. 49, dans POUGENS dans IMPARFAIT, AITE
D'où vient que quelques grammairiens ont mis l'impératif au nombre des futurs ?, Gramm. P. R. Oeuv. t. IX, p. 154, dans POUGENS dans IMPÉRATIF
Son impiété [du régent] était une sorte de superstition, Mém. rég. Oeuv. t. V, p. 202 dans IMPIÉTÉ
Il était moins sensible à l'éclat du trône qu'importuné des devoirs qu'il impose, Hist. Louis XI, Oeuv. t. II, p. 21, dans POUGENS dans IMPORTUNÉ, ÉE
On dit que Louis XI, faisant un jour réciter une oraison à saint Eutrope, pour demander la santé de l'âme et du corps, dit au prêtre qui la récitait, de supprimer ce qui regardait l'âme, et que c'était assez que le saint lui fît avoir la santé du corps, sans l'importuner de tant de choses, Hist. Louis XI, Oeuv. t. III, p. 361, dans POUGENS dans IMPORTUNER
Ils éprouvèrent que la misère d'un État vient moins des impositions que du défaut de circulation, Hist. de Louis XI, Oeuv. t. II, p. 113, dans LACURNE dans IMPOSITION
Bien des choses ne sont impossibles que parce qu'on s'est accoutumé à les regarder comme telles, Consid. moeurs, ch. 2 dans IMPOSSIBLE
Le régent ne fit que rire de l'incartade allemande de sa mère, et s'inquiéta peu du chagrin de sa femme, Mém. Rég. Oeuv. t. V, p. 411, dans POUGENS dans INCARTADE
S'il [Louis XIV] arrivait chez Mme de Maintenon et qu'il la trouvât incommodée, quelquefois avec la fièvre, cela ne l'empêchait pas de faire ouvrir les fenêtres, parce qu'il aimait l'air, Règn. Louis XIV, Oeuv. t. v, p. 184, dans POUGENS dans INCOMMODÉ, ÉE
Si chacun faisait tout le bien qu'il peut faire sans s'incommoder, Consid. moeurs, ch. 16 dans INCOMMODER
Je ne vois dans la conduite du régent que les inconséquences apparentes de tous les caractères faibles qui ne résistent à rien, accordent tout, en rougissent intérieurement, et ne se déclarent qu'à la dernière extrémité, Mém. Rég. Oeuv. t. VI, p. 76, dans POUGENS dans INCONSÉQUENCE
Les hommes ne sont inconséquents dans leurs actions que parce qu'ils sont inconstants ou vacillants dans leurs principes, Consid. moeurs, Intr. Oeuv. t. I, p. 64, dans POUGENS. dans INCONSÉQUENT, ENTE
Robert Wells, animé du désir de venger la mort de son père, se précipita inconsidérément au milieu de l'armée du roi, où il fut enveloppé, Louis XI, Oeuv. t. II, p. 409, dans POUGENS dans INCONSIDÉRÉMENT
Je n'étais qu'infidèle ; je devins inconstant, Confess. Comte de ***, Oeuv. t. VIII, p. 166, dans POUGENS. dans INCONSTANT, ANTE
Le ton plaisant, déjà usé, est en cette manière le dernier symptôme de l'incurabilité, Mém. rég. Oeuv. t. VI, p. 5, dans POUGENS dans INCURABILITÉ
On dit, par exemple, qu'un homme a été traité avec honneur : comme il ne s'agit pas de spécifier l'honneur particulier qu'on lui a rendu, on n'y met point d'article ; honneur est pris indéfiniment, Gramm. P. R. Oeuv. t. IX, p. 87, dans POUGENS dans INDÉFINIMENT
Il avait fait plusieurs métiers, comme ceux qui ne cherchent que la fortune et à qui toutes les voies pour y parvenir sont indifférentes, Hist. Louis XI, Oeuv. t. III, p. 275, dans POUGENS dans INDIFFÉRENT, ENTE
Il y a peu d'hommes assez sûrs et assez satisfais de l'opinion qu'ils ont d'eux-mêmes pour être indifférents sur celle des autres, Consid. sur les moeurs, 5 dans INDIFFÉRENT, ENTE
Il répondit avec modestie et respect, sans s'expliquer sur les motifs, et fut inébranlable, Mém. rég. Oeuv. t. VI, p. 169, dans POUGENS dans INÉBRANLABLE
Villeroy le refusa, prétendant, disait-il, par des succès brillants, réparer son malheur ; car c'est toujours ainsi que l'ineptie nomme ses fautes, Règne de Louis XIV, Oeuv. t. V, p. 20, dans POUGENS. dans INEPTIE
Je n'ai pas encore quarante ans, et j'ai épuisé ces plaisirs que leur nouveauté vous fait croire inépuisables, Confess. comte de ***, Oeuv. t. VIII, p. 4, dans POUGENS. dans INÉPUISABLE
Semblables à Vespasien qui ne trouvait pas que l'argent de l'impôt levé sur les immondices de Rome eût rien d'infect, Consid. moeurs, ch. III dans INFECT, ECTE
Quelque supériorité qu'on ait à beaucoup d'égards sur un rival, dès qu'on en conçoit de la jalousie, il faut qu'on lui soit inférieur par quelque endroit, Considér. moeurs, ch. 11 dans INFÉRIEUR, EURE
Le cardinal Dubois avait certainement de l'esprit ; mais il était fort inférieur à sa place, Mém. rég. Oeuv. t. VI, p. 172, dans POUGENS dans INFÉRIEUR, EURE
Les vrais inférieurs sont ceux qui reçoivent, et l'humiliation s'y joint quand les services sont pécuniaires, Consid. sur les moeurs, ch. 10 dans INFÉRIEUR, EURE
Le peuple, qui n'avait point de roi, avait une infinité de tyrans, Hist. de Louis XI, Oeuv. t. II, p. 19, dans POUGENS. dans INFINITÉ
Nous marquons dans l'écriture l'interrogation et la surprise ; mais combien avons-nous de mouvements de l'âme et, par conséquent, d'inflexions oratoires qui n'ont pas de signes écrits et que l'intelligence et le sentiment peuvent seuls faire sentir !, Gramm. Port-Roy. Rem. Oeuv. t. IX, p. 30, dans POUGENS. dans INFLEXION
Le duc de Bourgogne s'étant plaint de plusieurs infractions au traité d'Arras, Hist. Louis XI, Oeuv. t. II, p. 108, dans POUGENS dans INFRACTION
Déjà monté sur la hune, [le czar] lui cria de venir recevoir son audience ; l'ambassadeur, peu ingambe, aurait bien voulu s'en dispenser ; mais il n'osa témoigner sa crainte, Mém. rég. Oeuv. t. V, p. 290, dans POUGENS dans INGAMBE
Louis XI mourut le samedi 30 d'août, sur les sept heures du soir, et, huit jours après, il fut inhumé à Cléry, Hist. Louis XI, Oeuv. t. III, p. 338, dans POUGENS dans INHUMER
Je fus aussi initié dans des maisons honnêtes et même distinguées, Mém. Oeuv. t. X, p. 86, dans POUGENS dans INITIÉ, ÉE
Je découvrais la multitude qui inondait la place, et j'étais à portée d'entendre la lecture de la bulle In coena Domini, Voy. Ital. Oeuv. t. VII, p. 157, dans POUGENS dans INONDER
On s'avise quelquefois de comparer l'insolent avec l'insolence, et, l'un ne paraissant pas fait pour l'autre, on le fait rentrer dans l'ordre, Consid. moeurs, ch. 10 dans INSOLENT, ENTE
Qui que ce soit n'est revêtu de la moindre charge, que son installation ne soit accompagnée de compliments sur sa grande capacité, Consid. moeurs, ch. 3 dans INSTALLATION
Il [M. le Duc] n'était que l'instrument de la marquise de Prie, sa maîtresse, Mém. rég. Oeuv. t. VI, p. 161, dans POUGENS dans INSTRUMENT
Je crois voir dans la république des lettres un peuple dont l'intelligence ferait la force, fournir des armes à des barbares et leur montrer l'art de s'en servir, Consid. moeurs, ch. 11 dans INTELLIGENCE
Il [le duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV] était né intempérant, colère, violent, orgueilleux, méprisant, fastueux, dissipé, Règne de Louis XIV, Oeuvr. t. V, p. 51, dans POUGENS. dans INTEMPÉRANT, ANTE
La princesse des Ursins, ivre de sa faveur, crut pouvoir tout se permettre : elle intercepta une dépêche que l'abbé d'Estrées, ambassadeur de France à Madrid, écrivait au roi, Règne de Louis XIV, Oeuv. t. V, p. 74, dans POUGENS. dans INTERCEPTER
La générosité du roi, quoique intéressée, aurait dû lui gagner le coeur du comte, Hist. de Louis XI, Oeuvres, t. II, p. 262, dans POUGENS. dans INTÉRESSÉ, ÉE
L'intérêt particulier se fait toujours le législateur de l'ordre public, Consid. moeurs, ch. 5 dans INTÉRÊT
La prise de Tournai, de Lille et de quantité d'autres places mettait les ennemis en état de pénétrer dans l'intérieur du royaume, Règne de Louis XIV, Oeuvres, t. V, p. 26, dans POUGENS. dans INTÉRIEUR, EURE
Saint-Simon interpella la compagnie, qui fut là-dessus d'un avis unanime, Mém. rég. Oeuv. t. VI, p. 307, dans POUGENS dans INTERPELLER
S'il n'est pas possible de trouver, dans la proportion harmonique, des subdivisions capables d'exprimer les intonations d'une langue telle que la chinoise, qui nous paraît très chantante, où trouverait-on des subdivisions pour une langue presque monotone comme la nôtre ?, Mém. act. théâtr. Oeuv. t. IX, p. 351, dans POUGENS. dans INTONATION
Balue avait plus de finesse dans l'esprit que d'élévation ; souple, adroit, plus faux que politique, plus propre à l'intrigue qu'à la négociation, il s'attachait moins à persuader qu'à séduire, Hist. Louis XI, Oeuv. t. II, p. 362, dans POUGENS dans INTRIGUE
Au sacre de Louis XV, on n'ouvrit les portes au peuple qu'après l'intronisation, Mém. Rég. Oeuvr. t. VI, p. 156, dans POUGENS dans INTRONISATION
Ce que les hommes appellent invention c'est souvent que transmission ou renouvellement, Consid. goût, Oeuvres, t. X, p. 105, dans POUGENS dans INVENTION
Il n'y a malheureusement que les fripons qui fassent des ligues, les honnêtes gens se tiennent isolés, Consid. moeurs, ch. 4 dans ISOLÉ, ÉE
Les ministres ont toujours cherché à isoler le roi, et il n'y en a aucun qui voulût le voir habiter la capitale, Mém. rég. Oeuv. t. VI, p. 128, dans POUGENS dans ISOLER
On ne doit pas arracher témérairement l'ivraie [c'est-à-dire il faut apporter de la mesure dans les réformes des abus], Consid. moeurs, ch. 2 dans IVRAIE
Saint-Simon, ivre jusqu'à la manie de son titre de duc et pair, prétendait que l'assemblée des princes du sang, des pairs, des ducs héréditaires et des officiers de la couronne, représenterait parfaitement les parlements de la première, de la seconde et du commencement de la troisième race, Règne de Louis XIV, Oeuv. t. V, p. 64, dans POUGENS dans IVRE
Jalousé [Albéroni] dans son élévation, haï pour l'abus de son pouvoir, ce que les Italiens expriment par la prepotenza, Mém. Réy. Oeuv. t. V, p. 437, dans POUGENS dans JALOUSÉ, ÉE
On ne jalouse que ses supérieurs, Consid. sur les moeurs, ch. I dans JALOUSER
Les plus célèbres partisans du jansénisme vivaient à l'abbaye de Port-Royal des champs, ce berceau de la première philosophie et de la bonne littérature, Règne de Louis XIV, Oeuv. t. V, p. 113, dans POUGENS. dans JANSÉNISME
Les archers français, prenant ce premier avantage pour le gain de la bataille, se jetèrent sur le bagage et se mirent à piller au lieu de combattre, Hist. de Louis XI, Oeuv. t. III, p. 227, dans POUGENS. dans JETER
Les jeux qui naissent de la force et de l'adresse, sont toujours les premiers connus d'un peuple naissant, Mém. jeux scéniques, Oeuvr. t. I, p. 334, dans POUGENS. dans JEU
On a dit que le jeu et l'amour rendent toutes les conditions égales : je suis persuadé qu'on y eût joint l'esprit, si le proverbe eût été fait depuis que l'esprit est devenu une passion, Consid. moeurs, ch. X dans JEU
La dévote princesse de Carignan obtint de faire tenir un jeu dans son hôtel de Soissons ; aussitôt le duc de Tresmes reprit le sien, en gardant sa pension, Mém. rég. Oeuvres, t. V, p. 384 dans JEU
Les jongleurs, qu'on nomma aussi ménestrels ou ménestriers, étaient rassemblés dans le même quartier et donnèrent leur nom à l'église de St-Julien, dont Jacques Grure et Hugues-le-Lorrain, tous deux jongleurs ou ménestriers, furent les fondateurs en 1331, Mém. jeux scéniques, Oeuvr. t. I, p. 364, dans POUGENS. dans JONGLEUR
Elle [la politesse exquise] a fait naître à certaines gens l'idée de jouer la grossièreté et la brusquerie pour imiter la franchise, et couvrir leurs desseins, Consid. moeurs, ch. III dans JOUER
Les fautes que nous fîmes à la bataille d'Azincourt, nous rendirent cette journée aussi fatale que celle de Poitiers, Hist. Louis XI, Oeuvr. t. II, p. 18, dans POUGENS dans JOURNÉE
Le duc répondit qu'il ne concevait pas comment on proposait une trêve dans le temps même que le roi et les princes de l'Empire devaient tenir une journée à Metz pour convenir de la manière dont ils commenceraient la guerre dans les états de Bourgogne, Hist. Louis XI, Oeuvr. t. III, p. 61, dans POUGENS dans JOURNÉE
Ces jugements étaient nommés jugements de Dieu, parce que l'on était persuadé que l'événement de ces épreuves, qui aurait pu en toute autre occasion être imputé au hasard, était dans celle-ci un jugement formel par lequel Dieu faisait connaître clairement la vérité en punissant le parjure, Mém. épreuves, Oeuvr. t. I, p. 299, dans POUGENS dans JUGEMENT
Juger, c'est affirmer qu'une chose que nous concevons est telle ou n'est pas telle : comme lorsque, ayant conçu ce que c'est que la terre, et ce que c'est que rondeur, j'affirme de la terre qu'elle est ronde, Gramm. P. R. Oeuv. t. IX, p. 53, dans POUGENS dans JUGER
