Nicolas BOILEAU-DESPRÉAUX (1636 - 1711)

Citations

Cours, assemble au drapeau nos braves combattants, Scyth. IV, 4 dans À
À ce fatal berceau l'instinct m'a rappelé, Orphel. II, 3 dans À
D'Assas, capitaine au régiment d'Auvergne, S. de L. XIV, chap. 34 dans À
Zamore vit encore au coeur de son amante, Alz. I, 4 dans À
C'est avec éclat Que je veux aujourd'hui me venger au sénat, Catil. II, 3 dans À
Pour languir aux déserts de l'antique Arabie, Zaïre, III, 1 dans À
Unis pour le butin, divisés au partage, Cat. III, 1 dans À
C'était au temps même que le roi de Prusse vers la Saxe et le prince de Conti vers le Rhin empêchaient que les forces autrichiennes ne pussent secourir l'Italie, S. de L. XIV, III, 302 dans À
On fit mourir au même mois soixante-dix personnes, ib. III, 389 dans À
On vit encore à cette journée quelle était l'inimitié naturelle entre les Suédois et les Danois, Hist. de Russ. II, 4 dans À
À ton ordre suprême, ils se rendent ici, M. de Cés. I, 2 dans À
Guzman, du sang des miens ta main déjà rougie Frémira moins qu'une autre à m'arracher la vie, Alz. III, 5 dans À
Ce n'était pas un homme à conquérir des royaumes, S. de L. XIV, IV, 155 dans À
L'Inde esclave et timide et l'Égypte abaissée, Mah. II, 5 dans ABAISSÉ, ÉE
Vous avez vu ma honte et mon abaissement, Brut. IV, 1 dans ABAISSEMENT
Aujourd'hui devant vous abaissant sa hauteur, Brut. I, 1 dans ABAISSER
Une esclave chrétienne et que j'ai pu laisser Dans les plus vils emplois languir sans l'abaisser, Zaïre, IV, 5 dans ABAISSER
Ils abaissent les Grecs, ils triomphent du Maure, Tancr. II, 1 dans ABAISSER
Pensez-vous abaisser les rois dans leurs ministres ?, Brut. V, 2 dans ABAISSER
Plutôt que jusque-là j'abaisse mon orgueil...., Zaïre, I, 2 dans ABAISSER
Je rougis que mon père, Pour l'intérêt d'un fils, s'abaisse à la prière, Alz. I, 1 dans ABAISSER
Voudra - t- il qu'on s'abaisse à ces honteux moyens ?, Zaïre, II, 1 dans ABAISSER
D'un coeur tel que le sien l'audace inébranlable Ne sait point s'abaisser à des déguisements, Ad. II, 5 dans ABAISSER
Ne vous abaissez pas à soupirer pour elle, Orphel. IV, 2 dans ABAISSER
Il y aurait un lâche abandon de moi-même à souffrir qu'on me déshonore, dans Laveaux. dans ABANDON
Mes mains désespérées Dans ce grand abandon seront plus assurées, Oed. IV, 4 dans ABANDON
Loin de ses parents, aux fers abandonnée, Zaïre, III, 4 dans ABANDONNÉ, ÉE
Aux bourreaux se vit abandonné, Alz. III, 4 dans ABANDONNÉ, ÉE
C'est un de ces mortels du sort abandonnés, Mérope, II, 1 dans ABANDONNÉ, ÉE
Si nous étions assez abandonnés pour vouloir persuader au public...., Moeurs, Moïse. dans ABANDONNÉ, ÉE
La reine l'avait aimée [la duchesse de Marlborough] avec une tendresse qui allait jusqu'à la soumission et à l'abandonnement de toute volonté, S. de L. XIV, chap. 22 dans ABANDONNEMENT
Votre abandonnement à d'infâmes passions qui corrompent le sang, Jenni, 9 dans ABANDONNEMENT
J'abandonnai ma vie à des malheurs certains, Oed. V, 2 dans ABANDONNER
Tandis qu'à la frayeur j'abandonnais mon âme, ib. IV, 1 dans ABANDONNER
La Grèce et la Sicile ont vu des citoyennes Abandonner nos lois pour ces fiers Musulmans, Tancr. II, 4 dans ABANDONNER
Plus il s'abandonnait, plus il était terrible, Tancr. V, 1 dans ABANDONNER
Anne de Boulen eut l'adresse de ne se pas abandonner entièrement et d'irriter la passion du roi, Moeurs, 135 dans ABANDONNER
Sous le glaive étranger j'ai vu tout abattu, Orphel. I, 2 dans ABATTRE
Sous le joug étranger j'ai vu tout abattu, Orph. I, 2 dans ABATTU, UE
.... Et le peu qui m'en reste [d'amis] Sous un joug étranger baisse un front abattu, Mér. v, 4 dans ABATTU, UE
C'était une chose assez rare qu'un philosophe turc qui abdiquait la couronne, Moeurs, 89 dans ABDIQUER
J'abdique pour jamais le rang de sénateur, Catil. IV, 2 dans ABDIQUER
Est-il bien vrai que, chez des nations un peu plus policées, comme les Juifs et demi-Juifs, il y ait eu des sectes entières qui n'aient voulu adorer Dieu qu'en se dépouillant de tous leurs habits ? Telles ont été, dit-on, les adamites et les abéliens, Dict. phil. Nudité. dans ABÉLIEN
L'étoile pouvait donner quelque marque d'aberration, Newton, II, 1 dans ABERRATION
Le nom de Polyphonte est partout abhorré, Mér. v, 8 dans ABHORRÉ, ÉE
.... Oracles que j'abhorre, Sans vos ordres, sans vous, mon fils vivrait encore, Oed. IV, 1 dans ABHORRER
Je hais le monde entier, je m'abhorre moi-même, Zaïre, v, 6 dans ABHORRER
L'Hébreu.... invoque l'abîme et les cieux et Dieu même, Henr. v. dans ABÎME
Ses yeux s'étaient fermés sur les bords de l'abîme, Alz. v, 2 dans ABÎME
Dans l'abîme effroyable où je suis descendu, Tancr. II, 6 dans ABÎME
.... sur le bord de l'abîme Où votre aveuglement vous conduit par le crime, Catil. I, 5 dans ABÎME
Des plus affreux complots il perce les abîmes, Sém. I, 3 dans ABÎME
Le roi [Charles XII] paraissait abîmé dans une rêverie profonde, Ch. XII, 1 dans ABÎMÉ, ÉE
J'abolis les faux dieux, Mah. II, 5 dans ABOLIR
Tu juras toi-même D'abolir pour jamais l'autorité suprême, M. de Cés. I, 3 dans ABOLIR
Ce qui contribua le plus à l'abolissement du duel, ce fut la nouvelle manière de faire combattre les armées, Moeurs, 100 dans ABOLISSEMENT
Le duc de Bourgogne [l'assassin du duc d'Orléans] daigna prendre des lettres d'abolition, Moeurs, 79 dans ABOLITION
Fourbe abominable, Zaïre, IV, 5 dans ABOMINABLE
L'abominable arrêt de ce conseil farouche, Alz. v, 4 dans ABOMINABLE
Au sein de l'abondance, Brut. III, 1 dans ABONDANCE
Je suis sûr que cela a été écrit d'abondance de coeur, Roi de Pr. 2 dans ABONDANCE
Ces rapides coursiers, qui sous eux font la guerre, Pouvaient à leur abord épouvanter la terre, Alz. II, 4 dans ABORD
D'abord modeste et simple, il voulut nous servir, Tanc. I, 1 dans ABORD
Ils se flattaient que rien ne leur résisterait ni dans le nouveau monde ni sur nos mers ; leurs espérances furent d'abord trompées, Louis XIV, 31 dans ABORD
Si mon frère, abordé sur cette terre impie, M'eût confié plus tôt le secret de sa vie, Orest. v, 2 dans ABORDÉ, ÉE
Eh quoi ! deux malheureux, en ces lieux abordés, D'un oeil si soupçonneux seraient-ils regardés ?, ib. II, 3 dans ABORDÉ, ÉE
Deux inconnus armés m'ont abordé soudain, Mér. II, 2 dans ABORDER
Tout le monde s'abordait, s'interrogeait dans les églises, sans se connaître, L. XIV, I dans ABORDER
Jean-Jacques.... En nouveau Diogène aboie à nos beautés, Ép. XCIV dans ABOYER
Quelque Fréron.... Vient l'entamer de sa dent mercenaire ; à l'aboyeur il reste abandonné, Ép. LXXX. dans ABOYEUR
Le cardinal de Richelieu avait abrégé ses jours par les inquiétudes qui le dévorèrent, Moeurs, 177 dans ABRÉGER
Et le jour me retrouve abreuvé de mes larmes, Oed. I, 1 dans ABREUVÉ, ÉE
Et j'ai sur ces chemins de carnage abreuvés...., Mér. I, 2 dans ABREUVÉ, ÉE
Eusèbe, son abréviateur [de Moïse], qui entasse tant de fables, Dial. 24, 17 dans ABRÉVIATEUR
J'essuyai les mépris qu'à l'abri du danger L'orgueilleux citoyen prodigue à l'étranger, Orph. II, 6 dans ABRI
Je voudrais bien que les Turcs fussent chassés du pays des Périclès et des Platon ; il est vrai qu'ils ne sont pas persécuteurs, mais ils sont abrutisseurs ; Dieu nous défasse des uns et des autres, dans LAVEAUX dans ABRUTISSEUR
Avais-tu résolu d'opprimer ta patrie, D'abandonner ton père au pouvoir absolu ?, Brutus, V, 7 dans ABSOLU, UE
Un témoin dont le nom vous eût absous du crime, Cat. III, 4 dans ABSOUDRE
Là votre voix décide ; elle absout ou condamne ; Ici vous périrez...., Scyth III, 1 dans ABSOUDRE
Un point géométrique est une supposition, une abstraction de l'esprit, Memm. XI dans ABSTRACTION
Je sais tout ce qu'on a dit sur cette matière abstruse, Dial. 24, 17 dans ABSTRUS, USE
Il mentait à son coeur en voulant expliquer Ce dogme absurde à croire, absurde à pratiquer, IIe Disc. sur l'homme, 123 dans ABSURDE
Mais qui peut arrêter l'abus de la victoire ?, Alz. I, 1 dans ABUS
Nous préservent les cieux d'un si funeste abus, Berceau de la mollesse et tombeau des vertus, Brut. II, 4 dans ABUS
Philippe Auguste saisit le temporel des évêques d'Orléans et d'Auxerre pour n'avoir pas rempli cet abus devenu un devoir [conduire leurs vassaux à la guerre], Moeurs, 50 dans ABUS
Ce qu'il y eut de plus intéressant, ce fut l'appel comme d'abus que le parlement introduisit, Moeurs, 75 dans ABUS
En vain du sang des rois dont je suis l'oppresseur, Les peuples abusés m'ont cru le défenseur, Mér. I, 4 dans ABUSÉ, ÉE
Je vous remets ce droit dont j'allais abuser, Orphel. V, 6 dans ABUSER
Vous ne voudrez jamais, abusant de mon âge..., Brut. II, 4 dans ABUSER
Il abuse en ces lieux de son pouvoir fatal, Sém. II, 1 dans ABUSER
Ils ont tous abusé de leur nouveau pouvoir, Alz. II, 2 dans ABUSER
Nous flétrissons du nom d'incestueux le frère qui abuse de sa soeur, Métaph. 9 dans ABUSER
Alexandre VI était accusé d'abuser de sa propre fille Lucrèce, Moeurs, 110 dans ABUSER
Est-ce ainsi qu'on m'abuse et qu'on croit me jouer !, Orphel. III, 3 dans ABUSER
Penses-tu que je sois moins épouse que mère ? Tu t'abuses, cruel...., Orphel. IV, 6 dans ABUSER
Mais qu'il est accablant de parler de sa honte !, Brut. II, 1 dans ACCABLANT, ANTE
Lusignan, ce vieillard accablé de douleurs, Zaïre, III, 6 dans ACCABLÉ, ÉE
Ne rougissez-vous pas d'accabler ma misère ?, Orphel. IV, 4 dans ACCABLER
L'ambition, l'amour, le dépit, tout m'accable, Brut. II, 1 dans ACCABLER
Ces accents de la mort sont la voix de Ninus, Sém. I, 3 dans ACCENT
Son aspect, ses accents Ont fait trembler mon bras, ont fait frémir mes sens, Oreste, IV, 5 dans ACCENT
En citoyen zélé, j'accepte votre fille, Tancr. I, 1 dans ACCEPTER
Acceptez aujourd'hui Rome pour votre mère, Son vengeur pour époux, Brutus pour votre père, Brut. III, 5 dans ACCEPTER
J'entre, je me présente, on accepte ma foi, Fanat. II, 1 dans ACCEPTER
Le Dieu du ciel et de la terre qui n'a acception de personne, Zad. 7 dans ACCEPTION
De ce triste chemin, route affreuse, homicide, Un voyageur osa me disputer l'accès, Oed. III, 4 dans ACCÈS
De ce dépôt sacré, tu sais quel est l'asile ; Tu n'es point observé ; l'accès t'en est facile, Orphel. I, 6 dans ACCÈS
Quelque accès m'est ouvert en ce séjour sacré, Sémir. I, 1 dans ACCÈS
Je vois de vos chagrins les funestes accès, Adél. II, 7 dans ACCÈS
Les acclamations de ce puissant empire, Sémir. I, 5 dans ACCLAMATION
Les Allemands s'étaient donnés à Charlemagne par acclamation, Moeurs, 32 dans ACCLAMATION
Je suis bien aise, en vérité, De cette honorable accointance, Épît. XII dans ACCOINTANCE
Il ne fallait point avoir reçu l'accolade pour entrer aux diètes de l'Empire, Moeurs, 97 dans ACCOLADE
Promets au roi Louis, à l'Europe, à ton père, De ne point accomplir cet hymen odieux, Avant que le pontife ait éclairé tes yeux, Zaïre, III, 4 dans ACCOMPLIR
J'ai reçu ta parole ; il faut qu'on l'accomplisse, Alz. I, 4 dans ACCOMPLIR
Si le ciel veut se faire obéir, Qu'il me donne des lois que je puisse accomplir, Orph. IV, 6 dans ACCOMPLIR
J'en ai fait le serment, il faut qu'il s'accomplisse !, Fanat. III, 7 dans ACCOMPLIR
Quand deux personnes qui pensent sont d'accord sans s'être donné le mot, il y a beaucoup à parier qu'elles ont raison, Lettre à d'Alembert. dans ACCORD
Je devrais bien plutôt d'accord avec les dieux...., Oed. V, 2 dans ACCORD
Près du temple sacré, les Grâces demi-nues Accordent à leurs voix leurs danses ingénues, Henr. IX dans ACCORDER
Tous deux jaloux de plaire et plus de commander, Ils sont montés trop haut pour pouvoir s'accorder, Catil. I, 6 dans ACCORDER
[Ils] rapprocheront trois coeurs qui ne s'accordaient pas, Irène, V, 3 dans ACCORDER
Les Anglais avec moi pourraient mal s'accorder, Adél. IV, 5 dans ACCORDER
Cette république [l'Europe chrétienne], quoique divisée, s'était accordée longtemps dans les projets des croisades, Ess. sur l'hist. gén. I, 333 dans ACCORDER
L'accortise italienne calma la vivacité française, Louis XIV, 37 dans ACCORTISE
N'ayant point dîné, Je m'accostai d'un homme à lourde mine, P. Diable. dans ACCOSTER
Nourri dans l'abondance, au luxe accoutumé, Henr. X dans ACCOUTUMÉ, ÉE
À ces viles grandeurs ton âme accoutumée, Fanat. I, 4 dans ACCOUTUMÉ, ÉE
Mon âme à la vengeance est trop accoutumée, Orphel. V, 4 dans ACCOUTUMÉ, ÉE
Ma raison, chaque jour, s'y voit accoutumée, Zaïre, I, 1 dans ACCOUTUMÉ, ÉE
David jouait de la harpe devant Saül comme à l'accoutumée, Phil. IV, 315 dans ACCOUTUMÉ, ÉE
L'avocat ou conseil qu'on avait accoutumé de donner aux accusés, L. XV, chap. 42 dans ACCOUTUMER
Le soin qu'on eut de garnir la salle d'une foule de docteurs, moines et mendiants, qui n'étaient pas accoutumés de s'y trouver, fit dire à Pascal...., L. XIV, chap. 37 dans ACCOUTUMER
Bientôt on s'accoutume à des maîtres nouveaux, Irène, v, 6 dans ACCOUTUMER
Descends du haut des cieux, auguste vérité, Que l'oreille des rois s'accoutume à t'entendre, Henr. I dans ACCOUTUMER
Vos dangers sont accrus, Adél. IV, 5 dans ACCROÎTRE
Elle m'a fait sentir à ce premier accueil Autant d'humanité qu'Assur avait d'orgueil, Sém. II, 1 dans ACCUEIL
On m'accueille, on me flatte, Mér. III, 4 dans ACCUEILLIR
On y voit avec joie, on accueille, on honore Tous ceux qu'à votre nom le zèle attache encore, Tancr. III, 1 dans ACCUEILLIR
Sa race accumulant d'immenses héritages, Tanc. I, 1 dans ACCUMULER
Je l'ai vu contre vous accumuler les crimes, Mér. III, 5 dans ACCUMULER
Quels maux sont en ces lieux accumulés sur moi ?, Mér. III, 1 dans ACCUMULER
Le père le plus tendre est son accusateur, Tancr. IV, 2 dans ACCUSATEUR, TRICE
Quand vous devez la vie aux soins de ce grand homme, Vous osez l'accuser d'avoir trop fait pour Rome, Catil. V, 1 dans ACCUSER
D'Egmont.... De l'incertain Mayenne accusait la lenteur, Henr. VIII dans ACCUSER
Mais avec quel courroux, avec quelle tendresse Mahomet de mes sens accusa la faiblesse !, Fanat. IV, 3 dans ACCUSER
Devant les dieux vengeurs, mon désespoir m'accuse, Sémir. I, 5 dans ACCUSER
M. Plet ne nous accusa ni la réception de cette lettre ni celle d'un assez gros paquet que je lui avais adressé, Lettr. Prusse, 35 dans ACCUSER
St Augustin assure qu'il a vu des acéphales, Oreilles, 5 dans ACÉPHALE
Un serpent blessait Zadig au coeur de sa langue acérée, Zadig, 7 dans ACÉRÉ, ÉE
Il fallait bien des cérémonies, bien du temps pour achalander un oracle, Moeurs, Oracle. dans ACHALANDER
D'un peuple d'assassins les troupes effrénées, Par devoir et par zèle au carnage acharnées, Henr. II dans ACHARNÉ, ÉE
On dit que ces brigands aux meurtres acharnés...., Orphel. I, 5 dans ACHARNÉ, ÉE
Puisse leur liberté, préparant leur ruine, Acharnant les époux, les pères, les enfants...., Scyth. V, 4 dans ACHARNER
On s'acharne, on combat sur le corps d'Indatire, Scyth. IV, 7 dans ACHARNER
Vous achetiez sa mort avec mon hyménée, Mér. IV, 2 dans ACHETER
Que les jours de mon fils n'achètent point ses jours, Orphel. II, 3 dans ACHETER
Ah ! Madame, empêchez qu'on n'achève le crime, Mér. III, 4 dans ACHEVER
Il vit pour achever le malheur de Zamore, Alz. V, 4 dans ACHEVER
Parle, achève, ô mon Dieu ! Ce sont là de tes coups, Zaïre, II, 3 dans ACHEVER
J'aurais loin de Jocaste achevé mon destin, Oed. I, 1 dans ACHEVER
Qu'il m'aime ou me haïsse, il est temps d'achever Des jours que sans horreur je ne puis conserver, Orphel. V, 1 dans ACHEVER
Cet horrible attentat ne s'achèvera pas, Tancr. III, 3 dans ACHEVER
Cette mère [au siége de Paris] Enfonce, en frémissant, le parricide acier, Henr. X dans ACIER
La fureur d'acquérir corrompit leur justice, Scyth. IV, 2 dans ACQUÉRIR
Quelle gloire il acquit dans ces tristes combats !, Zaïre, I, 1 dans ACQUÉRIR
Ma foi lui fut acquise et lui fut enlevée, Irène, I, 1 dans ACQUÉRIR
Mes exploits près du roi parleront pour moi-même ; Il me rendra l'estime acquise à mon devoir, Zaïre, II, 3 dans ACQUIS, ISE
On n'en fit qu'une commémoration fort légère et par manière d'acquit au concile de Nicée, Phil. II, 353 dans ACQUIT
Allons, il faut partir, il faut que je m'acquitte Des funestes tributs que sa cendre mérite, Oed. V, 2 dans ACQUITTER
Je m'acquitte en tremblant de cet affreux devoir, Tancr. V, 5 dans ACQUITTER
La mort a respecté ces jours que je te doi, Pour me donner le temps de m'acquitter vers toi, Alz. II, 2 dans ACQUITTER
Non-seulement on fit des vers sibyllins, mais on les fit en acrostiches, Moeurs, Sibyll. dans ACROSTICHE
On fit des vers grecs acrostiches imputés à une sibylle, Phil. V, 49 dans ACROSTICHE
Les pinacles, les acrotères du temple, Phil. V, 44 dans ACROTÈRE
Le don de mon empire et de ma liberté Est l'acte le plus grand de mon autorité, Sém. II, 7 dans ACTE
D'indignes passions Ne doivent pas souiller les nobles actions, Mariane, II, 5 dans ACTION
Dans nos grands intérêts souvent nos actions Sont (vous le savez trop) l'effet des passions, Olymp. I, 5 dans ACTION
La monade de Dieu qui n'a que des idées adéquates, Newt. I, 9 dans ADÉQUAT, ATE
Les miracles, dernière ressource des adhérents d'un chef malheureux, Moeurs, 108 dans ADHÉRENT, ENTE
Jules II excommuniait Jean d'Albret, comme adhérent du concile de Pise, Moeurs, 114 dans ADHÉRENT, ENTE
Vous avez entendu son adieu magnanime, Oedipe III, 4 dans ADIEU
Digne épouse, reçois mes éternels adieux, Orphel. V, 5 dans ADIEU
C'est ainsi qu'elle parle, et j'ai dû lui promettre Qu'à vos pieds en ces lieux vous daigneriez l'admettre, Orphel. III, 1 dans ADMETTRE
Respectant ce vieillard qui daigne ici t'admettre, Tancr. III, 6 dans ADMETTRE
.... devant moi je veux qu'il soit admis, Mér. IV, 1 dans ADMETTRE
Admettons-nous quelque autre à cet honneur suprême ?, Mort de Cés. II, 4 dans ADMETTRE
Digne, un jour, d'être admis parmi nos citoyens, Orphel. I, 1 dans ADMETTRE
.... Mon coeur, qui s'ignore, Peut-il admettre un Dieu que mon amant abhorre ?, Zaïre, I, 1 dans ADMETTRE
C'est à nous de répondre à l'admiration Que Rome en expirant conserve à notre nom, Mort de César, II, 4 dans ADMIRATION
Qu'à l'univers surpris cette grande action Soit un objet d'horreur ou d'admiration, ib. III, 2 dans ADMIRATION
J'admire avec horreur ce dessein généreux, Orphel. I, 6 dans ADMIRER
On aurait.... obligation A qui pourrait.... Admonéter par nom et par surnom Ces ennemis jurés de la raison, Étrennes aux sots. dans ADMONÉTER ou ADMONESTER
Il [Bertrand du Guesclin] fait à la fois le rôle de protecteur d'Henri, d'admoniteur de don Pèdre, d'ambassadeur de France et de général, Lett. d'Argental, 29 juin 1761 dans ADMONITEUR
Vous étiez des enfants dans son coeur adoptés, M. de Cés. III, 3 dans ADOPTÉ, ÉE
L'Amérique à genoux adoptera nos moeurs, Alz. I, 1 dans ADOPTER
Tu n'as de fils qu'Octave, et nulle adoption N'a d'un autre César appuyé ta maison, M. de Cés. I, 1 dans ADOPTION
Et de leur chaîne antique adorateurs heureux, Brut. I, 2 dans ADORATEUR, TRICE
De l'ombre de Ninus l'oracle est adoré, Sémir. V, 1 dans ADORER
J'adore avec dépit cet excès de courage, Orphel. IV, 4 dans ADORER
Ne pourrai-je adoucir vos inflexibles moeurs ?, Alz. IV, 1 dans ADOUCIR
Vous seule adouciriez le destin des vaincus, Orphel. IV, 5 dans ADOUCIR
Je l'irritais encore au lieu de l'adoucir, Orph. I, 3 dans ADOUCIR
Votre coeur malgré vous s'émeut et s'adoucit, Alz. I, 1 dans ADOUCIR
J'ose même espérer Des adoucissements à leur arrêt funeste, Scyth. V, 4 dans ADOUCISSEMENT
Grégoire thaumaturge écrit une lettre au diable ; la lettre parvient à son adresse, Phil. II, 371 dans ADRESSE
Je fixe ses regards à moi seul adressés, Zaïre, I, 1 dans ADRESSÉ, ÉE
Ce beau nom que l'amour grava dans votre coeur N'est point dans cette lettre à Tancrède adressée, Tancr. II, 1 dans ADRESSÉ, ÉE
Quoi ! c'est lui dont les voeux vous furent adressés !, Orphel. I, 1 dans ADRESSER
Où suis-je ? c'est ici qu'on adresse mes pas, Orphel. IV, 3 dans ADRESSER
.... Dieu, maître des rois, à qui mon coeur s'adresse, Orphel. V, 6 dans ADRESSER
Quelle est donc cette pompe où s'adressent tes pas ?, Alz. II dans ADRESSER
Et, s'adressant aux siens d'une voix oppressée, Orphel. V, 1 dans ADRESSER
De leur malheureux roi lâches adulateurs, Marianne, I, 2 dans ADULATEUR, TRICE
Un sang aigri et aduste qui les rend fous [les hommes] en cent manières différentes, Babyl. 3 dans ADUSTE
J'ai tué justement un injuste adversaire, Mér. IV, 2 dans ADVERSAIRE
Ne croyant pas que son adverse partie eût des armes, Cand. 9 dans ADVERSE
Ma gloire me suivra dans mon adversité, Oed. V, 1 dans ADVERSITÉ
Pour avoir comme moi vaincu l'adversité, Mér. IV, 2 dans ADVERSITÉ
Je jouis d'une maison plus aérée que n'était celle de Hugues-Capet, Dial. 4 dans AÉRÉ, ÉE
De Molière oublié le sel s'est affadi, Ép. CI dans AFFADIR
Mes yeux, mes tristes yeux, affaiblis par les ans, Hélas ! avez-vous pu le chercher si longtemps ?, Alz. II, 2 dans AFFAIBLI, IE
La loi de l'histoire ne nous a permis ni de rien déguiser ni de rien affaiblir dans le récit de cette tragique aventure, Russie, II, 10 dans AFFAIBLIR
.... Mes maux m'ont affaibli plus encor que mes ans, Zaïre, II, 3 dans AFFAIBLIR
Vous qui du poids des ans n'êtes point affaiblis, Tancr. V, 2 dans AFFAIBLIR
Le czar en partant de Paris avait d'autres affaires qu'à vérifier des passages de saint Épiphane, Hist. de Russ. II, 9 dans AFFAIRE
Ce dieu fripon ressemble assez aux rois, Le bien servir n'est pas petite affaire, Poés. mêl. 150 dans AFFAIRE
Il composa un livre fort curieux, mais qui lui fit quelques affaires, Microm. I dans AFFAIRE
Vous trouverez un statuaire ; Mais vous n'en avez plus affaire, Ép. 79 dans AFFAIRE
C'était du grand Henri la redoutable armée.... lasse du repos et de sang affamée, Henr. VI dans AFFAMÉ, ÉE
Quel droit as-tu reçu d'enseigner, de prédire, De porter l'encensoir et d'affecter l'empire ?, Fanat. II, 5 dans AFFECTER
N'affectez point ici des soins si généreux, Mér. I, 3 dans AFFECTER
Le tremblement de terre de Lisbonne empêche-t-il que vous n'ayez fait le voyage de Madrid à Rome sur la terre affermie ?, Dial. XXIV, 4 dans AFFERMI, MIE
L'Ésope des Français.... A de la Champmeslé vanté la voix aimable, Ses accents amoureux et ses sons affétés, Ép. 85 dans AFFÉTÉ, ÉE
Vous abjureriez la philosophie pour afficher la dévotion, Dial. 30 dans AFFICHER
Étoiles de justice, qui avez beaucoup d'affinité avec l'or, Zadig, 3 dans AFFINITÉ
Je viens de l'affliger, c'est à moi d'adoucir Le déplaisir mortel qu'elle a dû ressentir, Zaïre, III, 1 dans AFFLIGER
Voyez-vous pas de tous côtés De très décrépites beautés.... S'affoler de dévotion ?, Ép. 31 dans AFFOLER
Il m'est affreux, seigneur, de vous déplaire, Zaïre, III, 6 dans AFFREUX, EUSE
Charles XII projetait de passer l'hiver dans l'Ukraine, afin que, s'étant assuré de ce pays, il pût conquérir la Moscovie au printemps prochain, Ch. XII, 4 dans AFIN
Mme du Châtelet ne sait comment répondre à ces agaceries séduisantes, Lettres, Pruss. 46 dans AGACERIE
Il faut, quand on fait le repas des agapes, envoyer les meilleurs plats à l'évêque, Phil. II, 225 dans AGAPE
Ces pierres, soit agates, soit espèces de marbres et de cailloux, sont fort communes, Sing. dans AGATE
L'empereur Charles VI mourut au mois d'octobre 1740, à l'âge de 55 ans, Louis XIV, 5 dans AGE
Le prieur, déjà un peu sur l'âge, était un très bon ecclésiastique, Ingénu, 1 dans AGE
La grandeur musulmane est à son dernier âge, Tancr. I, 1 dans AGE
Mon âme et mon corps Sont-ils d'un autre agent les aveugles ressorts ?, Disc. 2 dans AGENT
La main du Seigneur s'aggrava sur les Azotiens, Phil. IV, 283 dans AGGRAVER
On fit agir tant de femmes, qu'il y eut, après la bulle, plus de jansénistes que jamais, Louis XIV, 37 dans AGIR
Agissez donc, seigneur, de puissance absolue, sur Pertharite, a. IV, sc. 3 dans AGIR
Les conjurés en agissent rondement les uns avec les autres, Lett. à d'Argental, 16 juill. 1764 dans AGIR
On s'en rapporta.... à la pluralité des voix, et on ne pouvait en agir autrement, t. XLVI, p. 412, éd. Beuchot. dans AGIR
Il fut agité dans Versailles si le roi se retirerait à Chambord sur la Loire, S. de L. XIV, 23 dans AGITER
Chercher à la fois Et les agnus de Rome et les faveurs des rois, Lett. vers. 76 dans AGNUS
Il y a une vieille édition du Samson agoniste de Milton, précédée d'un abrégé de l'histoire de ce héros, Dict. phil. Samson. dans AGONISTE
Vous avez entendu des femmes faire les agréables sur l'histoire des évangiles, Phil. III, 256 dans AGRÉABLE
Louis XIV s'occupait à lire des livres d'agrément dans ce loisir, S. de Louis XIV, 25 dans AGRÉMENT
Construire un vaisseau et le munir de tous ses agrès, Russie, I, 9 dans AGRÈS
Choiseul est agricole et Voltaire est fermier, Temps présent. dans AGRICOLE
Ah ! que la renommée est injuste et trompeuse !, dans Girault-Duvivier. dans AH !
