Jean Le Rond D'ALEMBERT (1717 - 1783)

Citations

C'est au prince à juger de ses ministres, dans BOUHOURS dans À
Un affronteur public, V, 221 dans AFFRONTEUR, EUSE
Aguerri à l'adulation, II, 34 dans AGUERRI, IE
Combien Bossuet n'eût-il pas applaudi l'instruction si sage et si touchante que notre jeune monarque adressa aux curés de son royaume !, II, 291 dans APPLAUDIR
M. l'abbé Mongin, vainqueur dans trois concours, fit encore, avec l'applaudissement de la compagnie, un autre essai de son éloquence, V, 312 dans APPLAUDISSEMENT
Le public ne doit trouver ni mauvais, ni étrange que nous demandions l'attache des théologiens, Académie franç. dans ATTACHE
Par un écrivain estimable, qui avait l'aveu du public, Acad. fr. V, p. 160 dans AVEU
Le burlesque, si justement avili depuis, était alors fort à la mode, II, 168 dans AVILI, IE
Voici le nouveau thème que Raton pourrait essayer et que Bertrand lui propose en toute humilité : première partie du thème : cette, qu'on nomme aujourd'hui théologie, est ennemie des rois ; Raton le prouvera.... en rappelant les histoires de Grégoire VII, d'Alexandre III, d'Innocent IV..., Lett. à Volt. 9 fév. 1773 dans CE, CET ; CETTE ; CES
On apprend d'abord à étendre une pensée, à circonduire et allonger des périodes, cité dans SABATIER, Dict. de littér. au mot éducation. dans CIRCONDUIRE
Celui [le parlement] qu'on y avait substitué était trop mal composé pour pouvoir subsister avec la confiance et la considération publiques, nécessaires à des magistrats, Lett. au roi de Prusse, 31 oct. 1774 dans COMPOSÉ, ÉE
L'abbé de Choisi alla en Italie comme conclaviste du cardinal de Bouillon, après la mort de Clément X, Éloges, Choisi. dans CONCLAVISTE
Les liaisons de notre académicien avec plusieurs évêques qui se reposaient même sur lui de la confection de leurs mandements, Éloges, Trublet. dans CONFECTION
Massillon lui en avoua la cause ; se confessa, comme le berger de la Fable, du petit grain d'ambition qu'il avait eu, Acad. V, p. 39 dans CONFESSER
Obscurément confiné au fond de sa province, Éloges, Trublet. dans CONFINÉ, ÉE
Nous craignons qu'on ne nous soupçonne de conniver à ses blasphèmes, Hist. de l'Ac. franç. V, 265 dans CONNIVER
Un des plus grands avantages qu'on tire de notre théorie, c'est de pouvoir démontrer que la fameuse loi de mécanique appelée la conservation des forces vives a lieu dans le mouvement des fluides comme dans celui des corps solides, Équilibre et mouvement des fluides, Oeuvres, t. XIV, p. 185, dans POUGENS. dans CONSERVATION
Il est toujours certain qu'on ne doit point employer le principe de la conservation des forces vives pour trouver le mouvement d'un système de corps, lorsqu'on suppose qu'il y a dans ce système quelque corps dont la vitesse varie en un instant d'une quantité finie, ib. p. 188 dans CONSERVATION
Un courtisan accrédité est un homme considérable ; Corneille était un grand homme ; on dit : de grands talents et un rang considérable, Synonymes. dans CONSIDÉRABLE
Cette considération personnelle, qui ne s'accorde ni au rang ni au génie même, mais à la vertu seule, et dont on doit être d'autant plus jaloux qu'on est plus exposé par ses talents ou par ses dignités au jugement de ses contemporains, Éloges, abbé de Choisi. dans CONSIDÉRATION
Le consistoire, établi pour veiller sur les moeurs, n'inflige que des peines spirituelles, Gouvern. génevois. dans CONSISTOIRE
La philosophie a préparé en silence leur destruction [des jésuites] ; les jansénistes ont sonné la charge, et la justice a consommé l'ouvrage, Éloges, Fleury. dans CONSOMMER
Ils [les Italiens] sont un exemple de ce qu'un peuple peut devoir aux seuls bienfaits de la nature, comme les Anglais de ce qu'il peut devoir aux seuls bienfaits d'une bonne constitution, Éloges, Mirabeau. dans CONSTITUTION
La constitution ecclésiastique de Genève est purement presbytérienne, point d'évêques, encore moins de chanoines, Gouvern. génevois. dans CONSTITUTION
L'ardeur de l'étude avait ruiné sa constitution aussi faible que vive, et l'excès du travail l'empêcha d'en recueillir les fruits, Éloges, Testu. dans CONSTITUTION
Si l'on s'en rapporte à la foule des théologiens constitutionnaires, Destruction des jésuites, Oeuvres, t. V, p. 73, dans POUGENS. dans CONSTITUTIONNAIRE
Sûr se construit avec de et avec dans ; certain se construit avec de seulement, Synonymes. Oeuvres, t. III, p. 328, dans POUGENS dans CONSTRUIRE
Plus philosophe que Démocrite, il se contentait de voir le ridicule de ses contemporains, et ne daignait pas en rire : on eût dit qu'il contemplait de la planète de Saturne cette terre que nous habitons, Éloges, Terrasson. dans CONTEMPLER
Plusieurs sciences ont été, pour ainsi dire, contemporaines ; mais, dans l'ordre historique des progrès de l'esprit, on ne peut les embrasser que successivement, Encycl. Disc. prélim. dans CONTEMPORAIN, AINE
Encore cette paix ne dura-t-elle que peu, parce que de part et d'autre les contendants voulaient la guerre, dont ils avaient besoin pour faire parler d'eux, Éloges, cardinal d'Estrées. dans CONTENDANT, ANTE
Ces détails doivent trouver grâce aux yeux des lecteurs philosophes, par la quantité de traits intéressants et curieux que les mémoires contiennent, Éloges, Trublet. dans CONTENIR
Milord Maréchal aimait à conter, mais ne contait jamais qu'à propos, avec simplicité, quoique avec finesse, et surtout avec ce bon goût qui écarte les détails inutiles, Éloges, Milord Maréchal. dans CONTER
Il en conclura que les lois de la statique et de la mécanique, telles que l'expérience les donne, sont de vérité contingente, puisqu'elles seront la suite d'une volonté particulière et expresse de l'être suprême, Dynamique, Oeuvres, t. IV, p. 228, dans POUGENS dans CONTINGENT, ENTE
Ce sentiment continu tient à l'impression vive et profonde que vos chagrins vous ont laissée, Portr. de Mlle de l'Espinasse. dans CONTINU, UE
La continuation de l'histoire de l'Académie, éloge rare dans un continuateur, soutient le parallèle avec avantage, Éloges, d'Olivet. dans CONTINUATEUR, TRICE
On donne la continuation de l'ouvrage d'un autre et la suite du sien, Synonymes. dans CONTINUATION
Le principe, que tout se fait dans la nature par degrés insensibles, est celui que Leibnitz et ses sectateurs ont appelé loi de continuité, Éloges, Bernoulli. dans CONTINUITÉ
Son élection trouva dans la compagnie même un contradicteur redoutable, Académ. franç. V, p. 116 dans CONTRADICTEUR
En ce genre c'est presque une marque sûre de n'avoir pas rencontré le vrai que de trouver des contradicteurs ou d'en trouver qui le soient longtemps, Éloges, Dumarsais. dans CONTRADICTEUR
Le respect me force à me taire, la reconnaissance m'y oblige, l'autorité m'y contraint, Synonymes. dans CONTRAINDRE
La contrariété singulière des faits qu'il racontait sur sa naissance avec des pièces authentiques sur cet objet, Académ. franç. V, p. 497 dans CONTRARIÉTÉ
Les différents contrastes qu'offre votre caractère de naturel sans simplicité, de réserve et d'imprudence, contrastes qui viennent en vous du combat de l'art et de la nature, Portrait de Mlle de l'Espinasse dans CONTRASTE
La contravention est aux choses, la désobéissance aux personnes, Synonymes. dans CONTRAVENTION
C'est être le bienfaiteur des princes et, par contre-coup, du genre humain qu'ils gouvernent, que de ne jamais perdre de vue, en écrivant l'histoire, le respect superstitieux qu'on doit à la vérité, Réflex. sur l'hist. Oeuvres, t. IV, p. 190, dans POUGENS. dans CONTRE-COUP
Comme il était contrefait, cette partie du public qui ne laisse jamais échapper l'occasion d'une plaisanterie bonne ou mauvaise dit que l'académie avait choisi Ésope pour remplacer La Fontaine, Éloges, Clérembault. dans CONTREFAIT, AITE
Les controverses théologiques qui troublent souvent l'Église et l'État, Éloges, Abbé de St-Pierre. dans CONTROVERSE
La patrie de Despréaux sera quelque jour l'objet d'une importante controverse d'érudition, Éloges, Despréaux. dans CONTROVERSE
Bossuet et Ferry, qui étaient amis avant leur dispute, continuèrent de l'être après avoir écrit l'un contre l'autre ; rare et digne exemple à offrir aux controversistes de toutes les religions, Éloges, Bossuet dans CONTROVERSISTE
On ne peut réellement convaincre, sans être convaincu soi-même ; car la conviction réelle est la suite de l'évidence, Mél. littér. Oeuvres, t. III, p. 241, dans POUGENS dans CONVAINCRE
C'est le seul moyen de s'assurer que la série est assez convergente après son second terme, pour que les termes qui sont au delà des quatre ou cinq premiers puissent être négligés sans crainte, Disc. prélim. Syst. monde, Oeuvres, t. XIV, p. 112, dans POUGENS. dans CONVERGENT, ENTE
L'auteur a un mérite infaillible pour être lu, le mérite rare de faire conversation avec son lecteur, Éloges, Abbé de Choisi. dans CONVERSATION
La conversation avait au suprême degré, chez Mme de Lambert, le vrai mérite qui lui est propre, celui de n'avoir ni ton ni caractère exclusif, Éloges, St-Aulaire. dans CONVERSATION
Il [Fléchier] se plaint de ce que les nouveaux convertis, qui, étant protestants, n'allaient point aux spectacles, y allaient depuis leur conversion, Éloges, Fléchier. dans CONVERSION
Constamment opposé au zèle amer et fanatique de la plupart des convertisseurs de son temps, il était persuadé qu'on ne devait faire usage ni de l'autorité ni même de la crainte contre ceux des réformés qui ne donnaient aucune espérance de changement, Éloges, Fléchier dans CONVERTISSEUR
L'Académie fut convoquée par billets pour la huitaine, c'est-à-dire pour le jeudi 5 mai, Éloges, Abbé de St-Pierre. dans CONVOQUER
La folie des convulsions, qui avait causé des querelles dans le parti même [des jansénistes], avait achevé de les avilir en les rendant ridicules, Destr. des jésuites, Oeuvres, t. V, p. 72, dans POUGENS. dans CONVULSION
On assure que, dès le lendemain de l'expulsion des jésuites, les convulsionnaires ont commencé à la prédire ; c'est ainsi qu'ils ont toujours prophétisé, Destr. des jésuites, Oeuvres, t. V, p. 137, dans POUGENS. dans CONVULSIONNAIRE
L'un d'eux est convulsionniste décidé, et vraisemblablement convulsionnaire, surtout si on en juge par son style, Destr. des jés. Oeuvres, t. V, p. 194, dans POUGENS. dans CONVULSIONNISTE
Ce roman [Télémaque], que Fénelon avait uniquement destiné pour le duc de Bourgogne, son élève, vit le jour par l'infidélité d'un domestique qui en avait pris une copie, Éloges, Fénelon. dans COPIE
Cette multitude nombreuse, éblouie et subjuguée par les décorations extérieures, et à qui un cordon en impose plus qu'un bon ouvrage, Éloges, Clerembaut. dans CORDON
Ce vaste univers que nous appelons monde corporel ou la nature, Encycl. Disc. prélim. Oeuvres, t. I, p. 238, dans POUGENS. dans CORPOREL, ELLE
Le fameux problème que les géomètres ont appelé problème des trois corps, parce qu'il consiste à déterminer l'orbite d'un corps céleste attiré par deux autres, Encycl. Disc. prélim. Oeuvres, t. XIV, p. 93, dans POUGENS. dans CORPS
Dès l'âge de vingt ans, le jeune Montesquieu préparait déjà les matériaux de l'Esprit des lois, par un extrait raisonné des immenses volumes qui composent le corps du droit civil, Éloges, Montesquieu. dans CORPS
Les corps, aussi peu infaillibles que les particuliers, payent comme eux le tribut à l'erreur et à la fragilité humaine, Éloges, J. Test. de Mauroy. dans CORPS
Quinault, méprisé par Despréaux si injustement, est non-seulement le plus naturel et le plus tendre de nos poëtes, mais le plus pur et le plus correct de tous, Dial. poésie et philos. t. IV, p. 168, dans POUGENS. dans CORRECT, ECTE
Rien n'est plus propre à former le goût que de démêler, dans les corrections d'un grand écrivain, le motif des arrêts qu'il a prononcés contre lui-même, Éloges, Despréaux. dans CORRECTION
La critique qui restitue dans les auteurs les endroits corrompus, donne des éditions...., Explic. syst. conn. hum. Oeuvres, t. I, p. 335, dans POUGENS. dans CORROMPU, UE
La cosmologie ou science de l'univers se distribue en uranologie ou science du ciel, en aérologie ou science de l'air, en géologie ou science des continents, et en hydrologie ou science des eaux, Oeuvres, t. I, p. 341, dans POUGENS dans COSMOLOGIE
Comme les différentes couches de l'atmosphère sont capables de dilatation et de compression, Oeuvres, t. XIV, p. 29, dans POUGENS dans COUCHE
Sa conversation était légère, agréable et instructive par le grand nombre d'hommes et de peuples qu'il avait connus, elle était coupée comme son style, pleine de sel et de saillies, sans amertume et sans satire, Éloges, Montesquieu. dans COUPÉ, ÉE
Il [la Faye] fut outragé dans les fameux couplets qui causèrent les malheurs du poëte célèbre J. B. Rousseau ; mais il ne se vengea de l'outrage que par le mépris, Éloges, la Faye. dans COUPLET
On opina par boules sur la punition qu'il [l'abbé de Saint-Pierre] avait encourue ; toutes les boules, à l'exception d'une seule, furent pour l'exclure de nos séances ; cette boule courageuse fut donnée par Fontenelle, Éloges, abbé de St-Pierre. dans COURAGEUX, EUSE
L'avis courant que leurs complaisants ont soin de leur dicter, est toujours le leur, parce qu'ils n'en ont point à eux, Essai sur la soc. des gens de lettres, Oeuvres, t. III, p. 39, dans POUGENS. dans COURANT, ANTE
Si la terre était entièrement inondée par les eaux de l'Océan, ces eaux pourraient, aussi bien que l'air, former sous l'équateur un courant perpétuel, et ce courant serait vers l'est ou vers l'ouest, selon que la profondeur de la mer serait plus ou moins grande, Causes gén. des vents, Oeuvres, t. XIV, p. 28, dans POUGENS. dans COURANT, ANTE
Lorsque la comédie du Glorieux fut donnée au théâtre, il courut, contre cette pièce et contre l'auteur, des couplets qui eurent alors toute la vogue passagère assurée aux satires, Éloges, Destouches. dans COURIR
Dans le cours d'environ trente ans, Marivaux donna sur la scène française et sur la scène italienne environ trente pièces, qu'il partagea à peu près également entre les deux théâtres, Éloges, Marivaux. dans COURS
Quoique enlevé au commencement de sa course, il n'est point d'âme sensible et vertueuse qui ne doive envier une mort telle que la sienne, Éloges, la Trem. dans COURSE
Qu'on interroge les écrivains de génie sur les plus beaux endroits de leurs ouvrages, ils avoueront que ces endroits sont presque toujours ceux qui leur ont le moins coûté, parce qu'ils ont été comme inspirés en les produisant, Mél. litt. Oeuvres, t. III, p. 240, dans LACURNE dans COÛTER
Aucun physicien ne doute aujourd'hui que la mer n'ait couvert une grande partie de la terre habitée, Abus de la crit. Oeuvres, t. IV, p. 256, dans POUGENS. dans COUVRIR
Il faut que les sujets espèrent en Dieu et que les souverains le craignent, Éloges, Bossuet dans CRAINDRE
Le crédit impérieux qui voudrait envahir avec orgueil et violence des honneurs destinés à la réunion du mérite et des vertus, Éloges, Lang. de Gergy. dans CRÉDIT
On sait que le crépuscule, quelle qu'en soit la cause, commence le matin et finit le soir, quand le soleil est à 18 degrés au-dessous de l'horizon, Éloges, Bernoulli. dans CRÉPUSCULE
Des idées creuses, soi-disant profondes, revêtues d'un style de rhéteur ou d'écolier, qu'on appelle de l'éloquence et quelquefois du sublime, Éloges, Marivaux. dans CREUX, CREUSE
La nation française qui crie si aisément et qui plus aisément encore se lasse de crier, Destruct. les jés. Oeuvres, t. V, p. 71, dans POUGENS. dans CRIER
Jusqu'à ce qu'on en ait la preuve, ses confrères de l'Académie et du clergé ne sont-ils pas en droit de crier au mensonge ?, Apolog. de Clermont Tonn. dans CRIER
Les crimes contre la religion doivent être punis par la privation des biens que la religion procure ; les crimes contre les moeurs, par la honte ; les crimes contre la tranquillité publique, par la prison ou l'exil ; les crimes contre la sûreté, par les supplices, Anal. Espr. des lois, Oeuvres, t. VI, p. 310, dans POUGENS. dans CRIME
La plupart des critiques de profession ont un avantage dont ils ne s'aperçoivent pas peut-être, mais dont ils profitent comme s'ils en connaissaient toute l'étendue : c'est l'oubli auquel leurs décisions sont sujettes, et la liberté que cet oubli leur laisse d'approuver aujourd'hui ce qu'ils blâmaient hier, Éloges, du Marsais. dans CRITIQUE
Si la critique est juste et pleine d'égards, vous lui devez des remercîments et de la déférence ; si elle est juste sans égards, de la déférence sans remercîments ; si elle est outrageante et injuste, le silence et l'oubli, Apol. de l'étude, Oeuvres, t. IV, p. 224, dans POUGENS. dans CRITIQUE
L'esprit de critique, vraiment utile à la littérature et au bon goût, qui n'est autre chose que le discernement juste et fin des beautés et des défauts d'un ouvrage, Éloges, Moncrif. dans CRITIQUE
Il en est de l'esprit et du goût comme de la philosophie ; rien n'est plus rare que d'en avoir, plus impossible que d'en acquérir, et plus commun que de s'en croire beaucoup, Essai sur la société des gens de lettres, Oeuvres, t. III, p. 44, dans POUGENS. dans CROIRE
On sait combien l'abbé Suger, aussi grand homme d'État que l'abbé de Clairvaux était grand orateur, s'opposa à cette croisade malheureuse que Louis le Jeune entreprit par le conseil de saint Bernard, Abus de la crit. Oeuvres, t. X, p. 276, dans POUGENS. dans CROISADE
Ainsi Descartes l'a regardé [un corps céleste] comme ayant été autrefois un soleil, obscurci et étouffé depuis par une croûte épaisse dont il s'est couvert, Abus de la critique, Oeuvres, t. IV, p. 255, dans POUGENS. dans CROÛTE
Une guerre longue et cruelle, inutile à l'Autriche, funeste à la France, profitable aux seuls Anglais, et glorieuse au seul roi de Prusse, qui, après l'avoir soutenue pendant sept ans contre la moitié de l'Europe, l'a terminée sans perdre un village, Éloges, milord Maréchal. dans CRUEL, ELLE
L'esprit y est toujours naturel et exempt de ce jargon ridicule, à la fois puéril et barbare, dont plusieurs de nos pièces modernes sont si cruellement infectées, Éloges, Boissi. dans CRUELLEMENT
Sa gloire, cruellement obscurcie par la fin de son règne, au moins si on en juge par les événements, Éloges, Card. d'Est. dans CRUELLEMENT
Enfin son goût pour cette nation [Anglais] était si décidé qu'il en préférait même la cuisine à la nôtre trop justement célèbre dans toute l'Europe, Éloges, Milord Maréchal. dans CUISINE
Quoique livré presque uniquement à des études et à des ouvrages ecclésiastiques, il n'avait pas entièrement abandonné la culture des lettres, Éloges, Fleury. dans CULTURE
Ceux de ses auditeurs qui auraient le mieux entendu finesse, auraient jugé, non sans fondement, que cette manière de s'exprimer, si curieusement éloignée de la forme ordinaire, renfermait implicitement un trait de satire trop aiguisé pour être senti par la multitude, Oeuvres, t. X, p. 120, note 3, dans POUGENS dans CURIEUSEMENT
Valentin Conrart, premier secrétaire de l'Académie française, n'avait point fait d'études ; c'est ce que nous apprend un passage curieux de l'histoire de l'Académie par l'abbé d'Olivet, Éloges, Marivaux. dans CURIEUX, EUSE
On peut voir, dans les oeuvres de Fontenelle, une lettre curieuse de ce philosophe sur cet opéra de Bellérophon, qui n'était pas de cet inimitable poète lyrique [Quinault] et qui était presque digne d'en être, Éloges, Lamotte. dans CURIEUX, EUSE
Dans l'ordre de nos besoins et des objets de nos passions, le plaisir tient une de nos premières places, et la curiosité est un besoin pour qui sait penser, Disc. prél. Encycl. Oeuvres, t. I, p. 195, dans POUGENS dans CURIOSITÉ
La cycloïde a un grand nombre de propriétés très singulières ; et celle d'être la courbe de la plus vite descente n'est pas une des moins remarquables, Éloges, Bernoulli. dans CYCLOÏDE
Il [Voltaire] a pris ce jésuite pour lui dire la messe et pour jouer avec lui aux échecs ; je crains toujours que le prêtre ne joue quelque mauvais tour au philosophe et ne finisse par lui damer le pion et peut-être le faire échec et mat, Lettre au roi de Prusse, 20 juin 1768 dans DAMER
Il y a longtemps, à dater du ministère du cardinal de Fleury et même de plus loin, qu'elles [les lettres] sont en France sans encouragement et sans considération, Lett. au roi de Prusse, 22 août 1772 dans DATER
Il est vrai qu'il n'y en avait eu que trois mille cinq cents de vendus en quatre ou cinq jours, Lett. à Volt. 22 sept. 1767 dans DE
Votre Majesté a fait, depuis quarante ans de règne, tout ce qu'il faut pour se faire respecter de ses amis et de ses ennemis, Lett. au roi de Prusse, 8 juin, 1780 dans DE
Votre Majesté n'a point d'idée du déchaînement général des hypocrites et des fanatiques contre la malheureuse philosophie, Lettre au roi de Prusse, 14 mai 1773 dans DÉCHAÎNEMENT
Les sots, qui déchireraient Corneille s'il n'était pas mort, et qui seront bien aises de vous déchirer, parce que vous êtes vivant, Lett. à Volt. 27 janv. 1762 dans DÉCHIRER
Quoique, à dire vrai, je ne sois pas tombé de bien haut, je me sens déchu et tout prêt à déchoir encore, Lett. au roi de Pr. 24 juillet 1780 dans DÉCHU, UE
Vous trouverez, à la fin de l'article Goût, des réflexions sur l'application de l'esprit philosophique aux matières de goût, où j'ai tâché de mettre de la vérité sans déclamation ; car je déteste la déclamation, Lett. à Volt. 28 janv. 1757 dans DÉCLAMATION
M. de Lagrange est jeune, et je suis presque vieux ; son ardeur est naissante, et la mienne décline, Lett. au roi de Prusse, 11 juillet 1766 dans DÉCLINER
À propos de guerre, que pense votre majesté de notre déconfiture aux Antilles [défaite de l'amiral de Grasse] ?, Lett. au roi de Prusse, 21 juin 1782 dans DÉCONFITURE
Le libraire Panckoucke, qui voit toujours ses cent mille écus en l'air par la déconfiture de l'Encyclopédie, se propose d'aller incessamment vous rendre ses hommages, Lett. Voltaire, 12 avril 1770 dans DÉCONFITURE
Ce tribunal respectable qui ne s'embarrasse guère que le peuple ait du pain, pourvu qu'il ait les sacrements, est un décrotteur d'Orléans, appelé Chaumeix, qui est venu à Paris il y a six mois avec des sabots, Lett. à Volt. 24 février 1759 dans DÉCROTTEUR
Ce petit maraud, en arrivant à Paris, est entré en qualité de décrotteur bel esprit chez un comte de Lautrec, qui avait des procès, ib. 26 déc. 1772 dans DÉCROTTEUR
Les bontés dont Votre Majesté me comble me dédommagent de cette injustice, Lettre au roi de Prusse, 7 déc. 1779 dans DÉDOMMAGER
Le dévot politique P.... a condamné au carcan et aux galères un pauvre diable, qui est mort de désespoir le lendemain de l'exécution, pour avoir prié un libraire de le défaire de quelques volumes qu'il ne connaissait pas et qu'on lui avait donnés en payement, Lett. à Voltaire, 22 oct. 1678 dans DÉFAIRE
Je défie la calomnie, et je la mets à pis faire, Lett. à Voltaire, 26 oct. 1762 dans DÉFIER
Afin que la cour de Turin, qui n'a pas voulu le retenir, et qui est pourtant fâchée de l'avoir perdu, ne s'imagine pas que M. de la Grange, en arrivant à Berlin, ait commencé par essuyer un dégoût apparent, Lett. au roi de Prusse, 12 sept. 1766 dans DÉGOÛT
Je touche délicatement à des matières délicates, Lett. à Volt. 3 mars 1766 dans DÉLICATEMENT
Le voilà délivré des maux de la vie et, comme disait Fontenelle, de la difficulté d'être...., Lettre au roi de Prusse, 21 avril 1771 dans DÉLIVRÉ, ÉE
Je m'attends à un grand déluge d'esprit, Lett. à Volt. 9 avril 1761 dans DÉLUGE
S'il était possible qu'elle [l'Encyclopédie] s'imprimât dans le pays étranger en continuant, comme de raison, à se faire à Paris, je reprendrais demain mon travail ; mais le gouvernement n'y consentira jamais, Lett. à Voltaire, 28 janv. 1757 dans DEMAIN
Il se propose des observations d'histoire naturelle qui pourraient bien donner le démenti à Moïse, Lett. au roi de Prusse, 30 juin 1764 dans DÉMENTI
Il y a dans les sciences plusieurs places honorables, comme il y a, si l'on en croit l'Évangile, plusieurs demeures dans la maison du Père céleste, Lettre au roi de Prusse, 1er mars 1765 dans DEMEURE
Songez qu'un vivant qui critique un mort en possession de l'estime publique, doit avoir raison et demie pour parler, et se taire quand il n'a que raison, Lettre à Volt. 10 oct. 1761 dans DEMI, IE
Je n'ai jamais vu en lui [Mallebranche] qu'un assez bon démolisseur, mais un mauvais architecte, Lett. au roi de Prusse, 3 nov. 1764 dans DÉMOLISSEUR
À l'égard du contrôleur général, que Dieu absolve, il me fait aussi perdre à moi environ cinq à six cents livres, et c'est le denier de la veuve, Lett. à Voltaire, 26 oct. 1770 dans DENIER
Je vois que Votre Majesté a toujours une dent secrète contre la géométrie, Lett. au roi de Prusse, 6 mars 1771 dans DENT
Palissot avait fait une comédie intitulée le Satirique, dans laquelle il se déchirait lui-même à belles dents, pour pouvoir déchirer à son aise les philosophes, Lett. à Voltaire, 2 juill. 1770 dans DENT
Il y aurait plus de crimes dans un monde où il n'y aurait ni peines ni récompenses, comme il y aurait plus de dérangements dans une montre dont les roues n'auraient point toutes leurs dents, Lett. au roi de Prusse, 30 nov. 1770 dans DENT
Comme ce dépérissement [du corps] est une suite de mon âge de soixante-quatre ans, de longs travaux dont ma pauvre tête est fatiguée...., Lett. au roi de Prusse, 29 juin 1781 dans DÉPÉRISSEMENT
Or est-il que Ravaillac, Grégoire VII et consorts, assassins et déposeurs de rois, n'étaient brin philosophes, Lett. à Voltaire, 18 juin 1773 dans DÉPOSEUR
Il sera encore plus difficile de crier efficacement économie à nos déprédateurs que de crier modération à Voltaire et de le persuader, Lett. au roi de Prusse, 8 nov. 1771 dans DÉPRÉDATEUR, TRICE
On m'accusera peut-être de vouloir déprimer Racine ; ma réponse sera courte, VI, 46 dans DÉPRIMER
Nous serons les derniers à faire ce que nous avons écrit et ce que les autres nations exécutent, Lettre au roi de Prusse, 11 oct. 1781 dans DERNIER, IÈRE
Les jansénistes sont un peu déroutés de leur voir tant de conscience, dont ils ne les soupçonnaient pas, Lett. à Voltaire, 2 mars 1764 dans DÉROUTÉ, ÉE
Je vous exhorte là-dessus au désaveu le plus authentique, Lettre à Volt. 13 déc. 1756 dans DÉSAVEU
La cycloïde a un grand nombre de propriétés très singulières ; et celle d'être la courbe de la plus vite descente n'est pas une des moins remarquables, Éloges, Bernoulli. dans DESCENTE
Si j'avais des coups de bâton à lui donner, ce serait comme Alcidas à Sganarelle, dans le Mariage forcé, avec de grandes protestations de respect et de désespoir d'y être obligé, Lett. à Volt. 31 juillet 1762 dans DÉSESPOIR
Il est sûr que ce pauvre prêtre qui dessèche les marais Pontins...., Lettre au roi de Prusse, 1er mars 1782 dans DESSÉCHER
L'essentiel, pour être le moins mal possible, est de se soumettre à sa destinée, Lett. au roi de Prusse, 15 déc. 1780 dans DESTINÉE
On a fait sur notre désunion beaucoup d'histoires qui ne sont pas vraies, Lettre à Voltaire, 25 févr. 1758 dans DÉSUNION
Quelle perte, sire, comme l'observe très bien votre majesté, quand nous aurons le malheur de la faire ! j'en détourne ma pensée, Lett. au roi de Prusse, 23 févr. 1776 dans DÉTOURNER
J'ai des étourdissements et un affaiblissement de tête qui m'annoncent le détraquement de la machine, Lett. à Volt. 25 janv. 1770 dans DÉTRAQUEMENT
Je ne connais au monde qu'un seul homme qui, arrivant en ce moment à Paris, eût partagé avec M. de Voltaire l'enthousiasme et l'admiration publique, et cet homme, sire, je vous le laisse à deviner, Lett. au roi de Prusse, 1er juillet 1778 dans DEVINER
Il [Voltaire] a profité de la circonstance d'un contrôleur général vertueux et zélé pour le bien, pour demander que le pays de Gex où il habite ne soit plus dévoré par les financiers, Lettre au roi de Prusse, 23 févr. 1776 dans DÉVORER
Soyez sûr, quelque chose qu'ils fassent, qu'homme, Dieu, ange, ni diable ne m'en feront pas dire davantage, Lettre à Voltaire, 20 janv. 1758 dans DIABLE
Les affaires de Bohême ont bien changé de face depuis un mois ; voilà, je crois, ma pension à tous les diables ; mais j'en suis d'avance consolé, Lett. à Voltaire, 21 juillet 1757 dans DIABLE
L'archevêque vient de faire contre lui [J. J. Rousseau] un grand diable de mandement qui donnera envie de lire sa profession de foi à ceux qui ne la connaissent pas, Lettre à Voltaire, 8 sept. 1762 dans DIABLE
Il me parut, comme à vous, un assez bon diable, et d'ailleurs je lui trouvai quelques connaissances mathématiques, Lettre à Voltaire, 22 déc. 1759 dans DIABLE
Cette engeance, qui ne connaît, comme vous le dites si bien, que deux dieux, l'intérêt et l'orgueil, Lettre au roi de Prusse, 10 juillet 1775 dans DIEU
Digérer un peu et rire beaucoup, voilà à quoi je borne mes prétentions, Lett. à Volt. 29 août 1764 dans DIGÉRER
J'ai un estomac qui me joue d'aussi mauvais tours que si je l'obligeais à digérer tout ce qui se fait et tout ce qui se dit en France, Lett. à Volt. 9 juill. 1764 dans DIGÉRER
Vous avez bien raison, mon cher maître ; on veut toujours dire mieux qu'on ne doit dire ; c'est le défaut de presque tous nos écrivains, Lettre à Volt. 26 janv. 1767 dans DIRE
Que plus d'une fois des raisons dirimantes ont ou gêné les vues de la compagnie ou repoussé son suffrage, Acad. franç. V, p. 162 dans DIRIMANT, ANTE
L'accueil si contradictoire et si disparate fait au comte de Neuilly et au duc de Surrey, Acad. fr. t. V, p. 586 dans DISPARATE
Cependant on peut, par motif de clarté, préférer d'avec, quand il y a, dans la phrase, plusieurs mots entre les objets qu'on distingue ; par exemple, dans ce passage de d'Alembert : Le temps fera distinguer ce que nous avons pensé d'avec ce que nous avons dit, Lett. à Volt. 21 juillet 1757 dans DISTINGUER
Je ne comprends pas, je vous l'avoue, pourquoi on veut empêcher de répandre dans le royaume et en Europe quatre mille exemplaires de l'Encyclopédie, lorsqu'il y en a déjà quatre mille de distribués, Lett. dans DISTRIBUÉ, ÉE
Encore une lettre, direz-vous, mon cher maître ! oui vraiment, et c'est pour vous divertir d'une idée qui m'a passé par la tête, Lett. à Volt. 12 janv. 1776 dans DIVERTIR
Je me traîne encore, ce me semble, à une assez petite distance du rivage dont il me repousse, Lett. Roi de Prusse, 28 oct. 1765 dans DONT
M. de Mairan, mon double confrère à l'Académie française et à celle des sciences, vient de mourir à quatre-vingt-treize ans, Lett. au roi de Prusse, 21 avril 1771 dans DOUBLE
Tous eurent le courage de lui être fidèles ; et lui, de ne pas douter qu'ils ne le fussent, Éloges, milord Maréchal dans DOUTER
La compagnie de Jésus est dans de mauvais draps, Lett. à Volt. 31 mars 1762 dans DRAP
Je viens de remettre à l'ami Thiriot une copie de ma petite drôlerie, que vous me paraissez avoir envie de lire, Lett. à Volt. 22 sept. 1760 dans DRÔLERIE
Croyez-vous que la hauteur, un héros, tout le camp ennemi, et mille autres heurtements semblables ne soient pas plus écorchants qu'une simple rencontre de voyelles que nos règles interdisent ?, Lett. à Voltaire, 26 mars 1770 dans ÉCORCHANT, ANTE
Ouvrez le traité de Cicéron, intitulé Orator, et dans lequel il s'est proposé de former ou plutôt de peindre un orateur parfait ; vous verrez non-seulement que la partie de l'élocution est celle à laquelle il s'attache principalement, mais que, de toutes les qualités de l'élocution, l'harmonie qui résulte du choix et de l'arrangement des mots, est celle dont il est le plus occupé, Mél. litt. Oeuv., t. III, p. 246, dans POUGENS dans ÉLOCUTION
Si le prédicateur religieux pouvait offrir dans ce prince si catholique et si dévot [Jacques II] le plus édifiant émulateur des héros monastiques, Éloges, Roquette. dans ÉMULATEUR, TRICE
Me voilà endossé de l'oraison funèbre de Gresset ; je me tirerai de tout cela comme je pourrai, Lettre à Voltaire, 27 déc. 1777 dans ENDOSSÉ, ÉE
La dispute ne roulait guère que sur ces endroits des anciens, dont nous ne sommes en état d'apprécier exactement ni les beautés ni les défauts, Éloges, Ch. Perrault. dans ENDROIT
On peut dire d'un orateur qu'il joint la force de raisonnement à l'énergie des expressions, Synon. Oeuvres, t. III, p. 319 dans ÉNERGIE
Cette subtilité exaltée et fugitive, souvent plus propre à énerver le goût qu'à le raffiner, Éloges, d'Olivet. dans ÉNERVER
Je vous prie de regarder mes réflexions comme des enfants perdus que j'ai jetés en avant sans m'embarrasser de ce qu'ils deviendraient, Lett. à Voltaire, 22 fév. 1764 dans ENFANT
M. Adam ignorait et cachait son mérite avec le même soin que tant d'autres se donnent pour étaler et pour enfler le leur, Éloges, Jacq. Adam. dans ENFLER
Quand on voit combien les querelles si souvent excitées dans le sein du christianisme ont enfoui de talents utiles, Destr. des jésuites, Oeuvres, t. v, p. 61, dans POUGENS. dans ENFOUIR
L'ignorance, la stupidité, les passions, la superstition, la flatterie, la haine sont autant de verres enfumés, à travers lesquels presque tous les hommes voient les événements qu'ils racontent, Réfl. sur l'hist. Oeuvres, t. IV, p. 186, dans POUGENS. dans ENFUMÉ, ÉE
Vous avez encore un autre défaut, c'est de vous prévenir, et, comme on dit, de vous engouer à l'excès en faveur de certains ouvrages, Portr. de Mlle de l'Espinasse. dans ENGOUER
On peut comparer les malheureuses productions de cette espèce à ces jours affligeants de l'hiver, où un brouillard épais, joint à une gelée pénétrante, semble à la fois engourdir et contrister tous les êtres vivants, Éloges, Crébillon. dans ENGOURDIR
Je baise bien tendrement vos pattes, et si, je les exhorte à ne se laisser ni brûler, ni engourdir, Lett. à Voltaire, 15 oct. 1776 dans ENGOURDIR
Le mot de l'énigme est, ce me semble, que la distribution des fortunes dans la société est d'une inégalité monstrueuse, Lettre au R. de Prusse, 30 avril 1770 dans ÉNIGME
La passion de l'étude, ainsi que toutes les autres, a ses instants d'humeur et de dégoût comme ses moments de plaisir et d'enivrement, Apolog. de l'étude, Oeuvr. t. IV, p. 208, dans POUGENS. dans ENIVREMENT
Les règles des probabilités sont en défaut lorsqu'elles proposent, pour trouver l'enjeu, de multiplier la somme espérée par la probabilité du cas qui doit faire gagner cette somme, Ab. de la crit. Oeuvr. t. IV, p. 294 dans ENJEU
Montesquieu, ayant à présenter quelquefois des vérités importantes dont l'énoncé absolu et direct aurait pu blesser sans fruit, a eu la prudence louable de les envelopper, et par cet innocent artifice les a voilées à ceux à qui elles seraient nuisibles, sans qu'elles fussent perdues pour les sages, Éloges, Montesquieu. dans ÉNONCÉ, ÉE
La question se réduit à déterminer l'orbite que la lune décrit en vertu de l'action que la terre et le soleil exercent sur elle ; et cette question, déjà trop réduite dans cet énoncé, renferme encore assez de difficultés, pour qu'on ne soit pas tenté d'en ajouter de nouvelles, Disc. prélim. syst. monde, Oeuvr. t. XIV, p. 93, dans POUGENS. dans ÉNONCÉ, ÉE
Malgré la réclamation des magistrats, la bulle [Unigenitus] fut enregistrée ; tout plia, de gré ou de force, sous le poids de l'autorité royale, Destr. des Jésuit. Oeuvres, t. v. p. 67, dans POUGENS. dans ENREGISTRÉ, ÉE
Il [Racine] a fort enrichi la langue, non par des expressions nouvelles, qu'il faut toujours hasarder très sobrement, mais par l'art heureux avec lequel il sait réunir ensemble les expressions connues pour donner à son vers ou plus de force ou plus de grâce, Dial. poés. et philos. Oeuvr. t. IV, p. 167, dans POUGENS dans ENRICHIR
Notre courtisan philosophe, si ces deux mots peuvent aller ensemble, aimait à raconter cette histoire, Éloges, Rose. dans ENSEMBLE
C'est ainsi qu'un célèbre écrivain qui n'est ni spinosiste ni déiste, s'est vu accuser dans une gazette sans aveu d'être l'un et l'autre, quoi qu'il soit aussi impossible d'être tous les deux à la fois que d'être tout ensemble idolâtre et juif, Préface, 3e vol. Encycl. Oeuvres, t. 1, p. 395, dans POUGENS. dans ENSEMBLE
Malgré cette apologie, l'historien grec restera du moins entaché d'hérésie aux yeux de la postérité catholique, Éloges, L. Cousin. dans ENTACHÉ, ÉE
À l'égard des personnes qu'un zèle sincère, quoique mal entendu, pourra indisposer contre moi, j'en respecterai la cause sans en craindre et sans en approuver l'effet, Ab. de la crit. Oeuv. t. IV, p. 285, dans POUGENS dans ENTENDU, UE
C'est ce même enthousiasme prêt à se communiquer à l'auditeur qui met tant de différence entre l'éloquence parlée, si on peut se servir de cette expression, et l'éloquence écrite, Réfl. sur l'éloc. orat. Oeuvres, t. I, p. 148, dans POUGENS. dans ENTHOUSIASME