La justesse de l'esprit dépend de la droiture du coeur et du calme des passions, Consid. moeurs, ch. 14 dans JUSTESSE
Il [Louis XI] dit que, par la dévotion qu'il avait à la Vierge, il espérait qu'il ne mourrait que le samedi ; circonstance qui fut remarquée parce qu'elle se trouva justifiée par l'événement, Hist. Louis XI, Oeuv. t. III, p. 338, dans POUGENS dans JUSTIFIÉ, ÉE
Le K est la lettre dont nous faisons le moins et dont nous devrions faire le plus d'usage, attendu qu'il n'a jamais d'emploi vicieux, Gramm. P. R. Rem. Oeuv. t. IX, p. 14, dans POUGENS dans K
Chaque lance ou homme d'armes à la grande paye avait quinze livres par mois, et chaque archer sept livres dix sols : la petite paye était d'un tiers moins, Hist. Louis XI, Oeuv. t. II, p. 215, dans POUGENS dans LANCE
Une lance était souvent composée de dix cavaliers, sans compter les gens de pied, de sorte que cent lances était alors un corps de plus de mille hommes, ib. t. II, p. 32 (note**). dans LANCE
Après trois mois de langueur, elle [Mme de Maintenon] mourut à quatre-vingt-trois ans, le samedi 15 d'avril, Mém. rég. Oeuv. t. V, p. 402, dans POUGENS dans LANGUEUR
Ce jeune homme [duc de Richelieu] se crut un personnage en se voyant traiter en criminel d'État, et prit sa prison avec la légèreté qu'il a toujours montrée en amour, en affaires et à la guerre, Mém. rég. Oeuv. t. V, p. 388, dans POUGENS dans LÉGÈRETÉ
On n'omettait rien pour préparer le public à l'élévation des légitimés, Règne de Louis XIV, Oeuvr. t. V, p. 102, dans POUGENS. dans LÉGITIMÉ, ÉE
L'administration économique des papes est modérée, mais le gouvernement est trop léthargique, Voy. Ital. Oeuv. t. VII, p. 49, dans POUGENS dans LÉTHARGIQUE
Grégoire de Tours et Aimoin parlent de plusieurs ordonnances de Chilpéric touchant la langue ; ce prince fit ajouter à l'alphabet les quatre lettres grecques O, Psi, Z, N ; c'est ainsi qu'on les trouve dans Grégoire de Tours ; Aimoin dit que c'étaient O, Phi, X, Oméga, Mém. lang. Oeuv. t. IX, p. 237 dans LETTRE
Je me suis borné au retranchement des lètres [lettres] doubles qui ne se prononcent point, Gramm. P. R. Rem. Oeuv. t. IX, p. 44, dans POUGENS dans LETTRE
Un crime constaté par des lettres de grâce flétrit toujours moins que le châtiment, Consid. moeurs, ch. 4 dans LETTRE
Les lettres ne donnent pas précisément un état ; mais elles en tiennent lieu à ceux qui n'en ont pas d'autre, Consid. moeurs, ch. 11 dans LETTRE
Le goût des lettres, des sciences et des arts a gagné insensiblement, et il est venu au point que ceux qui ne l'ont pas l'affectent, ib. dans LETTRE
Ce qui constitue l'homme de lettres n'est pas une vaine affiche, ou la privation de tout autre titre, mais l'étude, l'application, la réflexion et l'exercice, Consid. moeurs, ch. 12 dans LETTRE
Les ambassadeurs lui déclarèrent (31 mars) que, si dans huit jours il ne posait les armes et s'il ne levait les censures, ils se retireraient, Hist. Louis XI, Oeuv. t. III, p. 217, dans POUGENS dans LEVER
Le roi [Louis XI] employa les fonds de ces compagnies à lever un corps de Suisses ; c'est de ce temps-là qu'ils sont entrés au service de France, Hist. de Louis XI, Oeuv. t. III, p. 222 dans LEVER
J'en pourrais rapporter des traits assez plaisants, s'ils n'étaient pas trop libres, Mém. rég. Oeuv. t. VI, p. 161, dans POUGENS dans LIBRE
Lagrange fut arrêté et envoyé aux îles Sainte-Marguerite, d'où il sortit pendant la régence même, et se montra librement dans Paris, Mém. rég. Oeuv. t. V, p. 385, dans POUGENS dans LIBREMENT
Je fus bientôt lié dans toute la finance, Oeuv. t. VIII, p. 105 dans LIÉ, ÉE
Les liens du sang ne forment pas toujours ceux de l'amitié, et ne prévalent jamais contre l'ambition, Oeuv. t. III, p. 189 dans LIEN
On voit des hommes qui ne paraissent pas capables de lier deux idées ensemble, et qui cependant font au jeu les combinaisons les plus compliquées, les plus sûres et les plus rapides, Consid. sur les moeurs, 12 dans LIER
Port-Royal fut détruit avec la fureur qu'on eût employée contre une ville rebelle, et le scandale qu'on déploie dans un mauvais lieu, Règne de Louis XIV, Oeuv. t. v, p. 121 dans LIEU
Le roi [Louis XI] nomma, le même jour, Claustre, conseiller au parlement, et Mariette, lieutenant criminel, et Potin, examinateur au Châtelet, pour informer de tous les effets du cardinal Balue, et les délivrer par inventaire à Lhuillier, notaire et secrétaire du roi, Oeuv. t. II, p. 378 dans LIEUTENANT
Si elle [Mme de Maintenon] fût morte avant le roi, c'eût été un événement dans l'Europe ; et deux lignes dans la gazette apprirent sa mort à ceux qui ignoraient si elle vivait encore, Mém. rég. Oeuv. t. V, p. 402 dans LIGNE
Comme il [Charles le Téméraire, à la bataille de Nancy] voulut garder ses lignes avec le peu de monde qu'il avait, le corps qu'il opposa au duc René n'était guère que de deux mille hommes, Hist. Louis XI, Oeuv. t. III, p. 126, dans POUGENS dans LIGNE
Notre esprit ne peut même embrasser qu'un nombre limité d'erreurs, Consid. moeurs, ch. 2 dans LIMITÉ, ÉE
La consternation y serait très grande [à Naples] et presque générale, si la liquéfaction [du sang de saint Janvier] ne s'opérait pas ; aussi est-il très rare qu'elle manque, Voy. Ital. Oeuv. t. VII, p. 145 dans LIQUÉFACTION
Le désir de plaire à Mme de Villette fit entreprendre à Helvétius le livre de l'Esprit, Morc. hist. Oeuv. t. X, p. 270, dans POUGENS dans LIVRE
Le régent devait savoir qu'on n'est jamais sûr de ceux qui se vendent, et que le premier président était de tout temps livré au duc du Maine par goût et par intérêt, Mém. rég. Oeuv. t. V, p. 339, dans POUGENS dans LIVRÉ, ÉE
Jacques Coeur, fils d'un marchand de Bourges, s'était livré au commerce dès son enfance, Hist. Louis XI, Oeuv. t. V, p. 88, dans POUGENS dans LIVRER
Ceux qui se livrent à leurs devoirs ne sont connus que par hasard de ceux qui en ont un besoin passager, Consid. sur les moeurs, ch. 8 dans LIVRER
On loue tous ceux dont on croit avoir à espérer ou à craindre ; jamais on n'a vu moins d'estime et plus d'éloges, Considér. sur les moeurs, ch. 3 dans LOUER
Le surintendant Bullion fit frapper les premiers louis d'or, Morc. hist. Oeuv. t. X, p. 270, dans POUGENS dans LOUIS
L'abondance de ses lumières [de Joli de Fleury] qui l'éblouissaient quelquefois au lieu de l'éclairer, Mém. rég. Oeuv. t. V, p. 275, dans POUGENS dans LUMIÈRE
Le soir même il [le czar Pierre] se rendit à Versailles, et passa trois jours à voir le château, la ménagerie, Trianon, Marly, et surtout la machine plus admirable alors qu'elle ne l'est aujourd'hui que la mécanique est plus perfectionnée, Oeuvres, t. V, p. 297 dans MACHINE
Tout se passa exactement comme la veille, à l'exception de la main, que le roi donna partout chez lui au czar, comme il l'avait eue chez ce prince, Mém. rég. Oeuv. t. V, p. 294, dans POUGENS dans MAIN
Il [Louis XI] allait quelquefois de maison en maison dîner et souper chez les bourgeois ; il s'informait de leurs affaires, se mêlait de leurs mariages, et voulait être parrain de leurs enfants, Hist. de Louis XI, Oeuv. t. III, p. 341, dans POUGENS. dans MAISON
Le premier usage de ces maisons appelées communément petites maisons, s'introduisit à Paris par des amants qui étaient obligés de garder des mesures et d'observer le mystère pour se voir, Comte de ***, Oeuvres, t. VIII, p. 65 dans MAISON
Mme de la Vallière fut la première maîtresse déclarée, et il [Louis XIV] la fit duchesse de Vaujour, Règne de Louis XIV, Oeuv. t. V, p. 178 dans MAÎTRESSE
[L'abbé de Tencin] fit une étourderie majeure dans ce procès, où il assista en personne à la plaidoirie, Mém. rég. Oeuvr. t. V, p. 420, dans POUGENS dans MAJEUR, EURE
L'avarice était sa grande passion, et l'on n'ignore pas de combien de malversations elle est l'origine, Hist. Louis XI, Oeuv. t. III, p. 167 dans MALVERSATION
Ce malheureux prince [duc de Clarence] fut aussitôt jugé coupable ; toute la grâce qu'on lui fit, fut de lui laisser le choix du genre de mort ; il demanda d'être noyé dans un tonneau de malvoisie ; ce qui fut exécuté, Hist. Louis XI, Oeuvres, t. III, p. 151, dans POUGENS. dans MALVOISIE
Comme le public fait des réputations par caprice, des particuliers en usurpent par manége, Consid. moeurs, ch. 5 dans MANÉGE
Le duc de Saint-Simon, plein d'un mépris maniaque pour la robe, ne voyait qu'avec dépit la considération du régent pour le parlement, Mém. rég. Oeuv. t. V, p. 344 dans MANIAQUE
Le chancelier mania si habilement l'esprit de l'ambassadeur, que celui-ci engagea son maître à signer la prolongation de la trêve, Hist. Louis XI, Oeuvres, t. III, p. 221, dans POUGENS. dans MANIER
On a remarqué que, depuis 1494 jusqu'en 1598, la ville de Gênes a été gouvernée de plus de douze manières différentes, Hist. Louis XI, Oeuvres, t. V, p. 77. dans POUGENS dans MANIÈRE
Louis ignorait que le plus fort obstacle à ses desseins était la perfidie du cardinal Balue, qui trahissait sa confiance, et dont le hasard découvrit les manoeuvres, Louis XI, Oeuvr. t. II, p. 369, dans POUGENS dans MANOEUVRE
Il [Fouquet de la Varenne, qui avait servi Henri IV dans ses plaisirs et qui était retiré à la Flèche....] s'amusait souvent à tirer au vol ; un jour il aperçut sur un arbre une pie qu'il voulut faire partir pour la tirer ; la pie s'étant mise à crier : maquereau, il crut que c'était le diable qui lui reprochait ses vieux péchés, et tomba à l'instant en faiblesse, Morc. hist. Oeuv. t. X, p. 262, dans POUGENS dans MAQUEREAU, ELLE
Depuis 1456 jusqu'en 1461, année de la mort de Charles VII, le marc d'or valut cent livres, et le marc d'argent huit livres quinze sols, Hist. Louis XI, Oeuvres, t. V, p. 85 dans MARC
Mme des Ursins avait marché toute la nuit ; un profond silence régnait dans le carrosse ; elle ne pouvait se persuader ce qui lui arrivait, Louis XIV, Oeuvres, t. V, p. 87 dans MARCHER
Les maréchaux de France étaient originairement les premiers écuyers du roi sous le connétable ; mais leur dignité fut militaire avant la sienne, parce qu'ils devinrent lieutenants du sénéchal de France, chef des troupes, avant que le connétable eût succédé à la place et aux fonctions du sénéchal, Hist. Louis XI, Oeuvres, t. II, p. 121, dans POUGENS dans MARÉCHAL
La dignité de maréchal de France n'était pas anciennement à vie, comme aujourd'hui ; il n'y en avait d'abord que deux ; il y en eut quatre sous Charles VII ; on n'en trouve que trois au plus à la fois sous les règnes suivants, jusqu'à François 1er, qui en fit cinq, ib. p. 122 dans MARÉCHAL
Il y périt une quantité d'officiers de marque, Hist. Louis XI, Oeuvres, t. III, p. 108 dans MARQUE
Ce n'est pas que ce prince [le régent] n'eût tiré une ligne de séparation très marquée entre ceux qui avaient part aux affaires et ses compagnons de plaisirs, Mém. rég. Oeuv. t. V, p. 365, dans POUGENS dans MARQUÉ, ÉE
Il [le maréchal d'Huxelles] ignorait que c'est [la pêche de la morue] l'école des meilleurs matelots, Mém. rég. Oeuv. t. V, p. 292, dans POUGENS dans MATELOT
Combien faut-il faire de malheureux pour fournir les matériaux de ce qui fait ou devrait faire le bonheur de quelques particuliers, qui même ne savent pas en jouir ?, Consid. moeurs, ch 15 dans MATÉRIAUX
La méchanceté se trouve aujourd'hui l'âme de certaines sociétés, Consid. moeurs, ch. 8 dans MÉCHANCETÉ
Les mécontents se déclarèrent ouvertement sous le nom de ligue de bien public, qui est toujours leur prétexte, et rarement leur motif, Hist. Louis XI, Oeuv. t. II, p. 227 dans MÉCONTENT, ENTE
À l'égard des nasales, initiales et médiales, ils [les Latins] faisaient le même usage que nous des lettres m et n, Gramm. P. R. Rem. Oeuv. t. IX, p. 6, dans POUGENS dans MÉDIAL, ALE
Je l'ai quelquefois rencontré [le chevalier de Ménil] chez elle [Mlle de Launai], et il m'a paru au-dessous du médiocre, Mém. rég. Oeuvres, t. V, p. 379, dans POUGENS dans MÉDIOCRE
Fontenelle, qui avait donné cette unique boule blanche [pour l'abbé de Saint-Pierre], voyant que les soupçons se portaient sur un ami connu de l'abbé de Saint-Pierre, et craignant de l'exposer au ressentiment, se déclara auteur du méfait, et n'en fut que plus estimé du public, Hist. Acad. franç. Oeuvr. t. IX, p. 298 dans MÉFAIT
Une noire mélancolie, causée par le dépit et les remords, entretenue par la présence de Tencin, resté ministre de France à Rome, conduisit à la fin Innocent XIII au tombeau, Mém. rég. Oeuv. t. VI, p. 74, dans POUGENS dans MÉLANCOLIE