Chloris, Églé me versent de leur main D'un vin d'Aï dont la mousse pressée, De la bouteille avec force élancée, Comme un éclair fait voler le bouchon, Mondain dans
En quels lieux sommes-nous ? aidez mes faibles yeux, Zaïre, II, 3 dans AIDER
Qui sert bien son pays n'a pas besoin d'aïeux, Mér. I, 3 dans AÏEUL
Plus d'honneur, plus de lois ; Rome est anéantie ; De l'univers et d'elle il [César] triomphe aujourd'hui ; Nos imprudents aïeux n'ont vaincu que pour lui, M. de César, II, 3 dans AÏEUL
Il est de ces esprits favorisés des cieux, Qui sont tout par eux-mêmes et rien par leurs aïeux, Fanatisme, I, 4 dans AÏEUL
Et l'insecte insensible enseveli sous l'herbe, Et l'aigle impérieux qui plane au haut des cieux, Fanat. I, 4 dans AIGLE
Le plus médiocre jésuite est un aigle chez eux [les Malabares], Lett. Pruss. 57 dans AIGLE
Mais bientôt, à son tour, Une aigle au bec tranchant dévore le vautour ; L'homme, d'un plomb mortel, atteint cette aigle altière, Lisbonne. dans AIGLE
L'aigle altière et rapide aux ailes étendues, Disc. 1 dans AIGLE
Pourquoi, malgré nos chaînes, Avons-nous combattu sous les aigles romaines ?, Guèbres, I, 1 dans AIGLE
Finissons ; mais demain, muse, a recommencer, Sat. VII dans À
La nature, féconde en bizarres portraits, Dans chaque âme est marquée à de différents traits, Art. Poét. III dans À
Et fait comme je suis, au siècle d'aujourd'hui, Qui voudra s'abaisser à me servir d'appui ?, Sat. I dans ABAISSER
Les livres sur Évrard fondent comme la grêle Qui, dans un grand jardin, à coups impétueux, Abat l'honneur naissant des rameaux fructueux, Lutr. V dans ABATTRE
Moi-même, Arnauld, ici, qui te prêche en ces rimes, Plus qu'aucun des mortels par la honte abattu, En vain j'arme contre eux une faible vertu, Ép. III dans ABATTU, UE
Comme on voit les frelons, troupe lâche et stérile, Aller piller le miel que l'abeille distille, Sat. I dans ABEILLE
Chez nos dévots aïeux le théâtre abhorré, Art poét. III dans ABHORRÉ, ÉE
Dieu résolut enfin.... D'abîmer sous les eaux tous ces audacieux, Sat. XI dans ABÎMER
Pour soutenir tes droits.... Abîme tout plutôt, c'est l'esprit de l'Église, Lutrin, I dans ABÎMER
Toi donc qui vois les maux où ma muse s'abîme, Sat. II dans ABÎMER
Au contraire, cet autre, abject en son langage, Fait parler les bergers comme on parle au village, Art poét. II dans ABJECT, ECTE
Où l'on voit tous les jours l'innocence aux abois, Sat. I dans ABOI
Dès que j'y veux rêver, ma veine est aux abois, ib. VII dans ABOI
Justement confus de mon peu d'abondance, Je me fais un chagrin du bonheur de la France, Ép. VI dans ABONDANCE
Souvent trop d'abondance appauvrit la matière, Art. poét. III dans ABONDANCE
Fuyez de ces auteurs l'abondance stérile, Et ne vous chargez pas d'un détail inutile, ib. I dans ABONDANCE
.... Verras-tu d'un esprit bien tranquille Chez ta femme aborder et la cour et la ville ?, Sat. X dans ABORDER
Elle y voit aborder le marquis, la comtesse, Le bourgeois, le manant, le clergé, la noblesse, Sat. I dans ABORDER
Je chante les combats et cet homme pieux Qui, des bords phrygiens conduit dans l'Ausonie, Le premier aborda les champs de Lavinie, Art poét. III dans ABORDER
De son mortel poison tout courut s'abreuver, Sat. XI dans ABREUVER
Un galant de qui tout le métier Est de courir le jour de quartier en quartier, Et d'aller à l'abri d'une perruque blonde De ses froides douceurs fatiguer tout le monde, Sat. IV dans ABRI
Le seul chanoine Évrard d'abstinence incapable, Lutr. IV dans ABSTINENCE
Donnons à ce grand oeuvre une heure d'abstinence, ib. dans ABSTINENCE
Un merveilleux absurde est pour moi sans appas, A. P. III dans ABSURDE
Les ordres le plus sûrement accomplis sont ceux.... Qu'en un lieu, qu'en un jour un seul fait accompli Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli, Art. p. II dans ACCOMPLI, IE
Et voyant contre Dieu le diable accrédité N'osent qu'en bégayant prêcher la vérité, Ép. XI dans ACCRÉDITÉ, ÉE
D'un carrosse en tournant il accroche une roue, Sat. VI dans ACCROCHER
Nos braves s'accrochant se prennent aux cheveux, Sat. III dans ACCROCHER
Former des accusations contre quelqu'un, Sat. XII, avertiss. dans ACCUSATION
Où donc est ce grand coeur dont tantôt l'allégresse Semblait du jour trop long accuser la paresse ?, Lutr. II dans ACCUSER
Son livre, aimé du ciel et chéri des lecteurs, Est souvent chez Barbin entouré d'acheteurs, A. P. I dans ACHETEUR, EUSE
Souvent, pour m'achever, il survient une pluie, Sat. VI dans ACHEVER
Le commandeur voulait la scène plus exacte ; Le vicomte indigné sortait au second acte, Épît. VII dans ACTE
Que tu sais bien, Racine, à l'aide d'un acteur, Émouvoir, étonner, ravir un spectateur !, Ép. VII dans ACTEUR, TRICE
Thespis fut le premier qui, barbouillé de lie, Promena par les bourgs cette heureuse folie, Et d'acteurs mal ornés chargeant un tombereau, Amusa les passants d'un spectacle nouveau, A. P. III dans ACTEUR, TRICE
Mon esprit n'admet point un pompeux solécisme, Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux barbarisme, A. P. I dans ADMETTRE
La cour.... Distingua le naïf du plat et du bouffon, Et laissa la province admirer le Typhon, A. P. I dans ADMIRER
L'ignorance toujours est prête à s'admirer, A. P. I dans ADMIRER
Je ne vais pas au Louvre adorer la fortune, Sat. II dans ADORER
Voilà jouer d'adresse et médire avec art, Sat. IX dans ADRESSE
Entre ceux qui t'adressent leurs veilles, Disc. au Roi. dans ADRESSER
La louange agréable est l'âme des beaux vers ; Mais je tiens, comme toi, qu'il faut qu'elle soit vraie, Et que son tour adroit n'ait rien qui nous effraie, Ép. IX dans ADROIT, OITE
Soit qu'il fasse au sénat courir les sénateurs, D'un tyran soupçonneux pâles adulateurs, Art. p. II dans ADULATEUR, TRICE
[Il] a longtemps le teint pâle et le coeur affadi, Lutr. II dans AFFADI, IE
Vous ferez-vous toujours des affaires nouvelles ?, Sat. IX dans AFFAIRE
Une garnison affamée par l'ennemi ... dans la disette, une muse affamée Ne peut pas, dira-t-on, subsister de fumée, A. P. IV dans AFFAMÉ, ÉE
Ton courage affamé de péril et de gloire, Court d'exploits en exploits, de victoire en victoire, Sat. VIII dans AFFAMÉ, ÉE
.... je ne puis souffrir ces auteurs renommés, Qui, dégoûtés de gloire et d'argent affamés, A. P. IV dans AFFAMÉ, ÉE
Perse en ses vers obscurs, mais serrés et pressants, Affecta d'enfermer moins de mots que de sens, A. P. II dans AFFECTER
Pour éblouir les yeux, la fortune arrogante Affecta d'étaler une pompe insolente, Épît. IX dans AFFECTER
Je laisse aux doucereux ce langage affété, Sat. IX dans AFFÉTÉ, ÉE
Un dévot aux yeux creux et d'abstinence blême, S'il n'a point le coeur juste, est affreux devant Dieu, Sat. II dans AFFREUX, EUSE
Et plus loin des valets l'un l'autre s'agaçans, Sat. VI dans AGACER
Ce vieillard dans le choeur a déjà vu quatre âges, Lutr. I dans AGE
Chaque âge a ses plaisirs, son esprit et ses moeurs, Art poét. III dans AGE
Le monde, de qui l'âge avance les ruines, Ne peut plus enfanter de ces âmes divines, Lutr. III dans AGE
Jamais, pour s'agrandir, vit-on dans sa manie Un tigre en factions partager l'Hyrcanie ?, Sat. VIII dans AGRANDIR
Que tu sais bien, Racine, à l'aide d'un acteur, Émouvoir, étonner, ravir un spectateur !, Ép. VII dans AIDE
Ce long amas d'aïeux, que vous diffamez tous, Sont autant de témoins qui parlent contre vous, Sat. v. dans AÏEUL
Un aigle sur un champ prétendant droit d'aubaine, Ne fait point appeler un aigle à la huitaine, Sat. VII dans AIGLE
Rendre à l'aigle éperdu sa première vigueur, Disc. au roi. dans AIGLE
Dans vos discours chagrins plus aigre et plus mordant Qu'une femme en furie ou Gauthier en plaidant, Sat. IX dans AIGRE
Mais Evrard, en passant coudoyé par Boirude, Ne sait point contenir son aigre inquiétude, Lutr. V dans AIGRE
Et n'allez point toujours d'une pointe frivole, Aiguiser par la queue une épigramme folle, A. P. II dans AIGUISER
Rien n'est beau que le vrai, le vrai seul est aimable, A. P. I dans AIMABLE
Aimez qu'on vous conseille et non pas qu'on vous loue, Art poét. I, dans AIMER
Pour quelque Iris en l'air faire le langoureux, Sat. IX dans AIR
Ne vous y fiez pas, elle a, ma foi, les yeux fripons ; je lui trouve l'air bien coquet, Héros de romans. dans AIR
L'un me heurte d'un ais dont je suis tout froissé, Sat. VI dans AIS
Sur l'ais qui le soutient auprès d'un Avicenne Deux des plus forts mortels l'ébranleraient à peine, Lutrin, v. dans AIS
À ces mots, il saisit un vieil infortiat, Inutile ramas de gothique écriture, Dont quatre ais mal unis formaient la couverture, ib. dans AIS
Ses ais [du lutrin] demi-pourris, que l'âge a relâchés, Sont à coups de maillet unis et rapprochés, ib. III dans AIS
Qu'on est assis à l'aise aux sermons de Cottin, Sat. IX dans AISE
Oh ! que j'aime bien mieux cet auteur plein d'adresse Qui, sans faire d'abord de si hautes promesses, Me dit d'un ton aisé, doux, simple, harmonieux...., A. P. III dans AISÉ, ÉE
Je doute que le flot des vulgaires humains à ce discours pourtant donne aisément les mains, Sat. II dans AISEMENT
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément, A. P. I dans AISEMENT
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez, A. P. I dans AJOUTER
Et passant du Jourdain les ondes alarmées, Cueillir mal à propos les palmes idumées, Sat. IX dans ALARMÉ, ÉE
Heureux si ses discours craints du chaste lecteur, Ne se sentaient des lieux où fréquentait l'auteur, Et si du son hardi de ses rimes cyniques, Il n'alarmait souvent les oreilles pudiques, A. P. II dans ALARMER
Pour moi, je lis la Bible autant que l'Alcoran, Lutr. IV dans ALCORAN
Dans le réduit obscur d'une alcôve enfoncée, Lutr. I dans ALCÔVE
Et le Rhin de ses flots ira grossir la Loire, Avant que tes faveurs sortent de ma mémoire, Lutr. II dans ALLER
Allez, vils combattants, inutiles soldats, Pass. du Rhin. dans ALLER
Tout le trouble poétique à Paris s'en va cesser, Épig. 29 dans ALLER
Sidrac, à qui l'âge allonge le chemin, Lutr. I dans ALLONGER ou ALONGER
De ses revenus écrits par alphabet, Sat. I dans ALPHABET
Quel sujet inconnu vous trouble et vous altère ?, Sat. III dans ALTÉRER
Pour un si bas emploi ma muse est trop altière, Sat. I dans ALTIER, IÈRE
La vieillesse chagrine incessamment amasse, A. P. III dans AMASSER
L'ode avec plus plus d'éclat et non moins d'énergie, Élevant jusqu'au ciel son vol ambitieux, A. P. II dans AMBITIEUX, EUSE
Chercher jusqu'au Japon la porcelaine ou l'ambre, Sat. VIII dans AMBRE
Craignez d'un vain plaisir les trompeuses amorces, Art poét. I dans AMORCE
Tous ces pompeux amas d'expressions frivoles Sont d'un déclamateur amoureux de paroles, Art p. III dans AMOUREUX, EUSE
Le village au-dessus forme un amphithéâtre, Épît. VI dans AMPHITHÉÂTRE
Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme, Art p. I dans AMPOULÉ, ÉE
Que devant Troie en flamme Hécube désolée Ne vienne pas pousser une plainte ampoulée, ib. III dans AMPOULÉ, ÉE
Ces pompeux bâtiments Du loisir d'un héros nobles amusements, Épît. I dans AMUSEMENT
Le lecteur sage fuit un vain amusement, Art poét. III dans AMUSEMENT
Leur esprit toutefois se plaît dans son tourment Et se fait de sa peine un noble amusement, Épît. X dans AMUSEMENT
Avant le mariage, anges si gracieux, Sat. X dans ANGE
Et par l'espoir du gain votre muse animée Vendrait au poids de l'or une once de fumée, Sat. IX dans ANIMÉ, ÉE
Ses vers.... Iraient dans l'antichambre amuser Pacolet, Épît. IX dans ANTICHAMBRE
Perrault l'antipindarique...., Épigr. 29 dans ANTIPINDARIQUE
Je veux que la valeur de ses aïeux antiques Ait fourni de matière aux plus vieilles chroniques, Sat. v. dans ANTIQUE
Je consens de bon coeur, pour punir ma folie, Que tous les vins pour moi deviennent vins de Brie, Qu'à Paris le gibier manque tous les hivers, Et qu'à peine au mois d'août on mange des pois verts, Sat. III dans AOÛT
Ce discours te surprend, docteur, je l'aperçoi, Sat. VIII dans APERCEVOIR
Phébus a-t-il pour vous aplani le Parnasse ?, Sat. IX dans APLANIR
Aux appâts d'un hameçon perfide, J'amorce en badinant le poisson trop avide, Ép. 6 dans APPÂT
Mais perdez cette erreur dont l'appât vous amorce, Épît. X dans APPÂT
Souvent trop d'abondance appauvrit la matière, Art p. III dans APPAUVRIR
Les cloches dans les airs de leurs voix argentines Appelaient à grand bruit les chantres à matines, Lutr. II dans APPELER
Je n'appellerai jamais libre un homme.... J'appelle un chat un chat et Rollet un fripon, Sat. I dans APPELER
À son entrée tout le monde applaudit Tel vous semble applaudir, qui vous raille et vous joue, Art p. I dans APPLAUDIR
Un coeur noble est content de ce qu'il trouve en lui Et ne s'applaudit point des qualités d'autrui, Épît. IX dans APPLAUDIR
Vais-je épouser ici quelque apprentive auteur ?, Sat. X dans APPRENTI, IE
À suivre ce grand chef, l'un et l'autre s'apprête, Lutr. II dans APPRÊTER
Et sous l'appui des lois mit la faible innocence, Art poét. IV dans APPUI
Endurcis-toi le coeur, sois arabe, corsaire, Sat. VIII dans ARABE
Des malices du sexe immortelles archives, Sat. X dans ARCHIVES
Le soleil irrité Formait un poêle ardent au milieu de l'été, Sat. III dans ARDENT, ENTE
Tantôt comme une abeille ardente à son ouvrage, Art p. II dans ARDENT, ENTE
J'aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène, En un pré plein de fleurs lentement se promène, Art p. I dans ARÈNE
Les cloches, dans les airs, de leurs voix argentines, Appelaient à grand bruit les chantres à matines, Lutr. IV dans ARGENTIN, INE
Chacun s'arme au hasard du livre qu'il rencontre, Lutr. v. dans ARMER
Et pour toute vertu fit au dos d'un carrosse, à côté d'une mitre armorier sa crosse, Lutr. VI dans ARMORIER
Je ne puis arracher du creux de ma cervelle Que des vers plus forcés que ceux de la Pucelle, Sat. VII dans ARRACHER
Mais l'homme, sans arrêt dans sa course insensée, Voltige incessamment de pensée en pensée, Sat. VIII dans ARRÊT
L'un et l'autre rival, s'arrêtant au passage, Se mesurent des yeux, Lutrin, V dans ARRÊTER
Pégase s'effarouche et recule en arrière, Épîtr. IV dans ARRIÈRE
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément, Art p. I dans ARRIVER
Mettant leur Apollon aux gages d'un libraire, Ils font d'un art divin un métier mercenaire, Art poét. IV dans ART
Je ris de ces discours frivoles ; On sait fort bien que ses paroles Ne sont pas articles de foi, Épig. 13 dans ARTICLE
Les images sont aussi d'un grand artifice pour donner du poids au discours, du Subl. 13 dans ARTIFICE
Ce monarque guerrier, Qui ne pouvait souffrir qu'un artisan grossier Entreprît de tracer.... Un portrait réservé pour le pinceau d'Apelle, Disc. au roi. dans ARTISAN
Six vers artistement rangés, Art p. II dans ARTISTEMENT
S'écrier sur un as mal à propos jeté, Sat. X dans AS
Que si tous mes efforts ne peuvent réprimer Cet ascendant malin qui vous force à rimer, Sat. IX dans ASCENDANT
À l'ombre de ton nom ils trouvent leur asile, Disc. au roi. dans ASILE ou ASYLE
La satire, en leçons, en nouveautés fertile, Sait seule assaisonner le plaisant et l'utile, Sat. IX dans ASSAISONNER
Que dit-il quand il voit, avec la mort en trousse, Courir chez un malade un assassin en housse ?, Sat. VIII dans ASSASSIN
Ton oncle, dis-tu, l'assassin M'a guéri d'une maladie ; La preuve qu'il ne fut jamais mon médecin, C'est que je suis encore en vie, Épigr. dans ASSASSIN
Dans Florence jadis vivait un médecin, Savant hâbleur, dit-on, et célèbre assassin, Art poét. IV dans ASSASSIN
Assez et trop longtemps ma lâche complaisance De vos jeux criminels a nourri l'insolence, Sat. IX dans ASSEZ
D'écoliers libertins une troupe indocile, Loin des yeux d'un préfet au travail assidu, Va tenir quelquefois un brelan défendu, Lutr. ch. III dans ASSIDU, UE
Écoutez tout le monde, assidu consultant ; Un fat quelquefois ouvre un avis important, Art poét. IV dans ASSIDU, UE
Garde au sein du tumulte une assiette tranquille, Lutrin, I dans ASSIETTE
Je vous trouve aujourd'hui l'âme tout inquiète, Et les morceaux entiers restent sur votre assiette, Sat. III dans ASSIETTE
N'imite pas ces fous.... Qui toujours assignants et toujours assignés, Souvent demeurent gueux de vingt procès gagnés, Ép. II dans ASSIGNÉ, ÉE
Et dans mon cabinet assis aux pieds des hêtres, Faire dire aux échos des sottises champêtres, Sat. IX dans ASSIS, ISE
Que d'un art délicat les pièces assorties N'y forment qu'un seul tout de diverses parties, Art p. I dans ASSORTI, IE
Girot en vain l'assure, Lutrin, IV dans ASSURER
Je puis les assurer que tous leurs discours ne m'obligeront pas .., Avert. de la Sat. X dans ASSURER
[Ces poëtes] N'offrent rien qu'Astaroth, Belzébut, Lucifer, Art poét. III dans ASTAROTH
Ce ne sont que festons, ce ne sont qu'astragales, Art p. I dans ASTRAGALE
Si son astre en naissant ne l'a formé poëte, Art. p. I dans ASTRE
Un astrolabe en main, elle a dans sa gouttière à suivre Jupiter passé la nuit entière, Sat, X dans ASTROLABE
À la fin tous ces jeux que l'athéisme élève Conduisent tristement le plaisant à la grève, Art p. II dans ATHÉISME
Aux athlètes dans Pise elle [l'ode] ouvre la barrière, Art p. II dans ATHLÈTE
La nature a introduit l'homme dans la lice du monde comme un courageux athlète qui ne doit respirer que la gloire, Longin, Sublime, 29 dans ATHLÈTE
Inventez des ressorts qui puissent m'attacher, Art poét. III dans ATTACHER
Faudra-t-il sur sa gloire attendre à m'exercer Que ma tremblante voix commence à se glacer ?, Épît. I dans ATTENDRE
Le fidèle, attentif aux règles de sa loi, Lutr. ch. VI dans ATTENTIF, IVE
Vos froids raisonnements ne feront qu'attiédir Un spectateur...., Art p. III dans ATTIÉDIR
Ses railleries ne sont point froides ni recherchées, comme celles de ces faux imitateurs du style attique, mais vives et pressantes, Longin, Sublime, 28 dans ATTIQUE
Par ces mots attirants sent redoubler son zèle, Lut. IV dans ATTIRANT, ANTE
Il rend tous ses voisins attristés de sa joie, Lutr. III dans ATTRISTÉ, ÉE
Un aigle sur un champ prétendant droit d'aubaine, Sat. VIII dans AUBAINE
Aristote et Théophraste, pour excuser l'audace de ces figures [de rhétorique], Longin, Subl. 26 dans AUDACE
Un Auguste aisément peut faire des Virgile, Sat. I dans AUGUSTE
Au siècle d'aujourd'hui Qui voudra s'abaisser à me servir d'appui ?, Sat. v. dans AUJOURD'HUI
Le prudent Gilotin, son aumônier fidèle, Lutrin. I dans AUMÔNIER
Déjà, l'aumusse en main, il marche vers l'église, Lutr. IV dans AUMUCE et AUMUSSE
Ta bouche déjà s'ouvre large d'une aune [tu bâilles et ouvres une grande bouche], Épîtr. X dans AUNE
Et des voeux les plus saints blâmant l'austérité, Sat. XI dans AUSTÉRITÉ
Je n'aurais qu'à chanter, rire, boire d'autant, Sat. II dans AUTANT
À sa gloire en cent lieux fit dresser des autels, Art p. IV dans AUTEL
Ne trouve en Chapelain.... Autre défaut, sinon qu'on ne le saurait lire, Sat. X dans AUTRE
Non ; à d'autres, dit-il ; on connaît votre style, Ép. VI dans AUTRE
Pour consumer autrui, le monstre se consume, Lutrin, v dans AUTRUI
Un laquais effronté m'apporte un rouge-bord D'un auvernat fumeux, qui, mêlé de lignage [cru orléanais], Se vendait chez Crenet pour vin de l'Hermitage [cru du Rhône], Sat. III dans AUVERNAT
Le projet d'un hymen déjà fort avancé, Sat. X dans AVANCÉ, ÉE
Avant donc que d'écrire apprenez à penser, Art p. I dans AVANT
Le bruit court qu'avant-hier on vous assassina, Ép. VI dans AVANT-HIER
Son naturel.... Le fit, dans une avare et sordide famille, Chercher un monstre affreux sous le nom d'une fille, Sat. X dans AVARE
Un avare idolâtre et fou de son argent, Rencontrant la misère au sein de l'abondance, Sat. IV dans AVARE
Un affreux serrurier.... Avec un fer maudit, qu'à grand bruit il apprête, De cent coups de marteau me va fendre la tête, Sat. VI dans AVEC
L'ours a-t-il, dans les bois, la guerre avec les ours ?, Sat. VIII dans AVEC
Tous les jours je me couche avecque le soleil, Sat. VI dans AVEC
Souvent de ta maison gardant les avenues, Sat. X dans AVENUE
De leurs appartements percer les avenues, Lutrin, IV dans AVENUE
Quelle verve indiscrète, Sans l'aveu des neufs soeurs, vous a rendu poëte, Sat. IX dans AVEU
Son esprit ne saurait jamais rien produire que des avortons aveugles et imparfaits, Longin, Sublime, 12 dans AVEUGLE
Je reçois vingt avis qui me glacent d'effroi, Épît. VI dans AVIS
Quand notre hôte charmé m'avisant sur ce point...., Sat. III dans AVISER
Qu'avez-vous donc, dit-il, que vous ne mangez point ?, Sat. III dans AVOIR
Ayant un empire absolu sur les esprits, Longin, Sublime, 32 dans AVOIR
Peut-il y avoir des doutes en une question si claire ? Il y aurait de la folie à douter d'une vérité si universellement reconnue, Longin, Sublime, 32 dans AVOIR
Rapsodie veut dire un amas de vers qu'on chantait, y ayant des gens qui gagnaient leur vie à les chanter, Réflexions crit. n° 2 dans AVOIR
C'est ainsi que tous les interprètes ont expliqué ces mots.... y en ayant même qui ont mis à la marge du texte grec...., ib. dans AVOIR
Par des vers tout neufs avoués du Parnasse, Epît. I dans AVOUÉ, ÉE
Alors, sans consulter si Phébus l'en avoue, Disc. au roi. dans AVOUER
Si le soleil est fixe ou tourne sur son axe, Épit. v. dans AXE
[Un des conviés] Lamentant tristement une chanson bachique, Sat. III dans BACHIQUE
Ce n'est que pour toi seul qu'elle est fière et chagrine ; Aux autres elle est douce, agréable, badine, Sat. X dans BADIN, INE
Hors de mode aujourd'hui chez nos plus froids badins, Sat. XI dans BADIN, INE
Croyez-vous qu'ébloui de vos vaines paroles J'ignore qu'en effet tous vos discours frivoles Ne sont qu'un badinage..., Sat. X dans BADINAGE
Faire Dieu le sujet d'un badinage affreux, Art p. II dans BADINAGE
Imitez de Marot l'élégant badinage, Art p. I dans BADINAGE
Ce n'est pas quelquefois qu'une muse un peu fine Sur un mot en passant ne joue et ne badine, Art poét. II dans BADINER
Les génies les plus élevés tombent quelquefois dans la badinerie, Longin, ch. 7 dans BADINERIE
Quelque léger dégoût vient-il le travailler, Une faible vapeur le fait-elle bâiller...., Sat. X dans BÂILLER
Mais, tout bien balancé, j'ai pourtant reconnu Que de ces contes vains le monde entretenu N'en a pas de l'hymen moins vu fleurir l'usage, Sat. X dans BALANCÉ, ÉE
Ce n'est pas que mon coeur.... Balance pour t'offrir un encens qui t'est dû, Disc. au roi. dans BALANCER
La ballade, asservie à ses vieilles maximes, Souvent doit tout son lustre au caprice des rimes, Art poét. II dans BALLADE
Là ce balcon s'enferme en un balustre d'or, Art p. I dans BALUSTRE
Réponds-moi donc, docteur, et mets-toi sur les bancs, Sat. VIII dans BANC
Courir comme un bandit qui n'a ni feu ni lieu, Sat. VIII dans BANDIT
L'usage s'est introduit.... de vendre par adjudication à des bergers étrangers, embarrassés, pendant l'hiver, de leurs nombreux troupeaux de menu bétail, ce droit de vaine pâture par grands lots ou bandites, mot qui vient de l'expression italienne bandita, laquelle veut dire : endroit clos, réservé, renfermé, expression juste, puisque le pâturage des bandites est réservé à un acquéreur déterminé...., ib. p. 324 dans BANDITE
Le droit de bandite est un droit de copropriété créé du consentement des communes et des habitants, à prix d'argent, en faveur d'acquéreurs déterminés, de leurs héritiers...., ib. p. 346 dans BANDITE
La Discorde.... En tout lieu.... déploya ses bannières, Sat. XI dans BANNIÈRE
Illustre porte-croix, par qui notre bannière N'a jamais en marchant fait un pas en arrière, Lutr. V dans BANNIÈRE
Baptisant son chagrin du nom de piété, Sat. X dans BAPTISER
D'un seul nom quelquefois le son dur et bizarre Rend un poëme entier ou burlesque ou barbare, Art poét. III dans BARBARE
Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme, Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme, Art poét. I dans BARBARISME
Enfant au premier acte et barbon au dernier, Art p. III dans BARBON
Thespis fut le premier qui, barbouillé de lie...., Art p. III dans BARBOUILLÉ, ÉE
Empêcher que Caron, dans la fatale barque, Ainsi que le berger, ne passe le monarque, Art p. III dans BARQUE
Si quelque exploit nouveau Chaque jour, comme moi, vous traînait au barreau, Lutr. III dans BARREAU
Au milieu de la paix font voir les barricades, Sat. VI dans BARRICADE
Aux athlètes dans Pise elle ouvre la barrière, Art poét. II dans BARRIÈRE
Et regarde le champ, assis sur la barrière, Ép. I dans BARRIÈRE
Un esprit né sans fard, sans basse complaisance, Fuit ce ton radouci, Sat. IX dans BAS, BASSE
Et Gorillon la basse et Grandin le fausset, Lutr. v. dans BASSE
Le vers se sent toujours des bassesses du coeur, Art poét. IV dans BASSESSE
Quoi que vous écriviez, évitez la bassesse, Art poét. I dans BASSESSE
Seuls dans leurs doctes vers ils pourront vous apprendre Par quel art sans bassesse un auteur peut descendre, Chanter Flore, les champs, Pomone, les vergers...., ib. II dans BASSESSE
D'un tournoi de bassette ordonner les apprêts, Sat. X dans BASSETTE
Et sur un bois détruit bâtit mille procès, Lutr. V dans BÂTIR
Rien n'est beau que le vrai, le vrai seul est aimable, Art poét. I dans BEAU ou BEL, BELLE
Tout beau, dira quelqu'un, vous entrez en furie, Sat. I dans BEAU ou BEL, BELLE
Ses ouvrages, tout pleins d'affreuses vérités, Étincellent pourtant de sublimes beautés, Art poét. ch. II dans BEAUTÉ
Suivi par un recteur de bedeaux entouré, Sat. VIII dans BEDEAU
Sait d'un air innocent bégayer sa pensée, Épît. IX dans BÉGAYER
Ou demeurer oisive au retour du bélier, Sat. VIII dans BELIER ou BÉLIER
Lui donne toutefois la bénédiction, Lutr. I dans BÉNÉDICTION
Que fais-tu cependant seul en ton bénéfice ?, Épît. 2 dans BÉNÉFICE
La fièvre.... Un bénitier aux pieds, va l'étendre à la porte, Épît. III dans BÉNITIER
Cependant, à le voir, plein de vapeurs légères, Soi-même se bercer de ses propres chimères, Sat. VIII dans BERCER
Mais bientôt le ciel en colère, Par la main d'une humble bergère Renversant leurs bataillons [des Anglais], Ode II dans BERGER, ÈRE
À la bête, gémir d'un roi venu sans garde, Sat. X dans BÊTE
Des superbes mortels le plus affreux lien, N'en doutons pas, Arnauld, c'est la honte du bien, Épître, III dans BIEN
.... La scène demande une exacte raison ; L'étroite bienséance y veut être gardée, Art p. II dans BIENSÉANCE
Ma franchise surtout gagna sa bienveillance, Poés. diverses, XXIII dans BIENVEILLANCE
Au pied de cet autel de structure grossière Gît sans pompe, enfermé dans une vile bière, Le plus savant mortel qui jamais ait écrit, Épitaphe d'Arnauld. dans BIÈRE
Les hommes bigarrés, Les uns gris, les uns noirs, Sat. VIII dans BIGARRÉ, ÉE
L'un, défenseur zélé des bigots mis en jeu...., Épît. VII dans BIGOT, OTE
Sais-tu bien cependant, sous cette humilité, L'orgueil que quelquefois nous cache une bigote ?, Sat. X dans BIGOT, OTE
Et quel homme si froid ne serait plein de bile...., Sat. I dans BILE
Cette bilieuse Qui follement outrée en sa sévérité...., Sat. X dans BILIEUX, EUSE
Que l'on tire au billet ceux que l'on doit élire, Lutrin, I dans BILLET
Qu'est devenu ce teint dont la couleur fleurie Semblait d'ortolans seuls et de bisques nourrie ?, Sat. III dans BISQUE
Le voilà fou, superbe, impertinent, bizarre, Ép. V dans BIZARRE
Un honnête homme, un fat, un jaloux, un bizarre, Art p. III dans BIZARRE
Ne blâmez pas Perrault de condamner Homère, Épigr. 21 dans BLÂMER
Voilà l'homme en effet, il va du blanc au noir, Sat. VIII dans BLANC
[Elle] envoie au blanchisseur ses roses et ses lis, Sat. X dans BLANCHISSEUR, EUSE
La disette au teint blême et la triste famine...., Lutr. v. dans BLÊME
Jadis certain bigot, d'ailleurs homme sensé, D'un mal assez bizarre eut le cerveau blessé, Sat. IV dans BLESSÉ, ÉE
De vers, de contes bleus, de frivoles sornettes, Sat. XI dans BLEU, BLEUE
Quatre boeufs attelés, d'un pas tranquille et lent, Promenaient dans Paris le monarque indolent, Lutr. II dans BOEUF
De s'entendre appeler petit coeur ou mon bon, Sat. X dans BON, BONNE
Oui, partout de son nom chaque place munie Tient bon contre le vers, en détruit l'harmonie, Ép. IV dans BON
Sa muse.... Ne s'élève jamais que par sauts et par bonds, Art p. III dans BOND
Et que d'un bonnet vert le salutaire affront...., Sat. I dans BONNET
Faut-il avoir reçu le bonnet doctoral...., Épît. XI dans BONNET
Quitte là le bonnet, la Sorbonne et les bancs, Sat. VIII dans BONNET
Il est vrai que du roi la bonté secourable Jette enfin sur la muse un regard favorable, Sat. I dans BONTÉ
L'honneur est comme une île escarpée et sans bords, Sat. X dans BORD
Un laquais effronté m'apporte un rouge bord D'un auvernat fumeux qui, mêlé de lignage, Se vendait chez Crenet pour vin de l'Ermitage, Sat. III dans BORD
Où toujours le héros passe pour sans pareil, Et, fût-il louche ou borgne, est réputé soleil, Ép. IX dans BORGNE
Dans ses prétentions une femme est sans borne, Sat. X dans BORNE
Ici, dans un vallon bornant tous mes désirs, J'achète à peu de frais de solides plaisirs, Ép. VI dans BORNER
Mais pour borner enfin tout ce vague propos...., Sat. X dans BORNER
Qui ne sait se borner ne sut jamais écrire, Art p. I dans BORNER
À moi, réprouvé, bouc infâme, Va brûler, dira-t-il, Épîtr. XI dans BOUC
Quand Dieu viendra juger les vivants et les morts, Et des humbles agneaux, objets de sa tendresse, Séparera des boucs la troupe pécheresse, ib. dans BOUC
Le monstre composé de bouches et d'oreilles [la Renommée], Lutr. II dans BOUCHE
Sur un bouclier noir sept chefs impitoyables Épouvantent les dieux de serments effroyables, Longin, Sublime, 13 dans BOUCLIER
Mais de ce style [le burlesque] enfin la cour désabusée, Dédaigna de ces vers l'extravagance aisée, Distingua le naïf du plat et du bouffon, Art p. I dans BOUFFON, ONNE
Mais d'un bouge prochain accourant à ce bruit...., Lutr. II dans BOUGE
Ils rallument le feu de leur bougie éteinte, Lutr. III dans BOUGIE
Et déjà tout bouillant de vin et de colère, Sat. III dans BOUILLANT, ANTE
Modère ces bouillons de ta mélancolie, Sat. VII dans BOUILLON
L'une chauffe un bouillon, Sat. X dans BOUILLON
Contemplez dans la tempête Qui sort de ces boulevards..., Odes, 1 dans BOULEVARD ou, orthographe qu'admet aussi l'Académie, BOULEVART
Combien n'a-t-on pas vu de belles aux doux yeux, Avant le mariage anges si gracieux, Tout à coup se changeant en bourgeoises sauvages, Vrais démons, apporter l'enfer dans leurs ménages, Sat. X dans BOURGEOIS, OISE
Et quand nous leur témoignons, Proserpine et moi, que cela nous choque, ils nous traitent de bourgeois et disent que nous ne sommes pas galants, Héros de romans. dans BOURGEOIS, OISE
Elle peint de bourgeons son visage guerrier, Lutr. I dans BOURGEON
comm, On dit, à ce propos, qu'un jour ce dieu bizarre, Voulant pousser à bout tous les rimeurs françois, Inventa du sonnet les rigoureuses lois, Art p. II dans BOUT
Pousser jusqu'à l'excès ma critique boutade, Sat. XI dans BOUTADE
Vient-il de la province une satire fade, D'un plaisant du pays insipide boutade, Pour la faire courir on dit qu'elle est de moi, Ép. VI dans BOUTADE
En vain contre ce flot d'aversion publique Vous tiendrez quelque temps ferme sur la boutique ; Vous irez à la fin, honteusement exclus, Trouver au magasin Pyrame et Régulus, A ses vers, Ep. X dans BOUTIQUE
Et Gombaud tant loué garde encor la boutique, Art p. IV dans BOUTIQUE
Qu'à son gré désormais la fortune me joue, On me verra dormir au branle de sa roue, Épît. V dans BRANLE
La Sicile De là nous tend les bras, Épît. I dans BRAS
Nous n'avons, m'a-t-il dit, ni Lambert ni Molière ; Mais, puisque je vous vois, je me tiens trop content ; Vous êtes un brave homme, entrez, on vous attend, Sat. III dans BRAVE
Je crains peu, direz-vous, les braves du Parnasse, Sat. IX dans BRAVE
Le latin dans les mots brave l'honnêteté ; Mais le lecteur français veut être respecté, Art p. II dans BRAVER
Nous la verrons hanter les plus honteux brelans, Sat. X dans BRELAN
D'écoliers.... une troupe.... Va tenir quelquefois un brelan défendu, Lutr. III dans BRELAN
T'ai-je encore décrit la dame brelandière ?, Sat. X dans BRELANDIER, IÈRE
La raison, trop farouche au milieu des plaisirs, D'un remords importun vient brider nos désirs, Sat. IV dans BRIDER
Et partout des passants enchaînent les brigades, Sat. VI dans BRIGADE
Ne descendons jamais dans ces lâches intrigues ; N'allons point à l'honneur par de honteuses brigues, Art p. IV dans BRIGUE
Des chanoines vermeils et brillants de santé, Lutr. I dans BRILLANT, ANTE
Et toutes les vertus dont s'éblouit la terre Ne sont que faux brillants...., Sat. X dans BRILLANT, ANTE
.... Jamais dans mes discours Je n'ai d'un faux brillant emprunté le secours, Sat. XI dans BRILLANT, ANTE
De quel front aujourd'hui vient-il sur nos brisées Se revêtir encor de nos phrases usées ?, Épît. I dans BRISÉES
Vous n'entendrez partout qu'injurieux brocards, Épît. X dans BROCARD
C'est pour eux qu'elle étale et l'or et le brocart, Sat. X dans BROCART
Eschyle dans le choeur jeta les personnages, D'un masque plus honnête habilla leurs visages, Sur les ais d'un théâtre en public exhaussé Fit paraître l'acteur d'un brodequin chaussé, Art p. III dans BRODEQUIN
Mais quoi ! je chausse ici le cothurne tragique ; Reprenons au plus tôt le brodequin comique, Sat. X dans BRODEQUIN
Jamais au bout du vers on ne te voit broncher, Sat. II dans BRONCHER
Leur venin [de mes ennemis] qui sur moi brûle de s'épancher, Tous les jours en marchant m'empêche de broncher, Épît. VII dans BRONCHER
Un des noms reste encore, et le prélat par grâce Une dernière fois les brouille et les ressasse, Lutr. I dans BROUILLER
Tu courus chez Satan brouiller de nouveaux fils, Sat. XI dans BROUILLER
Ronsard qui le suivit, par une autre méthode, Réglant tout, brouilla tout, fit un art à sa mode, Art p. I dans BROUILLER
J'aurai pu jusqu'ici brouiller tous les chapitres, Lutrin, I dans BROUILLER
L'autre broie en riant le vermillon des moines, Lutr. II dans BROYER
Le Rhin, tranquille et fier du progrès de ses eaux, Appuyé d'une main sur son urne penchante, Dormait au bruit flatteur de son onde naissante, Ép. IV dans BRUIT
Au moindre bruit qui court qu'un auteur les menace, Disc. au roi. dans BRUIT
Les cloches argentines Appelaient à grand bruit les chantres à matines, Lutr. IV dans BRUIT
Là le chantre à grand bruit arrive et se fait place, Lutr. V dans BRUIT
Et deux fois de sa main le buis [peigne] tombe en morceaux, Lutr. II dans BUIS
Attends-tu donc que sans bulle et sans titre...., Lutr. I dans BULLE
Mais qui n'étant vêtu que de simple bureau Passait l'été sans linge et l'hiver sans manteau, Sat. I dans BUREAU
Là du faux bel esprit se tiennent les bureaux, Sat. X dans BUREAU
D'un seul nom quelquefois le son dur ou bizarre Rend un poëme entier ou burlesque ou barbare, Art p. III dans BURLESQUE
Que ce style jamais ne souille votre ouvrage ; Imitons de Marot l'élégant badinage, Et laissons le burlesque aux plaisants du pont Neuf, Art p. I dans BURLESQUE
Et de chantres buvants les cabarets sont pleins, Lutrin, II dans BUVANT, ANTE
En cent lieux contre lui les cabales s'amassent, Épît. VII dans CABALE
Du mérite éclatant cette sombre rivale [l'envie] Contre lui chez les grands incessamment cabale, Art poét. IV dans CABALER
T'ai-je encore décrit la dame brelandière Qui de joueurs chez soi se fait cabaretière ?, Sat. X dans CABARETIER, IÈRE
Car sitôt que du soir les ombres pacifiques D'un double cadenas font fermer les boutiques, Sat. VI dans CADENAS
Accourez, troupe savante ; Des sons que ma lyre enfante Ces arbres sont réjouis ; Marquez-en bien la cadence, Ode sur Namur. dans CADENCE
Enfin Malherbe vint, et le premier en France, Fit sentir dans les vers une juste cadence, Art p. I dans CADENCE
Et marquer sur la lyre une cadence juste, Épîtr. VIII dans CADENCE
Éprise d'un cadet, ivre d'un mousquetaire, Sat. X dans CADET, CADETTE
Des veines d'un caillou qu'il frappe au même instant, Il fait jaillir un feu qui petille en sortant, Lutr. III dans CAILLOU
.... Dit d'abord un ami qui veut me cajoler, Ép. VI dans CAJOLER
Jaquin.... Qui de ses revenus écrits par alphabet Peut fournir aisément un calepin complet, Sat. I dans CALEPIN
C'est, selon eux, prêcher un calvinisme horrible, Sat. XI dans CALVINISME
Là je trouvai d'abord pour toute connaissance Deux nobles campagnards, grands lecteurs de romans, Qui m'ont dit tout Cyrus dans leurs longs compliments, Sat. III dans CAMPAGNARD, ARDE
Oui, Lamoignon, je fuis les chagrins de la ville, Et contre eux la campagne est mon unique asile, Ép. VI dans CAMPAGNE
Depuis le jour qu'Adam, déchu de son état, D'un tribut de douleurs paya son attentat, La canicule en feu dévora les campagnes, Ép. III dans CANICULE
[Livres qui vont] Habiller chez Francoeur [nom d'un épicier] le sucre et la cannelle, Ép. I dans CANNELLE
N'en doutez pas, leur dit ce savant canoniste, Lutr. IV dans CANONISTE
Rien n'égale en fureur, en monstrueux caprices, Une fausse vertu qui s'abandonne aux vices, Sat. X dans CAPRICE
L'homme a ses passions.... Il a comme la mer ses flots et ses caprices, Sat. VIII dans CAPRICE
.... Un baiser cueilli sur les lèvres d'Iris, Qui mollement résiste et par un doux caprice Quelquefois le refuse afin qu'on le ravisse, Art p. II dans CAPRICE
Le jeune homme toujours bouillant dans ses caprices, Est prompt à recevoir l'impression des vices, ib. III dans CAPRICE
L'élégie en orna ses douloureux caprices, Art poét. II dans CAPRICE
Mais pour bien exprimer ses caprices heureux [de l'amour], C'est peu d'être poëte, il faut être amoureux, ib. dans CAPRICE
La ballade, asservie à ses vieilles maximes, Souvent doit tout son lustre aux caprices des rimes, ib. dans CAPRICE
Les langues ont chacune leur bizarrerie ; mais la française est particulièrement capricieuse sur les mots, Réflexions crit. sur Longin, IX dans CAPRICIEUX, EUSE
Des novateurs tu découvres la fraude Et romps de leurs erreurs les filets captieux, Ép. III dans CAPTIEUX, EUSE
Dans son génie étroit il est toujours captif ; Pour lui Phébus est sourd et Pégase est rétif, Art poét. I dans CAPTIF, IVE
Un libertin à rompre et jeûnes et carêmes, Sat. X dans CARÊME
.... plus défait et plus blême Que n'est un pénitent sur la fin du carême, Sat. I dans CARÊME
Du tonnerre dans l'air bravant les vains carreaux, Sat. X dans CARREAU
Qu'un fastueux carreau soit vu sous ses genoux, Sat. X dans CARREAU
Aux athlètes dans Pise elle ouvre la barrière, Chante un vainqueur poudreux au bout de la carrière, Art poét. II dans CARRIÈRE
Je laisse aux plus hardis l'honneur de la carrière Et regarde de loin assis sur la barrière, ib. dans CARRIÈRE
Il tourne au moindre vent, il tombe au moindre choc, Aujourd'hui dans un casque et demain dans un froc, Sat. VIII dans CASQUE
La mort vient de saisir le vieillard catarrheux, Épît. V dans CATARRHEUX, EUSE
En lapins de garenne ériger nos clapiers, Et nos pigeons cauchois en superbes ramiers, Sat. III dans CAUCHOIS, OISE
Et chez le chapelier du coin de notre place, Autour d'un caudebec j'en ai lu la préface, Ép. VI dans CAUDEBEC
Devant elle [la justice] à grand bruit ils expliquent la chose ; Tous deux avec dépens veulent gagner leur cause, Ép. II dans CAUSE
Des auteurs décriés il prend en main la cause, Ép. IX dans CAUSE
Dans le sexe j'ai peint la piété caustique, Sat. X dans CAUSTIQUE
Le caustique Boileau, que l'envie de critiquer et l'étude ont rendu versificateur, Esquisse en prose de la Sat. IX dans CAUSTIQUE