Cet enthousiasme froid et stupide qui ne sent rien à force d'admirer tout, espèce de paralysie de l'esprit, qui nous rend indignes et incapables de goûter les beautés réelles, Réfl. sur le goût, Oeuv. t. III, p. 422 dans ENTHOUSIASME
Ce sont les hommes inspirés qui éclairent le peuple, et les enthousiastes qui l'égarent, Disc. prélim. Encycl. Oeuvres, t. I, p. 261, dans POUGENS. dans ENTHOUSIASTE
À travers ce jargon si entortillé, si précieux, si éloigné de la nature, Marivaux a su conserver un mérite dont on doit lui savoir d'autant plus de gré qu'on le croirait incompatible avec un pareil langage, Éloges, Marivaux. dans ENTORTILLÉ, ÉE
Il les éclairera sur le caractère de notre langue, sur ses entraves et ses ressources, sa richesse et son indigence, la sagesse de ses lois et la singularité de ses bizarreries, Éloges, d'Olivet. dans ENTRAVES
L'être suprême enfin, placé entre les rois oppresseurs et les peuples opprimés, pour effrayer les rois et venger les peuples ; tel est l'objet de ce Petit Carême, digne d'être appris par tous les enfants destinés à régner, Éloges, Massillon. dans ENTRE
On peut lui reprocher [au président Rose] cependant d'avoir, par amitié pour Despréaux et Racine, retardé l'entrée de Fontenelle à l'Académie française, Éloges, Rose. dans ENTRÉE
Cette entreprise fera beaucoup d'honneur à l'entrepreneur, à l'Académie et à la nation, Lett. à Voltaire, 9 juillet 1761 dans ENTREPRENEUR, EUSE
On pourrait, ce me semble, représenter l'envie, égorgeant d'une main un génie vivant, et de l'autre offrant de l'encens à un génie qui n'est plus, Dial. Christ. et Descart. dans ENVIE
On est jaloux de ce qu'on possède et envieux de ce que possèdent les autres, Synon. Oeuv. t. III, p. 320, dans POUGENS dans ENVIEUX, EUSE
Environné de fainéants orgueilleux qui regardent l'ignorance oisive comme l'apanage et presque le titre de leur noblesse, Éloges, St-Aulaire. dans ENVIRONNÉ, ÉE
Je sais, sire, qu'un héros tel que vous envisage ce dernier moment [la mort] avec tranquillité, Lett. au roi de Pr. 29 janv. 1768 dans ENVISAGER
En attendant, je vais pousser, comme je pourrai, le temps avec l'épaule jusqu'au printemps, où j'irai revoir...., Lett. à Voltaire, 15 oct. 1776 dans ÉPAULE
À la profession épineuse de journaliste, le président Cousin en joignit une autre, qu'il exerça avec la même probité, celle de censeur royal, Éloges, L. Cousin. dans ÉPINEUX, EUSE
Les qualités littéraires étaient relevées et même sanctifiées dans l'archevêque de Rouen par toutes les vertus épiscopales, par la vie la plus exemplaire, et la plus tendre bienfaisance pour les malheureux, Éloges, Colbert. dans ÉPISCOPAL, ALE
Un autre reproche qu'on peut faire à Marivaux dans ses romans, c'est de s'y être permis de trop longs épisodes ; celui de la religieuse, dans Marianne, occupe lui seul plus d'un volume, Éloges, Marivaux. dans ÉPISODE
Rien n'est plus propre à nourrir, si l'on peut parler ainsi, la réputation d'un homme de lettres et quelquefois même à la fonder, au moins pour un temps, qu'un grand commerce épistolaire, Éloges, Bouhier. dans ÉPISTOLAIRE
La faveur que l'ode semble avoir perdue, l'épître paraît l'avoir gagnée, Réflex. sur la poésie, Oeuvres, t. IV, p. 125, dans POUGENS. dans ÉPÎTRE
Tout le monde convient qu'il y a équilibre entre deux corps quand les produits de leurs masses par leurs vitesses virtuelles, c'est-à-dire par les vitesses avec lesquelles ils tendent à se mouvoir, sont égaux de part et d'autre, Traité de dynam. Oeuvres, t. XIV, p. 221, dans POUGENS. dans ÉQUILIBRE
Je me souviens toujours du mot de Fontenelle, qui disait : on ne parle en temps de guerre que de l'équilibre des puissances en Europe ; il y a un autre équilibre aussi efficace pour le moins et aussi propre à conserver chaque puissance ; c'est l'équilibre de sottises, Lett. au roi de Prusse, 30 juillet 1781 dans ÉQUILIBRE
Que pense Votre Majesté de la belle équipée que nous venons de faire devant Gibraltar [siége infructueux] ?, Lettre au roi de Prusse, 11 oct. 1782 dans ÉQUIPÉE
Une société considérable de philosophes et de gens de lettres, du nombre desquels je suis, ont résolu, sire, d'ériger à M. de voltaire une statue, Lettre au roi de Prusse, 6 juillet 1770 dans ÉRIGER
Tout mérite d'être lu dans le traité des tropes, jusqu'à l'errata ; il contient des réflexions sur notre orthographe, sur ses bizarreries, ses inconséquences et ses variations, Éloges, du Marsais. dans ERRATA
Il erra cinq à six mois, toujours poursuivi et toujours tranquille, dans les montagnes et les petites îles au nord de l'Écosse, Éloges, Milord Maréchal. dans ERRER
L'abbé Alary, quoique formé par ce savant, digne du seizième siècle, n'eut garde de l'imiter, ni dans sa critique un peu brutale, ni dans ses préventions érudites, ni dans ses opinions hasardées ou dangereuses, Éloges, Alary. dans ÉRUDIT, ITE
De là cette foule d'érudits profonds dans les langues savantes jusqu'à dédaigner la leur, qui, comme l'a dit un auteur célèbre, connaissaient tout dans les anciens hors la grâce et la finesse, Encyclop. disc. prélim. dans ÉRUDIT, ITE
La philosophie, qui forme le goût dominant de notre siècle, semble, par les progrès qu'elle fait parmi nous, vouloir réparer le temps qu'elle a perdu et se venger de l'espèce de mépris que lui avaient marqué nos pères ; ce mépris est aujourd'hui retombé sur l'érudition, et n'en est pas plus juste pour avoir changé d'objet, Encyclop. Disc. prélim. dans ÉRUDITION
Votre mépris pour l'érudition est très injuste ; c'est elle qui nourrit et fait vivre toutes les autres parties de la littérature, depuis le bel esprit jusqu'au philosophe, Apol. de l'étude, Oeuvres, t. IV, p. 223, dans POUGENS. dans ÉRUDITION
La vaste érudition, qui était sa partie dominante et comme son élément naturel, n'est pas notre objet principal, quoique nous ayons pour elle tout le respect et toute la reconnaissance qu'un enfant bien né doit à sa nourrice, Éloges, Bouhier. dans ÉRUDITION
M. Pigal prendra, dans les deux escarboucles dont la nature vous a fait des yeux, les feux dont il animera ceux de votre statue, Lett. à Volt. 30 mai 1770 dans ESCARBOUCLE
Celui [le mot] d'escorbarderie pour signifier un adroit mensonge, Destr. des Jésuites, Oeuvres, t. v, p. 59, dans POUGENS. dans ESCOBARDERIE
Il me semble que la science des esprits appartient bien plus à la théologie révélée qu'à la théologie naturelle, Encycl. Disc. prélim. dans ESPRIT
Le faux bel esprit tient de plus près qu'on ne croit à la barbarie, Éloges, Terrasson. dans ESPRIT
L'esprit des corps porte malheur aux meilleurs esprits, Lett. à Volt. 14 juillet 1767 dans ESPRIT
Exercé dans la connaissance des hommes et dans l'art de manier les esprits, le cardinal d'Estrées en fit un usage heureux dans plusieurs conclaves, Éloges, Card. d'Estrées. dans ESPRIT
L'esprit de système est dans la physique ce que la métaphysique est dans la géométrie, Introd. précess. équin. Oeuvres, t. XIV, p. 45, dans POUGENS. dans ESPRIT
Dans ce siècle où l'on a mis le nom d'Esprit à la tête de tant d'ouvrages qui souvent démentent leur titre, la plupart de nos compilations périodiques pourraient être intitulées, l'Esprit des ignorants et des sots, Éloges, L. Cousin. dans ESPRIT
Faisons mieux, ne proscrivons rien, laissons la scène ouverte à tous les sujets et à tous les talents ; essayons tout et conservons ce qui le mérite, Éloges, la Chaussée. dans ESSAYER
Je serais porté à croire que j'ai tort, si nous différions dans l'essentiel, Lett. au roi de Pr. 10 avril 1767 dans ESSENTIEL, ELLE
La véritable estime est celle qui est distribuée par des hommes dignes d'être estimés eux-mêmes, Ess. sur la soc. des g. de lett. Oeuvres, t. III, p. 102, dans POUGENS. dans ESTIME
Quelle différence de ce plaisir estropié, si je puis parler de la sorte, à celui que le même air ferait éprouver, s'il était chanté dans le goût et l'esprit qui lui conviennent, Harm. des lang. Oeuvres, t. III, p. 118, dans POUGENS. dans ESTROPIÉ, ÉE
Le cardinal Dubois, arrivé comme lui [le cardinal de Fleury] au ministère suprême, et parti de bien plus loin, s'écriait souvent dans l'amertume de ses dégoûts : Je voudrais être à un cinquième étage avec une vieille servante et quinze cents livres de revenu, Art. du cardinal Dubois, Oeuvres, t. X, p. 97, dans POUGENS. dans ÉTAGE
Comme il [Massillon] parlait la langue de tous les états en parlant au coeur de l'homme, tous les états couraient à ses sermons, Éloges, Massillon. dans ÉTAT
Le seul avantage que donnent les lumières, si c'en est un, est de n'envier l'état de personne, sans en être plus content du sien, Apol. le l'étude, Oeuvres, t. IV, p. 206, dans POUGENS. dans ÉTAT
Les empires, ainsi que les hommes, doivent croître, dépérir et s'éteindre, Éloges, Montesquieu. dans ÉTEINDRE
Les Lettres Provinciales seront éternellement regardées comme un modèle de goût et de style, Dest. des jésuit. Oeuvres, t. v, p. 56, dans POUGENS. dans ÉTERNELLEMENT
La querelle des sacrements refusés aux jansénistes a été la première étincelle de l'embrasement, Destruction des jés. Oeuvres, t. v, p. 73, dans POUGENS. dans ÉTINCELLE
Il [Voltaire] vient de nous donner une tragédie qui est encore un ouvrage étonnant pour son âge, Lett. au roi de Prusse, 23 mars 1778 dans ÉTONNANT, ANTE
La faiblesse de ma tête toujours vide et étonnée m'empêcherait, quand je l'oserais, de suivre plus loin ces réflexions, Lett. au roi de Prusse, 9 mars 1770 dans ÉTONNÉ, ÉE
S'il était possible qu'elle [l'Encyclopédie] s'imprimât dans le pays étranger, en continuant, comme de raison, à se faire à Paris...., Lett. à Volt. 28 janv. 1757 dans ÉTRANGER, ÈRE
Aussi disait-on de Fontenelle qu'il avait été le patriarche d'une secte dont il n'était pas, Élog. Despréaux. dans ÊTRE
Despréaux est pour eux une grande autorité, ne fût-ce que parce qu'il est mort, Latin des modernes dans ÊTRE
Ne craignez rien, cette canaille ne fera pas fortune ; le dogme qu'ils prêchent et la morale qu'ils enseignent sont trop absurdes pour étrenner, Lett. à Voltaire, 2 mars 1764 dans ÉTRENNER
Je ne le vois pas bien affermi sur ses étriers, Lett. à Voltaire, 18 oct. 1760 dans ÉTRIER
Sans fortune, sans espérance, et presque sans ressource, il se réduisit à un genre de vie fort étroit, Éloges, du Marsais. dans ÉTROIT, OITE
Dans son voyage d'Italie, il se lia étroitement avec le cardinal Corsini, qui fut depuis Clément XII, Éloges, Montesq. dans ÉTROITEMENT
L'abbé d'Olivet avait dirigé au collége des jésuites les premières études de cet écrivain célèbre [Voltaire], Éloges, d'Olivet. dans ÉTUDE
Je commence par mettre aux pieds de Votre Majesté la reconnaissance du jeune étudiant qu'elle a bien voulu honorer de ses bontés, Lett. au roi de Pr. 26 oct. 1761 dans ÉTUDIANT
Fontenelle et Lamotte ont écrit en prose avec beaucoup de clarté, d'élégance, de simplicité même, mais Lamotte avec une simplicité plus naturelle, et Fontenelle avec une simplicité plus étudiée, Éloges, Lamotte. dans ÉTUDIÉ, ÉE
L'évacuation au collége de Clermont nous occupe beaucoup plus que celle de la Martinique, Lett. à Volt. 4 mars 1762 dans ÉVACUATION
La seconde inégalité, appelée par quelques-uns évaction, est proportionnelle au sinus du double de cette même distance, moins l'anomalie moyenne de la lune, Syst. du monde, Disc. prélim. dans ÉVECTION
Il mourut comme était mort Fénelon, et comme tout évêque doit mourir, sans argent et sans dettes, Éloges, Massillon. dans ÉVÊQUE
L'évidence appartient proprement aux idées dont l'esprit aperçoit la liaison tout d'un coup, Disc. prélim. encycl. t. I, p. 228, dans POUGENS dans ÉVIDENCE
Il craignait que les amis qui leur restaient à la cour n'obtinssent du roi qu'il évoquât à lui seul le jugement de cette affaire, Destr. des jés. Oeuv. t. v, p. 106, dans POUGENS dans ÉVOQUER
Il [Boileau] ignorait jusqu'aux termes les plus communs de la langue des sciences exactes, Éloges, Despréaux. dans EXACT, ACTE
L'exagération qui, en voulant agrandir les petites choses, les fait paraître plus petites encore, Éloges, Fléchier. dans EXAGÉRATION
Je crois bien que ce Lalli était un homme odieux, un méchant homme, si vous voulez, qui méritait d'être tué par tout le monde, excepté par le bourreau, Lett. à Voltaire, 23 juin 1766 dans EXCEPTÉ
Ils sont moins l'ornement que l'exception de l'indéfinissable espèce humaine, qui, dans le reste de ses individus, semble n'avoir été qu'ébauchée par la nature, Éloges, Despréaux. dans EXCEPTION
L'art plus grand encore d'exciter à la fois le rire et les larmes sans qu'on se repente d'avoir ri, ni qu'on s'étonne d'avoir pleuré, Éloges, Destouches. dans EXCITER
Nous sommes étonné que l'auteur de la Métromanie, qui avait été élu par l'Académie autant qu'il pouvait l'être, ait continué, après une exclusion dont elle avait été plus affligée que lui, à l'attaquer par des épigrammes qui ne font honneur ni à son équité, ni à sa reconnaissance, Éloges, St Aulaire. dans EXCLUSION
Malgré la pluralité des suffrages, j'aurais eu l'exclusion de la part de la cour, si les marques de bonté et d'estime que j'ai reçues des étrangers et surtout de Votre Majesté n'avaient été ma sauvegarde, Lett. au roi de Prusse, 22 août 1772 dans EXCLUSION
Vous savez sans doute la grande nouvelle de l'excommunication de l'infant duc de Parme par notre saint-père le pape, pour avoir attaqué l'immunité des biens ecclésiastiques, Lett. à Voltaire, 18 fév. 1768 dans EXCOMMUNICATION
Il faut mettre ces faits, et les raisonnements qui en sont la suite, à côté des relations de la légende dorée, du corbeau excommunié pour avoir volé la bague de l'abbé Conrad, et des extravagances que l'imbécillité a débitées sur les prétendus hommages que les animaux ont rendus à nos redoutables mystères, Éloges, du Marsais. dans EXCOMMUNIÉ, ÉE
Je ne veux plus parler de cette exécration qui me rend odieux le pays où elle s'est commise, Lett. à Voltaire, 11 août 1766 dans EXÉCRATION
Il faut d'abord, dans un dictionnaire, déterminer le sens général qui est commun à tous ces mots ; et c'est là souvent le plus difficile : il faut ensuite déterminer avec précision le sens, l'idée que chaque mot ajoute au sens général, et rendre le tout sensible par des exemples courts, clairs et choisis, Mél. litt. Oeuvres, t. III, p. 193, dans POUGENS dans EXEMPLE
Il me semble qu'on peut former quelques doutes sur le rapport établi par Newton entre les forces que le soleil et la lune exercent sur la terre, Introd. précess. équin. Oeuvres, t. XIV, p. 55, dans POUGENS. dans EXERCER
Nous ignorons si M. de la Chaussée exerça, en effet, cette vengeance de l'injure qu'il avait reçue, Acad. franç. v, p. 443 dans EXERCER
On m'a assuré, ce qui pourrait bien être, que l'archevêque de Paris avait fait consulter un savant canoniste, pour lui demander si Voltaire n'était pas dans le cas de l'exhumation, et que le canoniste avait répondu qu'on s'en gardât bien, Lett. au roi de Pr. 1er juillet 1778 dans EXHUMATION
Le plus simple raisonnement prouve qu'il y a un être éternel, quoique nous ne puissions concevoir ni un être qui a toujours été ni un être qui commence à exister, Lett. au roi de Pr. 30 nov. 1770 dans EXISTER
Votre Majesté avait bien voulu abréger de moitié le temps de sa prison ; ce terme est expiré, et il y es encore, à ce qu'il croit, contre vos ordres, Lettre au roi de Prusse, 10 avril 1767 dans EXPIRER
La manie de tout expliquer que l'amour des systèmes avait introduite, Réfl. sur le goût, Oeuv. t. III, p. 413, dans POUGENS. dans EXPLIQUER
Elle étouffa pourtant enfin, non la violence, mais l'explosion de sa colère, Éloges, Destouches. dans EXPLOSION
Je vis, il y a quelques jours, la lettre exposée en vente aux Tuileries, Lett. à Voltaire, 15 oct. 1776 dans EXPOSÉ, ÉE
Ils faisaient à cette cour un exposé faux, et par conséquent dangereux des forces que le parti de ce prince avait en Écosse et en Angleterre, Éloges, Milord Maréchal. dans EXPOSÉ
Il n'avait point fait une étude particulière des beaux-arts, mais l'expression dont brillent les chefs-d'oeuvre en ce genre saisit infailliblement tout homme de génie, Éloges, Montesquieu. dans EXPRESSION
L'émigration d'une horde de fanatiques expulsés par d'autres, Lett. au roi de Pr. 1er mars 1765 dans EXPULSÉ, ÉE
Je dirai cependant de votre extérieur ce qui me paraît frapper tout le monde, que vous avez beaucoup de noblesse et de grâces dans tout votre maintien, Portrait de Mlle de Lespinasse dans EXTÉRIEUR, EURE
Combien de lectures inutiles dont nous serions dispensés par de bons extraits !, Disc. prélim. encycl. Oeuv. t. I, p. 300, dans POUGENS. dans EXTRAIT
Il ne peut y avoir que deux sortes d'esprits qui se suffisent à eux-mêmes, l'extrême génie qui n'existe point, et l'extrême cottise qui n'existe que trop, Essai sur la soc. des g. de lett. Oeuv. t. III, p. 31, dans POUGENS. dans EXTRÊME
Vous avez bien fait de n'y pas peindre le genre humain tout à fait de face ; ce triste visage n'est pas bon à être vu de face dans toute la difformité de ses traits, Lett. à Voltaire, 12 févr. 1763 dans FACE
J'espère qu'il pourra encore, comme il le dit, donner quelque façon à la vigne du Seigneur, Lett. au roi de Prusse, 9 avril 1773 dans FAÇON
Si c'était pour négocier la paix, il viendrait ici faire une bonne oeuvre ; car nous en avons grand besoin, à la façon dont nous faisons la guerre, Lett. au roi de Prusse, 30 juillet 1781 dans FAÇON
On dit qu'ils [les jésuites] prouvent dans un de ces mémoires que le parlement a falsifié et tronqué les passages de leurs constitutions, Lett. à Voltaire, 31 oct. 1761 dans FALSIFIER
Les remarques de l'abbé d'Olivet déplurent surtout à un satirique [l'abbé Desfontaines] plus fameux que célèbre, et plus caustique que juste, dans LAFAYE, Synon. dans FAMEUX, EUSE
J'ai bien peur qu'il [le Commentaire sur Corneille] n'excite de grandes clameurs de la part des fanatiques ; car la littérature a aussi les siens, Lett. à Volt. 2 mars 1764 dans FANATIQUE
Je crains qu'il ne faille dire bientôt de ce titre-là ce que Jacques Rostbif dit du nom de monsieur : il y a trop de faquins qui le portent, Lett. à Voltaire, 9 avril 1761 dans FAQUIN
Je ne sais, mon cher maître, par quelle fatalité je n'ai reçu que depuis deux jours votre lettre du 19 octobre, Lett. à Voltaire, 18 nov. 1771 dans FATALITÉ
Le roi Alphonse disait, à propos du fatras des cercles qu'avait imaginés l'astronomie ancienne, que, s'il avait été au conseil de Dieu quand il fit le monde, il lui aurait donné de bons conseils, Lett. au roi de Prusse, 17 août 1771 dans FATRAS
Il me semble qu'il ne faut pas, comme Fontenelle, tenir la main fermée quand on est sûr d'y avoir la vérité, Lett. au roi de Prusse, 9 mars 1770 dans FERMÉ, ÉE
Avez-vous lu un ouvrage intitulé Dialogue sur le commerce des blés ? il excite ici une grande fermentation, Lett. à Voltaire, 25 janv. 1770 dans FERMENTATION
Il laisse à une nation belliqueuse comme la française le soin de ferrailler envers et contre tous, Lett. à Voltaire, 6 avr. 1674 dans FERRAILLER
La nature m'a fait naître faible, tandis qu'elle a donné à Votre Majesté des fibres proportionnées à la vigueur et à l'étendue de son génie, Lett. au roi de Pr. 3, nov. 1780 dans FIBRE
En voulant donner une traduction plus fidèle, il craint de gâter un ouvrage qui a eu du succès, Lett. au roi de Prusse, 10 déc. 1773 dans FIDÈLE
Les ennemis de la raison font dans ce moment assez sotte figure, Lett. à Voltaire, 31 mars 1762 dans FIGURE
On sait, on croit du moins que cette princesse aimait la paix, au moins sur la fin de ses jours, Lett. au roi de Prusse, 15 déc. 1780 dans FIN
Quand ma pauvre âme sera plus calme et moins flétrie, je vous parlerai des autres chagrins que je partage avec vous, Lett. à Voltaire, 24 juin 1776 dans FLÉTRI, IE
Ma santé est toujours flottante, Lett. au roi de Prusse, 3 juill. 1767 dans FLOTTANT, ANTE
Ne critiquez Corneille que lorsque vous aurez deux fois raison, Lett. à Voltaire, 27 janv. 1762 dans FOIS
Quant à nos sottises intestines, elles commencent à foisonner un peu moins dans ce moment-ci, Lett. à Voltaire, 18 oct. 1760 dans FOISONNER
L'opéra, qui vient d'être brûlé de fond en comble, Lett. au roi de Prusse, 29 juin 1781 dans FOND
Larcher, qui vous a contredit sur je ne sais quelle sottise d'Hérodote, mais qui, au fond, est un galant homme, tolérant, modéré, modeste, et vrai philosophe dans ses sentiments et dans sa conduite, Lett. à Voltaire, 26 déc. 1772 dans FOND
Je fus hier pour la troisième fois à Tancrède ; tout le monde y fond en larmes, à commencer par moi, et la critique commence à se taire, Lett. à Voltaire, 22 sept. 1760 dans FONDRE
Je suis toujours étonné que vous ne sentiez pas votre force et que vous ne traitiez pas tous les polissons qui vous attaquent comme vous avez fait Aliboron, Lett. à Voltaire, 4 août 1767 dans FORCE
Il [Corneille] a un nom très respecté, il est mort ; voilà déjà une raison bien forte (je ne dis pas bien bonne) en sa faveur, Lett. à Voltaire, 27 janv. 1762 dans FORT, ORTE
Je puis assurer à Votre Majesté que ces mots précieux à la raison ont fait autant de fortune que son bel éloge de l'impératrice reine, Lett. au roi de Prusse, 30 mars 1781 dans FORTUNE
Devant cet arrêt foudroyant l'abbé Raynal s'est mis à couvert et hors de France, Lett. au roi de Prusse, 3 mars 1782 dans FOUDROYANT, ANTE
Raton n'a rien à craindre pour ses pattes, et il n'y a pas de quoi fouetter un chat dans la petite espièglerie qu'il vient de faire, Lett. à Voltaire, 4 fév. 1773 dans FOUETTER
Au reste, le fourrage qu'ils ont fait est peu de chose, et le discours n'y perdra rien ou presque rien ; il n'y a pas en tout la valeur de six lignes effacées, Lett. à Voltaire, 21 juill. 1767 dans FOURRAGE
M. Séguier a dit en plein foyer qu'ils avaient lu la pièce, et qu'ils n'y avaient rien trouvé de répréhensible, Lett. à Voltaire, 6 mai 1760 dans FOYER
Vous avez beau faire, mon cher philosophe ; vous n'en ferez jamais [du duc de Richelieu] qu'un vieux freluquet, bien peu digne d'être célébré par une plume telle que la vôtre, Lett. à Voltaire, 18 mai 1765 dans FRELUQUET
Les fripons qui faisaient sous ce ministre le commerce du blé au préjudice du peuple ne peuvent souffrir un ministre qui ne les laisse pas friponner, Lett au roi de Prusse, 27 mai 1775 dans FRIPONNER
. Un mépris profond de toutes les frivolités qui occupent et dégradent si fort la plus grande partie de la noblesse française, Lett. au roi de Prusse, 27 sept. 1773 dans FRIVOLITÉ
Cette froideur est le grand défaut, selon moi, de presque toutes nos pièces de théâtre, Lett. à Voltaire, 10 oct. 1761 dans FROIDEUR
Les talents éminents et peu considérés dans leur patrie ressemblent assez à ce pauvre indigent qui, n'ayant rien à manger avec son pain, le mangeait à la fumée d'une boutique de rôtisseur, Lett. au roi de Pr. 30 nov. 1770 dans FUMÉE
Je ne puis trop conjurer Votre Majesté de faire rendre aux mânes de Voltaire, dans l'église catholique de Berlin, les honneurs funèbres que les Velches s'obstinent à lui refuser, Lett. au roi de Pr. 14 avr. 1781 dans FUNÈBRE
Ses guerres [de Louis XIV] souvent très injustes, son faste, son orgueil, son intolérance, sa révocation de l'édit de Nantes, son dévouement aux jésuites, tout cela, sire, met contre lui un furieux poids dans la balance, Lett. au roi de Pr. 30 nov. 1770 dans FURIEUX, EUSE
Vous avez su que les Calas ont pleinement gagné leur procès ; c'est à vous qu'ils en ont l'obligation, Lett. à Voltaire, 26 mars 1765 dans GAGNER
Sans courir absolument la poste vers l'autre monde, j'en gagne tout doucement le chemin, Lett. au roi de Prusse, 21 avril 1771 dans GAGNER
Je suis persuadé, sire, que ce voyage serait très avantageux pour M. Bitaubé, que son poëme y gagnerait beaucoup, Lett. au roi de Prusse, 25 avril 1774 dans GAGNER
A tout prendre, je crois que l'ouvrage gagne à la lecture, Lett. à Voltaire, Oeuv. avril 1757 dans GAGNER
Leur ineptie, comme le dit très bien Votre Majesté, fera gagner aux Allemands et aux Hollandais l'argent que la France perdra de gaieté de coeur, Lett. au roi de Pr. 16 fév. 1782 dans GAIETÉ ou GAÎTÉ
Je suis plutôt spectateur que patient dans cette galère où je me tiens les bras croisés, Lett. au roi de Pr. 3 nov. 1780 dans GALÈRE
Je ne doute pas qu'il n'en soit de même de la fille de garde-robe qui a pris le nom de sa maîtresse, la femme de Czarowitz, Lett. au roi de Prusse, 2 mars 1772 dans GARDE-ROBE
La petite diatribe que je vous envoie a été fort applaudie à la représentation ; mais gare la lecture, Lett. à Voltaire, 24 janv. 1778 dans GARE
Il y a partout des gâte-métier et cet écrivain en est un, Lett. à Voltaire, 24 janv. 1778 dans GÂTE-MÉTIER
Vous verrez dans mon discours un petit mot de correction fraternelle pour ce gentilhomme qui était présent, et qui, à ce que je crois, l'aura sentie, car je ne gâte pas ces messieurs, Lett. à Voltaire, 2 janv. 1769 dans GÂTER
Il faut gémir sur le sort de l'humanité, qui ne permet pas qu'un seul homme ait à la fois tous les talents et toutes les vertus, Lett. au roi de Pr. 17 août 1771 dans GÉMIR
Tous les esprits justes, précis et clairs appartiennent à la géométrie, Lett. au roi de Prusse, 6 mars 1771 dans GÉOMÉTRIE
Votre Majesté traite un peu trop mal la géométrie transcendante ; j'avoue qu'elle n'est souvent, comme Votre Majesté le dit très bien, qu'un luxe de savants oisifs...., Lett. au roi de Pr. 29 janv. 1768 dans GÉOMÉTRIE
Dans ce moment si remarquable, où vous jouez, sire, aux yeux de toute l'Europe, le rôle vraiment digne de vous, de défenseur de l'Allemagne et de protecteur du corps germanique, Lett. au roi de Pr. 31 mars 1778 dans GERMANIQUE
Ce que Votre Majesté me fait l'honneur de m'écrire sur la philosophie exaltée et exagérée des stoïciens, est sans comparaison plus à mon usage que cette philosophie gigantesque et imaginaire, Lett. au roi de Pr. 21 juin 1782 dans GIGANTESQUE
Oui, en vérité, mon cher maître, notre théâtre est à la glace ; il n'y a dans la plupart de nos tragédies, ni vérité, ni chaleur, ni action, ni dialogue, Lett. à Voltaire, 31 octobre 1761 dans GLACE
Cette inquisition enchaîne et glace tous les esprits, Lett. au roi de Pr. 3 nov. 1780 dans GLACER
L'abbé de St-Pierre est l'auteur d'une expression qui commence à prendre faveur ; c'est le mot de gloriole, si bien adapté à cette vanité puérile qui ne vit, si on peut parler de la sorte, que de la fumée la plus légère et la plus prompte à s'exhaler, Éloge de l'abbé de St-Pierre dans GLORIOLE
Sans préjudice des gourmades à poing fermé que vous leur appliquez si bien d'ailleurs, Lett. à Volt. 14 juillet 1767 dans GOURMADE
Ce prince de Brunswick a été ici fort goûté et fort fêté de tout le monde, et il le mérite, Lettre à Voltaire, 23 juin 1766 dans GOÛTÉ, ÉE
Que de vérité et de sagesse dans tout ce que Votre Majesté dit sur cette philosophie des stoïciens, plus grande que nature et si peu propre, avec ses grands mots et ses principes exagérés, à soulager ceux qui souffrent !, Lett. au roi de Pr. 9 août 1782 dans GRAND, ANDE
Le contrôleur général, à qui j'ai offert mes services à condition qu'ils seraient gratuits, me disait il y a quelques jours qu'il voudrait bien faire quelque chose pour moi, Lett. au roi de Pr. 10 juill. 1775 dans GRATUIT, ITE
Cet homme si gratuitement célébré par le philosophe de Ferney, était à la tête de la cabale, Lett. au roi de Pr. 22 août 1772 dans GRATUITEMENT
À quoi servirait-il d'avoir tant d'honnêtes gens dans le ministère si les gredins triomphent encore ?, Lett. à Volt. 28 août 1775 dans GREDIN, INE
Les fanatiques grinceront les dents et ne pourront pas mordre, Lett. à Voltaire, 13 mai 1759 dans GRINCER
Cette année 1762 me paraît grosse de grands événements politiques et civils, Lett. à Voltaire, 31 mars 1762 dans GROS, OSSE
Que deviendrait-elle si à la guerre de mer où elle est engagée, une guerre de terre se joignait encore ?, Lett. au roi de Pr. 15 déc. 1780 dans GUERRE
Voilà comme ils vous habillent, Lett. à Voltaire, 23 janv. 1757 dans HABILLER
Tous crient de concert haro sur le premier qui osera se moquer des sottises sur les quelles ils s'accordent, Lett. à Volt. 22 fév. 1764 dans HARO
Nous avons été très contents de vos remarques sur les Horaces ; beaucoup moins de celles de Cinna, qui nous ont paru faites à la hâte, Lett. à Voltaire, 8 sept. 1761 dans HÂTE
J'aime mieux lui parler de la hausse de nos fonds publics, qui est incroyable depuis que le nouveau contrôleur général est en place, Lett. au roi de Pr. 27 mai 1775 dans HAUSSE
Un ouvrage sur Homère qu'il [Villoison] prendrait la liberté de présenter à Votre Majesté, s'il ne craignait que le grec dont cet ouvrage est hérissé ne la fit reculer deux pas en arrière, Lett. au roi de Pr. 25 avr. 1774 dans HÉRISSÉ, ÉE
Notre poésie même me paraît ridicule sur ce point ; on rejette : j'ai vu mon père immolé à mes yeux ; et on admet : j'ai vu ma mère immolée à mes yeux, quoique l'hiatus du second vers soit beaucoup plus ridicule, Lett. à Voltaire, 11 mars 1770 dans HIATUS
Ne devrait-on pas dire que c'est une puérilité, et souvent un défaut contraire à la simplicité et à la naïveté du style, que le soin minutieux d'éviter les hiatus dans la prose comme le pratique l'abbé de la Bletterie ?, ib. dans HIATUS
Votre Majesté croira-t-elle qu'on a fait la défense la plus rigoureuse à tous les journalistes de dire un seul mot à l'honneur de M. de Voltaire ?, Lett. au roi de Prusse, 1er juillet 1778 dans HONNEUR
La part qui me revient de cette gloire ou de cette honte est si petite, que je ne cours pas après, et que j'en fais les honneurs à qui voudra, Lett. au roi de Prusse, 16 mai 1772 dans HONNEUR
Si vous le présentez à quelqu'un de nos sociniens honteux, gardez-vous bien de prononcer mon nom, Lett. à Volt. 27 sept. 1759 dans HONTEUX, EUSE
J'ose lui répéter [à Votre Majesté] que, plus elle le connaîtra [le comte de Crillon], plus elle l'en trouvera digne [de ses bontés], et qu'elle le distinguera facilement de cette horde de jeune noblesse française qui lui a donné à si juste titre si mauvaise opinion du reste, Lett. au roi de Prusse, 25 avril 1774 dans HORDE
J'ai commencé par les croquignoles, je continuerai par les coups de houssine, ensuite viendront les coups de gaule, et je finirai par les coups de bâton, Lett. à Voltaire, 27 avril 1765 dans HOUSSINE
Notre Salomon a de l'humeur, et je le crois mécontent ou malade, Lett. à Voltaire, 27 décembre 1777 dans HUMEUR
Cet orateur s'appelle Boismont, et non pas Beaumont, et n'a de prêtre que ce qu'il en faut pour être apte et idoine à posséder des bénéfices, Lett. au roi de Prusse, 30 juill. 1781 dans IDOINE
Vous ai-je dit ce que le roi de Prusse me mande dans une lettre du 8 de décembre ? " J'ai reçu un ambassadeur du général des ignatiens qui me presse pour me déclarer ouvertement le protecteur de cet ordre ", Lett. à Volt. 9 janv. 1773 dans IGNACIEN
Les imans et les muphtis de toutes les sectes me paraissent plus faits qu'on ne croit pour s'entendre ; leur but commun est de subjuguer, par la superstition, la pauvre espèce humaine, Lett. au roi de Prusse, 14 juin 1771 dans IMAN
La première [la plus forte] des impertinences humaines, Lett. au roi de Prusse, 17 sept. 1764 dans IMPERTINENCE
Je fais scrupule de l'importuner trop souvent par mes lettres, Lett. au roi de Prusse, 18 déc. 1769 dans IMPORTUNER
Je m'empresse d'avoir l'honneur de répondre à sa dernière et charmante lettre, malgré l'impression qui me reste encore de deux ou trois accès de fièvre qui m'ont laissé de la faiblesse, Lett. au roi de Pr. 29 juin 1781 dans IMPRESSION
Le césar Joseph, comme Votre Majesté l'appelle, est actuellement, dit-on, incognito à Versailles, Lett. au roi de Prusse, 29 juin 1781 dans INCOGNITO
La matière est incréable, par conséquent incréée, par conséquent éternelle, Lett. au roi de Prusse, 30 nov. 1770 dans INCRÉABLE
J'ai été aux informations, et j'ai su que le nombre de ses partisans est en effet considérable, Lett. à Voltaire, 12 décemb. 1770 dans INFORMATION
Le curé de Saint-Étienne du Mont a dit publiquement qu'il l'aurait enterré [Voltaire] dans son église entre Racine et Pascal, qui en effet y sont inhumés, Lett. au roi de Prusse, 1er juill. 1778 dans INHUMÉ, ÉE
La dernière surtout [question proposée par l'académie de Berlin] m'a paru bien étrange par son inintelligibilité, Lett. au roi de Prusse, 22 sept. 1777 dans ININTELLIGIBILITÉ
Vous pourriez, au lieu des grossièretés inlisibles publiquement que vous citez de Shakspeare, y substituer quelques autres passages ridicules et lisibles, Lett. à Voltaire, dans LAVEAUX dans INLISIBLE
Qui fait, dit-on, de petits vers innocents, Lett. à Voltaire, 3 janv. 1765 dans INNOCENT, ENTE
Que dites-vous de ce bel arrêt du parlement de Paris pour consulter la faculté de théologie sur l'inoculation, cette même faculté qu'il a déclaré ne pouvoir être juge en matière de sacrements ?, Lett. à Voltaire, 7 août 1763 dans INOCULATION
L'inoculation du roi et de la famille royale, à laquelle on était bien loin de s'attendre il y a un mois, prouve que la raison est écoutée, et donne tout à la fois bon espoir et bon exemple, Lett. au roi de Prusse, 1er juill. 1774 dans INOCULATION
Tous les inquisiteurs ne sont pas à Lisbonne, Lett. à Voltaire, 31 mars 1762 dans INQUISITEUR
L'Académie française vient d'arrêter d'une voix unanime que la lettre dont Votre Majesté m'a honoré serait insérée dans ses registres, Lett. roi de Prusse, 12 août 1770 dans INSÉRER
Vous sentez, mon cher maître, tout ce qu'il y a d'insidieux dans ce projet, Lett. à Voltaire, 16 févr. 1774 dans INSIDIEUX, EUSE
Elles [vos lettres] me sont, sire, plus nécessaires que jamais ; elles font toute ma consolation, et raniment l'insipidité de ma vie, Lett au roi de Prusse, 30 mars 1781 dans INSIPIDITÉ
Des insomnies presque continuelles m'annoncent une disposition inflammatoire qui terminera vraisemblablement par me faire prendre congé de ce meilleur des mondes possibles, Lett. au roi de Prusse, 20 nov. 1772 dans INSOMNIE
Nous sommes ici fort occupés des insurgents, et fort impatients de voir quel sera le succès de la campagne décisive qui va s'ouvrir, Lett. au roi de Prusse, 28 avr. 1777 dans INSURGENTS
Cette intelligence dans l'homme et dans les animaux est-elle distinguée de la matière, ou n'est-elle qu'une propriété dépendante de l'organisation ?, Lett. au roi de Prusse, 30 nov. 1770 dans INTELLIGENCE
J'ai de bonnes intentions pour vous, ma chère enfant, soyez-en persuadée, MARIVAUX, Marianne, 6e part L'intention doit au moins faire excuser l'action, Lett. au roi de Prusse, 28 nov. 1777 dans INTENTION
Vous pouvez rendre un grand service à la philosophie, en intercédant auprès de M. de Choiseul pour le pauvre abbé Morellet, Lett. à Voltaire, 18 juill. 1760 dans INTERCÉDER
Quand, fatigué de travail ou de société, ce qui arrive bientôt, je me trouve avec moi-même et isolé comme je le suis, Lett. au roi de Prusse, 27 févr. 1777 dans ISOLÉ, ÉE
L'enthousiasme et l'ivresse étaient au dernier degré, Lett. au roi de Prusse, 1er juill. 1778 dans IVRESSE
Jamais peut-être il n'y a eu un plus triste exemple de la jactance et de la légèreté françaises, Lett. au roi de Prusse, 11 oct. 1782 dans JACTANCE
Les jansénistes, que la destruction des jésuites avait déjà rendus insolents, et qu'elle rendrait dangereux, si la raison ne se pressait de les remettre à leur place, Lettre au roi de Prusse, 28 oct. 1765 dans JANSÉNISTE
Je ferai comme Simonide, qui, n'ayant rien à dire de je ne sais quel athlète, se jeta sur les louanges de Castor et de Pollux, Lett. au roi de Prusse, 14 mai 1773 dans JETER
Pompignan se fera peut-être prier ; mais laissez-moi faire, il payera, ou il verra beau jeu, Lett. à Voltaire, 12 janvier 1773 dans JEU
Votre Majesté, qui a eu la bonté de me marquer la satisfaction de ma nouvelle et très mince dignité de secrétaire de l'Académie française, ne peut pas s'imaginer toutes les intrigues qu'on a fait jouer pour m'en écarter, Lett. au roi de Prusse, 22 août 1772 dans JOUER
Mme de la Ferté-Imbaut, qui joue la dévotion, mais qui ne joue pas la sottise, Lett. à Voltaire, 15 oct. 1776 dans JOUER
Il y a aujourd'hui [3 novembre] vingt années, jour pour jour, que Votre Majesté se couvrait de gloire dans les plaines de Torgau, Lett. au roi de Prusse, 3 nov. 1780 dans JOUR
Les lauriers que vous cueillîtes, il y a seize ans, à pareil jour, dans les plaines de Lignitz, ib. 15 août 1776 dans JOUR
Croyez-vous à la lettre de M. d'Ossun lue en plein conseil, et qui marque que les jésuites avaient formé le complot d'assassiner, le jeudi saint, bon jour, bonne oeuvre, le roi d'Espagne et toute la famille royale ?, Lett. à Voltaire, 4 mai 1767 dans JOUR
La joute d'Arlequin et de Scapin, qui se menacent avec grand bruit, se donnent quelques coups de bâton, et s'enfuient chacun de leur côté, Lett. au roi de Prusse, 16 juin 1769 dans JOUTE