Voulons-nous avoir le droit de mépriser les riches ? commençons par mépriser les richesses ; changeons nos moeurs, Consid. moeurs, 10 dans MÉPRISER
Le mérite a sa pudeur comme la chasteté, Consid. moeurs, 3 dans MÉRITE
Tous ceux qui tirent vanité de leur naissance ne sont pas toujours dignes de se mésallier, Consid. moeurs, ch. 10 dans MÉSALLIER
Les états furent rassemblés en 1718, et l'on y prit un mezzo-termine, qui fut que les états délibéreraient sur le don gratuit dans la même séance qu'il serait demandé, Oeuv. t. V, p. 432 dans MEZZO-TERMINE
Le jeudi 29, le roi ayant paru se ranimer, ce mieux apparent fut si exagéré, que le duc d'Orléans se trouva seul, Règne de Louis XIV, Oeuvr. t. V, p. 150 dans MIEUX
Jamais elle [Mme de Maintenon] n'appela la duchesse de Bourgogne que mignonne, et celle-ci ne la nommait que ma tante, Règne de Louis XIV, Oeuv. t. V, p. 184 dans MIGNON, ONNE
Quelle est donc l'espèce de dissimulation permise, ou plutôt quel est le milieu qui sépare la fausseté vile de la sincérité offensante ? ce sont les égards réciproques, Consid. moeurs, ch. 3 dans MILIEU
Les mimes étaient la quatrième et la dernière espèce de comédies romaines, Oeuv. t. I, p. 341 dans MIME
Les scènes des mimes, quoique désunies et sans art, étaient semées de traits souvent dignes du plus haut tragique ; les poëtes mimiambes ou mimographes des Latins, du moins les plus célèbres, sont Cnéius, Mattius, Labérius, Publius Syrus, jusqu'au temps de César, Oeuv. t. I, p. 340 dans MIMIAMBE
Lesquelles choses nostre saint pere eut très agreables.... que, lui estant in minoribus, il avoit lu plusieurs histoires et avoit mis peine d'en avoir de France, Preuves de l'hist. de Louis XI, p. 314, dans LACURNE. dans MINORIBUS (IN)
C'est dans l'état mitoyen que la probité est encore le plus en honneur, Consid. moeurs, ch. 4 dans MITOYEN, ENNE
Le prodigieux mobilier du cardinal [Dubois] passa à son frère aîné Dubois, secrétaire du cabinet, depuis que le cadet était devenu secrétaire d'État, Oeuvres, t. VI, p. 171 dans MOBILIER, IÈRE
La modestie est le seul éclat qu'il soit permis d'ajouter à la gloire, Consid. moeurs, ch. 5 dans MODESTIE
Avant que de parler de moeurs, commençons par déterminer les différentes idées qu'on attache à ce terme ; car, loin d'avoir des synonymes, il admet plusieurs acceptions : dans la plus générale, il signifie les habitudes naturelles ou acquises pour le bien et le mal, Consid. moeurs, ch. 1 dans MOEURS
Les moeurs, en parlant d'un particulier et de sa vie privée, ne signifient autre chose que la pratique des vertus morales, ou le dérèglement de la conduite, suivant que ce terme est pris en bien ou en mal, ib. dans MOEURS
Les moeurs sans épithète s'entendent toujours des bonnes moeurs, Consid. moeurs, ch. 1 dans MOEURS
Les moeurs, plus que les lois, font et caractérisent une nation, Oeuvr. t. VI, p. 59 dans MOEURS
Qu'un ouvrage destiné à l'éducation d'un prince ait de la célébrité, le moindre gentilhomme le croit propre à l'éducation de son fils, Consid. moeurs, ch. 2 dans MOINDRE
Le roi ne s'aperçut pas le moins du monde de cette scène, Oeuv. t. V, p. 316 dans MOINS
Les vertus monastiques cèdent à l'esprit monacal, Consid. moeurs, ch. 14 dans MONACAL, ALE
Ce prince [Louis XI] laissa quatre cent mille écus d'or monnayé, soixante douze mille marcs d'argent en vaisselle, et pour plus de deux millions de meubles, que son fils dissipa bientôt par ses folles entreprises, Oeuv. t. II, p. 312 dans MONNAYÉ, ÉE
Sixte V, ayant, suivant la maxime de Tibère, divisé pour régner, imagina, pour mettre toute la noblesse et les familles opulentes dans sa dépendance, de se rendre maître de l'or et de l'argent des citoyens par l'appât qu'il leur présenta ; pour cet effet, il créa les lieux de mont, qui répondent à nos rentes sur la ville ; ils étaient d'abord à cinq pour cent.... mais le coup décisif de Sixte V, pour garder l'argent, fut qu'au lieu de payer les intérêts en espèces, on ne les paya qu'en papier qui avait et continua d'avoir cours comme monnaie, que l'État reçoit et donne en payement, Voy. en Italie. dans MONT
La superstition et l'orgueil, qui persuadent aux grands qu'indépendamment de l'ordre général, ils sont l'objet d'une attention particulière de la Providence, firent publier que la mer n'était pas montée si haut qu'à l'ordinaire pour laisser les princes approcher du pont, Oeuv. t. II, p. 392 dans MONTER
Il avait quatre cents hommes d'armes qui étaient payés à la montre, sans avoir ni contrôleur, ni inspecteur, Oeuv. t. II, p. 402 dans MONTRE
Le soir, le cardinal de Bourbon leur donna une fête magnifique, suivie d'une comédie de ce temps [sous Louis XI], c'est-à-dire une moralité ou sotie, Oeuv. t. III, p. 32 dans MORALITÉ
Le Grammont dont les mémoires ont été écrits par Antoine Hamilton, son beau-frère, était un roué de première classe, avec beaucoup d'esprit et très mordant, Oeuvr. t. X, p. 234 dans MORDANT, ANTE
[Le maréchal de Villeroy] esprit borné et sans culture, de la vieille galanterie, un jargon de cour, de la morgue, haut ou plutôt glorieux, et plus bas que respectueux auprès du feu roi et de Mme de Maintenon, Oeuvres, t. V, p. 217 dans MORGUE
Il disait que, loin de craindre une mort subite, c'était celle qu'il choisirait, Oeuvr. t. VI, p. 178 dans MORT
Un seul mot renferme souvent une collection d'idées : tels sont les termes d'esprit et de coeur, Consid. moeurs, ch. 11 dans MOT
C'est bien peu connaître les passions que de les faire raisonner ; elles ont des motifs et jamais des principes, Consid. moeurs, ch. 5 dans MOTIF
Nous avons trois sons mouillés, deux forts et un faible ; les deux forts sont gn dans règne, ill dans paille ; le mouillé faible se trouve dans aïeul, païen, faïence, Oeuv. t. IX, p. 15 dans MOUILLÉ, ÉE
Pour passer les nuits d'été dans le jardin du Luxembourg, avec une liberté qui avait plus besoin de complices que de témoins, elle [une fille du régent] en fit murer toutes les portes, à l'exception de la principale, dont l'entrée se fermait ou s'ouvrait suivant les occasions, Oeuv. t. V, p. 240 dans MURER
Je suis né à Dinan, en Bretagne, le 12 février 1704, d'une famille honnête et ancienne, Oeuvr. t. X, p. 1 dans NAÎTRE
Ne voit-on pas des gens dont la naïveté et la candeur empêchent qu'on ne rende justice à leur esprit ? cependant la naïveté n'est que l'expression la plus simple et la plus naturelle d'une idée dont le fonds peut être fin et délicat, Consid, moeurs, ch. 13 dans NAÏVETÉ
Les nasales n'ayant point de caractères simples qui en soient les signes, on a eu recours à la combinaison d'une voyelle avec m ou n, Oeuv. t. IX, p. 45 dans NASAL, ALE
Il [Louis XI] offrit des lettres de naturalité, avec des exemptions et des priviléges, aux étrangers qui viendraient s'établir pour travailler aux mines qu'on devait ouvrir en Dauphiné et en Roussillon, Oeuv. t. II, p. 296 dans NATURALITÉ
On reproche à Louis XI d'avoir employé dans ses affaires des hommes de néant, préférablement à ceux que leur naissance semblait intéresser davantage au bien de l'État, Oeuv. t. III, p. 359 dans NÉANT
Les sujets ne sont assurés du nécessaire que lorsque les princes s'interdisent le superflu, Oeuvr. t. V, p. 52 dans NÉCESSAIRE
Quoi qu'il [Louis XI] fût toujours fort négligé dans ses habits, Oeuvr t. II, p. 179 dans NÉGLIGÉ, ÉE
Le premier président, qui ne se sentait pas net et désirait fort s'éclaircir de ce que le régent pouvait en savoir, lui fit demander une audience secrète, Oeuvr. t. VI, p. 7 dans NET, ETTE,
Un marchand nommé Maître Jean, séduit par les bontés du roi [Louis XI], qui le faisait souvent manger avec lui, s'avisa de lui demander des lettres de noblesse ; ce prince les lui accorda ; mais, lorsque le nouveau noble parut devant lui, il affecta de ne le pas regarder, Oeuv. t. III, p. 341 dans NOBLESSE
Ceux qui étaient présents firent éclater leur joie en criant noël, qui était alors le cri de réjouissance, Oeuv. t. I, p. 391 dans NOËL
Notre liaison s'est fortifiée, et la disgrâce en a resserré les noeuds, Oeuv. t. X, p. 53 dans NOEUD
Bailli était fort suspect de jansénisme, la plus noire des taches aux yeux du roi [Louis XIV], Oeuv. t. V, p. 56 dans NOIR, OIRE
Le manége, l'intrigue, les piéges et ce qu'on appelle la noirceur, ne s'emploient qu'entre les rivaux d'ambition, Consid. moeurs, ch. 11 dans NOIRCEUR
Le roi [Louis XI], qui, à la persuasion de son confesseur, s'était d'abord déclaré pour les réalistes, avait fait clouer et enchaîner dans les bibliothèques les livres des nominaux, Oeuv. t. III, p. 281 dans NOMINAL, ALE
La crainte de perdre le chapeau, récompense ordinaire de la nonciature de France, Oeuv., t. V, p. 247 dans NONCIATURE
Je n'ai point fait mettre Law en prison, parce que vous m'en avez dissuadé ; et je l'ai laissé partir, parce que je craignais que sa présence ne nuisît au crédit public, Oeuvr. t. VI, p. 65 dans NUIRE
Il ne suffit pas de nuire, il faut surtout amuser ; sans quoi, le discours le plus méchant retombe plus sur son auteur que sur celui qui en est le sujet, Consid. moeurs, ch. 8 dans NUIRE
Ayant tout usé jusqu'à la débauche, il [le régent] avouait quelquefois qu'il ne goûtait plus le vin, et qu'il était devenu nul pour les femmes, Oeuvr. t. VI, p. 128 dans NUL, NULLE
Quelques embrassades et autres menues licences qui furent si bien reçues de la nymphe...., Oeuv. t. X, p. 42 dans NYMPHE
Les princes ne sont pas assez heureux pour avoir des amis ; et, dans leurs derniers moments, ils ne trouvent pas toujours de l'obéissance, Oeuvr. t. II, p. 465 dans OBÉISSANCE
Tous les gens de la cour, obérés de dettes, s'en étaient libérés avec du papier [sous Law], qui ne leur avait coûté que des bassesses, Oeuv. t. VI, p. 33 dans OBÉRÉ, ÉE
Prévoir une objection, c'est la réfuter, sans être obligé d'y répondre, Consid. moeurs, 4 dans OBJECTION
Un mouvement sans objet, Consid. moeurs, 1 dans OBJET
Le régent vit clairement par l'obsession où était le roi d'Espagne, qu'il n'y avait rien à en espérer, et ne pensa plus qu'à conclure avec l'Angleterre un traité, Oeuv. t. V, p. 267 dans OBSESSION
Des seigneurs s'empressèrent d'y [à l'Académie française] obtenir et même d'y mériter des places, Oeuv. t. IX, p. 242 dans OBTENIR
Pour obtenir du peuple, il vaut mieux exagérer ses prétentions que de les borner, Oeuv. t. II, p. 167 dans OBTENIR
Le régiment occupa les avenues du palais, et les officiers, avec des soldats d'élite, mais sans l'uniforme, se répandirent dans les salles, Régence, Oeuv. t. V, p. 207 dans OCCUPER
Si l'on dit d'un connaisseur qui distingue et apprécie les beautés d'un tableau, qu'il a de bons yeux, cette expression ne lui attribue rien de matériel, mais du goût et de la pénétration, Oeuvres, t. X, p. 97 dans OEIL
Ces gens d'un état fort commun qui, malgré leur complaisance pour les grands et leur impertinence avec leurs égaux, seront toujours hors d'oeuvre, Consid. moeurs, ch. 11 dans OEUVRE
On voulait excuser l'offenseur sur l'ivresse : je ne puis m'y tromper, répondit l'offensé ; ce qu'il me dit étant ivre, il le pense à jeun, Consid. moeurs, ch. 13 dans OFFENSEUR
Le régent, pendant la première heure de son lever, était encore si appesanti, si offusqué des fumées du vin, qu'on lui aurait fait signer ce qu'on aurait voulu, Oeuvr. t. V, p. 231 dans OFFUSQUER
Le pape envoya un bref par lequel il permettait au roi [Louis XI] de se faire oindre une seconde fois de l'huile de la sainte ampoule, Oeuv. t. III, p. 335 dans OINDRE
Les sots ne se bornent pas à une haine oisive contre les gens d'esprit ; ils les représentent comme des gens dangereux, ambitieux, intrigants, Consid. moeurs, X dans OISIF, IVE
L'esprit de la nouvelle Rome est diamétralement opposé à celui de l'ancienne, Oeuv. t. VII, p. 50 dans OPPOSÉ, ÉE
Les lois cruelles contre les oppresseurs sont les plus douces pour la société, Consid. moeurs, 5 dans OPPRESSEUR
Breteuil parvint à découvrir le successeur [du notaire qui avait l'acte de mariage de celui qui fut le cardinal Dubois], le fit venir, et lui laissa l'option d'une somme assez forte ou d'un cachot, pour la remise ou le refus de la minute du contrat, Oeuv. t. VI, p. 166 dans OPTION