Regardez bien, ne les sont-ce pas [vos tablettes] ? oui, ce les sont là elles-mêmes, Héros de roman. dans CE
Dans les ouvrages de l'art c'est le travail et l'achèvement que l'on considère, au lieu que dans les ouvrages de la nature, c'est le sublime et le prodigieux, Longin, 30 dans CE
Aux cris d'un vil oiseau vous cédez sans combat, Lutr. III dans CÉDER
On dirait que, pour plaire instruit par la nature, Homère ait à Vénus dérobé sa ceinture, Art p. III dans CEINTURE
Sais-tu dans quels périls aujourd'hui tu t'engages ? Cette mer où tu cours est célèbre en naufrages, Ép. I dans CÉLÈBRE
Quoi, dit-elle d'un ton qui fit trembler les vitres, J'aurai pu jusqu'ici brouiller tous les chapitres, Diviser cordeliers, carmes et célestins, Lutr. I dans CÉLESTIN
Et qu'ont fait tant d'auteurs pour remuer leur cendre ?, Sat. IX dans CENDRE
Que tyranniques rois censés grands politiques, Sat. XI dans CENSÉ, ÉE
Ainsi s'expliqueront nos censeurs sourcilleux, Ép. X dans CENSEUR
Et peut-être ta plume aux censeurs de Pyrrhus Doit les plus nobles traits dont tu peignis Burrhus, Ép. VII dans CENSEUR
Craignez-vous pour vos vers la censure publique, Soyez-vous à vous-même un sévère critique, Art p. I dans CENSURE
On a beau se farder aux yeux de l'univers ; à la fin, sur quelqu'un de nos vices couverts, Le public malin jette un oeil inévitable, Et bientôt la censure au regard formidable Sait le crayon en main marquer nos endroits faux, Sat. X dans CENSURE
.... A fait de méchants vers douze fois douze cents, Vers en style de Chapelain. dans CENT
Et certainement on ne saurait assez plaindre la perte de ces excellents originaux, Longin, Préface dans CERTAINEMENT
La coquette tendit ses lacs tous les matins, Et mettant la céruse et le plâtre en usage, Composa de sa main les fleurs de son visage, Épît. IX dans CÉRUSE
Il croit régler le monde au gré de sa cervelle, Sat. IX dans CERVELLE
Un faux Esculape à cervelle ignorante, Poésies div. 7 dans CERVELLE
Je ne puis arracher du creux de ma cervelle Que des vers plus forcés que ceux de la Pucelle, Sat. VII dans CERVELLE
Grand roi, cesse de vaincre, ou je cesse d'écrire, Ép. VIII dans CESSER
Cesse donc à mes yeux d'étaler un vain titre, Lutr. II dans CESSER
Oui, Lamoignon, je fuis les chagrins de la ville, Ép. VI dans CHAGRIN
Le chagrin monte en croupe et galope avec lui, ib. v. dans CHAGRIN
L'ambition, l'amour, l'avarice, la haine Tiennent comme un forçat son esprit à la chaîne, Sat. VIII dans CHAÎNE
Lucifer assis dans sa chaire infernale, Sat. XI dans CHAIRE
Alidor assis dans sa chaise, Médisant du ciel à son aise, Peut bien médire aussi de moi ; Je ris de ses contes frivoles ; On sait fort bien que ses paroles Ne sont pas articles de foi, Épigr. XII dans CHAISE
Viendrai-je en une églogue, entouré de troupeaux, Au milieu de Paris enfler mes chalumeaux ?, Sat. IX dans CHALUMEAU
Qu'il voit de toutes parts les hommes bigarrés, Les uns gris, les uns noirs, les autres chamarrés, Sat. IV dans CHAMARRÉ, ÉE
Ô fortuné séjour, ô champs aimés des cieux ! Que pour jamais foulant vos prés délicieux, Ne puis-je ici fixer ma course vagabonde, Et, connu de vous seuls, ignorer tout le monde !, Ép. VI dans CHAMP
Viens combattre en champ clos aux joutes du barreau, Lutr. VI dans CHAMP
Je laisse aux plus hardis l'honneur de la carrière, Et regarde le champ assis sur la barrière, Ép. I dans CHAMP
Ouvrir sur cette table un champ au lansquenet, Sat. X dans CHAMP
Aussitôt contre Évrard vingt champions s'élancent, Lutrin, V dans CHAMPION
Que si d'un sort fâcheux la maligne inconstance Vient, par un coup fâcheux, faire tourner la chance, Sat. IV dans CHANCE
Ses chanoines vermeils et brillants de santé S'engraissaient d'une longue et sainte oisiveté, Lutr. I dans CHANOINE
Il faut même en chansons du bon sens et de l'art, Art p. II dans CHANSON
Un amant de son père écoute les leçons, Et court chez sa maîtresse oublier ces chansons [remontrances], Art p. III dans CHANSON
Souvent l'auteur altier de quelque chansonnette Au même instant prend droit de se croire poëte, Art p. II dans CHANSONNETTE
Je chante les combats et cet homme pieux Qui, des bords phrygiens conduit dans l'Ausonie, Le premier aborda les champs de Lavinie, Art p. III dans CHANTER
Pour chanter un Auguste, il faut être un Virgile, Disc. au roi. dans CHANTER
Du plus habile chantre un bouc était le prix, Art p. III dans CHANTRE
Les cloches, dans les airs, de leurs voix argentines, Appelaient à grand bruit les chantres à matines, Lutrin, IV dans CHANTRE
C'est en vain que le chantre abusant d'un faux titre...., Lutr. I dans CHANTRE
.... Fit régler le chaos des ténébreuses lois, Lutr. V dans CHAOS
Le souper hors du choeur chasse les chapelains, Lutr. II dans CHAPELAIN
Pradon a mis au jour un livre contre vous ; Et, chez le chapelier du coin de notre place, Autour d'un caudebec j'en ai lu la préface, Épître VI dans CHAPELIER, IÈRE
Parmi les doux loisirs d'une paix fraternelle, Paris voyait fleurir son antique chapelle, Lutrin, I dans CHAPELLE
C'est en vain que le chantre, abusant d'un faux titre, Deux fois l'en fit ôter [un lutrin] par les mains du chapitre, Lutr. I dans CHAPITRE
Un coq y paraissait en pompeux équipage, Qui, changeant sur ce plat et d'état et de nom, Par tous les conviés fut appelé chapon, Sat. III dans CHAPON
Chaque passion parle un différent langage, Art p. III dans CHAQUE
Ce n'est pas qu'aisément, comme un autre, à ton char Je ne puisse attacher Alexandre et César, Ép. I dans CHAR
Charbonner de ses vers les murs d'un cabaret, Art p. I dans CHARBONNER
Qu'il [l'âne] dirait de bon coeur .... Content de ses chardons et secouant la tête : Ma foi, non plus que nous, l'homme n'est qu'une bête, Sat. VIII dans CHARDON
N'offrez point un sujet d'incidents trop chargé, Art poét. III dans CHARGÉ, ÉE
.... D'acteurs mal ornés chargeant un tombereau, Art p. I dans CHARGER
Telle qu'une bergère aux plus beaux jours de fête De superbes rubis ne charge point sa tête, Art p. II dans CHARGER
Je veux bien être cet homme charitable, Réflex. crit. I dans CHARITABLE
Je souhaiterais qu'il se trouvât quelque honnête homme qui lui voulût sur cela charitablement ouvrir les yeux, Réflex. crit. I dans CHARITABLEMENT
Si l'or seul a pour vous d'invincibles appâts, Fuyez ces lieux charmants qu'arrose le Permesse, Ce n'est point sur ses bords qu'habite la richesse, Art p. IV dans CHARMANT, ANTE
C'est peu d'être agréable et charmant dans un livre ; Il faut savoir encore et converser et vivre, ib. dans CHARMANT, ANTE
La Piété charmée Sent renaître la joie en son âme calmée, Lutr. VI dans CHARMÉ, ÉE
Ainsi, pour nous charmer, la tragédie en pleurs, D'Oedipe tout sanglant fit parler les douleurs, Art p. III dans CHARMER
J'entends déjà partout les charrettes courir, Sat. VI dans CHARRETTE
L'ardeur de s'enrichir chassa la bonne foi, Épît. IX dans CHASSER
Ses discours craints du chaste lecteur, Art p. II dans CHASTE
Chastes nymphes du Permesse, Namur. dans CHASTE
L'amour le moins honnête, exprimé chastement, N'excite point en nous de honteux mouvement, Art p. IV dans CHASTEMENT
La chasteté déjà, la rougeur sur le front, Avait chez les humains reçu plus d'un affront, Sat. X dans CHASTETÉ
Et quel fâcheux démon, durant des nuits entières, Rassemble ici les chats de toutes les gouttières ?, Sat. VI dans CHAT, CHATTE
La pédante au ton fier, la bourgeoise ennuyeuse, Celle qui de son chat fait son seul entretien, Sat. X dans CHAT, CHATTE
J'appelle un chat un chat et Rollet un fripon, Sat. I dans CHAT, CHATTE
Un auteur vertueux en ses vers innocents Ne corrompt point le coeur en chatouillant les sens, Art poét. IV dans CHATOUILLER
Un jour pourtant d'humeur un peu trop chaude, Épigr. III dans CHAUD, CHAUDE
.... je vois bien où tend tout ce discours trompeur, Reprend le chaud vieillard ; le prélat vous fait peur, Lutr. IV dans CHAUD, CHAUDE
Mais quoi ! je chausse ici le cothurne tragique ; Reprenons au plus tôt le brodequin comique, Sat. X dans CHAUSSER
L'homme de la nature est le chef et le roi, Sat. VIII dans CHEF
L'ignorance et l'erreur à ses naissantes pièces [de Molière], En habits de marquis, en robes de comtesses, Venaient pour diffamer son chef-d'oeuvre nouveau, Et secouaient la tête à l'endroit le plus beau, Ép. VII dans CHEF-D'OEUVRE
La vieillesse.... Sous mes faux cheveux blonds déjà toute chenue, Épît. X dans CHENU, UE
Sans le chercher aux bords de l'Escaut ou du Rhin, La paix l'offre à mes yeux plus calme et plus serein, Ép. I dans CHERCHER
Que jamais du sujet le discours s'écartant N'aille chercher trop loin quelque mot éclatant, Art p. I dans CHERCHER
Un censeur.... dont le crayon sûr aille d'abord chercher L'endroit que l'on sent faible et qu'on se veut cacher, Art p. IV dans CHERCHER
Il est aimé des grands, il est chéri des belles, Sat. VIII dans CHÉRIR
Malheureux, laisse en paix ton cheval vieillissant, De peur que, tout à coup efflanqué, sans haleine, Il ne laisse en tombant son maître sur l'arène, Ép. X dans CHEVAL
Et son rare savoir, de simple marguillier, L'éleva par degrés au rang de chevecier, Lut. I dans CHEVECIER
Et qu'une main savante avec tant d'artifice Bâtit de ses cheveux l'élégant édifice, Sat. X dans CHEVEU
Un ver, une fourmi, Un insecte rampant qui ne vit qu'à demi, Un taureau qui rumine, une chèvre qui broute, Ont l'esprit mieux tourné que n'a l'homme ? oui sans doute, Sat. VIII dans CHÈVRE
Lui souffle avec ces mots l'ardeur de la chicane, Lutr. I dans CHICANE
Et dans l'amas confus des chicanes énormes, Ce qui fut blanc au fond, rendu noir par les formes, Sat. I dans CHICANE
Là, sur des tas poudreux de sacs et de pratiques, Hurle tous les matins une sibylle étique ; On l'appelle Chicane ; et ce monstre odieux Jamais pour l'équité n'eut d'oreilles ni d'yeux, Lutr. v. dans CHICANE
La Chicane en fureur mugit dans la grand'salle, Sat. VIII dans CHICANE
Jamais contre un renard chicanant un poulet, Un renard...., Sat. VIII dans CHICANER
Peut-on se figurer de si folles chimères ?, Épît. XI dans CHIMÈRE
Enflant d'un vain orgueil son esprit chimérique, Art poét. III dans CHIMÉRIQUE
Huer la métaphore et la métonymie, Grands mots que Pradon croit des termes de chimie, Ép. X dans CHIMIE ou CHYMIE
Il tombe au moindre choc, Sat. VIII dans CHOC
D'un carrosse en passant il accroche une roue, Et du choc le renverse en un grand tas de boue, ib. VII dans CHOC
Supposons toutefois qu'encor fidèle et pure, Sa vertu de ce choc revienne sans blessure, Sat. X dans CHOC
La tragédie, informe et grossière en naissant, N'était qu'un simple choeur où chacun, en dansant, Et du dieu des raisins entonnant les louanges, S'efforçait d'attirer de fertiles vendanges, Art p. III dans CHOEUR
Sophocle .... intéressa le choeur dans toute l'action, ib. dans CHOEUR
Mais où son adresse paraît principalement, c'est à choisir de tous ces accidents ceux qui marquent davantage l'excès et la violence de l'amour, Sublime, 8 dans CHOISIR
Choisissez de César, d'Achille ou d'Alexandre, Sat. v. dans CHOISIR
Il est un heureux choix de mots harmonieux ; Fuyez des mauvais sons le concours odieux, Art p. I dans CHOIX
Ces volumes sans choix à la tête jetés, Lutr. v. dans CHOIX
Il ne voit point d'écueil qu'il ne l'aille choquer, Sat. VIII dans CHOQUER
Un remède infaillible pour empêcher que les hardiesses ne choquent, c'est de ne les employer que dans la passion, Longin, sublime, 31 dans CHOQUER
Lorsqu'en ce sacré lieu, par un heureux hasard, Entrent Jean le choriste et le sonneur Girard, Lutrin, IV dans CHORISTE
Devant elle [la justice] à grand bruit ils expliquent la chose ; Tous deux avec dépens veulent gagner leur cause, Ép. II dans CHOSE
Car, grâce au droit reçu chez les Parisiens, Gens de douce nature et maris bons chrétiens, Sat. X dans CHRÉTIEN, IENNE
Un si bas, si honteux, si faux christianisme Ne vaut pas des Platon l'éclairé paganisme, Épît. XI dans CHRISTIANISME
Je veux que la valeur de ses aïeux antiques Ait fourni de matière aux plus vieilles chroniques, Sat. V dans CHRONIQUE
Ces histoires de morts lamentables, tragiques, Dont Paris tous les ans peut grossir ses chroniques, Sat. X dans CHRONIQUE
.... Ce grand chroniqueur des gestes d'Alexandre, Ép. X dans CHRONIQUEUR
Dans le crime il suffit qu'une fois on débute ; Une chute toujours attire une autre chute, Sat. X dans CHUTE
Si bien que, comme l'auditeur prévoit d'ordinaire cette chute qui doit arriver, il va au-devant de celui qui parle, et le prévient, marquant, comme en une danse, la chute avant qu'elle arrive, Longin, 33 dans CHUTE
Son front cicatrisé rend son air furieux, Ép. IV dans CICATRISÉ, ÉE
S'il ne sent point du ciel l'influence secrète, Si son astre en naissant ne l'a formé poëte, Art p. I dans CIEL
On le verra bientôt, pompeux en cette ville, Marcher encore chargé des dépouilles d'autrui, Et jouir du ciel même irrité contre lui, Sat. I dans CIEL
Le moine secoua le cilice et la haire, Lutr. VI dans CILICE
D'un ciment éternel ton église est bâtie, Lutr. VI dans CIMENT
Mais un roi, vraiment roi, qui, sage en ses projets, Sache en un calme heureux maintenir ses sujets, Qui du bonheur public ait cimenté sa gloire, Il faut pour le trouver courir toute l'histoire, Épît. I dans CIMENTER
Composa tous ces mots de cimier et d'écart, Sat. V dans CIMIER
Cent francs au denier cinq combien font-ils ? - Vingt livres, Sat. VIII dans CINQ
Il use de cette circonlocution, Longin, Tr. du sublime, 24 dans CIRCONLOCUTION
C'est là [dans le poëme épique] qu'il faut des vers étaler l'élégance ; N'y présentez jamais de basse circonstance, Art p. III dans CIRCONSTANCE
Mais du discours enfin l'harmonieuse adresse Rassembla les humains dans les forêts épars, Enferma les cités de murs et de remparts, Art p. IV dans CITÉ
De voir autour de soi croître dans sa maison, Sous les paisibles lois d'une agréable mère, De petits citoyens dont on croit être père, Sat. X dans CITOYEN, ENNE
Sentez-vous le citron dont on a mis le jus Avec des jaunes d'oeuf mêlés dans du verjus ?, Sat. III dans CITRON
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, Art p. I dans CLAIREMENT
En lapins de garenne ériger nos clapiers, Sat. III dans CLAPIER
Aborder sans argent un clerc de rapporteur, Lutr. II dans CLERC
George.... Qu'un million comptant, par ses fourbes acquis, De clerc, jadis laquais, a fait comte et marquis, Sat. I dans CLERC
Elle y voit aborder le marquis, la comtesse, Le bourgeois, le manant, le clergé, la noblesse, Lutrin, I dans CLERGÉ
Non loin de ce palais où je rends mes oracles, Est un vaste séjour des mortels révéré Et de clients soumis à toute heure entouré, Lutrin, VI dans CLIENT
Les climats font souvent les diverses humeurs, Art p. III dans CLIMAT
Et le clinquant du Tasse à tout l'or de Virgile, Sat. IX dans CLINQUANT
Les cloches dans les airs de leurs voix argentines, Appelaient à grand bruit les chantres à matines, Lutr. IV dans CLOCHE
Tandis que dans les airs mille cloches émues D'un funèbre concert font retentir les nues, Sat. VI dans CLOCHE
La Nuit baisse la vue et du haut du clocher Observe les guerriers, les regarde marcher, Lutr. III dans CLOCHER
Tous les jours, malgré moi, cloué sur un ouvrage, Sat. II dans CLOUÉ, ÉE
Paris est pour le riche un pays de cocagne, Sat. VI dans COCAGNE
Elle y voit par le coche et d'Évreux et du Mans Accourir..., Lutr. I dans COCHE
Il faut que le coeur seul parle dans l'élégie, Art poét. II dans COEUR
De s'entendre appeler petit coeur ou mon bon, Sat. X dans COEUR
Ton beau-père futur vide son coffre-fort, Sat. X dans COFFRE
Sur son épaule il charge une lourde cognée, Lutr. II dans COGNÉE
Il sort demi-paré ; mais déjà sur sa porte Il voit de saints guerriers une ardente cohorte, Qui tous, remplis pour lui d'une égale vigueur...., Lutrin, v. dans COHORTE
Et bravant des sergents la timide cohorte, Sat. V dans COHORTE
Si.... En pareille cohue on me peut retenir, Sat. III dans COHUE
Un escadron coiffé d'abord court à son aide ; L'une chauffe un bouillon, l'autre apprête un remède, Sat. X dans COIFFÉ, ÉE
Des vers marqués au coin de l'immortalité, Ép. X dans COIN
Toi qui sais à quel coin se marquent les bons vers, Sat. II dans COIN
Qu'heureux est le mortel qui, du monde ignoré, Vit content de soi-même en un coin retiré !, Ép. VI dans COIN
Tandis que dans un coin en grondant je m'essuie, Souvent, pour m'achever, il survient une pluie, Sat. VI dans COIN
La colère est superbe et veut des mots altiers, Art p. III dans COLÈRE
Mais que plutôt son jeu mille fois te ruine, Que si la famélique et honteuse lésine, Venant mal à propos la saisir au collet, Elle te réduisait à vivre sans valet, Sat. X dans COLLET
Tes bons mots .... Sont des collets montés et des vertugadins, Sat. XI dans COLLET
L'autre broie en riant le coloris des moines, Lutrin, II dans COLORIS
Je chante les combats, Art p. III dans COMBAT
Dans les combats d'esprit fameux maître d'escrime, Enseigne-moi, Molière, où tu trouves la rime, Sat. II dans COMBAT
Allez, vils combattants, inutiles soldats, Laissez là ces mousquets trop pesants pour vos bras, Ép. IV dans COMBATTANT
Que le trouble [dans une pièce de théâtre], toujours croissant de scène en scène, à son comble arrivé se débrouille sans peine, Art p. III dans COMBLE
Mais, pour comble, à la fin, le marquis en prison Sous le faix des procès vit tomber sa maison, Sat. V dans COMBLE
Le mérite en repos s'endort dans la paresse ; Mais par les envieux un génie excité Au comble de son art est mille fois monté, Ép. VII dans COMBLE
Des succès fortunés du spectacle tragique Dans Athènes naquit la comédie antique, Art p. III dans COMÉDIE
Le théâtre perdit son antique fureur ; La comédie apprit à rire sans aigreur, ib. dans COMÉDIE
L'aimable comédie, avec lui [à la mort de Molière] terrassée, En vain d'un coup si rude espéra revenir, Et sur ses brodequins ne put plus se tenir, Ép. VII dans COMÉDIE
Oh ! que, pour la punir de cette comédie, Ne lui vois-je une vraie et longue maladie !, Sat. X dans COMÉDIE
J'aime mieux Arioste et ses fables comiques, Art poét. III dans COMIQUE
Que la nature donc soit votre étude unique, Auteurs qui prétendez aux honneurs du comique, Art p. III dans COMIQUE
Le comique, ennemi des soupirs et des pleurs, ib. dans COMIQUE
Le commandeur voulait la scène plus exacte ; Le vicomte indigné sortait au second acte, Ép. VII dans COMMANDEUR
Entretient dans ses vers commerce avec les dieux, Art poét. II dans COMMERCE
C'est à leurs doctes mains, si l'on veut les en croire, Que Phébus a commis tout le soin de sa gloire, Disc. au roi. dans COMMETTRE
Un commis engraissé des malheurs de la France, Ép. V dans COMMIS
Soyez plutôt maçon si c'est votre talent, Ouvrier estimé dans un art nécessaire, Qu'écrivain du commun et poëte vulgaire, Art p. IV dans COMMUN, UNE
Ou qu'il voit la justice en grande compagnie, Mener tuer un homme avec cérémonie, Sat. VIII dans COMPAGNIE
L'autre, en vain se lassant à polir une rime.... Dans la fin d'un sonnet te compare au soleil, Disc. au roi. dans COMPARER
Un esprit né sans fard, sans basse complaisance, Fuit ce ton radouci que prend la médisance, Sat. IX dans COMPLAISANCE
Pour une fille.... Croit-elle en ses valets voir quelque complaisance, Sat. X dans COMPLAISANCE
Le Parnasse français, ennobli par ta veine, Contre tous ces complots saura te maintenir, Épît. VII dans COMPLOT
Qu'un million comptant par ses fourbes acquis, Sat. I dans COMPTANT
Dans mon coffre tout plein de rares qualités, J'ai cent mille vertus en louis bien comptés, Ép. V dans COMPTÉ, ÉE
Un valet le portait, marchant à pas comptés Comme un recteur suivi des quatre facultés, Sat. III dans COMPTÉ, ÉE
En un mot, qui voudrait épuiser les matières, Peignant de tant d'esprits les diverses manières, Il compterait plutôt combien dans un printemps Guenaud et l'antimoine ont fait périr de gens, Sat. IV dans COMPTER
Les rois.... S'endormaient sur le trône, et, me servant sans honte, Laissaient le sceptre aux mains ou d'un maire ou d'un comte, Lutr. II dans COMTE
Tandis que dans les airs mille cloches émues D'un funèbre concert font retentir les nues, Et, se mêlant au bruit de la grêle et des vents, Pour honorer les morts font mourir les vivants, Sat. VI dans CONCERT
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, Art poét. I dans CONCEVOIR
Démosthène est grand en ce qu'il est serré et concis, et Cicéron au contraire en ce qu'il est diffus et étendu, Longin, Sublime, ch. X dans CONCIS, ISE
L'homme seul a, dis-tu, la raison en partage ; Il est vrai, de tout temps la raison fut son lot ; Mais de là je conclus que l'homme est le plus sot, Sat. VIII dans CONCLURE
Fuyez des mauvais sons le concours odieux, Art p. I dans CONCOURS
L'un défenseur zélé des bigots mis en jeu Pour prix de ses bons mots le condamnait au feu, Épît. VII dans CONDAMNER
Est-ce qu'à faire peur on veut vous condamner ?, Sat. X dans CONDAMNER
On condamna la cave, on ferma la cuisine, Sat X dans CONDAMNER
Souvent la peur d'un mal nous conduit dans un pire, Art poét. I dans CONDUIRE
L'épouse que tu prends, sans tache en sa conduite, Aux vertus, m'a-t-on dit, dans Port-Royal instruite, Sat. X dans CONDUITE
Qui du soin qu'elle prend de me gronder sans cesse Va quatre fois par mois se vanter à confesse, Et, les yeux vers le ciel, pour se le faire ouvrir, Offre à Dieu les tourments qu'elle me fait souffrir, Sat. X dans CONFESSE
Le premier massepain pour eux, je crois, se fit, Et le premier citron à Rouen fut confit, Sat. X dans CONFIRE
Sitôt que par un vice ils pensent me confondre, C'est en me corrigeant que je sais leur répondre, Épît. VII dans CONFONDRE
N'allez point de nouveau faire courir aux armes Un athlète tout prêt à prendre son congé, Épigrammes, 35 dans CONGÉ
Et jamais juge entre eux ordonnant le congrès De ce burlesque mot n'a sali ses arrêts, Sat. VIII dans CONGRÈS
Si, dès mes premiers ans, heurtant tous les mortels, L'encre a toujours pour moi coulé sur tes autels [de la chicane], Daigne encor me connaître en ma saison dernière, Lutr. V dans CONNAÎTRE
Je lui dirais bientôt : je connais tous vos pères, Je sais qu'ils ont brillé dans ce fameux combat Où sous l'un des Valois Enghien sauva l'État, Sat. X dans CONNAÎTRE
... En vain aux conquérants L'erreur, parmi les rois, donne les premiers rangs, Épît. I dans CONQUÉRANT
Aimez qu'on vous conseille et non pas qu'on vous loue, Art p. I dans CONSEILLER
Perrault l'antipindarique Et Despréaux l'homérique Consentent de s'embrasser, Épigr. 29 dans CONSENTIR
En voici une que, par avance, je vais vous écrire, parce qu'elle me paraît plus de conséquence que les autres, Lett. à M. de Maucroix. dans CONSÉQUENCE
Votre construction semble un peu s'obscurcir, Art p. I dans CONSTRUCTION
Tantôt, cherchant la fin d'un vers que je construis, Épît. VI dans CONSTRUIRE
Écoutez tout le monde, assidu consultant, Art p. IV dans CONSULTANT
Consultons sur ce point quelque auteur signalé, Lutr. IV dans CONSULTER
Craignez d'un vain plaisir les trompeuses amorces, Et consultez longtemps votre esprit et vos forces, Art p. I dans CONSULTER
Si pour me consumer Un destin envieux ne m'avait fait rimer, Sat. II dans CONSUMER
La riche expression, la nombreuse mesure, Sorcières dont l'amour sait d'abord les charmer [les poëtes], De fatigues sans fin viennent les consumer, Ep. X dans CONSUMER
N'allez pas sur des vers sans fruit vous consumer, Art poét. I dans CONSUMER
Cette contagion [du mauvais goût] infecta les provinces, Art p. I dans CONTAGION
.... Je vois que d'un conte odieux Vous avez, comme moi, sali votre mémoire, Sat. X dans CONTE
Vit content de soi-même en un coin retiré !, Épitre VI dans CONTENT, ENTE
Quatre rideaux pompeux par un double contour En défendent l'entrée à la clarté du jour, Lutr. I dans CONTOUR
Elle a pour premier point Exigé qu'un époux ne la contraindrait point à traîner après elle un pompeux équipage Ni surtout de souffrir...., Sat. X dans CONTRAINDRE
Enfin, quoi que je fasse ou que je veuille faire, La bizarre [la rime] toujours vient m'offrir le contraire [de ce que je veux dire], Sat. II dans CONTRAIRE
Oui, Lamoignon, je fuis les chagrins de la ville ; Et contre eux la campagne est mon unique asile, Épît. VI dans CONTRE
Il y faut joindre encor la revêche bizarre, Qui sans cesse, d'un ton par la colère aigri, Gronde, choque, dément, contredit un mari, Sat. X dans CONTREDIRE
Composa tous ces mots de cimier et d'écart, De pal, de contre-pal...., Sat. V dans CONTRE-PAL
C'est peu d'être agréable et charmant dans un livre ; Il faut encor savoir et converser et vivre, Art poét. IV dans CONVERSER
Tout ce qu'il a touché se convertit en or, Art p. III dans CONVERTIR
Quand un des conviés, d'un ton mélancolique Lamentant tristement une chanson bachique, Sat. III dans CONVIÉ, ÉE
Voulant se redresser, soi-même on s'estropie, Et d'un original on fait une copie, Épît. IX dans COPIE
Moi ! j'irais épouser une femme coquette !, Sat. X dans COQUET, ETTE
Ne vous y fiez pas ; je lui trouve l'air bien coquet ; elle a, ma foi, les yeux fripons, Héros de romans. dans COQUET, ETTE
La coquette tendit ses lacs tous les matins ; Et, mettant la céruse et le plâtre en usage, Composa de sa main les fleurs de son visage, Épît. IX dans COQUET, ETTE
Si.... Bien moins pour son plaisir que pour t'inquiéter, Au fond peu vicieuse, elle aime à coqueter, Sat. X dans COQUETER
Couvert d'un vieux chapeau de cordon dépouillé, Sat. X dans CORDON
Autour de cet amas de viandes entassées, Régnait un long cordon d'alouettes pressées, Sat. III dans CORDON
Et j'ai tout Pelletier Roulé dans mon office en cornets de papier, Sat. III dans CORNET
[Il] Voit sa vie ou sa mort sortir de son cornet, Sat. IV dans CORNET
Attends.... que la belle en cornette...., Sat. X dans CORNETTE
J'aime mieux.... Que d'aller follement, égaré dans les nues, Me lasser à chercher des visions cornues, Épît. X dans CORNU, UE
.... Je suis à Paris triste, pauvre et reclus, Ainsi qu'un corps sans âme ou devenu perclus, Sat. I dans CORPS
Ici s'offre un perron, là règne un corridor, Art p. I dans CORRIDOR
Chacun a débité ses maximes frivoles, Corrigé la police et réformé l'État, Sat. III dans CORRIGER
Je sais sur leurs avis corriger mes erreurs, Et je mets à profit leurs malignes fureurs, Ép. VII dans CORRIGER
Un fourbe cependant, assez haut de corsage, Et qui lui ressemblait de geste et de visage, Prend son temps, et partout ce hardi suborneur S'en va chez les humains crier qu'il est l'honneur, Sat. X dans CORSAGE
Endurcis-toi le coeur, sois arabe, corsaire, Sat. VIII dans CORSAIRE
Ce marquis indocile, Qui.... Croit que Dieu tout exprès d'une côte nouvelle A tiré pour lui seul une femme fidèle, Sat VIII dans COTE
Et si, durant un jour, notre premier aïeul, Plus riche d'une côte, avait vécu tout seul, Je doute, en la demeure alors si fortunée, S'il n'eût pas prié Dieu d'abréger la journée, ib. X dans COTE
Bientôt quatre bandits lui serrant les côtés, Sat. VI dans CÔTÉ
Surtout certain hâbleur à la gueule affamée, Qui vint à ce festin, conduit par la fumée, Et qui s'est dit profès dans l'ordre des coteaux, A fait en bien mangeant l'éloge des morceaux, Sat. III dans COTEAU
Mais quoi ! je chausse ici le cothurne tragique, Sat. X dans COTHURNE
.... Tu te souviens qu'au village on t'a dit Que ton maître est nommé pour coucher par écrit Les faits d'un roi...., Ép. X dans COUCHER
Est-ce donc pour veiller qu'on se couche à Paris ?, Sat. VI dans COUCHER
Pour moi, fermant ma porte, et cédant au sommeil, Tous les jours je me couche avecque le soleil, ib. dans COUCHER
Je ne me couche point qu'aussitôt dans mon lit Un souvenir fâcheux n'apporte à mon esprit Cent histoires de morts lamentables...., Sat. X dans COUCHER
Mais Evrard, en passant, coudoyé par Boirude, Ne sait point contenir son aigre inquiétude, Lutr. IV dans COUDOYÉ, ÉE
Je ferais comme un autre, et, sans chercher si loin, J'aurois toujours des mots pour les coudre au besoin, Sat. II dans COUDRE
Je sais coudre une rime au bout de quelques vers, ib. VII dans COUDRE
Ses vers sont d'un beau style et sa prose est coulante, Sat. III dans COULANT, ANTE
Je voyais près d'Iris couler mes heureux jours, Poésies div. 6 dans COULER
Ou quelque longue pluie, inondant vos vallons, A-t-elle fait couler vos vins et vos melons ?, Sat. III dans COULER
Faire par les couleurs distinguer ses valets, Sat. V dans COULEUR
Tel aujourd'hui triomphe au plus haut de sa roue, Qu'on verrait, de couleurs bizarrement orné, Conduire le carrosse où l'on le voit traîné, Sat. I dans COULEUR
Résous-toi, pauvre époux, à vivre de couleuvres, Sat. X dans COULEUVRE
Des filous effrontés, d'un coup de pistolet, Ébranlent ma fenêtre et percent mon volet, Sat. VI dans COUP
Mais vantés, à coup sûr, du Mercure galant, Sat. XI dans COUP
Il arrive aussi quelquefois qu'un écrivain, parlant de quelqu'un, tout d'un coup se met à sa place et joue son personnage, Sublime, 23 dans COUP
Trahissant la vertu sur un papier coupable, Art p. IV dans COUPABLE
.... De vos fictions le mélange coupable Même à ses vérités [du christianisme] donne l'air de la fable, ib. III dans COUPABLE
.... Il n'est point de coupable en repos, Épît. X dans COUPABLE
Tout vivait en commun sous ce couple adoré, Sat. X dans COUPLE
Et fournir sans génie un couplet à Linière, Art p. II dans COUPLET
Toi [Dangeau] donc, qui de mérite et d'honneurs revêtu, Des écueils de la cour as sauvé ta vertu, Sat. V dans COUR
Homère aux grands exploits anima les courages, Art p. IV dans COURAGE
Je ne suis pas courbé sous le poids des années, Sat. I dans COURBÉ, ÉE
Lui-même, se courbant, s'apprête à le rouler [le lutrin], Lutrin, III dans COURBER
Cette mer où tu cours est célèbre en naufrages, Ép. I dans COURIR
Que dit-il quand il voit, avec la mort en trousse, Courir chez un malade un assassin en housse ?, Sat. VIII dans COURIR
L'enragé qu'il était.... s'en alla follement.... Courir comme un bandit qui n'a ni feu ni lieu, Sat. VIII dans COURIR
Vient-il de la province une satire fade, Pour la faire courir on dit qu'elle est de moi, Épît. VI dans COURIR
Pour moi, sur cette mer qu'ici-bas nous courons, Je cherche à me pourvoir d'esquifs et d'avirons, à régler mes désirs, à prévenir l'orage, Et sauver, s'il se peut, ma raison du naufrage, Ép. V dans COURIR
Mais un roi, vraiment roi, qui, sage en ses projets, Sache en un calme heureux maintenir ses sujets, Il faut pour le trouver courir toute l'histoire, Ép. I dans COURIR
Si bientôt imprimant ses sottes rêveries, Il ne se fait graver au devant du recueil, Couronné de lauriers par la main de Nanteuil, Art p. II dans COURONNÉ, ÉE
La renommée, enfin, cette prompte courrière, Lut. II dans COURRIÈRE
Laisse-t-elle un moment respirer son époux, Ses valets sont d'abord l'objet de son courroux, Sat. X dans COURROUX
Déjà d'un plomb mortel plus d'un brave est atteint, Sous les fougueux coursiers l'onde écume et se plaint, Épît. IV dans COURSIER
La trop courte beauté monta sur des patins, La coquette tendit ses lacs tous les matins, Ép. IX dans COURT, COURTE
Le courtisan n'eut plus de sentiment à soi, Épît. IX dans COURTISAN
Juge si, toujours triste, interrompu, troublé, Lamoignon, j'ai le temps de courtiser les muses, Épît. VI dans COURTISER
Un cousin, abusant d'un fâcheux parentage, Veut qu'encor tout poudreux et sans me débotter, Chez vingt juges pour lui j'aille solliciter, Épît. VI dans COUSIN, INE
Son menton sur son sein descend à double étage ; Et son corps ramassé dans sa courte grosseur Fait gémir les coussins sous sa molle épaisseur, Lutr. I dans COUSSIN
La coutume porte que.... Sans cesse feuilletant les lois et la coutume, Lutr. V dans COUTUME
....Le héros en prière Demeura tout couvert de feux et de lumière, Lutr. VI dans COUVERT, ERTE
Étant seul à couvert des traits de la satire, Sat. IX dans COUVERT
Et des couvreurs, grimpés au toit d'une maison, En font pleuvoir l'ardoise et la tuile à foison, Sat. VI dans COUVREUR
En vain vous vous couvrez des vertus de vos pères, Sat. V dans COUVRIR
Sans cesse on prend le masque, et quittant la nature, On craint de se montrer sous sa propre figure, Épît. X dans CRAINDRE
Loin ces rimeurs craintifs, dont l'esprit flegmatique Garde dans ses fureurs un ordre didactique, Art poét. II dans CRAINTIF, IVE
Des verres.... Où les doigts des laquais, dans la crasse tracés, Témoignaient par écrit qu'on les avait rincés, Sat. III dans CRASSE
L'ambition partout chassa l'humilité, Dans la crasse du froc logea la vanité, Lutr. VI dans CRASSE
Mais pour bien mettre ici leur crasse en tout son lustre, Sat. X dans CRASSE
Muses, pour le tracer, cherchez tous vos crayons, Épît. IV dans CRAYON
[Un censeur].... dont le crayon sûr d'abord aille chercher L'endroit que l'on sent faible et qu'on se veut cacher, Art p. IV dans CRAYON
Ce roi.... Voulut bien que ma main crayonnât ses exploits, Épît. X dans CRAYONNER
Dont je veux bien ici te crayonner l'histoire, Sat. X dans CRAYONNER
Prenons du saint jeudi la bruyante crécelle, Lutr. IV dans CRÉCELLE
Dès que l'ombre tranquille Viendra d'un crêpe noir envelopper la ville, Lutr. I dans CRÊPE
Et dans le roc qui cède et se coupe aisément, Chacun sait de sa main creuser son logement, Ép. VI dans CREUSER
Tout son mérite [de Corneille], à l'heure qu'il est, ayant été mis par le temps comme dans un creuset, se réduit à huit ou neuf pièces de théâtre qu'on admire, Longin, réflex. 7e. dans CREUSET
Je ne puis arracher du creux de ma cervelle Que des vers plus forcés que ceux de la Pucelle, Sat. VII dans CREUX
Qui frappe l'air, bon Dieu, de ces lugubres cris ? Est-ce donc pour veiller qu'on se couche à Paris ?, Sat. VI dans CRI
Que produira l'auteur après de si grands cris ? La montagne en travaille enfante une souris, Art poét. III dans CRI
Juvénal, élevé dans les cris de l'école, Poussa jusqu'à l'excès sa mordante hyperbole, Art p. II dans CRI
Et que sert à Cotin la raison qui lui crie : N'écris plus, guéris-toi d'une vaine manie ?, Sat. VIII dans CRIER
Je vous crois ; mais pourtant on crie, on vous menace, Sat. IX dans CRIER
Le crime heureux fut juste et cessa d'être crime, Sat. X dans CRIME
Et d'un mot innocent faire un crime d'État, Sat. IX dans CRIME
Et n'allez point, pour fuir la raison qui nous presse, Donner le nom d'amour au trouble inanimé Qu'au coeur d'un criminel la peur seule a formé, Ép. XI dans CRIMINEL, ELLE
[Un dragon en forme de lutrin] Dont le triangle affreux tout hérissé de crins...., Lutr. IV dans CRIN
Ce nouvel Adonis à la blonde crinière, Lutr. I dans CRINIÈRE
Ce greffier [le père de Boileau] doux et pacifique, De ses enfants au sang critique N'eut point le talent redouté, Poésies div. 10 dans CRITIQUE
Gardez-vous, dira l'un, de cet esprit critique ; On ne sait bien souvent quelle mouche le pique, Sat. IX dans CRITIQUE
Craignez-vous pour vos vers la censure publique, Soyez-vous à vous-même un sévère critique, Art p. I dans CRITIQUE
Quoi ! ce critique affreux n'en sait pas plus que nous !, Épît. I dans CRITIQUE
Et mis sur la sellette aux pieds de la critique, Je vois bien tout de bon qu'il faut que je m'explique, Sat. X dans CRITIQUE
Ses rivaux obscurcis autour de lui croassent, Ép. VII dans CROASSER
Enfin sous mille crocs la maison abîmée Entraîne aussi le feu qui se perd en fumée, Sat. VI dans CROC
Mais c'est un jeune fou qui se croit tout permis Et qui pour un bon mot va perdre vingt amis, Sat. IX dans CROIRE
Attend pour croire en Dieu que la fièvre le presse, Sat.I dans CROIRE
Faire trembler Memphis ou pâlir le croissant, Sat. IX dans CROISSANT
Que le trouble, toujours croissant de scène en scène, à son comble arrivé, se débrouille sans peine, Art p. III dans CROÎTRE
Là je trouve une croix de funeste présage ; Et des couvreurs grimpés au toit d'une maison En font pleuvoir l'ardoise et la tuile à foison, Sat. VI dans CROIX
Où le vice orgueilleux s'érige en souverain Et va la mitre en tête et la crosse à la main, Sat. I dans CROSSE
Nouvelle pension fatale à ma calotte, Précipice élevé qui te jette en la crotte, Chapelain décoiffé. dans CROTTE
Tandis que Colletet, crotté jusqu'à l'échine, S'en va chercher son pain de cuisine en cuisine, Sat. 1 dans CROTTÉ, ÉE
Le chagrin monte en croupe et galope avec lui, Ép. V dans CROUPE
Enfin, lui dit-il, c'est l'amour du luxe qui est cause de cette fainéantise où tous les esprits, excepté un petit nombre, croupissent aujourd'hui, Longin, Sublime, 35 dans CROUPIR
D'un vin pur et vermeil il fait remplir sa coupe ; Il l'avale d'un trait, et, chacun l'imitant, La cruche au large ventre est vide en un instant, Lutr. I dans CRUCHE
Jamais surintendant ne trouva de cruelles, Sat. VIII dans CRUEL, ELLE
[L'ode] Vante un baiser cueilli sur les lèvres d'Iris, Qui mollement résiste, et, par un doux caprice, Quelquefois le refuse afin qu'on le ravisse, Art p. II dans CUEILLI, IE
Telle qu'une bergère au plus beau jour de fête De superbes rubis ne charge point sa tête, Et, sans mêler à l'or l'éclat des diamants, Cueille en un champ voisin ses plus beaux ornements, Art p. II dans CUEILLIR
Revel le suit de près ; sous ce chef redouté Marche des cuirassiers l'escadron indompté, Ép. IV dans CUIRASSIER
Qui vous a pu plonger en cette humeur chagrine ? , A-, t-on par quelque édit réformé la cuisine ?, Sat. III dans CUISINE
De ton trône agrandi portant seul tout le faix, Tu cultives les arts, tu répands les bienfaits, Ép. VIII dans CULTIVER
Ce qui arriva de cela [une saignée de pied], c'est que ma difficulté de respirer ne diminua point, et que, le lendemain, ayant marché mal à propos, le pied m'enfla de telle sorte que j'en fus trois semaines dans le lit ; c'est là toute la cure qu'il [Perrault le médecin] m'a jamais faite, que je prie Dieu de lui pardonner en l'autre monde, Longin, Subl. réflex. I dans CURE
Il faut sur des sujets plus grands, plus curieux, Attacher de ce pas ton esprit et tes yeux, Sat. X dans CURIEUX, EUSE
Rien n'échappe aux regards de notre curieuse, Sat. X dans CURIEUX, EUSE
Et si du son hardi de ses rimes cyniques Il [Régnier] n'alarmait souvent les oreilles pudiques, Art poétique, II dans CYNIQUE
Calliope jamais ne daigna leur parler, Disc. au roi. dans DAIGNER
Elle seule [la satire], bravant l'orgueil et l'injustice, Va jusque sous le dais faire pâlir le vice, Sat. IX dans DAIS
Gardez donc de donner, ainsi que dans Clélie, L'air ni l'esprit français à l'antique Italie, Et, sous des noms romains faisant notre portrait, Peindre Caton galant et Brutus dameret, Art p. III dans DAMERET
Ne valait-il pas mieux vous perdre dans les nues Que d'aller sans raison, d'un style peu chrétien, Faire insulte en rimant à qui ne vous dit rien, Et du bruit dangereux d'un livre téméraire à vos propres dépens enrichir le libraire ?, Sat. IX dans DANGEREUX, EUSE
L'autre, en vain se lassant à polir une rime, Et reprenant vingt fois le rabot et la lime, Dans la fin d'un sonnet te compare au soleil, Disc. au roi. dans DANS
Sans respect des aïeux dont elle est descendue, Sat. v. dans DE
Voit-on fleurir chez eux des quatre facultés ?, Sat. VIII dans DE
Heureux si, de son temps, pour cent bonnes raisons, La Macédoine eût eu des Petites-Maisons, Sat. VIII dans DE
Et que le sort burlesque, en ce siècle de fer, D'un pédant, quand il veut, sait faire un duc et pair, Sat. I dans DE