Avez-vous lu un très bon discours sur l'administration de la justice criminelle, prononcé au parlement de Grenoble par un jeune avocat général nommé Servan ?, Lett. à Voltaire, 26 juin 1767 dans JUSTICE
Que ne justifie-t-on pas quand on le veut ?, Lett. à Voltaire, 31 juill. 1762 dans JUSTIFIER
Il faut prendre le parti de laisser aller les choses et les hommes, Lett. au roi de Pr. 8 nov. 1771 dans LAISSER
Elles s'étaient laissé aller à la douceur de vivre, dans LAISSER
Vous êtes bien bon de vous lamenter pour des hommes qui vous verraient brûler en riant, Lett. à Voltaire, 12 mai 1767 dans LAMENTER
Quand ma vessie me fait souvenir qu'elle n'est pas une lanterne, comme dit le proverbe, je relis les lettres du roi philosophe, Lett. au roi de Prusse, 3 mars 1782 dans LANTERNE
Il y a à la fois relâchement et spasme [dans ma maladie] ; les docteurs y perdront leur latin, et moi l'espérance, Lett. au roi de Prusse, 28 avr. 1783 dans LATIN, INE
Il faut dire de lui comme le régent disait d'un homme qui prenait force lavements à la Bastille : il n'a que ce plaisir-là, Lett. à Voltaire, 3 janv. 1765 dans LAVEMENT
Un don léger fait à ce jeune homme par Votre Majesté pour l'encourager dans ses études, serait digne du grand roi qui honore et protége les lettres d'un bout de l'Europe à l'autre, Lett. au roi de Prusse, 30 juill. 1781 dans LÉGER, ÈRE
Je ne connais que légèrement Helvétius ; mais je ne puis m'empêcher d'être indigné de la barbarie avec laquelle on le traite, Lett. à Voltaire, 6 mai 1760 dans LÉGÈREMENT
Il me semble que l'empereur d'aujourd'hui traite un peu lestement les prêtres, les moines et les papes, Lett. au roi de Prusse, 11 mai 1781 dans LESTEMENT
Oh ! la belle lettre, mon cher maître, que vous venez d'écrire à frère Damilaville sur l'affaire du malheureux Sirven !, Lett. à Voltaire, 26 mars 1765 dans LETTRE
Il est bien juste que la philosophie et les lettres aient quelques consolations au milieu des persécutions qu'elles souffrent, Lett. à Voltaire, 9 août 1777 dans LETTRE
Je ne sais si cette liberté [de la presse] doit être accordée ; mais je pense que, si on l'accorde, elle doit être sans limites et indéfinie, Lett. au roi de Prusse, 2 mars 1772 dans LIBERTÉ
Quand elle [Votre Majesté] sera un peu plus libre, j'aurai l'honneur de lui écrire plus au long, et de donner un libre cours aux témoignages d'admiration, Lett au roi de Prusse, 29 juin 1778 dans LIBRE
Des ministres dont vous avez tout lieu de vous louer, Lett. à Voltaire, 26 oct. 1762 dans LIEU
Je connais l'ouvrage sur les lettres de cachet ; il serait meilleur si l'auteur, qui n'est pas Linguet, y avait moins prodigué les lieux communs et les déclamations, Lett. au roi de Prusse, 28 avr. 1782 dans LIEU
Enfin, dans l'idée de surface, je fais encore abstraction d'une des deux dimensions qui la composent, et il me reste l'idée de ligne, Mélanges de littér. d'hist. et de philos. t. V, § II. dans LIGNE
Nous recevons aujourd'hui [à l'Académie française] l'évêque de Limoges qui ne sait pas lire, et Batteux qui ne sait pas écrire, mais en revanche nous avons un directeur qui sait lire et écrire, qui s'en pique du moins, Lett. à Volt. 9 avr. 1761 dans LIRE
Je n'entretiendrai pas Votre Majesté de toutes les sottises qui se font, et qui se disent, et qui se lisent ou ne se lisent pas, dans le séjour que j'habite, Lett. au roi de Prusse, 9 oct. 1778 dans LIRE
Je ne suis, sire, qu'un pauvre géomètre littérateur, tant bon que mauvais, qui souffre à la fois et de ses reins et de son estomac, Lett. au roi de Prusse, 15 sept. 1780 dans LITTÉRATEUR
La littérature est dans la plus déplorable situation où elle ait jamais été, Lett. à Voltaire, 6 avr. 1773 dans LITTÉRATURE
Je ne reçois plus de vos nouvelles que de loin en loin, et je trouve cela très mauvais, Lett. à Voltaire, 18 sept. 1762 dans LOIN
J'aime mieux être ignorant avec elle [Votre Majesté], que d'en savoir si long avec l'auteur du Système de la nature sur des choses où l'on ne sait rien, Lett. au roi de Prusse, 3 janv. 1771 dans LONG, ONGUE
Quoique ces loups [les fanatiques] soient à craindre, la philosophie, avec un peu d'adresse, viendra à bout de leur arracher les dents, Lett. à Voltaire, 14 août 1767 dans LOUP
Pour éviter toute équivoque, et ôter aux journalistes allemands tout prétexte de dire là-dessus, à leur ordinaire, quelques lourdes sottises, Lett. au roi de Prusse, 9 févr. 1780 dans LOURD, OURDE
Si, dans l'état de faiblesse où je suis, je trouvais quelque moment lucide, j'en profiterais à l'instant pour satisfaire mon coeur, Lett. au roi de Prusse, 19 sept. 1779 dans LUCIDE
L'homme est libre, en ce sens, que, dans les actions non machinales, il se détermine de lui-même et sans contrainte, Lett. au roi de Pr. 2 août 1770 dans MACHINAL, ALE
Madame de Montespan, disait-il [l'abbé Testu], parle comme une personne qui lit, madame de Thianges comme une personne d'esprit qui rêve, et madame l'abbesse de Fontevrault comme une personne qui parle, Élog. Testu. dans MADAME
J'aimerais mieux être magister de Chaillot ou de Vaugirard, que président de la plus brillante académie étrangère, Lett. à Volt. 13 août 1765 dans MAGISTER
Les magistrats, dans quelque circonstance et pour quelque grand intérêt de corps que ce puisse être, ne doivent jamais être que magistrats, sans parti et sans passions comme les lois, qui absolvent et punissent sans aimer ni haïr, Éloges, Montesquieu. dans MAGISTRAT
Les pensées sublimes sont rares, et ne peuvent être suppléées, ni par la magnificence des mots, cette magnificence si pauvre quand celle des choses n'y répond pas, ni par ce beau désordre qu'on n'a pu jusqu'ici bien définir, Réfl. sur la poés. Oeuv. t. IV, p. 106, dans POUGENS. dans MAGNIFICENCE
Vous voulez, lui dirais-je, former un enfant qui doit vivre parmi des magots, et vous voulez en faire un géant : cela n'est pas praticable ; le géant choquera les magots, qui se réuniront tous contre lui, et le chasseront de chez eux à coups de pierres, Jug. Émile, Oeuvres, t. V, p. 378, dans POUGENS dans MAGOT
L'étendue immense des contrées abruties par le mahométisme le lui faisait regarder [à l'abbé de St-Pierre] comme un des plus grands fléaux de l'espèce humaine, Élog. de l'abbé de St-P. dans MAHOMÉTISME
Quant à l'ouvrage, il est maigre, mais il est aisé de lui donner de l'embonpoint dans une seconde édition, Lett. à Voltaire, 23 juin 1766 dans MAIGRE
Je me suis mis entre les mains du plus habile médecin de ce pays-ci, et, dans ce moment, la nature ou lui me soulage, Lett. au roi de Prusse, 11 oct. 1782 dans MAIN
J'ai su par M. le baron de Grimm que Votre Majesté, ne pouvant écrire de la main droite, avait pris le parti d'écrire de la main gauche, afin que ses affaires n'en souffrissent pas, Lett. au roi de Prusse, 7 déc. 1779 dans MAIN
Il [Boileau] eût fait main basse sur cette rhétorique triviale, qui consiste à noyer un tas de sophismes dans une mer de paroles oiseuses et de figures ridicules, Éloges, Despréaux. dans MAIN
Bertrand finit ici sa prose à Raton, et l'exhorte à faire main basse, en vers et en prose, sur les sots dont le meilleur des mondes fourmille, Lett. à Volt. 5 nov. 1776 dans MAIN
Il est évident, comme vous dites, que l'ouvrage est de différentes mains, Lett. à Volt. 4 oct. 1764 dans MAIN
L'événement fera connaître s'ils [les jésuites] sont assez forts pour se maintenir au Paraguai en dépit de l'Espagne, Destr. des Jésuites, Oeuv. t. V, p. 242, dans POUGENS. dans MAINTENIR
Voilà donc les jésuites chassés de Naples ; on dit qu'ils vont bientôt l'être de Parme, et qu'ainsi tous les États de la maison de Bourbon feraient maison nette, Lett. au roi de Pr. 14 déc. 1767 dans MAISON
Combien d'hommes illustres en tous genres n'ont eu d'autre maître qu'eux-mêmes, et n'en ont été que plus grands !, Éloge de Perrault. dans MAÎTRE
Ah ! celui qui a dit que le malheur était le grand maître de l'homme, a dit bien plus vrai qu'il n'a cru : il n'a vu dans le malheur qu'un maître de sagesse et de conduite ; il n'y a pas vu tout ce qu'il est, un plus grand maître de réflexions et de pensées, Tomb. l'Espinasse. dans MAÎTRE
Comment un écrivain supérieur sait à la fois enhardir et maîtriser une langue timide et minutieuse, Élog. Boss. note 7 dans MAÎTRISER
Il [Marivaux] avait le malheur de ne pas estimer beaucoup Molière, et le malheur plus grand de ne pas s'en cacher, Élog. Mariv. dans MALHEUR
L'Académie française est l'objet de l'ambition secrète ou avouée de presque tous les gens de lettres, de ceux même qui ont fait contre elle des épigrammes bonnes ou mauvaises, épigrammes dont elle serait privée pour son malheur, si elle était moins recherchée, Préface des éloges. dans MALHEUR
Ces malheureux écrivains, ridicules par la vanité au sein même de l'indigence, dont la prétention est d'avoir évité l'esprit dans leurs ouvrages, Éloge Destouches. dans MALHEUREUX, EUSE
Il est tout à la fois absurde et malsonnant de vouloir rendre intelligible ce que la foi nous déclare ineffable, Éloges, Bossuet dans MALSONNANT, ANTE
Je suis si aise de les voir partir, que je n'ai garde de les tirer par la manche pour les retenir, Lett. à Voltaire, 2 mars 1764 dans MANCHE
On assure que le pape cordelier se fait beaucoup tirer la manche pour abolir les jésuites, Lett. au roi de Prusse, 7 août 1769 dans MANCHE
Il [Lamotte] a fait jusqu'à des mandements d'évêques, à qui, comme de raison, il a bien gardé le secret, et qui ont encore eu plus de soin de le lui garder, Éloges, Lamotte. dans MANDEMENT
Sa manière de voir [de Marivaux] lui faisait choisir dans chaque sujet le côté piquant, et sa facilité d'écrire lui fournissait le moyen de le peindre, Élog. Mariv. dans MANIÈRE
On assure qu'en 1718, lorsque la France déclara la guerre à l'Espagne, le manifeste fut fait par Fontenelle, sur les mémoires du ministre, et revu par Lamotte, Art. du card. Dubois, Oeuv. t. X, n. 4, p. 125, dans POUGENS. dans MANIFESTE
La manoeuvre est principalement fondée sur les lois de la résistance des fluides, et ces lois n'étaient encore que peu connues, Éloges, Bernoulli. dans MANOEUVRE
Il a voulu dire seulement que les Prussiens n'auraient pas eu tant de succès s'ils n'eussent été que braves, et s'ils n'eussent eu à leur tête un général aussi consommé dans les manoeuvres militaires, devenues aujourd'hui plus nécessaires que jamais, Lett. au roi de Prusse, 14 août 1772 dans MANOEUVRE
Le célèbre Prior avait, par les plus sages moyens, préparé cette paix d'Utrecht, si désirée des peuples et si retardée par les manoeuvres ou l'ineptie des politiques, Éloges, Destouches. dans MANOEUVRE
Athalie fut peu goûtée lorsqu'elle parut imprimée pour la première fois ; Racine crut de bonne foi qu'il avait manqué son sujet, et il l'avouait sincèrement à Despréaux, qui lui soutenait au contraire qu'il n'avait rien fait de mieux qu'Athalie, Éloges, Despréaux. dans MANQUER
Abuser de l'esprit philosophique, c'est en manquer, Réflex. sur le goût. dans MANQUER
On assure qu'il a [Massillon] laissé une vie manuscrite du Corrége ; il ne pouvait choisir pour sujet de ses éloges un peintre dont les talents fussent plus analogues aux siens, Éloges, Mass. dans MANUSCRIT, ITE
Ces cartes particulières seront les différents articles de l'Encyclopédie, et l'arbre ou système figuré en sera la mappemonde, Disc. prélim. Encycl. Oeuv. t. I, p. 232, dans POUGENS. dans MAPPEMONDE
Ils ressemblent à ce valet de comédie ivre qui, entendant prononcer le mot de maraud, dit naïvement : maraud, voilà quelqu'un qui me connaît, Lett. au roi de Pr. 14 déc. 1781 dans MARAUD, AUDE
Quant à vous, mon cher ami, frappez fort ; vous êtes en place marchande pour cela, Lett. à Voltaire, 13 mai 1759 dans MARCHAND, ANDE
Quelque aguerri que vous deviez être à voir cette robe, puisque vous en nourrissez un [un jésuite] depuis dix ans, je ferais scrupule de vous surcharger de pareille marchandise, Lett. à Voltaire, 11 mars 1766 dans MARCHANDISE
En vérité, il est abominable de mettre à si bon marché la vie des hommes, Lett. à Voltaire, 16 juill. 1766 dans MARCHÉ
La profondeur et la figure des côtes, les vents et les courants altèrent tellement la hauteur des marées, qu'il n'y a peut-être pas deux endroits sur la terre où elle soit exactement la même, Introd. précess. équin. Oeuvres, t. XIV, p. 56, dans POUGENS. dans MARÉE
La pauvre philosophie se trouverait une seconde fois dans le margouillis dont Dieu et vous la vouliez préserver, Lett. à Voltaire, 9 juill. 1764 dans MARGOUILLIS
Le roi le crut, et le crut si bien, qu'il en témoigna son mécontentement de la manière la plus marquée, Apolog. Clerm. Tonn. Oeuv. t. IX, p. 152, dans POUGENS. dans MARQUÉ, ÉE
Voilà les marrons que Bertrand voit sous la cendre, et qui lui paraissent très bons à croquer ; mais il a la patte trop lourde pour les tirer délicatement, Lett. à Voltaire, 18 janvier 1773 dans MARRON
J'ai bien quelques matériaux pour ce volume, mais je ne sais quand ma pauvre tête me permettra de les mettre en oeuvre, Lett. au roi de Pr. 15 avril 1768 dans MATÉRIAUX
La quantité abstraite, objet des mathématiques pures, est ou nombrable ou étendue, Explic. syst. conn. hum. Oeuvr. t. I, p. 337, dans POUGENS. dans MATHÉMATIQUE
Les mathématiques mixtes ont autant de divisions et de sous-divisions qu'il y a d'êtres réels dans lesquels la quantité peut être considérée, ib. dans MATHÉMATIQUE
Je le trouverais encore assez bien partagé, quand il serait à M. Euler (pour parler mathématiquement) en même proportion que Descartes et Newton sont à Bayle, Lett. au roi de Prusse, 1er mars 1765 dans MATHÉMATIQUEMENT
Savoir, si, en matière de religion ou même en quelque matière que ce puisse être, il est utile de tromper le peuple, Lett. au roi de Pr. 9 mars 1770 dans MATIÈRE
En matière d'usage, ce sont les gens d'esprit qui reçoivent la loi des sots, Mél. litt. Oeuv. t. III, p. 161, dans POUGENS dans MATIÈRE
Je passais toutes mes soirées chez l'amie que j'avais perdue, et toutes mes matinées avec celle qui me restait encore ; je ne l'ai plus, et il n'y a plus pour moi ni soir ni matin, Lett. à Condorc. sur Mme Geoffrin, Oeuvr. t. XIV, p. 250, dans POUGENS. dans MATINÉE
J'ai cruellement souffert de ma maudite vessie durant une assez grande partie du mois de novembre, Lett. au roi de Pr. 13 déc. 1782 dans MAUDIT, ITE
Hartzoeker, dont le goût pour la contradiction était assez décidé, attaqua quelques années après, par les plus mauvaises raisons, le sentiment de Bernoulli, Éloges, Bernoulli dans MAUVAIS, AISE
Le mépris qu'on a pour les arts mécaniques semble avoir influé jusqu'à un certain point sur leurs inventeurs mêmes ; les noms de ces bienfaiteurs du genre humain sont presque tous inconnus, tandis que l'histoire de ses destructeurs, c'est-à-dire des conquérants, n'est ignorée de personne, Disc. prélim. Encycl. Oeuv. t. I, p. 226, dans POUGENS. dans MÉCANIQUE
La quantité, considérée dans les corps en tant que mobiles, ou tendant à se mouvoir, est l'objet de la mécanique, Explic. syst. conn. hum. Oeuv. t. I, p. 338, dans POUGENS. dans MÉCANIQUE
La mécanique a deux branches, la statique et la dynamique, ib. dans MÉCANIQUE
Il y a entre la mécanique et la géométrie cette différence, non-seulement que dans celle-ci la génération des figures par le mouvement est pour ainsi dire arbitraire et de pure élégance, mais encore que la géométrie ne considère dans le mouvement que l'espace parcouru, au lieu que dans la mécanique on a égard de plus au temps que le mobile emploie à parcourir cet espace, Traité de dynam. Oeuv. t. XIV, p. 209 dans MÉCANIQUE
La réduction que nous avons faite de toutes les lois de la mécanique à trois, celle de la force d'inertie, celle du mouvement composé et celle de l'équilibre, ib. p. 226 dans MÉCANIQUE
Mécènes orgueilleux des talents médiocres qui les recherchent, et secrets ennemis des talents distingués qui les négligent, Élog. Créb. dans MÉCÉNE
Les sujets de mécontentement que Christine avait ou croyait avoir augmentèrent au point que...., Mém. Christ. Oeuv. t. IV, p. 55, dans POUGENS dans MÉCONTENTEMENT
J'aurai recours à la médecine le plus tard que faire se pourra ; je la regarde comme la soeur presque jumelle de la métaphysique, par son incertitude, Lett. au roi de Pr. 17 sept. 1764 dans MÉDECINE
C'est parce qu'on a senti par les réflexions et comme par l'expérience la distance énorme du médiocre à l'excellent qu'on ne peut plus souffrir le médiocre, Mélanges etc. t. V, Réflexions sur la poésie. dans MÉDIOCRE
Il comparait la médiocrité orgueilleusement modeste et obscurément couronnée dans ces tribunaux subalternes, à ces dieux pénates des anciens, qui n'étaient révérés que dans les maisons où ils présidaient, Éloges, Moncrif. dans MÉDIOCRITÉ
La médiocrité des désirs est la fortune du philosophe ; et l'indépendance de tout, excepté des devoirs, est son ambition, Préf. 3e vol. Encycl. Oeuv. t. I, p. 398, dans POUGENS. dans MÉDIOCRITÉ
Ma tête, fatiguée et presque épuisée par quarante ans de méditations profondes, Lett. au roi de Pr. 15 août 1776 dans MÉDITATION
Rameau nous a donné non la meilleure musique dont il fût capable, mais la meilleure que nous pussions supporter, Lib. de la mus. Oeuvres, t. III, p. 342, dans POUGENS. dans MEILLEUR, EURE
La nature, qui, en nous condamnant à vivre, nous a laissé deux précieuses ressources, la mort pour finir les maux qui nous déchirent et la mélancolie pour nous faire supporter la vie dans les maux qui nous flétrissent, Tomb. l'Espinasse. dans MÉLANCOLIE
Vous êtes à la fois gaie et mélancolique, mais gaie par votre naturel, et mélancolique encore par réflexion, Portr. de Mlle de l'Espinasse. dans MÉLANCOLIQUE
Le cinquième volume de mes Mélanges ne paraît point encore ici, Lett. à Voltaire, 6 avr. 1767 dans MÉLANGE
J'aurais autant aimé ne pas voir mes chers compatriotes mêlés dans cette plaisanterie, Lett. roi de Prusse, 9 oct. 1772 dans MÊLÉ, ÉE
Que la postérité serait surprise de voir les Voltaire et les Montesquieu déchirés dans la même page où l'écrivain le plus médiocre est célébré !, Mél. litt. Oeuv. t. III, p. 275, dans POUGENS dans MÊME
Avec de si rares talents pour l'éloquence, la nature avait doué Bossuet d'une mémoire prodigieuse, Éloges, Bossuet. dans MÉMOIRE
Nous avons déjà dit que la mémoire de Crébillon était surprenante : elle le fut jusqu'à la fin de sa vie, il n'écrivait jamais ses pièces qu'au moment où il fallait les faire représenter, Éloges, Crébillon. dans MÉMOIRE
Vous ne me dites rien du mémoire de M. de la Chalotais : c'est, à mon avis, un terrible livre contre les jésuites, d'autant plus qu'il est fait avec modération, Lett. à Voltaire, 21 mars 1762 dans MÉMOIRE
Nous avons bien des confrères qui menacent ruine, l'abbé Alary, le président Hénault, Paradis de Moncrif, qui sera bientôt Moncrif de Paradis, Lett. à Voltaire, 25 janv. 1778 dans MENACER
Les amis de la Motte se plaignaient qu'il n'était pas assez ménagé dans cette pièce, et peut-être leurs plaintes n'étaient-elles pas sans fondement, Éloges, Lachaussée. dans MÉNAGÉ, ÉE
Les égards supposent, dans ceux pour qui on les a, des qualités réelles ; les ménagements, de la puissance ou de la faiblesse ; les attentions, des liens qui les attachent à nous ; la circonspection, des motifs particuliers ou généraux de s'en défier, Synon. Oeuv. t. III, p. 316, dans POUGENS dans MÉNAGEMENT
Il ménage à l'esprit des espèces de repos que tout écrivain qui veut être lu et goûté doit avoir soin de placer de distance en distance, surtout s'il écrit pour des Français, Éloges, l'abbé Dubos. dans MÉNAGER
Le vrai courage est celui qui combat les ridicules et les vices, ménage les personnes et obéit aux lois, Essai sur la soc. des gens de lettres, Oeuv. t. III, p. 92, dans POUGENS. dans MÉNAGER
Ménagez-vous, sire, et conservez-vous pour vos peuples, Lett. au roi de Prusse, 14 nov. 1776 dans MÉNAGER
Il est aisé de voir que la ligne menée du soleil à la lune fait presque toujours un angle avec la ligne menée du soleil à la terre, Disc. prélim. Syst. monde, Oeuvr p. 83, dans POUGENS. dans MENÉ, ÉE
Il y a plus de six ans, mon cher et illustre maître, que je ne lis point les sottises menstruelles du Garasse de Trévoux ; mais j'entends dire qu'elles n'ont point dégénéré, Lett. à Voltaire, 24 fév. 1759 dans MENSTRUEL, ELLE
La postérité eût ignoré jusqu'aux noms de Bavius et Mévius, si Virgile n'avait eu la faiblesse d'en faire mention dans un de ses vers, Ess. sur la soc. des gens de lett. Oeuv. t. 45, dans POUGENS. dans MENTION
Il ne faut pas que les jansénistes s'y méprennent : si on a détruit la société [des jésuites], ce n'est ni par amour pour eux ni par estime, Destr. des jésuites, Oeuv. t. V, p. 187, dans POUGENS. dans MÉPRENDRE (SE)
Dieu merci, les ennemis de la raison sont aussi bêtes que fanatiques, Lett. au roi de Pr. 3 juill. 1778 dans MERCI
On montrait, il n'y a pas encore longtemps, dans un petit collége de Paris, la chambre très mesquine que le futur cardinal [Dubois] y habitait ; cette chambre n'était pas aussi révérée que l'a été celle d'Érasme au collége de Montaigu, Art. du card. Dubois. dans MESQUIN, INE
La mesure manque à notre musique par plusieurs raisons : par l'incapacité de la plupart de nos acteurs, par la nature de notre chant, par celle des prétendus agréments dont nous le chargeons, et qui ne servent qu'à en troubler la marche ; enfin par le peu de soin que nous avons de donner aux mouvements lents une mesure marquée, Lib. de la mus. Oeuv. t. III, p. 399, dans POUGENS dans MESURE
Ma réponse a été bien simple ; si M. Tronchin veut vous la communiquer, je me flatte que vous la trouverez raisonnable et mesurée, Lett. à Voltaire, 11 janv. 1758 dans MESURÉ, ÉE
La pièce, comme nous l'avons dit, était très mesurée dans ses expressions, quoique galante, Éloges, St-Aulaire, note 4 dans MESURÉ, ÉE
On peut regarder la métaphysique comme un grand pays dont une petite partie est riche et bien connue, mais confine de tous côtés à de vastes déserts où l'on trouve seulement de distance en distance quelques mauvais gîtes, prêts à s'écrouler sur ceux qui s'y réfugient, Mélanges de litt. d'hist. et de philos. t. V, § 1 dans MÉTAPHYSIQUE
La métaphysique a pour but d'examiner la génération de nos idées, Éléments de philos. ch. 13 dans MÉTAPHYSIQUE
Je ne sais quelle métaphysique du coeur s'est emparée de nos théâtres ; s'il ne fallait pas l'en bannir entièrement, encore moins fallait-il l'y laisser régner, Disc. prélim. Encycl. Oeuv. t. I, p. 290, dans POUGENS dans MÉTAPHYSIQUE
et a produit la science qu'on appelle météorologie, Explic. syst. conn. hum. Oeuv. t. I, p. 340, dans POUGENS. dans MÉTÉOROLOGIE
Cette méthode de fixer les idées en développant leur formation doit être souvent préférée en philosophie à ce qu'on appelle définition proprement dite, même dans les cas où il s'agit de définir, Mélanges, etc. t. V, § 11 dans MÉTHODE
Cette multitude qui ne va pas au théâtre pour observer au microscope les fibres du coeur humain, mais pour en voir à découvert les mouvements et les efforts, Élog. Mariv. dans MICROSCOPE
Le roi m'en a remercié ; mais les ennemis de la philosophie et des lettres ont fait la mine : je vous laisse à penser si je m'en soucie, Lett. à Voltaire, 17 décemb. 1768 dans MINE
L'oiseau-mouche, cette charmante miniature Velleius Paterculus, cet écrivain si plein d'esprit, et qui est, si on peut employer cette expression, la miniature de Tacite, comme Florus est celle de Salluste, Apolog. de Clerm. Tonn. note 6 dans MINIATURE
Vous ne sauriez apporter dans cet ouvrage [le Commentaire sur Corneille] trop de soin, d'exactitude et même de minutie, Lett. à Volt. 8 sept. 1761 dans MINUTIE
Tel adorateur des anciens qui se garderait bien d'écrire l'histoire comme eux ne craint point de nous répéter qu'ils sont nos modèles en tout genre, Mélanges, etc. t. V, Réfl. sur l'hist. dans MODÈLE
Il me semble que Votre Majesté pourrait modifier à quelques égards la supériorité qu'elle donne à Bayle et à Gassendi sur Descartes et sur Leibnitz, Lett. au roi de Prusse, 3 nov. 1764 dans MODIFIER
Les personnes dont vous parlez le serviraient peut-être, mais très mollement, et les dévots crieraient et l'emporteraient, Lett. à Voltaire, 18 juill. 1760 dans MOLLEMENT
L'expérience m'a convaincu que ce monde est une espèce de bois infesté de brigands : l'histoire m'assure de plus qu'il n'a jamais été autre chose, Mélanges, t. V, Réflexions sur l'histoire. dans MONDE
Nosseigneurs du parlement l'ont mieux traité [l'auteur de la Philosophie de la nature], parce qu'ils ont eu peur du cri public, Lett. au roi de Prusse, 28 juill. 1777 dans MONSEIGNEUR
Voilà nos messieurs du parlement qui recommencent leur train, Lett. au roi de Pr. 23 févr. 1776 dans MONSIEUR
Mille familles peut-être sont à l'aumône par cette banqueroute, qu'on fait monter à près de 40 millions, Lett. au roi de Pr. 13 déc. 1782 dans MONTER
Un étranger qui écrirait en français croirait bien faire que d'emprunter beaucoup de phrases à Molière, et se ferait moquer de lui, Mél. t. V, Sur la latinité des modernes. dans MOQUER (SE)
Je conviens avec votre Majesté que la morale est encore plus intéressante [que la géométrie], et qu'elle mérite surtout l'étude des philosophes, Lett. au roi de Pr. 29 janv. 1768 dans MORALE
La morale est peut-être la plus complète de toutes les sciences quant aux vérités qui en sont les principes et quant à l'enchaînement des vérités, Mél. t. V, § 1 dans MORALE
Je lisais ces jours passés la Morale d'Épictète plus grande que nature, Lett. au roi de Pr. 3 mars 1782 dans MORALE
Je serai bien charmé de pouvoir digérer un peu à mon aise ce que j'ai été obligé d'avaler gloutonnement, en mettant, comme on dit, les morceaux en double, Lett. à Voltaire, 29 août 1764 dans MORCEAU
Ces deux petits morceaux sont écrits il y a longtemps, et, tout médiocres qu'ils sont, je ne serais pas en ce moment en état de les faire, Lett. au roi de Pr. 28 avr. 1777 dans MORCEAU
Savez-vous ce que dit Astruc ? ce ne sont point les jansénistes qui tuent les jésuites, c'est l'Encyclopédie, mordieu, Lett. à Volt. 4 mai 1762 dans MORDIEU
Je vous répondrai, mon cher maître, par un proverbe bien trivial mais bien vrai, qu'à laver la tête d'un mort ou d'un Maure, on y perd sa peine, Lett. à Voltaire, 6 avr. 1773 dans MORE ou MAURE
Enfin la joie bête et ridicule de tous les fanatiques au sujet de cette mort [de Voltaire], Lett. au roi de Pr. 29 juin 1778 dans MORT
Cette aventure commence à réconcilier les jansénistes avec l'inquisition, qu'ils haïssaient jusqu'ici mortellement, Lett. à Voltaire, 31 oct. 1761 dans MORTELLEMENT
Il dit que son évêque d'Annecy, qui s'intitule prince de Genève, est cousin germain de son maçon, et que c'est un prélat qui n'a pas le mortier liant, Lett. au roi de Pr. 7 août 1769 dans MORTIER
L'image de ce grand homme mourant [Voltaire] m'affecta si profondément, et m'est restée si vivement dans la tête qu'elle ne s'en effacera jamais, Lett. au roi de Pr. 1er juillet 1778 dans MOURANT, ANTE
Quand on a le malheur d'être dans un pays de persécution et de servitude, au milieu d'une nation esclave et moutonnière, on est bien heureux qu'il y ait, dans un pays libre, des philosophes qui puissent élever la voix, Lett. à Voltaire, 14 avr. 1760 dans MOUTONNIER, IÈRE
M. le comte de Kalkenstein, que nous n'avons plus depuis la fin de mai, s'est donné de son côté bien du mouvement pour voir la France, Lett. au roi de Pr. 28 juill. 1777 dans MOUVEMENT
Non-seulement elle [la santé] résiste au mouvement prodigieux que Votre Majesté se donne, mais elle en est même affermie et fortifiée, Lett. au roi de Pr. 28 juill. 1777 dans MOUVEMENT
Ce projet n'est pas mûr encore, et je vous en rendrai compte dans quelques mois, si, comme je l'espère, il vient à bien, Lett. à Voltaire, 4 déc. 1770 dans MÛR, ÛRE
Votre Majesté n'a pas d'idée de la détestable inquisition qu'on exerce sur tous les ouvrages, et des mutilations intolérables qu'on fait essuyer à tous ceux qu'on croit capables de dire quelques vérités, Lett. au roi de Pr. 9 avr. 1773 dans MUTILATION
Le désir si vif et si inutile de connaître l'avenir donna naissance aux oracles des païens, Éloges, Dumarsais. dans NAISSANCE
Le théologien naissant ne traita pas avec assez de justice et de lumières une science qui n'est pas aussi inutile qu'il le pensait au théologien même, Éloges, Bossuet. dans NAISSANT, ANTE
La naïveté peut montrer des défauts, mais jamais des vices, et c'est pour cela qu'on dit une grossièreté naïve, et qu'on ne dit point une méchanceté naïve, Synon. Oeuvres, t. III, p. 332, dans POUGENS dans NAÏVETÉ
L'ignorance où il était de la plupart des choses de la vie lui donnait cette naïveté qui est un agrément, quand elle n'est pas ridicule, Éloges, Terrasson. dans NAÏVETÉ
Elle [Mme Geoffrin] rit un moment de cet aveu, comme je riais quelquefois moi-même avec elle des naïvetés qui, de temps en temps, lui échappaient ; car elle avait jusqu'à ce mérite, Lett. à Condorcet sur Mme Geoffrin dans NAÏVETÉ
La poésie épique, le madrigal, l'épigramme sont ordinairement de la poésie narrative, Explic. syst. conn. hum. Oeuvres, t. I, p. 343, dans POUGENS. dans NARRATIF, IVE
Il est dur de se déplacer à cinquante ans ; mais il ne l'est pas moins de rester chez soi pour y essuyer des nasardes, Lett. à Volt. 30 juin 1765 dans NASARDE
Les circonstances et la nature du gouvernement font les vices et les vertus des nations, Éloges, Montesquieu. dans NATURE
Le propre du naturel, quand il ne déplaît pas, est au moins d'obtenir grâce, Réfl. Élog. acad. t. VI, p. 139, dans POUGENS dans NATUREL, ELLE
Je suis navré que vous soyez dupe à ce point, et que vous le soyez d'un homme si vil, Lett. à Voltaire, 13 mai 1773 dans NAVRER
L'existence de Scipion ne sera pas plus douteuse dans dix siècles qu'elle ne l'est aujourd'hui, dans GIRAULT-DUVIVIER dans NE
Les lois de l'équilibre et du mouvement, telles que l'observation les fait connaître, sont de vérité nécessaire, Traité de dynam. Oeuvres, t. IV, p. 230, dans POUGENS. dans NÉCESSAIRE
Louis XIV, qui devait à la nature seule toutes ses bonnes qualités et à sa seule éducation tous ses défauts, ne sentait que trop combien cette éducation avait été négligée, pour ne rien dire de plus, Éloges, Valon. dans NÉGLIGÉ, ÉE
Ces mémoires [de l'abbé de Choisy], quoique fort négligés pour le style, sont peut-être le plus agréable de ses ouvrages, Él. Choisy. dans NÉGLIGÉ, ÉE
Il [M. de Choisy] eut le malheur honorable de déplaire au ministre, et de s'en voir négligé comme il devait s'y attendre, Éloges, Choisy. dans NÉGLIGÉ, ÉE
Les bons esprits ne s'intéressent guère moins à voir au naturel et comme en négligé ceux qui ont éclairé leurs contemporains que ceux qui les ont gouvernés bien ou mal, Éloges, Ch. Perrault. dans NÉGLIGÉ, ÉE
Il lui échappe même [à Massillon] quelquefois, soit dans les expressions, soit dans les tours, soit dans la mélodie si touchante de son style, des négligences qu'on peut appeler heureuses, parce qu'elles achèvent de faire disparaître non-seulement l'empreinte, mais jusqu'au soupçon du travail, Éloges, Massillon. dans NÉGLIGENCE
Il [Louis XIV] négligea le seul la Fontaine, et paya par cet oubli le tribut à la royauté, Éloges, Dangeau. dans NÉGLIGER
Le roi de Prusse, qui croyait la probité bonne à tout, même aux négociations, où tant d'autres rois moins éclairés que lui l'ont jugée au moins inutile, Éloges, milord Maréchal. dans NÉGOCIATION
On y trouve plusieurs expressions impropres ou recherchées ; ces expressions furent relevées avec l'affectation la plus maligne dans le dictionnaire néologique de l'abbé Desfontaines, Éloges, Houtteville. dans NÉOLOGIQUE
Ils ne nous pardonneraient pas de nous exprimer froidement sur l'étrange néologisme qui dépare même ses meilleures productions [de Marivaux], Éloges, Marivaux. dans NÉOLOGISME
Malgré ma néphrétique et mon âge de soixante-quatre ans, Lett. au roi de Pr. 14 déc. 1781 dans NÉPHRÉTIQUE
Parce qu'on ne s'égorge qu'à prix d'argent, et que ce nerf de la guerre manque à tous ceux qui la font aujourd'hui, Lett. au roi de Pr. 11 oct. 1782 dans NERF
J'apprends dans le moment que cet agent de la société [des jésuites] vient d'être chassé de Rome, et, ce qui ne vous fera pas moins de plaisir, que l'agent des jansénistes en a été chassé le même jour ; cela s'appelle faire maison nette et bonne justice, Destruct. des jés. Oeuvres, t. V, p. 228, dans POUGENS. dans NET, ETTE,
Guillaume Dubois, né en 1656, était fils ou neveu, car on n'est pas d'accord sur sa généalogie, d'un pauvre apothicaire de Brives-la-Gaillarde, en Limosin, Art. du card. Dubois, Oeuv. t. X, p. 86, dans POUGENS. dans NEVEU
Les calculs analytiques des mouvements de la lune ont sans doute été portés à un assez grand degré de précision pour nous convaincre que l'attraction newtonienne est en effet la vraie cause des inégalités qu'on observe dans le mouvement de cette planète, Disc. prélim. Syst. monde, Oeuvr. t. XIV, p. 137, dans POUGENS. dans NEWTONIEN, IENNE
On ne pourra disconvenir, ce me semble, que le système newtonien ne doive principalement à l'Académie des sciences de Paris les fondements nombreux et inébranlables sur lesquels il va être appuyé désormais, ib. p. 134 dans NEWTONIEN, IENNE
Je n'ai l'avantage d'être, pour ma consolation, ni le plus grand capitaine, ni le plus grand roi ni le plus grand et le plus vrai philosophe de ce siècle, ni le protecteur de l'Allemagne, ni le réformateur de la justice, ni enfin l'exemple des souverains et des gens de lettres, Lett. au roi de Pr. 15 sept. 1780 dans NI
Des avantages qui ne puissent être ni disputés ni niés ; or c'est ce qu'on trouve dans la naissance et dans la fortune, Ess. sur la soc. des g. de lett. Oeuvr. t. III, p. 62, dans POUGENS dans NIER
Ayant toujours pris et porté le titre de noble homme, c'est aux généalogistes à nous apprendre le sens précis de cette expression, surtout dans certaines provinces, Éloges, Fléchier. dans NOBLE
Fontenelle et Lamotte, toujours mesurés, et par conséquent toujours nobles avec les grands, toujours sur leurs gardes avec eux sans jamais le paraître, Éloges, Lamotte. dans NOBLE
Bientôt, malgré les cris de l'imbécile superstition, on réimprima les noëls [de la Monnoye], Éloges, la Monn. dans NOËL
Il n'y avait, selon eux, qu'une âme noire qui pût s'attacher de préférence aux sujets qu'il [Crébillon] avait choisis, Éloges, Créb. dans NOIR, OIRE
M. Fléchier, disait un jour Bâville à l'occasion d'un démêlé qu'ils avaient eu, m'a fait changer du blanc au noir. Dites, répondit Fléchier, du noir au blanc, Éloges, Fléch. dans NOIR, OIRE
Les noirceurs secrètes, tous les petits moyens que l'ignorance et l'envie savent si bien mettre en usage contre ce qui leur nuit ou leur déplaît, sont employés pour perdre ce dangereux novateur [Rameau], Lib. de la mus. Oeuv. t. III, p. 341, dans POUGENS dans NOIRCEUR
Soyez sûr que Mme du Deffand, qui vous a écrit cette noirceur, est bien moins votre amie que nous, Lett. à Volt. 2 juill. 1770 dans NOIRCEUR
Les tragédies de l'abbé Abeille étaient données sous le nom du comédien la Thuillerie, Éloges, Gasp. Abeille. dans NOM
Notez que le dit Caveirac est l'auteur de l'apologie de la Saint-Barthélemy, pour laquelle on ne lui a pas dit plus haut que son nom, Lett. à Voltaire, 12 janv. 1763 dans NOM
La quantité abstraite, objet des mathématiques pures, est ou nombrable ou étendue, Explic. syst. conn. hum. Oeuvr. t. I, p. 337, dans POUGENS. dans NOMBRABLE
Deux choses charment l'oreille dans le discours, le son et le nombre : le son consiste dans la qualité des mots ; et le nombre dans leur arrangement, Mél. litt. Oeuv. t. III, p. 262, dans POUGENS dans NOMBRE
À la pureté de la diction, l'orateur joint une harmonie douce et facile, quoique pleine et nombreuse, Éloges, Fléch. dans NOMBREUX, EUSE
Telle est, ce me semble, la raison métaphysique pour laquelle, la construction et la syntaxe des langues étant supposées, le nominatif doit être placé avant le verbe, et le verbe avant son régime ; les mots doivent être placés dans un tel ordre, qu'en finissant la phrase où l'on voudra, elle présente autant qu'il est possible un sens ou du moins une idée complète qui n'en suppose point nécessairement d'autre, Élém. de philos. Oeuv. t. II, p. 276, dans POUGENS dans NOMINATIF, IVE
Non, en métaphysique, ne me paraît guère plus sage que oui ; non liquet [la chose n'est pas claire] est la réponse raisonnable à presque tout, Lett. à Voltaire, 4 août 1770 dans NON
Il est certain que, dans une de ses notes sur Longin, Despréaux semble préférer assez ouvertement Racine à Corneille, Éloges, Segrais. dans NOTE
Les notions les plus abstraites, celles que le commun des hommes regarde comme les plus inaccessibles, sont souvent celles qui portent avec elles une plus grande lumière, Disc. encycl. Oeuv. t. I, p. 208, dans POUGENS dans NOTION