Mes pères, dit le caustique magistrat [le premier président Harlay] en s'adressant aux premiers [jésuites], il faut vivre avec vous, et se tournant vers les oratoriens : et mourir avec vous, Oeuv. t. V, p. 57 dans ORATORIEN
Il y en avait de bien des espèces [d'épreuves judiciaires] ; mais elles se rapportent toutes à trois principales, savoir le serment, le duel et l'ordalie ou l'épreuve par les éléments, Oeuv. t. I, p. 301 dans ORDALIE
Il leur est plus ordinaire [aux hommes] de penser d'après leurs actions, que d'agir d'après leurs principes, Consid. moeurs, 16 dans ORDINAIRE
Chaque souper était une orgie [chez le régent], Oeuvr. t. V, p. 230 dans ORGIES
L'orgueil est le premier des tyrans ou des consolateurs, Consid. moeurs, 10 dans ORGUEIL
L'orgueil humilié et rampant est toujours de l'orgueil, ib. 13 dans ORGUEIL
Le roi Louis XI, pour entretenir cette disposition dans les esprits, parut vouloir présenter la bataille, et prit l'oriflamme avec des cérémonies toujours imposantes pour le peuple, Oeuv. t. II, p. 255 dans ORIFLAMME
Notre orthographe est si vicieuse, qu'il n'y faut avoir aucun égard en parlant des sons de la langue ; on ne doit consulter que l'oreille, Oeuvr. t. IX, p. 7 dans ORTHOGRAPHE
J'avais toujours ouï dire qu'il est difficile de mourir ; je touche à ce dernier moment, et je ne trouve pas cette résolution si pénible, Règne de Louis XIV, Oeuv. t. V, p. 148 dans OUÏR
Je reçus une lettre de milady, où tout ce que l'amour outragé peut inspirer était exprimé, Oeuv. t. VIII, p. 89 dans OUTRAGÉ, ÉE
Sans avoir les bonnes qualités de son père [le régent], elle [la duchesse de Berry] en outrait tous les vices, Oeuvr. t. V, p. 203 dans OUTRER
Cette année s'ouvrit par la déclaration de guerre contre l'Espagne, Oeuv. t. V, p. 382 dans OUVRIR
Les opérations cruelles n'ont été imaginées que pour sauver la vie, et les palliatifs pour adoucir les douleurs, Consid. moeurs, ch. 3 dans PALLIATIF, IVE
La passion des Romains pour les pantomimes fit qu'il s'en forma des écoles, plus suivies que celles des orateurs et fréquentées par les plus grands de Rome, Oeuv. t. I, p. 345 dans PANTOMIME
Mme des Ursins fut mise dans un carrosse avec une femme de chambre et deux officiers des gardes, sans autres habits ni linge que ce qu'elle avait sur le corps, et partit à huit heures du soir par un froid très vif, le 23 décembre 1714, Oeuv. t. v, p. 86 dans PAR
Je lui ai ouï dire [au comte de Belle-Isle], que, pendant trente-quatre ans, il n'avait dormi que quatre heures par nuit, Oeuv. t. VI, p. 152 dans PAR
Je doute qu'une démonstration mathématique parût une vérité à quelqu'un dont elle combattrait une passion forte ; il y supposerait des paralogismes, Consid. moeurs, 14 dans PARALOGISME
Les rois pardonnent rarement à ceux qu'ils craignent, Oeuv. t. III, p. 38 dans PARDONNER
On n'est pas toujours obligé d'avoir ses parents pour amis ; mais il est décent de vivre avec eux comme s'ils l'étaient, Oeuv. t. VIII, p. 111 dans PARENT
Je n'eus que le temps de me mettre en défense, et de parer le coup qui m'était porté, Oeuv. t. VIII, p. 122 dans PARER
Cent cinquante mille écus.... dont on devait payer quinze mille chaque année jusqu'à parfait payement, Oeuv. t. V, p. 83 dans PARFAIT, AITE
Les principes, répondit-il, en cette matière, sont fort obscurs ; mais, dans le fait, le parlement est fort sous un roi faible, et faible sous un roi fort, Oeuv. t. V, p. 413 dans PARLEMENT
Il [Louis XI] avait la parole à commandement, et le sens naturel parfaitement bon, Oeuv. t. III, p. 362 dans PAROLE
Le talent de la parole ou plutôt de la conversation doit se perfectionner à la cour plus que partout ailleurs, puisqu'on est destiné à y parler et réduit à n'y rien dire, Consid. moeurs, 8 dans PAROLE
Je ne suis guère admirateur sur parole, Oeuvr. t. VII, p. 48 Oh ! sur parole ainsi ne louons point les gens GRESSET, le Méch. III, 10 dans PAROLE
Les partis vinrent jusqu'aux portes de Paris, et enlevèrent le premier écuyer, qu'ils prirent pour le Dauphin, Oeuv. t. v, p. 26 dans PARTI
Particule est un terme vague, assez abusivement employé dans les grammaires, Oeuv. t. IX p. 133 dans PARTICULE
Mme de Montespan, belle et avec ce tour d'esprit alors, dit-on, particulier aux Rochechouart, était haute, capricieuse, dominée par une humeur qui n'épargnait pas même le roi, Oeuv. t. v, p. 180 dans PARTICULIER, ÈRE
L'histoire du règne de Louis XV commence presque à la naissance de ce prince né le 15 février 1710 ; il parvint à la couronne le 1er septembre 1715, à l'âge de cinq ans et demi, Oeuv. t. v. 1 dans PARVENIR
Elle lui associa un jeune homme de robe, sans compter les passades qu'elle regardait comme choses qui ne tiraient pas à conséquence, Oeuv. t. VIII, p. 75 dans PASSADE
L'indulgence, lui disais-je, que vous avez pour toutes mes intrigues de passage ne peut venir que de votre indifférence, Oeuv. t. VIII, p. 185 dans PASSAGE
Mathias Corvin avait passé de la prison sur le trône ; instruit par l'adversité, il n'en fut que plus digne de la couronne, Oeuv. t. VII, p. 52 dans PASSER
Le zélé père, charmé de l'ouverture, devint radieux, caressant, et, après plusieurs circonvolutions patelines, des mots entrecoupés : ce n'est pas tout, dit-il...., Oeuvr. t. VI, p. 101 dans PATELIN
J'ai vu la maison assez pauvrement meublée, Oeuv. t. x, p. 2 dans PAUVREMENT
Albéroni affichait l'autorité la plus absolue, et déclarait aux secrétaires d'État que, s'ils s'écartaient de ses ordres, ils le payeraient de leur tête, Oeuvr. t. V, p. 335 dans PAYER
C'est sur l'état du paysan que je juge d'un gouvernement, que je n'ai ni le temps ni le moyen de connaître, Voy. Italie, Oeuvr. t. VII, p. 35 dans PAYSAN, SANNE
Il [Fouquet] fut conduit comme un criminel d'État à Paris, où l'on érigea un tribunal pour lui faire son procès, qui commença par les accusations de péculat et de crime d'État, Oeuv. t. X, p. 266 dans PÉCULAT
Je ne lui dissimulai pas [à Beccaria, auteur du livre des Délits et des Peines] que je n'étais pas de son avis sur la conclusion qui tend à proscrire la peine de mort pour quelque crime que ce puisse être, Oeuv. t. VII, p. 201 dans PEINE
Les hommes n'ont qu'un penchant décidé, c'est leur intérêt, Consid. moeurs, 10 dans PENCHANT
L'abbé Dubois, plus pendable encore que Law, sentait qu'il pouvait devenir la seconde victime du public, Oeuvr. t. V, p. 345 dans PENDABLE
Ses remords [de Mme de la Vallière], encore plus que les dégoûts causés par une rivale, la conduisirent aux Carmélites, où elle vécut trente-six ans dans la plus dure pénitence, Oeuv. t. V, p. 178 dans PÉNITENCE
Le célèbre Heinsius, pensionnaire de Hollande et le plus terrible ennemi qu'ait eu la France, Oeuv. t. VI, p. 62 dans PENSIONNAIRE
[Ils auront en enfer] pour les douces odeurs et plaisances mondaines, penurie et ordures, Preuv. de Louis XI, p. 298, dans LACURNE dans PÉNURIE
Quoique depuis longtemps elle [la 1re femme de Philippe V] fût perdue d'écrouelles, Oeuvr. t. VI, p. 109 dans PERDU, UE
Un roi incapable de gouverner est encore plus pernicieux à un État qu'un prince malheureux ou qui fait des fautes, Oeuv. t. II, p. 18 dans PERNICIEUX, EUSE
Le persiflage, amas fatigant de paroles, volubilité de propos qui font rire les fous, scandalisent la raison, déconcertent les gens honnêtes ou timides, et rendent la société insupportable, Consid. moeurs, 8 dans PERSIFLAGE
Les grâces qu'il [Fontenelle] répandait sur la philosophie semblaient une profanation à ceux qui ne se croient solides que parce qu'ils sont pesants, Oeuv. t. IX, p. 319 dans PESANT, ANTE
Il [le cardinal Dubois] avait plus de vices que de défauts ; assez exempt de petitesse, il ne l'était pas de folie, Oeuv. t. VI, p. 173 dans PETITESSE
Le pétulant Saint-Simon l'interrompit en disant...., Oeuv. t. v, p. 306 dans PÉTULANT, ANTE
Louis XI... qui n'était pas insensible aux éloges que Balue lui donnait sur son habileté, tomba dans le piége le plus à craindre pour les gens habiles, qui est de croire l'être plus qu'ils ne le sont, Oeuvr. t. II, p. 346 dans PIÉGE
On l'habilla convenablement [Dubois] pour lui donner la vraie figure d'un abbé, relever un peu son extérieur piètre et bas, et le rendre présentable, Oeuv. t. V, p. 198 dans PIÈTRE
Les choses étant sur le pied où elles sont [dans la société], l'homme le plus piqué n'a pas le droit de rien prendre au sérieux, ni d'y répondre avec dureté, Consid. moeurs, 8 dans PIQUÉ, ÉE
Les placards injurieux [à Louis XIV] s'affichaient aux carrefours, aux pieds des statues du roi, Oeuv. t. v, p. 28 dans PLACARD
Cette politesse si recommandée sauve bien des bassesses ; on serait trop heureux qu'elle ne couvrît que des platitudes, Consid. moeurs, 4 dans PLATITUDE
La licence de cet intérieur [du régent] était poussée au point que la comtesse de Sabran lui dit un jour en plein souper, que Dieu, après avoir créé l'homme, prit un reste de boue dont il forma l'âme des princes et des laquais, Oeuv. t. V, p. 201 dans PLEIN, EINE
Il est toujours sage et avantageux d'encourager les hommes aux actes honnêtes : ils sont capables de prendre le pli de la vertu comme du vice, Consid. moeurs, IV dans PLI
Un règne absolu de soixante-douze ans [de Louis XIV] avait plié deux ou trois générations à l'obéissance et à la crainte, Oeuv. t. v, p. 337 dans PLIER
La quantité de pluie qui tombe à Rome est de trente pouces et demi ; à Paris il est rare qu'elle aille à vingt, Oeuv. t. VII, p. 26 dans PLUIE
Il [Louis XI] voulait... qu'il n'y eût qu'une loi, qu'un poids, qu'une mesure, Oeuv. t. III, p. 232 dans POIDS
Bagnoni, qui était prêtre, prit sa place [d'un conspirateur contre les Médicis], et se chargea de tuer Laurent, dans le temps que François Pazzi et Bandini poignarderaient Julien son frère, Oeuv. t. III, p. 190 dans POIGNARDER
Les hommes savent que les politesses qu'ils se font ne sont qu'une imitation de l'estime, Consid. moeurs, 3 dans POLITESSE
Si les Suisses n'eussent esté refrenés, ainsy que le feu s'en va d'une maison en autre, toute popularité [le populaire] se fust versée et tournée contre la noblesse, Preuves de Louis XI, f° 211, dans LACURNE dans POPULARITÉ
Brezé lui disait quelquefois [à Louis XI, qui disait qu'il portait tout son conseil dans sa tête], par une équivoque du goût de ce temps, que son cheval était le plus fort qu'il y eût au monde, puisqu'il portait le roi et son conseil, Oeuvr. t. III, p. 342 dans PORTER
Lorsque Salvien déclame contre les spectacles, les peintures qu'il fait des imitations honteuses, des discours et des postures obscènes, montrent assez quel était le goût des spectateurs, Oeuv. t. I, p. 350 dans POSTURE
Un jour qu'en plein conseil et en présence du régent, il [Rouillé] s'exprimait avec sa liberté ordinaire, le duc de Noailles lui dit : - Monsieur Rouillé, il y a ici de la bouteille [il était buveur]. - Cela se peut, monsieur le duc, répliqua Rouillé, mais jamais de pot-de-vin, Oeuv. t. V, p. 218 dans POT
Il [Fouquet de Varenne] fit en peu de temps une fortune si considérable, que la duchesse de Bar lui dit : tu as plus gagné à porter les poulets de mon frère [Henri IV], qu'à piquer les miens, Oeuv. t. X, p. 261 dans POULET
Il [Albéroni] fut prêt d'être dégradé, et ne l'évita que par l'intérêt qu'ont tous les cardinaux de rendre la pourpre invulnérable dans ceux mêmes qui la déshonorent, Oeuv. t. V, p. 313 dans POURPRE
Obligé aux devoirs pratiques du côté de la reconnaissance, Consid. moeurs, 16 dans PRATIQUE
Pour connaître les hommes, il faut les pratiquer, Consid. moeurs, Introd. dans PRATIQUER
La princesse des Ursins, voyant échouer son projet de souveraineté personnelle, ne songe plus qu'à régner précairement à Madrid, Oeuv. t. V, p. 78 dans PRÉCAIREMENT
Et que, dans cette cérémonie [une procession], les femmes précéderaient les hommes, en mémoire de ce qu'au dernier assaut [de Beauvais] les hommes auraient été forcés, si les femmes ne fussent venues à leur secours, ayant à leur tête Jeanne Hachette, Oeuv. t. II, p. 478 dans PRÉCÉDER
Les hommes font beaucoup d'injustices sans méchanceté, par légèreté, précipitation, sottise, témérité, imprudence, Consid. moeurs, 5 dans PRÉCIPITATION
Les mots de courage, de modestie, d'honneur, de vice, de vertu, tous si communs dans les conversations, sont-ils des signes d'idées bien précises ?, Oeuvr. t. X, p. 94 dans PRÉCIS, ISE