Un poëte à la cour fut jadis à la mode ; Mais des fous aujourd'hui c'est le plus incommode, Sat. I dans DE
Las de perdre en rimant et sa peine et son bien, Sat. I dans DE
Choisissez de César, d'Achille ou d'Alexandre, Sat. v. dans DE
Je ne sais point.... De mes sonnets flatteurs lasser tout l'univers, Et vendre au plus offrant mon encens et mes vers, Sat. I dans DE
De servir un amant, je n'en ai pas l'adresse, Sat. I dans DE
Car de penser alors qu'un Dieu tourne le monde Et règle les ressorts de la machine ronde, C'est là, tout haut du moins, ce qu'il n'avouera pas, ib. dans DE
Et, bien loin des sergents, des clercs et du palais, Va chercher un repos qu'il ne trouva jamais, Sat. I dans DE
.... Bientôt son hôtesse nouvelle, Le prêchant, lui fit voir qu'il était auprès d'elle Un vrai dissipateur, un parfait débauché, Sat. X dans DÉBAUCHÉ, ÉE
Chacun a débité ses maximes frivoles, Sat. III dans DÉBITER
Quand un livre au palais se vend et se débite, Sat. IX dans DÉBITER
[Un vin qui] N'avait rien qu'un goût plat et qu'un déboire affreux, Sat. III dans DÉBOIRE
De là vient que Paris voit chez lui [le libraire] de tous temps Les auteurs à grands flots déborder tous les ans, Sat. IX dans DÉBORDER
Encore tout poudreux et sans me débotter, Épît. VI dans DÉBOTTER
Le sommeil sur ses yeux commence à s'épancher ; Debout ! dit l'Avarice, il est temps de marcher, Sat. VIII dans DEBOUT
Aussitôt sous leurs pieds les tables renversées Font voir un long débris de bouteilles cassées, Sat. III dans DÉBRIS
On verra les abus par ta main réformés, La licence et l'orgueil en tous lieux réprimés, Du débris des traitants ton épargne grossie, Ép. I dans DÉBRIS
illon sut le premier, dans ces siècles grossiers, Débrouiller l'art confus de nos vieux romanciers, Art p. I dans DÉBROUILLER
Que le début [du poëme] soit simple et n'ait rien d'affecté, Art poét. III dans DÉBUT
Dans le crime il suffit qu'une fois on débute ; Une chute toujours entraîne une autre chute, Sat. x. dans DÉBUTER
Après plusieurs raisons de la décadence des esprits qu'apportait ce philosophe introduit ici par Longin, Longin, Sublime, Rem. sur le chap. 35 dans DÉCADENCE
Mais qui fait enfler la Sambre, Sous les Gémeaux effrayés ? Des froids torrents de décembre Les champs partout sont noyés, Ode sur la prise de Namur dans DÉCEMBRE
Enfin la peur sur lui remportant la victoire, Aux pieds d'un prêtre il court décharger sa mémoire, Épît. XI dans DÉCHARGER
Il y a des ouvrages que la nature doit produire toute seule : la contrainte des préceptes ne fait que les affaiblir et leur donner une certaine sécheresse qui les rend maigres et décharnés, Longin, sublime, 2 dans DÉCHARNÉ, ÉE
C'est [M. Bouillon] un traducteur maigre et décharné ; les plus belles fleurs que l'Arioste lui fournit deviennent sèches entre ses mains, Dissert. sur Joconde. dans DÉCHARNÉ, ÉE
Du rang où notre esprit une fois s'est fait voir, Sans un fâcheux éclat nous ne saurions déchoir, Épître VI dans DÉCHOIR
Décider du mérite et du prix des auteurs, Sat. IX dans DÉCIDER
Tous ces pompeux amas d'expressions frivoles Sont d'un déclamateur amoureux de paroles, Art p III dans DÉCLAMATEUR
J'aimerais mieux encor qu'il déclinât son nom, Et dît : je suis Oreste ou bien Agamemnon, Art p. III dans DÉCLINER
Le nouveau Cicéron tremblant, décoloré, Lutr. VI dans DÉCOLORÉ, ÉE
Oui sans peine au travers des sophismes de Claude, Arnauld, des novateurs tu découvres la fraude, Épît. III dans DÉCOUVRIR
La nature féconde en bizarres portraits, Dans chaque âme est marquée à de différents traits ; Un geste la découvre, un rien la fait paraître, Art p. III dans DÉCOUVRIR
J'aime un esprit aisé qui se montre et qui s'ouvre, Et qui plaît d'autant plus que plus il se découvre, Épît. IX dans DÉCOUVRIR
Et que par tes présents mon vers décrédité N'ait moins de poids pour toi dans la postérité, Épît. VIII dans DÉCRÉDITÉ, ÉE
Une triste famille.... Voit ses biens en décret sur tous les murs écrits, Sat. X dans DÉCRET
Des auteurs décriés il prend en main la cause, Ép. IX dans DÉCRIÉ, ÉE
Le pain bis, renfermé, d'une moitié décrut, Sat. X dans DÉCROÎTRE
Mais sans chercher au fond si notre esprit déçu Sait rien de ce qu'il sait, s'il a jamais rien su, Sat. VIII dans DÉÇU, UE
Mais combien d'écrivains, d'abord si bien reçus, Sont de ce fol espoir honteusement déçus !, Sat. IX dans DÉÇU, UE
On y voit tous les jours l'innocence aux abois Errer dans les détours d'un dédale de lois, Sat. I dans DÉDALE
Du digeste et du code ouvre-nous le dédale, Lut. v. dans DÉDALE
C'est là ce qui fait peur aux esprits de ce temps Qui, tout blancs au dehors, sont tout noirs au dedans, Disc. au roi. dans DEDANS
Aussitôt tu verras poëtes, orateurs.... Dégrader les héros pour te mettre en leur place, De tes titres pompeux enfler leur dédicace, Sat. VIII dans DÉDICACE
Toutefois, s'il le faut, je veux bien m'en dédire, Sat. IX dans DÉDIRE
Un seul valet restait.... il fallut s'en défaire, Sat. X dans DÉFAIRE
Mais le jour qu'il partit, plus défait et plus blême, Que n'est un pénitent sur la fin du carême, Sat. I dans DÉFAIT, AITE
Oh ! que de mon esprit triste et mal ordonné, Ainsi que de ce champ par toi si bien orné, Ne puis-je faire ôter les ronces, les épines, Et des défauts sans nombre arracher les racines ?, Épître X dans DÉFAUT
Un sonnet sans défaut vaut seul un long poëme, Art p. II dans DÉFAUT
Le désolé vieillard, qui hait la raillerie, Lui défend de parler, sort du lit en furie, Lutr. IV dans DÉFENDRE
... Vous en avez menti, Répond le campagnard, et, sans plus de langage, Lui jette pour défi son assiette au visage, Sat. III dans DÉFI
Défier aux chansons les oiseaux dans les bois, Sat. VIII dans DÉFIER
À quoi bon ce dégoût et ce zèle inutile ? Est-il donc, pour jeûner, quatre-temps ou vigile ?, Lutrin, I dans DÉGOÛT
Dégrader les héros pour te mettre en leurs places, Sat. VIII dans DÉGRADER
Qui marche en ses conseils à pas plus mesurés Qu'un doyen au palais ne monte les degrés, Sat. VIII dans DEGRÉ
Il n'est point de degré du médiocre au pire, Art p. IV dans DEGRÉ
Mais quoi ! j'entends déjà plus d'un fier scolastique, Qui.... Curieux, me demande où j'ai pris mes degrés, Épît. XI dans DEGRÉ
L'honneur est comme une île escarpée et sans bords : On n'y peut plus rentrer dès qu'on en est dehors, Sat. X dans DEHORS
Et sous l'humble dehors d'un respect affecté Il cache le venin de sa malignité, Sat. VII dans DEHORS
La maison du seigneur, seule un peu plus ornée, Se présente au dehors de murs environnée, Épît. VI dans DEHORS
Ce ne fut plus partout que fous anabaptistes, Qu'orgueilleux puritains, exécrables déistes, Sat XI dans DÉISTE
Du reste, déjeunons, messieurs, et buvons frais, Lutr. IV dans DÉJEUNER
.... Qu'un ample déjeuné Longtemps nous tienne à table et s'unisse au dîné, Lutr. IV dans DÉJEUNER ou DÉJEUNÉ
Un rimeur sans péril, delà les Pyrénées, Art p. III dans DELÀ
D'un pinceau délicat l'artifice agréable Du plus affreux objet fait un objet aimable, Art p. III dans DÉLICAT, ATE
Tu souffres la louange adroite, délicate, Ép. IX dans DÉLICAT, ATE
Ainsi donc au plus tôt délogeant de ces lieux, Sat. X dans DÉLOGER
Aurait aussi attenté ladite Raison, par une entreprise inouïe, de déloger le feu de la plus haute région du ciel, et prétendu qu'il n'avait là aucun domicile, nonobstant les certificats du dit philosophe [Aristote] et les visites et descentes faites par lui sur les lieux, Arrêt burlesque. dans DÉLOGER
On dirait que le ciel, qui se fond tout en eau, Veuille inonder ces lieux d'un déluge nouveau, Sat. VI dans DÉLUGE
Aujourd'hui dans un casque et demain dans un froc, Sat. VIII dans DEMAIN
Mais sans cesse ignorants de nos propres besoins, Nous demandons au ciel ce qu'il nous faut le moins, Épît. V dans DEMANDER
Muse, c'est donc en vain que la main vous démange, Sat. VII dans DÉMANGER
Ils tremblent qu'un censeur, que sa verve encourage, Ne vienne en ses écrits démasquer leur visage, Disc. au roi. dans DÉMASQUER
S'agite, se démène et s'use le cerveau, Épît. X dans DÉMENER (SE)
Son livre en paraissant dément tous les flatteurs, Sat. IX dans DÉMENTIR
Et ne présume pas que Vénus ou Satan Souffre qu'elle en demeure aux termes du roman, Sat. X dans DEMEURER
Grand roi, si jusqu'ici, par un trait de prudence, J'ai demeuré pour toi dans un humble silence, Disc. au roi. dans DEMEURER
Quel démon vous irrite et vous porte à médire ?, Sat. IX dans DÉMON
Dès lors que son démon commence à l'agiter, Tout, jusqu'à sa servante, est prêt à déserter, Sat. VIII dans DÉMON
Eh ! que serait-ce donc si le démon du jeu Versait dans son esprit sa ruineuse rage ?, Sat. X dans DÉMON
L'argent à tout denier se prêta sans usure, Sat. XI dans DENIER
Cent francs au denier cinq, combien font-ils ? - Vingt livres, 8 dans DENIER
Ma langue n'attend point que l'argent la dénoue, Sat. IX dans DÉNOUER
Si je veux d'un galant dépeindre la figure, Sat. II dans DÉPEINDRE
S'il rencontre un palais, il m'en dépeint la face, Art p. I dans DÉPEINDRE
Aux dépens du bon sens gardez de plaisanter, Art p. III dans DÉPENS
Tous deux avec dépens veulent gagner leur cause, Épît. II dans DÉPENS
Je sens de jour en jour dépérir mon génie, Épîtr. VIII dans DÉPÉRIR
Tes écrits, il est vrai, sans art et languissants Semblent être formés en dépit du bon sens, Sat. II dans DÉPIT
Mais non, fais mine un peu d'en être mécontent, Pour la voir aussitôt, de douleur oppressée, Déplorer la vertu si mal récompensée, Sat. X dans DÉPLORER
Le feu, dont la flamme en ondes se déploie, Sat. VI dans DÉPLOYER
La liberté française en ces vers se déploie, Art p. II dans DÉPLOYER
Mais lui qui fait ici le régent du Parnasse, N'est qu'un gueux revêtu des dépouilles d'Horace, Sat. IX dans DÉPOUILLE
.... On le verra bientôt pompeux, en cette ville, Marcher encor chargé des dépouilles d'autrui, Sat. I dans DÉPOUILLE
Tantôt, comme une abeille ardente en son ouvrage, Elle s'en va de fleurs dépouiller le rivage, Art p. II dans DÉPOUILLER
Dépouillez devant eux l'arrogance d'auteur, Art p. I dans DÉPOUILLER
Dépouillonsnous ici d'une vaine fierté, Sat. X dans DÉPOUILLER
J'aime mieux Arioste et ses fables comiques Que les auteurs toujours froids et mélancoliques Qui, dans leur sombre humeur, se croiraient faire affront, Si les Grâces jamais leur déridaient le front, Art p. III dans DÉRIDER
Alors il n'était point de lecteur si sauvage Qui ne se déridât en lisant mon ouvrage, Épît. X dans DÉRIDER
C'est ainsi que souvent par une forcenée Une triste famille à l'hôpital traînée Voit ses biens en décret sur tous les murs écrits De sa déroute illustre effrayer tout Paris, Sat. X dans DÉROUTE
Mais de ce style enfin la cour désabusée Dédaigna de ces vers l'extravagance aisée, Distingua le naïf du plat et du bouffon...., Art p. I dans DÉSABUSÉ, ÉE
Qu'il s'en prenne à ses vers que Phébus désavoue, Sat. IX dans DÉSAVOUER
Sans respect des aïeux dont elle est descendue, Sat. V dans DESCENDU, UE
Soyez riche et pompeux dans vos descriptions, Art poét. III dans DESCRIPTION
Et l'ennemi vaincu, désertant ses remparts, Au-devant de ton joug courait de toutes parts, Épît. au roi. dans DÉSERTER
Nous pouvons dire que c'était le reflux de son esprit qui, comme un grand océan, se retire et déserte ses rivages, Longin, 7 dans DÉSERTER
Et lorsque son démon commence à l'agiter, Tout jusqu'à la servante est prêt à déserter, Sat. VIII dans DÉSERTER
Je ne puis admirer ces dangereux auteurs Qui, de l'honneur en vers infâmes déserteurs, Trahissent la vertu sur un papier coupable, Art p. IV dans DÉSERTEUR
Maintenant, que le temps a mûri mes désirs.... j'aime mieux mon repos...., Ép. v. dans DÉSIR
Ces neveux affamés, dont l'importun visage De mon bien à mes yeux fait déjà le partage.... Je me fais un plaisir, à ne vous rien celer, De pouvoir, moi vivant, dans peu les désoler, Sat. X dans DÉSOLER
Car tu ne seras point de ces jaloux affreux, Habiles à se rendre inquiets, malheureux, Qui, tandis qu'une épouse à leurs yeux se désole, Pensent toujours qu'un autre en secret la console, Sat. X dans DÉSOLER
.... Femme désordonnée, Sans mesure et sans règle au vin abandonnée, Sat. X dans DÉSORDONNÉ, ÉE
Son style impétueux [de l'ode] souvent marche au hasard ; Chez elle un beau désordre est un effet de l'art, Art p. II dans DÉSORDRE
La raison outragée enfin ouvrit les yeux, La chassa [la pointe] pour jamais des discours sérieux.... Ainsi de toutes parts les désordres cessèrent, Art p. II dans DÉSORDRE
Vous avez sur ses vers un pouvoir despotique, Art p. I dans DESPOTIQUE
Si tôt que du nectar la troupe est abreuvée, On dessert...., Lutrin, I dans DESSERVIR
Hélas ! que ferait-il si quelque audacieux Allait pour son malheur lui dessiller les yeux ?, Sat. IV dans DESSILLER
Qui seul fait à son gré le destin de la terre, Poés. div. 18 dans DESTIN
Ne vous chargez jamais d'un détail inutile ; Tout ce qu'on dit de trop est fade et rebutant, Art p. I dans DÉTAIL
Si le sens de vos vers tarde à se faire entendre, Mon esprit aussitôt commence à se détendre, Art p. I dans DÉTENDRE
Qui dit froid écrivain dit détestable auteur, Art p. IV dans DÉTESTABLE
Tous mes sots à la fois, ravis de l'écouter, Détonnant de concert se mettent à chanter, Sat. III dans DÉTONNER
Où l'on voit tous les jours l'innocence aux abois Errer dans ces détours d'un dédale de lois, Sat. I dans DÉTOUR
Et sans qu'un long détour t'arrête et t'embarrasse, à peine as-tu parlé qu'elle-même [la rime] s'y place, Sat. II dans DÉTOUR
Platon est celui de tous qui a le plus imité Homère ; car il a puisé dans ce poëte comme dans une vive source dont il a détourné un nombre infini de ruisseaux, Longin, 11 dans DÉTOURNER
Voit-on les loups brigands.... Pour détrousser les loups courir les grands chemins ?, Sat. VIII dans DÉTROUSSER
Achille mit vingt fois tout Ilion en deuil, Ép. I dans DEUIL
C'est ainsi devers Caen que tout Normand raisonne, Épître X dans DEVERS
Aux usages reçus il faut qu'on s'accommode ; Une femme surtout doit tribut à la mode, Sat. X dans DEVOIR
Crois-moi, dût Auzanet t'assurer du succès, Abbé, n'entreprends point même un juste procès, Ép. II dans DEVOIR
Et l'orphelin n'est plus dévoré du tuteur, Lutr. VI dans DÉVORÉ, ÉE
Sais-tu bien cependant, sous cette humilité, L'orgueil que quelquefois nous cache une bigote, Alcippe, et connais-tu la nation dévote ?, Sat. X dans DÉVOT, DÉVOTE
Car d'un dévot souvent au chrétien véritable La distance est deux fois plus longue, à mon avis, Que du pôle antarctique au détroit de Davis, Sat. X dans DÉVOT, DÉVOTE
Il tira du manteau sa dextre vengeresse, Lutr. V dans DEXTRE
Eh ! quel objet enfin à présenter aux yeux Que le diable toujours hurlant contre les cieux ?, Art poét. III dans DIABLE
J'ai donné, de fureur, tout le festin au diable, Sat. III dans DIABLE
Et, sans mêler à l'or l'éclat des diamants, Cueille en un champ voisin ses plus beaux ornements, Art poét. II dans DIAMANT
Loin ces rimeurs craintifs dont l'esprit flegmatique Garde dans ses fureurs un ordre didactique, Art p. II dans DIDACTIQUE
Qui frappe l'air, bon Dieu ! de ces lugubres cris ?, Sat. VI dans DIEU
Et, fabuleux chrétiens, n'allons point dans nos songes, D'un Dieu de vérité faire un Dieu de mensonges, Art p. III dans DIEU
Un homme issu d'un sang fécond en demi-dieux, Sat. V dans DIEU
Reste de ces esprits jadis si renommés, Que d'un coup de son art Molière a diffamés, Sat. X dans DIFFAMER
Ce long amas d'aïeux que vous diffamez tous Sont autant de témoins qui parlent contre vous, Sat. V dans DIFFAMER
Le Parnasse surtout, fécond en imposteurs, Diffama le papier par ses propos menteurs, Ép. IX dans DIFFAMER
J'aime sur le théâtre un agréable auteur Qui, sans se diffamer aux yeux du spectateur, Plaît par la raison seule...., Art p. III dans DIFFAMER
Si mon coeur de tout temps facile à tes désirs, N'a jamais d'un moment différé tes plaisirs, Lutr. II dans DIFFÉRER
Tous les hommes sont fous, et, malgré tous leurs soins, Ne diffèrent entre eux que du plus ou du moins, Sat. IV dans DIFFÉRER
Il fallait que la rage à l'univers funeste Allât encor de lois embrouiller le Digeste, Sat. VIII dans DIGESTE
Du Digeste et du Code ouvre-nous le dédale, Et montre-nous cet art connu de tes amis, Qui dans ses propres lois embarrasse Thémis, Lutr. v. dans DIGESTE
Digne de notre encens et digne de nos vers, Sat. VII dans DIGNE
De votre dignité soutenez mieux l'éclat, Lutr. I dans DIGNITÉ
Mais, sans nous égarer dans ces digressions, Sat. VIII dans DIGRESSION
Où sont ces grands guerriers dont les fatales ligues Devaient à ce torrent opposer tant de digues ?, Art p. IV dans DIGUE
Sous leurs pas diligents le chemin disparaît, Lutr. V dans DILIGENT, ENTE
Je sors de chez un fat qui, pour m'empoisonner, Je pense, exprès chez lui m'a forcé de dîner.... Ce matin donc, séduit par sa vaine promesse, J'y cours midi sonnant, au sortir de la messe, Sat. III dans DÎNER
Reprenez vos esprits, et souvenez-vous bien Qu'un dîné réchauffé ne valut jamais rien, Lutrin, I dans DÎNER ou DÎNÉ
Oui, mais avec tout cela, diriez-vous bien pourquoi Cyrus a tant conquis de provinces ?, Héros de romans. dans DIRE
Elle dit, et du vent de sa bouche profane Lui souffle avec ces mots l'ardeur de la chicane, Lutr. I dans DIRE
L'épouse que tu prends, sans tache en sa conduite, Aux vertus, m'at-on dit, dans Port-Royal instruite...., Sat. X dans DIRE
Qui dit froid écrivain dit détestable auteur, Art p. IV dans DIRE
Je dirai les exploits de ton règne paisible, Épît. I dans DIRE
On dirait, quand tu veux, qu'elle [la rime] te vient chercher, Sat. II dans DIRE
On dirait que le ciel est soumis à sa loi, Et que Dieu l'a pétri d'autre limon que moi, Sat. V dans DIRE
On dirait que le ciel, qui se fond tout en eau, Veuille inonder ces lieux d'un déluge nouveau, Sat. VI dans DIRE
On dirait que, pour plaire, instruit par la nature, Homère ait à Vénus dérobé sa ceinture, Art p. III dans DIRE
Ma pensée au grand jour partout s'offre et s'expose ; Et mon vers bien ou mal dit toujours quelque chose, Épît. IX dans DIRE
Sur l'argent, c'est tout dire, on est déjà d'accord ; Ton beau-père futur vide son coffre-fort, Sat. X dans DIRE
Et de quel droit se diraient-ils héros, s'ils n'étaient point amoureux ? n'est-ce pas l'amour qui fait aujourd'hui la vertu héroïque ?, Héros de romans. dans DIRE
Mais de tous les mortels, grâce aux dévotes âmes, Nul n'est si bien soigné qu'un directeur de femmes, Sat. X dans DIRECTEUR, TRICE
C'est ce qu'en vain le ciel voudrait exiger d'elle ; Et peut-il, dira-t-elle, en effet l'exiger ? Elle a son directeur, c'est à lui d'en juger, ib. dans DIRECTEUR, TRICE
Ainsi, pour éviter l'éternelle misère, Le vrai zèle au chrétien n'étant plus nécessaire, Tu sus, dirigeant bien en eux l'intention, De tout crime laver la coupable action, Sat. XI dans DIRIGER
....Sachez de l'ami discerner le flatteur, Art p. ch. I dans DISCERNER
Quand la Discorde encor toute noire de crimes, Sortant des cordeliers pour aller aux minimes, Avec cet air hideux qui fait frémir la paix, S'arrêta près d'un arbre auprès de son palais, Lutrin, I dans DISCORDE
On croirait à vous voir, dans vos libres caprices, Discourir en Caton des vertus et des vices...., Sat. IX dans DISCOURIR
Lamoignon, nous irons, libres d'inquiétude, Discourir des vertus dont tu fais ton étude, Épît. VI dans DISCOURIR
Cessez de m'opposer vos discours imposteurs, Confesseurs insensés, ignorants séducteurs, Epît. XI dans DISCOURS
Un discours trop sincère aisément nous outrage, Sat. VII dans DISCOURS
Pensez-vous qu'ébloui de vos vaines paroles, J'ignore qu'en effet tous ces discours frivoles Ne sont qu'un badinage, un simple jeu d'esprit ?, Sat. X dans DISCOURS
À ces discours pressants que saurait-on répondre ?, Épît. XI dans DISCOURS
À tous ces beaux discours j'étais comme une pierre, Sat. III dans DISCOURS
Voulez-vous du public mériter les amours, Sans cesse en écrivant variez vos discours, Art p. I dans DISCOURS
Aucun rhéteur encore, arrangeant le discours, N'avait d'un art menteur enseigné les détours, Ep. IX dans DISCOURS
Je suis ravi que ce soit à M. Puget que je doive ma disculpation, Lett. à Brossette, 37 dans DISCULPATION
Du premier des Césars on vante les exploits ; Mais, dans quel tribunal, jugé suivant les lois, Eût-il pu disculper son injuste manie ?, Sat. X dans DISCULPER
Mais quoi ! dans la disette une muse affamée Ne peut pas, dira-t-on, subsister de fumée, Art p. IV dans DISETTE
La Discorde, qui voit leur honteuse disgrâce, Dans les airs cependant tonne, éclate, menace, Lutrin, III dans DISGRÂCE
Pour tirer l'homme enfin de ce désordre extrême, Il fallut qu'ici-bas Dieu, fait homme lui-même, Vînt du sein lumineux de l'éternel séjour.... à l'aspect de ce Dieu les démons disparurent, Sat. XI dans DISPARAÎTRE
Cependant, à les voir enflés de tant d'audace, Te promettre en leur nom les faveurs du Parnasse, On dirait qu'ils ont seuls l'oreille d'Apollon, Qu'ils disposent de tout dans le sacré vallon, Disc. au roi. dans DISPOSER
Puis d'une femme morte avec son embryon Il faut chez du Verney voir la dissection, Sat. X dans DISSECTION
Il distilla sa rage en ces tristes adieux, Sat. I dans DISTILLER
En blâmant ses écrits, ai-je, d'un style affreux, Distillé sur sa vie un venin dangereux ?, Sat. IX dans DISTILLER
Comme on voit les frelons, troupe lâche et stérile, Aller piller le miel que l'abeille distille, Sat. I dans DISTILLER
Ma muse, en l'attaquant, charitable et discrète, Sait de l'homme d'honneur distinguer le poëte, Sat. IX dans DISTINGUER
Faire par les couleurs distinguer ses valets, Sat. v. dans DISTINGUER
La fable offre à l'esprit mille agréments divers, Art p. III dans DIVERS, ERSE
La même erreur les fait errer diversement, Sat. IV dans DIVERSEMENT
Un lecteur sage fuit un vain amusement, Et veut mettre à profit son divertissement, Art p. IV dans DIVERTISSEMENT
Après cela, docteur, va pâlir sur la Bible, Perce la sainte horreur de ce livre divin, Confonds dans un ouvrage et Luther et Calvin, Sat. VIII dans DIVIN, INE
Sans la langue en un mot, l'auteur le plus divin Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain, Art p. I dans DIVIN, INE
[Dans le poëme épique] Chaque vertu devient une divinité, Art p. III dans DIVINITÉ
J'aurai pu jusqu'ici brouiller tous les chapitres, Diviser cordeliers, carmes et célestins, Lutr. I dans DIVISER
Tu fais d'un sable aride une terre fertile, Et rends tout mon jardin à tes lois si docile, Épît. X dans DOCILE
Il fallut qu'au travail son corps rendu docile Forçât la terre avare à devenir fertile, ib. III dans DOCILE
Ah ! bon, voilà parler en docte janséniste, Alcippe, et sur ce point si savamment touché, Desmares dans Saint-Roch n'aurait pas mieux prêché, Sat. X dans DOCTE
Notre docteur bientôt va lever tous ses doutes, Sat. x. dans DOCTEUR
On chassa ces docteurs prêchant sans mission, Art p. III dans DOCTEUR
Laisse là saint Thomas s'accorder avec Scot, Et conclus avec moi qu'un docteur est un sot, Sat. VIII dans DOCTEUR
Faut-il avoir reçu le bonnet doctoral, Avoir extrait Gamache, Isambert et Duval ?, Ép. XI dans DOCTORAL, ALE
Ces pigeons sont dodus, mangez sur ma parole, Sat. III dans DODU, UE
Mais, sans nous égarer dans ces digressions, Traiter, comme Senaut, toutes les passions, Et les distribuant par classes et par titres, Dogmatiser en vers et rimer par chapitres, Sat. VIII dans DOGMATISER
Et par un dogme faux dans nos jours enfanté, Des devoirs du chrétien rayer la charité, Ép. XI dans DOGME
Moi.... Qui compte tous les jours vos défauts par mes doigts, Sat. IX dans DOIGT
J'ai beau frotter mon front, j'ai beau mordre mes doigts, Sat. VII dans DOIGT
Je sais tout cela sur l'extrémité du doigt. - Quelle pitié! on dit savoir une chose sur le bout du doigt, et non sur l'extrémité du doigt, Fragm. d'un dialogue contre ceux qui font des vers latins dans DOIGT
Pour moi j'aime surtout que le poivre domine, Sat. III dans DOMINER
Soutenons bien nos droits ; sot est celui qui donne, C'est ainsi devers Caen que tout Normand raisonne, Épît. II dans DONNER
Le blé pour se donner, sans peine ouvrant la terre, N'attendait point qu'un boeuf pressé de l'aiguillon Tracât à pas tardifs un pénible sillon, Ép. III dans DONNER
Un écrit scandaleux sous votre nom se donne, Ép. VI dans DONNER
Ce n'est qu'à prix d'argent qu'on dort en cette ville, Sat. VI dans DORMIR
C'est là que le prélat, muni d'un déjeuné, Dormait d'un léger somme, attendant le dîné, Lutr. I dans DORMIR
Je veux que la valeur de ses aïeux antiques Ait fourni de matière aux plus vieilles chroniques, Et que l'un des Capets, pour honorer leur nom, Ait de trois fleurs de lis doté (quelques éditions lisent doré) leur écusson, Sat. V dans DOTER
Endurcis-toi le coeur ; sois arabe, corsaire, Injuste, violent, sans foi, double, faussaire, Sat. VIII dans DOUBLE
Doucement ! diras-tu, que sert de s'emporter ?, Sat. VIII dans DOUCEMENT
Et qui [vin], rouge et vermeil, mais fade et doucereux, N'avait rien qu'un goût plat et qu'un déboire affreux, Sat. III dans DOUCEREUX, EUSE
Peignez donc, j'y consens, les héros amoureux, Mais ne m'en faites pas des bergers doucereux, Art p. III dans DOUCEREUX, EUSE
Tomyris : Un madrigal que j'ai fait ce matin pour le charmant ennemi que j'aime. - Minos : Hélas ! qu'elle est doucereuse !, Héros de romans. dans DOUCEREUX, EUSE
Ces doucereux Renauds, ces insensés Rolands, Sat. X dans DOUCEREUX, EUSE
Je laisse aux doucereux ce langage affecté, Sat. IX dans DOUCEREUX, EUSE
Et d'aller, à l'abri d'une perruque blonde, De ses fades douceurs fatiguer tout le monde, Sat. IV dans DOUCEUR
Il faut dans la douleur que vous vous abaissiez ; Pour me tirer des pleurs il faut que vous pleuriez, Art p. III dans DOULEUR
Le comique, ennemi des soupirs et des pleurs, N'admet point en ses vers de tragiques douleurs, Art p. III dans DOULEUR
Aux élans redoublés de sa voix douloureuse, Tous ses valets tremblants quittent la plume oiseuse, Lutrin, IV dans DOULOUREUX, EUSE
Aux yeux embarrassés des juges les plus sages, Tout sens devint douteux, tout mot eut deux visages, Sat. XI dans DOUTEUX, EUSE
Plus qu'aucun des mortels par la honte abattu, En vain j'arme contre elle une faible vertu ; Ainsi toujours douteux, chancelant ou volage...., Ép. III dans DOUTEUX, EUSE
Oh ! que j'aime bien mieux cet auteur plein d'adresse Qui, sans faire d'abord de si haute promesse, Me dit d'un ton aisé, doux, simple, harmonieux...., Art p. III dans DOUX, DOUCE
C'est ainsi qu'une femme en doux amusements Sait du temps qui s'envole employer les moments, Sat. X dans DOUX, DOUCE
Passer du grave au doux, du plaisant au sévère, Art p. I dans DOUX, DOUCE
Quoi ! même dans ton lit, cruel entre deux draps...., Lutr. IV dans DRAP
On dit qu'on l'a drapé dans certaine satire, Sat. III dans DRAPER
Les cheveux cependant me dressaient à la tête, Sat. III dans DRESSER
Les voyageurs sans guide assez souvent s'égarent, L'un à droit, l'autre à gauche...., Sat. IV dans DROIT, DROITE
Un bigot orgueilleux qui, dans sa vanité, Croit duper jusqu'à Dieu par son zèle affecté, Sat. X dans DUPER
Maudit soit l'auteur dur dont l'âpre et rude verve...., Vers en style de Chapelain. dans DUR, DURE
Il faut souffrir la faim et coucher sur la dure, Sat. VIII dans DUR, DURE
Là, parmi les douceurs d'un tranquille silence, Règne sur le duvet une heureuse indolence, Lutr. I dans DUVET
Puis bientôt en grande eau naviguer à souhait, Sat. X dans EAU
Le dos chargé de bois et le corps tout en eau, P. div. 28 dans EAU
Le sacristain, bouillant de zèle et de courage, Le prend [un Quinault], se cache, approche, et, droit entre les yeux, Frappe du noble écrit l'athlète audacieux ; Mais c'est pour l'ébranler une faible tempête ; Le livre sans vigueur mollit contre sa tête, Lutrin, V dans ÉBRANLER
Sur l'ais qui le soutient auprès d'un Avicenne, Deux des plus forts mortels l'ébranleraient à peine, Lutrin, V dans ÉBRANLER
Et d'un bras, à ces mots, qui peut tout ébranler, Lui-même se courbant, s'apprête à le rouler [le lutrin], ib. III dans ÉBRANLER
Raffermis ma vertu, qu'ébranlent tes soupirs, Lutrin, II dans ÉBRANLER
Et par ce bel arrêt terminant la bataille : Tenez, voilà, dit-elle, à chacun une écaille, Épît. II dans ÉCAILLE
Y voit-on des savants.... Endosser l'écarlate et se fourrer d'hermine ?, Sat. VIII dans ÉCARLATE
Inventa tous ces noms de cimier et d'écart, Sat. v. dans ÉCART
Et plus de votre coeur il [Dieu] paraît s'écarter, Plus par vos actions songez à l'arrêter, Épît. XI dans ÉCARTER
Jamais de la nature il ne faut s'écarter, Art p. III dans ÉCARTER
Qui ? cet écervelé [Alexandre] qui mit l'Asie en cendre ?, Sat. VIII dans ÉCERVELÉ, ÉE
Dans trois jours nous verrons le phénix des guerriers Laisser sur l'échafaud sa tête et ses lauriers, Sat. X dans ÉCHAFAUD
Sans simonie, on put contre un bien temporel Hardiment échanger un bien spirituel, Sat. XI dans ÉCHANGER
Leurs noms sont échappés du naufrage du temps, Sat. V dans ÉCHAPPER
Rien n'échappe aux regards de notre curieuse, Sat. X dans ÉCHAPPER
....Ces vers.... Montés sur deux grands mots comme sur deux échasses, Sat. IV dans ÉCHASSE
Elle accourt l'oeil en feu, la tête échevelée, Lutr. II dans ÉCHEVELÉ, ÉE
Tandis que Colletet, crotté jusqu'à l'échine, Va mendier son pain de cuisine en cuisine, Sat. I dans ÉCHINE
Écho n'est plus un son qui dans l'air retentisse, C'est une nymphe en pleurs qui se plaint de Narcisse, Art p. III dans ÉCHO
Guenaud sur son cheval en passant m'éclabousse, Sat. VI dans ÉCLABOUSSER
Ou d'un plomb qui fuit l'oeil et part avec l'éclair, Je vais faire la guerre aux habitants de l'air, Épît. VI dans ÉCLAIR
Ce terme est équivoque, il le faut éclaircir, Art p. I dans ÉCLAIRCIR
Un si bas, si honteux, si faux christianisme Ne vaut pas des Platons l'éclairé paganisme, Épît. XI dans ÉCLAIRÉ, ÉE
Faites choix d'un censeur solide et salutaire, Que la raison conduit et le savoir éclaire, Art p. IV dans ÉCLAIRER
Mais que deviendras-tu, si, folle en son caprice, N'aimant que le scandale et l'éclat dans le vice...., Sat. X dans ÉCLAT
....Toi, Lamoignon, que le rang, la naissance, Le mérite éclatant et la haute éloquence Appellent dans Paris aux sublimes emplois, Ép. VI dans ÉCLATANT, ANTE
Mais sitôt que d'un trait de ses fatales mains La parque l'eut rayé [Molière] du nombre des humains, On reconnut le prix de sa muse éclipsée, Ép. VII dans ÉCLIPSÉ, ÉE
Dès que l'impression fait éclore un poëte, Il est esclave né de celui qui l'achète, Sat. IX dans ÉCLORE
N'est-ce pas toi, voyant le monde à peine éclos Qui.... Fis croire au premier homme...., Sat. XI dans ÉCLOS, OSE
Mais avant qu'il lâchât les écluses des cieux, Sat. XI dans ÉCLUSE
Oh ! le bel argument digne de leur école !, Ép. XI dans ÉCOLE
Je ne te réponds pas qu'au retour, moins timide, Digne écolière enfin d'Angélique et d'Armide, Elle n'aille à l'instant, pleine de ces doux sons, Avec quelque Médor pratiquer ces leçons, Sat. X dans ÉCOLIER, IÈRE
Un poëme excellent où tout marche et se suit.... Jamais d'un écolier ne fut l'apprentissage, Art p. III dans ÉCOLIER, IÈRE
Platon : Ah ! elle m'écorche les oreilles, Héros de roman. dans ÉCORCHER
Douze ans sont écoulés depuis le jour fatal, Qu'un libraire, imprimant les essais de ma plume, Donna pour mon malheur un trop heureux volume, Épît. VI dans ÉCOULÉ, ÉE
La foule Avec un bruit confus par les portes s'écoule, Lutrin, I dans ÉCOULER (S')
Écoutez tout le monde, assidu consultant ; Un fat quelquefois ouvre un avis important, Art p. IV dans ÉCOUTER
L'enfer s'émeut au bruit de Neptune en furie ; Pluton sort de son trône, il pâlit, il s'écrie, Traité du subl. VII dans ÉCRIER (S')
Quoi que vous écriviez, évitez la bassesse ; Le style le moins noble a pourtant sa noblesse, Art p. I dans ÉCRIRE
Il se tue à rimer ; que n'écrit-il en prose ?, Sat. IX dans ÉCRIRE
Écrive qui voudra ; chacun à ce métier Peut perdre impunément de l'encre et du papier, ib. IX dans ÉCRIRE
Avant donc que d'écrire, apprenez à penser, Art p. I dans ÉCRIRE
Mais dans l'art dangereux de rimer ou d'écrire, Il n'est point de degré du médiocre au pire, ib. IV dans ÉCRIRE
Qui ne sait se borner ne sut jamais écrire, Art p. I dans ÉCRIRE
Je n'ai point de repos qu'il ne soit en écrit, Sat. VII dans ÉCRIT
Tu te souviens qu'au village on t'a dit, Que ton maître est gagé pour coucher par écrit Les faits d'un roi plus grand en sagesse, en vaillance, Que Charlemagne aidé des douze pairs de France, Épît. X dans ÉCRIT
Tes écrits, il est vrai, sans art et languissants, Semblent être formés en dépit du bon sens, Sat. II dans ÉCRIT
Il n'est valet d'auteur ni copiste à Paris Qui, la balance en main, ne pèse les écrits, Sat. IX dans ÉCRIT
Et ses écrits tout seuls doivent parler pour lui, ib. dans ÉCRIT
Mais nous autres faiseurs de livres et d'écrits, Sur les bords du Permesse aux louanges nourris, Épît. VI dans ÉCRIT
Si.... Tu t'allais engager à polir un écrit, ib. X dans ÉCRIT
Surtout qu'en vos écrits la langue révérée Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée, Art p. I dans ÉCRIT
Tel écrit récité se soutint à l'oreille, Qui, dans l'impression au grand jour se montrant, Ne soutient pas des yeux le regard pénétrant, ib. IV dans ÉCRIT
Travaille pour la gloire, et qu'un sordide gain Ne soit jamais l'objet d'un illustre écrivain, Art p. IV dans ÉCRIVAIN
Qui dit froid écrivain dit détestable auteur, ib. dans ÉCRIVAIN
Que de tant d'écrivains de l'école d'Ignace Étant, comme je suis, ami si déclaré, Ép. X dans ÉCRIVAIN
Soyez plutôt maçon, si c'est votre talent, Ouvrier estimé dans un art nécessaire, Qu'écrivain du commun et poëte vulgaire, Art p. IV dans ÉCRIVAIN
Des écueils de la cour ils sauvent sa vertu, Sat. v. dans ÉCUEIL
....Va pâlir sur la Bible, Va marquer les écueils de cette mer terrible, Sat. VIII dans ÉCUEIL
Là bornant son discours, encor tout écumante, Elle souffle aux guerriers l'esprit qui la tourmente, Lutrin, v. dans ÉCUMANT, ANTE
Le vent avec fureur dans les voiles frémit, La mer blanchit d'écume, et l'air au loin gémit, Longin, VIII dans ÉCUME
Votre ennemi superbe, en cet instant fameux, Du Rhin près de Tholus fend les flots écumeux, Épît. IV dans ÉCUMEUX, EUSE
....que l'un des Capets.... Ait de trois fleurs de lis doté leur écusson, Sat. v. dans ÉCUSSON
Et qu'une main savante, avec tant d'artifice, Bâtit de ses cheveux le galant édifice, Sat. X dans ÉDIFICE
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage ; Polissez-le sans cesse et le repolissez ; Ajoutez quelquefois et souvent effacez, Art p. I dans EFFACER
Son amante effarée Demeure le teint pâle...., Lutr. II dans EFFARÉ, ÉE
Malheureux, laisse en paix ton cheval vieillissant, De peur que tout à coup, efflanqué, sans haleine, Il ne laisse en tombant son maître sur l'arène, Ép. X dans EFFLANQUÉ, ÉE
Jamais blessant leurs vers, il n'effleura leurs moeurs, Épit. X dans EFFLEURER
Quand un autre à l'instant s'efforçait de passer, Sat. VI dans EFFORCER (S')
Sur l'ais qui le soutient auprès d'un Avicenne, Deux des plus forts mortels l'ébranleraient à peine ; Le chanoine pourtant l'enlève sans effort, Lutrin, V dans EFFORT
Mille oiseaux effrayants, mille corbeaux funèbres, De ces murs désertés habitent les ténèbres, Lutr. III dans EFFRAYANT, ANTE
Les cloches dans les airs, de leurs voix argentines, Appelaient à grand bruit les chantres à matines, Quand leur chef, agité d'un sommeil effrayant, Encor tout en sueur, se réveille en criant, ib. IV dans EFFRAYANT, ANTE
Et voit-on, comme lui, les ours ni les panthères S'effrayer sottement de leurs propres chimères ?, Sat. VIII dans EFFRAYER
On vit avec horreur une muse effrénée Dormir chez un greffier la grasse matinée, Ép. V dans EFFRÉNÉ, ÉE
Je me retire donc encor pâle d'effroi ; Mais le jour est venu quand je rentre chez moi, Sat. VI dans EFFROI
Au mépris du bon sens, le burlesque effronté Trompa les yeux d'abord, plut par sa nouveauté, Art p. I dans EFFRONTÉ, ÉE,
Ces douces Ménades.... Se font des mois entiers, sur un lit effronté, Traiter d'une visible et parfaite santé, Sat. X dans EFFRONTÉ, ÉE,
Un Hérode, un Tibère effroyable à nommer, Sat. X dans EFFROYABLE
Un style trop égal et toujours uniforme En vain brille à nos yeux, il faut qu'il nous endorme, Art p. I dans ÉGAL, ALE
Rien n'égale en fureur, en monstrueux caprices, Une fausse vertu qui s'abandonne aux vices, Sat. X dans ÉGALER
Or cette égalité dont se forme le sage, Qui jamais moins que l'homme en a connu l'usage ?, Sat. VIII dans ÉGALITÉ
Tu dirais, reprenant ta pelle et ton râteau : J'aime mieux mettre encor cent arpents au niveau Que d'aller, follement égaré dans les nues, Me lasser à chercher des visions cornues, Épît. X dans ÉGARÉ, ÉE
De la foi d'un chrétien les mystères terribles D'ornements égayés ne sont pas susceptibles, Art p. III dans ÉGAYÉ, ÉE
Ainsi, dans cet amas de nobles fictions, Le poëte s'égaye en mille inventions, Art p. III dans ÉGAYER
D'un ciment éternel ton Église est bâtie, Et jamais de l'enfer les noirs frémissements N'en pourront ébranler les fermes fondements, Lutr. VI dans ÉGLISE
Viendrai-je en une églogue, entouré de troupeaux, Au milieu de Paris enfler mes chalumeaux, Et, dans mon cabinet assis auprès des hêtres, Faire dire aux échos des sottises champêtres ?, Sat. IX dans ÉGLOGUE
Mais souvent dans ce style un rimeur aux abois Jette là de dépit la flûte et le hautbois, Et, follement pompeux dans sa verve indiscrète, Au milieu d'une églogue entonne la trompette, Art p. II dans ÉGLOGUE
Le faux honneur.... Avant tout aux mortels prescrit de se venger, L'un l'autre au moindre affront les force à s'égorger, Sat. X dans ÉGORGER
Que dis-tu de m'y voir rêveur, capricieux, Tantôt baissant le front, tantôt levant les yeux, De paroles en l'air par élans envolées, Effrayer les oiseaux perchés dans mes allées ?, Épît. X dans ÉLAN
Aux élans redoublés de sa voix douloureuse Tous ses valets tremblants quittent la plume oiseuse, Lutr. IV dans ÉLAN
Et les yeux vers le ciel de fureur élancés, Sat. IV dans ÉLANCÉ, ÉE
Vendôme, que soutient l'orgueil de sa naissance, Au même instant dans l'onde impatient s'élance, Épît. IV dans ÉLANCER
Contre moi sur mon banc je le vois qui s'élance, Lutrin, IV dans ÉLANCER
Imitons de Marot l'élégant badinage, Art poét. I dans ÉLÉGANT, ANTE
La plaintive élégie en longs habits de deuil Sait les cheveux épars gémir sur un cercueil ; Elle plaint des amants la joie et la tristesse, Flatte, menace, irrite, apaise une maîtresse ; Mais, pour bien expliquer ses caprices heureux, C'est peu d'être poëte, il faut être amoureux, Art poét. II dans ÉLÉGIE
La première et la plus considérable source du sublime est une certaine élévation d'esprit qui nous fait penser heureusement les choses, Longin, ch. VI dans ÉLÉVATION
À la fin tous ces jeux que l'athéisme élève, Art p. II dans ÉLEVER
Si, après avoir ouï un endroit [d'un ouvrage] plusieurs fois, nous ne sentons point qu'il nous élève l'âme, Long. ch. V dans ÉLEVER
Que l'on tire au billet ceux que l'on doit élire, Lutrin, I dans ÉLIRE
Ces esprits frivoles.... Avalent sans dégoût le plus grossier éloge, Épît., IX dans ÉLOGE
Tout éloge imposteur blesse une âme sincère, ib. dans ÉLOGE
Il vous comble partout d'éloges fastueux, Art p. 1 dans ÉLOGE
Ne vous enivrez point des éloges flatteurs Qu'un amas quelquefois de vains admirateurs Vous donne en ces réduits...., ib. dans ÉLOGE