J'ai dit la vérité, et une vérité notoire et publique, Lett. à Voltaire, 20 janv. 1758 dans NOTOIRE
Malherbe nourri de la lecture des excellents poëtes de l'antiquité, et prenant comme eux la nature pour modèle, Disc. prélim. Encycl. Oeuv. t. I, p. 256, dans POUGENS dans NOURRI, IE
Ah ! ma pauvre nourrice, vous qui avez eu tant de soin de mon enfance, qui m'avez mieux aimé que vos propres enfants, vous avec qui j'ai passé vingt-cinq années les plus douces de ma vie, Aux mânes de Mlle de l'Espinasse dans NOURRICE
Cet être appelé nous est formé de deux principes de différente nature, tellement unis, qu'il règne entre les mouvements et les affections de l'un et de l'autre une correspondance que nous ne saurions ni surprendre ni altérer, et qui les tient dans un assujétissement réciproque, Disc. prélim. Encycl. Oeuv. t. I, p. 192, dans POUGENS. dans NOUS
La traduction qu'il [l'abbé Delille] a entreprise de l'Énéide, prépare un nouveau tourment à l'envie, et de nouvelles sottises aux mauvais critiques, Éloges, Segrais. dans NOUVEAU ou, devant une voyelle ou une h muette, NOUVEL, NOUVELLE
Les fausses idées qu'on donne de l'éloquence dans nos colléges en apprenant à nos jeunes gens à noyer une pensée commune dans un déluge de périodes insipides, Réfl. sur l'éloc. orat. Oeuvr. t. I, p. 169, dans POUGENS. dans NOYER
L'intérêt de l'humanité demanderait que la puissance spirituelle fût mise nue comme la main, Lett. à Voltaire, 6 avril 1773 dans NU, NUE
On nuit plus aux progrès de l'esprit en plaçant mal les récompenses qu'en les supprimant, Disc. prélim. Encycl. Oeuvr. t. I, p. 295, dans POUGENS. dans NUIRE
Il n'est point de sujet où l'intention de nuire trouve plus de prétextes à s'exercer qu'en matière de religion, Abus de la crit. Oeuvr. t. VI, p. 253 dans NUIRE
Son état est toujours bien fâcheux ; depuis quelques jours cependant il a de meilleures nuits, Lett. à Voltaire, 22 octob. 1768 dans NUIT
Je crois qu'on doit écrire au pluriel numéros et non pas numéro ; ce dernier mot, quoique tout latin, étant devenu français par l'usage, Éloges, la Motte, note 4 dans NUMÉRO
La nutation de l'axe terrestre, confirmée par les observations et par la théorie, fournit, ce me semble, la démonstration la plus complète de la gravitation de la terre vers la lune, et par conséquent de la tendance des planètes principales vers leurs satellites, Introd. précess. équin. dans NUTATION
Ses dialogues [de Fénelon] sur l'éloquence, et sa lettre à l'Académie française sur le même objet, renferment les principes les plus sains sur l'art d'émouvoir et de persuader, Éloges, Fénelon. dans OBJET
La durée d'un ouvrage, quelque mérite qu'il ait d'ailleurs, est presque nécessairement liée à celle de son objet, Destruct. des jésuit. Oeuv. t. V, p. 57, dans POUGENS. dans OBJET
On sait qu'un rayon qui passe obliquement d'un milieu dans un autre, ne continue pas son chemin dans la même ligne droite, suivant laquelle il entre, Éloges, Bernoulli. dans OBLIQUEMENT
Dans cette grammaire, dont l'objet ne paraissait pas devoir effrayer les âmes pieuses, les phrases citées par l'auteur pour exemples de ses préceptes étaient une suite d'assertions obscurément impies contre l'existence de Dieu, la spiritualité de l'âme, et les autres vérités que la religion nous oblige de croire, Éloges, Girard. dans OBSCURÉMENT
Le bonheur, cet objet de nos désirs, mais qui fuit et repousse la grandeur et les richesses, serait-il donc obscurément attaché à la médiocrité en tout genre ?, Éloges, Segrais. dans OBSCURÉMENT
Tout a des révolutions réglées, et l'obscurité se terminera par un nouveau siècle de lumières, Disc. prélim. encycl. Oeuv. t. I, p. 294, dans POUGENS. dans OBSCURITÉ
L'observation ayant montré bientôt après que les planètes étaient tantôt plus, tantôt moins éloignées du soleil, Disc. prélim. Syst. monde, Oeuv. t. XIV, p. 151, dans POUGENS. dans OBSERVATION
D'Alembert a toujours été plus jaloux de se montrer reconnaissant des bienfaits obtenus, qu'empressé d'en obtenir, Mém. Oeuv. t. I, p. XXXIX, dans POUGENS dans OBTENU, UE
L'ode dont l'orgueil rejette encore plus ce qui est commun dans les expressions que dans les idées, Éloges, Lamotte dans ODE
La faveur que l'ode semble avoir perdue, l'épître paraît l'avoir gagnée, Mél. t. V, Réflexions sur l'ode dans ODE
Il est vrai qu'on dit cela les yeux gros, et cela doit ennuyer les vôtres, Lett. à Voltaire, 16 oct. 1760 dans OEIL
Je vois d'un oeil assez froid et philosophique le dépérissement de mes facultés corporelles et intellectuelles, Lett. au roi de Prusse, 29 juin 1781 dans OEIL
Les parlements, qui depuis longtemps voyaient de mauvais oeil ces usurpateurs, et qui ne cherchaient qu'une occasion favorable pour s'en défaire, les bannirent du royaume, Destr. des jésuit. Oeuvr. V, p. 25, dans POUGENS dans OEIL
Au sortir de chez Mademoiselle, Segrais fut accueilli par une femme plus faite pour l'apprécier, par Mme de la Fayette, qui écrivit sous ses yeux les deux romans célèbres de la princesse de Clèves et de Zaïde, Éloges, Segrais. dans OEIL
Il a fallu plusieurs fois [pour faire l'Encyclopédie] se procurer les machines, les construire, mettre la main à l'oeuvre, se rendre, pour ainsi dire, apprenti, et faire soi-même de mauvais ouvrages pour apprendre aux autres comment on en fait de bons, Disc. prélim. t. I, p. 318, dans POUGENS dans OEUVRE
L'évêque de Rennes joignait à ses bonnes oeuvres le mérite de les cacher sincèrement et de bonne foi, Éloges, Vaureal. dans OEUVRE
L'offensé voulait prouver à l'agresseur, par cette vengeance si noble, qu'au talent de faire des satires Il joignait le mérite d'en dédaigner l'usage, Éloges, d'Olivet. dans OFFENSÉ, ÉE
Quand ils en seront là, ils ne chercheront pas le système du monde dans des passages de l'Écriture mal entendus ; et, pour savoir à quoi s'en tenir sur ce sujet, ils préféreront l'observatoire au saint office, Ab. de la crit. Oeuv. t. IV, p. 258, dans POUGENS dans OFFICE
La vanité offusquait ses lumières, qui, d'ailleurs peu étendues et peu actives, même pour ses propres intérêts, n'avaient jamais un pressant besoin de s'exercer, Éloges, l'abbé de Choisi. dans OFFUSQUER
Cette légère mortification a fait dire à une dévote janséniste, que leur sort était bien digne d'envie, et qu'ils avaient obtenu la petite-oie du martyre, Destruct. des jésuit. Oeuv. t. V, p. 202, dans POUGENS. dans OIE
Il pourrait même, sans un grand raffinement d'amour-propre, être humilié de cette bienveillance dédaigneuse, et se plaindre de ne faire à personne assez d'ombrage pour mériter au moins un ennemi, Élog. St-Aulaire. dans OMBRAGE
La satire est pour leur personne et la gloire pour leur ombre, Liberté de la musique, Oeuvres, t. III, p. 389, dans POUGENS. dans OMBRE
On riait un moment des épigrammes, et on retournait pleurer au Préjugé à la mode et à Mélanide, Éloges, la Chaussée. dans ON
C'est bien assez de me couper les ongles moi-même de bien près, sans qu'un censeur vienne encore me les couper jusqu'au sang, Lett. à Voltaire, 17 janv. 1765 dans ONGLE
Songez donc que Bertrand a les ongles coupés, ib. 26 févr. 1774 dans ONGLE
L'examen de ces propriétés forme cette branche de la philosophie dont toutes les autres empruntent en partie leurs principes : on la nomme l'ontologie ou science de l'être, ou métaphysique générale, Disc. prélim. Encycl. Oeuv. t. I, p. 239, dans POUGENS. dans ONTOLOGIE
J'écris opéras au pluriel, malgré la décision contraire, parce qu'il me semble que la dernière syllabe de ce mot est longue au pluriel, Lib. de la mus. Oeuvr. t. III, p. 358, note 1, dans POUGENS. dans OPÉRA
La mémoire, la raison proprement dite, et l'imagination sont les trois manières différentes dont notre âme opère sur les objets de ses pensées, Disc. prélim. encycl. Oeuv. t. I, p. 235, dans POUGENS. dans OPÉRER
Les amis mêmes de l'abbé Régnier lui avaient donné le nom de l'abbé Pertinax, parce qu'il avait, dit-on, l'habitude de disputer opiniâtrément dans les assemblées, Éloges, Régn. Desmarais. dans OPINIÂTRÉMENT
Tôt ou tard les hommes qui pensent et qui écrivent gouvernent l'opinion ; et l'opinion, comme vous savez, gouverne le monde, Dial. Christ. et Descart. dans OPINION
Il est arrivé souvent à plus d'un grand homme d'exprimer naïvement la bonne opinion qu'il avait de lui-même, Éloges, Bossuet, note 14 dans OPINION
Toutes les sciences, renfermées dans les faits autant qu'il leur est possible et dans les conséquences qu'on en peut déduire, n'accordent rien à l'opinion que quand elles y sont forcées, Disc. prélim. Encycl. Oeuv. t. I, p. 289, dans POUGENS. dans OPINION
Le duc d'Orléans, régent, en tout l'opposé de Louis XIV..., Destr. des Jésuites, Oeuv. t. V, p. 69, dans POUGENS. dans OPPOSÉ, ÉE
Et n'opposa plus à ses ennemis que le travail, le succès et le silence, Éloges, Crébillon. dans OPPOSER
Le prélat français sut opposer la prudence à la finesse, la modération aux vains éclats du zèle, l'activité à la lenteur, et la vigueur à l'opiniâtreté, Éloges, Card. d'Estr. dans OPPOSER
La seule chose que j'oserais blâmer dans le rôle du Misanthrope, c'est qu'Alceste n'a pas toujours tort d'être en colère contre l'ami raisonnable et philosophe que Molière a voulu lui opposer comme un modèle de la conduite qu'on doit tenir avec les hommes, Lett. à J. J. Rouss. dans OPPOSER
Ces sermons, tels que l'auteur les traçait sur le papier, n'étaient pour l'ordinaire que des matériaux dispersés, auxquels son âme entraînée, et, pour ainsi dire, oppressée par son sujet, se chargeait de donner la vie et l'ensemble, Éloges, Bossuet dans OPPRESSÉ, ÉE
Je fais du genre humain deux parts, l'opprimante et l'opprimée ; je hais l'une et je méprise l'autre, Lett. à Voltaire, 18 nov. 1771 dans OPPRIMANT, ANTE
Cette précieuse partie de l'État, que tant de ministres ont comptée pour si peu de chose, et qu'ils ont opprimée comme on égorge ces animaux faibles et paisibles, qui n'ont ni la force de se défendre, ni même celle de se plaindre, Éloges, Fouquet. dans OPPRIMER
Il est plus aisé d'opprimer que de contenir, et d'exercer un acte de violence qu'un acte de justice, Lett. au roi de Pr. 14 déc. 1767 dans OPPRIMER
Tous les gens de lettres, à l'exception de ceux qui sont l'opprobre de la littérature, ne sont pas moins indignés que vous du traitement que j'éprouve, Lett. à Volt. 30 juin 1765 dans OPPROBRE
Montesquieu partit de Vienne pour voir la Hongrie, contrée opulente et fertile, habitée par une nation fière et généreuse, le fléau de ses tyrans et l'appui de ses souverains, Éloges, Montesq. dans OPULENT, ENTE
Fontenelle avait donné en 1586, d'après le médecin Vandale, l'histoire des oracles, un de ses meilleurs ouvrages, et peut-être celui de tous auquel le suffrage unanime de la postérité est le plus assuré, Éloges, Dumarsais. dans ORACLE
Après avoir fait l'occupation orageuse et pénible des plus précieuses années de notre vie, elle [l'Encyclopédie] fera peut-être la consolation des dernières, Préf. Encycl. Oeuv. t. I, p. 401, dans POUGENS dans ORAGEUX, EUSE
Il [Bossuet] se livra bientôt à un autre genre, où il n'eut ni supérieur ni égal, celui des oraisons funèbres ; toutes celles qu'il a prononcées portent l'empreinte de l'âme forte et élevée qui les a produites, Éloges, Bossuet dans ORAISON
Rien n'est plus utile à un orateur pour se former l'oreille que de faire des vers bons ou mauvais, comme il est utile aux jeunes gens de prendre quelques leçons de danse pour acquérir une démarche noble et distinguée, Éloges, Fléchier. dans ORATEUR
Newton suppose que l'orbite de la lune est à peu près une ellipse, dont il néglige même l'excentricité, Disc. prélim. Syst. monde, Oeuvr. t. XIV, p. 87, dans POUGENS. dans ORBITE
Elle [Christine] offensa les deux ordres extrêmes du royaume : le clergé, dont elle bravait l'autorité, et l'ordre des paysans dont elle choquait les préventions, Mém. Christ. Oeuv. t. IV, p. 55, dans POUGENS dans ORDRE
La prodigieuse multiplication des ordres monastiques, qui, après avoir été dans les beaux jours de l'Église l'asile de l'humilité et de la pénitence, sont devenus si souvent depuis le repaire de l'ignorance et de la fainéantise, Éloges, Fleury. dans ORDRE
Ces gens-là [les libraires de Genève] en font des papillotes [d'ouvrages de mathématiques], et en sont quittes après pour dire qu'ils les ont perdus.... je vous prie de les engager.... à voir si les débris de mes calculs ne pourraient pas se retrouver dans les ordures, Lett. à Volt. 22 sept. 1767 dans ORDURE
Je vous préviens qu'il sera nécessaire de retrancher les ordures de Shakespeare, si vous voulez que l'Académie fasse imprimer l'ouvrage par son libraire, Lett. à Voltaire, 27 août 1776 dans ORDURE
Avec un peu d'oreille de la part de l'écrivain, les hiatus ne seront ni fréquents ni choquants dans sa prose, Mél. litt. Oeuv. t. III, p. 234, dans POUGENS dans OREILLE
Les vers sont une espèce de chant, sur lequel l'oreille est si inexorable, que la raison même est quelquefois contrainte de lui faire de légers sacrifices, Sur le goût, Oeuv. t. III, p. 417 dans OREILLE
On m'a parlé aussi d'un dictionnaire [le Dictionnaire philosophique] où beaucoup d'honnêtes fripons ont rudement sur les oreilles, Lett. à Voltaire, 9 juillet 1764 dans OREILLE
Dufresny, original et neuf sans cesser d'être vrai et naturel, Élog. Destouches. dans ORIGINAL, ALE
L'originalité de Dufrény est plus dans les choses, et celle de Marivaux dans le langage, Éloge de Marivaux. dans ORIGINALITÉ
Cet illustre savant a eu le mérite rare d'orner le savoir par le goût, et de joindre à la littérature profonde la littérature agréable, Éloges, Bouhier. dans ORNER
La compagnie avait formé, il y a quarante ans, le projet d'un dictionnaire orthographique pour fixer l'orthographe française ; ce projet fut bientôt abandonné, Éloges, L. Cousin. dans ORTHOGRAPHIQUE
La cosmétique donnera l'orthopédie, ou l'art de procurer aux membres une belle conformation, Explic. syst. conn. hum. Oeuvr. t. I, p. 342, dans POUGENS. dans ORTHOPÉDIE
Je détermine les oscillations que doit faire le fluide pour passer, de la figure sphérique qu'il avait d'abord, à la nouvelle figure sphéroïdale ; oscillations que personne n'avait encore enseigné à calculer, Caus. génér. des vents, Oeuv. t. XIV, p. 34, dans POUGENS. dans OSCILLATION
Rameau est d'autant plus digne d'estime, qu'il a osé tout ce qu'il a pu, et non tout ce qu'il aurait voulu oser, Lib. de la mus. Oeuv. t. III, p. 342, dans POUGENS dans OSER
Faites-moi, je vous prie, un mot de réponse ostensible, soit pour accepter ce que je vous propose, soit pour le refuser honnêtement, Lett. à Voltaire, 5 avr. 1768 dans OSTENSIBLE
Attaché avec superstition aux anciennes maximes, il s'élevait par une espèce d'ostracisme contre toute innovation littéraire, soit dans les principes, soit dans les ouvrages, Éloges, d'Olivet. dans OSTRACISME
Il avait mis Arnauld et Pascal, qui méritaient bien d'y avoir une place distinguée ; mais les jésuites leurs ennemis, dont il serait inutile aujourd'hui de dissimuler les intrigues, puisque notre siècle en a fait justice, firent donner ordre à Perrault d'ôter ces deux noms à son livre, Élog. Ch. Perrault. dans ÔTER
Dans le temps où il est tombé malade, je sais qu'il travaillait sur les prophéties de Daniel, mais j'ignore où il en était, Lett. au roi de Pr. 16 août 1778 dans OU
L'oubli profond où sont tombés ces traits méprisables, lancés contre un grand homme...., Éloges, Boss. dans OU
Par où cette philosophie avait-elle pu déplaire au courtisan misanthrope ? c'est ce qu'il est difficile de deviner, et très peu important de savoir, Éloges, Huet. dans OU
N'oubliez pas d'insister plus que vous ne faites dans votre épître, sur la protection qu'on accordait aux persécuteurs de Corneille, et sur l'oubli profond où sont tombées toutes les infamies qu'on imprimait contre lui, Lett. à Voltaire, 8 sept. 1761 dans OUBLI
Fontenelle, qui, par modération ou par prudence, ne se vengeait jamais et se plaignait rarement, oubliait encore moins, Éloges, Despréaux. dans OUBLIER
Les auteurs outragés par une satire ingénieuse n'en sentent que trop toute la malice ; mais plus ils la sentent, moins ils se pressent de la faire sentir aux autres, Éloges, Trublet. dans OUTRAGÉ, ÉE
Jean Jacques est un malade de beaucoup d'esprit et qui n'a d'esprit que quand il a la fièvre ; il ne faut ni le guérir, ni l'outrager, Lett. à Voltaire, 9 avril 1761 dans OUTRAGER
Fontenelle, neveu très zélé du grand Corneille, et que d'ailleurs Racine avait outragé, nous a laissé un parallèle entre ces deux grands hommes, où il met son oncle fort au-dessus de son ennemi, Éloges, Despréaux, note 12 dans OUTRAGER
Le parlement se bat à outrance avec les jésuites, Lett. à Voltaire, 8 sept. 1761 dans OUTRANCE
Au reste, les endroits outrecuidants ne se trouvent pas dans l'imprimé, et j'en suis fort aise, Lett. à Volt. 3 août 1760 dans OUTRECUIDANT, ANTE
Cette âme qui ne se croyait plus ouverte qu'à la douleur, trouve encore de la sensibilité en elle pour la reconnaissance qu'elle vous doit à tant de titres, Lett. au roi de Prusse, 14 nov. 1776 dans OUVERT, ERTE
L'ouverture du parlement est un moment intéressant, Lett. au roi de Prusse, 27 nov. 1777 dans OUVERTURE
Qu'est-ce qu'une ouverture ? c'est la pièce de musique qui commence un opéra et qui doit préparer l'auditeur à ce qu'il va entendre, Lib. de la mus. Oeuv. t. III, p. 406, dans POUGENS dans OUVERTURE
Les ouvreurs de lettres avaient en effet abusé de cette licence, Lett. au roi de Pr. 30 janv. 1778 dans OUVREUR, EUSE
Votre Majesté sait que toutes les lettres, et à plus forte raison les siennes, sont ouvertes peut-être en dix endroits depuis Berlin jusqu'à Paris, Lett. au roi de Pr. 30 janv. 1778 dans OUVRIR
L'Europe espère, Sire, que votre Majesté ne se contentera pas de l'éclairer, qu'elle va encore la pacifier, Lett. au roi de Pr. 1er juin 1772 dans PACIFIER
Je sais bien mauvais gré à l'auteur du Système de la nature du prétendu pacte qu'il imagine que les rois ont fait avec les prêtres pour opprimer les peuples, Lett. au roi de Pr. 10 juil. 1775 dans PACTE
J'oubliais de vous dire que Mlle Clairon a déjà rendu le pain bénit, voilà ce que c'est que de quitter le théâtre, Lett. à Voltaire, 13 juin 1766 dans PAIN
Il est agréable d'être jugé par ses pairs, Lett. au roi de Pr. 22 août 1772 dans PAIR, AIRE
Les remèdes que j'ai faits n'ont servi qu'à empirer mon état, et je ne me trouve mieux que depuis que j'ai envoyé paître les remèdes et le médecin, Lettre à Voltaire, 29 août 1764 dans PAÎTRE
Son esprit ressemblait à ces palais sains et vigoureux qui expriment avec force et goûtent avec plaisir le suc des viandes pleines de substance, mais qui ne savent ni distinguer ni apprécier des aliments plus délicats, Éloges, d'Olivet. dans PALAIS
Les gens de goût jugeront peut-être que nous aurions pu nous dispenser de faire sentir à nos lecteurs la différence si évidente et si palpable de Fléchier et de Racine, Éloges, Fléch. dans PALPABLE
Laissons les pandoures détruire les troupes régulières ; quand la raison n'aura plus que les pandoures à combattre, elle en aura bon marché, Lett. à Volt. 31 mars 1762 dans PANDOUR ou PANDOURE
Il est assez difficile de deviner ou de prévoir, dans le panégyriste de Nicolas Cornet, celui de Henriette et de Condé, Éloges, Bossuet. dans PANÉGYRISTE
Le dernier jésuite qui sortira du royaume emmènera avec lui le dernier janséniste dans le panier du coche, Lett. à Voltaire, 2 mars 1764 dans PANIER
Un philosophe qui écrirait l'histoire des papes, les présenterait sous un jour, sinon plus favorable, au moins plus intéressant et plus vrai : il les peindrait luttant contre la force et la puissance, avec les seules armes que la religion leur fournissait, Éloges, Fléchier. dans PAPE
Il [Bossuet] jeta sur le papier des observations sur les règles les plus fines de la grammaire, et sur la langue latine, Éloges, Bossuet. dans PAPIER
J'ai bien peur, et j'ai plus d'une raison pour le craindre, qu'il ne pousse ses haines encore plus loin, et que la philosophie ne soit guère mieux sur ses papiers, Lett. à Voltaire, 24 janv. 1778 dans PAPIER
Des contradictions que ma pauvre machine éprouve, et qui commencent même à me faire croire qu'il faudra peut-être bientôt songer à faire mon paquet, Lett. au roi de Pr. 1er mars 1762 dans PAQUET
Je n'ai point repassé par chez vous, parce que je comptais vous voir en allant en Italie, Lett. à Volt. 7 août 1763 dans PAR
Il ne dédaignait pas même de se prêter à ce genre de farce appelé parade, genre que le bon goût a enfin remis à sa place et relégué sur les balcons de la foire, Éloges, Moncrif. dans PARADE
Croira-t-on que l'ouvrage célèbre de Bossuet pour la défense des quatre propositions n'a paru qu'en 1730, vingt-six ans après sa mort ?, Éloges, Bossuet dans PARAÎTRE
Les parallèles de Perrault sont un livre, quoi qu'on en dise, très estimable à plusieurs égards, Éloges, Lamotte. dans PARALLÈLE
C'est à Votre Majesté qu'il appartient de donner à ses pareils de si utiles leçons, Lett. au roi de Pr. 15 déc. 1774 dans PAREIL, EILLE
M. le chevalier de Rochefort, que je viens de voir, et qui, par parenthèse, vous aime à la folie, est inquiet de deux paquets qu'il vous a envoyés contresignés, Lett. à Volt. 4 mai 1767 dans PARENTHÈSE
Parier l'infini qu'une chose n'est pas, c'est assurer qu'elle est impossible, Quest. calc. Probab. Oeuv. t. IV, p. 310, dans POUGENS. dans PARIER
Savez-vous, pour comble de sottises, que cet article Genève a pensé être dénoncé au parlement, à ce parlement plus intolérant et plus ridicule encore que le clergé qu'il persécute ?, Lett. à Voltaire, 11 janv. 1758 dans PARLEMENT
Aussi me revient-il que quelques-uns de nos cannibales parlementaires trouvent bien rigoureuse (car ils n'osent pas se servir d'un autre mot) la punition que Votre Majesté a faite de ces magistrats prévaricateurs, Lett. au roi de Pr. 29 févr. 1780 dans PARLEMENTAIRE
Le plus grand effort d'esprit est peut-être celui que nous faisons en apprenant à parler, Élém. de philos. ch. 13 dans PARLER
Parler beaucoup et bien, disait-il, est d'un bel esprit ; peu et bien, d'un sage ; beaucoup et mal, d'un fat ; peu et mal, d'un sot, Éloges, Terrasson. dans PARLER
Charles IX, auteur de quelques vers, dont on n'aurait peut-être jamais parlé s'ils n'eussent été d'un souverain, Ess. sur la soc. des g. de lett. Oeuv. t. III, p. 27, dans POUGENS dans PARLER
La mort de l'un et de l'autre a fait taire l'amitié et la haine, et ne laisse plus parler que la justice, Élog. Crébillon. dans PARLER
Puisque les choses sont ainsi, je prétends moi aussi avoir mon franc parler, et, à l'exception des choses et des personnes auxquelles je dois respect, je dirai mon avis sur le reste, Lett. à Voltaire, 27 fév. 1765 dans PARLER
L'affectation de style, dans le langage et dans la conversation, est un vice assez ordinaire aux gens qu'on appelle beaux parleurs, Mél. litt. Oeuv. t. III, p. 152, dans POUGENS dans PARLEUR, EUSE
Vos pièces seules ont du mouvement et de l'intérêt ; et, ce qui vaut bien cela, de la philosophie, non pas de la philosophie froide et parlière, mais de la philosophie en action, Lett. à Voltaire, 31 oct. 1761 dans PARLIER, IÈRE
Il [Marivaux] regardait avec raison les parodies comme propres à décourager les talents naissants, à contrister les talents reconnus, et à jeter sur le genre noble une espèce d'avilissement, toujours dangereux chez une nation frivole, qui pardonne, oublie et sacrifie tout, pourvu qu'on l'amuse, Éloges, Marivaux. dans PARODIE
Les gens de lettres, qui avaient reçu avec une sorte d'indignation la parodie d'Homère, ne virent celle de Fénelon qu'avec un dédain bien plus mortifiant pour le parodiste, Éloges, Marivaux dans PARODISTE
Dufrény, l'abbé Pellegrin, l'abbé d'Alainval, Delille, auteur de Timon le misanthrope, et cent autres, sont morts dans la misère et ont été inhumés aux dépens de leurs amis ou de la charité de leur paroisse, Éloges, Charpentier, note 5 dans PAROISSE
L'art de la parole qui est si près de l'art du mensonge, Éloges, Campistron, note 4 dans PAROLE
Il ne me reste plus qu'à être, pour ainsi dire, spectateur de mon existence sans y prendre part, Apolog. de l'étude. dans PART
Dans la distribution du bonheur, les sots n'ont pas été les plus mal partagés, Ess. sur la soc. des g. de lett. Oeuv. t. III, p. 31. dans POUGENS. dans PARTAGÉ, ÉE
Ces extraits ont été imprimés dans un journal sans ma participation, Lett. au roi de Prusse, 28 nov. 1777 dans PARTICIPATION
Il comparait les injures dont elle [Mme Dacier] l'accablait, à ces charmantes particules grecques qui ne signifient rien, mais qui ne laissent pas, à ce qu'on dit, de soutenir et d'orner les vers d'Homère, Éloges, Lamotte. dans PARTICULE
L'auteur paraît avoir connu particulièrement Marivaux, et doit avoir su de lui plus exactement les détails de sa jeunesse, Éloges, Mariv. note. 1 dans PARTICULIÈREMENT
La partie du public qui enseigne, dicta à la partie qui écoute ce qu'elle devait penser et dire, Éloges, Montesquieu. dans PARTIE
Toutes ces infamies nous déshonoreraient aux yeux de l'Europe et de la postérité, si l'Europe et la postérité pouvaient ignorer qu'elles ne sont pas l'ouvrage de la nation, mais de la partie honteuse de la nation, malheureusement accréditée, Lett. au roi de Prusse, 29 juin 1775 dans PARTIE
Ce qu'on pourrait faire peut-être de plus glorieux pour elle [l'Encyclopédie], ce serait la liste de ses partisans et de ses adversaires, Encyclop. 3e vol. Préface dans PARTISAN
Le passage du Rhin en 1672, passage tant célébré, quoiqu'assez peu digne de l'être, Éloges, Régn. Desmarais. dans PASSAGE
Le peu de charmes de son style servit de passe-port à la hardiesse de ses idées, Éloges, l'abbé de Saint-Pierre dans PASSE-PORT
La barbarie dure des siècles, il semble que ce soit notre élément ; la raison et le bon goût ne font que passer, Disc. prélim. Encycl. Oeuvres, t. I, p. 296, dans POUGENS. dans PASSER
Le genre d'écrire de cet auteur célèbre [de Fontenelle] est absolument à lui, et ne peut passer à un autre sans s'altérer ; c'est une liqueur qui ne doit point changer de vase, Mél. litt. Oeuv. t. III, p. 281, dans POUGENS dans PASSER
Vous avez beau faire, mon cher maître, vos vers passeront à la postérité ; mais le nom de votre maréchal [le maréchal de Richelieu] n'y passera pas, Lett. à Voltaire, 27 avr. 1765 dans PASSER
Je m'excède, disait-elle, de livres de dévotion, je m'en bourre, et rien ne passe, Lett. au roi dc Pr. 14 nov. 1776 dans PASSER
Despréaux a su faire passer dans ses vers les beautés propres à chaque genre dont il donne les règles, Éloges, Despréaux. dans PASSER
Il [Massillon] remplit la mesure de son ministère, mais il ne la passa jamais, Éloges, Massillon. dans PASSER
Il souffre, il est malheureux, il faut bien lui passer quelque chose, Lett. à Voltaire, 3 janv. 1765 dans PASSER
Lamotte donna peu de temps après avec Destouches la pastorale d'Issé, qui n'eut pas moins d'applaudissements que l'Europe galante, Éloges, Lamotte. dans PASTORAL, ALE
Tout le monde sait la patavinité qu'Asinius Pollion a reprochée à Tite-Live ; y a-t-il un seul moderne qui puisse nous dire en quoi cette patavinité consiste ?, Latin des mod. Oeuvr. t. III, p. 129, dans POUGENS dans PATAVINITÉ
Ajoutons à la louange de Destouches, que le Glorieux est la première comédie où le pathétique, qui paraît si étranger à ce genre, ait osé s'introduire avec succès, Éloges, Destouches. dans PATHÉTIQUE
Je voudrais que les avocats de la famille infortunée des Calas eussent mis dans leurs mémoires moins de pathos et plus de pathétique, Lett. à Voltaire, 12 fév. 1763 dans PATHOS
Le patriotisme dans les âmes vulgaires, je ne dis pas dans les grandes âmes, n'est guère que le sentiment de son bien-être, et la crainte de le voir troubler, Apolog. de l'étud. Oeuv. t. IV, p. 207, dans POUGENS. dans PATRIOTISME
Bertrand [d'Alembert] serait presque tenté de le gronder [Raton, Voltaire] de ce qu'il fait patte de velours au détestable marmiton Alcibiade [le duc de Richelieu], le vil et l'implacable ennemi des marrons, des Bertrands, des Ratons, et du Raton même qui ne devrait lui présenter la patte que pour l'égratigner, Lett. à Voltaire, 9 fév. 1773 dans PATTE
Jean-Baptiste Massillon naquit à Hyères en Provence, en 1663, il eut pour père un citoyen pauvre de cette petite ville, Éloges, Massillon. dans PAUVRE
Cet écrivain pauvre [Boissy] a fait, sur le théâtre, la petite fortune de quelques pauvres écrivains, Éloges, Boissy dans PAUVRE
Il est mort au mois de janvier dernier dans un village nommé Vitry, tout près de Paris, une femme qui y vivait assez obscurément, et même assez pauvrement, et qu'on assure avoir été la veuve du czarowitz Alexis, que son père le czar Pierre Ier fit mourir, Lett. au roi de Pr. 8 nov. 1771 dans PAUVREMENT
Il est pourtant payé pour en être moins étonné qu'un autre ; car il n'a que trop bien appris combien les hommes sont méchants, injustes et cruels, Lett. à Voltaire, 24 août 1752 dans PAYÉ, ÉE
Le pays de l'érudition et des faits est inépuisable, Disc. prélim. Encycl. Oeuv. t. I, p. 251, dans POUGENS. dans PAYS
Votre Majesté ne saurait mieux faire que de ressembler à Dieu, qui ne veut pas, dit-on, la mort du pécheur, Lett. au roi de Prusse, 14 fév. 1774 dans PÉCHEUR, PÉCHERESSE
S'il y a de la pédanterie à révérer avec superstition l'ancien usage, il y a de la puérilité à le braver avec affectation, Éloges, Régnier Desmarais. dans PÉDANTERIE
S'il vous en faut encore une autre [tête], je vous abandonne celles de Pompignan, Fréron et Trublet, que vous avez déjà si bien peignées [dont vous vous êtes tant moqué], Lett. à Volt. 18 oct. 1760 dans PEIGNER
Il s'en faut bien que je croie la musique capable de tout peindre, je crois seulement qu'elle peut, par ses sons, nous mettre quelquefois dans une situation semblable à celle où nous mettent certains objets de la vue, et par là nous rappeler l'idée de ces objets, Lett. au roi de Prusse, 10 avr. 1767 dans PEINDRE
Un poëte dramatique est obligé sous peine de chute...., Oeuv. t. V, p. 429 dans PEINE
C'est peine perdue que l'éloge ou la satire d'un homme en place, Lett. à Voltaire, 17 nov. 1762 dans PEINE
Il n'y a point de jour où l'on ne fasse cesser quelque vexation ou quelque abus ; mais la pelote était si énorme, qu'à peine paraît-elle encore dégrossie, Lett. au roi de Pr. 15 sept. 1775 dans PELOTE
Me voilà enfin, sire, de retour chez mes dieux pénates, jusqu'à présent plus fatigué que guéri, Lett. au roi de Pr. 30 nov. 1770 dans PÉNATES
Tout le monde sait qu'un pendule, lorsqu'il est arrivé à son point de repos, passe au delà en vertu de la vitesse qu'il a acquise, pour retomber ensuite de nouveau, Cause génér. des vents, Oeuv. t. XIV, p. 21, dans POUGENS. dans PENDULE
Combien une douleur pénétrante étend et agrandit l'âme !, Lett. au roi de Pr. 14 nov. 1776 dans PÉNÉTRANT, ANTE
Ces traits naïfs, mais pénétrants, qui tirent de leur simplicité même le plus touchant intérêt, Éloges, Fléchier. dans PÉNÉTRANT, ANTE
Il [Lamotte] alla se jeter à la Trappe, et se crut pénitent parce qu'il était humilié, Éloges, Lamotte. dans PÉNITENT, ENTE
Le fruit des travaux successifs et accumulés de plusieurs têtes pensantes, Éloges, Dangeau. dans PENSANT, ANTE
Ce sont plutôt des vers pensés que des vers d'images, tels qu'une ode doit en offrir, Éloges, Lamotte. dans PENSÉ, ÉE
C'est le sort des pensées d'un grand homme, d'être fécondes non-seulement entre ses mains, mais dans celles des autres, Disc. prél. Syst. monde, Oeuv. t. XIV, p. 90, dans POUGENS dans PENSÉE
Descartes s'est trompé sur les lois de la percussion, Traité de dynam. Oeuvr. t. XIV, p. 232, dans POUGENS. dans PERCUSSION
S'il est possible d'achever, dans cette terre de perdition, le monument [l'Encyclopédie] que nous avions commencé d'élever à la gloire des lettres, Lettr. à Voltaire, 8 fév. 1757 dans PERDITION
Vous aurez déjà appris que nous avons perdu Gresset, si le mot perdu n'est pas trop fort pour un homme qui ne disait plus que des orémus, Lett. à Voltaire, 23 juin 1777 dans PERDRE
Je plains Votre Majesté si elle commence, comme elle prétend, à perdre la mémoire ; il y a longtemps que j'ai commencé à la perdre aussi, Lett. au roi de Pr. 13 déc. 1782 dans PERDRE
J'entends dire qu'elle [une actrice] n'a que des défauts qui se perdent aisément, mais qu'elle a toutes les qualités qui ne s'acquièrent point, Lett. à Voltaire, 23 juin 1766 dans PERDRE
Cicéron avait fait un ouvrage sur ce sujet [la gloire] ; quoique son livre soit perdu, il existait encore du temps de Pétrarque, qui en possédait un exemplaire...., Éloges, Saci. dans PERDU, UE
Je prie très humblement Votre Majesté de vouloir bien à ses heures perdues, ou plutôt dans ses instants de délassement (car elle n'a point d'heures à perdre)...., Lett. au roi de Prusse, 12 déc. 1766 dans PERDU, UE
Le titre de Père des lettres semble avoir plus contribué à faire oublier les fautes innombrables de François Ier, que le nom bien plus respectable de Père du peuple n'a servi à effacer celles de Louis XII, Ess. sur la société des gens de lett. Oeuv. t. III, p. 26, dans POUGENS. dans PÈRE
Plusieurs observations de la lune périgée et dans les octans, Disc. prélim. Syst. monde, Oeuv. t. XIV, p. 141, dans POUGENS. dans PÉRIGÉE
Quels ouvrages que ceux dont plusieurs de nos écrivains périodiques ne rougissent pas de faire l'éloge !, Mél. litt. Oeuv. t. III, p. 275, dans POUGENS dans PÉRIODIQUE
Quelque périodiste plein d'esprit, car il y en a plus d'un qui entend à demi-mot, Art. du card. Dubois, Oeuv. t. x, p. 120, not. 3, dans POUGENS. dans PÉRIODISTE
On échange les ratifications d'un traité ; on troque des marchandises ; on permute des bénéfices, Synon. Oeuv. t. III, p. 310, dans POUGENS dans PERMUTER
Nous croyons que la démocratie de la république des lettres doit s'étendre à tout, jusqu'à permettre et à souffrir les plus mauvaises critiques quand elles n'ont rien de personnel ; il suffit que cette liberté puisse en produire de bonnes, Préf. 3e vol. Encycl. Oeuv. t. I, p. 388, dans POUGENS. dans PERSONNEL, ELLE
Les anciens ont défini l'éloquence le talent de persuader, et ils ont distingué persuader de convaincre, le premier de ces mots ajoutant à l'autre l'idée d'un sentiment actif excité dans l'âme de l'auditeur et joint à la conviction, Mél. litt. Oeuv. t. III, p. 237, dans POUGENS dans PERSUADER
La partie de cette connaissance qui a pour objet le présent et le passé [l'histoire], quoiqu'elle ne soit fondée que sur le simple témoignage, produit souvent en nous une persuasion aussi forte que celle qui naît des axiomes, Disc. prélim. encycl. Oeuv. t. I, p. 229, dans POUGENS. dans PERSUASION
Cette perversité de principes, déguisée et comme adoucie par le masque des bienséances, Élog. Créb. dans PERVERSITÉ
Pratiquer la religion sans petitesse, ou la prêcher sans fanatisme, Éloges, Massillon. dans PETITESSE
Cette lettre, qui est si peu celle d'un roi, et qui n'en est pour moi que plus précieuse et plus chère..., Lett. au roi de Pr. 15 août 1776 dans PEU
Le peuple est sans doute un animal imbécile qui se laisse conduire dans les ténèbres, quand on ne lui présente pas quelque chose de mieux, Lett. au roi de Pr. 30 nov. 1770 dans PEUPLE
On avait assuré le roi de Danemark que les philosophes étaient mauvaise compagnie, Lett. au roi de Pr. 19 déc. 1768 dans PHILOSOPHE
Je suis quelquefois tenté de dire du titre de philosophe ce que Jacques Rosbif dit de celui de Monsieur, dans la comédie du Français à Londres : Je ne veux point de ce titre-là, il y a trop de faquins qui le portent, ib. 8 juin 1770 dans PHILOSOPHE
Je désirerais de voir cette question proposée à tous les philosophes de l'Europe par le plus philosophe des souverains, Lett. au roi de Pr. 27 nov. 1777 dans PHILOSOPHE
Le grand défaut de ce siècle philosophe est de ne l'être pas encore assez, Lett. à J. J. Rouss. dans PHILOSOPHE
J'espère cependant que cette santé et cette machine me permettront de jouir des bontés de Votre Majesté, et d'aller philosopher avec elle sur les grands maux et les petits biens de la vie, Lett. au roi de Pr. 27 fév. 1777 dans PHILOSOPHER
La philosophie, ou la portion de la connaissance humaine qu'il faut rapporter à la raison, est très étendue ; il n'est presque aucun objet aperçu par les sens dont la réflexion n'ait fait une science, Explic. Conn. hum. Oeuv. t. I, p. 331 dans PHILOSOPHIE
On aura beau faire, cette chienne de philosophie sera, comme le prince d'Orange, souvent battue et jamais défaite, Lett. à Volt. 5 nov. 1776 dans PHILOSOPHIE
Dans ce pays-là, on dit à toutes les sottises qui se font : c'est la philosophie ; comme Crispin dit : c'est votre léthargie, ib. 12 janvier 1763 dans PHILOSOPHIE