Que le duc de Bretagne déclarerait qu'il n'avait entendu rien traiter avec la cour de Rome, qui pût préjudicier à la souveraineté du roi [Louis XI], Oeuvr. t. II, p. 200 dans PRÉJUDICIER
Les préjugés même doivent être discutés et traités avec circonspection, Consid. moeurs, 2 dans PRÉJUGÉ
Un préjugé, n'étant autre chose qu'un jugement porté ou admis sans examen, peut être une vérité ou une erreur, ib. dans PRÉJUGÉ
On est revenu, depuis quelque temps, de beaucoup de préjugés ; mais on s'accoutume trop à regarder comme tel tout ce qui est admis, Oeuv. t. VII, p. 202 dans PRÉJUGÉ
[Mlle Choin] vivant avec un petit nombre de vrais amis qui lui restèrent, et délivrée d'une foule de plats courtisans qui s'éloignèrent d'elle sans préparatifs ni pudeur, Oeuv. t. v, p. 48 dans PRÉPARATIF
Jacques d'Armagnac, qui venait d'être fait duc de Nemours avec les titres, rang et prérogatives de duc et pair, Oeuvr. t. II, p. 174 dans PRÉROGATIVE
Dans le temps que la crainte de la mort semblait avoir égaré l'esprit de Louis XI, il l'eut toujours sain et présent dans les affaires, Oeuv. t. III, p. 332 dans PRÉSENT, ENTE
M. le régent.... offrit à M. de Fontenelle d'être le président perpétuel de l'Académie des sciences : Eh ! monseigneur, répondit-il, pourquoi voulez-vous m'empêcher de vivre avec mes égaux ?, Éloges, Fontenelle. dans PRÉSIDENT
On est plus humilié d'être au-dessous de ses prétentions que de ses devoirs, Consid. moeurs, 12 dans PRÉTENTION
Côme de Médicis, le plus riche particulier de l'Europe, lui prêta [à Sforce] cinquante mille écus, avec lesquels il gagna les troupes milanaises, Oeuv. t. II, p. 301 dans PRÊTER
Le roi [Louis XV], quoiqu'enfant, ne fut nullement étonné, fit un petit compliment, et se prêta de bonne grâce aux caresses du czar [Pierre Ier], Oeuv. t. V, p. 293 dans PRÊTER
Les lois se sont prêtées à la faiblesse et aux passions, en ne réprimant que ce qui attaque ouvertement la société, Consid. dans PRÊTER
Le malheur de ces gens qui savent tout, est de ne jamais rien prévoir, Oeuv. t. VIII, p. 378 dans PRÉVOIR
Mon maudit campagnard s'était informé des personnes que je voyais le plus fréquemment, et n'avait pas manqué de les prier, Oeuv. t. VIII, p. 172 dans PRIER
On trouva son corps [de Charles le Téméraire] couvert de boue et pris dans la glace, Oeuv. t. III, p. 128 dans PRIS, ISE
On lui amena un domestique de Jacques de Grassay, que les Anglais avaient fait prisonnier, et qu'ils renvoyaient, suivant l'usage de ces temps-là [XVe siècle], où il paraît qu'on rendait la liberté au premier prisonnier qu'on faisait, Oeuv. t. III, p. 70 dans PRISONNIER, IÈRE
La fidélité aux lois, aux moeurs et à la conscience fait l'exacte probité, Consid. moeurs, IV dans PROBITÉ
Tant fut procédé, que la tête du bon curé se brouilla, et bientôt il s'assoupit, Oeuv. t. VI, p. 165 dans PROCÉDÉ, ÉE
Voiler la raison, quand on est obligé de la produire, avec autant de soin que la pudeur en exigeait autrefois, quand il s'agissait d'exprimer quelque idée libre, Consid. moeurs, 8 dans PRODUIRE
Chamillard, produit à la cour pour faire la partie du roi au billard, Oeuvr. t. V, p. 20 dans PRODUIT, ITE
Il n'y a point de profession qui n'exige un homme tout entier, Consid. moeurs, 12 dans PROFESSION
Les damoiselles ou autres femmes voulant faire par le bas en leurs robes un rebours [bordure] nommé profit, Preuves de Louis XI, p. 269, dans LACURNE dans PROFIT
Ilz ne firent riens de leur prouffit [dans cette sortie], et perdirent deux ou trois gentilzhommes, III, 10 dans PROFIT
Il arriva alors ce qui est souvent arrivé depuis : le projet fut examiné, approuvé et même admis, et resta sans exécution, Oeuvr. t. III, p. 47 dans PROJET
Louis XI, ayant fait son traité avec Édouard, signa avec le roi d'Aragon une prolongation de trêve, Oeuv. t. III, p. 82 dans PROLONGATION
Aussitôt qu'il [Louis XI] aperçut François de Paule, il courut au-devant de lui, et se jeta à ses pieds, en le suppliant de lui prolonger la vie, Oeuv. t. III, p. 331 dans PROLONGER
Après avoir vécu familièrement avec le maréchal de Noailles, qui l'appelait son philosophe, il [Dumarsais] avait été longtemps promené sous ce titre dans plusieurs sociétés distinguées, Oeuv. t. x, p. 69 dans PROMENER
Il [Racine] s'assurait par là d'un prôneur [Boileau] dont la voix était comptée pour beaucoup, Oeuv. t. x, p. 82 dans PRÔNEUR
Plus un mot est manié, plus la prononciation en devient faible, Oeuv. t. IX, p. 9 dans PRONONCIATION
On prononce assez généralement bien au théâtre ; mais il ne laisse pas de s'y trouver quelques prononciations vicieuses que certains acteurs tiennent de leur province ou d'une mauvaise tradition, ib. t. IX, p. 7 dans PRONONCIATION
Le jugement que nous faisons des choses, comme quand je dis : la terre est ronde, s'appelle proposition, Oeuv. t. IX, p. 53 dans PROPOSITION
Le chancelier le Tellier, digne père de Louvois, signa l'édit de sang qui proscrivit trois millions de citoyens, et, prêt à descendre dans le tombeau, se fit l'application sacrilége du cantique de Siméon, Oeuvr. t. V, p. 187 dans PROSCRIRE
Quand on anime les choses, et qu'on les regarde comme des personnes par une figure qu'on appelle prosopopée, on y peut employer les termes qui conviennent aux personnes, Oeuvr. t. IX, p. 101 dans PROSOPOPÉE
Louvois, qui frémissait de devenir inutile, s'il n'entretenait, comme un feu sacré, celui de la guerre, espérait enflammer tout le protestantisme de l'Europe, Oeuv. t. V, p. 185 dans PROTESTANTISME
Je me suis un peu arrêté sur Boindin, parce que c'est le seul de l'Académie des belles-lettres dont on n'ait point parlé à la séance publique qui suivit sa mort, Oeuv. t. x, p. 60 dans PUBLIC, IQUE
Il n'y a personne qui n'ait son public, c'est-à-dire une portion de la société commune dont on fait soi-même partie ; voilà le public dont on doit attendre le jugement, sans le prévenir ni même le solliciter, Consid. moeurs, 16 dans PUBLIC, IQUE
Ce prince [Louis XI] est le premier de nos rois qui ait introduit, ou du moins fait étendre l'usage de manger publiquement avec ses sujets, Oeuv. t. III, p. 340 dans PUBLIQUEMENT
Avant de se faire sacrer [comme archevêque], il [le cardinal Dubois] fut obligé de faire chez un chirurgien une quarantaine qui tint lieu d'une retraite au séminaire, Oeuv. t. V, p. 416 dans QUARANTAINE
Tant de dépenses extraordinaires obligent Louis XI de retrancher un quart sur les pensions, Oeuv. t. III, p. 244 dans QUART
J'ai su par moi-même ce qu'il y avait à rabattre des relations faites par des gens déterminés à l'admiration avant que d'avoir vu, Oeuv. t. VII, p. 3 dans RABATTRE
Un vieux prêtre me trouvait déjà tant d'esprit.... qu'il prétendait que je serais un jour docteur de Sorbonne ; il aurait depuis bien rabattu de ses espérances, Oeuv. t. X, p. 18 dans RABATTRE
On y est ce qu'on appelle raccroché en plein jour, Voy. Ital. Oeuvr. t. VII, p. 79 dans RACCROCHÉ, ÉE
Le sage Fontenelle, qui estimait Boindin à beaucoup d'égards et qui en était respecté, lui ayant demandé pourquoi il se livrait si fort à la contradiction : c'est, dit Boindin, que je vois des raisons contre tout, Oeuv. t. X, p. 59 dans RAISON
Raisonner est se servir de deux jugements pour en faire un troisième, comme, lorsqu'ayant jugé que toute vertu est louable, et que la patience est une vertu, j'en conclus que la patience est louable, Oeuv. t. IX, p. 53 dans RAISONNER
Les bienfaits qui ne ramènent pas un ennemi ne servent qu'à l'aigrir, Oeuv. t. II, p. 262 dans RAMENER
Les plus braves de l'armée du prince de Galles se rangèrent auprès de lui, et périrent les armes à la main, Oeuv. t. II, p. 441 dans RANGER
Rien ne donne mieux l'idée du génie anglais que la rapidité des révolutions, Oeuv. t. II, p. 443 dans RAPIDITÉ
Toutes les lois de la syntaxe, tous les rapports des mots peuvent se rappeler à deux : le rapport d'identité et le rapport de détermination, Oeuv. t. IX, p. 207 dans RAPPELER
Le maréchal d'Estrées s'embrouillait si fort en rapportant, qu'il rendait souvent l'affaire inintelligible, Oeuv. t. V, p. 216 dans RAPPORTER
La rareté d'une chose sans aucune espèce d'utilité ne peut mériter d'estime, Consid. moeurs, 15 dans RARETÉ
Le roi [Louis XI] écrivit à tous les gouverneurs, baillis et sénéchaux, de faire assembler les états de leurs gouvernements, pour ratifier le mariage du Dauphin avec Marguerite d'Autriche, Oeuv. t. III, p. 319 dans RATIFIER
Ces peuples [les Suisses, soulevés contre l'Autriche], que l'on regardait comme rebelles, parce qu'ils n'étaient pas encore les plus forts, Oeuvr. t. V, p. 51 dans REBELLE
Les lettres ont, par elles-mêmes, un attrait qui séduit l'esprit, lui rend les autres occupations rebutantes...., Consid. moeurs, XI dans REBUTANT, ANTE
Elle était jolie et brillante ; il n'en faut pas tant dans le monde pour être recherchée, Oeuv. t. VIII, p. 51 dans RECHERCHER
L'action comprend la récitation et le geste, Oeuv. t. IX, p. 332 dans RÉCITATION
Les réclamations ont été imaginées par les âmes faibles ; les âmes fortes y renoncent, et la prudence doit faire craindre de les entreprendre, Consid. moeurs, 16 dans RÉCLAMATION
Le roi [Louis XI] le reçut avec bonté, et le réconcilia avec Dammartin, c'est-à-dire qu'il les obligea de dissimuler leur haine, Oeuv. t. III, p. 38 dans RÉCONCILIER
La reconnaissance marque d'abord un esprit de justice ; mais elle suppose encore une âme disposée à aimer, pour qui la haine serait un tourment, et qui s'en affranchit plus encore par sentiment que par réflexion, Consid. moeurs, XVI dans RECONNAISSANCE
Il n'y a point d'hommes plus reconnaissants que ceux qui ne se laissent pas obliger par tout le monde, Consid. moeurs, 16 dans RECONNAISSANT, ANTE
Il n'y avait que le duc de Bourgogne dont la haine fût assez reconnue pour qu'il fût suspect d'avoir conseillé le crime [assassinat du duc d'Orléans], Oeuv. t. III, p. 30 dans RECONNU, UE
Un insolent ministre [Alberoni] fit manquer à l'Espagne l'occasion de recouvrer Gibraltar, Oeuv. t. V, p. 261 dans RECOUVRER
Il me suffit de remarquer qu'une récrimination n'est pas une apologie, Oeuv. t. III, p. 4 dans RÉCRIMINATION
Le duc, n'étant pas satisfait, récrivit fortement à ce sujet, Oeuv. t. II, p. 411 dans RÉCRIRE
L'abbé Gérard, qui rédigea, dans l'onzième siècle, la vie d'Abeilard, abbé de Corbie, Oeuvr. t. IX, p. 245 dans RÉDIGER
[Louis XI] aimé du peuple, haï des grands, redouté de ses ennemis, et respecté de toute l'Europe, Oeuv. p. 339 dans REDOUTÉ, ÉE
La réduplication du régime et du pronom dans ce vers de Racine : Eh ! que m'a fait à moi cette Troie où je cours ? marque non-seulement qu'Achille n'avait point d'intérêt personnel dans la guerre, mais le distingue d'Agamemnon, dont on fait sentir l'intérêt direct, Oeuv. t. IX, p. 209 dans RÉDUPLICATION
Ces placards pouvaient intimider le roi, et, par contre-coup, réfléchir sur Mme de Pompadour, Oeuv. t. X, p. 244 dans REFLÉCHIR
La réflexion sert de sauvegarde au caractère, sans le corriger, comme les règles en servent au génie, sans l'inspirer, Consid. moeurs, 13 dans RÉFLEXION
Le privilége d'un ancien ami n'est guère que d'être refusé de préférence, et obligé d'approuver le refus, trop heureux si, par un excès de confiance, on lui fait part des motifs, Consid. moeurs, 7 dans REFUS
Le régent ne savait rien refuser ; et ce qu'il ne donnait pas, on le lui arrachait, Oeuv. t. V, p. 372 dans REFUSER
On offre les services, on refuse les secours, Consid. moeurs, 7 dans REFUSER
On refuse durement le nécessaire, on accorde aisément le superflu, ib. dans REFUSER
Louis XI.... perdit dès ce moment [où il livra des lettres aux Gantois] toute la confiance de Marie [de Bourgogne], et ne put jamais la regagner, Oeuv. t. III, p. 149 dans REGAGNER
[Fouquet coupable] d'avoir fait du bien aux seigneurs indigents de la cour, d'avoir même régalé son maître en sa terre de Vaux avec trop de splendeur, Oeuv. t. X, p. 266 dans RÉGALER
Cette régate est une course de gondoles sur le grand canal [à Venise], avec des prix pour les vainqueurs, Oeuv. t. VII, p. 185 dans RÉGATE
Rome [des papes].... aurait grand besoin d'une régénération, Oeuv. t. VII, p. 51 dans RÉGÉNÉRATION
Il [Fontenelle] a rempli un siècle par sa conduite, et non par un régime superstitieux, peut-être aussi contraire à la nature que des excès, Oeuv. t. IX, p. 318 dans RÉGIME