Un certain hâbleur à la mine affamée, Qui vint à ce festin, conduit par la fumée, Et qui.... A fait en bien mangeant l'éloge des morceaux, Sat. III dans ÉLOGE
Puis, de là, s'embarquant dans la nouvelle guerre [se mettant à en parler], Sat. III dans EMBARQUER
Quand un autre [carrosse], à l'instant s'efforçant de passer, Dans le même embarras se vient embarrasser, Sat. VI dans EMBARRAS
Il n'a point dans ses vers l'embarras de choisir, Sat. II dans EMBARRAS
Son coeur, toujours flottant entre mille embarras, Ne sait ni ce qu'il veut, ni ce qu'il ne veut pas, ib. VIII dans EMBARRAS
Il est certains esprits dont les sombres pensées Sont d'un nuage épais toujours embarrassées, Art p. I dans EMBARRASSER
Que me sert en effet qu'un admirateur fade Vante mon embonpoint si je me sens malade ?, Épît. IX dans EMBONPOINT
Ce discours, que soutient l'embonpoint du visage, Rétablit l'appétit, réchauffe le courage, Lutr. IV dans EMBONPOINT
À peine du limon où le vice m'engage, J'arrache un pied timide et sors en m'agitant, Que l'autre m'y reporte et s'embourbe à l'instant, Ép. III dans EMBOURBER
Il fallait que sa rage à l'univers funeste Allât encor de lois embrouiller le Digeste, Sat. VIII dans EMBROUILLER
Puis d'une femme morte avec son embryon, Il faut chez du Vernet voir la dissection, Sat. X dans EMBRYON
Six chevaux attelés à ce fardeau pesant Ont peine à l'émouvoir sur le pavé glissant, Sat. VI dans ÉMOUVOIR
Bientôt l'amour, fertile en tendres sentiments, S'empara du théâtre ainsi que des romans, Art p. III dans EMPARER (S')
Il est bon d'empêcher ces emplois fastueux D'être donnés peut-être à des âmes mondaines, Sat. X dans EMPÊCHER
L'erreur.... Sortant pleine d'attraits de sa bouche empestée, Sat. XI dans EMPESTÉ, ÉE
Il réprime des mots l'ambitieuse emphase ; Ici le sens le choque, et plus loin c'est la phrase, Art p. I dans EMPHASE
Ces mots [contre la corruption de Rome] ont dans sa bouche [de Juvénal] une emphase admirable, Sat. X dans EMPHASE
De sa vaste folie emplir toute la terre, Sat. VIII dans EMPLIR
Je sors de chez un fat qui, pour m'empoisonner, Je pense, exprès chez lui m'a forcé de dîner, Sat. III dans EMPOISONNER
C'est Mignot, c'est tout dire, et dans le monde entier Jamais empoisonneur ne sut mieux son métier, Sat. III dans EMPOISONNEUR, EUSE
Doucement, diras-tu, que sert de s'emporter ?, Sat. VIII dans EMPORTER
Et couvrent de Dieu même, empreint sur leur visage, De leurs honteux plaisirs l'affreux libertinage, Sat. X dans EMPREINT, EINTE
Là, dans le seul loisir que Thémis t'a laissé, Tu me verras souvent à te suivre empressé, Épît. VI dans EMPRESSÉ, ÉE
Chacun chercha pour plaire un visage emprunté, Épît. IX dans EMPRUNTÉ, ÉE
Bientôt, pour subsister, La noblesse sans bien trouva l'art d'emprunter, Sat. v. dans EMPRUNTER
Aimez donc la raison, et que tous vos écrits Empruntent d'elle seule et leur lustre et leur prix, Art p. I dans EMPRUNTER
Dans les airs mille cloches émues, Sat. VI dans ÉMU, UE
Dans ces temps bienheureux du monde en son enfance, Sat. v. dans EN
[Le jeune homme] Est vain dans ses discours, volage en ses désirs, Art p. III dans EN
Mes révérends pères en Dieu, Et mes confrères en satire, Épigr. 35 dans EN
La tragédie, informe et grossière en naissant, N'était qu'un simple choeur...., Art p. III dans EN
[Le jeune homme] Est vain dans ses discours, volage en ses désirs, Art p. III dans EN
Il a lui seul fait plus d'exploits que les autres en ont lu, Disc. à l'Acad. dans EN
Vendre au plus offrant son encens et ses vers, Sat. I dans ENCENS
Qui d'un indigne encens profanent tes autels, Disc. au roi. dans ENCENS
Je ne puis, en esclave à la suite des grands, à des dieux sans vertus prodiguer mon encens, ib. dans ENCENS
Qui voudra désormais encenser mes autels ?, Lutrin, I dans ENCENSER
Mais un auteur novice à répandre l'encens Souvent à son héros, dans un bizarre ouvrage, Donne de l'encensoir au travers du visage, Épît. IX dans ENCENSOIR
Maudit soit le premier dont la verve insensée.... Voulut avec la rime enchaîner la raison !, Sat. II dans ENCHAÎNER
L'homme en ses passions toujours errant, sans guide, A besoin qu'on lui mette et le frein et la bride ; Son pouvoir malheureux ne sert qu'à le gêner ; Et, pour le rendre libre, il le faut enchaîner, ib. X dans ENCHAÎNER
Là pour nous enchanter tout est mis en usage ; Tout prend un corps, une âme, un esprit, un visage, Art p. III dans ENCHANTER
Plus enclin à blâmer que savant à bien faire, Art p. III dans ENCLIN, INE
Toujours pour un autre enclin vers la douceur, Sat. IV dans ENCLIN, INE
....Deux bons chevaux de pareille encolure, Sat. x. dans ENCOLURE
Ce ne sera pas une petite affaire pour moi que la prise des eaux, qui sont, dit-on, fort endormantes et avec lesquelles néanmoins il faut absolument s'empêcher de dormir, Lettres à Rac. IV dans ENDORMANT, ANTE
Allez de vos sermons endormir l'auditeur, Sat. I dans ENDORMIR
Un style trop égal et toujours uniforme En vain brille à nos yeux, il faut qu'il nous endorme, Art p. I dans ENDORMIR
Je laisse aux doucereux le langage affété Où s'endort un esprit de mollesse hébété, Sat. IX dans ENDORMIR
Y voit-on des savants en droit, en médecine, Endosser l'écarlate ou se fourrer d'hermine ?, Sat. VIII dans ENDOSSER
Et voyons l'homme enfin par l'endroit le plus beau, Sat. VIII dans ENDROIT
J'irais, par ma constance aux affronts endurci, Me mettre au rang des saints qu'a célébrés Bussi, Sat. VIII dans ENDURCI, IE
Endurcis-toi le coeur, sois arabe, corsaire...., Ne va point sottement faire le généreux, Sat. VIII dans ENDURCIR
Dans les temps bienheureux du monde en son enfance, Chacun mettait sa gloire en sa seule innocence, Sat. v. dans ENFANCE
La langue française qui, bien loin d'être en son point de maturité du temps de Ronsard, comme Pasquier se l'était imaginé faussement, n'était pas même encore sortie de sa première enfance, Longin, Sublime, Réflex. 7 dans ENFANCE
Tout charme en un enfant dont la langue sans fard, À peine du filet encor débarrassée, Sait d'un air innocent bégayer sa pensée, Épître IX dans ENFANT
Un rimeur, sans péril, de là les Pyrénées, Sur la scène en un jour enferme des années ; Là souvent le héros d'un spectacle grossier, Enfant au premier acte, est barbon au dernier, Art p. III dans ENFANT
Le monde, de qui l'âge avance les ruines, Ne peut plus enfanter de ces âmes divines, Lutr. III dans ENFANTER
Bienheureux Scudéri, dont la fertile plume Peut tous les mois sans peine enfanter un volume, Sat. II dans ENFANTER
Que Racine, enfantant des miracles nouveaux, De ses héros sur lui [le roi] forme tous les tableaux, Art p. IV dans ENFANTER
Accourez, troupe savante ; Des sons que ma lyre enfante, Ces arbres sont réjouis, Ode sur Namur. dans ENFANTER
Que produira l'auteur après tous ces grands cris ? La montagne en travail enfante une souris, Art p. III dans ENFANTER
L'enfer s'émeut au bruit de Neptune en furie ; Pluton sort de son trône, il pâlit, il s'écrie, Longin, sublime, VII dans ENFER
Mais lorsqu'en sa malice un pécheur obstiné, Des horreurs de l'enfer vainement étonné, Ép. XI dans ENFER
Combien n'a-t-on point vu de belles aux doux yeux, avant le mariage anges si gracieux, Tout à coup se changeant en bourgeoises sauvages, Vrais démons, apporter l'enfer dans leurs ménages, Sat. X dans ENFER
Je pense qu'avec eux tout l'enfer est chez moi, ib. VI dans ENFER
Enfin Malherbe vint, et le premier en France, Fit sentir dans les vers une juste cadence, Art p. I dans ENFIN
Et, pour finir enfin par un trait de satire, Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire, Art p. I dans ENFIN
Cependant, à les voir enflés de tant d'audace, Se promettre en leur nom les faveurs du Parnasse...., Disc. au roi. dans ENFLÉ, ÉE
Le défaut du style enflé, c'est de vouloir aller au delà du grand, Longin, Sublime, chap. 2 dans ENFLÉ, ÉE
Viendrai-je, en une églogue entouré de troupeaux, Au milieu de Paris enfler mes chalumeaux ?, Sat. IX dans ENFLER
Aussitôt.... tu verras poëtes, orateurs.... De tes titres pompeux enfler leurs dédicaces, Sat. VIII dans ENFLER
Mais qui fait enfler la Sambre Sous les jumeaux effrayés ?, Ode I dans ENFLER
T'ai-je fait voir de joie une belle animée, Qui, souvent d'un repas sortant tout enfumée, Fait même à ses amants, trop faibles d'estomac, Redouter ses baisers pleins d'ail et de tabac ?, Sat. X dans ENFUMÉ, ÉE
Mais, pour un vain bonheur qui vous a fait rimer, Gardez qu'un sot orgueil ne vous vienne enfumer, Art p. II dans ENFUMER
Saint-Amand n'avait rien ; Mais quoi ! las de mener une vie importune, Il engagea ce rien pour chercher la fortune, Sat. I dans ENGAGER
Malheur donc à celui qu'une affaire imprévue Engage un peu trop tard au détour d'une rue !, Sat. VI dans ENGAGER
Si tout ce qui reçoit des fruits de ta largesse à peindre tes exploits ne doit point s'engager, Épît. VIII dans ENGAGER
Sais-tu dans quels périls aujourd'hui tu t'engages ?, Épît. I dans ENGAGER
Quand de ces médisants [les poëtes satiriques] l'engeance tout entière Irait la tête en bas rimer dans la rivière, Sat. IX dans ENGEANCE
Sans cesse vous brûlez de voir tous vos parents Engloutir à la cour charges, dignités, rangs, Sat. x. dans ENGLOUTIR
J'estime autant Patru même dans l'indigence Qu'un commis engraissé des malheurs de la France, Épît. v. dans ENGRAISSÉ, ÉE
N'imite point ces fous dont la sotte avarice Va de ses revenus engraisser la justice, Épît. II dans ENGRAISSER
Les chanoines, vermeils et brillants de santé, S'engraissaient d'une longue et sainte oisiveté, Lutrin, I dans ENGRAISSER
....Engraisse-toi, mon fils, du suc des malheureux, Sat. VIII dans ENGRAISSER
Un pédant enivré de sa vaine science, Sat. IV dans ENIVRÉ, ÉE
Il est d'autres erreurs dont l'aimable poison D'un charme bien plus doux enivre la raison, Sat. IV dans ENIVRER
Qu'heureux est le mortel qui, du monde ignoré, Vit content de soi-même en un coin retiré, Que l'amour de ce rien qu'on nomme renommée N'a jamais enivré d'une vaine fumée !, Épît. VI dans ENIVRER
Enfin Malherbe vint.... Et le vers sur le vers n'osa plus enjamber, Art poét. I dans ENJAMBER
Par ce doute où il l'embarrasse lui-même, il enjoue sa narration et occupe agréablement le lecteur, Dissert. crit. sur Joconde. dans ENJOUER
Ainsi donc, philosophe à la raison soumis, Mes défauts désormais sont mes seuls ennemis, Épît. v. dans ENNEMI, IE
Le Parnasse français, ennobli par ta veine, Contre tous ces complots saura se maintenir, Ép. VII dans ENNOBLI, IE
Un fou rempli d'erreurs, que le trouble accompagne.... En vain monte à cheval pour tromper son ennui ; Le chagrin monte en croupe et galope avec lui, Épît. v. dans ENNUI
On lit peu ces auteurs faits pour nous ennuyer, Qui toujours sur un ton semblent psalmodier, Art p. I dans ENNUYER
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, Art p. I dans ÉNONCER
Et, dans l'amas confus de chicanes énormes, Ce qui fut blanc au fond rendu noir par les formes, Sat. I dans ÉNORME
L'enragé qu'il était, né roi d'une province Qu'il pouvait gouverner en bon et sage prince, S'en alla follement, et pensant être Dieu, Courir comme un bandit qui n'a ni feu ni lieu, Sat. VIII dans ENRAGÉ, ÉE
C'est par toi qu'on va voir les muses enrichies, De leur longue disette à jamais affranchies, Épît. I dans ENRICHI, IE
Le public, enrichi du tribut de nos veilles, Croit qu'on doit ajouter merveilles sur merveilles, Épît. VI dans ENRICHI, IE
Sache quelle province enrichit les traitants, Sat. VIII dans ENRICHIR
Il faut voir de quels mots elle enrichit la langue, Sat. x dans ENRICHIR
L'ardeur de s'enrichir chasse la bonne foi, Ép. IX dans ENRICHIR
Jamais docteur armé d'un argument frivole Ne s'enroua chez eux sur les bancs d'une école, Sat. VIII dans ENROUER
Non, non, tu n'iras point, ardent bénéficier, Faire enrouer pour toi Corbin ni le Mazier, Épît. II dans ENROUER
Non, quoi que l'ignorance enseigne sur ce point, Épît. XI dans ENSEIGNER
Il en est de même des discours que des corps qui doivent ordinairement leur principale excellence à l'assemblage et à la juste proportion de leurs membres ; de sorte même qu'encore qu'un membre séparé de l'autre n'ait rien en soi de remarquable, tous ensemble ne laissent pas de faire un corps parfait, Longin, Sublime, ch. 32 dans ENSEMBLE
De la manière dont vous me peignez Marli, c'est un véritable lieu d'enchantement.... mais surtout les discours du maître du château ont quelque chose de fort ensorcelant, et ont un charme qui se fait sentir jusqu'à Bourbon, Corresp. de Boileau et de Racine, 16 dans ENSORCELANT, ANTE
Et qui, de mille auteurs retenus mot pour mot, Dans sa tête entassés, n'a souvent fait qu'un sot, Sat. IV dans ENTASSÉ, ÉE
La vieillesse chagrine incessamment amasse, Garde non pas pour soi les trésors qu'elle entasse, Art p. III dans ENTASSER
J'entends déjà partout les charrettes courir, Les maçons travailler, les boutiques s'ouvrir, Sat. IV dans ENTENDRE
Il est vrai que, dans un autre de ses dialogues [de Perrault], s'il vient à la preuve, et prétend montrer que le commencement de la première ode de ce grand poëte [Pindare] ne s'entend point, c'est ce qu'il prouve admirablement par la traduction qu'il en a faite, Longin, Subl réfl. 8 dans ENTENDRE
Là d'un enterrement la funèbre ordonnance D'un pas lugubre et lent vers l'église s'avance, Sat. VI dans ENTERREMENT
L'offre que vous me faites de venir à Bourbon est tout à fait héroïque ; mais il n'est pas nécessaire que vous veniez vous enterrer dans le plus vilain lieu du monde, Lett. à Racine, 13 août 1687 dans ENTERRER
Et du dieu des raisins entonnant les louanges, Art p. III dans ENTONNER
Tout chantre ne peut pas sur le ton d'un Orphée Entonner en grands vers la discorde étouffée, Sat. IX dans ENTONNER
Au milieu d'une églogue entonner la trompette, Sat. IX dans ENTONNER
Et, pour lier des mots si mal s'entr'accordants, Épît. X dans ENTR'ACCORDER (S')
Un auteur qui, pressé d'un besoin importun, Le soir entend crier ses entrailles à jeun, Goûte peu d'Hélicon les douces promenades, Art p. IV dans ENTRAILLES
Nous ne saurions briser nos fers et nos entraves, Du lecteur dédaigneux honorables esclaves, Épît. VI dans ENTRAVES
Que dès les premiers vers l'action préparée, Sans peine du sujet aplanisse l'entrée, Art p. III dans ENTRÉE
Et toi, fameux héros, dont la sage entremise De ce schisme naissant débarrassa l'Église, Lutrin, I dans ENTREMISE
....J'approuve les soins du monarque guerrier Qui ne pouvait souffrir qu'un artisan grossier Entreprît de tracer d'une main criminelle Un portrait réservé pour le pinceau d'Apelle, Disc. au roi. dans ENTREPRENDRE
Et, foulant le parfum de ses plantes fleuries, Aller entretenir ses douces rêveries, Sat. VI dans ENTRETENIR
Bientôt, quoi qu'il [un héros] ait fait, la mort d'une ombre noire Enveloppe avec lui son nom et son histoire, Ép. I dans ENVELOPPER
Dans ce sac ridicule où Scapin s'enveloppe, Je ne reconnais plus l'auteur du Misanthrope, Art p. III dans ENVELOPPER
Et son trop de lumière, importunant les yeux, De ses propres amis lui fait des envieux, Ép. VII dans ENVIEUX, EUSE
Moi-même dont la gloire ici moins répandue Des pâles envieux ne blesse pas la vue, ib. dans ENVIEUX, EUSE
La maison du seigneur seule un peu plus ornée Se présente au dehors de murs environnée, Ép. VI dans ENVIRONNÉ, ÉE
L'un et l'autre rival, s'arrêtant au passage, Se mesure des yeux, s'observe, s'envisage, Lutrin, v. dans ENVISAGER
[L'honneur] S'en va trouver sa soeur [l'Équité], et dès ce même jour Avec elle s'envole au céleste séjour, Sat. X dans ENVOLER (S')
Les deux chevaux, la mule au marché s'envolèrent [furent vendus], Sat. X dans ENVOLER (S')
Son menton sur son sein descend à double étage, Et son corps, ramassé dans sa courte grosseur, Fait gémir les coussins sous sa molle épaisseur, Lutr. I dans ÉPAISSEUR
Le sommeil sur ses yeux commence à s'épancher, Sat. VIII dans ÉPANCHER
Un bruit s'épand qu'Enghien et Condé sont passés, Ép. IV dans ÉPANDRE
Et pourquoi cette épargne enfin ? l'ignores-tu ? Afin qu'un héritier bien nourri, bien vêtu, Profitant d'un trésor en tes mains inutile, De son train quelque jour embarrasse la ville, Sat. VIII dans ÉPARGNE
Des débris des traitants ton épargne grossie, Épît. I dans ÉPARGNE
Mais j'ai des biens en foule et je puis m'en passer. - On n'en peut trop avoir, et, pour en amasser, Il ne faut épargner ni crime, ni parjure, Sat. VIII dans ÉPARGNER
Il voit de toutes parts Ses pâles défenseurs par la frayeur épars, Ép. IV dans ÉPARS, ARSE
La plaintive élégie, en longs habits de deuil, Sait, les cheveux épars, gémir sur un cercueil, Art p. II dans ÉPARS, ARSE
Je vous ai vu cent fois sous sa main bénissante Courber servilement une épaule tremblante, Lutrin, IV dans ÉPAULE
Notre esprit assez souvent n'a pas moins besoin de bride que d'éperon, Longin, Sublime, ch. 2 dans ÉPERON
Tes vers, aussi peu lus que ceux de Pelletier, N'ont fait de chez Sercy qu'un saut chez l'épicier, Art p. II dans ÉPICIER, IÈRE
D'un trait plaisant aiguiser l'épigramme, Art p. I dans ÉPIGRAMME
L'épigramme, plus libre en son tour plus borné, N'est souvent qu'un bon mot de deux rimes orné, ib. II dans ÉPIGRAMME
Couraient chercher le ciel au travers des épines, Lutr. VI dans ÉPINE
À vous qui.... Courez du bel esprit la carrière épineuse, Art p. I dans ÉPINEUX, EUSE
D'un air plus grand encor la poésie épique, Dans le vaste récit d'une longue action, Se soutient par la fable et vit de fiction, Art p. III dans ÉPIQUE
Encor si, pour rimer dans sa verve indiscrète, Ma muse au moins souffrait une froide épithète, Sat. II dans ÉPITHÈTE
Pièce à pièce épluchant vos sons et vos paroles, Épît. X dans ÉPLUCHER
Que Cambrai, des Français l'épouvantable écueil, A vu tomber enfin ses murs et son orgueil, Épît. VI dans ÉPOUVANTABLE
Par ce sage écrivain la langue réparée N'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée, Art p. I dans ÉPURÉ, ÉE
La satire, en leçons, en nouveautés fertile, Sait seule assaisonner le plaisant et l'utile, Et d'un vers qu'elle épure aux rayons du bon sens, Détromper les esprits des erreurs de leur temps, Sat. IX dans ÉPURER
Notre assassin [un mauvais médecin] renonce à son art inhumain, Et, désormais la règle et l'équerre à la main, Laissant de Galien la science suspecte, De méchant médecin devient bon architecte, Art p. IV dans ÉQUERRE
De la droite raison je sens mieux l'équilibre, Épît. v. dans ÉQUILIBRE
Dans le monde il n'est rien de beau que l'équité ; Sans elle la valeur, la force, la bonté, Et toutes les vertus dont s'éblouit la terre, Ne sont que faux brillants et que morceaux de verre, Sat. X dans ÉQUITÉ
La force tenait lieu de droit et d'équité, Art p. IV dans ÉQUITÉ
Ce terme est équivoque, il le faut éclaircir, Art p. I dans ÉQUIVOQUE
Et malgré la vertu dont il faisait parade, Très équivoque ami du jeune Alcibiade, Sat. XI dans ÉQUIVOQUE
Je m'aperçus qu'il y avait dans ces vers une équivoque de langue, Sat. XII, Préface dans ÉQUIVOQUE
Du langage français bizarre hermaphrodite, De quel genre te faire, équivoque maudite, Ou maudit ?, Sat. XI dans ÉQUIVOQUE
Rien ne le rebuta, ni sa vue éraillée...., Sat. x. dans ÉRAILLÉ, ÉE
Je riais de le voir.... En lapins de garenne ériger nos clapiers, Sat. III dans ÉRIGER
Chacun veut en sagesse ériger sa folie, ib. IV dans ÉRIGER
L'argent en honnête homme érige un scélérat, Ép. v. dans ÉRIGER
Où le vice orgueilleux s'érige en souverain, Sat. I dans ÉRIGER
Un auvernat fumeux qui, mêlé de lignage, Se vendait chez Crenet pour vin de l'Ermitage, Sat. III dans ERMITAGE ou HERMITAGE
Tantôt un livre en main, errant dans les prairies, J'occupe ma raison d'utiles rêveries, Épit. VI dans ERRER
Mais sans errer en vain dans ces vagues propos, Sat. IV dans ERRER
La même erreur les fait errer diversement, Sat. IV dans ERRER
Je sais sur leurs avis corriger mes erreurs, Et je mets à profit leurs malignes fureurs, Épît. VII dans ERREUR
Un escadron coiffé [les femmes] d'abord court à son aide, Sat. X dans ESCADRON
Et partout des plaideurs les escadrons épars, Lut. I dans ESCADRON
Qu'il trouve de pédants un escadron fourré, Sat. VIII dans ESCADRON
Je crains.... Que ce nouveau Titan n'escalade les cieux, Sat. IV dans ESCALADER
Au vestibule obscur il marque une autre place, Approuve l'escalier tourné d'autre façon, Art p. IV dans ESCALIER
Il [un livre] est esclave né de quiconque l'achète, Sat. IX dans ESCLAVE
La rime est une esclave et ne doit qu'obéir, Art p. I dans ESCLAVE
Vil esclave toujours sous le joug du péché, Au démon qu'il redoute il demeure attaché, Épît. XI dans ESCLAVE
Bientôt l'ambition et toute son escorte Dans le sein du repos vient le prendre à main forte, Sat. VIII dans ESCORTE
Choeur et héros s'en allant chargés d'escourgées, Héros de roman. dans ESCOURGÉE
Dans les combats d'esprit savant maître d'escrime, Sat. II dans ESCRIME
Laissons-les donc entre eux s'escrimer en repos, Art p. III dans ESCRIMER
L'un et l'autre dès lors vécut à l'aventure Des présents qu'à l'abri de la magistrature Le mari quelquefois des plaideurs extorquait, Ou de ce que la femme aux voisins escroquait, Sat. x dans ESCROQUER
On doit tout espérer d'un monarque si juste, Sat. I dans ESPÉRER
J'espérais y régner sans effroi ; Moines, abbés, prieurs, tout s'arme contre moi, Lutr. II dans ESPÉRER
Mais combien d'écrivains d'abord si bien reçus Sont de ce fol espoir honteusement déçus !, Sat. IX dans ESPOIR
Docteurs, dites-moi donc, quand nous sommes absous, Le Saint-Esprit est-il ou n'est-il pas en nous ?, Épît. XI dans ESPRIT
Ô vous donc qui, brûlant d'une ardeur périlleuse, Courez du bel esprit la carrière épineuse, Art poet. I dans ESPRIT
Mais je ne puis souffrir qu'un esprit de travers, Qui, pour rimer des mots, pense faire des vers, Se donne en te louant une gêne inutile, Disc. au roi. dans ESPRIT
Je sais qu'un noble esprit peut sans honte et sans crime Tirer de son travail un tribut légitime, Art p. IV dans ESPRIT
Pour moi sur cette mer qu'ici-bas nous courons, Je cherche à me pourvoir d'esquif et d'avirons, Épît. V dans ESQUIF
L'autre esquive le coup, et l'assiette volant S'en va frapper le mur et revient en roulant, Sat. III dans ESQUIVER
Je saute vingt ruisseaux, j'esquive, je me pousse, Sat. VI dans ESQUIVER
Douze ans sont écoulés depuis le jour fatal Qu'un libraire, imprimant les essais de ma plume, Donna pour mon malheur un trop heureux volume, Épît. VI dans ESSAI
Il est de l'essence d'un bon livre d'avoir des censeurs, et la plus grande disgrâce qui puisse arriver à un écrit qu'on met au jour, ce n'est pas que beaucoup de gens en disent du mal, c'est que personne n'en dise rien, Épît. X, XI, XII, Préf. dans ESSENCE
Ce n'est plus qu'un coeur bas, un coquin ténébreux ; Son visage essuyé n'a plus rien que d'affreux, Épît. IX dans ESSUYÉ, ÉE
Je ne sais point en lâche essuyer un outrage, Sat. I dans ESSUYER
Tandis que dans un coin en grondant je m'essuie [d'éclaboussures], Souvent, pour m'achever, il survient une pluie, Sat. VI dans ESSUYER
Car de tous mets sucrés, secs, en pâte ou liquides, Les estomacs dévots furent toujours avides, Sat. x. dans ESTOMAC
L'estropié marcha, l'aveugle ouvrit les yeux, Sat. XI dans ESTROPIÉ, ÉE
Se faire estropier sur les pas des Césars, Sat. VIII dans ESTROPIER
Voulant se redresser, soi-même on s'estropie, Et d'un original on fait une copie, Épît. IX dans ESTROPIER
On dit que ton front jaune et ton teint sans couleur Perdit en ce moment son antique pâleur, Lutr. I dans ET
Pour moi qu'en santé même un autre monde étonne, Qui crois l'âme immortelle et que c'est Dieu qui tonne, Sat. I dans ET
Elle fuit, et, de pleurs inondant son visage, Seule pour s'enfermer vole au cinquième étage, Lutr. II dans ÉTAGE
Son menton sur son sein descend à double étage, Lutr. I dans ÉTAGE
Et [de mauvais poëtes], fiers du haut étage où La Serre les loge, Avalent sans dégoût le plus grossier éloge, Épît. IX dans ÉTAGE
Voulez-vous sur la scène étaler des ouvrages Où tout Paris en foule apporte ses suffrages, Art p. III dans ÉTALER
Qui sait bien ce que c'est qu'un prodigue, un avare, Un honnête homme, un fat, un jaloux, un bizarre, Sur une scène heureuse il peut les étaler, ib. dans ÉTALER
Que j'allais à tes yeux étaler de merveilles !, Épît. IV dans ÉTALER
Tout ce qui s'offre à moi passe par l'étamine, Sat. VII dans ÉTAMINE
Et de l'eau de ce puits sans relâche tirée, De ce sable étancher la soif démesurée, Épît. X dans ÉTANCHER
Et d'un mot innocent faire un crime d'État, Sat. IX dans ÉTAT
Mais, qui l'aurait pensé ? pour comble de disgrâce, Par le chaud qu'il faisait nous n'avions point de glace ; Point de glace, bon Dieu ! dans le fort de l'été, Au mois de juin...., Sat. III dans ÉTÉ
Et son feu [d'un auteur], dépourvu de sens et de lecture, S'éteint à chaque pas faute de nourriture, Art p. III dans ÉTEINDRE
[La Mollesse] Soupire, étend les bras, ferme l'oeil et s'endort, Lutr. II dans ÉTENDRE
Donnez à votre ouvrage une juste étendue, Art p. III dans ÉTENDUE
Mais déjà la fureur dans vos yeux étincelle, Lutrin, III dans ÉTINCELER
Ses ouvrages [de Juvénal], tout pleins d'affreuses vérités, Étincellent pourtant de sublimes beautés, Art p. II dans ÉTINCELER
Malgré son fatras obscur, Souvent Brébeuf étincelle ; Un vers noble quoique dur Peut s'offrir dans la Pucelle, Épigr. 28 dans ÉTINCELER
Je riais de le voir avec sa mine étique, Son rabat jadis blanc et sa perruque antique, En lapins de garenne ériger nos clapiers, Sat. III dans ÉTIQUE
Sur un lièvre flanqué de six poulets étiques Paraissaient deux lapins, animaux domestiques, ib. dans ÉTIQUE
Pour moi qu'en santé même un autre monde étonne, Sat. I dans ÉTONNER
Ah ! qu'un si rude coup étonna mes esprits !, Poésies div. 6 dans ÉTONNER
Peut-on m'attribuer ces sottises étranges ?, Épît. VI dans ÉTRANGE
Rarement un esprit ose être ce qu'il est, Ép. IX dans ÊTRE
Il n'est pas que vous n'ayez ouï parler du goût bizarre de cet empereur qui préféra les écrits de je ne sais quel poëte aux ouvrages d'Homère, Dissert. sur Joconde. dans ÊTRE
Si son astre en naissant ne l'a formé poëte, Dans son génie étroit il est toujours captif ; Pour lui Phébus est sourd, et Pégase est rétif, Art p. I dans ÉTROIT, OITE
Il me favorisa même quelquefois de sa plus étroite confidence et me fit voir son ame entière, et que n'y vis-je point !, Lutr. Préf. dans ÉTROIT, OITE
Mais je ne trouve point de fatigue si rude Que l'ennuyeux loisir d'un mortel sans étude, Épit. X dans ÉTUDE
Je songe à me connaître et me cherche en moi-même, C'est là l'unique étude où je veux m'attacher, Épît. v. dans ÉTUDE
Plus d'un héros, épris des fruits de mon étude, Vient quelquefois chez moi goûter la solitude, Ép. x. dans ÉTUDE
Il veut être folâtre, évaporé, plaisant, Épît. IX dans ÉVAPORÉ, ÉE
.... Les souris et les rats Semblent, pour m'éveiller, s'entendre avec les chats, Sat. VI dans ÉVEILLER
Il faut que sa douceur [de l'idylle] flatte, chatouille, éveille, Art p. II dans ÉVEILLER
Le monde cependant se rit de mes excuses, Croit que, pour m'inspirer sur chaque événement, Apollon doit venir au premier mandement, Épît. VI dans ÉVÉNEMENT
Chaque vers, chaque mot court à l'événement, Art p. III dans ÉVÉNEMENT
Lorsqu'à la bien chercher d'abord on s'évertue [la rime], Art p. 1 dans ÉVERTUER (S')
Un vers était trop faible, et vous le rendez dur ; J'évite d'être long et je deviens obscur, Art p. I dans ÉVITER
Possédé d'un ennui qu'il ne saurait dompter, Il craint d'être à soi-même et cherche à s'éviter, Épît. v. dans ÉVITER
Ce n'est pas.... Qu'aisément je ne pusse, en quelque ode insipide, T'exalter aux dépens et de Mars et d'Alcide, Épît. I dans EXALTER
Oui, l'honneur, Valincourt, est chéri dans le monde ; Chacun pour l'exalter en paroles abonde, Sat. X dans EXALTER
La nature, fertile en esprits excellents, Sait entre les auteurs partager les talents, Art. p. I dans EXCELLENT, ENTE
Tel excelle à rimer qui juge sottement, Art p. II dans EXCELLER
Que Bâville me semble aimable, Quand des magistrats le plus grand Permet que Bacchus à sa table Soit notre premier président ! Trois muses, en habit de ville, Y président à ses côtés ; Et ses arrêts par Arbouville Sont à plein verre exécutés, Chanson à boire. dans EXÉCUTER
Je donne plein pouvoir à tous ceux qui ont tant critiqué mon ode sur Namur d'exercer aussi contre ma satire toute la rigueur de leur critique, Sat. X, Avertissement. dans EXERCER
Le meurtre s'exerçait avec impunité, Art p. IV dans EXERCER
.... Lorsqu'autrefois Horace après Lucile Exhalait en bons mots les vapeurs de sa bile, Sat. VII dans EXHALER
Éschyle dans le choeur jeta les personnages, D'un masque plus honnête habilla les visages, Sur les ais d'un théâtre en public exhaussé Fit paraître l'acteur d'un brodequin chaussé, Art p. III dans EXHAUSSÉ, ÉE
Au nom de Dieu, ôtez de vos lettres ce Monsieur tant exhaussé, ou j'en mettrai dans les miennes un encore plus haut, Lett. à Brossette, 28 dans EXHAUSSÉ, ÉE
Si, pour te prodiguer mes plus tendres caresses, Je n'ai point exigé ni serments, ni promesses, Lutrin, II dans EXIGER
Ainsi qu'un possédé que le prêtre exorcise, Sat. IV dans EXORCISER
Un exorde doit être simple et sans affectation ; cela est aussi vrai dans la poésie que dans les discours oratoires, parce que c'est une règle fondée sur la nature, qui est la même partout, Longin, Sublime, Réflexion 2 dans EXORDE
Moi l'est dans les exemples suivants : Prends-moi le bon parti ; laisse-là tous les livres, Sat. VIII dans EXPLÉTIF, IVE
Ainsi la tragédie agit, marche et s'explique, Art p. III dans EXPLIQUER
Pour moi, loin des combats, sur un ton moins terrible, Je dirai les exploits de ton règne paisible, Ép. I dans EXPLOIT
Bientôt, ressuscitant les héros des vieux âges, Homère aux grands exploits anima les courages, Art p. IV dans EXPLOIT
Tous les jours il m'éveille au bruit de ses exploits, Lutr. II dans EXPLOIT
Ce qu'on ne doit point voir, qu'un récit nous l'expose, Art p. III dans EXPOSER
Je sors de chez un fat qui, pour m'empoisonner, Je pense, exprès chez lui m'a forcé de dîner, Sat. III dans EXPRÈS
Selon que notre idée est plus ou moins obscure, L'expression la suit ou moins nette ou plus pure, Art p. I dans EXPRESSION
Tous ces pompeux amas d'expressions frivoles Sont d'un déclamateur amoureux de paroles, ib. III dans EXPRESSION
Mais, pour bien exprimer ces caprices heureux [de l'élégie], C'est peu d'être poëte, il faut être amoureux, Art p. II dans EXPRIMER
Du nom de fierté noble on orna l'impudence, Et la fourbe passa pour exquise prudence, Sat. XI dans EXQUIS, ISE
Chaque vers qu'il entend le fait extasier, Art p. I dans EXTASIER (S')
L'un et l'autre dès lors vécut à l'aventure Des présents qu'à l'abri de la magistrature Le mari quelquefois des plaideurs extorquait, Ou de ce que la femme aux voisins escroquait, Sat. x. dans EXTORQUER
Crois-tu que d'une fille humble, honnête, charmante, L'hymen n'ait jamais fait de femme extravagante ?, Sat. x. dans EXTRAVAGANT, ANTE
J'admire la solidité que vous jetez dans vos conférences académiques, et je vois bien qu'il s'y agit d'autre chose que de savoir s'il faut dire : il a extrêmement d'esprit, ou il a extrêmement de l'esprit [question alors agitée à l'Académie française], Lett. à Brossette, 14 dans EXTRÊMEMENT
La Fable offre à l'esprit mille agréments divers, Art p. III dans FABLE
Mais dans une profane et riante peinture De n'oser de la Fable employer la figure, C'est d'un scrupule vain s'alarmer sottement, ib. dans FABLE
Rien n'est beau que le vrai, le vrai seul est aimable ; Il doit régner partout, et même dans la fable, Épit. IX dans FABLE
S'il rencontre un palais, il m'en décrit la face, Art p. I dans FACE
D'un secret tout à coup la vérité connue Change tout, donne à tout une face imprévue, Art p. III dans FACE
Docte abbé, de ce pas j'irai leur dire en face...., Épît. XI dans FACE
Il leur fâche d'avoir admiré sérieusement des ouvrages que mes satires exposent à la risée de tout le monde, Disc. sur la satire. dans FÂCHER
La fâcheuse [la raison] a pour nous des rigueurs sans pareilles, Sat. IV dans FÂCHEUX, EUSE
Au lieu de quatre amis qu'on attendait le soir, Quelquefois de fâcheux arrivent trois volées, Épît. VI dans FÂCHEUX, EUSE
Je me sens sur ce point trop facile à confondre, Épît. VIII dans FACILE
Sur une table longue et façonnée exprès, D'un tournoi de bassette ordonner les apprêts, Sat. x dans FAÇONNÉ, ÉE
De tous leurs sentiments [des précieuses] cette noble héritière Maintient encore ici leur secte façonnière, Sat. X dans FAÇONNIER, IÈRE
Les animaux ont-ils des universités ? Voit-on fleurir chez eux les quatre facultés ? Y voit-on des savants en droit et médecine Endosser l'écarlate et se fourrer d'hermine ?, Sat. VIII dans FACULTÉ
Comme un recteur suivi des quatre facultés, Sat. III dans FACULTÉ
À côté de ce plat paraissaient deux salades, L'une de pourpier jaune et l'autre d'herbes fades, Sat. III dans FADE
Un vin.... Et qui, rouge et vermeil, mais fade et doucereux, N'avait rien qu'un goût plat et qu'un déboire affreux, ib. dans FADE
Tout ce qu'on dit de trop est fade et rebutant, Art p. I dans FADE
Quelque léger dégoût vient-il le travailler, Une faible vapeur le fait-elle bâiller ?, Sat. x. dans FAIBLE
Combattez-vous vos sens ? domptez-vous vos faiblesses ?, Épît. XI dans FAIBLESSE
Et la fièvre bientôt terminant son destin Fit par avance en lui ce qu'aurait fait la faim, Sat. I dans FAIM
Hélas ! qu'est devenu ce temps, cet heureux temps, Où les rois s'honoraient du nom de fainéants ?, Lutr. II dans FAINÉANT, ANTE
Ce n'est pas que mon coeur du travail ennemi Approuve un fainéant sur le trône endormi, Ép. I dans FAINÉANT, ANTE
Et toujours mécontent de ce qu'il vient de faire, Il plaît à tout le monde et ne saurait se plaire, Sat. II dans FAIRE
Mais nous autres faiseurs de livres et d'écrits, Épître VI dans FAISEUR, EUSE
Faire honte à ces rois que le travail étonne, Et qui sont accablés du faix de leur couronne, Disc. au roi. dans FAIX
Mais, pour comble, à la fin, le marquis en prison Sous le faix des procès vit tomber sa maison, Sat. v. dans FAIX
Mon corps n'est point courbé sous le faix des années, Sat. I dans FAIX
Un discours que rien ne lie et n'embarrasse, marche et coule de soi-même, et il s'en faut peu qu'il n'aille quelquefois plus vite que la pensée même de l'orateur, Traité du subl. ch. 16 dans FALLOIR
La famélique et honteuse lésine, Sat. x. dans FAMÉLIQUE
C'est ce roi si fameux dans la paix, dans la guerre, Poésies div. XVIII dans FAMEUX, EUSE
Se familiariser avec une langue étrangère, Disc. sur l'Ode. dans FAMILIARISER
On verra par quels soins ta sage prévoyance Au fort de la famine entretint l'abondance, Épît. I dans FAMINE
On a vu mille fois des fanges méotides, Sortir des conquérants, Épît. I dans FANGE
Et qu'à moins d'être au rang d'Horace ou de Voiture, On rampe dans la fange avec l'abbé de Pure, Sat. IX dans FANGE
J'aime mieux un ruisseau.... Qu'un torrent débordé qui, d'un cours orageux, Roule plein de gravier sur un terrain fangeux, Art p. I dans FANGEUX, EUSE
Cette frénésie [faire des vers] De ses noires vapeurs troubla ma fantaisie, Sat. II dans FANTAISIE
...La fantasque inégale, Qui, m'aimant le matin, souvent me hait le soir, Sat. X dans FANTASQUE
Alors le noble altier, pressé de l'indigence, Humblement du faquin rechercha l'alliance, Sat. v. dans FAQUIN
C'est pour eux [les étrangers] qu'elle étale et l'or et le brocard, Que chez toi se prodigue et le rouge et le fard, Sat. X dans FARD
Tout ne fut plus que fard, qu'erreur, que tromperie, Épît. IX dans FARD
Soyez simple avec art, Sublime sans orgueil, agréable sans fard, Art p. I dans FARD
L'un n'est point trop fardé, mais sa muse est trop nue, Art p. I dans FARDÉ, ÉE
Mais je sais peu louer ; et ma muse tremblante Fuit d'un si grand fardeau la charge trop pesante, Disc. au roi dans FARDEAU
On a beau se farder aux yeux de l'univers, Sat. X dans FARDER
On ne la verrait point, vantant son origine, à son triste mari reprocher la farine, Sat. x. dans FARINE
Ses bons mots ont besoin de farine et de plâtre, Épît. IX dans FARINE
Souvent de tous nos maux la raison est le pire ; C'est elle qui, farouche au milieu des plaisirs, D'un remords importun vient brider nos désirs, Sat. IV dans FAROUCHE
Composa tous ces mots de cimier et d'écart, De pal, de contre-pal, de lambel et de fasce, Sat. V dans FASCE
Mais sa muse [de Ronsard], en français parlant grec et latin, Vit dans l'âge suivant, par un retour grotesque, Tomber de ses grands mots le faste pédantesque, Art p. I dans FASTE
Son tour [de l'idylle] simple et naïf n'a rien de fastueux, Art p. II dans FASTUEUX, EUSE
Il vous comble partout d'éloges fastueux, ib. I dans FASTUEUX, EUSE
Tous les jours on y voit.... L'ignorant s'ériger en savant fastueux, Sat. X dans FASTUEUX, EUSE
Mais je ne puis souffrir qu'un fat, dont la mollesse N'a rien pour s'appuyer qu'une vaine noblesse, Se pare insolemment du mérite d'autrui, Sat. v dans FAT
....Voyant un fat s'applaudir d'un ouvrage Où la droite raison trébuche à chaque page, ib. IX dans FAT
Écoutez tout le monde, assidu consultant ; Un fat quelquefois ouvre un avis important, Art p. IV dans FAT
Je sors de chez un fat qui, pour m'empoisonner, Je pense, exprès chez lui m'a forcé de dîner, Sat. III dans FAT
Sans ce métier fatal au repos de ma vie, Mes jours pleins de loisir couleraient sans envie, Sat. II dans FATAL, ALE
Je me fatiguerais à te tracer le cours Des outrages cruels qu'il me fait tous les jours, Lutr. II dans FATIGUER
Endurcis-toi le coeur, sois arabe, corsaire, Injuste, violent, sans foi, double faussaire, Sat. VIII dans FAUSSAIRE
Mais pour quelques vertus si pures, si sincères, Combien y trouve-t-on d'impudentes faussaires !, Sat. X dans FAUSSAIRE
L'un traîne en longs fredons une voix glapissante ; Et l'autre, l'appuyant de son aigre fausset, Semble un violon faux qui jure sous l'archet, Sat. III dans FAUSSET
Et Gorillon la basse et Grandin le fausset, Lutrin, v. dans FAUSSET
À ces mots, mais trop tard, reconnaissant ma faute, Je le suis en tremblant dans une chambre haute, Sat. III dans FAUTE
Quelquefois du bon or je sépare le faux, Art p. IV dans FAUX, FAUSSE
Il n'est esprit si droit Qui ne soit imposteur et faux par quelque endroit, Épît. IX dans FAUX, FAUSSE
Le faux est toujours fade, ennuyeux, languissant, Ép. IX dans FAUX, FAUSSE
Laissez là ces mousquets trop pesants pour vos bras, Et, la faux à la main, parmi vos marécages, Allez couper vos joncs...., Ép. IV dans FAUX
Chaque climat produit des favoris de Mars, Épît. I dans FAVORI, ITE
Chaque siècle est fécond en heureux téméraires, Ép. I dans FÉCOND, ONDE
Qu'en nobles sentiments il soit toujours fécond, Art p. III dans FÉCOND, ONDE
Aux temps les plus féconds en Phrynés, en Lais, Plus d'une Pénélope honora son pays, Sat. X dans FÉCOND, ONDE
Je ne sais ni tromper, ni feindre, ni mentir ; Et, quand je le pourrais, je n'y puis consentir, Sat. I dans FEINDRE
De cent coups de marteau me va fendre la tête, Sat. VI dans FENDRE
En quelque endroit que j'aille, il faut fendre la presse D'un peuple d'importuns qui fourmille sans cesse, Sat. VI dans FENDRE
On vit avec le fer naître les injustices, Sat. x. dans FER
Crois-tu que, toujours ferme au bord du précipice, Elle [la femme] marche toujours sans que le pied lui glisse ?, Sat. X dans FERME