Ce génie philosophique, répandu dans tous les livres et dans tous les états, est l'instant de la plus grande lumière d'un peuple, Ess. sur la soc. des g. de lett. Oeuv. t. III, p. 28, dans POUGENS. dans PHILOSOPHIQUE
Une inflammation d'entrailles m'avait mis un pied dans la barque, Lettres, au roi de Pr. 28 oct. 1765 dans PIED
Il me paraît impossible, d'un côté, que cet ouvrage [l'Encyclopédie] se continue sur le même pied qu'auparavant ; de l'autre, qu'il puisse se continuer sur un autre pied, Lett. à Voltaire, 8 févr. 1757 dans PIED
Le premier exploit de ce jésuite féroce et fougueux fut la destruction de Port-Royal, où l'on ne laissa pas pierre sur pierre, Dest. des Jésuit. Oeuvr. t. v, p. 225, dans POUGENS. dans PIERRE
Je ne demande qu'une pierre sur ma tombe avec ces mots : Le grand Frédéric l'honora de ses bienfaits et de ses bontés, Lett. au roi de Prusse, 12 août 1770 dans PIERRE
Je vous réponds que votre commission sera bien faite, et que les pierres mêmes le sauront, Lett. à Voltaire, 12 janv. 1773 dans PIERRE
Celui qui trouva le premier les roues et les pignons, eût inventé les montres dans un autre siècle, Disc. prél. Encycl. Oeuv. t. I, p. 249, dans POUGENS. dans PIGNON
Il faut pincer bien fort, même jusqu'au sang, mais ne jamais écorcher, Lett. à Volt. 4 août 1767 dans PINCER
L'originalité piquante de Dufrény était auprès de son panégyriste une assez bonne recommandation, Éloges, Marivaux. dans PIQUANT, ANTE
L'insolence et la piraterie anglaise révoltent toutes les nations de l'Europe, Lett. au roi de Pr. 8 juin 1780 dans PIRATERIE
Cette aversion sourde pour les lumières, triste preuve de médiocrité ou de quelque chose de pis dans les monarques qui ouvrent leur âme à un sentiment si méprisable, Éloges, Vaux de St-Cyr. dans PIS
Enfin, mon cher maître, voilà la bataille engagée, et le signal donné : il faut que Shakspeare ou Racine demeure sur la place, Lett. à Voltaire, 20 août 1776 dans PLACE
Il avait appris d'un politique philosophe, que les grandes places sont comme les rochers escarpés, qu'il n'y a que les aigles et les reptiles qui y parviennent, Éloges, l'abbé de Choisy. dans PLACE
Il lut le livre, aima l'auteur, et apprit à mieux placer sa confiance, Éloges, Montesquieu. dans PLACER
On ne plaide guère devant le public que les causes perdues, ou du moins équivoques, et on se met peu en peine d'étayer son droit par de froids préceptes, quand on se sent en état de gagner son procès par des exemples, Éloges, Lamotte. dans PLAIDER
La plupart des plaidoyers dont les voûtes du palais retentissent, très intéressants pour les parties, médiocrement pour les juges et très peu pour tout ce qui n'est ni l'un ni l'autre, ne franchissent guère le cercle étroit où on les débite, Éloges, Lamotte, note 1 dans PLAIDOYER
Je ne connais personne, je le répète, qui plaise aussi généralement que vous, et peu de personnes qui y soient plus sensibles, Portr. de Mlle de l'Espinasse. dans PLAIRE
Plût à Dieu que l'histoire parlât davantage des hommes de génie, et moins de la méchanceté ou de l'imbécillité puissante, si ce n'est pour faire abhorrer l'une et mépriser l'autre !, Éloges, Trublet. dans PLAIRE
Les talents de l'abbé Fleury ne se bornaient pas à la littérature, ils s'étendaient jusqu'aux beaux-arts ; les planches qui sont dans le catéchisme historique ont été gravées sur ses dessins, Éloges, Fleury. dans PLANCHE
Un roi philosophe, qui plane d'en haut sur toutes les sottises de notre espèce, Lett. au roi de Prusse, 13 déc. 1782 dans PLANER
La gravitation des planètes secondaires ou satellites vers leurs planètes principales est un second fait évident et démontré par les mêmes raisons et par les mêmes faits, Disc. prélim. Syst. monde, Oeuv. t. XIV, p. 129, dans POUGENS. dans PLANÈTE
Cet amour métaphysique et platonique, si commode pour réchauffer un poëte qui ne s'en permet point d'autre, Éloges, Destouches. dans PLATONIQUE
Le style est non-seulement pur et correct, mais plein de douceur et d'élégance, Éloges, Fléchier. vie. dans PLEIN, EINE
Il nous pleut ici d'Hollande des ouvrages sans nombre contre le fanatisme, Lett. à Volt. 22 sept. 1767 dans PLEUVOIR
J'ai mis plusieurs fois, sire, la main à la plume, ou, comme disent les pédants, la plume à la main, pour répondre tant bien que mal à cette malheureuse lettre, Lett. au roi de Pr. 14 déc. 1767 dans PLUME
Avec quel plaisir ne lit-on pas dans la vie de Racine que, de la même plume dont il écrivait Athalie, ce père sensible traçait à son fils aîné des leçons dictées par la vertu la plus simple !, Éloges, Despréaux. dans PLUME
Plus je suis pénétré de reconnaissance des bontés de Votre Majesté, moins je dois abuser de ses bienfaits, Lett. au roi de Pr. 30 nov. 1770 dans PLUS
La quantité considérée dans l'air, sa pesanteur, son mouvement, sa condensation, raréfaction, etc. donne la pneumatique, Explic. syst. conn. hum. Oeuv. t. I, p. 340, dans POUGENS. dans PNEUMATIQUE
La connaissance spéculative de l'âme dérive en partie de la théologie naturelle, et en partie de la théologie révélée, et s'appelle pneumatologie ou métaphysique particulière, Disc. prélim. Encycl. Oeuv. t. I, p. 240, dans POUGENS. dans PNEUMATOLOGIE
J'en ris tout autant que vous, quoique je sois dans la poêle, Lett. à Voltaire, 18 oct. 1760 dans POÊLE
Expulser tous les jésuites est peut-être bien sévère ; les conserver tous est peut-être bien dangereux : mais avoir à leur égard deux poids et deux mesures est le plus mauvais de tous les partis, Dest. des jésuit. Oeuv. t. v, p. 235, dans POUGENS dans POIDS
Ce n'est pas sans raison qu'on les a définis [les jésuites] une épée nue dont la poignée est à Rome, Destr. des jésuites, Oeuv. t. v, p. 37, dans POUGENS. dans POIGNÉE
On ajoute encore, et on assure même que le grand prôneur de la pièce, le grand protecteur de l'auteur, est M. l'abbé de Mably, qui mène M. Clément sur le poing de porte en porte, et qui le présente à toutes ses connaissances, Lett. à Voltaire, 6 mars 1772 dans POING
Les philosophes qui ouvrent la main trop brusquement sont des fous ; on leur coupe le poing, et voilà tout ce qu'ils gagnent, Lett. au roi de Pr. 9 mars 1770 dans POING
Les points où l'écliptique et l'équateur se coupent changent continuellement de place, et rétrogradent chaque année d'orient en occident d'environ 50 secondes, Introd. précess. équin. Oeuv. t. XIV, p. 47, dans POUGENS. dans POINT
C'était l'ingénieux Lamotte qui disait qu'un sermon excellent à tous égards serait celui dont le raisonneur Bourdaloue aurait fait le premier point, et le touchant Massillon le second, Éloges, Massillon. dans POINT
Réponse, mon cher maître, sur tous ces points, et la plus prompte qu'il sera possible, Lett. à Voltaire, 4 août 1776 dans POINT
On dit à propos de pape, que le cordelier Ganganelli ne promet pas poires molles à la société de Jésus, Lett. au roi de Prusse, 16 juin 1769 dans POIRE
Le genre appelé poissard, qui immortalisera le nom de Vadé, son créateur, tant que la basse populace en fournira le modèle, et que cette bonne compagnie qui se croit fidèle garde du bon goût, lui fera l'honneur de s'en amuser, Éloges, La Chaussée. dans POISSARD, ARDE
Artistes ou plutôt artisans malheureux, dont le sort est de refroidir tout ce qu'ils touchent, et d'user tout ce qu'ils polissent, Élog. Despréaux dans POLIR
La politique, espèce de morale d'un genre particulier et supérieur, à laquelle les principes de la morale ordinaire ne peuvent quelquefois s'accommoder qu'avec beaucoup de finesse, Disc. prélim. Encycl. Oeuv. t. I, p. 218, dans POUGENS. dans POLITIQUE
L'art de la guerre, qui est l'art de détruire les hommes, comme la politique est celui de les tromper, Mélanges de littérature, t. V, § VI dans POLITIQUE
On dit que les Sirven ont été déclarés innocents au parlement de Toulouse ; on ajoute que la tragédie des Guèbres a été ou doit être représentée sur le théâtre de cette ville ; c'est ici le cas des poltrons révoltés, Lett. à Voltaire, 22 févr. 1770 dans POLTRON, ONNE
Mettant dans sa lecture cette espèce de ponctuation délicate qui fait sentir les différents genres de mérite par des inflexions aussi fines que variées, Éloges, Lamotte. dans PONCTUATION
Ainsi devraient parler tous les écrivains éclairés et courageux, qui osent n'être pas de l'avis de la populace littéraire sur l'adoration superstitieuse des auteurs célèbres de l'antiquité, Éloges, l'ab. de St-Pierre dans POPULACE
La liberté, la sûreté, la modération des impôts, la proscription du luxe, sont les vrais principes et les vrais soutiens de la population, Anal. Exp. des lois, Oeuv. t. VI, p. 317, dans POUGENS. dans POPULATION
Vous ignorez peut-être qu'un polisson, nommé Clément, va de porte en porte, lisant une mauvaise satire contre vous, Lett. à Volt. 6 mars 1772 dans PORTE
Il n'est que fier et indépendant, plus porté d'ailleurs à s'apprécier au-dessous qu'au-dessus de ce qu'il vaut, Portr. de l'auteur. dans PORTÉ, ÉE
Ces malheureux porte-Dieu, c'est ainsi qu'on les appelle, ayant pour perspective l'exil d'un côté et la faim de l'autre, [dans les querelles entre le clergé et les parlements], Destr. des Jésuit. Oeuv. t. v, p. 81, dans POUGENS dans PORTE-DIEU
Je ne saurais m'en charger, parce que, vraisemblablement, je ne serai pas à Paris dans un mois, et, par conséquent, hors de portée d'avoir sa réponse, Lett. à Voltaire, 12 août 1770 dans PORTÉE
La durée moyenne de chaque règne est d'environ 20 à 22 ans, en sorte que 15, 20, 30, 50 rois successifs et davantage ne règnent qu'environ 20 à 22 ans l'un portant l'autre, Quest. calc. probab. Oeuv. t. IV, p. 298, dans POUGENS. dans PORTER
Que le favori d'Auguste [Mécène] serait surpris de voir son nom si souvent profané, et le ton rampant que les gens de lettres prennent avec ceux qui le portent !, Ess. sur la soc. des gens de lett. dans PORTER
Environ deux années auparavant, le cardinal de Polignac avait déjà porté plainte contre l'abbé de Saint-Pierre, à l'occasion du mémoire de ce dernier sur l'établissement de la taille proportionnelle, Éloges, l'ab. de St-P. dans PORTER
Une pensée neuve, forte, juste, lumineuse porte avec elle son expression, Mél litt. Oeuv. t. III, p. 153, dans POUGENS dans PORTER
Je ne vous dis rien de la porteuse de cette lettre : elle porte sa recommandation avec elle, Lett. à Voltaire. 16 juill. 1765 dans PORTEUR, EUSE
Parmi les portraits qui se trouvent à la fin des Mémoires de Mademoiselle, et qui ne sont pas de cette princesse, on trouve le portrait de M. Huet, adressé à lui-même, Éloges, Huet. dans PORTRAIT
Après avoir balancé le pour et le contre, Réfl. sur l'inocul. dans POUR
On dit que ses lettres lui ont valu quelques pourboires du cardinal de la Roche-Aymon, un des plus dignes prélats qui soient dans l'Église de Dieu, et à qui il ne manque rien que de savoir lire et écrire, Lett. à Voltaire, 5 nov. 1776 dans POURBOIRE
Au surplus pourvu qu'il soit pendu n'importe le pourquoi, Lett. à Voltaire, 12 janv. 1763 dans POURQUOI
Nous ne savons, si je puis m'exprimer de la sorte, ni le pourquoi, ni le comment de rien, Mélanges, etc. t. V, § 3 dans POURQUOI
À un caractère naturellement doux, à une âme aussi droite que sensible, il joignait une franchise peu commune et une philosophie pratique, d'autant plus vraie qu'elle était sans éclat et sans ostentation, Éloges, Mirab. dans PRATIQUE
Ce qui le caractérise, c'est d'avoir été à la tête des philosophes pratiques de son siècle ; l'éloge est d'autant plus grand qu'il est plus rare aujourd'hui de le mériter, Éloges, Terrasson. dans PRATIQUE
L'ouvrage où Votre Majesté loue avec tant d'esprit et de gaieté cette paresse qu'elle pratique si peu, Lett. au roi de Pr. 16 sept. 1768 dans PRATIQUER
Puissiez-vous donner encore longtemps l'exemple et le précepte !, Lett. au roi de Prusse, 27 nov. 1777 dans PRÉCEPTE
Bossuet fut nommé précepteur du Dauphin, Éloges, Bossuet. dans PRÉCEPTEUR
Il [Newton] trouve par une méthode dont on ne saurait trop admirer la finesse, que la précession annuelle des équinoxes doit être de 50 secondes, telle qu'elle est en effet, Introd. précess. équin. Oeuv. t. XIV, p. 47, dans POUGENS. dans PRÉCESSION
Je ne prêcherai point ici aux gens de lettres tous ces lieux communs sur le mépris de la gloire, si souvent et si peu sincèrement recommandé par les philosophes, Ess. sur la soc. des gens de lett. Oeuv. t. III, p. 48, dans POUGENS. dans PRÊCHER
L'abbé de Saint-Pierre était si attaché à l'Académie, si persuadé qu'elle l'avait jugé avec une précipitation dont elle se repentait, que, dix-huit mois après sa destitution, il crut pouvoir lui écrire de nouveau, pour la prier de revenir sur son affaire, Éloges, l'ab. de St-P. note 15 dans PRÉCIPITATION
Heureuse négligence, puisqu'elle anime et précipite cette marche vigoureuse, où il s'abandonne à toute la véhémence et l'énergie de son âme, Éloges, Bossuet. dans PRÉCIPITER
Elle [la géométrie] est, pour ainsi dire, la mesure la plus précise de notre esprit, de son degré d'étendue, de sagacité, de profondeur, de justesse, Éloges, Bernoulli. dans PRÉCIS, ISE
Tous les frères de Despréaux marquaient des talents précoces, et semblaient promettre d'être de grands hommes ; lui seul ne promettait rien, et a tenu ce que promettaient ses frères, Éloges, Despr. dans PRÉCOCE
Qu'un grand nom, pour qui sait penser, est un poids aussi redoutable qu'une célébrité précoce, Ess. sur la Soc. des gens de lett. Oeuvr. t. III, p. 38 dans PRÉCOCE
Je crois que je serai votre précurseur dans l'autre monde, si cela continue, Lett. à Volt. 13 juin 1770 dans PRÉCURSEUR
Il [Fléchier] avait fait plus que de rendre justice à la docilité de Fénelon, il l'avait prédite ; les âmes droites et pures se connaissent et se devinent, Éloges, Fléch. note 10 dans PRÉDIRE
Vous comparez la préface de l'Encyclopédie à tout ce que vous avez fait de grand et de mémorable dans la paix, dans la guerre, dans la politique, dans le gouvernement, dans les lettres, Lett. au roi de Prusse, 15 déc. 1780 dans PRÉFACE
Le repos et l'indépendance dont jouissait notre littérateur philosophe, lui parurent préférables au pénible honneur d'élever un prince, Éloges, Segrais. dans PRÉFÉRABLE
Si l'on était réduit à ne conserver qu'un seul poëte parmi tous ceux que l'antiquité nous a laissés, il faudrait peut-être choisir Horace de préférence à tous les autres, Éloges, Despréaux, note 28 dans PRÉFÉRENCE
Les préjugés, de quelque espèce qu'ils puissent être, ne se détruisent pas en les heurtant de front, Mélanges etc. t. V, Réflexions sur l'ode. dans PRÉJUGÉ
Il [Segrais] avait préludé à l'une et à l'autre de ces versions poétiques par des églogues publiées avant son Énéide, Éloges, Segrais. dans PRÉLUDER
Il [Voltaire] est resté seul avec un jésuite nommé le P. Adam qui n'est pas, à ce qu'il dit, le premier homme du monde, Lett. au roi de Pr. 15 avr. 1768 dans PREMIER, IÈRE
Le premier mérite auprès des hommes n'est pas d'être bon, c'est de leur être utile ou agréable, Éloges, Despréaux. dans PREMIER, IÈRE
L'effet de la morale du théâtre est moins d'opérer un changement subit dans les coeurs corrompus, que de prémunir contre le vice les âmes faibles par l'exercice des sentiments honnêtes, Lett. à J. J. Rouss. dans PRÉMUNIR
La même réponse que faisait Molière à ceux qui lui reprochaient d'avoir pris une scène entière à Cyrano de Bergerac : cette scène m'appartient, puisqu'elle est bonne, et je prends mon bien où je le trouve, Éloges, Despréaux. dans PRENDRE
Bienfaisant et par conséquent juste, Montesquieu ne voulait rien prendre sur sa famille, ni des secours qu'il donnait aux malheureux, ni des dépenses considérables auxquelles ses longs voyages, la faiblesse de sa vue et l'impression de ses ouvrages l'avaient obligé, Éloges, Montesq. dans PRENDRE
Ce piége [une adroite flatterie] ne sera jamais usé ; l'amour propre des rois et des grands s'y prendra toujours, Éloges, Despréaux, note 13 dans PRENDRE
Sa vessie le fait souffrir, et il s'en prend à qui il peut, Lett. à Voltaire, 31 oct. 1761 dans PRENDRE
Bien préparés contre l'admiration, ils allèrent entendre Fléchier, et se virent forcés d'avouer qu'il était vainqueur, Éloges, Fléchier. dans PRÉPARÉ, ÉE
Que le soleil vienne éclairer tout à coup les habitants d'une caverne obscure, qu'il darde impétueusement ses rayons dans leurs yeux non préparés, il ne fera que les aveugler pour jamais, Réflex. sur la poés. Oeuv. t. IV, p. 128, dans POUGENS. dans PRÉPARÉ, ÉE
Jouir du présent, et s'inquiéter peu de l'avenir, telle est la logique commune, logique moitié bonne, moitié mauvaise, dont il ne faut pas espérer que les hommes se corrigent, Réfl. sur l'inocul. Oeuv. t. IV, p. 346, dans POUGENS. dans PRÉSENT, ENTE
Une pensée commune ne doit jamais être présentée que pour ce qu'elle est, c'est-à-dire avec une expression simple, Mél. litt. Oeuv. t. III, p. 153, dans POUGENS dans PRÉSENTÉ, ÉE
Dans l'affaire du quiétisme, il [l'abbé Fleury] adopta la doctrine de Bossuet, sans perdre l'amitié de Fénelon ; ses lumières le préservèrent des pieuses erreurs de l'un, et sa modération, de l'impétuosité de l'autre, Éloges, Fleury. dans PRÉSERVER
Cela est net, pressant et serré, et je bénis l'auteur de l'extrait, quel qu'il puisse être, Lett. à Volt. 31 mars 1762 dans PRESSANT, ANTE
Moncrif a publié quelques lettres sur des sujets intéressants de morale, en particulier sur cette usure si commune dans le bas peuple, et connue sous le nom de prêt à la petite semaine, Éloges, Moncrif. dans PRÊT
Il joint à l'amabilité à laquelle nos Français prétendent à tort ou à droit, une maturité de raison à laquelle malheureusement ils ne prétendent pas, Lett. au roi de Pr. 15 sept. 1775 dans PRÉTENDRE
Il donnait avec bien plus de plaisir qu'il ne prêtait ; car souvent l'expérience lui avait fait connaître qu'il donnait ce qu'il croyait prêter, et qu'il s'en fallait bien qu'en trompant ainsi sa bienfaisance par une extension forcée, on lui en eût plus d'obligation, Éloges, Milord Maréchal. dans PRÊTER
Il avait su faire rire le public aux dépens de ses adversaires ; il leur prêta le flanc en travestissant maladroitement l'objet de leur culte, Éloges, Lamotte. dans PRÊTER
Ces prétoriens ou janissaires du saint-siége [les jésuites] devenus odieux au saint-siége même, Éloges, d'Olivet, note 1 dans PRÉTORIEN, IENNE
Votre Majesté croira-t-elle que l'archevêque de Paris (qui, par parenthèse, se meurt en ce moment d'hydropisie) a demandé et obtenu que, dans les pièces de théâtre nouvelles, le mot de prêtre ne fût pas prononcé ?, Lett. au roi de Pr. 14 déc. 1781 dans PRÊTRE
La morale est comme la médecine, beaucoup plus sûre dans ce qu'elle fait pour prévenir les maux, que dans ce qu'elle tente pour les guérir, Lett. à J. J. Rouss. dans PRÉVENIR
L'abbé Testu, dans les sociétés où il vivait, cherchait à jouer un rôle distingué, et à se rendre l'objet principal ; ce défaut a été celui de plus d'un homme d'esprit, qui par cette raison aimait mieux vivre avec des sots qu'avec ses pareils, Éloges, Testu. dans PRINCIPAL, ALE
Cette gaieté annonce en elle [Votre Majesté] un principe de vie encore très animé, Lett. au roi de Prusse, 26 oct. 1781 dans PRINCIPE
Plus on diminue le nombre des principes d'une science, plus on leur donne d'étendue, puisque, l'objet d'une science étant nécessairement déterminé, les principes appliqués à cet objet seront d'autant plus féconds qu'ils seront en plus petit nombre, Disc. Encycl Oeuv. t. I, p. 202, dans POUGENS dans PRINCIPE
Les vérités que, dans chaque science, on appelle principes et qu'on regarde comme la base des vérités de détail, ne sont peut-être elles-mêmes que des conséquences fort éloignées d'autres principes plus généraux que leur sublimité dérobe à nos regards, Mélanges, etc. t. V, § III dans PRINCIPE
Il [Marmontel] répondra sûrement à Votre Majesté avec plus de satisfaction qu'il ne fera à la Sorbonne sur son Bélisaire ; le pauvre garçon est actuellement aux prises avec elle, Lett. au roi de Pr. 10 avr. 1767 dans PRISE
C'est l'histoire privée de Christine et non l'histoire de son royaume que j'ai pour objet dans cet écrit, Mém. Christ. dans PRIVÉ, ÉE
Le calcul des probabilités est appuyé sur cette supposition, que toutes les combinaisons différentes d'un même effet sont également possibles, Quest. calc. Probab. Oeuv. t. IV, p. 291, dans POUGENS dans PROBABILITÉ
Despréaux fut dans ses premières années le contraire de ces petits prodiges de l'enfance, qui souvent dans l'âge mûr sont à peine des hommes ordinaires, Éloges, Despr. dans PRODIGE
Le génie qui produit restera toujours aussi supérieur au copiste qui ne fait qu'imiter, que la nature est au dessus de l'art., Éloges, d'Olivet dans PRODUIRE
Il [M. de Voltaire] donna à cet abbé Gaultier, qui la lui demanda, une profession de foi écrite tout entière de sa propre main, et par laquelle il déclare qu'il veut mourir dans la religion catholique où il est né, Lett. au roi de Pr. 1er juill. 1778 dans PROFESSION
L'éloquence n'en use pas autrement ; elle ne peint jamais que le profil, Apolog. de l'étude, Oeuv. t. IV, p. 212, dans POUGENS. dans PROFIL
M. de Villoison, que son profond savoir a fait recevoir à l'Académie des belles-lettres de Paris avant l'âge de vingt ans, Lett. au roi de Pr. 25 avril 1774 dans PROFOND, ONDE
Ma tête fatiguée et presque épuisée par quarante ans de méditations profondes, Tomb. L'Espin. dans PROFOND, ONDE
L'économie est plus éclairée que la profusion, Essai sur la soc. des gens de lettres, Oeuv. t. III, p. 100, dans POUGENS. dans PROFUSION
On dit qu'il a permission d'aller se promener dans ses abbayes ; on aurait dû l'envoyer promener quatre ans plutôt, Lett. à Volt. 18 oct. 1760 dans PROMENER
Parmi les verbes qui se conjuguent avec le pronom personnel se, et qu'il [l'abbé de Dangeau] appelle pronominaux, il en distingue de quatre sortes, Éloges, Dangeau, note 3 dans PRONOMINAL, ALE
La première règle, et la seule raisonnable, est d'écrire comme on prononce : les Italiens nous en donnent l'exemple, et nous devrions le suivre, Lett. à Voltaire, 26 oct. 1770 dans PRONONCER
Cette diversité d'effets provenant tous d'une même cause, peut servir pour le dire en passant, à montrer le peu de justesse de l'axiome prétendu, si souvent mis en usage sur la proportionnalité des causes à leurs effets, Traité de dynam. Oeuv. t. XIV, p. 225 dans PROPORTIONNALITÉ
Les propositions condamnées étaient, pour la plupart, si mal choisies, qu'on prétend que Louis XIV, en les lisant dans la bulle [Unigenitus], les prit pour les vérités qu'elle ordonnait de croire, en parut très édifié, et fut bien surpris, quoique docile, quand son confesseur le détrompa, Destruct. des jés. Oeuv. t. V, p. 66 dans POUGENS dans PROPOSITION
Descartes les jugeait [les femmes] plus propres que nous à la philosophie, et une princesse malheureuse a été son plus illustre disciple, Lett. à J. J. Rouss. Oeuv. t. v, p. 351, dans POUGENS. dans PROPRE
Si le propre du génie est de créer en grand, celui de l'esprit dans les petits ouvrages est d'imaginer, celui du talent est de mettre en oeuvre, et celui du goût de mettre en place, Éloges, Saint-Aulaire. dans PROPRE
Cette louange [du courage, en Louis XIV, vieux et malheureux] eut du moins le mérite que n'avaient pas eu tant d'autres ; elle appartenait en propre au monarque, et n'était ni basse, ni exagérée, Éloges, Saint-Aulaire. dans PROPRE
Rentrés enfin tout à fait dans le monde corporel, nous apercevons bientôt l'usage que nous pouvons faire de la géométrie et de la mécanique, pour acquérir sur les propriétés des corps les connaissances les plus variées et les plus profondes, Disc. prélim. Encycl. Oeuv. t. I, p. 201, dans POUGENS. dans PROPRIÉTÉ
Le plus célèbre écrivain de notre nation et de notre siècle [Voltaire] faisait des sermons de ce grand orateur une de ses lectures les plus assidues ; Massillon était pour lui le modèle des prosateurs, comme Racine est celui des poëtes, Éloges, Massillon. dans PROSATEUR
Les proscriptions de Sylla, qui avilirent l'esprit de la nation et la préparèrent à l'esclavage, Éloges, Montesquieu. L. dans PROSCRIPTION
Despréaux écrivait ordinairement ses ouvrages en prose, avant que de les mettre en vers ; on assure que Racine en usait de même pour ses tragédies, Éloges, Despréaux. dans PROSE
On s'aperçoit facilement des fautes contre la prosodie dans une chanson mal parodiée sur un air connu, Éloges, Régn. Desmarais note 7 dans PROSODIE
La différence peut-être la plus marquée entre la prosodie de la langue française et celle des langue grecque et latine, différence que l'abbé d'Olivet paraît n'avoir pas assez connue, c'est la quantité de syllabes communes que renferme la première, Éloges d'Olivet, note 7 dans PROSODIE
J'ai averti, et je ne saurais trop le répéter, que M. Diderot est auteur du prospectus de l'Encyclopédie, qui termine ce discours, et qui en fait une partie essentielle, Avertiss. du disc. prélim. dans PROSPECTUS
Nous avions demandé au roi notre protecteur 1500 livres par an pour augmenter nos prix, et exciter l'émulation des jeunes gens ; le roi nous a refusé cette somme, Lett. à Voltaire, 1er octobre 1676 dans PROTECTEUR, TRICE
Une protection mal entendue est une véritable guerre qu'on fait aux talents, Ess. sur la Soc. des g. de lett. Oeuv. t. III, p. 102, dans POUGENS. dans PROTECTION
Borné à la société peu nombreuse de ses amis et, par conséquent, de ses égaux, il n'essuya ni la hauteur des hommes puissants ni le triste honneur d'en être protégé, Éloges, la Chaussée. dans PROTÉGER
On est protégé par ses supérieurs, on peut être défendu et soutenu par ses égaux ; on est protégé par les autres, on peut se défendre et se soutenir par soi-même, Synon. Oeuv. t. III, p. 300. dans POUGENS dans PROTÉGER
On dit défendre une cause, soutenir une entreprise, protéger les sciences et les arts, Synon. Oeuv. t. III, p. 300 dans PROTÉGER
Nos évêques viennent de demander au roi que les enfants des protestants soient déclarés bâtards, et que les voeux monastiques puissent se faire à seize ans, Lett. au roi de Pr. 15 déc. 1775 dans PROTESTANT, ANTE
Déjà un très grand nombre de ministres protestants n'a plus d'autre croyance qu'un déisme tempéré et mitigé, qui ne diffère du pur déisme que par le respect qu'ils affectent encore de conserver pour le Christ et pour la Bible, Éloges, Massillon, note 10 dans PROTESTANT, ANTE
Plusieurs de ses bons mots [de Pascal] ont même fait proverbe dans la langue ; et les Lettres provinciales seront éternellement regardées comme un modèle de goût et de style, Éloges, Bossuet, Note 14 dans PROVERBE
Sa prudence était trop éclairée pour ressembler à la finesse, Éloges, Dangeau. dans PRUDENCE
Je dirais à Votre Majesté avec le psalmiste David : Vous avez reçu la louange de la bouche même des enfants, Lett. au roi de Pr. 30 juillet 1781 dans PSALMISTE
Un publiciste allemand trouverait là de quoi faire un gros volume, et le sage d'assez courtes, mais d'assez tristes réflexions, Dest. des jésuit. Oeuv. t. v, p. 238, dans POUGENS dans PUBLICISTE
Ces inventions guerrières qui, en devenant bientôt communes à tous les peuples, perdent par cette publicité même, sinon leur mérite, au moins leurs avantages, Éloges, Caillères. dans PUBLICITÉ
Que dirait Socrate de l'éducation publique qu'on donne à notre jeune noblesse, des puérilités dont on se plaît à la nourrir, comme si on n'avait rien de bon à lui apprendre ?, Ess. sur la soc. des g. de lettres. Oeuv. t. III, p. 37, dans POUGENS. dans PUÉRILITÉ
Enfin ce sera un nid de chenilles de moins, et de chenilles très pullulantes et très dangereuses, Lett. au roi de Pr. 1er janv. 1773 dans PULLULANT, ANTE
Il [Marivaux] fit, sur une jeune actrice qui n'avait ni talent ni figure, une plaisanterie qu'il se reprocha, et dont même il se punit, si c'est se punir que de réparer une faute par une action généreuse, Éloges, Mariv. dans PUNIR
Le sort d'un pygmée qui veut faire le géant, est de paraître encore plus pygmée, Éloges, Lamotte, note 23 dans PYGMÉE
On m'accuse de matérialisme, disait un jour un pyrrhonien ; c'est à peu près comme si on accusait un constitutionnaire de jansénisme, Ab. de la crit. Oeuv. t. IV, p. 255, dans POUGENS dans PYRRHONIEN, IENNE
Pour réduire cette question à l'énoncé le plus simple, il s'agit de savoir si la force d'un corps qui a une certaine vitesse devient double ou quadruple, quand sa vitesse devient double, Éloges, Bernoulli. dans QUADRUPLE
L'homme de qualité qui n'a que ses aïeux pour mérite n'est tout au plus aux yeux de la raison qu'un vieillard en enfance qui aurait fait autrefois de grandes choses, Ess. sur la soc. des g. de lett. Oeuv. t. III, p. 69, dans POUGENS. dans QUALITÉ
Votre Majesté achève actuellement la quarantième année du plus beau règne dont l'histoire fasse mention, Lett. au roi de Prusse, 7 déc. 1779 dans QUARANTIÈME
Je crains même qu'il [le genre humain] ne se trouve trop hideux étant montré de trois quarts, et qu'il ne lui prenne envie de brûler le tableau, Lett. à Voltaire, 12 févr. 1763 dans QUART
La philosophie est entrée en quartier d'hiver ; Dieu veuille qu'on l'y laisse respirer !, Lett. à Voltaire, 18 oct. 1760 dans QUARTIER
Je respecterai toujours, comme de raison, la religion, le gouvernement, et même les ministres ; mais je ne ferai point de quartier à toutes les autres sottises, et assurément j'aurai de quoi parler, Lett. à Voltaire, 27 fév. 1765 dans QUARTIER
Que de fous et de méchants dans ce meilleur des mondes possibles !, Lett. à Voltaire, 11 août 1766 dans QUE
Il [l'abbé de Saint-Pierre] n'avait point pour principe, disait-il, ni de laisser aller le monde comme il veut, ni de dire toujours du bien de M. le prieur, ni de faire son devoir tellement quellement, Éloges, l'ab. de St-P. note 8 dans QUELLEMENT
Il est vrai que Fontenelle avait auprès de Despréaux et de Racine un tort irrémissible, celui d'être le complice de Charles Perrault dans la querelle sur les anciens, Éloges, J. Text. de Mauroy, note 4 dans QUERELLE
Le public, qui, soit humeur, soit justice (car nous ne voulons ici lui faire ni compliment ni querelle), ne joint pas toujours sa voix à celle des académiciens [dans les choix], Éloges, St-Aulaire. dans QUERELLE
Il était question de déterminer la courbe décrite par un projectile dans un milieu résistant, suivant une certaine loi qui renfermait une infinité de cas, et dont un seul jusqu'alors avait été résolu, Éloges, Bernoulli. dans QUESTION
J'apprends qu'en Espagne on vient de brûler il y a six mois une malheureuse femme pour hérésie de quiétisme, Lett. au roi de Pr. 14 déc. 1781 dans QUIÉTISME
La fameuse quiétiste Mme Guyon avait ébranlé l'archevêque de Cambrai, avait séduit et entraîné d'autres personnes de la cour, entre autres le pieux et austère duc de Chevreuse, Éloges, Bossuet, note 12 dans QUIÉTISTE
Le discours préliminaire qui est à la tête de cet ouvrage [l'Encyclopédie] et dont il [d'Alembert] est auteur, est, si on peut parler ainsi, la quintessence des connaissances mathématiques, philosophiques et littéraires que l'auteur avait acquises pendant vingt années d'études, Mém. Oeuv. t. I, p. XXX dans QUINTESSENCE
Ce petit nombre d'hommes auxquels la Providence a soumis leurs semblables, et qui n'ont à redouter sur la terre que le moment où ils la quittent, Éloges, Bossuet. dans QUITTER
Il n'en ordonne pas moins des prières pour remercier Dieu de ce qu'il n'y a eu que trois ou quatre cents malheureux qui aient été brûlés ; je m'imagine que Dieu répondra qu'il n'y a pas de quoi, Lett. à Voltaire, 9 janv. 1773 dans QUOI
Je vois, par ce que vous me mandez, que nous ne tarderons pas à voir le Corneille [le Commentaire] ; n'oubliez pas de le louer beaucoup quand il est sublime, et, quand il est rabâcheur, faites-le sentir sans le dire, Lett. à Voltaire, 17 nov. 1762 dans RABÂCHEUR, EUSE
Les jésuites ont été, si on peut parler de la sorte, au rabais du marché de Pélage ; ils ont dit aux chrétiens : vous pouvez tout, et Dieu vous demande peu de chose, Dest. des jésuit. Oeuv. t. V, p. 46, dans POUGENS dans RABAIS
Je ne doute point qu'ils ne disent alors comme cet ami de la Brinvilliers à qui on apprenait qu'elle avait empoisonné son père : si cela est, j'en rabats beaucoup, Lett. au roi de Pr. 2 janv. 1772 dans RABATTRE
Il [Bossuet] n'écrivait point ses sermons, ou plutôt il ne les écrivait qu'en raccourci et comme en idée, Éloges, Bossuet. dans RACCOURCI, IE
Si Marivaux n'était un modèle ni de style ni de goût, du moins il avait racheté ce défaut par beaucoup d'esprit, et par une manière qu'il n'avait empruntée à personne, Éloges, Mariv. dans RACHETER
Je crois qu'il serait bon d'insérer dans un dictionnaire les mots radicaux de la langue même en les indiquant par un caractère particulier, Mél. litt. Oeuv. t. III, p. 214, dans POUGENS dans RADICAL, ALE
Les Français si délicats en matière de goût et si raffinés sur les plaisirs en tout genre, Éloges, Régn. Desm. dans RAFFINÉ, ÉE
Le fils [de Crébillon], dans des romans pleins d'esprit et dictés par une connaissance profonde de tous les replis honteux du coeur humain, a tracé du pinceau le plus délicat et le plus vrai les raffinements, les nuances, et jusqu'aux grâces de nos vices, Éloges, Crébillon. dans RAFFINEMENT
On assure que Dacier et sa femme pensèrent un jour mourir d'un ragoût antique, dont ils avaient pris la recette dans Apicius ou dans Apulée, Éloges, Despréaux, note 29 dans RAGOÛT
La raison finira par avoir raison, Lett. à Voltaire, 23 janv. 1757 dans RAISON
Vous aimez la raison et la liberté, mon cher et illustre confrère, et on ne peut guère aimer l'une sans l'autre, ib. 19 janv 1769 dans RAISON
La raison peut se comparer à une montre ; on ne voit point marcher l'aiguille, elle marche cependant ; et ce n'est qu'au bout de quelque temps qu'on s'aperçoit du chemin qu'elle a fait, Dial. Christ. et Descart. dans RAISON
Parmi les préjugés, tout ridicules qu'ils peuvent être, il n'en est point qui n'ait sa raison, ou, pour parler plus exactement, son origine, Disc. prélim. Encycl. Oeuv. t. I, p. 224, dans POUGENS dans RAISON
L'art de raisonner consiste à comparer ensemble deux choses par le moyen d'une troisième, Mél. etc. t. V, p. V dans RAISONNER
C'est le propre des malheurs de ramener à la philosophie, comme le joueur qui a tout perdu revient à sa maîtresse, Apolog. de l'étud. Oeuv. t. IV, 218 dans RAMENER
Les injures mêmes dites à une nation ne sont quelquefois qu'un moyen plus piquant de se rappeler à son souvenir, Lett. à J. J. Rouss. Oeuv. t. V, p. 318, dans POUGENS. dans RAPPELER
La Mère coquette de Quinault, donnée à peu près dans le même temps que l'École des femmes, c'est-à-dire dans les premières années de Molière, peut être regardée comme un chef-d'oeuvre de style, surtout par rapport au temps où elle a été faite, Éloges, Despréaux, note 21 dans RAPPORT
Thomas observe dans son Essai sur les éloges, que Mascaron annonça Bossuet, comme Rotrou avait annoncé Corneille ; ce rapprochement est aussi juste que bien vu, Éloges, Fléchier, note 5 dans RAPPROCHEMENT
Inflexible sur les moyens qu'on proposait pour rapprocher la doctrine des protestants de celle des catholiques, Éloges, Bossuet. dans RAPPROCHER
Il faut toujours que les grands hommes se rapprochent des autres par quelque faiblesse, Mém. Christ. Oeuv. t. IV, p. 18, dans POUGENS dans RAPPROCHER
Rassasié de gloire et comblé de biens et d'honneurs, le maréchal de Villars désira de joindre à toutes ses dignités le titre de notre confrère, Élog. duc de Villars dans RASSASIÉ, ÉE
Les pauvres rats d'église pourront être un peu mécontents ; mais, cette fois-ci, ils n'oseront pas trop sortir de leurs trous ; il n'y aurait que des coups à gagner pour eux, Lett. à Voltaire, 4 févr. 1773 dans RAT
J'avais fort à coeur de ne pas voir rater ce canon, lorsque je m'étais chargé d'y mettre le feu, Lett. à Voltaire, 27 août 1776 dans RATER
La prétendue croix miraculeuse dont nous avons parlé dans l'éloge de Fléchier, et contre laquelle il donna une lettre pastorale, avait été érigée par un berger que le prélat fit sortir de son diocèse ; on ratissait le bois de cette croix comme une relique, Éloges, Fléchier, note 10 dans RATISSER
Les ravages de la superstition qui naît de l'ignorance et qui la reproduit à son tour, Disc. prélim. Encycl. Oeuv. t. I, p. 250, dans POUGENS. dans RAVAGE
Louvois le raya [Charles Perrault] de la petite académie des médailles ; ce ministre n'aimait pas Colbert, et la haine qu'il portait au protecteur reflua sur le protégé, qui ne l'était plus, Éloges, Ch. Perrault dans RAYER
Un homme d'esprit de ma connaissance voudrait qu'on étudiât et qu'on enseignât l'histoire à rebours, c'est-à-dire en commençant par notre temps et remontant de là aux siècles passés ; cette idée me paraît très juste et très philosophique, Mél. litt. Oeuv. t. III, p. 169, dans POUGENS dans REBOURS