Elle [la particule en] suppose toujours la préposition de ; ainsi, n'étant pas un régime simple, mais un régime composé, elle ne doit point influer sur le participe, Oeuv. t. IX, p. 194 dans RÉGIME
L'avocat général Lamoignon.... parla de l'honneur que la cour [du parlement] recevait ce jour-là, et l'on en fit registre, Oeuv. t. V, p. 301 dans REGISTRE
Peu de règles, beaucoup de réflexions, et encore plus d'usage, c'est la clef de tous les arts, Oeuv. t. IX, p. 30 dans RÈGLE
Tencin.... presque aussi décrié que Dubois, sans être réhabilité par des dignités qui couvrent ordinairement une partie du passé, surtout en France où tout s'oublie, Oeuv. t. VI, p. 74 dans RÉHABILITER
On se réhabilite d'un crime impuni, Consid. moeurs, 4 dans RÉHABILITER
Ce que nous avons dit des deux usages du relatif, l'un d'être pronom, et l'autre de marquer l'union d'une proposition avec une autre...., Oeuv. t. IX, p. 111 dans RELATIF, IVE
Le seul nom de Scanderbeg était capable de relever un parti, Oeuv. t. II, p. 135 dans RELEVER
Il est juste, et d'un gouvernement sage, qu'une famille qui s'est perdue par des fautes puisse se relever par des services, Oeuv. t. VI, p. 157 dans RELEVER
Tant l'âme qui a rampé a de peine à se relever !, ib. t. V, p. 291 dans RELEVER
L'abbé de Castres, archevêque d'Albi, désirait fort le siége de Reims, quoique d'un moindre revenu ; l'approche du sacre du roi donnait un grand relief à ce siége, Oeuv. t. VI, p. 87 dans RELIEF
On remarque également dans la multitude celui qui est plus grand que les autres, et celui qui est placé sur un lieu plus élevé, Consid. moeurs, V dans REMARQUER
Je vais lui remettre un peu l'esprit, afin qu'il ait la force de se retirer, Oeuv. t. VI, p. 10 dans REMETTRE
Le cardinal marque expressément qu'il faut user de remise avec l'ambassadeur du roi, Oeuv. t. III, p. 193 dans REMISE
On ne peut lire sans horreur les lettres de rémission qui se sont don nées dans ces temps-là [XVe s.] ; à peine y avait-il un homme de guerre qui n'eût besoin d'une abolition, et c'est par les rémissions que nous sommes instruits des crimes, Oeuv. t. II, p. 24 dans RÉMISSION
Après l'avoir quitté [le théâtre] pendant quelques années, il [Baron] y était remonté, et avait, par sa manière de réciter noble et naturelle, proscrit une déclamation chantante qui s'était introduite pendant son absence, Oeuv. t. X, p. 77 dans REMONTER
Le roi [Louis XI] fut extrêmement offensé des remontrances du duc d'Orléans, Oeuv. t. II, p. 218 dans REMONTRANCE
Il [Louis XI] entrait dans les moindres détails de la police, et il punit sévèrement les boulangers, qui avaient fait une cabale pour renchérir le pain, Oeuv. t. III, p. 335 dans RENCHÉRIR
Si Richelieu eût été Italien, il aurait peut-être parmi nous, malgré les éloges de l'Académie, un aussi mauvais renom que le cardinal Mazarin, quoique d'un autre genre, Oeuv. t. VI, p. 36 dans RENOM
Il [Louis XI] renoua avec les Vénitiens l'union que leur attachement à la maison de Bourgogne avait altérée, Oeuv. t. III, p. 159 dans RENOUER
Je ne négligerai rien pour renouer, Oeuv. t. VIII, p. 72 dans RENOUER
François Ier, qui, par son ordonnance de 1529, renouvelée en 1535, voulut que la langue française fût uniquement et exclusivement à toute autre employée dans tous les actes publics et privés, Oeuv. t. IX, p. 243 dans RENOUVELÉ, ÉE
Au milieu d'un travail avec le roi, chez Mme de Maintenon, il [Louvois] se trouva si mal, qu'il n'eut que le temps de se retirer et de rentrer chez lui, Oeuv. t. V, p. 170 dans RENTRER
Que les bénéficiers rentreront dans leurs bénéfices, les seigneurs dans leurs terres, et que la liberté du commerce serait rétablie, Oeuvr. t. II, p. 326 dans RENTRER
Malheureusement pour la province, Montaran avait un frère capitaine aux gardes, gros joueur et fort répandu, Oeuv. t. V, p. 408 dans RÉPANDU, UE
À chaque pas [en Italie], Tite Live, Salluste, Tacite, Horace revenaient à ma mémoire ; je repassais mes auteurs sans livres, Oeuv. t. VII, p. 45 dans REPASSER
Les évêques déclarèrent Thetberge [femme de Lothaire] innocente [son champion ayant subi l'épreuve de l'eau bouillante], et Lothaire la reprit ; deux ans après, elle avoua le même crime dont elle avait été si parfaitement justifiée, Oeuv. t. I, p. 325 dans REPRENDRE
Il [le duc de Bourgogne] reprenait tout ce qui s'était fait depuis le traité d'Arras, et reprochait au roi Louis XI] de vouloir rompre la paix, Oeuv. t. II, p. 112 dans REPRENDRE
La distinction de la représentation d'avec la chose représentée n'est guère éclaircie dans l'esprit du peuple, Oeuvres, t. I, p. 292 dans REPRÉSENTATION
J'ai représenté Louis XI dévot et superstitieux, avare et prodigue, entreprenant et timide, clément et sévère, fidèle et parjure, tel enfin que je l'ai trouvé, suivant les différentes occasions, Oeuvr. t. III, p. 357 dans REPRÉSENTER
Il y avait peu d'années [en 1705] que l'archevêque d'Arles, Mailly, avait été sévèrement réprimandé par le roi pour avoir écrit de lui-même au pape, et en avoir reçu un bref, quoi qu'il ne fût question que d'un présent de reliques, Oeuvr. t. V, p. 157 dans RÉPRIMANDER
On a peu de reproches à faire à ceux qui ne s'en font point, et il est inutile d'en faire à ceux qui ne s'en font plus, Consid. moeurs, 2 dans REPROCHE
Le désir d'occuper une place dans l'opinion des hommes a donné naissance à la réputation, la célébrité et la renommée, ressorts puissants de la société qui partent du même principe, Consid. moeurs, V dans RÉPUTATION
Tel a une réputation dans un lieu, qui dans un autre en a une autre toute différente, ib. dans RÉPUTATION
Cet abus, qu'on nommait réservation, privait du droit d'élection ou de nomination ceux à qui il appartenait légitimement, Oeuv. t. II, p. 131 dans RÉSERVATION
Le parlement pourrait sans doute être fort utile au peuple ; mais il saisit communément fort mal les occasions de résistance, Oeuv. t. V, p. 310 dans RÉSISTANCE
Le respect que le parlement devait au roi [Louis XI] n'empêchait pas qu'il ne lui résistât avec beaucoup de liberté, Oeuv. t. III, p. 298 dans RÉSISTER
On sent plus à Paris qu'on ne pense ; on agit plus qu'on ne projette ; on projette plus qu'on ne résout, Consid. moeurs, 1 dans RÉSOUDRE
Le respect n'est autre chose que l'aveu de la supériorité de quelqu'un, Consid. moeurs, 14 dans RESPECT
Pour resserrer de plus en plus l'amitié, Mme des Ursins se fit nommer, ou se constitua elle-même gouvernante des enfants, Oeuv. t. V, p. 80 dans RESSERRER
Un esprit supérieur dédaigne les petits ressorts, il n'emploie que les grands, c'est-à-dire les simples, Consid. moeurs, 13 dans RESSORT
Une femme d'environ quarante ans, qui avait encore des restes de beauté, sans avoir jamais eu d'agréments, Oeuv. t. VIII, p. 109 dans RESTE
Dans une audience particulière qu'il [lord Stairs] eut de ce prince [Louis XIV], il lui parla avec peu de retenue sur les travaux qui se faisaient à Mardick, et qui pouvaient, disait-on, suppléer au port de Dunkerque, Oeuv. t. V, p. 110 dans RETENUE
Cette terre est retournée depuis à la maison de Luxembourg, Oeuv. t. III, p. 294 dans RETOURNER
Les rétractations déshonorent souvent ; mais elles sont rarement utiles, parce qu'elles ne prouvent guère que la faiblesse ou l'intérêt de celui qui se rétracte, Oeuv. t. II, p. 132 dans RÉTRACTATION
La vengeance n'est plus qu'une revanche ; on la prend comme un moyen de réussir, et pour l'avantage qui en résulte, Consid. moeurs, 4 dans REVANCHE
Je ne réveille point les bruits sur Mme de Soubise [qu'elle était la maîtresse de Louis XIV], qui fortifia souvent les soupçons par son affectation à les écouter, Oeuv. t. V, p. 181 dans RÉVEILLER
Le refus de ma mère fut si absolu, et ses résolutions étaient toujours si fermes, qu'il n'y avait pas à y revenir, Oeuv. t. X, p. 52 dans REVENIR
Le roi [Louis XI], voulant passer en revue les habitants de Paris, les fit ranger vers la porte Saint-Antoine, le long de la rivière jusqu'à Conflans.... il s'y trouva quatre-vingt mille hommes, parmi lesquels trente mille ayant armes, jaques et brigandines, Oeuv. t. II, p. 320 dans REVUE
Comme la mode est parmi nous la raison excellente, nous jugeons des actions, des idées et des sentiments sur leur rapport avec la mode ; tout ce qui n'y est pas conforme est trouvé ridicule, Consid. moeurs, IX dans RIDICULE
Le ridicule consiste à choquer la mode ou l'opinion, et communément on les confond assez avec la raison, Consid. moeurs, 9 dans RIDICULE
Le ridicule est le fléau des gens du monde, et il est assez juste qu'ils aient pour tyran un être fantastique, Consid. moeurs, 9 dans RIDICULE
Il y a quelques mois que je le trouvai au ridotte, Oeuv. t. VIII, p. 39 dans RIDOTTE
Les rigoristes le blamèrent [Massillon, d'avoir assisté au sacre de Dubois], et les gens raisonnables le plaignirent et l'excusèrent, Oeuv. t. VI, p. 20 dans RIGORISTE
La rigueur de l'hiver, qui était si violent qu'on était obligé de rompre à coups de hache le vin qu'on distribuait aux soldats, Oeuv. t. II, p. 363 dans RIGUEUR
Le petit uniforme de capitaine de gendarmerie se trouva fait à point nommé pour l'enfant [Louis XV], qui, depuis quelques jours, venait de quitter la robe, Oeuv. t. V, p. 143 dans ROBE
Les magistrats sortirent pour prendre la robe rouge, revinrent se placer aux hauts siéges, et l'arrêt fut prononcé en pleine audience et à portes ouvertes, Oeuv. t. V, p. 68 dans ROBE
Dammartin, le voyant un jour [le cardinal Balue] en rochet et en camail faire une revue, dit au roi [Louis XI] : Sire, je vous supplie de m'envoyer à Évreux ordonner des prêtres, Oeuv. t. II, p. 371 dans ROCHET
Le roi [Louis XI], qui n'employait jamais de rodomontades, et qui les craignait encore moins, Oeuv. t. III, p. 46 dans RODOMONTADE
Depuis longtemps, la France et l'Angleterre jouent le principal rôle dans les guerres générales de l'Europe, Oeuv. t. V, p. 65 dans RÔLE
Tous ses discours de la journée furent un mélange de hauteur de Romain et de bassesse de courtisan, Oeuvr. t. VI, p. 145 dans ROMAIN, AINE
En faisant ses voeux [de chanoinesse], elle [Mme de Tencin] songea aux moyens de les rompre, et son directeur fut l'instrument aveugle qu'elle employa pour ses desseins, Oeuv. t. V, p. 418 dans ROMPRE
Dès que le rouge est quitté et que, par un extérieur d'éclat, une femme est déclarée dévote, Oeuv. t. VIII, p. 55 dans ROUGE
Pourquoi des malhonnêtes gens rougiraient-ils de l'être, quand on ne rougit pas de leur faire accueil ?, Consid. moeurs, 4 dans ROUGIR
Si jamais les jésuites sont détruits en France, Tellier [jésuite confesseur de Louis XIV] aura été le principal auteur de leur ruine, Oeuv. t. V, p. 118 dans RUINE
Louis XI, cédant à la nécessité, accorda tout pour sortir du péril où il s'était engagé par son imprudence, et sacrifia les Liégeois, Oeuv. t. II, p. 353 dans SACRIFIER
La pénétration voit, et la sagacité va jusqu'à prévoir, Consid. moeurs, 13 dans SAGACITÉ
Le roi [Louis XI].... fit arrêter le duc de Nemours à Carlat ; la duchesse, qui était en couche, en fut si saisie qu'elle en mou rut, Oeuvr. t. III, p. 170 dans SAISI, IE
Tout ce qui saisit l'imagination des hommes ne leur permet pas une justice si exacte, Consid. moeurs, 14 dans SAISIR
Comme il [Louis XI] avait une dévotion particulière à la Vierge, il voulut que tous les jours, à midi [en mai], on récitât trois fois la salutation angélique, un genou en terre, Oeuv. t. II, p. 464 dans SALUTATION
Si le goût physique a des préférences, de manière que ce qui est sapide pour un palais est insipide pour un autre, Oeuv. t. X, p. 103 dans SAPIDE
Les savants, qu'on appelle aussi érudits, ont joui autrefois d'une grande considération ; on leur doit la renaissance des lettres ; mais, comme aujourd'hui on ne les estime pas autant qu'ils le méritent, le nombre en diminue trop, et c'est un malheur pour les lettres, Consid. moeurs, 11 dans SAVANT, ANTE
Il y a un autre ordre de savants qui s'occupent des sciences exactes, on les estime, on en reconnaît l'utilité, on les récompense quelquefois ; leur nom est cependant plus à la mode que leur personne, ib. dans SAVANT, ANTE
Un roy est comme un jardinier qui a un bel et grand jardin plein de beaux arbres portans bons fruits ; s'ils sont bien labourés, ils apportent grands profits, et ne les doit pas laisser en friche, savart ou desert, Preuves de Louis XI, p. 290, dans LACURNE dans SAVART