Mais en ma chambre à peine ai-je éteint la lumière, Qu'il ne m'est plus permis de fermer la paupière, Sat. VI dans FERMER
Tout ce qu'on boit est bon, tout ce qu'on mange est sain ; La maison le fournit, la fermière l'ordonne, Ép. VI dans FERMIER, IÈRE
Un vieil infortiat.... Où pendait à trois clous un reste de fermoir, Lutr. v. dans FERMOIR
Il fallut qu'au travail son corps rendu docile, Forçât la terre avare à devenir fertile, Ép. III dans FERTILE
Tu fais d'un sable aride une terre fertile, ib. X dans FERTILE
La satire en leçons, en nouveautés fertile, Sait seule assaisonner le plaisant et l'utile, Sat. IX dans FERTILE
Ainsi qu'en sots auteurs, Notre siècle est fertile en sots admirateurs, Art p. III dans FERTILE
Qu'en savantes leçons votre muse fertile Partout joigne au plaisant le solide et l'utile, ib. IV dans FERTILE
L'Église était alors fertile en grands courages, Lutrin, III dans FERTILE
Moi qui ne compte rien, ni le vin, ni la chère, Si l'on n'est plus au large assis en un festin Qu'aux sermons de Cassagne ou de l'abbé Cotin, Sat. III dans FESTIN
Tous mes sots à l'instant, changeant de contenance, Ont loué du festin la superbe ordonnance, ib. dans FESTIN
Ce ne sont que festons, ce ne sont qu'astragales, Art p. I dans FESTON
Ainsi qu'un possédé que le prêtre exorcise, Fêter dans ses serments tous les saints de l'Église, Sat. IV dans FÊTER
L'un, défenseur zélé des bigots mis en jeu, Pour prix de ses bons mots le condamnait au feu, Épît. VII dans FEU
Mais moi, grâce au destin, qui n'ai ni feu ni lieu, Je me loge où je puis et comme il plaît à Dieu, Sat. VI dans FEU
Puisqu'ici la vertu n'a plus ni feu ni lieu, Sat. I dans FEU
Rien ne peut arrêter sa vigilante audace [de Louis XIV] ; L'été n'a point de feux, l'hiver n'a point de glace, Lutr. II dans FEU
Le feu sort à travers ses humides prunelles, Épître IV dans FEU
Aussitôt malgré moi tout mon feu se rallume, Sat. II dans FEU
Sa muse en arrivant ne met pas tout en feu, Art p. III dans FEU
Il [un mauvais poëte] aurait beau crier : premier prince du monde, Courage sans pareil, lumière sans seconde ; Ses vers, jetés d'abord sans tourner le feuillet, Iraient dans l'antichambre amuser Pacolet, Ép. IX dans FEUILLET
Je saute vingt feuillets pour en trouver la fin, Art p. I dans FEUILLET
Feuilletez à loisir tous les siècles passés, Sat. V dans FEUILLETER
Et son feutre à grands poils ombragé d'un panache, Sat. III dans FEUTRE
La poésie épique.... Se soutient par la fable et vit de fiction, Art p. III dans FICTION
Et de vos fictions le mélange coupable Même à ses vérités [du christianisme] donne l'air de la fable, ib. dans FICTION
Tant de fiel entre-t-il dans l'âme des dévots !, Lutr. I dans FIEL
Des sottises du temps je compose mon fiel, Disc. au roi. dans FIEL
En vain, tout fier d'un sang que vous déshonorez, Sat. V dans FIER, IÈRE
Sa fierté l'abandonne, il tremble, il cède, il fuit, Lutr. V dans FIERTÉ
Et n'ayant rien de grand qu'une sotte fierté, Sat. V dans FIERTÉ
Du nom de fierté noble on orna l'impudence, ib. XI dans FIERTÉ
Cependant, à l'entendre, il se soutient à peine, Il eut encore hier la fièvre et la migraine, Sat. X dans FIÈVRE
Sans cesse on prend le masque, et, quittant la nature, On craint de se montrer sous sa propre figure, Ép. IX dans FIGURE
De figures sans nombre égayez votre ouvrage, Art p. III dans FIGURE
Bientôt ils défendront de peindre la prudence, De donner à Thémis ni bandeau ni balance, De figurer aux yeux la guerre au front d'airain, Art p. III dans FIGURER
Peut-on se figurer de si folles chimères ?, Épît. XI dans FIGURER
Vingt carrosses bientôt arrivent à la file, Sat. VI dans FILE
Et qu'il reste à la Parque encor de quoi filer, Sat. I dans FILER
Tout charme en un enfant dont la langue sans fard, à peine du filet encor débarrassée, Sait d'un air innocent bégayer sa pensée, Ép. IX dans FILET
Tu romps de leurs erreurs les filets captieux, Épît. III dans FILET
....Il convertit enfin les ténèbres en jour, Et la crainte servile en filial amour, Épît. XI dans FILIAL, ALE
Crois-tu que, d'une fille humble, honnête, charmante, L'hymen n'ait jamais fait de femme extravagante ?, Sat. X dans FILLE
....Tu sais de leur art et le fort et le fin, Sat. VIII dans FIN, FINE
C'est bien fait ; il est temps de fixer tes désirs ; Ainsi que ses chagrins, l'hymen a ses plaisirs, Sat. X dans FIXER
L'homme, venez au fait, n'a-t-il pas la raison ? N'est-ce pas son flambeau, son pilote fidèle ?, Sat. VIII dans FLAMBEAU
L'un peut tracer en vers une amoureuse flamme, Art p. I dans FLAMME
Sur un lièvre flanqué de six poulets étiques S'élevaient trois lapins, animaux domestiques, Sat. III dans FLANQUÉ, ÉE
Mais tout ce beau discours dont il vient vous flatter N'est rien qu'un piége adroit...., Art p. 1 dans FLATTER
Vous vous flattez peut-être, en votre vanité, D'aller comme un Horace à l'immortalité, Sat. IX dans FLATTER
Un poëme insipide et sottement flatteur Déshonore à la fois le héros et l'auteur, Sat. IX dans FLATTEUR, EUSE
Mais sachez de l'ami discerner le flatteur, Art p. I dans FLATTEUR, EUSE
[L'ode] Mène Achille sanglant au bord du Simoïs, Ou fait fléchir l'Escaut sous le joug de Louis, Art p. II dans FLÉCHIR
Au joug de la raison sans peine elle [la rime] fléchit, ib. I dans FLÉCHIR
Qui l'eût cru que pour moi le ciel dût se fléchir ?, Ép. V dans FLÉCHIR
Loin ces rimeurs craintifs dont l'esprit flegmatique...., Art p. II dans FLEGMATIQUE
Et dans ce haut éclat où tu te viens offrir, Touchant à tes lauriers, je crains de les flétrir, Discours au roi. dans FLÉTRIR
Le poëte.... ....Orne, élève, embellit, agrandit toutes choses, Et trouve sous sa main des fleurs toujours écloses, Art p. III dans FLEUR
Et, mettant la céruse et le plâtre en usage, Composa de sa main les fleurs de son visage, Ép. IX dans FLEUR
La jeunesse en sa fleur brille sur son visage, Lutr. I dans FLEUR
Rossinante, la fleur des coursiers d'Ibérie, Poésies div. 25 dans FLEUR
Par les chemins fleuris d'un charmant quiétisme, Sat. X dans FLEURI, IE
Qu'est devenu ce teint dont la couleur fleurie Semblait d'ortolans seuls et de bisques nourrie ?, Sat. III dans FLEURI, IE
Il [d'Urfé] soutint tout cela d'une narration vive et fleurie, de fictions très ingénieuses...., Héros de romans, discours. dans FLEURI, IE
Veux-tu voir tous les grands à ta porte courir ? Dit un père à son fils dont le poil va fleurir, Sat. VIII dans FLEURIR
Marot, bientôt après fit fleurir les ballades, Art. p. I dans FLEURIR
Parmi les doux plaisirs d'une paix fraternelle, Paris voyait fleurir son antique chapelle, Lutr. I dans FLEURIR
Il [l'homme] a, comme la mer, ses flots et ses caprices, Sat. VIII dans FLOT
La Seine, au pied des monts que son flot vient laver, Ép. VI dans FLOT
Ou bien quand Juvénal, de sa mordante plume Faisant couler des flots de fiel et d'amertume, Gourmandait en courroux tout le peuple latin, Sat. VII dans FLOT
Et pour calmer enfin tous ces flots d'ennemis, Sat. IX dans FLOT
Cotin, à ses sermons traînant toute la terre, Fend des flots d'auditeurs pour aller à sa chaire, ib. dans FLOT
Je doute que le flot des vulgaires humains...., ib. X dans FLOT
Son coeur, toujours flottant entre mille embarras, Ne sait ni ce qu'il veut ni ce qu'il ne veut pas, Sat. VIII dans FLOTTANT, ANTE
Cultivez vos amis, soyez homme de foi, Art p. IV dans FOI
L'ardeur de s'enrichir chassa la bonne foi, Épître IX dans FOI
À ces discours trompeurs le monde ajoute foi, Sat. X dans FOI
Qui méprise Cotin n'estime point son roi, Et n'a, selon Cotin, ni dieu, ni foi, ni loi, Sat. IX dans FOI
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, Polissez-le sans cesse et le repolissez, Art p. I dans FOIS
À peine ai-je senti cette liqueur traîtresse, Que de ces vins mêlés j'ai reconnu l'adresse ; Toutefois avec l'eau que j'y mets à foison, J'espérais adoucir la force du poison, Sat. II dans FOISON
Et des couvreurs grimpés au toit d'une maison En font pleuvoir l'ardoise et la tuile à foison, ib. VI dans FOISON
Il n'est pas sans esprit ; mais, né triste et pesant, Il veut être folâtre, évaporé, plaisant, Épît. IX dans FOLÂTRE
Les plaisirs nonchalants folâtrent à l'entour, Lutr. II dans FOLÂTRER
Chacun veut en sagesse ériger sa folie, Et, se laissant régler à son esprit tortu, De ses propres défauts se fait une vertu, Sat. IV dans FOLIE
Des jugements d'autrui nous tremblons follement, Épit. III dans FOLLEMENT
Et, follement pompeux, dans sa verve indiscrète, Art p. II dans FOLLEMENT
C'est là de tous nos maux le fatal fondement, Épît. III dans FONDEMENT
Non, mais cent fois la bête a vu l'homme hypocondre Adorer le métal que lui-même il fit fondre, Sat. VIII dans FONDRE
Vous n'entendrez partout qu'injurieux brocards Et sur vous et sur lui fondre de toutes parts, Épît. X dans FONDRE
Le ciel qui se fond tout en eau, Sat. III dans FONDRE
Il me paraît, admirable fontaine [la fontaine médicinale de Bourbon], Que vous n'eûtes jamais la vertu d'Hippocrène, Épigr. XVIII dans FONTAINE
Combien n'a-t-on pas vu de belles aux yeux doux, Tout à coup se changer en bourgeoises sauvages.... Et, découvrant l'orgueil de leurs rudes esprits, Sous leur fontange altière asservir leur maris, Sat. X dans FONTANGE
L'ambition, l'amour, l'avarice, la haine, Tiennent comme un forçat son esprit à la chaîne, Sat. VIII dans FORÇAT
La force tenait lieu de droit et d'équité, Art p. IV dans FORCE
Craignez d'un vain plaisir les trompeuses amorces, Et consultez longtemps votre esprit et vos forces, Art p. I dans FORCE
Venez, Pradon et Bonnecorse, Grands écrivains de même force, De vos vers recevoir le prix, Épigr. XVII dans FORCE
Que de remparts détruits ! que de villes forcées !, Art p. IV dans FORCÉ, ÉE
Je ne puis arracher du creux de ma cervelle Que des vers plus forcés que ceux de la Pucelle, Sat. VII dans FORCÉ, ÉE
C'est ainsi que souvent par une forcenée Une triste famille à l'hôpital traînée Voit ses biens en décret, Sat. X dans FORCENÉ, ÉE
Que si tous mes efforts ne peuvent réprimer Cet ascendant malin qui vous force à rimer, Sat. IX dans FORCER
Rassembler les humains dans les forêts épars, Art p. IV dans FORÊT
Il me faut du repos, des prés et des forêts, Ép. VI dans FORÊT
Ô toi [ô nuit], de mon repos compagne aimable et sombre, à de si noirs forfaits prêteras-tu ton ombre ?, Lutrin, II dans FORFAIT
Mais il faut les prouver en forme. - J'y consens, Sat. VIII dans FORME
Là, malgré les volets, le soleil irrité Formait un poêle ardent au milieu de l'été, Sat. III dans FORMER
Et bientôt la censure au regard formidable, Sait, le crayon en main, marquer nos endroits faux, Sat. X dans FORMIDABLE
Te prouver à toi-même en grec, hébreu, latin, Que tu sais de leur art et le fort et le fin, Sat. VIII dans FORT, ORTE
Point de glace, bon Dieu ! dans le fort de l'été, Au mois de juin...., Sat. III dans FORT, ORTE
Que si quelqu'un, mes vers, alors vous importune, Pour savoir mes parents, ma vie et ma fortune, Ép. X dans FORTUNE
Je ne vais point au Louvre adorer la fortune, Sat. II dans FORTUNE
....Et d'un bras fortuné Bénit subitement le guerrier consterné, Lutr. v. dans FORTUNÉ, ÉE
Tous les hommes sont fous, et, malgré tous leurs soins, Ne diffèrent entre eux que du plus ou du moins, Sat. IV dans FOU ou FOL, FOLLE
Un avare idolâtre et fou de son argent, Sat. IV dans FOU ou FOL, FOLLE
C'était un riche abbé fou de l'architecture, Art p. IV dans FOU ou FOL, FOLLE
Qui vous a pu souffler une si folle audace ?, Sat. IX dans FOU ou FOL, FOLLE
Le bruit court que le roi va tout réduire en poudre, Et dans Valencienne est entré comme un foudre, Ép. VI dans FOUDRE
en poudre, Va me percer de mille traits, Épig. VIII dans FOUDRE
Besançon fume encor sur son roc foudroyé, Art p. IV dans FOUDROYÉ, ÉE
Bruxelle attend le coup qui la doit foudroyer, Lutr. IV dans FOUDROYER
Au milieu de leur plus grande violence [Pindare et Sophocle], durant qu'ils tonnent et qu'ils foudroient, pour ainsi dire, souvent leur ardeur vient mal à propos à s'éteindre, et ils tombent malheureusement, Longin, Sublime, XXVII dans FOUDROYER
Quelle fougue indiscrète Ramène sur les rangs encor ce vieil athlète ?, Épître X dans FOUGUE
Leur appétit fougueux, par l'objet excité, Parcourt tous les recoins d'un monstrueux pâté, Lutrin, V dans FOUGUEUX, EUSE
N'est-ce pas l'homme.... Dont la vaste science, embrassant toutes choses, A fouillé la nature, en a percé les causes ?, Sat. VIII dans FOUILLER
Une poutre branlante Vient menaçant de loin la foule qu'elle augmente, Sat. VI dans FOULE
Mais j'ai des biens en foule et je puis m'en passer, Sat. VIII dans FOULE
Qui dans un vain sonnet, placés au rang des dieux Se plaisent à fouler l'Olympe radieux, Épit. IX dans FOULER
Sors d'ici, fourbe insigne, Sat. XI dans FOURBE
Du nom de fierté noble on orna l'impudence, Et la fourbe passa pour exquise prudence, Sat. XI dans FOURBE
Un peuple d'importuns qui fourmillent sans cesse, Sat. VI dans FOURMILLER
C'est peu qu'en un ouvrage où les fautes fourmillent Des traits d'esprit semés de temps en temps pétillent, Art p. I dans FOURMILLER
Un mari ne veut pas fournir à ses besoins, Sat. x. dans FOURNIR
Je veux que la valeur de ses aïeux antiques Ait fourni de matière aux plus vieilles chroniques, Sat. V dans FOURNIR
Il trouve de pédants un escadron fourré, Sat. VIII dans FOURRÉ, ÉE
Y voit-on des savants en droit, en médecine, Endosser l'écarlate et se fourrer d'hermine ?, Sat. VIII dans FOURRER
Il me faut du repos, des prés et des forêts ; Laisse-moi donc ici sous leurs ombrages frais Attendre que septembre ait ramené l'automne, Épît. VI dans FRAIS, FRAÎCHE
Du reste, déjeunons, messieurs, et buvons frais, Lutr. IV dans FRAIS, FRAÎCHE
Mais je tiens qu'ici-bas, sans faire tant d'apprêts, La vertu se contente et vit à peu de frais, Épître V dans FRAIS
J'achète à peu de frais de solides plaisirs, ib. VI dans FRAIS
Cent francs au denier cinq, combien font-ils ? - Vingt livres, Sat. VIII dans FRANC
Le Français, né malin, forma le vaudeville, Art p. II dans FRANÇAIS, AISE
À mon gré, le Corneille est joli quelquefois ; En vérité pour moi j'aime le beau françois, Sat. III dans FRANÇAIS, AISE
Est-ce donc là médire ou parler franchement ?, Sat. IX dans FRANCHEMENT
Mais du plus grand des rois la bonté sans limite.... Crut voir dans ma franchise un mérite nouveau, Épît. V dans FRANCHISE
Tous ces dogmes affreux, d'anathème frappés, Sat. XI dans FRAPPÉ, ÉE
Le public détrompé, D'un pareil enjouement ne se sent plus frappé, Sat. XI dans FRAPPÉ, ÉE
Et, droit entre les yeux, [il] Frappe du noble écrit l'athlète audacieux, Lutr. V dans FRAPPER
[Il] Lui jette pour défi son assiette au visage ; L'autre esquive le coup ; et l'assiette volant S'en va frapper le mur et revient en roulant, Sat. III dans FRAPPER
Qui frappe l'air, bon Dieu ! de ces lugubres cris ? Est-ce donc pour veiller qu'on se couche à Paris ?, Sat. VI dans FRAPPER
Voilà ce qui surprend, frappe, saisit, attache, Art p. III dans FRAPPER
Maintenant que le temps a mûri mes désirs, Que mon âge, amoureux de plus sages plaisirs, Bientôt s'en va frapper à son neuvième lustre, Épît. V dans FRAPPER
Parmi les doux plaisirs d'une paix fraternelle, Lutr. I dans FRATERNEL, ELLE
Ce marquis [met son honneur] à savoir frauder ses créanciers, Sat. X dans FRAUDER
Il donne à la frayeur ce qu'il doit au respect, Lutrin, v. dans FRAYEUR
L'un traîne en longs fredons une voix glapissante, Sat. III dans FREDON
Et la troupe, à l'instant cessant de fredonner, D'un ton gravement fou s'est mise à raisonner, Sat. III dans FREDONNER
On dirait que Ronsard sur ses pipeaux rustiques Vient encor fredonner ses idylles gothiques, Art p. II dans FREDONNER
Mais de combattre en elle et dompter ses faiblesses.... Mettre un frein à son luxe, à son ambition, Sat. X dans FREIN
Comme on voit les frelons, troupe lâche et stérile, Aller piller le miel que l'abeille distille, Sat. I dans FRELON
Et déjà, tout confus, croyant midi sonné, En soi-même frémit de n'avoir pas dîné, Lutr. IV dans FRÉMIR
D'un ciment éternel ton église est bâtie, Et jamais de l'enfer les noirs frémissements N'en sauraient ébranler les fermes fondements, Lutr. VI dans FRÉMISSEMENT
Le rhume à son aspect se change en pleurésie, Et par lui la migraine est bientôt frénésie, Art p. IV dans FRÉNÉSIE
Oui, depuis le moment que cette frénésie [faire des vers] De ses noires vapeurs troubla ma fantaisie...., Sat. II dans FRÉNÉSIE
Quel sujet, dira l'un, peut donc si fréquemment Mettre ainsi cette belle au bord du monument ?, Sat. X dans FRÉQUEMMENT
Le bois le plus funeste et le moins fréquenté Est, au prix de Paris, un lieu de sûreté, Sat. VI dans FRÉQUENTÉ, ÉE
Entre ces vieux appuis dont l'affreuse grand'salle Soutient l'énorme poids de sa voûte infernale, Est un pilier fameux des plaideurs respecté Et toujours de Normands à midi fréquenté, Lutr. V dans FRÉQUENTÉ, ÉE
Heureux si ses discours [de Régnier], craints du chaste lecteur, Ne se sentaient des lieux où fréquentait l'auteur, Art p. II dans FRÉQUENTER
De mon frère, il est vrai, les écrits sont vantés.... En lui je trouve un excellent auteur, Un poëte agréable, un très bon orateur, Mais je n'y trouve point de frère, Épigr. IV dans FRÈRE
Allez, partez, mes vers, derniers fruits de ma veine.... Montrez-vous, j'y consens ; mais du moins dans mon livre, Commencez par vous joindre à mes premiers écrits ; C'est là qu'à la faveur de vos frères chéris, Peut-être enfin soufferts comme enfants de ma plume, Vous pourrez vous sauver, épars dans le volume, Ép. X dans FRÈRE
Et dès que l'aquilon, ramenant la froidure, Vient de ses noirs frimas attrister la nature, Sat. VIII dans FRIMAS
J'allai chercher le calme au séjour des frimas, Lutrin, VI dans FRIMAS
J'appelle un chat un chat, et Rollet un fripon, Sat. I dans FRIPON, ONNE
Ne vous y fiez pas.... elle a, ma foi, les yeux fripons, Héros de romans. dans FRIPON, ONNE
Et pâle, sans haleine, interdite, éperdue, Un frisson me saisit, je tremble, je me meurs, Longin, VIII dans FRISSON
Jamais docteur armé d'un argument frivole Ne s'enroua chez eux sur les bancs d'une école, Sat. VIII dans FRIVOLE
Mais, ô d'un déjeuner vaine et frivole attente !, Lutr. IV dans FRIVOLE
Il [l'homme] tourne au moindre vent, il tombe au moindre choc, Aujourd'hui dans un casque, et demain dans un froc, Sat. VIII dans FROC
Des froids torrents de décembre Les champs sont partout noyés, Ode sur Namur. dans FROID, OIDE
Encor si, pour rimer, dans sa verve indiscrète, Ma muse au moins souffrait une froide épithète, Sat. II dans FROID, OIDE
L'un me heurte d'un ais dont je suis tout froissé, Sat. VI dans FROISSER
J'ai beau frotter mon front, j'ai beau mordre mes doigts ; Je ne puis arracher du creux de ma cervelle Que des vers plus forcés que ceux de la Pucelle, Sat. VII dans FRONT
J'aime mieux Arioste et ses fables comiques Que ces auteurs toujours froids et mélancoliques Qui dans leur sombre humeur se croiraient faire affront Si les grâces jamais leur déridaient le front, Art p. III dans FRONT
Son front, nouveau tondu, symbole de candeur, Rougit en approchant d'une honnête pudeur, Lutr. I dans FRONT
J'ai beau frotter mon front, j'ai beau mordre mes doigts, Sat. VII dans FROTTER
Vous verriez tous les ans fructifier vos vers, Sat. IX dans FRUCTIFIER
La grêle.... qui.... Abat l'honneur naissant des rameaux fructueux, Lutr. V dans FRUCTUEUX, EUSE
Sa table toutefois sans superfluité N'avait rien que d'honnête en sa frugalité, Sat. X dans FRUGALITÉ
Enghien, de son hymen [de Condé] le seul et digne fruit, Ép. IV dans FRUIT
[Ces femmes qui] prenant en dégoût les fruits nés de leurs flancs, Sat. X dans FRUIT
Allez, partez, mes vers, dernier fruit de ma veine, Ép. X dans FRUIT
N'allez pas sur des vers sans fruit vous consumer, Art p. I dans FRUIT
Sa fierté l'abandonne, il tremble, il cède, il fuit, Lutr. V dans FUIR
Hâtons-nous, le temps fuit et nous traîne avec soi, Épître III dans FUIR
Ma muse tremblante fuit d'un si grand fardeau la charge trop pesante, Disc. au roi. dans FUIR
Je trouve au coin d'un bois le mot qui m'avait fui, Épît. VI dans FUIR
Il [Cotin, en lisant ses vers] met chez lui voisins, parents, amis en fuite, Sat. VIII dans FUITE
Chanter du peuple hébreu la fuite triomphante, Art p. I dans FUITE
Ce serait ma réponse à ce dieu fulminant, Épît. I dans FULMINANT, ANTE
La maison abîmée Entraîne aussi le feu qui se perd en fumée, Sat. VI dans FUMÉE
Qui vint à ces festins conduit par la fumée, Sat. III dans FUMÉE
....Une muse affamée Ne peut pas, dira-t-on, subsister de fumée, Art p. IV dans FUMÉE
Et par l'espoir du gain votre muse animée Vendrait au poids de l'or une once de fumée, Sat. IX dans FUMÉE
Du salpêtre en fureur l'air s'échauffe et s'allume, Et des coups redoublés tout le rivage fume, Ép. IV dans FUMER
Là d'un enterrement la funèbre ordonnance D'un pas lugubre et lent vers l'église s'avance, Sat. VI dans FUNÈBRE
....Mille cloches émues D'un funèbre concert font retentir les nues, Sat. VI dans FUNÈBRE
Mille oiseaux effrayants, mille corbeaux funèbres De ces murs désertés habitent les ténèbres, Lutr. III dans FUNÈBRE
Les funérailles de la félicité publique morte en France depuis plus de quatre ans, à Brossette, lett. 5 mai 1709 dans FUNÉRAILLES
Jadis la Grèce eût vingt ans Sans fruit vu les funérailles De ses plus fiers combattants, Ode sur Namur. dans FUNÉRAILLES
Quelle fureur, dit-il, quelle aveugle caprice, Quand le dîner est prêt, vous appelle à l'office !, Lutr. I dans FUREUR
....J'étais si transporté, Que, donnant de fureur tout le festin au diable...., Sat. III dans FUREUR
Gilotin en gémit, et, sortant de fureur...., Lutr. I dans FUREUR
L'enfer s'émeut au bruit de Neptune en furie, Longin, Sublime, VII dans FURIE
Tel qu'on voit un taureau qu'une guêpe en furie A piqué dans les flancs aux dépens de sa vie, Lutr. I dans FURIE
Le désolé vieillard, qui hait la raillerie, Lui défend de parler, sort du lit en furie, ib. IV dans FURIE
Et que sert à Cotin la raison qui lui crie : N'écris plus, guéris - toi d'une vaine furie ?, Sat. VIII dans FURIE
....L'ambition.... L'envoie en furieux au milieu des hasards, Sat. VIII dans FURIEUX, EUSE
Et qu'ont produit mes vers de si pernicieux Pour armer contre moi tant d'auteurs furieux ?, Sat. IX dans FURIEUX, EUSE
Son front cicatrisé rend son air furieux, Ép. IV dans FURIEUX, EUSE
Tel, Hercule en filant rompait tous les fuseaux, Lutr. V dans FUSEAU
Boirude ....Les arrête, et, tirant un fusil de sa poche, Des veines d'un caillou qu'il frappe au même instant, Il fait jaillir un feu qui pétille en sortant, Lutr. III dans FUSIL
Et déjà vous croyez dans vos rimes obscures Aux Saumaises futurs préparer des tortures, Sat. IX dans FUTUR, URE
Ton beau-père futur vide son coffre-fort, Sat. X dans FUTUR, URE
Un faquin orgueilleux qui vous tient à ses gages, Sat. I dans GAGE
Dans le palais hier Bilain Voulait gager contre Ménage Qu'il était faux que Saint-Sorlin Contre Arnauld eût fait un ouvrage, Épigr. v. dans GAGER
Il ne gagnera rien sur ce juge irrité, Sat. IX dans GAGNER
J'ai gagné doucement la porte sans rien dire, Sat. III dans GAGNER
Sans raison il [l'homme] est gai, sans raison il s'afflige, Sat. VIII dans GAI, GAIE
Dût ma muse par là choquer tout l'univers, Riche, gueux, triste ou gai, je veux faire des vers, Sat. VII dans GAI, GAIE
Travaillez pour la gloire, et qu'un sordide gain Ne soit jamais l'objet d'un illustre écrivain, Art. p. IV dans GAIN
Un vil amour du gain, infectant les esprits, De mensonges grossiers souilla tous les écrits, ib. IV dans GAIN
Gardez donc de donner, ainsi que dans Clélie, L'air ni l'esprit français à l'antique Italie, Et, sous des noms romains faisant notre portrait, Peindre Caton galant et Brutus dameret, Art p. III dans GALANT, ANTE
La Pucelle [de Chapelain] est encore une oeuvre bien galante, Sat. III dans GALANT, ANTE
Donner chez la Cornu rendez-vous aux galants, Sat. x. dans GALANT, ANTE
Enfin, bornant le cours de tes galanteries, Alcippe, il est donc vrai, dans peu tu te maries ?, Sat. x. dans GALANTERIE
Le chagrin monte en croupe et galope avec lui, Ép. v. dans GALOPER
....Je n'ai rien, vous dis-je, Répondra ce malade à se taire obstiné ; Mais cependant voilà tout son corps gangrené ; Et la fièvre, demain, se rendant la plus forte, Un bénitier aux pieds va l'étendre à la porte, Épît. III dans GANGRENÉ, ÉE
Se plaindre d'un gano qu'on n'a point écouté, Sat. X dans GANO
Le vigilant Girot.... C'est d'un maître si saint le plus digne officier ; La porte dans le choeur à sa garde est commise, Lutr. IV dans GARDE
Gardez donc de donner ainsi que dans Clélie L'air ni l'esprit français à l'antique Italie, Art p. III dans GARDER
Gardez qu'une voyelle à courir trop hâtée Ne soit d'une voyelle en son chemin heurtée, Art p. I dans GARDER
Gardez-vous, dira l'un, de cet esprit critique, Sat. IX dans GARDER
Gardez-vous d'imiter ce rimeur furieux, Art p. III dans GARDER
Tout a l'humeur gasconne en un auteur gascon, Art p. III dans GASCON, ONNE
Ah ! voulez-vous, Jean-Jean, nous gâter tous ?, Épigr. 3 dans GÂTER
C'est une erreur [que Tomyris ait fait tuer Cyrus] dont on a abusé seulement durant vingt-cinq siècles, et cela par la faute du gazetier de Scythie, qui répandit mal à propos la nouvelle de sa mort sur un faux bruit, Héros de romans dans GAZETIER
Et, cherchant sur la brèche une mort indiscrète, De sa folle valeur embellir la gazette, Sat. VIII dans GAZETTE
Evrard a beau gémir du repas déserté, Lutr. v. dans GÉMIR
Et son corps, ramassé dans sa courte grosseur, Fait gémir les coussins sous sa molle épaisseur, Lutr. I dans GÉMIR
Je peindrai les plaisirs en foule renaissants, Les oppresseurs du peuple à leur tour gémissants, Épît. I dans GÉMISSANT, ANTE
Et l'orgue même en pousse un long gémissement, Lutr. III dans GÉMISSEMENT
La pierre, la colique et les gouttes cruelles.... De travaux douloureux le viennent accabler, Sur le duvet d'un lit, théâtre de ses gênes, Lui font scier des rocs, lui font fendre des chênes, Épît. X dans GÊNE
Mais je ne puis souffrir qu'un esprit de travers Qui, pour rimer des mots, pense faire des vers, Se donne en te louant une gêne inutile, Disc. au roi. dans GÊNE
Ne va point sottement faire le généreux, Sat. VIII dans GÉNÉREUX, EUSE
Je sens de jour en jour dépérir mon génie, Épît. VIII dans GÉNIE
Mais pourtant on a vu le vin et le hasard Inspirer quelquefois une muse grossière, Et fournir sans génie un couplet à Linière, Art p. II dans GÉNIE
Je sens que mon esprit travaille de génie, Sat. VII dans GÉNIE
Dans son génie étroit il est toujours captif, Pour lui Phébus est sourd et Pégase est rétif, Art p. I dans GÉNIE
Je mesure mon vol à mon faible génie, Disc. au roi. dans GÉNIE
Sitôt que d'Apollon un génie inspiré Trouve loin du vulgaire un chemin ignoré, En cent lieux contre lui les cabales s'amassent, Épît. VII dans GÉNIE
....Profanes, à genoux !, Lutr. v. dans GENOU
Un auteur à genoux, dans une humble préface, Au lecteur qu'il ennuie a beau demander grâce, Sat. IX dans GENOU
Car, grâce au droit reçu chez les Parisiens, Gens de douce nature et maris bons chrétiens, Sat. X dans GENS
C'est là que du lutrin gît la machine énorme, Lutr. III dans GÉSIR
Au pied de cet autel de structure grossière, Gît sans pompe, enfermé dans une vile bière, Le plus savant mortel qui jamais ait écrit [Antoine Arnauld], Poés. div. XXII dans GÉSIR
J'approuvais tout pourtant de la mine et du geste, Sat. III dans GESTE
Ce grand chroniqueur des gestes d'Alexandre, Épît. X dans GESTES
... Un orgueil insensé Armant de ses neveux [d'Adam] la gigantesque engeance, Dieu résolut enfin, terrible en sa vengeance, D'abîmer sous les eaux tous ces audacieux, Sat. XI dans GIGANTESQUE
Rapporter de Goa le poivre et le gingembre, Sat. VIII dans GINGEMBRE
Rien ne peut arrêter sa vigilante audace : L'été n'a point de feux ; l'hiver n'a point de glace, Lutr. II dans GLACE
Par le chaud qu'il faisait nous n'avions point de glace ; Point de glace, bon Dieu ! dans le fort de l'été, Au mois de juin !..., Sat. III dans GLACE
Il ne sent plus le poids ni les glaces de l'âge, Lutr. V dans GLACE
Qui n'eut jamais pour Dieu que glace et que froideur, Épître XI dans GLACE
On pourra voir la Seine à la Saint-Jean glacée, Sat. I dans GLACÉ, ÉE
Je hais ces vains auteurs dont la muse forcée M'entretient de ses feux, toujours froide et glacée, Art p. II dans GLACÉ, ÉE
S'il fallait, sans amis, briguant une audience, D'un magistrat glacé soutenir la présence, Lutr. III dans GLACÉ, ÉE
J'aime mieux Bergerac et sa burlesque audace Que ces vers où Motin se morfond et nous glace, Art p. IV dans GLACER
Ai-je par un écrit Pétrifié sa veine et glacé son esprit ?, Sat. IX dans GLACER
Faudra-t-il sur sa gloire [de Louis XIV] attendre à m'exercer Que ma tremblante voix commence à se glacer ?, Épît. I dans GLACER
L'un traîne en longs fredons une voix glapissante, Sat. III dans GLAPISSANT, ANTE
Crois-tu que, toujours ferme au bord du précipice, Elle pourra marcher sans que le pied lui glisse ?, Sat. x. dans GLISSER
Je ne sais pas pourquoi l'on vante l'Alexandre ; Ce n'est qu'un glorieux qui ne dit rien de tendre, Sat. III dans GLORIEUX, EUSE
Je sais que c'est un texte où chacun fait sa glose, Sat. X dans GLOSE
Quoi ! pour un maigre auteur que je glose en passant, Sat. IX dans GLOSER
.... Un godiveau tout brûlé par dehors Dont un beurre gluant inondait tous les bords, Sat. III dans GODIVEAU
Toutefois n'allez pas, goguenard dangereux, Faire Dieu le sujet d'un badinage affreux, Art p. II dans GOGUENARD, ARDE
S'il faut rire ou chanter au milieu d'un festin, Un docteur est alors au bout de son latin : Un goinfre en a toute la gloire, Poésies div. I dans GOINFRE
À ces mots il saisit un vieil infortiat, Inutile ramas de gothique écriture, Lutr. V dans GOTHIQUE
On dirait que Ronsard sur ses pipeaux rustiques Vient encor fredonner ses idylles gothiques, Art p. II dans GOTHIQUE
L'élève de Barbin Veut en vain s'opposer à leur fureur gothique, Lutr. V dans GOTHIQUE
Moi, la plume à la main, je gourmande les vices, Disc. au roi. dans GOURMANDER
Ou bien quand Juvénal de sa mordante plume Gourmandait en courroux tout le peuple latin, Sat. VII dans GOURMANDER
C'est Neptune en courroux qui gourmande les flots, Art p. III dans GOURMANDER
Notre hôte cependant, s'adressant à la troupe : Que vous semble, a-t-il dit, du goût de cette soupe ?, Sat. III dans GOÛT
On dit que ton front jaune et ton teint sans couleur Perdit en ce moment son antique pâleur, Et que ton corps goutteux, plein d'une ardeur guerrière, Pour sauter au plancher fit deux pas en arrière, Lutrin, I dans GOUTTEUX, EUSE
Et les nombreux torrents qui tombent des gouttières, Grossissant les ruisseaux, en ont fait des rivières, Sat. VI dans GOUTTIÈRE
....Elle a, dans sa gouttière, à suivre Jupiter passé la nuit entière, Sat. X dans GOUTTIÈRE
Et quel fâcheux démon durant les nuits entières Rassemble ici les chats de toutes les gouttières ?, ib. VI dans GOUTTIÈRE
Tout reçoit dans ses mains une nouvelle grâce, Art p. III dans GRÂCE
Profitons de l'instant que de grâce il nous donne, Épît. III dans GRÂCE
Dieu ne fait jamais grâce à qui ne l'aime point, Épit. XI dans GRÂCE
Et désormais gracieux, Allez à Liége, à Bruxelles, Porter les humbles nouvelles De Namur pris à vos yeux, Ode, Namur. dans GRACIEUX, EUSE
Grands Aristarques de Trévoux, Épigr. 35 dans GRAND, ANDE
Que jamais on n'est grand qu'autant que l'on est juste, Sat. X dans GRAND, ANDE
La chicane en fureur mugit dans la grand'salle, Sat. VIII dans GRAND, ANDE
Il faut avec les grands un peu de retenue, Sat. v. dans GRAND, ANDE
Il y a cinq sources du grand, l'élévation d'esprit, le pathétique, les figures, la noblesse de l'expression, la composition et l'arrangement des paroles, Longin, Sublime, 6 dans GRAND, ANDE
La vigne offrait partout des grappes toujours pleines, Ép. III dans GRAPPE
On vit avec horreur une muse effrénée Dormir chez un greffier la grasse matinée, Ép. V dans GRAS, ASSE
Et garde-toi de rire en ce grave sujet, Lutrin, I dans GRAVE
Heureux qui dans ses vers sait d'une voix légère Passer du grave au doux, du plaisant au sévère !, Art p. I dans GRAVE
Et la troupe, à l'instant cessant de fredonner, D'un ton gravement fou se mit à raisonner, Sat. III dans GRAVEMENT
M. le Verrier, mon illustre ami, ayant fait graver mon portrait par Drevet, célèbre graveur, Poés. div. X dans GRAVER
Un torrent débordé qui, d'un cours orageux, Roule plein de gravier sur un terrain fangeux, Art p. I dans GRAVIER
La famille en pâlit, et vit en frémissant Dans la poudre du greffe un poëte naissant, Épître v. dans GREFFE
Les livres sur Évrard fondent comme la grêle, Lutr. V dans GRÊLE
À la fin tous ces jeux, que l'athéisme élève, Conduisent tristement le plaisant à la Grève, Art p. II dans GRÈVE
Et déjà le notaire a, d'un style énergique, Griffonné de ton joug l'instrument authentique, Sat. X dans GRIFFONNER
Ses souliers grimaçants vingt fois rapetassés, Sat. X dans GRIMAÇANT, ANTE
Si, moins ami du peuple, en ses doctes peintures, Il [Molière] n'eût point fait souvent grimacer ses figures, Art p. III dans GRIMACER
Mais, bien que ses durs vers, d'épithètes enflés, Soient des moindres grimauds chez Ménage sifflés, Lui-même il s'applaudit...., Sat. IV dans GRIMAUD
Ne soupçonnes-tu point qu'agité du démon Ainsi que ce cousin des quatre fils Aimon Dont tu lis quelquefois la merveilleuse histoire, Je rumine en marchant quelque endroit du grimoire ?, Ép. X dans GRIMOIRE
Voyez grimper sur ces roches Ces athlètes belliqueux, Ode I dans GRIMPER
Tandis que dans un coin, en grondant je m'essuye, Souvent, pour m'achever, il survient une pluie, Sat. VI dans GRONDER
Cependant laisse ici gronder quelques censeurs, Épît. VII dans GRONDER
Et son corps, ramassé dans sa courte grosseur, Fait gémir les coussins sous sa molle épaisseur, Lutr. I dans GROSSEUR
Villon fut le premier dans ces siècles grossiers...., Art p. I dans GROSSIER, IÈRE
Pourquoi toi-même, en proie à tes vives douleurs, Cherches-tu sans raison à grossir tes malheurs ?, Lutr. VI dans GROSSIR
Mais sa muse [de Ronsard], en français parlant grec et latin, Vit dans l'âge suivant, par un retour grotesque, Tomber de ses grands mots le faste pédantesque, Art p. I dans GROTESQUES
Mais qui pourrait compter le nombre de haillons, De pièces, de lambeaux, de sales guenillons, Dont la femme, aux bons jours, composait sa parure ?, Sat. X dans GUENILLON
On ne lit guère plus Rampale et Ménardière, Que Magnon, du Souhait, Corbin et la Morlière, Art p. IV dans GUÈRE ou GUÈRES
Cérès s'enfuit éplorée De voir en proie à Borée Ses guérets d'épis chargés, Odes, I dans GUÉRET
Tout esprit orgueilleux qui s'aime Par mes leçons se voit guéri, Poés. div. XX dans GUÉRI, IE
Sitôt que sur un vice ils pensent me confondre, C'est en me guérissant que je sais leur répondre, Épît. VII dans GUÉRIR
Pendant que tout conspire à la guerre sacrée, Lutr. VI dans GUERRE
Bientôt ils défendront.... De figurer aux yeux la Guerre au front d'airain, Art poét. III dans GUERRE
Je vais faire la guerre aux habitants de l'air, Ép. VI dans GUERRE
Le vice audacieux, des hommes avoué, à la triste innocence en tous lieux fit la guerre, Sat. X dans GUERRE
Où l'honneur a toujours guerre avec la fortune, Sat. I dans GUERRE
Un injuste guerrier, terreur de l'univers, Sat. X dans GUERRIER, IÈRE
Aux plus savants auteurs comme aux plus grands guerriers Apollon ne promet qu'un nom et des lauriers, Art p. IV dans GUERRIER, IÈRE
Là, bornant son discours, encor tout écumante, Elle souffle aux guerriers [les chanoines de la Sainte-Chapelle] l'esprit qui la tourmente, Lutr. V dans GUERRIER, IÈRE
De ces nobles sans nom, que, par plus d'une voie, La province souvent en guêtres nous envoie, Sat. X dans GUÊTRE
Lorsqu'il entend de loin, d'une gueule infernale, La chicane en fureur mugir dans la grand'salle, Sat. VIII dans GUEULE
Surtout certain hâbleur à la gueule affamée, Sat. III dans GUEULE
[Ces fous] Qui, toujours assignant et toujours assignés, Souvent demeurent gueux de vingt procès gagnés, Épît. II dans GUEUX, EUSE
Riche, gueux, triste ou gai, je veux faire des vers, Sat. VII dans GUEUX, EUSE
[Boileau] N'est qu'un gueux revêtu des dépouilles d'Horace, Sat. IX dans GUEUX, EUSE
Les voyageurs sans guide assez souvent s'égarent, Sat. IV dans GUIDE
L'homme en ses passions toujours errant sans guide, Sat. X dans GUIDE
Quel chemin le plus droit à la gloire nous guide, Ou la vaste science ou la raison solide ?, Ép. VI dans GUIDER
Muse, c'est à ce coup que mon esprit timide Dans sa course élevée a besoin qu'on le guide, Lutr. VI dans GUIDER
Prends, au lieu de Platon, le Guidon des finances, Sat. VIII dans GUIDON
On n'a pas été plus indulgent pour Callisthène, qui, en certains endroits de ses écrits, ne s'élève pas proprement, mais se guinde si haut qu'on le perd de vue, Longin, Sublime, chap. 2 dans GUINDER
Du plus habile chantre un bouc était le prix, Art. p. III dans HABILE
Car tu ne seras pas de ces jaloux affreux, Habiles à se rendre inquiets, malheureux, Sat. X dans HABILE
L'un en style pompeux habillant une églogue, Disc. au roi. dans HABILLER
Souvent j'habille en vers une maligne prose, Sat. VII dans HABILLER
Le temps n'est plus, mes vers, où ma muse en sa force, Du Parnasse français formant les nourrissons, De si riches couleurs habillait ses leçons, Épît. X dans HABILLER
En vain certains rêveurs nous l'habillent en reine [la raison], Veulent sur tous nos sens la rendre souveraine, Sat. IV dans HABILLER
Il est fâcheux, grand roi, de se voir sans lecteur, Et d'aller du récit de ta gloire immortelle Habiller chez Francoeur le sucre et la cannelle, Épît. I dans HABILLER
Eschyle dans le choeur jeta les personnages, D'un masque plus honnête habilla les visages, Art p. III dans HABILLER
L'habit qu'il eut sur lui fut son seul héritage, Sat. I dans HABIT
L'ignorance et l'erreur à ses naissantes pièces [de Molière], En habit de marquis, en robes de comtesses, Venaient pour diffamer son chef-d'oeuvre nouveau, Ép. VII dans HABIT
Mille oiseaux effrayants, mille corbeaux funèbres De ces murs [la tour de Monthléry] désertés habitent les ténèbres, Lutr. III dans HABITER
Ce n'est point sur ses bords [du Permesse] qu'habite la richesse, Art p. IV dans HABITER
Le Saint-Esprit revient habiter dans son âme, Épître XI dans HABITER
Mais, lorsqu'à la chercher [la rime] d'abord on s'évertue, L'esprit à la trouver aisément s'habitue, Art p. I dans HABITUER
Dans Florence jadis vivait un médecin, Savant hâbleur, dit-on, et célèbre assassin, Art p. IV dans HÂBLEUR, EUSE
Cependant mon hâbleur avec une voix haute Porte à mes compagnons la santé de notre hôte, Sat. III dans HÂBLEUR, EUSE
Et le barreau n'a point de monstres si hagards, Dont mon oeil n'ait cent fois soutenu les regards, Lutrin, III dans HAGARD, ARDE
Je dois plus à leur haine [de mes ennemis], il faut que je l'avoue, Qu'au faible et vain talent dont la France me loue, Épître VII dans HAINE
Et jusqu'à je vous hais, tout s'y dit tendrement [dans les pièces de Quinault], Sat. III dans HAÏR
Tel qui hait à se voir peint en de faux portraits, Sans chagrin voit tracer ses véritables traits, Épît. IX dans HAÏR
Le moine secoua le cilice et la haire, Lutr. VI dans HAIRE
Et le teint plus jauni que de vingt ans de hâle, Épître X dans HÂLE