La fréquence et l'inutilité de ses sollicitations pour l'Académie, avait jeté un air de rebut sur ce candidat si opiniâtre et si malheureux, Éloges, Trublet. dans REBUT
Cette troupe récalcitrante quand on la prie, mais très docile quand on lui commande, Lett. au roi de Pr. 1er mars, 1782 dans RÉCALCITRANT, ANTE
Un marchand de Rouen, calviniste zélé, et fort récalcitrant à sa conversion, Éloges, la Monn. note 3 dans RÉCALCITRANT, ANTE
On m'a dit que Marmontel vous avait écrit le détail de la réception de Thomas [à l'Académie française] ; elle a été fort brillante, Lett. à Voltaire, 26 janv. 1767 dans RÉCEPTION
Le danger d'en mourir [de la petite vérole] n'est pas non plus le même pour tous les âges, puisqu'on en réchappe bien plus aisément dans l'enfance que dans la vigueur de la jeunesse, Réfl. sur l'inoc. Oeuv. t. IV, p. 372, dans POUGENS. dans RÉCHAPPER
Ce philosophe [Fontenelle], si célèbre par son esprit, et si recherché pour ses agréments, sans vices et presque sans défauts, parce qu'il était sans chaleur et sans passion..., Lett. à Condorcet sur Mme Geoffrin dans RECHERCHÉ, ÉE
Il savait que l'avantage d'être recherché avec empressement jusqu'à la fin est le privilége d'un petit nombre d'hommes rares, Éloges, Terrasson. dans RECHERCHER
Les nouveaux traits contre Louis XIV, répandus dans le discours sur la polysynodie, étaient regardés comme une récidive, et comme un oubli impardonnable du repentir que l'abbé de Saint-Pierre avait paru témoigner dans la précédente accusation, Éloges, l'Ab. de St-Pierre, note 15 dans RÉCIDIVE
L'harmonie souffre quelquefois de la justesse et de l'arrangement logique des mots, et réciproquement, Mél. litt. Oeuv. t. III, p. 265, dans POUGENS dans RÉCIPROQUEMENT
On entend quelquefois les partisans de Lulli se récrier d'admiration sur ce que c'est un étranger qui a créé notre récitatif ; il y paraît, on sait à quel point la prosodie y est estropiée, surtout dans les finales, Lib. de la mus. Oeuv. t. III, p. 369, dans POUGENS dans RÉCITATIF
Les Italiens en ont un qu'ils appellent récitatif obligé, c'est-à-dire accompagné d'instruments, et qu'ils emploient souvent avec succès dans les morceaux d'expression, Lib. de la mus. Oeuv. t. III, p. 371 dans RÉCITATIF
La réconciliation [avec Boileau] fut sincère de la part de Perrault : il supprima même plusieurs traits qu'il réservait aux anciens, dans le tome IV de ses Parallèles, Éloges, Ch. Perrault. dans RÉCONCILIATION
Le Tartufe, cet ouvrage unique au théâtre, d'une utilité qui devrait réconcilier avec les spectacles les véritables gens de bien, Éloges, Despréaux. dans RÉCONCILIER
Entre plusieurs traits dont brille son discours [de Montesquieu], on reconnaîtrait l'écrivain qui pense, au seul portrait du cardinal de Richelieu, Éloges, Montesquieu. dans RECONNAÎTRE
Savoir reculer à propos pour gagner ensuite plus de terrain, Éloges L. Verjus. dans RECULER
Je n'ai point dit que les sciences fussent plus redevables aux Français qu'à aucune des autres nations ; j'ai dit seulement, et cela est vrai, que l'astronomie physique leur est aujourd'hui plus redevable qu'aux autres peuples, Lett. à Voltaire, 13 mai 1759 dans REDEVABLE
Le cardinal Alberoni, dont la fortune a été si brillante, en était redevable à Campistron, Éloges, Campistron. dans REDEVABLE
Le roi se fit redire ces vers jusqu'à trois fois, loua beaucoup l'épître, et fit la guerre, Éloges, Despréaux. dans REDIRE
Non-seulement on lui pardonne [à Massillon] ces douces et tendres redites, mais on lui sait gré du motif touchant qui les multiplie, Éloges, Mass. dans REDITE
Il [l'abbé de Saint-Pierre] consentait même qu'on se moquât de ses redites, pourvu qu'en se moquant on les citât, Éloges, l'Ab. de St-P. dans REDITE
Il [Segrais] rassemblait chez lui les membres les plus estimables de l'Académie de Caen, à laquelle il redonna une espèce de vie, Éloges, Segrais. dans REDONNER
Je me souviens qu'après la bataille de Zorndorf, où Votre Majesté avait assommé 30000 Russes, un grand Danois me disait froidement : Il n'y a pas de mal, il est si aisé à Dieu de refaire des Russes, Lett. au roi de Pr. 14 févr. 1774 dans REFAIRE
Je perds tous les jours quelque ami, et on n'en refait plus à mon âge, Lett. au roi de Pr. 3 juill. 1778 dans REFAIRE
Les objets dont notre âme s'occupe, sont ou spirituels ou matériels, et notre âme s'occupe de ces objets ou par des idées directes ou par des idées réfléchies, Disc. prélim. Encycl. Oeuv. t. I, p. 235, dans POUGENS. dans RÉFLÉCHI, IE
Dans un roman comme dans une histoire, les longues réflexions impatientent et glacent le lecteur, Éloges, Marivaux, note 21 dans RÉFLEXION
Il [l'abbé de Saint-Pierre] pensait que les établissements les plus utiles avaient besoin de réforme ; il les comparait à des horloges, qu'il faut de temps en temps nettoyer et remonter, Éloges, l'abbé de St-P. note 11 dans RÉFORME
Le premier usage que fit Louis XIV des talents du jeune prélat, fut de le nommer pour médiateur entre le nonce du pape et quatre évêques français, réfractaires très obstinés à la condamnation de Jansénius, Éloges, Card. d'Estrées. dans RÉFRACTAIRE
Quelques mémoires qu'il donna à l'Académie des sciences en 1739 et en 1740, entre autres un mémoire sur la réfraction des corps solides, qui contenait une théorie curieuse et nouvelle de cette réfraction, Mém. Oeuv. t. I, p. xxxj, dans POUGENS dans RÉFRACTION
La destruction de Carthage était le refrain de tous les discours de Caton au sénat, Lett. à Voltaire, 8 sept. 1762 dans REFRAIN
Pourquoi notre siècle, en se refroidissant sur l'églogue, semble-t-il se refroidir aussi sur le genre le plus opposé au bucolique, sur le genre de l'ode ?, Réfl. sur la poés. Oeuvr. t. IV, p. 106, dans POUGENS. dans REFROIDIR
On assure que, Voltaire ayant fait présenter aux comédiens sa tragédie de Mérope, sans leur apprendre qu'il en était l'auteur, elle fut refusée, parce qu'il n'y avait point dans cette pièce d'autre amour que la tendresse maternelle, Élog. la Chauss. note 2 dans REFUSER
Je voudrais qu'on apprît une bonne fois, dans ce pays-ci, à respecter les talents dont on a besoin pour son plaisir et pour son instruction, et à ne pas croire qu'après les avoir outragés et avilis on les regagne par des caresses, Lett. à Voltaire, 13 août 1765 dans REGAGNER
Plein des espérances dont on l'avait enivré, il partit pour Versailles et n'y fut regardé de personne, Éloges, Crébillon. dans REGARDER
On les représentait [les jésuites] à la fois comme idolâtres du despotisme pour les rendre vils, et comme prédicateurs du régicide pour les rendre odieux ; ces deux accusations pouvaient paraître un peu contradictoires, Destr. des jésuites, Oeuv. t. V, p. 54, dans POUGENS. dans RÉGICIDE
Elle se rétablit peu à peu, et j'espère qu'elle se conservera par un régime exact, le seul remède auquel j'ai confiance, Lett. au roi de Pr. 17 sept. 1764 dans RÉGIME
Ce n'est point à produire des beautés, c'est à faire éviter les fautes, que les grands maîtres ont destiné les règles, Disc. Acad. franç. dans RÈGLE
Il me semble que les auteurs dramatiques sont pour les règles comme les Français pour les impôts : ils y obéissent en murmurant, Lett. à Volt. 27 janv. 1762 dans RÈGLE
Ils [les jésuites] eurent, dans les dernières années de leur trop long règne, le malheur ou la sottise d'attaquer...., Éloges, Crébillon. dans RÈGNE
Durant tout le temps que la philosophie d'Aristote a régné, c'est-à-dire pendant plusieurs siècles, Ab. De la crit. Oeuv. t. IV, p. 247, dans POUGENS dans RÉGNER
Il est aussi atroce qu'absurde, de voir les uns regorger de superflu, et les autres manquer du nécessaire, Lett. au roi de Pr. 30 av. 1770 dans REGORGER
Dans l'homme machine même, la crainte d'une part et de l'autre l'intérêt sont les deux grands régulateurs, les deux roues principales qui font aller la machine, Lett. au roi de Pr. 2 août 1770 dans RÉGULATEUR, TRICE
On fit, après sa mort [du P. Gouye], un règlement qui exclut à l'avenir les réguliers des places d'honoraires et ne leur laisse que celle d'associés libres, Art. du card. Dubois, note 8 dans RÉGULIER, IÈRE
Il [milord Maréchal] se crut obligé de ne plus faire cause commune avec eux [les jacobites], depuis qu'il avait obtenu ou plutôt accepté sa réhabilitation, Éloges, Milord Maréchal dans RÉHABILITATION
L'humeur que lui donnait sa situation [censeur] rejaillissait sur les ouvrages qui avaient le malheur de tomber entre ses mains, Éloges, Crébillon. dans REJAILLIR
Les femmes qui se rejettent au fond de leurs loges quand elles voient la coupe sanglante d'Atrée tomber et se répandre sur le théâtre, Éloges, Crébillon. dans REJETER
On a dit en particulier d'Escobar, également connu par l'austérité de ses moeurs et par le relâchement de sa morale, qu'il achetait le ciel bien cher pour lui-même, et le donnait à bon marché aux autres, Destr. des jésuit. Oeuv. t. V, p. 39 dans RELÂCHEMENT
L'abbé de Vertot, qui, emporté dans sa jeunesse par une fièvre de dévotion, avait commencé par se faire capucin, et qui, relevé de ses voeux, devint membre de l'Académie des belles-lettres et un de nos historiens les plus estimés, Élog. l'Ab. de St-Pierre, note 2 dans RELEVÉ, ÉE
L'opinion peu relevée qu'on se forme communément dans le monde de l'état des gens de lettres, Oeuv. t. III, p. 76 dans RELEVÉ, ÉE
Je crois que cette raison seule devrait engager le souverain pontife à relever au moins de leurs voeux tous les jésuites français, espagnols et portugais, Oeuv. t. V, p. 236 dans RELEVER
La médisance ou la calomnie accusait l'homme en place de n'être pas fort religieux, Éloges, de Houttev. dans RELIGIEUX, EUSE
Il [Bossuet] présentait un jour à Louis XIV le P. Mabillon, comme le religieux le plus savant de son royaume.... ajoutez et le plus humble, dit l'archevêque de Reims, le Tellier, qui croyait faire une épigramme bien adroite contre la modestie du prélat, Éloges, Bossuet. dans RELIGIEUX, EUSE
Ce pèlerin espagnol, tout glorieux d'avoir visité plus de reliques qu'aucun de ses pareils, Éloges, St-Aulaire dans RELIQUE
Le savant et pauvre Théodore de Gaza, qui, ayant dédié à Sixte IV sa traduction du livre d'Aristote sur les animaux, en reçut pour tout remerciement le prix de la reliure, que ce pape lui fit rendre, Éloges, Dangeau, note 1 dans RELIURE
On ne sait par quelle fatalité ce sujet [Cléopatre], si favorable en apparence aux mouvements dramatiques, remanié par une foule d'auteurs, n'a pu fournir encore une tragédie dont la fortune ait été durable, Éloges, la Chap. dans REMANIÉ, ÉE
Le premier discours de remercîment prononcé par un académicien à sa réception, est celui de Patru, qui entra en la compagnie en 1640 ; elle fut si satisfaite de ce discours, qu'elle fit désormais une loi à tout nouvel académicien d'en prononcer un semblable, Éloges, Crébillon, note 12 dans REMERCÎMENT ou REMERCIEMENT
On nous flatte de remettre Rome sauvée après la St-Martin, Lett. à Voltaire, 24 août 1752 dans REMETTRE
Je me suis remis à la géométrie, que j'avais comme abandonnée depuis longtemps, Lett. au roi de Pr. 30 déc. 1776 dans REMETTRE
La catastrophe pleine d'horreur qui la termine, ce sang qu'Atrée veut faire boire à Thyeste, a toujours nui au plein succès de la pièce dans toutes ses remises, Él. Créb. dans REMISE
Je ne puis être fâché, ni pour la France ni pour la philosophie, de voir votre ancien disciple remonté sur sa bête [le roi de Prusse rétablissant ses affaires], Lett. à Voltaire, 25 sept. 1762 dans REMONTÉ, ÉE
Il me semble, comme à vous, que votre ancien disciple [le roi de Prusse] est un peu remonté sur sa bête, Lett. à Voltaire, 18 oct. 1760 dans REMONTER
Ces hommes orgueilleux et vils, qui regardent les gens de lettres comme des espèces d'animaux destinés à combattre dans l'arène pour le plaisir de la multitude, descendraient alors de l'amphithéâtre, et verraient leurs juges y remonter, Ess. sur la soc. des g. de lett. Oeuv. t. III, p. 88, dans POUGENS. dans REMONTER
On vient, dit-on, de faire imprimer sa généalogie [de Pompignan], qui remonte, par une filiation non interrompue, depuis lui jusqu'à son père, Lett. à Voltaire, 16 juin 1760 dans REMONTER
En quelque matière que ce soit, nous devons désespérer de remonter jamais aux premiers principes, qui sont toujours pour nous derrière un nuage, Réfl. sur le goût, Oeuvr. t. III, p. 416, dans POUGENS. dans REMONTER
Pour ne point remonter trop haut, fixons-nous à la renaissance des lettres, Disc. prélim. encyclop. Oeuv. t. I, p. 248, dans POUGENS. dans REMONTER
Quand même notre littérature se remonterait, je doute qu'elle puisse de longtemps produire un homme aussi rare [Voltaire], et qui réunisse tant de talents à un si haut degré, Lett. au roi de Pr. 19 sept. 1779 dans REMONTER
La pièce, après quelques représentations, disparut du théâtre pour ne s'y remontrer jamais, Éloges, Genest, note 2 dans REMONTRER
Hélas ! j'ai perdu avec vous seize ans de ma vie ; qui remplira et consolera le peu d'années qui me restent ?, Aux Mânes de Mlle de l'Espinasse dans REMPLIR
Quoiqu'il menât dans le monde une vie assez dissipée, il se crut obligé, d'après la décision de sa famille, de remplir sa vocation ecclésiastique, Éloges, l'abbé de Choisi. dans REMPLIR
Je ne sais plus que faire à présent de mes soirées ni de mes matinées, et tout ce qui les occupe n'est que du remplissage, Lett. au roi de Pr. 27 nov. 1777 dans REMPLISSAGE
Jurisprudence, philologie, critique, langues savantes et étrangères, histoire ancienne et moderne, histoire littéraire, traductions, éloquence et poésie, il [le président Bouhier] remua tout, il embrassa tout, Éloges, Bouhier. dans REMUER
Une autre difficulté encore plus grande, c'est l'argent que je n'ai pas ; beaucoup d'amis m'en offrent ; mais je ne serais pas en état de le rendre, et je ne veux l'aumône de personne, Lett. à Voltaire, 4 août 1770 dans RENDRE
Il faut convenir que sur ce point nous sommes un peu en avance avec eux, et qu'ils ne nous rendent pas fort exactement les louanges que nous leur donnons, Ess. sur la soc. des g. de lett. Oeuv. t. III, p. 56, dans POUGENS. dans RENDRE
Les coups qu'on sent le plus sont ceux qu'on ne peut pas rendre, Éloges, l'abbé de St-Pierre. dans RENDRE
On rend avec netteté ce que l'on conçoit bien, Oeuv. t. I, p. 147 dans RENDRE
Les mots arrivent plus aisément pour rendre une émotion vive qu'une idée claire, ib. t. III, p. 239 dans RENDRE
Si le traducteur ne rend pas ce style et ce goût, il n'a rien rendu ; il a anéanti son auteur en croyant le faire revivre, Éloges, Saci. dans RENDRE
Aux sentiments de qui rendriez-vous justice, si vous ne la rendiez pas aux miens ?, Lett. à Voltaire, 9 mars 1770 dans RENDRE
Les sentences criminelles se rendent dans la place publique par les syndics, avec beaucoup d'appareil, Gouv. de Genève. dans RENDRE
La devise de l'homme vertueux est renfermée dans ces deux mots, donner et pardonner, Éloges, l'ab. de St-P. dans RENFERMÉ, ÉE
Je ne sais par quelle raison on est convenu presque généralement de réduire l'histoire à une espèce de gazette renforcée, exacte pour les faits et pour le style, Mém. Christ. Oeuv. t. IV, p. 11, dans POUGENS dans RENFORCÉ, ÉE
Louis XIV, jeune encore et avide de renommée, qu'il prenait pour la véritable gloire, se préparait à faire la guerre à la Hollande, Éloges, Despréaux. dans RENOMMÉE
Pour jouir de ce bonheur qu'on cherche tant et qu'on trouve si peu, la sagesse vaut mieux que le génie, l'estime que l'admiration, et les douceurs du sentiment que le bruit de la renommée, Éloges, Sacy. dans RENOMMÉE
L'abbé de Rancé, qui dès lors méditait cet entier renoncement au monde, dont il donna depuis un si terrible exemple, Éloges, Testu. dans RENONCEMENT
Les épigrammes [de Racine] contre cette même Judith de Boyer et contre l'Aspar de Fontenelle, faites dans le temps de sa plus haute dévotion, prouvent que, s'il avait renoncé au théâtre, il n'avait pas renoncé à la satire, Élog. Ch. Boileau. dans RENONCER
Elle [Christine] renonça à la Suède pour jamais, et revint à Rome, où elle passa le reste de ses jours mécontente et mal payée de ses anciens sujets, Mém. Christ. t. IV, p. 59 dans RENONCER
Rien n'irrite davantage les gens raisonnables que des hommes qui ont renoncé au monde, et qui cherchent à le gouverner, Dest. des jésuit. Oeuv. t. V, p. 94, dans POUGENS dans RENONCER
Je profite du premier moment pour me renouveler dans votre souvenir, Lett. à Voltaire, 2 sept. 1760 dans RENOUVELER
Cette vanité rentrée, qui, pour se consoler de l'indifférence qu'on lui montre, feint de repousser ce qu'on ne pense point à lui offrir, Éloges acad. Préf. dans RENTRÉ, ÉE
M. de Condorcet a lu, à la rentrée de la Saint-Martin, un éloge charmant du P. Lesueur, un des deux minimes commentateurs de Newton, et ami de notre pauvre P. Jacquier, Lett. à Voltaire, 23 nov. 1776 dans RENTRÉE
Les renvois dans ce dictionnaire [Encyclopédie] ont cela de particulier, qu'ils servent principalement à indiquer la liaison des matières ; au lieu que, dans les autres ouvrages de cette espèce, ils ne sont destinés qu'à expliquer un article par un autre, Disc. prélim. Encycl. Oeuv. t. I, p. 244, dans POUGENS. dans RENVOI
La vanité humaine, dit quelque part Marivaux lui-même, n'est pas difficile à nourrir, et se repaît des aliments les plus grossiers comme des plus délicats ; il en était la preuve, Éloges, Marivaux. dans REPAÎTRE
Le premier avantage que les gens de lettres trouvent à se répandre dans le monde, c'est que leur mérite est, sinon plus connu, au moins plus célébré, Oeuv. t. III, p. 30 dans RÉPANDRE
Corneille plus répandu aurait été plus loué, mais n'eût jamais fait Polyeucte, Ess. sur la soc. des g. de lett. Oeuv. t. III, p., 83, dans POUGENS. dans RÉPANDU, UE
Cette lettre [de Boileau] était à peu près une nouvelle critique de Perrault, tant la réparation avait la tournure équivoque, Éloges, Ch. Perrault. dans RÉPARATION
Il est vrai qu'un écrivain satirique, après avoir outragé des hommes célèbres, croit réparer ses insultes par les éloges qu'il leur donne après leur mort, Mél. litt. Oeuv. t. III, p. 276, dans POUGENS dans REPARER
Il est vrai qu'on [Colbert et Louis XIV] aurait pu mettre, à quelques égards, plus de discernement et de lumières dans cette répartition de grâces, et ne pas confondre avec les talents éminents plusieurs talents médiocres, Él. Ch. Perrault. dans RÉPARTITION
C'était à lui que la Bretagne était redevable de la sage administration établie depuis quarante ans, pour la répartition et la perception des impôts, Éloges, Vauréal. dans RÉPARTITION
Le moyen le plus sûr d'accréditer une opinion auprès de la frivolité française, est d'inventer quelques phrases que tous les sots puissent répéter en croyant dire quelque chose, Éloges, Crébillon. dans RÉPÉTER
Personne ne répond de nos articles que nous, et nous ne répondons que de nos articles ; l'Encyclopédie est à cet égard dans le même cas que les recueils de toutes nos académies, Préf. 3e vol. Encycl. Oeuv. t. I, p. 384, dans POUGENS. dans RÉPONDRE
Je réponds de moi, disait-il, jusqu'à un million ; ceux qui le connaissaient auraient bien répondu de lui par de là, Éloges. Terrasson. dans RÉPONDRE
Comme les oscillations de l'air finiraient en fort peu de temps, si le soleil répondait toujours au même endroit de la terre...., Caus. gén. des vents, Oeuv. t. XIV, p. 22, dans POUGENS. dans RÉPONDRE
Outragés sans repousser l'outrage, Éloges, Crébillon. dans REPOUSSER
Avec un extérieur peu attirant et presque fait pour repousser ceux qui n'y étaient pas aguerris, l'abbé d'Olivet portait au fond du coeur une envie d'obliger sincère et active, que plusieurs gens de lettres ont éprouvée, Éloges, d'Olivet. dans REPOUSSER
Il corrigea tout ce qui lui paraissait réellement répréhensible, et qu'une critique plus amère qu'éclairée n'avait pas toujours aperçu, Éloges, Houttev. dans RÉPRÉHENSIBLE
Ces représentations, supposées sur la toile, sont peut-être la vraie pierre de touche pour juger de la beauté des images poétiques, Éloges, Despréaux, note 12 dans REPRÉSENTATION
Les représentations théâtrales formeraient le goût des citoyens, et leur donneraient une finesse de tact, une délicatesse de sentiment qu'il est très difficile d'acquérir sans ce secours, Gouv. Genèv. Première représentation des Nuées d'Aristophane, 423 ans avant J. C. BARTHÉL. Anach. t. VII, tabl. 1 dans REPRÉSENTATION
Il [Fontenelle] a eu, comme tous les grands écrivains, le style de sa pensée ; ce style original et simple ne peut représenter agréablement et au naturel un autre esprit que le sien, Oeuv. t. III dans REPRÉSENTER
C'est à vous, sire, que l'humanité et la philosophie doivent rendre grâces de tout ce que les souverains font et feront encore pour favoriser la tolérance et réprimer la superstition, Lett. au roi de Pr. 29 juin 1781 dans RÉPRIMER
Arnauld l'avait bien senti, quand il disait à Racine : Pourquoi cet Hippolyte amoureux ? le reproche était moins d'un casuiste que d'un homme de goût, Lett. à J. J. Rouss. Oeuv. t. V, p. 334, dans POUGENS. dans REPROCHE
L'illustre auteur de Phèdre avait assez d'épigrammes satiriques à se reprocher, pour qu'on doive se faire un scrupule de lui imputer en ce genre des péchés qu'il n'a pas commis, Éloges, Gasp. Abeille, note 3 dans REPROCHER
Ce prétendu esprit républicain [dans l'Académie française], suivant la réflexion de l'abbé de Dangeau, était un grand et terrible mot employé bien gratuitement contre des confrères très paisibles et très modérés, Éloges, Dangeau. dans RÉPUBLICAIN, AINE
L'auteur de Cinna aux pieds d'un financier ! ô pauvre république des lettres ! qu'étiez-vous donc alors ?, Éloges, Malet. dans RÉPUBLIQUE
La répudiation, une fois admise, devrait être permise aux femmes comme aux hommes, Avert. Esp. des lois, Oeuv. t. VI, p. 313 dans RÉPUDIATION
La satire de Benserade, car on ne peut guère lui donner d'autre nom, fut comparée dans le temps à la Requête des dictionnaires du savant Ménage, Éloges, Charpent. note 1 dans REQUÊTE
Vous avez bientôt une autre visite dont je vous préviens ; c'est celle de M. Turgot, maître des requêtes, plein de philosophie, de lumière et de connaissances, et fort de mes amis, Lett. à Voltaire, 22 sept. 1760 dans REQUÊTE
À la réquisition de l'impératrice de Russie, il avait déjà commencé quelques pages de son histoire, Lett. au roi de Prusse, 16 août 1778 dans RÉQUISITION
Messieurs les gens du roi Séguier et Joli de Fleuri, auteurs de ce beau réquisitoire contre l'Encyclopédie, Lett. à Voltaire, 6 mai 1760 dans RÉQUISITOIRE
Les lettres de l'amant sont pleines de chaleur et de force, celles de Julie, de tendresse et de raison ; cependant il y en a quelques-unes où elle me semble manquer de réserve et de modestie, Jug. Nouv. Hél. dans RÉSERVE
Cette reconnaissance n'est pas un sentiment réservé pour moi seul, tous mes amis le partagent avec la plus tendre vénération, Lett. au roi de Prusse, 14 nov. 1776 dans RÉSERVÉ, ÉE
Autant il était réservé à parler des fautes et des travers d'autrui, autant il aimait a célébrer les belles actions, Éloges, mil. Maréchal. dans RÉSERVÉ, ÉE
Bernoulli, effrayé des calculs de Fatis, se mit à chercher par une autre voie le solide de la moindre résistance, et ne fut pas longtemps à le trouver, Éloges, Bernoulli. dans RÉSISTANCE
Quelques personnes, si l'on en croit Racine le fils, prétendent que Lulli, chargé de mettre en musique l'idylle du grand Racine sur la paix, trouva dans la force des vers une résistance que la poésie de Quinault ne lui avait pas fait éprouver, Éloges, Lamotte, note 5 dans RÉSISTANCE
Ensuite, résolvant la question d'une manière plus générale, je donne les équations pour déterminer la vitesse du vent, sans supposer que sa direction soit toujours dans le vertical de l'astre, Caus. gén. des vents, Oeuv. t. XIV, p. 38, dans POUGENS. dans RÉSOUDRE
J'ai donné copie de cet endroit de sa lettre [du roi de Prusse concernant les jésuites] aux ministres de Naples et d'Espagne, qui partagent notre tendresse pour les jésuites, et qui ont envoyé cet extrait à leurs cours respectives, comme dit la Gazette de Hollande, Lett. à Voltaire, 9 janv. 1773 dans RESPECTIF, IVE
La sensibilité, l'indulgence, la charité, qui dirigeaient et qui animaient le vertueux prélat [Fléchier] dans la conduite de ce malheureux diocèse, respirent encore dans les mandements et les lettres pastorales qu'il adressait aux réformés, Éloges, Fléchier. dans RESPIRER
Notre pauvre France aura vraisemblablement encore un an à respirer, Lett. au roi de Prusse, 22 sept. 1777 dans RESPIRER
Pour arriver à cette connaissance [des tours de la langue latine], il faut avoir vu ces mots, ces tours et ces phrases, maniés et ressassés, si je puis ainsi parler, dans mille occasions différentes, Latin des mod. Oeuv. t. III, p. 123, dans POUGENS dans RESSASSÉ, ÉE
Maudit géomètre, triste ressasseur d'x et d'y, Lett. au roi de Pr. 3 janv. 1771 dans RESSASSEUR
Il est rare que les hommes célèbres aient des enfants qui leur ressemblent ; le nôtre en a plusieurs d'un mérite distingué, Éloges, Bernoulli. dans RESSEMBLER
Les pièces de Saint-Foix se ressemblent encore plus que celles de Marivaux, qui du moins a mis dans les siennes toute la variété que pouvait lui permettre le cercle étroit qu'il s'était tracé, Éloges, Marivaux. dans RESSEMBLER
Il se peut que la superstition littéraire et le préjugé aient trop resserré les limites des beaux-arts ; mais ce n'est pas non plus par des dissertations qu'on pourra étendre ces limites, Éloges, Lamotte. dans RESSERRER
Il démontra qu'un corps qui ferme ou bande un ressort avec une certaine vitesse, peut avec une vitesse double fermer tout à la fois, ou successivement, quatre ressorts semblables au premier, Éloges, Bernoulli. dans RESSORT
Son érudition était immense : histoire civile et littéraire, ancienne et moderne, connaissance des livres et des auteurs, critique, philologie, tout était de son ressort, Eloges, la Monnoie. dans RESSORT
L'inoculation n'est pas plus du ressort de la théologie, que les matières de la prédestination et de la grâce ne sont du ressort de l'arithmétique et de la médecine, Réfl. sur l'inoc. dans RESSORT
Il chérissait et honorait votre personne, et vous regardait comme la ressource et l'espérance de la vérité et de la raison, Lett. au roi de Pr. 1er juill. 1778 dans RESSOURCE
J'approche de cinquante ans ; je comptais sur la pension de l'Académie comme la seule ressource de ma vieillesse ; si cette ressource m'est enlevée, il faut que je songe à m'en procurer d'autres, Lett. à Voltaire, 30 juin 1765 dans RESSOURCE
Il [l'abbé Dubos] ne sut point, à la vérité, suppléer au mérite par le manége et par l'intrigue ; il n'avait pas besoin de cette méprisable ressource, Éloges, l'abbé Dubos. dans RESSOURCE
Désespérant enfin de rentrer en grâce, après ses vaines et mortifiantes tentatives, il embrassa, comme tant d'autres de ses pareils, l'obscure ressource de la dévotion, Éloges, Rabutin. dans RESSOURCE
L'auteur connaissait trop bien les lois du style et les ressources de la langue...., Éloges, Girard. dans RESSOURCE
Il [Fléchier] fut le restaurateur et presque le second fondateur de l'Académie qui subsiste encore à Nîmes, Éloges, Fléchier dans RESTAURATEUR, TRICE
Il [le roi de Prusse] m'a fait payer il y a un mois ma pension de 1758 ; vous voyez qu'il n'est en reste avec personne, Lett. à Voltaire, 24 févr. 1759 dans RESTE
L'avantage unique qui le distingue [le Panégyrique de Trajan, par Pline le jeune], d'être le seul panégyrique de prince qui soit resté après la mort du prince et de l'orateur, Éloges, Saci. dans RESTER
En revenant de la campagne où j'avais été passer quelques semaines pour rétablir ma santé, qui ne se rétablit guère, Lett. au roi de Pr. 22 sept. 1777 dans RÉTABLIR
Pourquoi aurions-nous recours à ce principe dont tout le monde fait usage aujourd'hui, que la force accélératrice ou retardatrice est proportionnelle à l'élément de la vitesse ?, Traité de dynam. Oeuv. t. XIV, p. 214, dans POUGENS dans RETARDATEUR, TRICE
La passion pour le changement corrompt la musique au delà des Alpes, et une timidité superstitieuse en retarde les progrès parmi nous, Lib. de la musique, Oeuv. t. III, p. 367, dans POUGENS. dans RETARDER
Attendez que nous partions ensemble, quand je me verrai prêt à mourir, je vous manderai, si je puis, le jour que j'aurai retenu ma place au coche, Lett. à Volt. 25 janv. 1770 dans RETENIR
Je lui dirai, comme les gens du peuple : j'en retiens part, tant ses satires me paraissent redoutables, Lett. à Voltaire, 4 déc. 1770 dans RETENIR
C'est à Bernoulli qu'on doit Euler, dont le nom retentit aujourd'hui dans toute l'Europe et à juste titre, Éloges, Bernoulli. dans RETENTIR
Je ne l'ai point encore vu, parce que je vis fort retiré, Lett. au roi de Prusse, 28 avril 1777 dans RETIRÉ, ÉE
Alors cette âme affaissée retombe douloureusement sur elle-même, et ne voit plus que le désert qui l'environne, et le desséchement qui la flétrit, Tomb. l'Espin. dans RETOMBER
On prétend que le Mécène ne doit donner qu'un habit retourné, quand on ne lui dédie qu'une seconde édition, Éloges, Bouyer. dans RETOURNÉ, ÉE
Mon peu de santé a presque éteint le peu d'ardeur et de génie que la nature m'avait donné, et il faut que je songe à faire retraite, Lett. au roi de Pr. 12 sept. 1766 dans RETRAITE
Il n'y a point de malheurs réels ou fictifs qu'on ne leur impute [aux philosophes], depuis l'expulsion des jésuites jusqu'à la retraite de Mlle Clairon, Oeuv. t. V, p. 213 dans RETRAITE
Le néant de l'ambition et de la gloire, les consolations de la retraite, et le bonheur de l'obscurité, Éloges, Bossuet. dans RETRAITE
Il est vrai que l'encens était habilement préparé pour chatouiller la modestie revêche du Caton rigide [le duc de Montausier] à qui Despréaux avait besoin de plaire, Éloges, Despréaux. dans REVÊCHE
On les croyait [les jésuites] si peu anéantis, malgré leur dispersion, qu'un supérieur de séminaire à qui on offrit leur maison du noviciat, répondit qu'il n'en voulait pas, parce qu'il avait peur des revenants, Oeuv. t. V, p. 110 dans REVENANT
Revenons à Despréaux ; il sut se procurer à la cour une protection plus puissante que celle du duc de Montausier, celle de Louis XIV lui-même, Eloges, Despréaux. dans REVENIR
Il y a ici un religieux italien, homme d'esprit et de mérite, qui ne revient point de cette atrocité, Lett. à Volt. 16 juill. 1766 dans REVENIR
Molière, par les chefs-d'oeuvre comiques qu'il avait osé écrire en prose, avait forcé le public à revenir d'une prévention [sur la comédie en vers] si contraire à son propre plaisir, Éloges, Lamotte. dans REVENIR
Il était aussi prompt à revenir qu'à s'offenser, Éloges, Marivaux. dans REVENIR
Les voleurs de nuit redoutent les réverbères, Éloges, duc d'Estr. dans RÉVERBÈRE
Depuis la mort d'une certaine dame [Pompadour], qui n'aimait pourtant pas les philosophes, le parti jésuitique commence à revirer tant soit peu de bord, Lett à Voltaire, 9 juillet 1764 dans REVIRER
Qu'on établisse aujourd'hui ces mêmes docteurs pour réviseurs généraux de tout l'ouvrage [l'Encyclopédie], et qu'on nous donne par ces moyens des entraves intolérables, c'est à quoi je ne me soumettrai jamais, Lett. à Voltaire, 20 janv. 1758 dans RÉVISEUR
L'orgueil est toujours révoltant ; la vanité, toujours ridicule, Synon. Oeuv. t. III, p. 326 dans RÉVOLTANT, ANTE
Il faut dans la chaire montrer l'homme à lui-même, moins pour le révolter par l'horreur du portrait, que pour l'affliger par la ressemblance, Éloges, Massillon. dans RÉVOLTER
Quand on sait ou qu'on croit savoir assez de latin, on passe en rhétorique ; c'est alors qu'on commence à produire quelque chose de soi-même, Oeuv. t. X, p. 55 dans RHÉTORIQUE
Quelques versificateurs modernes, qui riment richement et s'expriment pauvrement, Éloges, Destouches, note 2 dans RICHEMENT
Quoique vous sentiez très bien les ridicules, personne n'est plus éloigné que vous d'en donner, Portr. de Mlle de l'Espinasse dans RIDICULE
Que les caractères qui sont susceptibles de ridicules en grand sont presque entièrement épuisés ; qu'il ne nous reste guère à peindre que des ridicules fugitifs, des ridicules de société et de mode, plus faits pour les sages que pour le parterre, Éloges, la Chaussée dans RIDICULE
Dumarsais, disait un riche avare, est un fort honnête homme ; il y a quarante ans qu'il est mon ami, il est pauvre, et il ne m'a jamais rien demandé, Éloges, Dumarsais. dans RIEN
Il fut ferme sans intolérance, vigilant sans rigorisme, Éloges, Vauréal. dans RIGORISME
Je ne sais ce qui arrivera des vers sans rime ; mais je ne désespère pas que, s'ils s'établissent jamais, l'usage ne commence par nos vers lyriques, par ceux qui sont faits pour être chantés, Oeuv. t. IV, p. 112 dans RIME
Elle rit, et avec raison, des sottises des hommes, dont je ferais bien de rire aussi, et dont je rirais comme elle, si je digérais et si je dormais mieux, Lett. au roi de Pr. 3 nov. 1780 dans RIRE
Hélas ! je ris et je n'en ai guère envie, Lett. à Voltaire, 28 déc. 1776 dans RIRE
Le rire sardonique, qui est la grimace de ceux qui meurent de faim, Lett. à Voltaire, 4 août 1767 dans RIRE
Plusieurs célèbres écrivains, à la tête desquels étaient Fontenelle et Lamotte, et qui unissaient la philosophie aux charmes de la littérature, l'urbanité aux talents, l'estime réciproque à la rivalité, Éloges, Saci. dans RIVALITÉ
Les prêtres et les robins aux prises pour les sacrements, Lett. à Volt. 13 déc. 1756 dans ROBIN
Sa disgrâce [de Fénelon] à la cour, qui avait commencé par ses opinions mystiques, fut consommée sans retour par son roman de Télémaque, Éloges, Fénelon. dans ROMAN
Malheur à tout roman que le lecteur n'est pas pressé d'achever !, Éloges, Marivaux. dans ROMAN
Si Moncrif n'est pas l'inventeur de la romance, s'il l'a reçue de nos bons aïeux, il a du moins le mérite de l'avoir fait renaître de nos jours avec des grâces nouvelles, et de l'avoir comme remise en honneur chez sa nation, devenue plus délicate et plus difficile, Él. Moncrif. dans ROMANCE
Cette harmonie douce et flexible, cette rondeur et cette mollesse d'expression et de cadence, cette diction toujours noble et facile [dans Cicéron], Éloges, Sacy. dans RONDEUR
Voiture lui dirait [à Mlle Clairon, dans le rôle d'Olympie] qu'on ne lui reprochera pas de n'être bonne ni à rôtir ni à bouillir, Lett. à Voltaire, 6 avril 1764 dans RÔTIR
Les Trublet, se trouvant très illustrés de l'ancienneté sans tache de leur roture, n'ont jamais eu la sotte vanité, comme tant d'autres, de se faire, de bourgeois anciens, gentilshommes nouveaux, Éloges, Trublet. dans ROTURE
Ils [les jansénistes de Port-Royal] ne se refusaient pas dans leur solitude comme l'a remarqué Racine, le plaisir de faire des sabots, et celui de tourner les jésuites en ridicule, Oeuv. t. V, p. 317 dans SABOT
Ils [les jésuites] disaient pour se défendre, que l'Eglise universelle était saisie de leur cause par l'appel qu'ils avaient fait au futur concile, Destr. des jés. Oeuv. t. V, p. 77, dans POUGENS dans SAISIR
C'est une espèce de dictionnaire dont les articles sont courts, mais où il y en a un grand nombre de très plaisants et de très salés, Lett. à Voltaire, 14 août 1767 dans SALÉ, ÉE
C'était sur les sermons de ce prédicateur saltimbanque [Roquette, évêque d'Autun, et oncle de l'abbé Roquette] que Despréaux avait fait cette épigramme [On dit que l'abbé Roquette Prêche les sermons d'autrui : Moi, qui sais qu'il les achète, Je soutiens qu'ils sont à lui], Éloges, Roquette. dans SALTIMBANQUE
Dumarsais, sans être aussi modeste que l'abbé Girard, ignorait encore plus que lui les moyens de se procurer les honneurs littéraires, Éloges, Girard. dans SANS
ont été accablés de leurs temps par des volumes de satires ; qui est-ce qui en connaît aujourd'hui une seule ?, Éloges, Despréaux, Note 40 dans SATIRE
Une autre preuve moins équivoque du caractère satirique de Racine, c'est l'épigramme qu'il fit contre le Sésostris de Longepierre, Éloges, Despréaux. dans SATIRIQUE
En les louant [les anciens] à l'excès sans vouloir trop leur ressembler, il a tout à la fois la satisfaction si douce de médire de son siècle et la prudence si nécessaire de rechercher son suffrage, Mélanges, t. V, Réflexions sur l'histoire. dans SATISFACTION
Mon cher et grand philosophe, je satisfais, autant qu'il est en moi, aux questions que vous me faites, Lett. à Voltaire, 6 mai 1760 dans SATISFAIRE
Pour être satisfait, il faut avoir désiré ; on peut être content sans avoir désiré rien, Synon. Oeuv. t. III, p. 289, dans POUGENS dans SATISFAIT, AITE
La philosophie, bien loin d'être, comme l'imbécile méchanceté l'en accuse, l'ennemie des rois et des peuples, est au contraire leur sauvegarde la plus assurée, par l'horreur qu'elle inspire pour la tyrannie qui rend les souverains odieux, Éloges, Vaux de St-Cyr. dans SAUVEGARDE