Il ajoutait en envoyant son scellé, qu'il était plus engagé par la reconnaissance qu'il lui devait que par le scellé même, Oeuvr. t. II, p. 328 dans SCELLÉ
Il avait pris, pour copier les thèmes du jeune prince, l'abbé Dubois, moitié scribe, moitié valet du curé de Saint-Eustache, Oeuvr. t. V, p. 197 dans SCRIBE
Les âmes scrupuleuses ne sont pas bien conséquentes ni dans ce qui les agite, ni dans ce qui les calme, Oeuv. t. VI, p. 115 dans SCRUPULEUX, EUSE
Une taxe sèche de dix-sept millions, Oeuv. t. V, p. 29 dans SEC, SÈCHE
En dégageant les sciences de la sécheresse qui en écarte la plupart des hommes, il [Fontenelle] les rendait agréables à ceux mêmes qui ne cherchent que l'amusement, Oeuv. t. IX, p. 321 dans SÉCHERESSE
C'est à un édit de cette année [1482, 22 décembre] qu'on doit rapporter la forme du collége des secrétaires du roi, telle à peu près qu'elle est aujourd'hui, Oeuvr. t. III, p. 316 dans SECRÉTAIRE
L'Angleterre et la Hollande doivent peut-être autant leur tranquillité religieuse à la multiplicité des sectes qu'à leur police, Oeuvr. t. V, p. 186 dans SECTE
L'Anglais, naturellement libre ou séditieux, Oeuvr. t. II, p. 347 dans SÉDITIEUX, EUSE
Le peuple a peu gagné à l'abaissement des seigneurs ; ceux-ci ont encore plus perdu ; mais il est plus avantageux à l'État qu'ils aient tout perdu, que s'ils avaient tout conservé, Consid. moeurs, 6 dans SEIGNEUR
Grand seigneur est un mot dont la réalité n'est plus que dans l'histoire, Consid. moeurs, 6 dans SEIGNEUR
Il y a une espèce de sensibilité vague qui n'est qu'une faiblesse d'organes, plus digne de compassion que de reconnaissance, Consid. moeurs, 14 dans SENSIBILITÉ
La vraie sensibilité serait celle qui naîtrait de nos jugements et ne les formerait pas, ib. dans SENSIBILITÉ
Les âmes sensibles ont plus d'existence que les autres ; les biens et les maux se multiplient à leur égard, Consid. moeurs, 4 dans SENSIBLE
Qui n'ont que des opinions et jamais des sentiments, Consid. moeurs, 5 dans SENTIMENT
Son logement était composé de trois pièces, dont la principale était meublée, tapisserie, lit et chaises, d'une serge violette ; vous eussiez cru entrer dans la chambre d'une dévote, Oeuvr. t. X, p. 40 dans SERGE
Il est certain que la religion du serment était en grande vénération chez ces peuples, Oeuvr. t. I, p. 304 dans SERMENT
On a vu que les serments sur les reliques étaient fort en usage dans ces temps-là, et que Louis XI avait une foi particulière à la croix de Saint-Lo, Oeuv. t. II, p. 400 dans SERMENT
Il semble que les serments ne soient pour certains princes qu'une expression du malheur, et que le succès absolve du parjure, Oeuv. t. II, p. 407 dans SERMENT
Le marquis de la Fare, capitaine des gardes du régent, se présente entre la porte et le maréchal [Villeroy], l'arrête, lui demande son épée ; Leblanc lui remit l'ordre du roi ; et, dans le même instant, le comte d'Artagnan, commandant des mousquetaires gris, le serre du côté opposé à la Fare, Oeuvr. t. VI, p. 147 dans SERRER
Un service est un secours par lequel on contribue à faire obtenir quelque bien, Consid. moeurs, 16 dans SERVICE
Font des exactions indues à la grande charge du peuple et à leur profit particulier ; et, pour abreger, sont detruits de tout, et qui perd le sien perd le sens, Preuv. de Louis XI, p. 289, dans LACURNE dans SIEN, SIENNE
Celle [maison] d'York, dont la marque était la rose blanche, et celle de Lancastre, qui portait la rose rouge ; on compte jusqu'à trente batailles qui signalèrent la haine des deux partis, Oeuvr. t. II, p. 160 dans SIGNALER
Rien n'égale les horreurs par lesquelles se signalèrent les Armagnacs et les Bourguignons, Oeuvr. t. V, p. 56 dans SIGNALER
Philippe V, né avec un sens droit, mais peu étendu, était silencieux, réservé, même timide, se défiant de lui-même, Oeuvr t. VI, p. 113 dans SILENCIEUX, EUSE
La singularité n'est pas précisément un caractère ; c'est une simple manière d'être qui s'unit à tout autre caractère, Consid. moeurs, 9 dans SINGULARITÉ
L'homme sociable inspire le désir de vivre avec lui ; on n'aime qu'à rencontrer l'homme aimable, Considér. moeurs, 8 dans SOCIABLE
Sans la moindre vertu sociale, il [le père Tellier, confesseur de Louis XIV] avait tous les vices d'une âme forte, Oeuv. t. V, p. 118 dans SOCIAL, ALE
Le plus grand service que les sociétés littéraires pourraient rendre aujourd'hui aux lettres, aux sciences et aux arts, serait de faire des méthodes et de tracer des routes qui épargneraient du travail, des erreurs, et conduiraient à la vérité par les voies les plus courtes et les plus sûres, Consid. moeurs, 12 dans SOCIÉTÉ
Il n'est pas inutile d'observer que tous ceux qui ont cru ou voulu trouver peu de chaleur dans le coeur de M. Fontenelle, ne l'ont connu que depuis sa soixantième année, âge où presque tous les hommes ont perdu les premiers et par conséquent les plus chers objets de leurs affections.... âge enfin où l'on est réduit aux liaisons de société, Éloges, Fonten. dans SOIXANTIÈME
Ils maltraitaient les habitants, pillaient les maisons, et commettaient tous les crimes dont peut être capable une soldatesque effrénée, Oeuvr. t. II, p. 397 dans SOLDATESQUE
Une sorte de fruit qui est mûr en hiver ; une sorte de bois qui est fort dur, Oeuvr. t. IX, p. 123 dans SORTE
Si le roi [Louis XIV] venait à soupçonner quelque intérêt de leur part, il prenait le parti opposé ; et, s'ils osaient insister, il leur faisait une sortie terrible, Oeuv. t. V, p. 183 dans SORTIE
Mon seul rival en rhétorique était le marquis de Beauvau ; notre émulation nous inspira une estime réciproque, et fit naître notre amitié au sortir du collége, Oeuvr. t. X, p. 28 dans SORTIR
Madame [mère du régent], ajoutait-il [Clermont-Tonnerre], est le plus sot homme du monde, et Monsieur la plus sotte femme, Oeuv. t. V, p. 238 dans SOT, OTTE
Le parlement, devenu souple, en fit des remerciements comme d'une grâce, Oeuv. t. v, 372 dans SOUPLE
[Goffredy] né sans fortune et sans appui, mais avec un génie souple et adroit, ib. t. II, p. 128 dans SOUPLE
Les financiers les plus riches jouissaient sourdement de leur opulence, Oeuvr. t. x, p. 7 dans SOURDEMENT
Sous la régence on fut dispensé de l'hypocrisie, Oeuv. t. VIII, p. 45 dans SOUS
Saint-Contest, qui, sous un extérieur simple et grossier, était l'homme le plus fin, le courtisan le plus adroit, Oeuv. t. v, p. 329 dans SOUS
Il [Joly de Fleury] a soustrait au châtiment des juges coupables, pour ne pas décrier la magistrature, Oeuvr. t. v, p. 275 dans SOUSTRAIRE
Une maxime des tyrans et sous-tyrans est de donner toujours raison aux supérieurs, Oeuv. t. v, p. 304 dans SOUS-TYRAN
Breteuil, avec qui j'ai quelquefois soupé, soutenait très bien le vin, Oeuv. t. VI, p. 165 dans SOUTENIR
J'ai compris par cette aventure qu'il est impossible de ramener un homme subjugué, et que la femme la plus méprisable est celle dent l'empire est le plus sûr, Oeuv. t. VIII, p. 123 dans SUBJUGUÉ, ÉE
C'est aux hommes subordonnés à se contraindre ; les rois ne s'y croient pas obligés, Oeuv. t. II, p. 119 dans SUBORDONNÉ, ÉE
Les principes puisés dans la nature sont toujours subsistants, Oeuvr. t. I, p. 63 dans SUBSISTANT, ANTE
La destination de l'article est.... de substantifier les adjectifs, comme le vrai, le juste, le beau, etc., Oeuv t. IX, p. 88 dans SUBSTANTIFIER
Ce prélat [Belluga] avait rendu les plus grands services à Philippe V dans la guerre de la succession, Oeuvr. t. v, p. 421 dans SUCCESSION
Ce qu'il faut pour le bonheur physique d'un seigneur, suffirait souvent pour faire celui de tout son village, Consid. moeurs, 15 dans SUFFIRE
Si vous m'aimez, je dois vous suffire, Oeuv. t. VIII, p. 87 dans SUFFIRE
Malgré ses talents et les ressources de son esprit, il [le régent] ne pouvait longtemps se suffire à lui-même ; la dissipation, le bruit, la débauche lui étaient nécessaires, Oeuv. t. v, p. 201 dans SUFFIRE
Des faits et des observations suivies conduisent nécessairement à la découverte des principes, Oeuvr. t. I, p. 64 dans SUIVI, IE
Toute question importante, tout raisonnement suivi, tout sentiment raisonnable, sont exclus des sociétés brillantes, et sortent du bon ton, Consid. moeurs, 8 dans SUIVI, IE
Il y a des sujets inépuisables ; d'ailleurs il est utile que ceux qu'il nous importe de connaître soient envisagés sous différents aspects, et vus par différents yeux, Consid. moeurs, 3 dans SUJET
Quoique je ne fusse pas un mauvais sujet, je vivais avec des gens qui l'étaient passablement, et c'était un moyen de le devenir, Oeuv. t. x, p. 50 dans SUJET
Avec une valeur brillante.... il [le duc d'Orléans] eût été général, si le roi [Louis XIV] lui eût permis de l'être ; mais il fut toujours en sujétion à la cour et en tutelle à l'armée, Oeuvr. t. v, p. 196 dans SUJÉTION
J'étais au supplice, quand, pour m'achever, le maître de la maison me rappela...., Oeuv. t. VIII, p. 173 dans SUPPLICE
Le bâtard de Bourbon ... avait fait rassembler les effets qui avaient été pris sur les sujets du duc [de Bourgogne], Oeuvr. t. II, p. 415 dans SUR
Le roi [Louis XI] était obligé de céder au duc de Bourgogne toutes les villes sur la rivière de Somme...., Oeuvr. t. III, p. 59 dans SUR
Le témoignage d'auteurs même contemporains ne mérite pas toujours la même foi qu'une histoire écrite sur des mémoires authentiques et des titres publics, Oeuvr. t. II, p. 319 dans SUR
S'ils ne s'accordaient pas, on prendrait pour sur-arbitre le cardinal Bessarion, légat en France, ou tel autre dont les six arbitres conviendraient, Oeuvr. t. II, p. 461 dans SUR-ARBITRE
Ce prince, au lieu de venir trouver le roi, lui fit demander des sûretés, Oeuv. t. II, p. 233 dans SÛRETÉ
Le surintendant de Bullion.... ayant fait frapper en 1640 les premiers louis qui aient paru en France, Consid. sur les moeurs, 4 dans SURINTENDANT
Le brave Hunniade Corvin surnommé la Terreur des Turcs, Oeuvr. t. II, p. 104 dans SURNOMMÉ, ÉE
Des maîtres capables de former des disciples dignes de les surpasser, Él. Fontenelle. dans SURPASSER
Les plaintes du roi [Louis XI] contre le duc de Bourgogne étaient d'autant mieux fondées, qu'on avait surpris la lettre qu'il écrivait aux Anglais, Oeuvr. t. II, p. 421 dans SURPRENDRE
Il est si rare que l'amitié survive ou succède à l'amour, Oeuvr. t. VIII, p. 183 dans SURVIVRE
Il [Louis XI] redoutait ses ennemis, et ses amis lui étaient suspects, Oeuvr. t. II, p. 228 dans SUS-ORBITAIRE
Elle [Marie d'Anjou] suspendit le payement de ses officiers pour le joyeux voyage de monsieur saint Jacques en Galice, Oeuvr. t. II, p. 196 dans SUSPENDRE
La syllabe est un son complet qui est quelquefois composé d'une seule lettre, mais pour l'ordinaire de plusieurs ; d'où vient qu'on lui a donné le nom de syllabe, comprehensio, assemblage, Oeuv. t. IX, p. 19 dans SYLLABE
La seconde Dauphine ayant le goût de la musique italienne, on fit venir à Versailles Cafarelli, à qui l'on entretint, pendant son séjour, un carrosse et une table de six couverts, Oeuvr. t. VII, p. 176 dans TABLE
D'Argenson demanda le tabouret pour sa femme et l'obtint ; c'est la première qui l'ait eu à titre de femme d'un garde des sceaux, Oeuvr. t. v, p. 330 dans TABOURET
On en demandait quatre millions [du diamant dit plus tard le Régent] ; mais, faute d'acheteurs, on le donna pour deux, et de plus les rognures qui sortirent de la taille, Oeuv. t. v, p. 323 dans TAILLE
Les médecins et chirurgiens, ayant su qu'il [un condamné à mort] était incommodé de la pierre, présentèrent [en 1474] une requête que plusieurs personnes étaient travaillées du même mal ; qu'il était fort douteux que l'opération de la taille pût leur sauver la vie ; mais qu'on pouvait en faire l'épreuve sur un criminel, Oeuv. t. III, p. 51 dans TAILLE
Le duc d'Orléans était d'une figure agréable, d'une physionomie ouverte, d'une taille médiocre, mais avec une aisance et une grâce qui se faisait sentir dans toutes ses actions, Oeuv. t. V, p. 195 dans TAILLE
Il me semble que ceux de nos talents qui demandent de l'exécution, ne vont pas ordinairement jusqu'à soixante ans dans toute leur force, Consid. moeurs, 1 dans TALENT
La loi [au moyen âge] exigeait beaucoup de témoins ; il en fallait soixante-douze contre un évêque, quarante contre un prêtre, plus ou moins contre un laïque, suivant la qualité de l'accusé ou la gravité de l'accusation, Oeuv. t. I, p. 302 dans TÉMOIN