Malheureux, laisse en paix ton cheval vieillissant, De peur que tout à coup, efflanqué, sans haleine, Il ne laisse en tombant son maître sur l'arène, Épître X dans HALEINE
Le vieillard, accablé de l'horrible Artamène, Tombe aux pieds du prélat sans pouls et sans haleine, Lutr. V dans HALEINE
Mais c'est assez parlé ; prenons un peu d'haleine, Sat. VII dans HALEINE
Un pauvre bûcheron, dans l'extrême vieillesse, Marchait en haletant de peine et de détresse...., Poésies div. 28 dans HALETER
Sans cesse poursuivant ces fugitives fées, On voit sous les lauriers haleter les Orphées, Ép. II dans HALETER
Le Parnasse parla le langage des halles, Art p. I dans HALLE
Halte-là donc, ma plume, Sat. XI dans HALTE
C'est un petit village ou plutôt un hameau Bâti sur le penchant d'un long rang de collines, Épître VI dans HAMEAU
Elle lit Rodriguez, fait l'oraison mentale, Va pour les malheureux quêter dans les maisons, Hante les hôpitaux, visite les prisons, Sat. X dans HANTER
Et, sur le ton grondeur lorsqu'elle [la femme revêche] les harangue [ses valets], Il faut voir de quels mots elle enrichit la langue, Sat. X dans HARANGUER
Il n'harangua que de promesses et de grands dons à ceux qui se signalleroient, II, 393 dans HARANGUER
Des harangueurs du temps l'ennuyeuse éloquence, Sat. VIII dans HARANGUEUR
Dites que, harcelé par les plus vils rimeurs, Jamais, blessant leurs vers, il n'effleura leurs moeurs, Épît. X dans HARCELÉ, ÉE
Je laisse aux plus hardis l'honneur de la carrière, Épît. I dans HARDI, IE
Un fourbe cependant, assez haut de corsage, Et qui lui ressemblait [à l'honneur] de geste et de visage, Prend son temps, et partout ce hardi suborneur S'en va chez les humains crier qu'il est l'honneur, Sat. X dans HARDI, IE
Ô toi.... Qui, par les traits hardis d'un bizarre pinceau, Mis l'Italie en feu pour la perte d'un seau, Lutr. IV dans HARDI, IE
Souvent dans son orgueil un subtil ignorant Blâme des plus beaux vers la noble hardiesse, Art p. IV dans HARDIESSE
Des villes que tu prends les noms durs et barbares.... Oui, partout de son nom chaque place munie Tient bon contre le vers et détruit l'harmonie, Épît. IV dans HARMONIE
Il est un heureux choix de mots harmonieux ; Fuyez des mauvais sons le concours odieux, Art p. I dans HARMONIEUX, EUSE
La force tenait lieu de droit et d'équité.... Mais du discours enfin l'harmonieuse adresse De ces sauvages moeurs adoucit la rudesse, ib. IV dans HARMONIEUX, EUSE
Gardez-vous d'imiter ce rimeur furieux Qui, de ses vains écrits lecteur harmonieux, Aborde en récitant quiconque le salue, Art p. IV dans HARMONIEUX, EUSE
Savez-vous pour la gloire oublier le repos, Et dormir en plein champ le harnois sur le dos ?, Sat. V dans HARNAIS ou HARNOIS
Mais pourtant on a vu le vin et le hasard Inspirer quelquefois une muse grossière, Art p. II dans HASARD
Je me mets au hasard de me faire rouer [par les voitures], Sat. VI dans HASARD
Mais la postérité d'Alfane et de Bayard, Quand ce n'est qu'une rosse, est vendue au hasard, Sat. V dans HASARD
Chacun s'arme au hasard du livre qu'il rencontre, Lutr. V dans HASARD
Et tous les jours, en me promenant d'un bout de ma chambre à l'autre, je suis au hasard de tomber et de me casser la tête, Lett. à Brossette, 3 janvier 1710 dans HASARD
De quel genre te faire, équivoque maudite Ou maudit ? car sans peine, aux rimeurs hasardeux, L'usage encor, je crois, laisse le choix des deux, Sat. XI dans HASARDEUX, EUSE
Traiter tout noble mot de terme hasardeux, Épît. X dans HASARDEUX, EUSE
Les morceaux trop hâtés se pressent dans sa bouche, Lutrin, I dans HÂTÉ, ÉE
L'ivoire trop hâté deux fois rompt sur sa tête, ib. V dans HÂTÉ, ÉE
Gardez qu'une voyelle à courir trop hâtée Ne soit d'une voyelle en son chemin heurtée, Art p. I dans HÂTÉ, ÉE
Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, Art p. I dans HÂTER
Un fourbe cependant, assez haut de corsage, Sat. X dans HAUT, AUTE
Vanter le faux éclat de sa haute naissance, Sat. V dans HAUT, AUTE
Ce poëte orgueilleux [Ronsard] trébuché de si haut, Art p. I dans HAUT, AUTE
Mais souvent dans ce style [le style pastoral] un rimeur aux abois Jette là, de dépit, la flûte et le hautbois, Et, follement pompeux en sa verve indiscrète, Au milieu d'une églogue entonne la trompette, Art p. II dans HAUTBOIS
C'est en vain qu'au Parnasse un téméraire auteur Pense de l'art des vers atteindre la hauteur, Art p. I dans HAUTEUR
Sophocle.... Lui donna [à la tragédie] chez les Grecs cette hauteur divine Où jamais n'atteignit la faiblesse latine, Art p. III dans HAUTEUR
Hé bien ! contentez donc l'orgueil qui vous enivre, Épît. X dans
Je laisse aux doucereux ce langage affecté, Où s'endort un esprit de mollesse hébété, Sat. IX dans HÉBÉTÉ, ÉE
Après l'Agésilas, Hélas ! Mais après l'Attila, Holà !, Épigr. VII dans HÉLAS
Sur le haut Hélicon leur veine méprisée Fut toujours des neuf soeurs la fable et la risée, Disc. au roi. dans HÉLICON
Que toujours, dans vos vers, le sens coupant les mots Suspende l'hémistiche, en marque le repos, Art p. I dans HÉMISTICHE
Je ne sais point au ciel placer un ridicule, D'un nain faire un Atlas, ou d'un lâche un Hercule, Disc. au roi. dans HERCULE
Tel Hercule filant rompait tous les fuseaux, Lutr. V dans HERCULE
Et, sans distinction, dans tout sein hérétique, Pleins de joie enfoncer un poignard catholique, Sat. XI dans HÉRÉTIQUE
[Le faux honneur] Lui dit [à Claude, ministre protestant de Charenton] : si tu te rends, sais-tu ce qu'on va dire ? Dans son heureux retour lui montre un faux malheur, Lui peint de Charenton l'hérétique douleur, Épît. III dans HÉRÉTIQUE
Contre ce docteur authentique, Si du jeûne [Bourdaloue] il prend l'intérêt, Bacchus le déclare hérétique, Et janséniste qui pis est, Poés. div. IV dans HÉRÉTIQUE
Tout hérissé de grec, tout bouffi d'ignorance, Sat. IV dans HÉRISSÉ, ÉE
Le chardon importun hérissa les guérets, Épît. III dans HÉRISSER
La prose la [la pointe] reçut aussi bien que les vers ; L'avocat au palais en hérissa son style, Art p. II dans HÉRISSER
L'habit qu'il eut sur lui fut son seul héritage, Sat. I dans HÉRITAGE
Du langage français bizarre hermaphrodite, De quel genre te faire, équivoque maudite Ou maudit ?, Sat. XI dans HERMAPHRODITE
Endosser l'écarlate et se fourrer d'hermine, Sat. VIII dans HERMINE
Sans sortir de leurs lits plus doux que leurs hermines, Lutr. I dans HERMINE
Qu'en lui jusqu'aux défauts tout se montre héroïque, Art p. III dans HÉROÏQUE
Combien Homère est héroïque lui-même en peignant le caractère d'un héros !, Sublime, 7 dans HÉROÏQUE
On peut être héros sans ravager la terre, Épît. I dans HÉROS
....Un écrivain qui s'aime Forme tous ses héros semblables à soi-même, Art p. III dans HÉROS
Tous ces héros sont-ils connus dans l'histoire ? - Non ; il y en a beaucoup de chimériques parmi eux. - Des héros chimériques ! et sont-ce des héros ? - Comment ! Si ce sont des héros ! ce sont eux qui ont toujours le haut bout dans les livres et qui battent infailliblement les autres, Héros de romans dans HÉROS
Le nouveau Cicéron tremblant, décoloré, Cherche en vain son discours sur sa langue égaré ; ....Il hésite, il bégaie..., Lutr. VI dans HÉSITER
Et, dans mon cabinet assis au pied des hêtres, Faire dire aux échos des sottises champêtres, Sat. IX dans HÊTRE
Donnons à ce grand oeuvre [la destruction du lutrin] une heure d'abstinence ; Et qu'au retour tantôt un ample déjeuner...., Lutrin, IV dans HEURE
Il est un heureux choix de mots harmonieux ; Fuyez des mauvais sons le concours odieux, Art p. I dans HEUREUX, EUSE
L'un me heurte d'un ais dont je suis tout froissé, Sat. VI dans HEURTER
Gardez qu'une voyelle à courir trop hâtée Ne soit d'une voyelle en son chemin heurtée, Art p. I dans HEURTER
Là, Xénophon dans l'air heurte contre un La Serre, Lutr. V dans HEURTER
Ce magistrat de hideuse mémoire, Sat. X dans HIDEUX. EUSE
Le bruit court qu'avant-hier on vous assassina, Ép. VI dans HIER
Hier, dit-on, de vous on parla chez le roi, ib. dans HIER
Mais quand je lis ces vers par votre onde [les eaux de Bourbon] inspirés, Il me paraît, admirable fontaine, Que vous n'eûtes jamais la vertu d'Hippocrène, Épig. XVIII dans HIPPOCRÈNE
Mais un roi vraiment roi, qui, sage en ses projets, Sache en un calme heureux maintenir ses sujets, Qui du bonheur public ait cimenté sa gloire, Il faut pour le trouver courir toute l'histoire, Épît. I dans HISTOIRE
Boileau, qui, dans ses vers pleins de sincérité, Jadis à tout son siècle a dit la vérité, Qui mit à tout blâmer son étude et sa gloire, A pourtant de ce roi parlé comme l'histoire, ib. II dans HISTOIRE
Rossinante, la fleur des coursiers d'Ibérie, Qui, trottant nuit et jour et par monts et par vaux, Galopa, dit l'histoire, une fois en sa vie, Poés. div. XX dans HISTOIRE
....Cousin des quatre fils Aimon Dont tu lis quelquefois la merveilleuse histoire, Épît. X dans HISTOIRE
Un souvenir fâcheux apporte en mon esprit Ces histoires de morts lamentables, tragiques, Dont Paris tous les ans peut grossir ses chroniques, Sat. X dans HISTOIRE
Sans tous ces ornements [de la Fable] le vers tombe en langueur.... ; Le poëte n'est plus qu'un orateur timide, Qu'un froid historien d'une fable insipide, Art p. III dans HISTORIEN
Je consens.... Qu'à Paris le gibier manque tous les hivers, Sat. III dans HIVER
L'été n'a point de feux, l'hiver n'a point de glace, Lutr. II dans HIVER
Là, depuis trente hivers un hibou retiré, Lutr. III dans HIVER
Après l'Agésilas, Hélas ! Mais après l'Attila, Holà !, Épigr. VII dans HOLÀ
Un clerc pour quinze sous, sans craindre le holà, Peut aller au parterre attaquer Attila, Sat. IX dans HOLÀ
Puis sur une autre table, avec un air plus sombre, S'en aller méditer une vole au jeu d'hombre, Sat. X dans HOMBRE
Perrault l'antipindarique Et Despréaux l'homérique Consentent à s'embrasser, Épigr. XXIX. dans HOMÉRIQUE
L'homme de la nature est le chef et le roi, Sat. VIII dans HOMME
De tous les animaux qui s'élèvent dans l'air, Qui marchent sur la terre ou nagent dans la mer, De Paris au Pérou, du Japon jusqu'à Rome, Le plus sot animal, à mon avis, c'est l'homme, ib. dans HOMME
L'homme en ses passions toujours errant sans guide A besoin qu'on lui mette et le mors et la bride, Sat. X dans HOMME
Sa table toutefois sans superfluité N'avait rien que d'honnête en sa frugalité, Sat. X dans HONNÊTE
Pour paraître honnête homme, en un mot, il faut l'être, Sat. X dans HONNÊTE
L'argent en honnête homme érige un scélérat, Épît. V dans HONNÊTE
Le latin dans les mots brave l'honnêteté, Mais le lecteur français veut être respecté, Art p. II dans HONNÊTETÉ
N'allons point à l'honneur par de honteuses brigues, Art p. IV dans HONNEUR
Mais l'honneur en effet qu'il faut que l'on admire, Quel est-il, Valincourt, pourras-tu me le dire ? L'ambitieux le met souvent à tout brûler, Sat. X dans HONNEUR
L'honneur est comme une île escarpée et sans bords ; On n'y peut plus rentrer, dès qu'on en est dehors, ib. X dans HONNEUR
....Le seul honneur solide, C'est de prendre toujours la vérité pour guide, ib. X dans HONNEUR
Marchez, courez, volez où l'honneur vous appelle, Lutr. III dans HONNEUR
Martyr glorieux d'un point d'honneur nouveau, Lutr. III dans HONNEUR
Entendons discourir sur les bancs des galères Ce forçat abhorré même de ses confrères ; Il plaint par un arrêt injustement donné L'honneur en sa personne à ramer condamné, Épil. X dans HONNEUR
Que la nature donc soit votre étude unique, Auteurs qui prétendez aux honneurs du comique, Art p. III dans HONNEUR
....La grêle Qui, dans un grand jardin, à coups impétueux, Abat l'honneur naissant des rameaux fructueux, Lutr. V dans HONNEUR
Mais nous autres faiseurs de livres et d'écrits, Sur les bords du Permesse aux louanges nourris, Nous ne saurions briser nos fers et nos entraves, Du lecteur dédaigneux honorables esclaves, Ép. VI dans HONORABLE
Aux temps les plus féconds en Phrynés, en Laïs, Plus d'une Pénélope honora son pays, Sat. X dans HONORER
Mais aucun de ces maux n'égala les rigueurs Que la mauvaise honte exerça dans les coeurs ; De ce nid à l'instant sortirent tous les vices, Ép. III dans HONTE
Vous irez à la fin honteusement exclus Trouver au magasin Pyrame et Régulus, Épit. X dans HONTEUSEMENT
Il est vrai que du roi la bonté secourable.... Va tirer désormais Phébus de l'hôpital, Sat. I dans HÔPITAL
Cette vertu sauvage Qui court à l'hôpital et n'est plus en usage, Sat. I dans HÔPITAL
Ou le temps qui s'enfuit une horloge à la main, Art p. III dans HORLOGE
Hormis toi, tout chez toi rencontre un doux accueil, Sat. X dans HORMIS
D'une subite horreur leurs cheveux se hérissent, Lutr. III dans HORREUR
Après cela, docteur, va pâlir sur la Bible.... Perce la sainte horreur de ce livre divin, Sat. VIII dans HORREUR
Et, dans la sacristie entrant, non sans terreur, En percent jusqu'au fond la ténébreuse horreur, Lutr. III dans HORREUR
Partez ; mais à ces mots les champions pâlissent, De l'horreur du péril leurs courages frémissent, Lutrin, IV, vers supprimés. dans HORREUR
Misérables jouets de notre vanité Nous cherchons hors de nous nos vertus et nos vices, Épît. III dans HORS
On n'y peut plus souffrir ses vertus hors de mode, Sat. X dans HORS
T'ai-je encore décrit la dame brelandière Qui des joueurs chez soi se fait cabaretière, Et souffre des affronts que ne souffrirait pas L'hôtesse d'une auberge à dix sous par repas ?, Sat. X dans HÔTE, ESSE
Que dit-il [l'âne] quand il voit, avec la mort en trousse, Courir chez un malade un assassin en housse ?, Sat. VIII dans HOUSSE
Et Socrate par lui, dans un choeur de nuées, D'un vil amas de peuple attirer les huées, Art p. III dans HUÉE
Et bientôt vous verrez mille auteurs pointilleux.... Traiter tout noble mot de terme hasardeux, Et, dans tous vos discours, comme monstres hideux, Huer la métaphore et la métonymie, Épît. X dans HUER
Avant qu'un tel dessein m'entre dans la pensée, On pourra voir la Seine à la Saint-Jean glacée, Arnauld à Charenton devenir huguenot, Saint-Sorlin janséniste, et Saint-Pavin dévot, Sat. I dans HUGUENOT, OTE
Deux salades.... Dont l'huile de fort loin saisissait l'odorat, Et nageait dans des flots de vinaigre rosat, Sat. III dans HUILE
Valet souple au logis, fier huissier à l'église, Lutr. IV dans HUISSIER
Un aigle, sur un champ prétendant droit d'aubaine, Ne fait point appeler un aigle à la huitaine, Sat. VIII dans HUITAINE
Des sottises d'autrui nous vivons au Palais ; Messieurs, l'huître était bonne : adieu, vivez en paix, Épît. II dans HUÎTRE
La chasteté déjà, la rougeur sur le front, Avait chez les humains reçu plus d'un affront, Sat. X dans HUMAIN, AINE
Telle aimable en son air, mais humble dans son style, Doit éclater sans pompe une élégante idylle, Art p. II dans HUMBLE
Le noble.... Humblement du faquin rechercha l'alliance, Sat. V dans HUMBLEMENT
D'un breuvage.... Gilotin, avant tout, le veut voir humecté, Lutr. V dans HUMECTÉ, ÉE
Les climats font souvent les diverses humeurs, Art p. III dans HUMEUR
Tout a l'humeur gasconne en un auteur gascon, ib. dans HUMEUR
Le temps, qui change tout, change aussi nos humeurs, ib. dans HUMEUR
Il [le Rhin] voit fuir à grands pas ses naïades craintives Qui toutes accourant vers leur humide roi, Ép. IV dans HUMIDE
Ou que Bernier compose et le sec et l'humide Des corps ronds et crochus errant parmi le vide, Ép. V dans HUMIDE
Son coeur, toujours nourri dans la dévotion, De trop bonne heure apprit l'humiliation, Sat. X dans HUMILIATION
....Il croit dans sa folie, Qu'il faut que devant lui tout d'abord s'humilie, Sat. V dans HUMILIER
L'ambition partout chassa l'humilité, Lutrin, VI dans HUMILITÉ
Allez donc de ce pas par de saints hurlements Vous-mêmes appeler les chanoines dormants, Lutr. IV dans HURLEMENT
Laissons hurler là-bas tous ces damnés antiques, Sat. XI dans HURLER
Eh ! quel objet enfin à présenter aux yeux Que le diable toujours hurlant contre les cieux ?, Art p. III dans HURLER
Je vois hurler en vain la chicane ennemie, Lutr. VI dans HURLER
Dis-moi donc, laissant là cette folle hurler..., Sat. X dans HURLER
Cérès s'enfuit éplorée De voir en proie à Borée Ses guérets d'épis chargés ; Et sous les urnes fangeuses Des Hyades orageuses Tous ses trésors submergés, Ode sur la prise de Namur. dans HYADES
Ainsi que ses chagrins, l'hymen a ses plaisirs, Sat. x. dans HYMEN
Et bientôt vous verrez mille auteurs pointilleux, Pièce à pièce épluchant vos sons et vos paroles, Interdire chez vous l'entrée aux hyperboles, Épître X dans HYPERBOLE
Juvénal, élevé dans les cris de l'école, Poussa jusqu'à l'excès sa mordante hyperbole, Art p. II dans HYPERBOLE
Non, mais cent fois la bête a vu l'homme hypocondre Adorer le métal que lui-même il fit fondre, Sat. VIII dans HYPOCONDRE
De ces femmes pourtant l'hypocrite noirceur Au moins pour un mari garde quelque douceur, Sat. X dans HYPOCRITE
Sur quelle vigne à Reims nous avons hypothèque, Lutr. IV dans HYPOTHÈQUE
Selon que notre idée est plus ou moins obscure, L'expression la suit ou moins nette ou plus pure, Art p. I dans IDÉE
Un avare, idolâtre et fou de son argent, Sat. IV dans IDOLÂTRE
Telle aimable en son air, mais humble dans son style, Doit éclater sans pompe une élégante idylle ; Son tour simple et naïf n'a rien de fastueux, Et n'aime point l'orgueil d'un vers présomptueux, Art p. II dans IDYLLE
Antoine, gouverneur de mon jardin d'Auteuil, Qui diriges chez moi l'if et le chèvrefeuil, Épît. X dans IF
L'ignorance toujours est prête à s'admirer, Art p. I dans IGNORANCE
L'ignorance vaut mieux qu'un savoir affecté, Ép. IX dans IGNORANCE
Que serait-ce donc si j'allais lui faire voir.... ses ignorances sur Platon ?, Réfl. sur Longin, Concl. des neuf premières réflex. dans IGNORANCE
Dieu a permis qu'il soit tombé dans des ignorances si grossières qu'elles lui ont attiré la risée de tous les gens de lettres, ib. dans IGNORANCE
Choqué de l'ignorante audace avec laquelle il [Perrault] y décide de tout ce qu'il y a de plus révéré dans les lettres, Réfl. sur Longin, Conclusion des neuf premières réflex. dans IGNORANT, ANTE
Qu'heureux est le mortel qui, du monde ignoré, Vit content de soi-même en un coin retiré !, Épît. VI dans IGNORÉ, ÉE
J'ignore ce grand art qui gagne une maîtresse, Sat. I dans IGNORER
Mais souvent un auteur qui se flatte et qui s'aime, Méconnaît son génie et s'ignore soi-même, Art p. I dans IGNORER
Et ces fleurs qui là-bas entre elles se demandent S'il est fête au village..., Épît. X dans IL, au singulier, ILS, au pluriel
Le seul courroux d'Achille, avec art ménagé, Remplit abondamment une Iliade entière, Art p. III dans ILIADE
Enfin, après Arnaud, ce fut l'illustre en France Que j'admirai le plus, Poésies div. 23 dans ILLUSTRE
C'est par là que Molière illustrant ses écrits..., Art p. III dans ILLUSTRER
Il n'est point de serpent ni de monstre odieux Qui, par l'art imité, ne puisse plaire aux yeux, Art p. III dans IMITÉ, ÉE
Imite mon exemple ; et, lorsqu'une cabale, Un flot de vains auteurs follement te ravale, Profite de leur haine, Épît. VII dans IMITER
Pour t'immortaliser tu fais de vains efforts, Épît. I dans IMMORTALISER
Vous vous flattez peut-être en votre vanité D'aller comme un Horace à l'immortalité, Sat. IX dans IMMORTALITÉ
....L'impertinent auteur ! L'ennuyeux écrivain ! le maudit traducteur !, Sat. IX dans IMPERTINENT, ENTE
Au récit imprévu de l'horrible insolence, Le prélat hors du lit impétueux s'élance, Lutr. V dans IMPÉTUEUX, EUSE
Sur un bouclier noir sept chefs impitoyables Épouvantent les dieux de serments effroyables, Sublime, ch. 13 dans IMPITOYABLE
Importun à tout autre, à soi-même incommode, Sat. VIII dans IMPORTUN, UNE
Vois-tu cet importun que tout le monde évite, Cet homme à toujours fuir, qui jamais ne vous quitte ?, Épître IX dans IMPORTUN, UNE
Vous les verrez bientôt, féconds en impostures, Amasser contre vous des volumes d'injures, Sat. IX dans IMPOSTURE
Dès que l'impression fait éclore un poëte, Il est esclave né de quiconque l'achète, Sat. IX dans IMPRESSION
Un jeune homme toujours bouillant dans ses caprices Est prêt à recevoir l'impression des vices, Art p. III dans IMPRESSION
Le Jonas inconnu sèche dans la poussière ; Le David imprimé n'a point vu la lumière, Sat. IX dans IMPRIMÉ, ÉE
Douze ans sont écoulés depuis le jour fatal Qu'un libraire, imprimant les essais de ma plume...., Ép. VI dans IMPRIMER
Le son des flûtes imprimant dans l'oreille le mouvement de sa cadence, Longin, Sublime, 32 dans IMPRIMER
Il met tous les matins six impromptus au net, Art p. II dans IMPROMPTU
En vain vous me frappez d'un son mélodieux, Si le terme est impropre ou le tour vicieux, Art p. I dans IMPROPRE
C'est alors [par les casuistes] que l'on sut qu'on peut pour une pomme, Sans blesser la justice, assassiner un homme ; Assassiner ! ah ! non, je parle improprement...., Sat. XI dans IMPROPREMENT
....De pèlerins une troupe grossière.... Joua les saints, la Vierge et Dieu, par piété ; Le savoir, à la fin dissipant l'ignorance, Fit voir de ce projet la dévote imprudence, Art p. III dans IMPRUDENCE
Du nom de fierté noble on orna l'impudence, Et la fourbe passa pour exquise prudence, Sat. XI dans IMPUDENCE
Jamais la biche en rut n'a pour fait d'impuissance Traîné du fond des bois un cerf à l'audience, Sat. VIII dans IMPUISSANCE
Écrive qui voudra ; chacun à ce métier Peut perdre impunément de l'encre et du papier, Sat. IX dans IMPUNÉMENT
Tous les jours, à la cour, un sot de qualité Peut juger de travers avec impunité, Sat. IX dans IMPUNITÉ
Du moindre sens impur la liberté l'outrage, Si la pudeur des mots n'en adoucit l'image, Art p. II dans IMPUR, URE
Des lits au bruit inaccessibles, Lutr. IV dans INACCESSIBLE
Le seul chanoine Évrard, d'abstinence incapable, Ose encore proposer qu'on apporte la table, Lutr. IV dans INCAPABLE
La vieillesse chagrine incessamment amasse, Art p. III dans INCESSAMMENT
La douleur vertueuse De Phèdre malgré soi perfide, incestueuse, Ép. VII dans INCESTUEUX, EUSE
N'offrez point un sujet d'incidents trop chargé, Art p. III dans INCIDENT
Te livrer le Bosphore, et, d'un vers incivil, Proposer au sultan de te céder le Nil, Épît. I dans INCIVIL, ILE
Importun à tout autre, à soi-même incommode, Sat. VIII dans INCOMMODE
Mais du plus grand des rois la bonté sans limite, Toujours prête à courir au-devant du mérite, Crut voir dans ma franchise un mérite inconnu, Ép. V dans INCONNU, UE
Le Jonas [nom d'un poëme] inconnu sèche dans la poussière, Sat. IX dans INCONNU, UE
Il faut voir de ce pas les plus considérables ; L'un demeure au Marais, et l'autre aux Incurables, Ép. VI dans INCURABLE
Laissez là, croyez-moi, gronder les indévots, Et sur votre salut demeurez en repos, Sat. X dans INDÉVOT, OTE
Assez de sots sans moi feront parler la ville, Disait, le mois passé, ce marquis indocile, Qui depuis quinze jours dans le piége arrêté, Entre les bons maris pour exemple cité...., Sat. VIII dans INDOCILE
Quatre boeufs attelés d'un pas tranquille et lent Promenaient dans Paris le monarque indolent, Lutr. II dans INDOLENT, ENTE
Mais chacun pour soi-même est toujours indulgent, Sat. IV dans INDULGENT, ENTE
Qu'importe qu'en tous lieux on me traite d'infâme ?.... Dans mon coffre, tout plein de rares qualités, J'ai cent mille vertus en louis bien comptés, Épître V dans INFÂME
Un vil amour du gain infectant les esprits, Art p. IV dans INFECTER
Lorsqu'il entend de loin d'une gueule infernale La chicane en fureur mugir dans la grand'salle, Sat. VIII dans INFERNAL, LE
Quoi ! dis-je tout chagrin, dans ma verve infertile, Des vertus de mon roi spectateur inutile...., Épît. I dans INFERTILE
Laissant de Galien la science infertile, D'ignorant médecin devint maçon habile, Épigr. IX dans INFERTILE
Un sage ami, toujours rigoureux, inflexible, Sur vos fautes jamais ne vous laisse paisible, Art p. I dans INFLEXIBLE
C'est par là qu'un auteur que presse l'indigence Peut des astres malins corriger l'influence, Sat. I dans INFLUENCE
S'il [le poëte] ne sent point du ciel l'influence secrète, Art p. I dans INFLUENCE
La tragédie informe et grossière en naissant N'était qu'un simple choeur...., Art p. III dans INFORME
À ces mots il saisit un vieil infortiat Grossi des visions d'Accurse et d'Alciat, Lutrin, V dans INFORTIAT
Mais pour moi de Paris citoyen inhabile, Épît. VI dans INHABILE
Le nouveau roi [le faux honneur] triomphe, et, sur ce droit inique, Bâtit de vaines lois un code fantastique, Sat. X dans INIQUE
Vous verrez tous les jours le chanoine insolent Au seul mot de hibou vous sourire en parlant ; Votre âme, à ce penser, de colère murmure ; Allez donc de ce pas en prévenir l'injure, Lutr. III dans INJURE
Vous les verrez bientôt, féconds en impostures, Amasser contre vous des volumes d'injures, Sat. IX dans INJURE
Un injuste guerrier, terreur de l'univers, Sat. X dans INJUSTE
Même aux yeux de l'injuste un injuste est horrible, Sat. X dans INJUSTE
La satire, en leçons, en nouveautés fertile, Sait seule assaisonner le plaisant et l'utile.... Elle seule, bravant l'orgueil et l'injustice, Va jusques sous le dais faire pâlir le vice, Sat. IX dans INJUSTICE
Dans les temps bienheureux du monde en son enfance, Chacun mettait sa gloire en sa seule innocence, Sat. V dans INNOCENCE
Traiter en vos écrits chaque vers d'attentat, Et d'un mot innocent faire un crime d'État, Sat. IX dans INNOCENT, ENTE
On dirait que le ciel, qui se fond tout en eau, Veuille inonder ces lieux d'un déluge nouveau, Sat. VI dans INONDER
Il va nous inonder des torrents de sa plume, Lutr. IV dans INONDER
Et chacun tour à tour s'inondant de ce jus [le vin], Célébrer, en buvant, Gilotin et Bacchus, Lutr. III dans INONDER
D'un Pinchène in-quarto Dodillon étourdi, Lutr. V dans IN-QUARTO
Je vous trouve aujourd'hui l'âme toute inquiète, Sat. III dans INQUIET, ÈTE
Mais Évrard, en passant coudoyé par Boirude, Ne sait point contenir son aigre inquiétude, Lutr. V dans INQUIÉTUDE
Un insecte rampant qui ne vit qu'à demi, Un taureau qui rumine, une chèvre qui broute, Ont l'esprit mieux tourné que n'a l'homme ? oui sans doute, Sat. VIII dans INSECTE
Et [mon esprit] ne saurait souffrir qu'une phrase insipide Vienne à la fin d'un vers remplir la place vide, Sat. II dans INSIPIDE
Un poëme insipide et sottement flatteur Déshonore à la fois le héros et l'auteur, ib. IX dans INSIPIDE
Pour éblouir les yeux, la fortune arrogante Affecta d'étaler une pompe insolente, Épître IX dans INSOLENT, ENTE
Et, maudissant cent fois le démon qui m'inspire, Je fais mille serments de ne jamais écrire, Sat. II dans INSPIRER
Et déjà le notaire a, d'un style énergique, Griffonné de ton joug l'instrument authentique, Sat. X dans INSTRUMENT
Evrard seul, en un coin prudemment retiré, Se croyait à couvert de l'insulte sacré, Lutr. V dans INSULTE
Deux puissants ennemis.... à nos sacrés autels font un profane insulte, ib. VI dans INSULTE
Tous ses bords [d'une rivière] sont couverts de saules non plantés Et de noyers souvent du passant insultés, Épît. VI dans INSULTÉ, ÉE
Que tout, jusqu'à Pinchêne, et m'insulte et m'accable : Aujourd'hui, vieux lion, je suis doux et traitable, Épît. V dans INSULTER
....Cotin nous peut-il nuire, Et par ses cris enfin que saurait-il produire ? Interdire à mes vers, dont peut-être il fait cas, L'entrée aux pensions où je ne prétends pas ?, Sat. IX dans INTERDIRE
Voulez-vous longtemps plaire et jamais ne lasser ? Faites choix d'un héros propre à m'intéresser, Art p. III dans INTÉRESSER
La mollesse en pleurant.... Laisse tomber ces mots qu'elle interrompt vingt fois, Lutrin, II dans INTERROMPRE
Mais souvent sur ses vers un auteur intraitable à les protéger tous se croit intéressé, Art p. I dans INTRAITABLE
En achevant ces mots, la déesse guerrière.... Rend aux trois champions leur intrépidité, Lutr. III dans INTRÉPIDITÉ
Ne descendons jamais dans ces lâches intrigues, N'allons point à l'honneur par de honteuses brigues, Art p. IV dans INTRIGUE
Et qui, débrouillant mal une pénible intrigue, D'un divertissement me fait une fatigue, Art p. III dans INTRIGUE
L'âge viril, plus mûr, inspire un air plus sage, Se pousse auprès des grands, s'intrigue, se ménage, Art p. III dans INTRIGUER
L'argent, l'argent, dit-on, sans lui tout est stérile ; La vertu sans l'argent n'est qu'un meuble inutile, Épître V dans INUTILE
Virgile au prix de lui n'a pas d'invention, Art p. III dans INVENTION
Le poëte [épique] s'égaye en mille inventions, Orne, élève, embellit, agrandit toutes choses, Art p. III dans INVENTION
Mais qui peut t'assurer qu'invincible aux plaisirs, Elle conservera sa première innocence ?, Sat. X dans INVINCIBLE
L'ode.... Vante un baiser cueilli sur les lèvres d'Iris, Art poét. II dans IRIS
Irai-je, de sang-froid et sans être amoureux, Pour quelque Iris en l'air faire le langoureux ?, Sat. IX dans IRIS
Il a une facilité merveilleuse à manier l'ironie, Sublime, 28 dans IRONIE
Je ne sais pas comment, ferme en votre doctrine, Des ironiques mots de sa bouche divine Vous pourriez, sans rougeur et sans confusion, Soutenir l'amertume et la dérision, Ép. XI dans IRONIQUE
Par le sel irritant la soif est allumée, Lutr. V dans IRRITANT, ANTE
Il [un mauvais auteur] ne gagnera rien sur ce juge irrite [le lecteur] Qui lui fait son procès de pleine autorité, Sat. IX dans IRRITÉ, ÉE
Quel démon vous irrite et vous porte à médire ?, Sat. IX dans IRRITER
Alors soyez issu des plus fameux monarques, Sat. V dans ISSU, UE
L'ivoire [peigne] trop hâté deux fois rompt sur sa tête, Lutr. V dans IVOIRE
Tantale est ivre comme une soupe, Héros de romans. dans IVRE
Je les fis toutes deux [l'Iliade et l'Odyssée] plein d'une douce ivresse : Je chantais, Homère écrivait, Poés. div. XX dans IVRESSE
Dans Florence jadis vivait un médecin, Art p. IV dans JADIS
Son rabat jadis blanc, et sa perruque antique, Sat. III dans JADIS
Des veines d'un caillou qu'il frappe au même instant, Il fait jaillir un feu qui pétille en sortant, Lutr. III dans JAILLIR
Fuyez surtout, fuyez ces basses jalousies, Des vulgaires esprits malignes frénésies, Art p. IV dans JALOUSIE
Tels deux fougueux taureaux, de jalousie épris, Auprès d'une génisse au front large et superbe...., Art p. V dans JALOUSIE
Certain fat qu'à sa mine discrète Et son maintien jaloux j'ai reconnu poëte, Sat. III dans JALOUX, OUSE
....Tu ne seras pas de ces jaloux affreux, Habiles à se rendre inquiets, malheureux, Qui, tandis qu'une épouse à leurs yeux se désole, Pensent toujours qu'une autre en secret la console, Sat. X dans JALOUX, OUSE
Mais depuis le moment que cette frénésie De ses noires vapeurs troubla ma fantaisie, Et qu'un démon jaloux de mon contentement M'inspira le dessein d'écrire poliment, Sat. II dans JALOUX, OUSE
La vertu n'était point sujette à l'ostracisme, Ni ne s'appelait point alors un jansénisme, Sat. X dans JANSÉNISME
Affronter en plein champ les fureurs de janvier, Ou demeurer oisive au retour du Bélier, Sat. VIII dans JANVIER
Il [le riche] peut dans son jardin, tout peuplé d'arbres verts, Recéler le printemps au milieu des hivers, Sat. VI dans JARDIN
On dit que ton front jaune et ton teint sans couleur Perdit en ce moment son antique pâleur, Lutr. I dans JAUNE
Sentez-vous le citron dont on a mis le jus [dans une soupe] Avec des jaunes d'oeuf mêlés dans du verjus ?, Sat. III dans JAUNE
Mais où cherché-je ailleurs ce qu'on trouve chez nous ?, Épître I dans JE
Voir de quelle manière je m'y étais pris.... pour me jeter dans le style doucereux, Prolog. d'opéra, Avert. au lecteur dans JETER
Insipides plaisants, bouffons infortunés, D'un jeu de mots grossier partisans surannés, Art p. II dans JEU
....Ce marquis sage et prude, Et qui, sans cesse au jeu, dont il fait son étude, ....Voit sa vie ou sa mort sortir de son cornet, Sat. IV dans JEU
Eh ! que serait-ce donc si le démon du jeu, Versant dans son esprit sa ruineuse rage...., ib. X dans JEU
L'un, défenseur zélé des bigots mis en jeu, Pour prix de ses bons mots [de Molière] le condamnait au feu, Épitre VII dans JEU
Mais ce grand jeu chez vous comment l'autoriser ?, Sat. X dans JEU
Que pense-t-il de nous [l'âne], lorsque, sur le midi, Un hasard au palais le conduit un jeudi, Lorsqu'il entend de loin d'une gueule infernale La chicane en fureur mugir dans la grand'salle ?, Sat. VIII dans JEUDI
Le jeune homme, toujours bouillant dans ses caprices, Est prompt à recevoir l'impression des vices, Art p. III dans JEUNE
Jeune autrefois par vous dans le monde conduit, Sat. x dans JEUNE
La jeunesse en sa fleur brille sur son visage, Lutr. I dans JEUNESSE
Il trépigne de joie, il pleure de tendresse, Art p. I dans JOIE
Elle [l'élégie] peint des amants la joie et la tristesse, ib. II dans JOIE
Aux accès insolents d'une bouffonne joie La sagesse, l'esprit, l'honneur furent en proie, Art p. III dans JOIE
Mais cette vieillesse dans Homère après tout, c'est la vieillesse d'Homère, joint qu'en tous ces endroits-là il y a beaucoup plus de fable que d'action, Traité du subl. VII dans JOINT, OINTE
À mon gré, le Corneille est joli quelquefois, Sat. III dans JOLI, IE
Et la faux à la main, parmi vos marécages, Allez couper vos joncs et presser vos laitages, Épître IV dans JONC
Le plus grand jeu joué dans cette intention [de ne pas médire] Peut même devenir une bonne action, Sat. X dans JOUÉ, ÉE
Ce n'est pas quelquefois qu'une muse un peu fine Sur un mot en passant ne joue et ne badine, Art p. II dans JOUER
Elle plaint le malheur de la nature humaine Qui veut qu'en un sommeil où tout s'ensevelit Tant d'heures sans jouer se consument au lit, Sat. X dans JOUER
Il vaut mieux s'occuper à jouer qu'à médire, ib. dans JOUER
Voilà jouer d'adresse et médire avec art, Sat. IX dans JOUER
Qu'à son gré désormais la fortune me joue ; On me verra dormir au branle de sa roue, Épître V dans JOUER
Tel vous semble applaudir qui vous raille et vous joue, Art p. I dans JOUER
Après avoir joué tant d'auteurs différents, Épitre I dans JOUER
Un âne, le jouet de tous les animaux, Un stupide animal, sujet à mille maux, Dont le nom seul en soi comprend une satire, Sat. VIII dans JOUET
Oui, déjà le notaire a, d'un style énergique, Griffonné de ton joug l'instrument authentique, Sat. X dans JOUG
L'hyménée est un joug, et c'est ce qui m'en plaît, ib. dans JOUG
[La rime] Au joug de la raison sans peine elle fléchit, Et, loin de la gêner, la sert et l'enrichit, Art p. I dans JOUG
Tel écrit récité se soutint à l'oreille, Qui, dans l'impression au grand jour se montrant, Ne soutient pas des yeux le regard pénétrant, Art p. IV dans JOUR
Et toi, rebut du peuple, inconnu Caloandre, Dans ton repos, dit-on, saisi par Gaillerbois, Tu vis le jour alors pour la première fois, Lutr V dans JOUR
Pradon a mis au jour un livre contre vous, Épître VI dans JOUR
Je sens de jour en jour dépérir mon génie, Épître VIII dans JOUR
Mais qui pourrait compter le nombre de haillons.... Dont la femme, aux bons jours, composait sa parure ?, Sat. X dans JOUR
Et tout ce grand éclat de leur gloire ternie Ne sert plus que de jour à votre ignominie, Sat. V dans JOUR
Adoucissez, tant qu'il vous plaira, cette vérité dans votre esprit ; envisagez-la dans ses jours les plus favorables, Carême, Conf. dans JOUR
Tu viens de mettre ici l'hymen en son beau jour, Sat. X dans JOUR
Quand, la première fois, un athlète nouveau Vient combattre en champ clos aux joutes du barreau, Lutr. VI dans JOUTE
...Le petit enfant qui va, saute et revient, Et joyeux à sa mère offre un caillou qu'il tient, Art p. III dans JOYEUX, EUSE
Mais il est des objets que l'art judicieux Doit offrir à l'oreille et reculer des yeux, Art p. III dans JUDICIEUX, EUSE
Un auteur à genoux, dans une humble préface, Au lecteur qu'il ennuie a beau demander grâce ; Il ne gagnera rien sur ce juge irrité, Qui lui fait son procès de pleine autorité, Sat. IX dans JUGE
Des jugements d'autrui nous tremblons follement ; Et chacun l'un de l'autre adorant les caprices, Nous cherchons loin de nous nos vertus et nos vices, Épître III dans JUGEMENT
Ma foi, le jugement sert bien dans la lecture, Sat. III dans JUGEMENT
Là, tous mes sots, enflés d'une nouvelle audace, Ont jugé des auteurs en maîtres du Parnasse, Sat. III dans JUGER
Tous les jours à la cour un sot de qualité Peut juger de travers avec impunité, Sat. IX dans JUGER
Tel excelle à rimer qui juge sottement, Art p. IV dans JUGER
Point de glace, bon Dieu, dans le coeur de l'été, Au mois de juin ! pour moi, j'étais si transporté ...., Sat. III dans JUIN
Un astrolabe en main, elle a dans sa gouttière à suivre Jupiter passé la nuit entière, Sat. X dans JUPITER
....Son aigre fausset Semble un violon faux qui jure sous l'archet, Sat. III dans JURER
Chargé d'une triple bouteille D'un vin.... L'odeur d'un jus si doux lui rend le faix moins rude, Lutr. II dans JUS
Dès lors que son démon commence à l'agiter, Tout, jusqu'à sa servante, est prêt à déserter, Sat. VIII dans JUSQUE et JUSQUES
Que le bien et le mal y sont prisés au juste, Épît. IX dans JUSTE
Et pouvant justement l'égaler [Colbert] à Mécène, Épître IX dans JUSTEMENT
Mais notre hôte surtout pour la justesse et l'art Élevait jusqu'au ciel Théophile et Ronsard, Sat. III dans JUSTESSE
La Justice passa la balance à la main, Épître II dans JUSTICE
N'imite point ces fous dont la sotte avarice Va de ses revenus engraisser la justice, Epît. II dans JUSTICE
L'ardeur qui justifie et que Dieu vous envoie, Ép. XI dans JUSTIFIER
Et, loin sur ses défauts de la mortifier [une pénitente], Lui-même [le directeur] prend le soin de la justifier, Sat. X dans JUSTIFIER
Il est vrai, de tout temps la raison fut son lot [de l'homme] ; Mais de là je conclus que l'homme est le plus sot, Sat. VIII dans
Laborieux valet du plus commode maître Qui, pour te rendre heureux, ici-bas pouvait naître, Épît. X dans LABORIEUX, EUSE
Il n'irait point troubler la paix de ces fauvettes, S'il lui fallait toujours comme moi s'exercer, Labourer, couper, tondre, aplanir, palisser, Épître X dans LABOURER
La coquette tendit ses lacs tous les matins, .... Composa de sa main les fleurs de son visage, Épître IX dans LACS
L'or même à la laideur donne un teint de beauté ; Mais tout devient affreux avec la pauvreté, Sat. VIII dans LAIDEUR
Et la laine et la soie en cent façons nouvelles Apprirent à quitter leurs couleurs naturelles, Épît. IX dans LAINE
Aux temps les plus fréquents en Phrynés et en Laïs, Plus d'une Pénélope honora son pays, Sat. X dans LAÏS
Prends-moi le bon parti, laisse là tous les livres, Sat. VIII dans LAISSER
Évitons cet excès ; laissons à l'Italie De tous ces faux brillants l'éclatante folie, Art poétique, II, 43 dans LAISSER
Allez couper vos joncs et presser vos laitages, Épît. IV dans LAITAGE
Composa tous ces mots de cimier et d'écart, De pal, de contre-pal, de lambel et de fasce, Sat V dans LAMBEL
Le chantre désolé lamentant son malheur, Lutr. IV dans LAMENTER
Lamentant tristement une chanson bachique, Sat. III dans LAMENTER
Le Parnasse parla le langage des halles, Art p. I dans LANGAGE
Au contraire cet autre, abject en son langage, Fait parler ses bergers comme on parle au village, ib. II dans LANGAGE
Chaque passion parle un différent langage, Art p. III dans LANGAGE
Et, sans plus de langage, Lui jette pour défi son assiette au visage, Sat. III dans LANGAGE
Faudra-t-il de sang-froid, et sans être amoureux, Pour quelque Iris en l'air faire le langoureux ?, Sat. IX dans LANGOUREUX, EUSE