Cette savante [Mme Dacier], n'étant encore que Mlle Lefèvre, avait dédié un livre au roi qu'elle ne pouvait lui présenter, personne n'osant l'introduire auprès d'un prince qui ne voyait point sans indignation un sujet assez téméraire pour être d'une autre religion que la sienne, Éloges, Fléchier, note 8 dans SAVANT, ANTE
De vices, j'avoue que je ne vous en sais point, Portr. de Mlle de l'Espinasse dans SAVOIR
Lorsqu'on lui demandait [à Massillon] quel était celui de ses sermons qu'il croyait le meilleur, il répondait : celui que je sais le mieux, Éloges, Mass. dans SAVOIR
Le savoir que l'auteur [Dumarsais] y a répandu, la précision des règles et la justesse des applications, ont fait regarder avec raison cette partie de l'Encyclopédie comme une des mieux traitées, Éloges, Dumarsais. dans SAVOIR
Depuis qu'il [Boileau] avait quitté ce sceptre du Parnasse, qui avait été longtemps un sceptre de fer entre ses mains, mais nécessaire au maintien du bon goût, Éloges, St-Aulaire. dans SCEPTRE
Bossuet, qui voyait s'élever dans Bourdaloue un successeur digne de lui et formé sur son modèle, remit le sceptre de l'éloquence chrétienne aux mains de l'illustre rival à qui il avait ouvert et tracé cette glorieuse carrière, Éloges, Bossuet. dans SCEPTRE
Les sciences sont une espèce de grand édifice auquel plusieurs personnes travaillent de concert ; les uns, à la sueur de leur corps, tirent la pierre de la carrière, d'autres la traînent avec effort jusqu'au pied du bâtiment, d'autres l'élèvent à force de bras et de machines ; mais celui qui la met en oeuvre et en place a le mérite de la construction, Élém. de philos. ch. 21 dans SCIENCE
J'entends ici par la science du monde, l'art de se conduire avec les hommes pour tirer de leur commerce le plus grand avantage possible, sans s'écarter néanmoins des obligations que le monde impose à leur égard, Mélanges, etc. t. V, § 6 dans SCIENCE
Il est nécessaire d'y faire [dans un dictionnaire] entrer tous les mots scientifiques que le commun des lecteurs est sujet à entendre prononcer, ou à trouver dans les livres ordinaires, Oeuv. t. III, p. 199 dans SCIENTIFIQUE
Il [l'abbé Abeille] pensait, et avec très grande raison, que la scène peut être une école de vertu, et qu'à ce titre jamais un citoyen honnête ne doit avoir de scrupule d'y consacrer ses talents, Éloges. G. Abeille. dans SCRUPULE
Le discours que le cardinal Dubois prononça à la première séance de l'assemblée du clergé, à laquelle il présida en 1723, était l'ouvrage de Fontenelle, Oeuvr. t. X, p. 121 dans SÉANCE
Âmes sèches et frivoles, ce n'est pas pour vous que j'écris ; âmes tendres et sensibles, lisez-moi et pardonnez-moi, Lettre à Condorcet sur Mme Geoffrin dans SEC, SÈCHE
La sensibilité extrême exclut la sécheresse, Portr. de Mlle de l'Espinasse. dans SÉCHERESSE
La fable de la mort et du bûcheron a été mise en vers par la Fontaine et par Despréaux ; qu'on les compare ensemble : la sensibilité respire à chaque vers dans la fable de la Fontaine ; chaque vers de celle de Despréaux semble flétri par la sécheresse, Éloges, Despr. dans SÉCHERESSE
L'impression est le juge naturel du premier moment ; la discussion l'est du second, Oeuv. t. III, p. 428 dans SECOND, ONDE
Deux secondes d'erreur dans la seule mesure de l'arc céleste donnent trente-deux toises d'erreur sur le degré ; et quel observateur peut répondre de deux secondes ?, Oeuv. t. XIV, p. 163 dans SECONDE
Picard avait découvert le premier en 1675 que son baromètre, secoué dans l'obscurité, donnait de la lumière, principalement à sa partie supérieure, Éloges, Bernoulli. dans SECOUÉ, ÉE
Son âme avait besoin d'être remplie et non pas tourmentée ; il ne lui fallait que des émotions douces ; les secousses l'auraient usée et amortie, Portr. de l'aut. dans SECOUSSE
Despréaux, entre autres conseils qu'il s'applaudissait d'avoir donnés à Racine, se vantait de lui avoir appris à faire toujours le second vers avant le premier ; c'était, selon lui, un des plus grands secrets de la poésie, Éloges, Despréaux, note 11 dans SECRET
Il [M. de Créci] avait eu d'abord auprès de Louis XIV une place de secrétaire du cabinet, qui mettait tous les jours le monarque à portée de le sonder et de le juger, Éloges, L. Verjus. dans SECRÉTAIRE
Le secrétaire d'une académie doit non-seulement avoir une connaissance étendue des différentes matières dont l'académie s'occupe, mais posséder encore le talent d'écrire, perfectionné par l'étude des belles-lettres, la finesse de l'esprit, la facilité de saisir les objets et de les présenter, enfin l'éloquence même, Oeuv. t. III, p. 280 dans SECRÉTAIRE
Les éloges historiques sont en usage dans nos académies des sciences et des belles-lettres, et, à leur exemple, dans un grand nombre d'autres ; c'est le secrétaire qui en est chargé, ib. p. 277 dans SECRÉTAIRE
Le secrétariat de l'Académie étant venu à vaquer par la mort de Mézerai, il [Regnier Desmarais] fut jugé plus propre que personne à remplir cette place, Eloges, Regnier Desm. dans SECRÉTARIAT
Les partisans de la bulle se croyaient fondés à traiter les jansénistes comme des sectaires déclarés, Oeuvr. t. V, p. 77 dans SECTAIRE
Les voeux furent déclarés abusifs, les jésuites sécularisés et dissous, leurs biens aliénés et vendus, Oeuv. t. V, p. 109 dans SÉCULARISER
La vie sédentaire et obscure de la plupart des gens de lettres offre pour l'ordinaire peu d'événements, surtout quand leur fortune n'a pas répondu à ce qu'ils avaient mérité par leurs travaux, Éloges, Dumarsais. dans SÉDENTAIRE
Quand on fait à des satires l'honneur d'y répondre, ce doit être avec le sel et la gaieté de la Motte, et non avec le fiel et la fange de Scaliger, Éloges, d'Olivet. dans SEL
Grands hommes semés de loin à loin comme ils le sont toujours, Oeuv. t. I, p. 249 dans SEMÉ, ÉE
Les grammairiens distinguent ordinairement deux espèces de sens dans les mots : le sens propre qui est leur signification originaire et primitive, et le sens figuré par lequel on détourne le premier sens, le sens propre, en l'appliquant à un objet auquel il ne convient pas naturellement, Oeuv. t. II, p. 249 dans SENS
Il y a, outre le sens propre et le sens figuré, un autre sens que j'appelle sens par extension, qui tient en quelque sorte le milieu entre ces deux-là, ib. dans SENS
Le mot sensation, pris abstractivement, n'exprime proprement aucune idée ; ce mot est seulement une expression commune à toutes les idées que nous recevons par les sens, Mél. de littér. t. V, § II dans SENSATION
La tendresse se borne au sentiment qui fait aimer ; la sensibilité a pour objet tout ce qui peut affecter l'âme en bien ou en mal, Synon. Oeuv. t. III, p. 329 dans SENSIBILITÉ
Docile à la censure quand elle était juste, Moncrif y était pourtant très sensible, Éloges, Moncrif. dans SENSIBLE
Il est certain que Saturne éprouve, dans son mouvement, des variations sensibles, et il est fort vraisemblable que Jupiter est la principale cause de ces variations, Oeuv. t. XIV, p. 130 dans SENSIBLE
Ces nuances.... saisies par l'homme de génie, senties par l'homme de goût, Oeuv. t. I, p. 222 dans SENTI, IE
Si Marivaux, comme l'a très bien dit un écrivain célèbre, connaissait tous les sentiers du coeur, il en ignorait les grandes routes, Éloges, Mariv. dans SENTIER
Des hommes plus faits pour juger Despréaux ont mieux rencontré ce talon d'Achille dans la partie du sentiment dont il paraît avoir été privé ; c'était, qu'on nous permette cette expression, une espèce de sens qui manquait à cet illustre écrivain, Éloges, Despréaux. dans SENTIMENT
Combien d'excellents vers on peut citer où il n'y pas l'ombre d'images ! combien même y en a-t-il, comme les vers de sentiment, que toute espèce d'image affaiblirait, qui n'ont que l'expression la plus simple et qui n'en valent que mieux !, Oeuvr. t. IV, p. 164 dans SENTIMENT
Plus l'autorité agitera le vase où les vérités nagent pêle-mêle avec les erreurs, plus elle retardera la séparation des unes et des autres, Éloges, Bossuet. dans SÉPARATION
Le rôle du jeune Machabée [dans une pièce], à peine sorti de l'enfance, fut rempli par le fameux Baron, presque septuagénaire, Éloges, Lamotte. dans SEPTUAGÉNAIRE
Fontenelle, qui allait quelquefois le voir [le cardinal de Fleury] ou plutôt l'observer, et qu'il recevait avec plaisir, parce que le philosophe n'avait jamais de demande à lui faire, était surpris de trouver toujours ce ministre tranquille et serein, au milieu du tumulte des affaires et des intrigues de la cour, Oeuv. t. X, p. 97 dans SEREIN, EINE
Les sermons qu'on a imprimés de lui [de Bossuet], restes d'une multitude immense, car jamais il ne prêcha deux fois le même, sont plutôt les esquisses d'un grand maître que des tableaux terminés, Éloges, Bossuet dans SERMON
Fléchier ne se faisait aucun scrupule de prendre dans les vieux sermonnaires toutes les pensées heureuses qu'il y trouvait, et dont il ornait ses discours, Éloges, Fléch. dans SERMONNAIRE
En quoi consiste le style serré ? à mettre chaque idée à sa véritable place, Oeuv. t. III, p. 268 dans SERRÉ, ÉE
J'ai résolu de ne me mettre jamais au service de personne, et de mourir libre comme j'ai vécu, Lett. à Volt. 22 décemb. 1765 dans SERVICE
L'Académie française n'a pu encore obtenir de faire pour M. de Voltaire le service qu'elle a coutume de faire pour tous les membres qu'elle perd, Lett. au roi de Pr. 1er juil. 1778 dans SERVICE
Il [Fénelon] recueillait dans son palais les malheureux habitants des campagnes que la guerre avait obligés de fuir leurs demeures, les nourrissait, et les servait lui-même à table, Élog. Fén. dans SERVIR
Christine, comme tous les princes, aimait mieux être flattée que servie, Oeuvr. t. IV, p. 21 dans SERVIR
Je voudrais bien servir la raison, mais je désire encore plus d'être tranquille, Lett. à Volt. 22 déc. 1765 dans SERVIR
Les mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV, qu'il [l'abbé de Choisy] avait aussi écrits dans ses moments de loisir, n'ont paru que depuis sa mort, Éloges, l'abbé de Choisy. dans SERVIR
La première séve de l'enthousiasme créateur, Oeuv. t. VII, p. 259 dans SÉVE
La seule chose dont nous puissions répondre, c'est l'assiduité de notre travail et l'emploi sévère de notre temps, Oeuvr. t. I, p. 362 dans SÉVÈRE
Nous avons déjà sévi contre le fanatisme ridicule et scandaleux qu'ils [les jansénistes] cherchaient à répandre par leurs convulsions ; que ne sévissons-nous aussi contre les intrigues sourdes qu'ils font jouer pour exciter du trouble ? que ne sévissons-nous contre l'acharnement avec lequel ils violent sans cesse la loi du silence, en disant toujours qu'il faut se taire ?, Oeuv. t. V, p. 224 dans SÉVIR
Ce sexe sans lequel, comme l'a dit une femme aussi spirituelle que sensible, le commencement de notre vie serait privé de secours, le milieu de plaisirs, et la fin de consolation, Éloges, Mariv. dans SEXE
Le sage, qui voit de sang-froid tous les siècles, et même le sien, pense que les hommes y sont à peu près semblables, Oeuvr. t. III, p. 24 dans SIÈCLE
Notre siècle, j'en conviens encore avec Votre Majesté, ne vaut pas le siècle de Louis XIV pour le génie et pour le goût ; mais il me semble qu'il l'emporte pour les lumières, pour l'horreur de la superstition et du fanatisme, Lett. au roi de Pr. 14 février 1774 dans SIÈCLE
Il semble que le propre des siècles d'ignorance est de représenter la nature plus grossière, mais aussi plus vraie ; et celui des siècles de lumière, de la peindre plus délicate, mais plus déguisée, Oeuvr. t. III, p. 361 dans SIÈCLE
Il y a un siècle, mon cher et grand philosophe, que je ne vous ai rien dit, Lett. à Voltaire, 2 sept. 1760 dans SIÈCLE
Il faut, comme Dumarsais l'observe après plusieurs écrivains, distinguer avec soin la cour de Rome, le pape et le saint-siége, Éloges, Dumarsais. dans SIÉGE
Parmi nos poëtes modernes, Voltaire a, comme Corneille, le rare avantage d'offrir souvent de ces vers heureux qui appartiennent au poëte, et qui sont comme sa signature, Éloges, Despréaux, note 12 dans SIGNATURE
Il y a longtemps, mon cher et illustre maître, que je n'ai entendu parler de vous, et que de mon côté je ne vous ai donné signe de vie, Lett. à Voltaire, 12 févr. 1774 dans SIGNE
La signification des mots s'établit par de bonnes définitions ; leur usage, par une excellente syntaxe ; leur nature enfin, par l'objet du dictionnaire lui-même, Oeuvr. t. III, p. 183 dans SIGNIFICATION
Le peu que nous venons de dire est suffisant pour engager les lecteurs éclairés à se tenir sur leurs gardes, à se défier et de la louange et du blâme, et du silence même ; car le silence a aussi sa malignité et son injustice, Oeuvr. t. I, p. 383 dans SILENCE
Il ne voulut jamais posséder que des bénéfices simples, parce qu'en le dispensant des pénibles et redoutables fonctions du ministère, ils lui permettaient de donner sans scrupule tout son temps aux lettres, Él. Dangeau. dans SIMPLE
De ce que le beau est toujours simple, ils en concluent que le simple est toujours beau ; et ils appellent simple ce qui est froid et commun, sans force, sans âme et sans idée, Oeuv. t. III, p. 365 dans SIMPLE
Nous oserions peut-être dire qu'il est plus difficile à un écrivain d'être simple que d'être grand, si l'on pouvait être grand sans être simple, Él. Massillon, note 10 dans SIMPLE
L'affluence des spectateurs fut si grande, que les comédiens, après avoir fait payer le double aux vingt premières représentations [d'Andronic], et avoir ensuite mis la pièce au simple, furent obligés de la remettre au double pour diminuer la foule, El. Campistron. dans SIMPLE
S'il [Marivaux] ne pouvait se résoudre à dire simplement les choses même les plus communes, du moins la facilité avec laquelle il parlait de la sorte, semblait demander grâce pour ses écrits, Él. Mariv. dans SIMPLEMENT
Fénelon a caractérisé lui-même en peu de mots cette simplicité qui le rendait si cher à tous les coeurs : La simplicité, disait-il, est la droiture d'une âme qui s'interdit tout retour sur elle et sur ses actions, El. Fén. dans SIMPLICITÉ
La modestie est quelquefois hypocrite, et la simplicité ne l'est jamais, Dial. Christ. et Descart. dans SIMPLICITÉ
La simplicité consiste à montrer ce que l'on est ; la modestie à le cacher, Synon. dans SIMPLICITÉ
La simplicité tient plus au caractère ; la modestie, à la réflexion, ib. dans SIMPLICITÉ
Malheureusement celui qu'elle [l'Académie] proposait avait eu la simplicité de prendre quelque part aux querelles du jansénisme, auxquelles on attachait encore, il y a trente ans, quelque espèce d'importance, Éloges, St-Aulaire. dans SIMPLICITÉ
Rémond de St-Mard, auteur de quelques ouvrages assez médiocres, où il n'a été que le singe de Fontenelle, se déchaînait contre son modèle avec une espèce d'acharnement, Él. Despréaux, note 32 dans SINGE
Calvin.... écrivant en latin aussi bien qu'on le peut faire dans une langue morte, et en français avec une pureté singulière pour son temps, Oeuv. t. V, p. 257 dans SINGULIER, IÈRE
De chercher surtout ces hommes rares et singuliers dont le commerce supplée quelquefois à plusieurs années d'observation et de séjour, Él. Montesq. dans SINGULIER, IÈRE
Il est bien singulier que M. Euler, comblé de biens par Votre Majesté, lui et sa famille, ait obtenu son congé si aisément après vingt-six ans de séjour, Lett. au roi de Prusse, 26 mai 1766 dans SINGULIER, IÈRE
L'orateur peut se permettre quelquefois la finesse des pensées et des tours, pourvu que ce soit avec sobriété, Oeuvr. t. III, p. 255 dans SOBRIÉTÉ
C'était autrefois du nom de janséniste que la méchanceté gratifiait les objets de sa haine ; ce sobriquet a vieilli ; celui d'encyclopédiste y a succédé, et ne tardera pas à vieillir de même, Éloges, de Hautev. note 6 dans SOBRIQUET
Nous demanderons si la perfection de ces deux objets n'est pas essentielle aux agréments de la société, dans une nation dont la sociabilité fait le principal caractère, Éloges acad. Préf. dans SOCIABILITÉ
Despréaux n'était guère moins dévoué aux écrivains de l'illustre société de Port-Royal, dont les ouvrages ont tant contribué à rétablir parmi nous l'étude et le goût de la saine antiquité, Él. Despr. dans SOCIÉTÉ
Ajoutons, car il faut être juste, qu'aucune société religieuse, sans exception, ne peut se glorifier d'un aussi grand nombre d'hommes célèbres dans les sciences et dans les lettres [que celle des jésuites], Oeuvr. t. V, p. 28 dans SOCIÉTÉ
La Société royale de médecine établie à Paris, et composée de ce qu'il y a dans la Faculté de meilleur et de plus instruit, Lett. au roi de Pr. 22 sept. 1777 dans SOCIÉTÉ
Ils sont à présent aux prises avec les gens du parlement, qui trouvent que la société de Jésus est contraire à la société humaine, Lett. à Voltaire, 9 juil. 1761 dans SOCIÉTÉ
L'évêque de Meaux, malgré les coups que la Société lui portait sourdement, était lié, au moins d'estime, avec quelques jésuites, Él. Boss. note 14 dans SOCIÉTÉ
La promenade même m'est presque entièrement interdite, quoiqu'elle soit ma seule ressource, mes sociétés d'hiver étant toutes dispersées, Lett. au roi de Prusse, 28 juill. 1777 dans SOCIÉTÉ
Il avait prédit que les principes des protestants pour rejeter l'autorité de l'Église, les conduiraient tôt ou tard au socinianisme, Él. Boss. note 10 dans SOCINIANISME
Il y a actuellement dans ce pays-là dix-sept ou dix-huit ci-devant soi-disant jésuites, comme les classes du parlement les appellent, Lett. à Voltaire, 25 sept. 1762 dans SOI-DISANT
Si elle [Mme Geoffrin] employait quelquefois, sans scrupule, des expressions familières, populaires même, que la soi-disant bonne compagnie se serait refusées avec dédain, elle n'en faisait jamais usage qu'en les relevant par le grand sens qu'elles renfermaient, Lett. à Condorcet sur Mme Geoffrin dans SOI-DISANT
Tant pis pour qui ne fait pas de solécisme en parlant [dans la conversation] ; on pourrait dire que ces personnes-là lisent toujours et ne parlent jamais, Oeuv. t. III, p. 153 dans SOLÉCISME
Des circonstances dont il [le P. Bouhier] ne fut pas le maître, ne lui permirent pas d'exécuter la promesse qu'il avait donnée solennellement, Éloges, Bouhier dans SOLENNELLEMENT
La mécanique des corps solides n'étant appuyée que sur des principes métaphysiques et indépendants de l'expérience, Oeuvr. t. XIV, p. 196 dans SOLIDE
Ceux qui accusaient sa bienveillance [de l'abbé de Saint-Pierre] d'être froide et banale, ne pouvaient au moins la taxer d'être solitaire et personnelle, Éloges, l'Ab. de St-P. dans SOLITAIRE
Cela me rappelle le mot d'un solitaire qui disait aux personnes dont il recevait quelquefois la visite : Vous voyez un homme presque aussi heureux que s'il était mort, Lett. au roi de Pr. 14 nov. 1776 dans SOLITAIRE
Voyez mon malheur et mes larmes, la solitude de mon âme, le vide affreux que vous y avez fait, et l'abandon cruel où vous me laissez !, Aux mânes de Mlle de l'Espinasse dans SOLITUDE
Le cardinal de Fleury, dont la sollicitude ministérielle s'étendait jusqu'aux plus petits objets et peut-être y mettait quelquefois une importance qu'ils n'avaient pas, Éloges, Cardin. de Soubise. dans SOLLICITUDE
Il [l'abbé de Dangeau] s'occupa surtout très longtemps du soin délicat et pénible de faire l'énumération exacte des sons de notre langue, Dangeau. chap. 3 dans SON
La sonate ne peut pas être appréciée par tout le monde ; de là cette boutade : Toute cette musique purement instrumentale, sans dessein et sans objet, ne parle ni à l'esprit ni à l'âme, et mérite qu'on lui demande avec Fontenelle : sonate, que me veux-tu ?, Oeuv. t. III, p. 403 dans SONATE
Il [Fénelon] était bien mieux que modeste ; car il ne songeait pas même à l'être, Él. Fén. dans SONGER
Je sais qu'on fait sonner très haut deux grands avantages en faveur de l'éducation des colléges, la société et l'émulation, Oeuv. t. III, p. 171 dans SONNER
Il me semble qu'un monument à l'honneur de Descartes décorera bien autrement cette église [Ste-Geneviève] que de belles orgues ou une belle sonnerie, Dial. entre Desc. et Christ. dans SONNERIE
Le Misanthrope pensa être sifflé dans la critique du sonnet, parce que le parterre avait eu la bêtise d'en applaudir les vers, et l'auteur l'imprudence de ne pas le prévenir que les vers étaient mauvais, Éloges, Mariv. note 11 dans SONNET
Si on savait en France imposer silence à ces sonneurs de tocsin, ils n'auraient ni partisans, ni imitateurs, Lett. au roi de Pr. 11 mai 1781 dans SONNEUR
Dans cette thèse, le répondant argumentait pendant douze heures consécutives contre tout venant. Le sujet de son discours [du card. de Soubise] pour la clôture des sorboniques en 1739 était : Combien il est avantageux aux rois et aux gouvernements que les peuples soient éclairés, Él. du card. de Soubise. dans SORBONIQUE
Il y a deux de ces messieurs [du parlement de Paris] qui sont à Berlin ; ils ont désiré voir le roi de Prusse, et le roi n'y a consenti qu'après qu'ils ont assuré qu'ils n'avaient pas été d'avis de consulter la Sorbonne sur l'inoculation, Lett. à Voltaire, 8 déc. 1763 dans SORBONNE
On voit que la douleur, si je puis parler de la sorte, vous a nourrie, et que les affections ne font que vous consoler, Portr. de Mlle l'Espinasse dans SORTE
Helvétius essuya cette sortie avec la tranquillité la plus philosophique, et se contenta de dire, quand Marivaux fut parti : Comme je lui aurais répondu, si je ne lui avais pas l'obligation d'avoir bien voulu accepter mes bienfaits !, Él. Mariv. dans SORTIE
Une femme de beaucoup d'esprit, ayant eu avec lui un long entretien sur des matières sérieuses, en sortit si contente, qu'elle ne put s'empêcher de lui marquer tout le plaisir qu'elle venait d'avoir, Él. l'Ab. de St-P. dans SORTIR
À l'égard de vos articles, ils sont tous entre mes mains, n'en sont pas sortis, et, comme je vous l'ai mandé, n'en sortiront que par votre ordre exprès, Lett. à Voltaire, 25 févr. 1758 dans SORTIR
Il [Galilée, à ceux qui lui demandaient à quoi servaient les recherches mathématiques] répondait que la géométrie servait principalement à peser, à mesurer et à compter : à peser les ignorants, à mesurer les sots, et à compter les uns et les autres, Élog. Bernoulli. dans SOT, OTTE
À quoi bon, disait un de ces hommes qui croient penser mieux que les autres parce qu'ils pensent autrement, à quoi bon s'embarrasser de toutes les sottises qu'on a dites et faites avant nous ?, Mélanges, t. V, Réflexions sur l'histoire. dans SOTTISE
D'Alembert conforme sa conduite à ce principe ; il dit beaucoup de sottises, n'en écrit guères, et n'en fait point, Portr. de l'aut. dans SOTTISE
Sa mémoire [de l'archevêque Vintimille] le servit très infidèlement dès les premiers mots ; un souffleur qu'il avait chargé de le suppléer, les lui suggéra ; il ne les entendit pas, le fit répéter, continua encore à dire quelques mots, toujours mal soufflés ou mal entendus, et toujours mal redits, Art. du card. Dubois. dans SOUFFLÉ, ÉE
Je ne sais de quel côté le vent va souffler pour la philosophie, Lett. à Voltaire, 9 juill. 1764 dans SOUFFLER
Qu'ils aient le courage de s'élever au-dessus de l'instant où ils vivent, ils verront de loin la postérité souffler sur ces nuages, et condamner à un mépris éternel ceux qui ont eu la honte de les rassembler, Él. Bossuet, note 11 dans SOUFFLER
Son ardeur pour s'instruire et son application à son métier, qui ne souffre point de ses autres études, Lett. au roi de Pr. 20 nov. 1772 dans SOUFFRIR
Pourvu que nos riches oisifs aillent tous les jours pendant trois heures se soulager, au théâtre, du poids du temps qui les accable, peu leur importe qu'on s'amuse ailleurs, Lett. à J. J. Rouss. dans SOULAGER
Ce pauvre roi [d'Espagne] qui apprenait la prise de Mons par Louis XIV, et, ignorant que cette ville était à lui, disait en soupirant : voilà une grande perte pour le roi d'Angleterre !, Éloges, l'Abbé de Chois. note 2 dans SOUPIRER
Il ignora la souplesse du manége, la bassesse de l'intrigue et tous ces moyens méprisables qui mènent aux dignités par l'avilissement, Disc. Acad. franç. Oeuv. t. I, p. 135 dans SOUPLESSE
On sent que tant de beautés ont coulé de source, et n'ont rien coûté à celui qui les a produites, Él. Massillon. dans SOURCE
On a cité souvent dans l'Encyclopédie française les sources primitives, Préf. 3e vol. Encycl. Oeuvr. t. I, p. 379 dans SOURCE
Ils [ces passages des Mémoires de Choisy] feront connaître.... le rôle un peu mesquin qu'il a joué dans sa sous-ambassade, Él. Choisy, note 5 dans SOUS-AMBASSADE
C'est un usage ancien et comme sacré pour l'Académie, de recevoir parmi ses membres le précepteur et le sous-précepteur des enfants de France, Éloges, Vaux de St-Cyr. dans SOUS-PRÉCEPTEUR
Le parlement veut mettre Palissot au pilori ; et les protecteurs de Palissot le font exiler pour le soustraire au parlement, Lett. à Voltaire, 6 avril 1764 dans SOUSTRAIRE
Il soutint son ami et justifia Socrate, Él. Montesq. dans SOUTENIR
Les hommes n'ont qu'un certain degré de lumière, mais n'ont aussi qu'un certain degré d'audace et de mauvaise foi ; ils soutiennent par honneur et par persuasion ce qu'ils ont adopté par prévention ou par fanatisme, Destr. des jés. Oeuv. t. V, p. 209 dans SOUTENIR
Soumis et docile à la critique quand elle lui paraissait juste, il la méprisait souverainement quand il la croyait déraisonnable, Él. Marivaux, note 25 dans SOUVERAINEMENT
Chez nous la comédie est le spectacle de l'esprit, la tragédie celui de l'âme, l'opéra celui des sens, Lib. de la mus. Oeuvr. t. III, p. 356 dans SPECTACLE
Pour peu qu'on ait de connaissances dans l'astronomie, on sait que la sphère des étoiles paraît se mouvoir d'occident en orient autour des pôles de l'écliptique d'un mouvement très lent, qui, suivant les observations des astronomes, est d'environ 50 secondes chaque année, Oeuv. t. XIV, p. 47 dans SPHÈRE
On sait par les observations que la terre est un sphéroïde aplati, et la théorie de la gravitation concourt, même avec les mesures actuelles, à lui donner cette figure, Oeuv. t. XIV, p. 49 dans SPHÉROÏDE
Ils nous aimeraient autant athées que spinosistes, comme nous le sommes ; pour les adoucir, faisons-nous sceptiques, et répétons avec Montaigne : que sais-je ?, Lett. au roi de Prusse, 30 nov. 1770 dans SPINOSISTE
Il [l'abbé Boileau] ne fut pas toujours heureux dans ses stations à Versailles, Éloges, Ch. Boileau. dans STATION
Toutes les recettes dont j'ai usé d'ailleurs, quoique réputées stomachiques ou stomacales, car leur nom n'est pas plus assuré que leur effet, m'ont fait plus de mal que de bien, Lett. au roi de Pr. 17 sept. 1764 dans STOMACHIQUE
M. de Voltaire, qui continuait [à Paris] à jouir tous les jours, et au spectacle et à l'Académie et dans les rues même, de l'hommage de ses concitoyens, tomba enfin très sérieusement malade à la fin d'avril pour avoir pris dans un moment de travail plusieurs tasses de café qui augmentèrent la strangurie ou la difficulté d'uriner à laquelle il était sujet, Lett. au roi de Prusse, 1er juil. 1778 dans STRANGURIE
Style se dit des qualités du discours plus particulières, plus difficiles et plus rares, qui marquent le génie ou le talent de celui qui écrit ou qui parle, Mél. litt. Oeuv. t. III, p. 198 dans STYLE
Il [Fontenelle] a eu, comme tous les bons écrivains, le style de sa pensée, Oeuv. t. VI, p. 13 dans STYLE
Qui ne sait que, dans le maudit pays où nous écrivons [la France], ces sortes de phrases sont de style de notaire, et ne servent que de passe-port aux vérités qu'on veut établir d'ailleurs ?, Lett. à Voltaire, 10 oct. 1764 dans STYLE
Le premier mouvement du public, semblable en cela aux critiques subalternes, est de juger par imitation, Oeuv. t. VI, p. 13 dans SUBALTERNE
Un seul article raisonné sur un objet particulier de science ou d'art renferme plus de substance que toutes les divisions et subdivisions qu'on peut faire des termes généraux, Disc. prélim. Encycl. Oeuv. t. I, p. 246 dans SUBDIVISION
On assure qu'en travestissant ce grand poëte, il [Scarron] le priait quelquefois de pardonner à sa goutte l'espèce de mascarade qu'il faisait subir à l'Énéide, Élog. Mariv. note 3 dans SUBIR
Je ne me pique, mon cher et illustre maître, d'être ni aussi sublime que Platon, s'il est vrai qu'il soit aussi sublime qu'on le prétend, ni aussi obscur qu'il me paraît l'être ; vous me faites donc trop d'honneur de me comparer à lui, Lett. à Volt. 7 août 1763 dans SUBLIME
L'éloquence ne consiste point, comme tant d'auteurs l'ont dit d'après les anciens, à dire des choses grandes d'un style sublime, mais d'un style simple ; car il n'y a point proprement de style sublime, c'est la chose qui doit l'être ; et comment le style pourrait-il être sublime sans elle, ou plus qu'elle ?, Mél. litt. Oeuv. t. III, p. 243 dans SUBLIME
Le sublime doit être dans le sentiment ou dans la pensée ; et la simplicité, dans l'expression, Disc. Acad. franç. dans SUBLIME
Leur système [des jésuites], dont, à la vérité, ils ne se vantent pas trop hautement, mais qui ne paraît que trop dans leur conduite et dans leurs écrits, serait de réduire ou de subordonner, s'il leur était possible, toute l'autorité qui est sur la terre, à la seule autorité spirituelle, Oeuv. t. v, p. 174 dans SUBORDONNER
Des révolutions qu'elle [la religion chrétienne] a souffertes, non dans la substance des dogmes, mais dans la manière de les enseigner, Élog. Fleury. dans SUBSTANCE
Le reste est un extrait substantiel et raisonné de l'histoire de la philosophie par Brucker, Préf. 3e vol. Encycl. Oeuv. t. I, p. 381 dans SUBSTANTIEL, ELLE
Ce sera l'abbé de Condillac qui succédera à l'abbé d'Olivet [dans l'Académie française] ; je crois que nous n'aurons point à nous plaindre de l'échange, Lett. à Voltaire, 22 oct. 1768 dans SUCCÉDER
La princesse palatine, successivement galante, incrédule, intrigante et dévote, Éloges, Bossuet. dans SUCCESSIVEMENT
L'Académie, en le dispensant [l'abbé d'Olivet] de solliciter les suffrages que ses travaux sollicitaient assez, fit en cette occasion ce qu'elle devrait toujours faire ; les lettrés et la compagnie y gagneraient, Élog. d'Olivet. dans SUFFRAGE
Le vrai moyen de suggérer des réflexions au lecteur, c'est d'en faire, Oeuvr. t. IV, p. 11 dans SUGGÉRER
Il est certain que Charpentier contribua beaucoup, par son travail et par son zèle, à la belle suite de médailles qui furent frappées sous le règne de Louis XIV, Élog. Charpent. dans SUITE
On ne lirait point aujourd'hui sans étonnement la liste des sujets de dévotion ou de morale que l'Académie a proposés pour le prix d'éloquence depuis l'année 1671 jusqu'à l'année 1758, où ces sujets ont cessé, El. Mongin, note 1 dans SUJET
L'affaiblissement de ma santé, les visites à rendre ou à recevoir, la sujétion des académies auxquelles malheureusement ma subsistance est attachée, me rendent la vie de Paris insupportable, Lett. à Voltaire, 21 déc. 1765 dans SUJÉTION
Quoique la tragédie d'Irène ne vaille ni Zaïre, ni Mahomet, elle est encore fort supérieure à toutes les tragédies qu'on nous donne aujourd'hui, Lett. au roi de Pr. 2 juill. 1778 dans SUPÉRIEUR, EURE
Le savant Isaac Vossius, théologien incrédule et superstitieux, de qui Charles II, roi d'Angleterre, disait qu'il croyait tout, excepté la Bible, Oeuv. t. IV, p. 28 dans SUPERSTITIEUX, EUSE
Un des avantages de la philosophie appliquée aux matières de goût est de nous guérir ou de nous garantir de la superstition littéraire, Oeuv. t. III, p. 414 dans SUPERSTITION
L'estime des autres est un supplément à l'opinion peu favorable que nous avons de nous-mêmes, c'est un roseau dont l'amour-propre cherche à s'étayer, Oeuvr. t. III, p. 31 dans SUPPLÉMENT
La suppression de la comédie de Moncrif était pour lui un véritable succès, et d'autant plus agréable, que cette suppression, en donnant de l'importance à l'ouvrage, et le condamnant en même temps à l'obscurité, mettait l'auteur à couvert des traits de la critique et de la satire, Éloges, Moncrif. dans SUPPRESSION
Je suis sur les lieux, et mieux à portée que vous de juger de l'effet que cette demande produira, Lett. à Voltaire, 6 mai 1760 dans SUR
Je sais par expérience que c'est un ami sûr, Lett. à Voltaire, 24 août 1752 dans SÛR, ÛRE
L'abbé Girard, plus heureux que beaucoup d'autres philosophes aussi peu coupables, mais plus illustres et plus enviés, eut l'avantage d'échapper à la haine, par le peu de surface qu'il présentait à ses coups, Elog. Girard. dans SURFACE
Je fais abstraction de l'étendue ou de l'espace que ce corps renferme, pour ne considérer que ses bornes en tous sens ; et ces bornes me donnent l'idée de surface, Mél. etc. t. v, § 11 dans SURFACE
Il est surprenant que Marivaux, donnant, pour ainsi dire, toujours la même comédie sous différents titres, n'ait pas été plus malheureux sur la scène, Élog. Mariv. note 12 dans SURPRENANT, ANTE
Cette éternelle surprise de l'amour, sujet unique des comédies de Marivaux, est la principale critique qu'il ait essuyée sur le fond de ses pièces, Élog. Mariv. dans SURPRISE
Des parties susceptibles de figure, de mouvement et de repos, Lett. au roi de Pr. 30 nov. 1770 dans SUSCEPTIBLE
La forme syllogistique, si chère aux scolastiques pour leurs vaines disputes, est bien moins nécessaire dans les véritables sciences que ces mêmes scolastiques ne le pensent ou ne le disent, Mélanges, etc. t. v, § 5 dans SYLLOGISTIQUE
Il est dans nos opéras un genre de symphonie sur lequel nous nous arrêterons un moment, ce sont les ouvertures, De la liberté de la musique, 38 dans SYMPHONIE
À la tête de la république [de Genève] sont quatre syndics, qui ne peuvent l'être qu'un an, Gouv. Genève. dans SYNDIC
Ce qui constitue deux ou plusieurs mots synonymes, c'est d'abord un sens général qui est commun à ces mots ; et ce qui fait ensuite que ces mots ne sont pas toujours synonymes, ce sont des nuances souvent délicates et quelquefois presque imperceptibles, qui modifient ce sens primitif et général, Élém. de philos. ch. 13 dans SYNONYME
On pourrait donner peut-être pour exemple de ces demi-synonymes les mots de pleurs et de larmes, qui, au sens moral, semblent pouvoir être employés indifféremment, sans pouvoir l'être de même au sens physique ; car on dit également les pleurs ou les larmes d'une mère ; mais il semble qu'on dit beaucoup mieux les pleurs que les larmes de l'aurore, Élog. Girard, note 4 dans SYNONYME
Dans la démonstration, ou l'on remonte de la chose à démontrer aux premiers principes, ou l'on descend des premiers principes à la chose à démontrer ; d'où naissent l'analyse et la synthèse, Oeuv. t. I, p. 334 dans SYNTHÈSE
Le véritable esprit systématique, qu'il faut bien se garder de prendre pour l'esprit de système, avec lequel il ne se rencontre pas toujours, Oeuvr. t. I, p. 302 dans SYSTÉMATIQUE
La médecine systématique me paraît (et je ne crois pas employer une expression trop forte) un vrai fléau du genre humain, Mélanges, etc. t. v. § VI dans SYSTÉMATIQUE
Descartes est proprement le premier qui ait traité du système du monde avec quelque soin et quelque étendue, Disc. prélim. syst. monde, Oeuvr. t. XIV, p. 80 dans SYSTÈME
Les ennemis de Lamotte l'ont accusé d'avoir ambitionné la monarchie universelle en littérature ; peut-être aspirait-il tacitement à cette gloire, sans trop s'en douter, Élog. Lamotte, note 23 dans TACITEMENT
Finesse de tact, Oeuv. t. v, p. 56 dans TACT
Ce n'est pas que nous manquions de postulants pour s'enrôler, mais il ne sont pas de taille, Lett. à Voltaire, 21 mars 1776 dans TAILLE
Le sage n'oublie point que, s'il est un respect extérieur que les talents doivent aux titres, il en est un autre plus réel que les titres doivent aux talents, Oeuv. t. III, p 69 dans TALENT
Quoique Despréaux ne se reposât sur personne du soin de louer ses ouvrages, il a plus d'une fois avoué que, dans tout ce qu'il avait écrit, il restait un côté faible, et, comme il s'exprimait lui-même, le talon d'Achille, qu'aucun de ses ennemis n'avait pu trouver, Élog. Despréaux. dans TALON
Une autre raison me fait désirer beaucoup de voir, comme on dit, leurs talons, Lett. à Voltaire, 2 mars 1764 dans TALON
L'esprit ne crée et n'imagine des objets qu'en tant qu'ils sont semblables à ceux qu'il a connus par des idées directes et par des sensations, Oeuv. t. I, p. 236 dans TANT
Si vous voulez savoir mon tarif, je trouve qu'un philosophe vaut mieux qu'un roi, un roi qu'un ministre, un ministre qu'un intendant, un intendant qu'un conseiller, un conseiller qu'un jésuite, et un jésuite qu'un janséniste, Lett. à Voltaire, 12 janv. 1763 dans TARIF
Il avait pour oncle un autre abbé de Roquette, évêque d'Autun, qui, par son zèle de commande et sa dévotion politique, eut l'honneur, dit-on, de fournir à Molière l'heureux original d'après lequel il a peint le précieux tableau du Tartufe, Élog. de Roq. dans TARTUFE