Le tempérament du roi [Philippe V] lui rendait une femme nécessaire, et sa dévotion ne lui permettait aucune infidélité, Oeuv. t. VI, p. 108 dans TEMPÉRAMENT
Je trouvai, en y entrant, qu'on y traitait un point de métaphysique, et que Freret et Boindin étaient les tenants de la dispute, Oeuv. t. x, p. 57 dans TENANT, ANTE
Le Dauphin [Charles VIII] fut tenu sur les fonts par Charles de Bourbon, archevêque de Lyon, et par Jeanne de France, duchesse de Bourbon, Oeuv. t. II, p. 416 dans TENIR
Il ne tenait à rien par son goût, et se livrait à tout par celui des autres, Oeuv. t. VIII, p. 108 dans TENIR
Il faut plus de force pour s'arrêter au terme, que pour le passer par la violence de l'impulsion, Consid. moeurs, 13 dans TERME
Le roi [Louis XI], voyant que son terme n'était pas éloigné, Oeuv. t. III, p. 310 dans TERME
Saint Paul et saint Augustin, dit le fougueux jésuite, étaient des têtes chaudes qu'on mettrait aujourd'hui à la Bastille, Oeuv. t. v, p. 124 dans TÊTE
Les amants qui ont usé le premier feu de la passion sont charmés qu'on coupe la longueur du tête-à-tête, Oeuv. t. VIII, p. 166 dans TÊTE
[L'archevêque Mailly] jaloux de la considération dont jouissait le cardinal de Noailles, entreprit de se distinguer dans le parti opposé, et y laissa bientôt derrière lui les plus fanatiques qu'il appelait les tièdes, Oeuv. t. v, p. 424 dans TIÈDE
Les hommes ont plus de timidité dans l'esprit que dans le coeur ; et les esclaves volontaires font plus de tyrans que les tyrans ne font d'esclaves forcés, Consid. moeurs, 6 dans TIMIDITÉ
Le siége tirant en longueur, Oeuv. t. III, p. 3 dans TIRER
Je fus aussitôt reconnu dans la société pour l'amant en titre, c'est-à-dire pour le maître de la maison, Oeuv. t. VIII, p. 168 dans TITRE
Des femmes titrées se montraient courageusement sur le devant du carrosse de sa femme et de sa fille [de Law], Oeuv. t. VI, p. 5 dans TITRÉ, ÉE
Une des premières vertus sociales est de tolérer dans les autres ce qu'on doit s'interdire à soi-même, Consid. moeurs, 3 dans TOLÉRER
Le comte de Tessin.... après avoir été comblé d'honneurs pendant le cours d'une longue vie et avoir paru le plus heureux des hommes, a ordonné qu'on mît sur sa tombe : Tandem felix, Oeuv. t. x, p. 247 dans TOMBE
Beaumont, maréchal de Bourgogne, à la tête de la noblesse et des milices du pays, tomba sur ces brigands et les défit, Oeuv. t. II, p. 42 dans TOMBER
Le bon ton, dans ceux qui ont le plus d'esprit, consiste à dire agréablement des riens, et à ne pas se permettre le moindre propos sensé, si l'on ne le fait excuser par les grâces du discours, Consid. moeurs, 8 dans TON
La dévotion était le ton de son siècle [de Louis XI], Oeuv. t. III, p. 360 dans TON
On prétend qu'en faisant donner la torture aux accusés, il [Louis XI] était caché derrière une jalousie, pour entendre les interrogatoires, Oeuv. t. III, p. 358 dans TORTURE
Le bourreau même était chef d'une troupe de brigands [dans les conflits des Armagnacs, au XVe siècle] ; et, comme le crime rend presque égaux ceux qu'il associe, il eut l'insolence de toucher dans la main du duc de Bourgogne, Oeuv. t. v, p. 56 dans TOUCHER
On craignait pour les jours du jeune roi [Louis XV] ; on les aurait crus plus en sûreté entre les mains d'un prince qui n'aurait pas touché à la couronne de si près que le régent, Oeuv. t. v, p. 338 dans TOUCHER
[Il] partit pour Limoges, et bientôt se mit à faire des tournées, suivi de deux seuls valets, Oeuv. t. VI, p. 164 dans TOURNÉE
Le roi ayant commencé à tourner vers la dévotion, Mme de Maintenon l'y porta de plus en plus, Oeuv. t. v, p. 182 dans TOURNER
Les gens du monde, faute d'étude et de talent exercé, sont rarement capables de former un tout tel que le théâtre l'exige, Oeuv. t. VIII, p. 99 dans TOUT, TOUTE
Dans les commencements [d'une liaison] il ne peut y avoir de tracasseries, et l'on n'a point de mauvais procédés à se reprocher, Oeuv. t. VIII, p. 33 dans TRACASSERIE
S'il est vrai qu'il n'y ait point de traduction exacte qui égale l'original, c'est qu'il n'y a point de langues parallèles, même entre les modernes, Oeuv. t. IX, p. 94 dans TRADUCTION
Les choses de pur goût et d'agrément le touchaient peu ; mais tout ce qui avait.... trait à la marine, au commerce, aux arts nécessaires, excitait sa curiosité, Oeuv. t. v, p. 294 dans TRAIT
Vous m'escrivez qu'aucuns dient que le duc de Bourgogne doit aller mettre le siege à Dieppe ou à Arques ; pareillement le mareschal Joachim le m'a escrit, et m'a demandé de l'artillerie, du trait et des vivres ; au regard de l'artillerie, j'y ay envoyé un des gentilshommes de ma maison, pour y faire mener douze coulevrines et deux canons, quatre milliers de poudre et du trait d'arbaleste, Preuves de Louis XI, p. 402, dans LACURNE dans TRAIT
Il n'est que trop vrai que les traités de paix ne sont que des trêves ; à peine a-t-on quitté les armes, que la guerre de cabinet commence, Oeuv. t. v, p. 241 dans TRAITÉ
Le duc [de Bourgogne] avait demandé au pape la translation de ce prélat, et, n'ayant pu l'obtenir, il l'avait chassé et s'était saisi de son temporel, Oeuv. t. II, p. 191 dans TRANSLATION
Il chercha une nouvelle dissipation dans le bel esprit ; c'était alors le travers à la mode, Oeuv. t. VIII, p. 391 dans TRAVERS
Les courtisans ne pensent pas à nuire à ceux qui ne peuvent les traverser, et font quelquefois gloire de les obliger, Consid. moeurs, 11 dans TRAVERSER
On sait que Molière, excédé des mauvaises plaisanteries de Boileau et de Racine sur la Fontaine, dit un jour : Nos beaux esprits ont beau se trémousser, ils n'effaceront pas le bonhomme, Oeuv. t. X, p. 83 dans TRÉMOUSSER
Boileau restera un de nos bons auteurs classiques pour les vers ; on lui a peut-être trop accordé de son vivant ; peut-être lui refuse-t-on trop aujourd'hui, Oeuv. t. x, p. 85 dans TROP
Pour marquer au roi [Louis XI] encore plus de confiance, il [le duc de Guyenne son frère] vint le trouver au Plessis-lès-Tours, Oeuv. t. II, p. 395 dans TROUVER
Toi, qui prévois tout, lui dit-il [Louis XI, à un astrologue], quand mourras-tu ?, Oeuv. t. III, p. 345 dans TU
Un jour d'audience, où se trouvaient les ambassadeurs et nombre de gens distingués, le cardinal [Dubois], importuné par quelqu'un, l'envoya promener en termes grenadiers, jurant et criant à tue-tête, Oeuv. t. VI, p. 135 dans TUER
Les Suisses, armés tumultuairement, s'avançaient pour secourir Granson [assiégé par Charles le Téméraire], Oeuv. t. m, p. 99 dans TUMULTUAIREMENT
Les grands le traitaient de tyran [Louis XI], parce qu'il ne leur permettait pas de l'être, Oeuv. t. III, p. 356 dans TYRAN
Unicité qui exclut la pluralité, Oeuv. t. IX, p. 92 dans UNICITÉ
Le 16, il [le czar Pierre Ier] vit la revue de la maison du roi ; la magnificence des uniformes parut lui déplaire, Oeuv. t. v, p. 300 dans UNIFORME
Le Dauphiné fut uni à la France en 1349, Oeuv. t. v, p. 65 dans UNIR
Jacques Juvénal des Ursins soutint, dans une des conférences, que le roi, n'étant qu'usufruitier de la couronne, ne pouvait aliéner la moindre partie du domaine, Oeuv. t. II, p. 29 dans USUFRUITIER, IÈRE
On déclame vaguement contre des préjugés, et malheureusement on n'abjure que ceux qui sont honnêtes et gênants, Oeuv. t. IX, p. 310 dans VAGUEMENT
Je les priai de me conduire dans leur bibliothèque, qui est assez nombreuse et dans un très beau vaisseau, Oeuv. t. VII, p. 179 dans VAISSEAU
Les Suisses connaissaient si peu la valeur d'un si riche butin [sur le duc de Bourgogne, après la bataille de Granson], qu'ils prirent la vaisselle d'argent pour de l'étain, et la vendirent au plus vil prix, Oeuv. t. III, p. 100 dans VAISSELLE
L'insolence de la valetaille, Oeuv. t. VII, p. 78 dans VALETAILLE
L'honneur qui se vend, si peu qu'on en donne, est toujours payé plus qu'il ne vaut, Oeuv. t. v, p. 78 dans VALOIR
Les vassaux trop puissants ont toujours été les plus dangereux ennemis de la monarchie, Oeuv. t. v, p. 55 dans VASSAL, ALE
L'ambition, l'intérêt, le bon air si puissant en France, le vent de la cour auraient décidé les indifférents et ramené les autres, Oeuv. t. v, p. 278 dans VENT
On est étonné que les Romains, qui avaient des bouteilles de verre, n'aient pas imaginé de le planer pour en faire des vitres, au lieu de leurs pierres émincées qui ne pouvaient transmettre qu'une faible lumière, Oeuv. t. VII, p. 124 dans VERRE
La vertu, supérieure à la probité, exige qu'on fasse le bien, et y détermine, Consid. moeurs, 4 dans VERTU
La veuve du surintendant Fouquet mourut cette année [1724], Oeuv. t. v, p. 271 dans VEUF, VEUVE
On ne saurait croire combien il importe, pour le bien de la paix, de ne pas se laisser trop vexer, Consid. sur les moeurs, v. dans VEXER
On reproche à Louis XI d'avoir vexé ses sujets, Oeuv. t, III, p. 352 dans VEXER
L'usage des paroisses de Paris est de porter, pendant la semaine sainte, la communion à tous les malades, sans qu'ils soient dans le cas de la recevoir en viatique, Oeuv. t. v, p. 394 dans VIATIQUE
L'homme le plus dangereux dans nos moeurs est celui qui est vicieux avec de la gaieté et des grâces, Consid. moeurs, 8 dans VICIEUX, EUSE
Ces tristes victimes de nos fantaisies et de nos caprices [les prostituées] m'ont toujours offert l'image du malheur et jamais celle du plaisir, Oeuv. t. VIII, p. 129 dans VICTIME
La vie n'est pas chère à Rome pour quelqu'un de domicilié, Oeuv. t. VII, p. 90 dans VIE
De tous les sots, les plus vifs sont les plus insupportables, Consid. moeurs, 13 dans VIF, VIVE
Peut-être y a-t-il plus d'esprit chez les gens vifs que chez les autres ; mais aussi ils en ont plus besoin, ib. dans VIF, VIVE
Il est très difficile de faire entendre par écrit ce qui concerne les sons d'une langue ; cela serait très facile de vive voix, Oeuv. t. IX, p. 16 dans VIF, VIVE
La violence des désirs du roi [Philippe V] faisait la force de la reine, Oeuv. t. VI, p. 113 dans VIOLENCE
Il y a même un règlement [à l'Académie française] qui défend les sollicitations et jusqu'aux visites des candidats, Oeuv. t. IX, p. 304 dans VISITE
Les rayons qui partent du trône n'échauffent que ceux qui en approchent ; ils éblouissent au loin, et n'y portent point cette chaleur vivifiante qui anime une nation, Oeuv. t. v, p. 189 dans VIVIFIANT, ANTE
Quel homme d'État osera se répondre de vivre dans l'histoire, quand on voit des médailles de plusieurs rois dont les noms ne se trouvent dans aucun historien ?, Consid. moeurs, 5 dans VIVRE
Le régent défendit les voies de fait au duc de Richelieu ou au comte de Bavière, qui, ayant eu ensemble quelques paroles vives, avaient pris un rendez-vous, Oeuv. t. v, p. 223 dans VOIE
Persécuteur voilé de tout parti opposé, il [le P. Lachaise] en parlait avec modération, en louait même quelques particuliers, Oeuvr. t. v, p. 116 dans VOILÉ, ÉE
[Louis XI] conçut tant de chagrin de la mort de son premier fils Joachim, qu'il fit voeu de ne plus voir d'autre femme que la reine, et l'on prétend qu'il a gardé ce voeu, Oeuv. t. III, p. 349 dans VOIR
On avait promis à cet officier la croix de Saint-Louis et un avancement ; le cardinal lui dit brusquement qu'on verrait, Oeuv. t. VI, p. 125 dans VOIR
M. Dodart découvrit que, dans la voix du chant, il y a de plus que dans celle de la parole un mouvement de tout le larynx, Oeuv. t. IX, p. 343 dans VOIX
Cafarelli disait, en parlant de Farinelli, qu'il avait été premier ministre en Espagne, et ajoutait : il le méritait bien, car c'est une voix admirable, Oeuvres, t. VII, p. 176 dans VOIX
Ce fut là qu'ayant eu part au mariage de la princesse de Parme avec Philippe V, il [Alberoni] prit le vol qui l'éleva si haut, Oeuv. t. v, p. 236 dans VOL
Il ne serait pas impossible qu'en ne s'occupant que du désir d'obliger, on se fît une réputation tout opposée, parce que le volume des bienfaits ne peut jamais égaler le volume des besoins, Consid. moeurs, VII dans VOLUME
On voyait de toutes parts [lors des funérailles de Louis XIV] le peuple danser, chanter, boire, se livrer à une joie scandaleuse ; et plusieurs eurent l'indignité de vomir des injures en voyant passer le char qui renfermait le corps, Oeuv. t. v, p. 211 dans VOMIR
Ramus avait déjà remarqué dix voyelles dans la langue française, Oeuv. t. IX, p. 5 dans VOYELLE
Un chemin tracé en zigzag, Oeuvr. t. VII, p. 206 dans ZIGZAG