Je n'attends que la paix pour voyager ; je tâterai de différents pays, Lett. à Voltaire, 22 déc. 1759 dans TÂTER
Le style prend la teinture du caractère, Oeuv. t. III, p. 91 dans TEINTURE
Il nous trouverait [nous Français] tels qu'il nous a laissés il y a vingt-cinq ans, faisant et disant beaucoup de sottises, Lett. au roi de Pr. 22 avril 1775 dans TEL, ELLE
Pour peu que Corneille soit justifiable par des raisons telles quelles, dans les endroits où vous l'attaquez, vous êtes sûr d'avoir contre vous les pédants, Lett. à Voltaire, 27 janv. 1762 dans TEL, ELLE
Il [Boileau] se piquait de penser rarement comme ses confrères, et il l'avait témoigné assez plaisamment dans une autre occasion, où ils avaient tous été de son avis : J'en fus très étonné, disait-il, car j'avais raison, et c'était moi, Éloges, St Aulaire. dans TÉMOIGNER
Nous [les encyclopédistes] avons essuyé cet hiver une tempête ; j'espère qu'enfin nous travaillerons en repos ; je me suis bien douté qu'après nous avoir aussi maltraités qu'on a fait, on reviendrait nous prier de continuer, Lett. à Voltaire, 24 août 1752 dans TEMPÊTE
Sans connaître la cause de la pesanteur, nous apprenons par l'expérience que les espaces décrits par un corps qui tombe sont entre eux comme le carré des temps, Oeuv. t. XIV, p. 213 dans TEMPS
Voilà donc les pauvres Sirven déboutés de leur demande ; ô temps, ô moeurs !, Lett. à Voltaire, 18 fév. 1768 dans TEMPS
La tendresse a sa source dans le coeur ; la sensibilité tient aux sens et à l'imagination, Synon. Oeuv. t. III, p. 329 dans TENDRESSE
La tendresse ne se manifeste pas toujours au dehors ; la sensibilité se déclare par des signes extérieurs, ib. dans TENDRESSE
Cette production de ténèbres est l'ouvrage ou d'un diable en trois personnes ou d'une personne en trois diables, Lett. à Voltaire, 10 oct. 1764 dans TÉNÈBRES
Nos ténébreuses querelles théologiques ne bornent pas au dedans du royaume le tort et le mal qu'elles nous causent, Oeuv. t. v, p. 134 dans TÉNÉBREUX, EUSE
Il ne faut ni tenir la main fermée ni l'ouvrir tout à la fois ; il faut ouvrir les doigts l'un après l'autre ; la vérité s'en échappe peu à peu, sans faire courir aucun risque à ceux qui la tiennent et qui la laissent échapper, Oeuv. t. IV, p. 88 dans TENIR
Adieu, mon cher maître : le ciel vous tienne en joie !, Lett. à Voltaire, 9 janvier 1773 dans TENIR
Le roi tient actuellement son lit de justice pour cette belle affaire du parlement et du clergé, Lett. à Voltaire, 13 déc. 1756 dans TENIR
Je tiens les hommes de tous les siècles pour ce qu'ils sont, faibles, fourbes et méchants, trompeurs et dupes les uns des autres, Oeuv. t. IV, p. 185 dans TENIR
On m'a prêté des discours que je n'ai jamais tenus, et que je n'aurais rien gagné à tenir, Lett. à Voltaire, 8 déc. 1763 dans TENIR
Je dirai que la chaleur de J. J. Rousseau me paraît tenir plus aux sens qu'à l'âme, Oeuv. t v, p. 377 dans TENIR
Je sais seulement, et toute l'Europe le sait comme moi, qu'il ne tient pas à Votre Majesté que l'humanité ne respire enfin après tant de malheurs, Lett. au roi de Pr. 22 déc. 1762 dans TENIR
Cet ami si modéré et si philosophe pour supporter les maux d'autrui, se vit peu de temps après, pour quelque sottise qu'il fit, le sujet d'une mauvaise épigramme ; sa philosophie n'y tint pas, Éloges, Mariv. dans TENIR
La philosophie, sire, respecte qui elle doit, estime qui elle peut, et s'en tient là, Lett. au roi de Pr. 29 avril 1763 dans TENIR
Puisque la fière et redoutable maison d'Autriche a la modestie de se tenir pour battue, Lett. au roi de Pr. 22 déc. 1762 dans TENIR
Les termes dont il s'agit sont ceux qui dépendent de la distance du soleil à l'apogée de la lune ; je crois être le premier qui les aie calculés exactement, Oeuv. t. XIV, p. 97 dans TERME
L'histoire de l'Académie française publiée par Pellisson et d'Olivet se termine au commencement du siècle où nous vivons, Oeuv. t. VI, p. 17 dans TERMINER
[Louis XIV] n'ayant point encore éprouvé les malheurs qui ternirent les dernières années de son règne, Apolog. de Clerm. Tonn. dans TERNIR
Notre pieux académicien, en opposant à l'impiété les raisons les plus terrassantes que son zèle pouvait lui fournir, Éloges, Destouches, note 9 dans TERRASSANT, ANTE
Pourquoi ont-ils attendu que la Société [les jésuites] fût à terre pour l'écraser ?, Oeuv. t. v, p. 206 dans TERRE
Le refus qu'on a fait à Voltaire et à Molière de les enterrer l'un et l'autre dans ce que nous appelons terre sainte, Lett. au roi de Pr. 9 oct. 1778 dans TERRE
Un très habile artiste de ce pays-ci, nommé Houdon, déjà connu par plusieurs beaux ouvrages, a fait en terre, en attendant le marbre, un magnifique buste du patriarche [Voltaire], Lett. au roi de Pr. 16 août 1778 dans TERRE
L'auteur a cru remplir par ce moyen un des deux grands objets que les Grecs regardaient comme le but de la tragédie, la terreur, Élog. Crébillon. dans TERREUR
Pour tenir tête, sire, à un adversaire tel que Votre Majesté, il faudrait du moins que j'eusse tout entière à ma disposition la pauvre petite tête que Dieu m'a donnée, Lett. au roi de Pr. 14 déc. 1767 dans TÊTE
â propos de quoi me supposez-vous l'amour en tête ? je n'ai pas ce bonheur ou ce malheur-là, Lett. à Voltaire, 29 août 1764 dans TÊTE
Vous voyez bien, messieurs, qu'il n'a pas sa tête, Lett. au roi de Pr. 1er juill. 1778 dans TÊTE
Il [Crébillon] imaginait des sujets de romans qu'il composait ensuite de tête et sans les écrire ; car sa mémoire était aussi prodigieuse que sa paresse était insurmontable, Élog. Créb. dans TÊTE
Il [l'abbé de St-Pierre] voulait que les sujets de nos prix d'éloquence ne fussent plus, comme ils l'ont été durant près d'un siècle, des textes de sermons, mais qu'on les consacrât à l'éloge des hommes célèbres qui ont honoré la nation par leurs talents et par leurs vertus, Élog L'abbé de St-P. dans TEXTE
Despréaux observait avec raison que les faux thaumaturges avaient très rarement tenté l'opération critique de la résurrection des morts, Élog. Despr. note 35 dans THAUMATURGE
La théologie naturelle n'a de connaissance de Dieu que celle que produit la raison seule, Oeuv. t. I, p. 239 dans THÉOLOGIE
J'ai entendu quelquefois regretter les thèses que l'on soutenait jadis en grec ; j'ai bien plus de regret qu'on ne les soutienne pas en français ; on serait obligé d'y parler raison, ou de se taire, Oeuv. t. III, p. 167 dans THÈSE
Vous nous reprochez de la tiédeur ; mais je crois vous l'avoir déjà dit, la crainte des fagots est très rafraîchissante, Lett. dans TIÉDEUR
Dans les ordres rigoureux, ajoutait un saint cardinal, il y a un tiers de saints, un tiers de fous, un tiers de mécontents, Éloges, Segrais, note 7 dans TIERS, ERCE
La timidité tient au caractère ; l'embarras, aux circonstances, Oeuv. t. III, p. 330 dans TIMIDITÉ
On trouve dans ses pièces [de Boissy] plus de détails que de grands effets, plus de tirades que de scènes, et plus de portraits que de caractères, Élog. Boissy. dans TIRADE
Vous avez cru comme moi, sans fondement, que l'abbé de Condillac était mort : heureusement il est tiré d'affaire, et reviendra bientôt chez nous jouir de la fortune et de la réputation qu'il mérite, Lett. à Voltaire, 3 janv. 1765 dans TIRÉ, ÉE
Le champ est labouré, on n'a plus besoin des boeufs qui ont tiré la charrue, et on ne se soucie pas de les nourrir ; j'ai tiré, sire, la charrue le mieux que j'ai pu, Lett. au roi de Pr. 8 nov. 1771 dans TIRER
J'attends qu'un de mes amis.... soit de retour de la campagne, pour tirer au clair cette histoire abominable, Lett. à Voltaire, 9 nov. 1769 dans TIRER
Je ne sais si Votre Majesté est informée que M. Thiriot, chargé de sa correspondance littéraire, tire absolument à sa fin, Lett. au roi de Pr. 9 oct. 1772 dans TIRER
Quelques hommes importants à la cour qui s'étaient persuadés que Son Altesse Sérénissime [le comte de Clermont] ne pouvait paraître à l'Académie sans y occuper une place qui le tirât, disaient-ils, de la foule, dont il se tirait bien mieux en cherchant à s'y cacher, Oeuv. t. XI, p. 410 dans TIRER
Bourgelat,... c'est un des meilleurs tireurs de la voiture philosophique, Lett. à Volt. 29 déc. 1763 dans TIREUR, EUSE
Les sermons, ou plutôt les tocsins qu'on sonne à Versailles contre nous en présence du roi, Lett. à Voltaire, 11 janv. 1758 dans TOCSIN
Voilà les cuistres de l'université qui viennent de sonner un nouveau tocsin, ib. 26 déc. 1771 dans TOCSIN
Ceux qui nous l'ont transmise [l'histoire] ressemblent à des naturalistes qui décriraient avec complaisance les combats des araignées qui se dévorent, et qui oublieraient de nous faire connaître l'industrie avec laquelle elles fabriquent leur toile, Oeuv. t. IV, p. 187 dans TOILE
La philosophie ne retrouvera pas aisément un prince tolérant comme lui par indifférence, ce qui est la bonne manière de l'être, Lett. à Voltaire, 27 janv. 1762 dans TOLÉRANT, ANTE
Les critiques, les sarcasmes, les injures même tombèrent sur lui de toutes parts, Éloges, Moncrif. dans TOMBER
À l'égard des lettres de Claire, de Wolmar et d'Édouard [dans la Nouvelle Héloise], Je ne conçois pas comment on peut les trouver du même ton que celles des deux personnages principaux, Oeuv. t. v, p. 369 dans TON
Votre esprit plaît et doit plaire par bien des qualités, par l'excellence de votre ton, par la justesse de votre goût. par l'art que vous avez de dire à chacun ce qui lui convient, Portr. de Mlle de l'Espinasse dans TON
... votre excessive sensibilité sur ce qu'on nomme le bon ton dans les manières et dans les discours ; le défaut de cette qualité vous parait à peine effacé par le sentiment le plus tendre et le plus vrai qu'on puisse vous marquer, Portr. de Mlle de l'Espinasse dans TON
Il est vrai que, quand tout le monde se ferait Diogène, comme Rousseau, il faudrait parcourir bien des tonneaux avant de rencontrer un Diogène comme celui-là, Oeuv. t. v, p. 375 dans TONNEAU
Votre Majesté a bien raison de dire que le mauvais tonneau de Jupiter, celui qui verse les maux sur les hommes, est plus grand et plus plein que celui qui verse les biens, Lett. au roi de Pr. 11 oct. 1782 dans TONNEAU
Et de bals où il a dansé en bâillant à se tordre la bouche, Lett. au roi de Pr. 19 déc. 1768 dans TORDRE
Le système général des sciences et des arts est une espèce de labyrinthe, de chemin tortueux, où l'esprit s'engage sans trop connaître la route qu'il doit tenir, Oeuv. t. I, p. 230 dans TORTUEUX, EUSE
Ces détails précis, exacts et profonds qui sont la pierre de touche de la vérité d'un système, et que quelques auteurs affectent d'en appeler l'appareil, Oeuv. t. XIV, p. 79 dans TOUCHE
Il [Fléchier] a peint d'une touche trop faible la noble et dangereuse fonction d'élever l'héritier d'un grand royaume, Éloges, Fléchier. dans TOUCHE
Peu instruit ou peu touché de la rigueur inflexible des principes catholiques en matière de foi, il [un protestant] croyait que chacune des parties belligérantes devait faire à la paix quelques sacrifices, et céder un point pour en obtenir un autre, Éloges, Bossuet dans TOUCHÉ, ÉE
Nous touchons au moment de n'avoir plus de jésuites ; et ce qui m'étonne, c'est que les herbes poussent comme à l'ordinaire, et que le soleil ne s'obscurcit pas, Lett. à Voltaire, 6 avril 1764 dans TOUCHER
Il suffit ici qu'un livre touche à certaines matières et qu'il attaque bien ou mal certaines gens, pour être en conséquence hors de prix, Lett. au roi de Pr. 8 juin 1770 dans TOUCHER
Les triomphes théologiques de Bossuet, quelque prix qu'on y doive attacher, sont la partie de son éloge à laquelle nous devons toucher avec le plus de réserve, Élog. Boss. dans TOUCHER
La Feuillade, colonel de ce régiment, n'aimait pas Catinat, et ne devait pas l'aimer ; car ces deux âmes n'avaient pas un seul point commun par où elles se touchassent, Oeuv. t. IX, p. 182, note 5 dans TOUCHER
Le toucher, considéré en lui-même, ne nous donne proprement qu'une sensation, celle de l'impénétrabilité et de la résistance plus ou moins grande des corps, d'où nous concluons la réalité de la résistance, Mél. etc., t. v, $ 7 dans TOUCHER
Songez que vous ne pouvez faire aux sots et aux fripons un meilleur tour que de vivre, Lett. à Voltaire, 20 avril 1773 dans TOUR
Ce grand philosophe [Descartes], dans un temps où les observations astronomiques, la mécanique et la géométrie étaient encore très imparfaites, imagina, pour expliquer les mouvements des planètes, l'ingénieuse et célèbre hypothèse des tourbillons, Oeuv. t. XIV, p. 80 dans TOURBILLON
La touche, quelquefois trop peu soignée dans Fontenelle, est, dans Marivaux, peinée et tourmentée, Élog. Mariv. dans TOURMENTÉ, ÉE
Je ne puis croire que vous cherchiez à le tourmenter [J. J. Rousseau] dans sa solitude, où il est déjà assez malheureux par sa santé, par sa pauvreté, et surtout par son caractère, Lett. à Voltaire, 3 janv. 1765 dans TOURMENTER
Nos Parisiens ont aujourd'hui la tête tournée du roi de Prusse, Lett. à Volt. 11 janv. 1758 dans TOURNÉ, ÉE
Les hypocrites nombreux que ce séjour renferme lui tournèrent le dos comme à un philosophe ennemi de l'Église et de ses pasteurs, Éloges, Massillon, note 3 dans TOURNER
Le bruit a couru ici que vous deviez venir entendre Mlle Clairon dans la nouvelle salle, et voir jouer ce rôle d'Idamé qui a fait tourner la tête à tout Paris, Lett. à Voltaire, 28 juill. 1756 dans TOURNER
J'ai conclu, après la lecture, que ce n'était pas le tout d'être fanatique, qu'il fallait tâcher encore de n'être pas ridicule, Lett. à Voltaire, 18 janv. 1773 dans TOUT, TOUTE
Cela me ferait de nouvelles tracasseries que je veux éviter, Lett. à Voltaire, 18 oct. 1760 dans TRACASSERIE
C'est le portrait d'Anaxagore tracé par Périclès, Éloges, Montesq. dans TRACÉ, ÉE
Le docte et pesant Dacier, grand ennemi de Lamotte pour l'amour des anciens, qu'il n'a pourtant point traités en ami dans ses traductions, Élog. Lamotte. dans TRADUCTION
Si vous voulez qu'on vous traduise un jour, commencez par traduire vous-même, Élog. Saci. dans TRADUIRE
Le sublime se traduit toujours, presque jamais le style, Oeuv. t. I, p. 137 dans TRADUIRE
Phèdre est peut-être le seul ouvrage de ce grand homme [Racine] où l'amour soit vraiment terrible et tragique, Lett. à J. J. Rouss. dans TRAGIQUE
Que dites-vous du train que fait Wilkes en Angleterre ? il me semble que le despotisme n'a pas plus beau jeu dans ce pays-là que la superstition, Lett. à Voltaire, 26 mai 1768 dans TRAIN
S'ils [les poëtes écrivant en prose] s'abandonnent à la négligence de leur plume, leur style est traînant et sans âme, Oeuv. t. I, p. 170 dans TRAÎNANT, ANTE
Cette teinte de pathétique se faisait sentir encore davantage quand Fléchier prononçait ses oraisons funèbres ; son action un peu triste, et sa voix un peu faible et traînante, mettaient l'auditeur dans la disposition convenable pour s'affliger avec lui, Élog. Fléchier. dans TRAÎNANT, ANTE
Nos Parisiens ont aujourd'hui la tête tournée du roi de Prusse ; il y a cinq mois qu'ils le traînaient dans la boue ; et voilà les gens dont on ambitionne le suffrage, Lett. à Voltaire, 11 janv. 1758 dans TRAÎNER
Partout il avait obtenu l'amitié de tous ceux avec qui il avait à vivre, et la confiance de tous ceux avec qui il avait à traiter, Élog. Lafaye. dans TRAITER
Quel homme peut être assez hardi et assez borné pour entreprendre de traiter seul de toutes les sciences et de tous les arts ?, Oeuv. t. I, p. 304 dans TRAITER
Le poëte et le philosophe se traitent mutuellement d'insensés, Oeuv. t. I, p. 243 dans TRAITER
Leibnitz, offensé des soupçons que les Anglais avaient jeté sur ses travaux, leur proposa comme une espèce de défi le problème des trajectoires, Élog. Bernoulli. dans TRAJECTOIRE
Il tombe quelquefois dans l'écueil dangereux de la familiarité du style, qui contraste et qui tranche avec la délicatesse ou la grandeur de la pensée, Élog. Lamotte. dans TRANCHER
Je verrai Panckoucke, et je le tranquilliserai, si cependant un pauvre diable qui a cent mille écus en papier sous un hangar à la Bastille [l'Encyclopédie séquestrée] peut être dûment tranquillisé, Lett. à Voltaire, 9 mars 1770 dans TRANQUILLISER
Cette tranquillité philosophique, l'objet des désirs du sage, parce que c'est un bien que personne ne lui envie, Élog. Campist. dans TRANQUILLITÉ
Bertrand [d'Alembert lui-même] pouvait au moins et devait s'attendre à une réponse honnête et raisonnable, et non au persiflage que vous lui transcrivez, Lett. à Voltaire, 27 avr. 1773 dans TRANSCRIRE
Vous savez qu'il y a actuellement quatre-vingt-trois jésuites à Rennes, pas davantage, et que ces marauds, comme vous croyez bien, ne s'endorment pas dans l'affaire de M. de la Chalotais ; il est transféré à Rennes, Lett. à Voltaire, 11 août 1766 dans TRANSFÉRER
De l'évêché de Lavaur, il [Fléchier] fut transféré à celui de Nîmes, Élog. Fléch. dans TRANSFÉRER
Il [Boileau] lui reprochait [à La Bruyère] de s'être épargné, dans son livre des Caractères, le travail des transitions, qui étaient, selon lui, tout ce qu'il y avait de plus difficile dans les ouvrages d'esprit ; peu de personnes souscriront à ce jugement, Éloges, Despr. note 12 dans TRANSITION
Il faut distinguer les erreurs transitoires et passagères des erreurs permanentes, Lett. au roi de Pr. 27 nov. 1777 dans TRANSITOIRE
Bientôt on sentit qu'il fallait transporter dans notre langue les beautés et non les mots des langues anciennes, Oeuv. t. I, p. 255 dans TRANSPORTER
Il est certain que plusieurs de nos travailleurs y ont mis [dans l'Encyclopédie] bien des choses inutiles, et quelquefois de la déclamation, Lett. à Voltaire, 11 janv. 1758 dans TRAVAILLEUR
On dit d'une personne qui est au bal qu'elle est déguisée ; et d'un magistrat habillé en nomme d'épée, qu'il est travesti, Oeuv. t. III, p. 301 dans TRAVESTI, IE
Il [Marivaux] était digne de se faire connaître d'une manière plus avantageuse qu'en travestissant des productions immortelles, et Marianne a fait oublier le Télémaque et l'Homère travestis, Élog. Mariv. note 3 dans TRAVESTIR
Cette religion qu'ils travestissaient en la prêchant, Oeuv. t. v, p. 51 dans TRAVESTIR
Il [l'abbé de Choisy] ne craignait pas même de se montrer à Versailles avec ce singulier travestissement [en femme], Élog. l'Ab. de Choisy, note 3 dans TRAVESTISSEMENT
Il me semble que déguisement suppose une difficulté d'être reconnu, et que travestissement suppose seulement l'intention de ne pas l'être, ou même seulement l'intention de s'habiller autrement qu'on n'a coutume, Oeuv. t. III, p. 301 dans TRAVESTISSEMENT
Le travestisseur d'Homère, ennemi déclaré et blasphémateur intrépide de l'Iliade, pouvait être comparé à ces incrédules endurcis, qui, en attaquant le culte public, outragent avec audace ce qu'ils ont le malheur de mépriser, Élog. Mariv. dans TRAVESTISSEUR
Une femme de la cour ayant demandé à l'évêque de Meaux, dans le fort de sa querelle théologique avec Fénelon, si cet archevêque avait en effet autant d'esprit qu'on le disait : Ah ! ma dame, répondit Bossuet, il en a à faire trembler, Élog. Fén. dans TREMBLER
On assure que Despréaux et son ami Racine trempèrent dans l'élection de l'abbé de Mauroy, par le seul motif d'écarter Fontenelle, son concurrent, Élog. J. Test. de Mauroy. dans TREMPER
Trépas, qui est noble dans le style poétique, a fait trépassé, qui ne s'emploie point dans le style noble, Oeuv t. III, p. 333 dans TRÉPASSÉ, ÉE
On ne peut pas dire des jésuites que leur mort ait été aussi brillante que leur vie ; si quelque chose même doit les humilier, c'est d'avoir péri si tristement, si obscurément, sans éclat et sans gloire, Oeuv. t. v, p. 122 dans TRISTEMENT
Je suis plus fâché que vous des déclamations et des trivialités qu'on a insérées dans l'Encyclopédie, Lett. à Voltaire, 8 fév. 1757 dans TRIVIALITÉ
Des questions très intéressantes et très utiles, celle-ci par exemple : S'il peut être utile de tromper le peuple ? nous n'avons jamais osé à l'Académie française proposer ce beau sujet, Lett. au roi de Pr. 22 sept. 1777 dans TROMPER
Les succès de l'enfance, présages quelquefois si trompeurs, ne le furent point dans Charles de Secondat, Élog. Montesq. dans TROMPEUR, EUSE
Il nous sera toujours impossible de satisfaire pleinement les divers ordres de lecteurs ; le littérateur trouvera dans l'Encyclopédie trop d'érudition, le courtisan trop de morale, le théologien trop de mathématique, le mathématicien trop de théologie, l'un et l'autre trop de jurisprudence et de médecine, Oeuv. i. I, p. 372 dans TROP
Vous m'écrivez, mon cher et grand philosophe, de votre lit où vous voyez dix lieues de lac, et moi je vous réponds de mon trou où je vois le ciel long de trois aunes, Lett. à Volt. 8 fév. 1757 dans TROU
Votre Majesté aura sans doute appris les troubles qu'il y a eu en différents endroits du royaume au sujet de la cherté du pain ; troubles dont cette cherté n'a été que le prétexte, Lett. au roi de Pr. 27 mai 1775 dans TROUBLE
Je demande.... si le sentiment trouble et mal décidé qui résulte de cet alliage des ris avec les pleurs, est préférable au plaisir seul de pleurer, ou même au plaisir seul de rire ?, Oeuv. t. v, p. 344 dans TROUBLE
Ne me troublez pas, lui cria-t-il [Crébillon], je suis dans un moment intéressant ; je vais faire pendre un ministre fripon, et chasser un ministre imbécile, Éloges, Crébillon dans TROUBLER
Ils sont actuellement aux trousses de Marmontel, qui, je crois, s'est trop avancé avec eux, et qui aura de la peine à s'en tirer, Lett. à Voltaire, 6 avril 1767 dans TROUSSE
Puisque la montagne ne veut pas venir à Mahomet, il faudra donc, mon cher et illustre confrère, que Mahomet aille trouver la montagne, Lett. à Voltaire, 28 juill. 1756 dans TROUVER
Votre Majesté paraît surprise de ce que la lettre d'un Tudesque (c'est l'expression dont elle se sert) a été lue en pleine Académie française, Lett. au roi de Pr. 30 nov. 1770 dans TUDESQUE
On pourra regarder comme une espèce de paradoxe ce que nous venons de dire, que les Lettres Provinciales, publiées en 1656, ont tué les jésuites cent ans après, en 1760, Élog. Bossuet. note 14 dans TUER
Il faut en ce monde-ci avoir le moins de tyrans qu'il est possible, Lett. à Voltaire, 23 juin 1766 dans TYRAN
Jean-Baptiste Rousseau, ulcéré depuis plusieurs années contre l'Académie, dont ses satires lui avaient fermé la porte, Élog. J. Ant. de Mesm. dans ULCÉRÉ, ÉE
Souverains, ayez après cela des jésuites ou ex-jésuites pour confesseurs, et des ministres plus ultramontains que français !, Élog. Boss. note 11 dans ULTRAMONTAIN, AINE
Renfermer dans un système qui soit un, les branches infiniment variées de la science humaine, Oeuv. t. I, p. 185 dans UN, UNE
L'unité est pour moi la première qualité des romans ; aussi, quelque excellents que soient les romans anglais, je les lis avec presque autant de fatigue que de plaisir, Oeuv. t. v, p. 370 dans UNITÉ
Dans les monarchies, l'éducation doit avoir pour objet l'urbanité et les égards réciproques, Oeuv. t. VI, p. 305 dans URBANITÉ
En matière de langue, il est une infinité de nuances imperceptibles et fugitives, qui, pour être démêlées, ont besoin, si on peut parler de la sorte, du frottement continuel de l'usage, Oeuv. t. IV, p. 124 dans USAGE
On dit les usages d'un corps et la coutume d'un pays, Oeuv. t. III, p. 294 dans USAGE
Le grand usage du monde qu'il [Moncrif] avait acquis, usage qui suppose, du moins à certain degré, la connaissance des hommes, de leurs passions et de leurs travers, Élog. Moncrif. dans USAGE
Telle personne a de l'usage, Oeuv. t. III, p. 294 dans USAGE
Les sens usés sans avoir joui, l'esprit affaibli sans avoir produit rien de bon, et blasé sans avoir rien goûté, Oeuv. t. IV, p. 220 dans USÉ, ÉE
Il faut, au lieu de force, user de finesse et de patience, attaquer l'erreur indirectement et sans paraître y penser, Lett. au roi de Pr. 30 avr. 1770 dans USER
Rollin, un des hommes qui ont travaillé le plus utilement pour l'éducation de la jeunesse, Oeuv. t. III, p. 163 dans UTILEMENT
Présenter des notions vagues pour des démonstrations exactes, c'est substituer de fausses lueurs à la lumière, Élog. Bernoulli. dans VAGUE
C'est aux personnes seules de l'art qu'il est réservé d'apprécier les vraies beautés d'un ouvrage et le degré de difficulté vaincue, Oeuv. t. III, p. 41 dans VAINCU, UE
L'année 1714 vit paraître l'excellent Essai d'une nouvelle théorie de la manoeuvre des vaisseaux [par Jean Bernoulli], Élog. Bernoulli. dans VAISSEAU
Les hommes ne valent pas la peine qu'on prend pour les éclairer ; et ceux même qui pensent comme nous, nous persécutent, Lett. à Voltaire, 22 déc. 1765 dans VALOIR
Si Virgile était janséniste, Horace, qui le valait bien, était moliniste, Oeuv. t. v, p. 183 dans VALOIR
Selon lui, les Anglais n'avaient plus rien fait qui vaille, depuis qu'ils avaient renoncé au grec et à l'arabe pour la géométrie et la physique, Éloges, Alary. dans VALOIR
Je suis raccommodé, vaille que vaille, avec Mme du Deffant, Lett. à Voltaire, 18 oct. 1760 dans VALOIR
Je me félicite, sire, de penser comme Votre Majesté sur la vanité et la futilité de la métaphysique, Lett. au roi de Pr. 17 sept. 1764 dans VANITÉ
Les excellentes leçons que Votre Majesté veut bien me donner sur l'hypocondrie plus élégamment appelée vapeurs, me font craindre pour l'honneur de ma raison, que Votre Majesté ne me croie attaqué de cette maladie, Lett. au roi de Pr. 29 juin 1781 dans VAPEUR
Ces affections mélancoliques et vaporeuses de notre académicien avaient une cause secrète, mais qu'il n'avouait qu'à l'oreille d'un petit nombre d'amis ou d'amies, Élog. Testu. dans VAPOREUX, EUSE
Les inégalités de la lune dont Newton a donné le calcul, du moins dans un certain détail, sont en premier lieu celle qui est connue sous le nom de variation, qui a été découverte par Tycho, Oeuv. t. XIV, p. 86 dans VARIATION
Pourquoi dire d'un accusé qu'il est véhémentement suspecté d'un tel crime, pour dire qu'il en est violemment suspect ?, Éloges, Boileau. dans VÉHÉMENTEMENT
Tout auteur qui s'érige un tribunal où ses confrères sont cités, doit s'attendre, quelque indulgent qu'il se montre, à être lui-même cité par eux, et rigoureusement jugé sur les fautes les plus vénielles, Éloge L. Cousin. dans VÉNIEL, ELLE
Ils feront comme le roi d'Espagne, lequel se trouva mieux, dit Pascal, de croire sur les antipodes Christophe Colomb qui en venait, que le pape Zacharie qui n'y avait jamais été, Oeuv. t. IV, p. 258 dans VENIR
Nous pouvons regarder l'action du soleil et de la lune, sinon comme l'unique cause des vents, au moins comme une des causes que nous cherchons, Oeuv. t. XIV, p. 8 dans VENT
Tandis que les vautours [les conquérants, les guerriers] s'égorgeaient, les vers à soie filaient pour nous dans le silence ; nous jouissons de leur travail sans les connaître, et nous ne savons que l'histoire des vautours, Mélanges, t. v, Réflex. sur l'hist. dans VER
Sa véracité intrépide [de Diogène] le rendait le fléau des philosophes mêmes, Oeuv. t. III, p. 74 dans VÉRACITÉ
Je pense, pour moi, qu'il faut toujours enseigner la vérité aux hommes, et qu'il n'y a jamais d'avantage à les tromper, Lett. au roi de Pr. 18 déc. 1769 dans VÉRITÉ
Mille plumes et encore plus de clameurs se sont élevées contre moi, et m'ont fait éprouver que la vérité est comme les enfants, qu'on ne la met point au monde sans douleurs, Oeuv. t. IV, p. 218 dans VÉRITÉ
On n'inocule guère avant l'âge de quatre ans ; depuis cet âge jusqu'au terme ordinaire de la vie, la petite vérole naturelle détruit, selon les inoculateurs, entre la septième et la huitième partie du genre humain, Oeuv. t. IV, p. 323 dans VÉROLE
Ils estiment qu'en faisant l'évaluation la plus forte, le nombre de ceux qui ont deux fois la petite vérole peut être 1 sur 9 à 10 mille, ib. p. 418 dans VÉROLE
Ils prétendent que six petites véroles artificielles produiront à peine autant d'effet pour la contagion qu'une seule petite vérole naturelle, Oeuv. p. 424 dans VÉROLE
L'ignorance, la stupidité, les passions, la superstition, la flatterie, la haine sont autant de verres enfumés à travers lesquels presque tous les hommes voient les événements qu'ils racontent, Mélanges, t. v, Réflex. sur l'hist. dans VERRE
M. Godeau, évêque de Vence, dont nous avons tant de vers et si peu de poésies, Oeuv. t. IV, p. 31 dans VERS
Ce qu'on appelle petits vers a prodigieusement perdu de faveur ; pour se résoudre à les lire, il faut être bien averti qu'ils sont excellents, Oeuv. t. IV, p. 102 dans VERS
Comme il peut y avoir versification sans poésie, et poésie sans versification, nous avons cru ne devoir regarder la versification que comme une qualité du style, et la renvoyer à l'art oratoire, Oeuv. t. I, p. 343 dans VERSIFICATION
Il semble que, dans cette affaire, les jésuites et leurs amis aient été frappés d'un esprit de vertige, et qu'ils aient fait eux-mêmes tout ce qu'il fallait pour précipiter leur ruine, Oeuv. t. v, p. 127 dans VERTIGE
Charlemagne, apprenant la mort d'un évêque, demanda combien il avait légué aux pauvres en mourant : on répondit, deux livres d'argent ; un jeune clerc s'écria : C'est un bien petit viatique pour un aussi long voyage ; le prince, très content de cette réflexion, dit au clerc : Soyez son successeur, mais n'oubliez jamais ce mot, Élog. Mass. note 11 dans VIATIQUE
Fléchier ne profita pas de ce délai, comme beaucoup d'autres auraient pu faire, pour se dispenser d'aller résider dans son diocèse ; il partit pour Lavaur, et y travailla jusqu'à l'arrivée de ses bulles, sous le titre modeste de vicaire général du chapitre, Élog. Fléch. note 10 dans VICAIRE
Vous n'avez que trop raison, sire, sur la décadence où tout est tombé, et sur le grand vide que laisse la mort de Voltaire, Lett. au roi de Pr. 19 sept. 1779 dans VIDE
Ce vide d'idées et ce vain bruit de paroles, si ordinaire dans les ouvrages de cette espèce, Éloges, Mongin. dans VIDE
On sait que la longueur moyenne de la vie des hommes, à compter depuis le moment de la naissance, est d'environ vingt-sept ans, Oeuv. t. IV, p. 298 dans VIE
Les vieillards, qui, devenus par leurs infirmités et par leurs besoins, plus personnels et plus concentrés dans ce qui les touche, éprouvent quelquefois, en perdant leurs amis même, la consolation secrète de jouir encore de la vie, et de subir quelques moments plus tard la loi commune de la nature, Élog. St-Aulaire. dans VIEILLARD
Il doit surtout réclamer les mots qu'on a laissés mal à propos vieillir, et dont la proscription a énervé et appauvri la langue au lieu de la polir, Oeuv. t. III, p. 201 dans VIEILLIR
Il [Boileau] était aussi réservé que son caractère pouvait le permettre, à l'égard de cette société vindicative [les jésuites], alors très puissante et très dangereuse, Élog. Despr. dans VINDICATIF, IVE
Il [Destouches] s'était marié en Angleterre avec une personne aimable ; mais ce mariage exigeait alors le secret, et le secret fut violé, Élog. Destouches. dans VIOLER
Vous avez beau dire que vous n'avez plus de visage à offrir à M. Pigal [qui allait à Ferney, pour la statue de Voltaire] ; le génie, tant qu'il respire, a toujours un visage que le génie, son confrère, sait bien trouver, Lett. à Voltaire, 30 mai 1770 dans VISAGE
Croiriez-vous bien qu'il n'a pas été permis à ce dernier de se défendre à visage découvert contre ce coquin qui attaque sous le masque ?, Lett. à Voltaire, 14 juill. 1767 dans VISAGE
La vanité qu'il eut de vouloir se soustraire à ces visites d'usage et de politesse, qu'à la vérité on n'exige pas des candidats, mais qu'ils ne doivent pas non plus regarder comme avilissantes pour eux, Élog. Saci. dans VISITE
La plupart des princes sont comme les enfants : ils caressent vivement, et oublient vite, Dial. Christ. et Descart. dans VITE
Je ne vous ai trouvé que deux défauts impardonnables, c'est d'être Français et vivant, Lett. à Voltaire, 2 sept. 1760 dans VIVANT, ANTE
On ne sait bien une langue vivante que quand on la parle ; on ne sait bien une langue morte, ou du moins autant qu'il est possible de la savoir, que quand on a tâché de l'écrire, Éloge Girard, note 5 dans VIVANT, ANTE
Il [Newton] a eu l'avantage singulier de voir sa philosophie généralement reçue en Angleterre de son vivant, Oeuv. t. I, p. 281 dans VIVANT, ANTE
Il résultait de ses observations [de Montesquieu] que l'Allemagne est faite pour y voyager, l'Italie pour y séjourner, l'Angleterre pour y penser et la France pour y vivre, Élog. Montesq. dans VIVRE
Nous vivons [nous Français] encore un peu de notre ancienne réputation littéraire ; mais cette vie précaire ne durera pas longtemps, Lett. au roi de Pr. 20 nov. 1772 dans VIVRE
Au moment où il arriva à l'Académie, il trouva plus de deux mille personnes dans la cour du Louvre, qui criaient en battant des mains : Vive M. de Voltaire !, Lett. au roi de Pr. 1 juil. 1778 dans VIVRE
On sait que, chez les jésuites, les derniers voeux ne se faisaient qu'à trente-trois ans, âge où l'on prétend que Jésus-Christ a été mis en croix, et que ces pères avaient pris pour s'attacher à la leur, Élog. d'Olivet, note 3 dans VOEU
Voilà donc enfin Marmontel de l'Académie, Lett. à Voltaire, 8 déc. 1763 dans VOILÀ
Ce philosophe, trop injuste ennemi de la monarchie, qui, chargé, dans un dictionnaire de morale, de l'article citoyen, voulait le réduire à ces deux mots : Citoyen, voyez république, Élog. l'ab. de St-P. note 8 dans VOIR
J'ai assez vu la plupart des Mécènes et des grands pour n'avoir point à m'en louer, et assez peu pour n'avoir point à m'en plaindre, Oeuv. t. III, p. 103 dans VOIR
Voilà du moins comme je vois la chose, Lett. à Voltaire, 2 juill. 1770 dans VOIR
Il ne faut pas être jeté à la voirie, comme j'y ai vu jeter la pauvre Lecouvreur, Lett. au roi de Prusse, 1er juillet 1778 dans VOIRIE
Rien n'est si dangereux pour le vrai et ne l'expose tant à être méconnu, que l'alliage ou le voisinage de l'erreur, Oeuv. t. I, p. 186 dans VOISINAGE
Une figure imposante, une voix forte et, pour ainsi dire, impérieuse, donnaient à Charpentier toute la confiance nécessaire dans ces circonstances critiques, Élog. Charpentier. dans VOIX
Elle [l'Académie française] arrêta d'une voix unanime que cette lettre [du roi de Prusse] serait insérée dans ses registres, comme un monument honorable pour vous et pour les lettres, Lett. à Voltaire, 11 août 1770 dans VOIX
Une volée de religieuses autrichiennes qui sont venues vous demander un asile, Lett. au roi de Prusse, 13 déc. 1782 dans VOLÉE
Il me semble que nous agissons toujours nécessairement quoique volontairement : c'est très volontairement que je ne m'empoisonne pas, Lett. au roi de Pr. 1er févr. 1771 dans VOLONTAIREMENT
M. de la Harpe, avec qui j'ai le plaisir de parler souvent de vous, pourra vous dire combien je vous suis attaché, et combien je suis vôtre à la vie, à la mort, Lett. à Voltaire, 28 janv. 1768 dans VÔTRE (LE) ou VÔTRE (LA)
Simple organe de ses confrères en cette circonstance, et réduit à exprimer leurs sentiments, lors même qu'ils ne sont pas les siens, il [l'académicien qui en reçoit un autre] est, au moins pour ce moment, voué, ou, si l'on veut, condamné à l'éloge, comme le récipiendaire l'est à la timidité et à la modestie, Apol. de Clerm. Tonn. dans VOUÉ, ÉE
Ennemi déclaré de toutes les erreurs qui avilissent et dévorent l'espèce humaine, il [l'abbé de Saint-Pierre] avait voué à la religion musulmane une aversion particulière, Élog. l'ab. de St-P. dans VOUER
Le premier mérite d'un auteur est d'être vrai ; être éloquent n'est que le second, Élog. Saci. dans VRAI, AIE
Quelqu'un a remarqué avec raison qu'au lieu du mot de public, tant prodigué à tort et à travers dans les conversations et dans les écrits, on ferait souvent très bien d'employer celui de vulgaire que la langue française nous fournit si heureusement pour exprimer cette multitude qui a tant de langues et si peu de têtes, tant d'oreilles et si peu d'yeux, Élog. Boiss. note 3 dans VULGAIRE
D'un côté la haine sous le nom de zèle, de l'autre le zèle sans discernement ou sans lumières, se soulevèrent et se réunirent contre les Lettres persanes, Élog. Montesq. dans ZÈLE
Tous ces coups indirects et dérobés, donnés et reçus de part et d'autre, entretenaient entre le poëte [Boileau] et la Société [des jésuites] une zizanie sourde, qui aurait fini par une guerre déclarée, Élog. Despr. note 34 dans ZIZANIE
Comment avez-vous pu imaginer, mon cher et illustre maître, que j'aie eu l'intention de vous comparer à Zoïle? je ne suis ni injuste ni sot à ce point-là, Lett. à Voltaire, 31 juill. 1762 dans ZOÏLE
Daniel Bernoulli nous a donné un savant mémoire où il cherche par quelle raison les orbites des planètes sont renfermées dans une très petite zone parallèle à l'écliptique, et qui n'est que la dix-septième partie de la sphère, Oeuv. t. IV, p. 307 dans ZONE