Non, pour louer un roi que tout le monde loue, Ma langue n'attend pas que l'argent la dénoue, Sat. IX dans LANGUE
Surtout qu'en vos écrits la langue révérée Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée...., Art p. I dans LANGUE
Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain, Art p. I dans LANGUE
Un nuage confus se répand sur ma vue ; Je n'entends plus, je tombe en de douces langueurs ; Et pâle, sans haleine, interdite, éperdue, Un frisson me saisit, je tremble, je me meurs, Traité du sublime, VIII dans LANGUEUR
Notre style languit dans un remerciement, Ép. VIII dans LANGUIR
Ainsi parle un esprit languissant de mollesse, Sat. IX dans LANGUISSANT, ANTE
Bienheureux Scudéry, dont la fertile plume Peut tous les mois sans peine enfanter un volume ; Tes écrits, il est vrai, sans art et languissants, Semblent être formés en dépit du bon sens, Sat. II dans LANGUISSANT, ANTE
Le faux est toujours fade, ennuyeux, languissant, Ép. IX dans LANGUISSANT, ANTE
Cependant, lorsque aux yeux leur portant la lanterne, J'examine au grand jour l'esprit qui les gouverne, Sat. X dans LANTERNE
Je riais de le voir avec sa mine étique, Son rabat jadis blanc et sa perruque antique, En lapins de garenne ériger nos clapiers, Sat. III dans LAPIN, INE
Alidor, dit un fourbe, il est de mes amis ; Je l'ai connu laquais avant qu'il fût commis, Sat. IX dans LAQUAIS
Le bel honneur pour vous en voyant vos ouvrages Occuper le loisir des laquais et des pages, ib. dans LAQUAIS
Et, sans dire un seul mot, j'avalais au hasard Quelque aile de poulet dont j'arrachais le lard, Sat. III dans LARD
J'apprends que dans le temple où le plus saint des rois Consacra tout le fruit de ses pieux exploits, Et signala pour moi sa pompeuse largesse...., Lutr. VI dans LARGESSE
L'autre en vain se lassant à polir une rime.... , Disc. au roi dans LASSER
Quand Juvénal.... Gourmandait en courroux tout le peuple latin, Sat. VII dans LATIN, INE
Horace : Puisque je parle si mal votre langue, croyez-vous, messieurs les faiseurs de vers latins, que vous soyez plus habiles dans la nôtre ?, Dial. contre les mod. etc. dans LATIN, INE
Avant lui [Boileau] Juvénal avait dit en latin Qu'on est assis à l'aise aux sermons de Cotin, Sat. IX dans LATIN, INE
Aux plus savants auteurs, comme aux plus grands guerriers, Apollon ne promet qu'un nom et des lauriers, Art p. IV dans LAURIER
À mon gré, le Corneille est joli quelquefois, Sat. III dans LE, LA, LES
Ceux que j'ai toujours vus le plus frappés de la lecture des écrits de ces grands personnages [les auteurs grecs et latins], ce sont des esprits du premier ordre, Lett. à Perrault dans LE, LA, LES
On dit que l'abbé Roquette Prêche les sermons d'autrui : Moi qui sais qu'il les achète, Je soutiens qu'ils sont à lui, Épigr. XLI dans LE, LA, LES
Pluton : Hé bien ! nous donnerez-vous l'explication des paroles qui sont sur vos tablettes ? - Brutus : Volontiers ; regardez bien ; ne les sont-ce pas là ? - Pluton : Ce les sont là elles-mêmes, Héros de roman. dans LE, LA, LES
Un auteur à genoux, dans une humble préface, Au lecteur qu'il ennuie a beau demander grâce, Il ne gagnera rien sur ce juge irrité, Sat. IX dans LECTEUR, TRICE
Un lecteur sage fuit un vain amusement, Et veut mettre à profit son divertissement, Art p. IV dans LECTEUR, TRICE
Rien n'apaise un lecteur toujours tremblant d'effroi, Qui voit peindre en autrui ce qu'il remarque en soi, Sat. IX dans LECTEUR, TRICE
Ma foi, le jugement sert bien dans la lecture, Sat. III dans LECTURE
Et son feu, dépourvu de sens et de lecture, S'éteint à chaque pas faute de nourriture, Art p. III dans LECTURE
Le législateur des Juifs, qui n'était pas un homme ordinaire, ayant fort bien conçu la grandeur et la puissance de Dieu, Longin, Sublime, 7 dans LÉGISLATEUR, TRICE
La mort seule.... peut.... Faire au poids du bon sens peser tous ses écrits [d'un homme de génie], Et donner à ses vers leur légitime prix, Ép. 7 dans LÉGITIME
Je sais qu'un noble esprit peut, sans honte et sans crime, Tirer de son travail un tribut légitime, Art p. IV dans LÉGITIME
Quatre boeufs attelés, d'un pas tranquille et lent, Promenaient dans Paris le monarque indolent, Lutr. II dans LENT, ENTE
J'aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène, Dans un pré plein de fleurs lentement se promène, Qu'un torrent..., Art p. I dans LENTEMENT
Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, ib. dans LENTEMENT
La famélique et honteuse lésine, Sat. X dans LÉSINE
En vain à lever tout les valets sont fort prompts, Et les ruisseaux de vin coulent aux environs, Sat. III dans LEVER
Le prélat radouci veut se lever de table, Lutr. I dans LEVER
Parmi les tas de blé vivre de seigle et d'orge ; De peur de perdre un liard souffrir qu'on vous égorge, Sat. VIII dans LIARD
Pouvant charger mon bras d'une utile liasse, J'allai loin du palais errer sur le Parnasse, Épît. V dans LIASSE
Et déjà [mes vers] chez Barbin, ambitieux libelles, Vous brûlez d'étaler vos feuilles criminelles, Épîtr. X dans LIBELLE
Qu'heureux est le mortel.... Qui de la liberté forme tout son plaisir, Et ne rend qu'à lui seul compte de son loisir !, Ép. VI dans LIBERTÉ
Un libertin [met l'honneur] à rompre et jeûnes et carême, Sat. X dans LIBERTIN, INE
Un libraire, imprimant les essais de ma plume, Donna, pour mon malheur, un trop heureux volume, Épit. VI dans LIBRAIRE
Et surtout, redoutant la basse servitude, La libre vérité fut toute mon étude, Ép. V dans LIBRE
Mon coeur, exempt de soins, libre de passion, Sait donner une borne à son ambition, Sat. II dans LIBRE
Enfin de la licence [de la comédie] on arrêta le cours, Art p. III dans LICENCE
Thespis fut le premier qui, barbouillé de lie, Promena par les bourgs cette heureuse folie [la tragédie], Art p. III dans LIE
Le bois le plus funeste et le moins fréquenté Est au prix de Paris un lieu de sûreté, Sat. VI dans LIEU
Heureux si ses écrits [de Régnier], craints du chaste lecteur, Ne se sentaient des lieux où fréquentait l'auteur, Art p. II dans LIEU
Ici la vertu n'a plus ni feu ni lieu, Sat. I dans LIEU
Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu [dans un poëme], Art p. I dans LIEU
En trop bon lieu, dis-tu, ton épouse nourrie...., Sat. x. dans LIEU
Où la science triste, affreuse, délaissée Est partout des bons lieux comme infâme chassée, Sat. I dans LIEU
Et tous ces lieux communs de morale lubrique Que Lulli réchauffa des sons de sa musique, Sat. X dans LIEU
Un valet effronté m'apporte un rouge bord D'un Auvernat fumeux, qui, mêlé de Lignage, Se vendait chez Crenet pour vin de l'Ermitage, Sat. III dans LIGNAGE
Et ces froids ornements à la ligne plantés, Sat. IV dans LIGNE
Mais fussiez-vous issu d'Hercule en droite ligne, Si vous ne faites voir qu'une bassesse insigne, Ce long amas d'aïeux que vous diffamez tous, Sont autant de témoins qui parlent contre vous, Sat. V dans LIGNE
En vain contre le Cid un ministre se ligue ; Tout Paris pour Chimène a les yeux de Rodrigue, Sat. IX dans LIGUER
Et reprenant vingt fois le rabot et la lime, Disc. au roi. dans LIME
C'est ordinairement la peine que s'est donnée un auteur à limer et à perfectionner ses écrits, qui fait que le lecteur n'a point de peine en les lisant, 6e préface. dans LIMER
Stances, odes, sonnet, épîtres liminaires, Épît. IX dans LIMINAIRE
Quelquefois dans sa course un esprit vigoureux, Trop resserré par l'art, sort des bornes prescrites, Et de l'art même apprend à franchir les limites, Art p. IV dans LIMITE
À peine du limon où le vice m'engage, J'arrache un pied timide et sors en m'agitant, Que l'autre m'y reporte et s'embourbe à l'instant, Épît. III dans LIMON
On dirait que le ciel est soumis à sa loi, Et que Dieu l'a pétri d'autre limon que moi, Sat. V dans LIMON
À ces mots essuyant sa barbe limoneuse, Il [le Rhin] prend d'un vieux guerrier la figure poudreuse, Épît. IV dans LIMONEUX, EUSE
Tout l'été, loin de toi, demeurant au village, J'y passe obstinément les ardeurs du Lion, Épît. VI dans LION, ONNE
En vain au lion belgique Il voit l'aigle germanique Uni sous les léopards, Ode sur la prise de Namur dans LION, ONNE
À peine ai-je senti cette liqueur traîtresse, Que de ces vins mêlés j'ai reconnu l'adresse, Sat. III dans LIQUEUR
Car de tous mets sucrés, secs, en pâte, ou liquides, Les estomacs dévots furent toujours avides, Sat. X dans LIQUIDE
D'où vient ce noir chagrin qu'on lit sur son visage ?, Épigr. XXXIV dans LIRE
Attends, discret mari, que la belle en cornette Le soir ait étalé son teint sur la toilette, Et, dans quatre mouchoirs de sa beauté salis, Envoie au blanchisseur ses roses et ses lis, Sat. X dans LIS
T'accommodes-tu mieux de ces douces ménades, Qui, dans leurs vains chagrins, sans mal toujours malades, Se font des mois entiers, sur un lit effronté, Traiter d'une visible et parfaite santé ?, Sat. X dans LIT
Elle [la joueuse] plaint le malheur de la nature humaine, Qui veut qu'en un sommeil où tout s'ensevelit, Tant d'heures sans jouer se consument au lit, Sat. X dans LIT
Dans le réduit obscur d'une alcôve enfoncée S'élève un lit de plume à grands frais amassée, Lutrin, I dans LIT
Lucile le premier.... Vengea l'humble vertu de la richesse altière, Et l'honnête homme à pied du faquin en litière, Art p. II dans LITIÈRE
La justice, pesant ce droit litigieux, Demande l'huître, l'ouvre et l'avale à leurs yeux, Épît. II dans LITIGIEUX, EUSE
Si jamais quelque ardeur bilieuse Allumait dans ton coeur l'humeur litigieuse, Ép. II dans LITIGIEUX, EUSE
Chez le libraire absent tout entre, tout se mêle ; Les livres sur Évrard fondent comme la grêle Qui, dans un grand jardin, à coups impétueux, Abat l'honneur naissant des rameaux fructueux ; Chacun s'arme au hasard du livre qu'il rencontre, Lutrin, V dans LIVRE
Éclaircis des rabbins les savantes ténèbres, Afin qu'en ta vieillesse un livre en maroquin Aille offrir ton travail à quelque heureux faquin...., Sat. VIII dans LIVRE
Un pédant enivré de sa vaine science, Tout hérissé de grec, tout bouffi d'arrogance.... Croit qu'un livre fait tout, et que, sans Aristote, La raison ne voit goutte et le bon sens radote, Sat. IV dans LIVRE
Son livre est d'agréments un fertile trésor, Art p. III dans LIVRE
Après cela, docteur, va pâlir sur la Bible ; Va marquer les écueils de cette mer terrible ; Perce la sainte horreur de ce livre divin, Sat. VIII dans LIVRE
Dont les vers en paquets se vendent à la livre, Sat. IX dans LIVRE
Prends-moi le bon parti, laisse-là tous les livres ; Cent francs au denier cinq, combien font-ils ? vingt livres ; C'est bien dit, va, tu sais tout ce qu'il faut savoir, Sat. VIII dans LIVRE
Lui seul [l'homme] vivant, dit-on, dans l'enceinte des villes.... Se fait des gouverneurs, des magistrats, des rois, Observe une police, obéit à des lois, Sat. VIII dans LOI
Moi ! que j'aille crier dans ce pays barbare, Où l'on voit tous les jours l'innocence aux abois Errer dans les détours d'un dédale de lois, Et, dans l'amas confus de chicanes énormes, Ce qui fut blanc au fond rendu noir par les formes, Sat. I dans LOI
Déjà de tous côtés la chicane aux abois S'enfuit au seul aspect de tes nouvelles lois ; Oh ! que ta main par là va sauver de pupilles ! Que de savants plaideurs désormais inutiles !, Épître I dans LOI
Qui méprise Cotin n'estime point son roi, Et n'a, selon Cotin, ni Dieu, ni foi, ni loi, Sat. IX dans LOI
Un libertin d'ailleurs qui sans âme et sans foi Se fait de son plaisir une suprême loi, Sat. IV dans LOI
Quelle docte et sainte ivresse Aujourd'hui me fait la loi ?, Ode I dans LOI
Celui qui sut vaincre Numance, Qui mit Carthage sous sa loi, Poésies div. VIII dans LOI
Mais ne présume pas qu'en te donnant ma foi L'hymen m'ait pour jamais asservi sous ta loi, Lutr. II dans LOI
C'est un petit village ou plutôt un hameau, Bâti sur le penchant d'un long rang de collines, D'où l'oeil s'égare au loin dans les plaines voisines, Épître VI dans LOIN
Loin ces rimeurs craintifs...., Art p. II dans LOIN
Mais je ne trouve point de fatigue si rude Que l'ennuyeux loisir d'un plaisir sans étude, Qui, jamais ne sortant de sa stupidité, Soutient, dans les langueurs de son oisiveté.... Le pénible fardeau de n'avoir rien à faire, Ép. X dans LOISIR
Là, dans le seul loisir que Thémis t'a laissé, Tu me verras souvent à te suivre empressé, Épît. VI dans LOISIR
Un sonnet sans défaut vaut seul un long poëme, Art p. II dans LONG, ONGUE
J'évite d'être long, et je deviens obscur, Art p. I dans LONG, ONGUE
L'espoir d'un juste gain.... Pourrait de ton absence adoucir la longueur, Lutrin, II dans LONGUEUR
Dès lors que son démon commence à s'agiter, Tout, jusqu'à sa servante, est prêt à déserter, Sat. VIII dans LORS
Il est vrai, de tout temps la raison fut son lot [de l'homme], Sat. VIII dans LOT
....C'est en vain qu'un ridicule auteur Croit te prendre aux filets d'une sotte louange, Épît. IX dans LOUANGE
La louange agréable est l'âme des beaux vers ; Mais je tiens comme toi qu'il faut qu'elle soit vraie, Et que son tour adroit n'ait rien qui nous effraie, ib. IX dans LOUANGE
Non, pour louer un roi que tout l'univers loue, Ma langue n'attend pas que l'argent la dénoue, Sat. IX dans LOUER
Aimez qu'on vous conseille, et non pas qu'on vous loue, Art p. I dans LOUER
Je dois plus à leur haine [des ennemis]... Qu'au faible et vain talent dont la France me loue, Ép. VIII dans LOUER
Mais je sais peu louer ; et ma muse tremblante Fuit d'un si grand fardeau la charge trop pesante, Disc. au roi. dans LOUER
Tu sais bien que mon style est né pour la satire ; Mais mon esprit, contraint de la désavouer, Sous ton règne étonnant ne sait plus que louer, Épître VIII dans LOUER
J'ai cent mille vertus en louis bien comptés, Épître V dans LOUIS
Et même par sa mort leur fureur mal éteinte N'aurait jamais laissé ses cendres en repos, Si Dieu lui-même ici de son ouaille sainte à ces loups dévorants n'avait caché les os, Épitaphe d'Arnauld. dans LOUP
Et fuyant des grandeurs la présence importune, Je ne vais point au Louvre adorer la fortune, Sat. II dans LOUVRE
Afin qu'en ta vieillesse un livre en maroquin Aille offrir ton travail à quelque heureux faquin Qui, pour digne loyer de la Bible éclaircie, Te paye en l'acceptant d'un " je vous remercie ", Sat. VIII dans LOYER
La fausse piété Qui, sous couleur d'éteindre en nous la volupté, Par l'austérité même et par la pénitence Sait allumer le feu de la lubricité, Épigr. XXXVII dans LUBRICITÉ
Et tous ces lieux communs de morale lubrique Que Lulli réchauffa des feux de sa musique, Sat. X dans LUBRIQUE
Il lui fera bientôt, aidé de Lucifer, Goûter en paradis les plaisirs de l'enfer, Sat. X dans LUCIFER
Et si leur sang tout pur ainsi que leur noblesse Est passé jusqu'à vous de Lucrèce en Lucrèce, Sat. V dans LUCRÈCE
Tout baigné des pleurs de sa Lucrèce, Sat. X dans LUCRÈCE
Là d'un enterrement la funèbre ordonnance D'un pas lugubre et lent vers l'église s'avance, Sat. VI dans LUGUBRE
Et dès qu'un mot plaisant vient luire à mon esprit, Je n'ai pas de repos qu'il ne soit en écrit, Sat. VII dans LUIRE
Sitôt que Chapelain met une oeuvre en lumière, Chaque lecteur d'abord lui devient un Linière, Sat. IX dans LUMIÈRE
Le Jonas inconnu sèche dans la poussière : Le David imprimé n'a point vu la lumière, Sat. IX dans LUMIÈRE
Mais en ma chambre à peine ai-je éteint la lumière, Qu'il ne m'est plus permis de fermer la paupière, Sat. VI dans LUMIÈRE
Les beaux mots sont, à vrai dire, la lumière propre et naturelle de nos pensées, Longin, Sublime, 25 dans LUMIÈRE
Aimez donc la raison ; que toujours vos écrits Empruntent d'elle seule et leur lustre et leur prix, Art p. I dans LUSTRE
Maintenant.... Que mon âge.... Bientôt s'en va frapper à mon neuvième lustre, Ép. V dans LUSTRE
Je chante les combats, et ce prélat terrible Qui.... Fit placer à la fin un lutrin dans le choeur, Lutr. I dans LUTRIN
Enfin, pour arrêter cette lutte barbare, De nouveau l'on s'efforce, on crie, on les sépare, Sat. III dans LUTTE
De quel air penses-tu que ta sainte verra D'un spectacle enchanteur la pompe harmonieuse, Ces danses, ces héros à voix luxurieuse ?, Sat. X dans LUXURIEUX, EUSE
Car de penser alors que Dieu tourne le monde, Et règle les ressorts de la machine ronde...., Sat. I dans MACHINE
C'est là que du lutrin gît la machine énorme, Lutr. III dans MACHINE
Enfin sous tant d'efforts la machine [du lutrin] succombe, ib. IV dans MACHINE
Soyez plutôt maçon si c'est votre talent, Ouvrier estimé dans un art nécessaire, Qu'écrivain du commun et poëte vulgaire, Art p. IV dans MAÇON
Le madrigal, plus simple et plus noble en son tour, Respire la douceur, la tendresse et l'amour, Art p. II dans MADRIGAL
Vous [mes vers] tiendrez quelque temps ferme sur la boutique ; Vous irez à la fin, honteusement exclus, Trouver au magasin Pyrame et Régulus [mauvaises tragédies], Ép. X dans MAGASIN
La fourmi, tous les ans traversant les guérets, Grossit ses magasins des trésors de Cérès, Sat. VIII dans MAGASIN
S'il fallait, sans amis, briguant une audience, D'un magistrat glacé soutenir la présence...., Lutr. III dans MAGISTRAT
L'argent seul au palais peut faire un magistrat, Épître V dans MAGISTRAT
Seul à magnificat je me vois encensé, Lutr. I dans MAGNIFICAT
J'y ai jeté, autant que j'ai pu, la magnificence des mots, et, à l'exemple des anciens poëtes dithyrambiques, j'y ai employé les figures les plus audacieuses, Disc. sur l'ode. dans MAGNIFICENCE
Je ne prétends pas dans une traduction si littérale avoir fait sentir toute la force de l'original, dont la beauté consiste principalement dans le nombre, l'arrangement et la magnificence des paroles, Longin, Subl. Réfl. VIII dans MAGNIFICENCE
Et souvent on ennuie en termes magnifiques, Épît. IV dans MAGNIFIQUE
....Un jambon d'assez maigre apparence Arrive sous le nom de jambon de Mayence, Sat. III dans MAIGRE
Quoi ! pour un maigre auteur que je glose en passant, Est-ce un crime après tout et si noir et si grand ?, Sat. IX dans MAIGRE
Brontin tient un maillet et Boirude un marteau, Lutr. II dans MAILLET
Muse, c'est donc en vain que la main vous démange, Sat. VII dans MAIN
La justice passa, la balance à la main, Ép. II dans MAIN
C'est ainsi.... qu'Horace, jetant le sel à pleines mains, Se jouait aux dépens des Pelletiers romains, Sat. IX dans MAIN
Des auteurs décriés il prend en main la cause, Épître IX dans MAIN
Mais souvent sur ses vers un auteur intraitable, à les protéger tous se croit intéressé, Et d'abord prend en main le droit de l'offensé, Art poét. I dans MAIN
Si mon coeur en ces vers ne parlait par ma main, Disc. au roi. dans MAIN
Ou, si pour l'entraîner l'argent manque d'attraits, Bientôt l'ambition et toute son escorte Dans le sein du repos vient le prendre à main-forte, L'envoie en furieux au milieu des hasards Se faire estropier sur les pas des Césars, Sat. VIII dans MAIN-FORTE
Aussitôt maint esprit fécond en rêveries...., Sat. V dans MAINT, MAINTE
[Un incendie] Où maint Grec affamé, maint avide Argien Au travers des charbons va piller le Troyen, ib. VI dans MAINT, MAINTE
Sa tranquille vertu.... Dans un coeur tous les jours nourri du sacrement, Maintient la vanité, l'orgueil, l'entêtement, Sat. X dans MAINTENIR
Le Parnasse français, ennobli par ta veine, Contre tous ces complots saura te [Racine] maintenir, Ép. VII dans MAINTENIR
L'âge viril, plus mûr.... Contre les coups du sort songe à se maintenir, Art p. III dans MAINTENIR
Certain fat qu'à sa mine discrète Et son maintien jaloux j'ai reconnu poëte, Sat. III dans MAINTIEN
Les rois .... Laissaient leur sceptre aux mains ou d'un maire ou d'un comte, Lutr. II dans MAIRE
[Elle] Va pour les malheureux quêter dans les maisons, Sat. X dans MAISON
De tous ses amis morts un seul ami resté Le mène en sa maison de superbe structure, Art p. IV dans MAISON
Un vieux valet restait.... Sa vue embarrassait ; il fallut s'en défaire ; Il fut de la maison chassé comme un corsaire, Sat. X dans MAISON
La maison du seigneur, seule un peu plus ornée, Se présente en dehors de murs environnée, Ép. VI dans MAISON
....Il n'est point de fou qui par belles raisons Ne loge son voisin aux Petites-Maisons, Sat. IV dans MAISON
Heureux si de son temps [d'Alexandre], pour cent bonnes raisons, La Macédoine eût eu des Petites-Maisons, Sat. VIII dans MAISON
Laborieux valet du plus commode maître Qui, pour te rendre heureux, ici-bas pouvait naître, Ép. X dans MAÎTRE
J'ignore ce grand art qui gagne une maîtresse, Sat. I dans MAÎTRESSE
Quand je vois.... La France sous tes lois maîtriser la fortune, Disc. au roi. dans MAÎTRISER
Souvent la peur d'un mal nous conduit dans un pire, Art p. I dans MAL, ALE
Ces douces ménades Qui, dans leurs vains chagrins, sans mal toujours malades..., Sat. X dans MAL, ALE
Courtois et Denyau [deux médecins], mandés à son secours.... sauront bien.... Lui donner sagement le mal qu'elle n'a point, ib. dans MAL, ALE
Le mal est qu'en rimant, ma muse un peu légère Nomme tout par son nom, et ne saurait rien taire, Disc. au roi. dans MAL, ALE
Le mal qu'on dit d'autrui ne produit que du mal, Sat. VII dans MAL, ALE
Un as mal à propos jeté, Sat. X dans MAL, ALE
Que me sert, en effet, qu'un admirateur fade Vante mon embonpoint, si je me sens malade ?, Ép. IX dans MALADE
Un fou rempli d'erreurs, que le trouble accompagne, Et malade à la ville ainsi qu'à la campagne, En vain monte à cheval...., Ép. V dans MALADE
...Conclus avec moi Que la pauvreté mâle, active et vigilante, Est, parmi les travaux, moins lasse et plus contente Que la richesse oisive au sein des voluptés, Ep. X dans MÂLE
Mâle aussi dangereux que femelle maligne [en parlant de l'équivoque, alors du genre masculin et du genre féminin], Sat. XI dans MÂLE
.... Un sort malencontreux Conduit en cet endroit un grand troupeau de boeufs, Sat. VI dans MALENCONTREUX, EUSE
Malheur donc à celui qu'une affaire imprévue Engage un peu trop tard au détour d'une rue [dans Paris] !, Sat. VI dans MALHEUR
Engraisse-toi, mon fils, du suc des malheureux ; Et, trompant de Colbert la prudence importune, Va par tes cruautés mériter la fortune, Sat. VIII dans MALHEUREUX, EUSE
Mais je veux que le sort, par un heureux caprice, Fasse de vos écrits prospérer la malice, Sat. IX dans MALICE
Qui, cherchant dans ses vers la seule vérité, Fit, sans être malin, ses plus grandes malices, Épître X dans MALICE
Ainsi parle un esprit languissant de mollesse, Qui, sous l'humble dehors d'un respect affecté, Cache le noir venin de sa malignité, Sat. IX dans MALIGNITÉ
T'ai-je peint la maligne aux yeux faux, au coeur noir ?, Sat. X dans MALIN, MALIGNE
D'un trait de ce poëme [la satire] en bons mots si fertile, Le Français, né malin, forma le vaudeville, Art p. II dans MALIN, MALIGNE
Souvent j'habille en vers une maligne prose ; C'est par là que je vaux, si je vaux quelque chose, Sat. VII dans MALIN, MALIGNE
C'est par là qu'un auteur que presse l'indigence Peut des astres malins corriger l'influence, Sat. I dans MALIN, MALIGNE
Mais la postérité d'Alfane et de Bayard, Quand ce n'est qu'une rosse est vendue au hasard, ....Et va porter la malle ou tirer la charrue, Sat. V dans MALLE
Je suis bien aise d'avertir le lecteur qu'il y a quantité de pièces impertinentes qu'on fait courir sous mon nom, et entre autre une satire contre les maltôtes ecclésiastiques, Épîtres, Au lecteur. dans MALTÔTE
Courtois et Denyau [médecins], mandés à son secours, Sat. X dans MANDÉ, ÉE
Le monde cependant se rit de mes excuses, Croit que, pour m'inspirer sur chaque événement, Apollon doit venir au premier mandement, Ép. VI dans MANDEMENT
Et l'eût-on vu porter la mandille à Paris...., Sat. V dans MANDILLE
Et toujours bien mangeant, mourir par métaphore, Sat. IX dans MANGEANT, ANTE
Là.... Tout ce qu'on boit est bon, tout ce qu'on mange est sain, Ép. VI dans MANGER
Qu'avez-vous donc, dit-il, que vous ne mangez pas ?, Sat. III dans MANGER
[Il] A fait, en bien mangeant, l'éloge des morceaux, Sat. III dans MANGER
Ainsi sans m'aveugler d'une vaine manie, Disc. au roi. dans MANIE
L'amour de vos aïeux passe en vous pour manie, Sat. V dans MANIE
Que ses discours [de l'auteur comique], partout fertiles en bons mots, Soient pleins de passions finement maniées, Art p. III dans MANIÉ, ÉE
C'est ainsi que ces trois messieurs manient entre eux la raison humaine ; l'un faisant toujours l'objection qu'il ne doit point faire, l'autre approuvant ce qu'il ne doit point approuver, et l'autre répondant ce qu'il ne doit point répondre, Longin, Subl. réfl. 6 dans MANIER
Voilà le sexe peint d'une noble manière !, Sat. X dans MANIÈRE
La Seine.... Voit du sein de ses eaux vingt îles s'élever, Qui, partageant son cours en diverses manières, D'une rivière seule y forment vingt rivières, Ép. VI dans MANIÈRE
Je consens de bon coeur.... Qu'à Paris le gibier manque tous les hivers, Sat. III dans MANQUER
Ah ! monsieur, m'a-t-il dit, je vous attends demain, N'y manquez pas au moins, Sat. III dans MANQUER
Mais qui, n'étant vêtu que de simple bureau, Passe l'été sans linge et l'hiver sans manteau, Sat. I dans MANTEAU
Il [le prélat] tire du manteau sa dextre vengeresse ; Il part, et, de ses doigts saintement allongés, Bénit tous les passants, en deux files rangés, Lutr. V dans MANTEAU
....D'un lâche orgueil leur esprit revêtu Se couvre du manteau d'une austère vertu, Disc. au roi. dans MANTEAU
Sitôt.... Que, retiré chez lui, le paisible marchand Va revoir ses billets et compter son argent, Sat. VI dans MARCHAND, ANDE
...le prélat vers lui fait une marche adroite, Lutr. v. dans MARCHE
Marchez donc sur ses pas [de Malherbe], aimez sa pureté, Art p. I dans MARCHER
Illustre porte-croix, par qui notre bannière N'a jamais, en marchant, fait un pas en arrière, Lutr. V dans MARCHER
L'estropié marcha, l'aveugle ouvrit les yeux, Sat. XI dans MARCHER
De tous les animaux qui s'élèvent dans l'air, Qui marchent sur la terre, ou nagent dans la mer, ib. VIII dans MARCHER
Crois-tu que, toujours ferme au bord du précipice, Elle pourra marcher sans que le pied lui glisse ?, Sat. X dans MARCHER
Marchez, courez, volez où l'honneur vous appelle, Lutr. III dans MARCHER
Debout, dit l'avarice, il est temps de marcher, Sat. VIII dans MARCHER
Sous ce chef redouté Marche des cuirassiers l'escadron indompté, Ép. IV dans MARCHER
Mais en vain pour un temps une taxe l'exile [un partisan] ; On le verra bientôt, pompeux, en cette ville, Marcher encor chargé des dépouilles d'autrui, Sat. I dans MARCHER
Le feu sort de vos yeux pétillants et troublés, Votre pouls inégal marche à pas redoublés, Ép. III dans MARCHER
La vieillesse chagrine incessamment amasse.... Marche en tous ses desseins d'un pas lent et glacé, Art p. III dans MARCHER
La raison pour marcher n'a souvent qu'une voie, Art p. I dans MARCHER
Ainsi la tragédie agit, marche et s'explique, Art p. III dans MARCHER
Un poëme excellent où tout marche et se suit, ib. dans MARCHER
Que l'action, marchant où la raison la guide, Ne se perde jamais dans une scène vide, ib. dans MARCHER
Son style impétueux souvent marche au hasard, Art p. III dans MARCHER
Laissez là ces mousquets trop pesants pour vos bras ; Et, la faux à la main, parmi vos marécages, Allez couper vos joncs et presser vos laitages, Ép. IV dans MARÉCAGE
Et son rare savoir, de simple marguillier, L'éleva par degrés au rang de chevecier, Lutr. I dans MARGUILLIER
Ce marquis indocile Qui, depuis quinze jours dans le piége arrêté, Entre les bons maris pour exemple cité...., Sat. VIII dans MARI
La revêche bizarre, Qui, sans cesse d'un ton par la colère aigri, Gronde, choque, dément, contredit un mari, Sat. X dans MARI
Exige d'un mari les respects d'un amant, ib. dans MARI
Il n'est point de repos ni de paix avec elle ; Son mariage n'est qu'une longue querelle, Sat. X dans MARIAGE
Alcippe, il est donc vrai, dans peu tu te maries, Sat. X dans MARIER
Deux marmitons crasseux, revêtus de serviettes, Sat. III dans MARMITON
Afin qu'en ta vieillesse un livre en maroquin Aille offrir ton travail à quelque heureux faquin...., Sat. VIII dans MAROQUIN
D'une longue soutane il endosse la moire, Prend ses gants violets, les marques de sa gloire, Lutr. IV dans MARQUE
Vous [mes vers] croyez à grands pas chez la postérité Courir, marqués au coin de l'immortalité, Ép. X dans MARQUÉ, ÉE
Mais des heureux regards de mon astre étonnant Marquez bien cet effet...., Ép. X dans MARQUER
Le magistrat des lois emprunta le secours [à Athènes], Et, rendant par édit les poëtes plus sages, Défendit de marquer les noms et les visages [dans la comédie], Art p. III dans MARQUER
La nature féconde en bizarres portraits Dans chaque âme est marquée à de différents traits, Art p. III dans MARQUER
....Ne vous piquez point d'une folle vitesse ; Un style si rapide et qui court en rimant, Marque moins trop d'esprit que peu de jugement, ib. I dans MARQUER
Au vestibule obscur il marque une autre place, Art p. IV dans MARQUER
[Molière] Qui sais à quel coin se marquent les bons vers, Sat. II dans MARQUER
Assez d'autres.... Suivront aux champs de Mars ton courage rapide, Epître I dans MARS
Chaque climat produit des favoris de Mars, Epître I dans MARS
Un affreux serrurier, laborieux Vulcain.... De cent coups de marteau me va fendre la tête, Sat. VI dans MARTEAU
Maudit soit l'auteur dur dont l'âpre et rude verve, Son cerveau tenaillant, rima malgré Minerve, Et, de son lourd marteau martelant le bon sens, A fait de méchants vers douze fois douze cents !, Épigr. XI dans MARTELER
Et martyr glorieux d'un point d'honneur nouveau, Lutr. III dans MARTYR, YRE
Tu fis dans une guerre et si triste et si longue Périr tant de chrétiens, martyrs d'une diphthongue, Sat. XII (variante). dans MARTYR, YRE
Dans les temps orageux de mon naissant empire [de la religion], Au sortir du baptême on courait au martyre, Lutr. VI dans MARTYRE
Je hais ces vains auteurs.... Ils ne savent jamais que se charger de chaînes, Que bénir leur martyre, adorer leur prison...., Art p. II dans MARTYRE
Marot bientôt après fit fleurir les ballades, Tourna des triolets, rima des mascarades, Art p. I dans MASCARADE
Qu'il s'en aille, s'il veut, sur deux tréteaux monté, Amusant le Pont-neuf de ses sornettes fades, Aux laquais assemblés jouer ses mascarades, ib. III dans MASCARADE
Ses coiffes d'où pendait au bout d'une ficelle Un vieux masque pelé presque aussi hideux qu'elle, Sat. X dans MASQUE
Eschyle dans le choeur jeta les personnages, D'un masque plus honnête [que la lie dont Thespis se barbouillait] habilla les visages, Art p. III dans MASQUE
Eh quoi ! lorsqu'autrefois Horace, après Lucile, ....Allait ôter le masque aux vices de son temps, Sat. VII dans MASQUE
Mais bien que d'un faux zèle ils masquent leur faiblesse, Disc. au roi. dans MASQUER
L'Europe fut un champ de massacre et d'horreur, Sat. XI dans MASSACRE
Il faut que trois de nous.... du lutrin rompu réunissant la masse, Aillent d'un zèle adroit le remettre en sa place, Lutr. I dans MASSE
Rien ne le rebuta, ni sa vue éraillée [d'une femme], Ni sa masse de chair bizarrement taillée, Sat. X dans MASSE
Le premier massepain pour eux [les directeurs], je crois, se fit, Et le premier citron à Rouen fut confit, Sat. X dans MASSEPAIN
Deux marmitons crasseux, revêtus de serviettes, Lui servaient de massiers, et portaient deux assiettes, Sat. III dans MASSIER
Le matelot troublé, que son art abandonne, Croit voir dans chaque flot la mort qui l'environne, Sublime, ch. VIII dans MATELOT
Et sur cette matière [les infidélités des femmes] J'ai lu tout ce qu'ont fait la Fontaine et Molière, Sat. X dans MATIÈRE
....Quand du matin au soir, chez moi poussant la bêche...., Ép. X dans MATIN
La fantasque inégale, Qui, m'aimant le matin, souvent me hait le soir, Sat. X dans MATIN
Voilà l'homme en effet ; il va du blanc au noir ; Il condamne au matin ses sentiments du soir, Sat. VIII dans MATIN
Mais un démon fatal à cette ample machine Fit tomber à nos yeux le pupitre un matin, Lutr. I dans MATIN
Sans sortir de leurs lits, plus doux que leurs hermines, Ces pieux fainéants faisaient chanter matines, Lutr. I dans MATINES
Mais quand j'ai bien maudit et Muses et Phébus, Sat. II dans MAUDIRE
Le mérite et l'esprit ne sont plus à la mode ; Un poëte.... s'y voit [à Paris] maudit de Dieu, Sat. I dans MAUDIT, ITE
Maudit soit l'auteur dur, dont l'âpre et rude verve, Son cerveau tenaillant, rima malgré Minerve...., Épigr. XI dans MAUDIT, ITE
Fuyez des mauvais sons le concours odieux, Art p. I dans MAUVAIS, AISE
Nos écrits sont mauvais ; les siens valent-ils mieux ?, Épît. I dans MAUVAIS, AISE
Qu'est-ce que mettre un ouvrage au jour ? n'est-ce pas en quelque sorte dire au public, jugez-moi ? pourquoi donc trouver mauvais qu'on nous juge ?, Oeuv. Préf. génér. dans MAUVAIS, AISE
Le vin au plus muet fournissant des paroles, Chacun a débité ses maximes frivoles, Réglé les intérêts de chaque potentat...., Sat. III dans MAXIME
La ballade, asservie à ses vieilles maximes, Souvent doit tout son lustre au caprice des rimes, Art p. II dans MAXIME
Et pouvant justement l'égaler [Colbert] à Mécène, Ép. IX dans MÉCÉNE
On doit tout espérer d'un monarque si juste ; Mais sans un Mécenas à quoi sert un Auguste ?, Sat. I dans MÉCÉNE
Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain, Art p. I dans MÉCHANT, ANTE
Laissant de Galien la science suspecte, De méchant médecin devint bon architecte, ib. IV dans MÉCHANT, ANTE
Et bientôt au brasier d'une mèche enflammée Montre, à l'aide du soufre, une cire allumée, Lutrin, III dans MÈCHE
Et mille fois un fat finement exprimé Méconnut le portrait sur lui-même formé, Art p. III dans MÉCONNAÎTRE
Mais souvent un esprit qui se flatte et qui s'aime Méconnaît son génie et s'ignore soi-même, ib. I dans MÉCONNAÎTRE
Mais un esprit sublime.... Et, toujours mécontent de ce qu'il vient de faire, Il plaît à tout le monde et ne saurait se plaire, Sat. II dans MÉCONTENT, ENTE
Ton oncle, dis-tu, l'assassin M'a guéri d'une maladie ; La preuve qu'il ne fut jamais mon médecin, C'est que je suis encore en vie, Épigr. XX dans MÉDECIN
....Dans l'art dangereux de rimer et d'écrire Il n'est point de degré du médiocre au pire, Art p. IV dans MÉDIOCRE
C'est un vice [la jalousie] qui suit la médiocrité, Art p. IV dans MÉDIOCRITÉ
Il vaut mieux s'occuper à jouer qu'à médire, Sat. X dans MÉDIRE
Voilà jouer d'adresse et médire avec art, ib. IX dans MÉDIRE
Alidor, assis dans sa chaise, Médisant du ciel à son aise, Peut bien médire aussi de moi, Épigr. XII dans MÉDIRE
Est-ce donc là médire ou parler franchement ? Non, non, la médisance y va plus doucement, Sat. IX dans MÉDISANCE
Un esprit né sans fard, sans basse complaisance, Fuit ce ton radouci que prend la médisance, Sat. IX dans MÉDISANCE
....Mais tout n'irait que mieux, Quand de ces médisants [les poëtes satiriques] l'engeance tout entière Irait la tête en bas rimer dans la rivière, Sat. IX dans MÉDISANT, ANTE
Ou couvrir chez Thierry d'une feuille encor neuve Les Méditations de Buzée et d'Hayneuve, Ép. X dans MÉDITATION
Pauvre esprit, dira-t-on, que je plains ta folie ! Modère ces bouillons de ta mélancolie, Sat. VII dans MÉLANCOLIE
....Ces auteurs toujours froids et mélancoliques, Qui, dans leur sombre humeur, se croiraient faire affront, Si les Grâces jamais leur déridaient le front, Art p. III dans MÉLANCOLIQUE
Et de vos fictions le mélange coupable Même à ses vérités [de l'Évangile] donne l'air de la fable, Art p. III dans MÉLANGE
Sentez-vous le citron dont on a mis le jus Avec des jaunes d'oeuf mêlés dans du verjus ?, Sat. III dans MÊLÉ, ÉE
À peine ai-je senti cette liqueur traîtresse, Que de ces vins mêlés j'ai reconnu l'adresse, Sat. III dans MÊLÉ, ÉE
Et sans mêler à l'or l'éclat des diamants, Art p. II dans MÊLER
Horace à cette aigreur [la satire] mêla son enjouement ; On ne fut plus ni fat ni sot impunément, Art p. II dans MÊLER
Tandis que dans les airs mille cloches émues Et se mêlant au bruit de la grêle et des vents...., Sat. VI dans MÊLER
Chez le libraire absent tout entre, tout se mêle, Lutr. V dans MÊLER
Mêlez-vous de boire, je vous prie, A l'auteur sur-le-champ aigrement reparti, Sat. III dans MÊLER
Avouons plutôt que par le moyen de cette périphrase, mélodieusement répandue dans le discours, d'une diction toute simple il a fait une espèce de concert et d'harmonie, Longin, Subl. ch. 24 dans MÉLODIEUSEMENT
En vain vous me frappez d'un son mélodieux, Si le terme est impropre ou le tour vicieux...., Art p. I dans MÉLODIEUX, EUSE
Ou quelque longue pluie, inondant vos vallons, A-, t-elle fait couler vos vins et vos melons ?, Sat. III dans MELON
Mais souvent un esprit qui se flatte et qui s'aime, Méconnaît son génie et s'ignore soi-même, Art p. I dans MÊME
Que si mêmes un jour le lecteur gracieux, Épître X dans MÊME
D'un conte odieux Vous avez, comme moi, sali votre mémoire, Sat. X dans MÉMOIRE
Ce magistrat de hideuse mémoire, Sat. X dans MÉMOIRE
Le Rhin les voit d'un oeil qui porte la menace, Ép. IV dans MENACE
Au moindre bruit qui court qu'un auteur les menace De jouer des bigots la trompeuse grimace, Disc. au roi. dans MENACER
Là, sur une charrette, une poutre branlante Vient menaçant de loin la foule qu'elle augmente, Sat. III dans MENACER
La discorde en ces lieux menace de s'accroître, Lutr. II dans MENACER
[Deux taureaux] à l'aspect l'un de l'autre embrasés, furieux, Déjà le front baissé, se menacent des yeux, Lutr. IV dans MENACER
Horace a bu son soûl quand il voit les ménades, Art p. IV dans MÉNADE
T'accommodes-tu mieux de ces douces ménades, Qui, dans leurs vains chagrins, sans mal toujours malades...., Sat. X dans MÉNADE
Le seul courroux d'Achille, avec art ménagé, Remplit abondamment une Iliade entière, Art p. III dans MÉNAGÉ, ÉE
Aujourd'hui toutefois, sans trop le ménager [un homme entiché de sa noblesse], Sur ce ton un peu haut je vais l'interroger, Sat. V dans MÉNAGER
Nous voulons qu'avec art l'action [d'un poëme dramatique] se ménage, Art p. III dans MÉNAGER
L'âge viril.... Se pousse auprès des grands, s'intrigue, se ménage, Art p. III dans MÉNAGER
L'avarice.... Peut faire dans les biens trouver la pauvreté, Et nous réduire à pis que la mendicité, Sat. X dans MENDICITÉ
[L'ode] Mène Achille sanglant aux bords du Simoïs, Art p. II dans MENER
De nouveau tu semas tes captieux mensonges, Sat. XI dans MENSONGE
Elle lit Rodriguez, fait l'oraison mentale, Sat. X dans MENTAL, ALE
C'est alors qu'on trouva, pour sortir d'embarras, L'art de mentir tout haut en disant vrai tout bas, Sat. XI dans MENTIR
.... Vous en avez menti, Reprend le campagnard, et, sans plus de langage, Lui jette pour défi son assiette au visage, Sat. III dans MENTIR
....Mais je vois, sur ce début de prône, Que ta bouche déjà s'ouvre large d'une aune, Et que, les yeux fermés, tu baisses le menton, Épître X dans MENTON
Son menton sur son sein descend à double étage, Lutr. I dans MENTON
Au mépris du bon sens, le burlesque effronté Trompa les yeux d'abord...., Art p. I dans MÉPRIS
Sur le haut Hélicon leur veine méprisée Fut toujours des neuf soeurs la fable et la risée, Disc. au roi. dans MÉPRISÉ, ÉE
Qui méprise Cotin n'estime point son roi, Sat. IX dans MÉPRISER
J'entends déjà frémir ces deux mers étonnées De voir leurs flots unis au pied des Pyrénées, Ép. I dans MER
Ainsi tel.... S'en va, mal à propos, d'une voix insolente, Chanter du peuple hébreu la fuite triomphante, Et, poursuivant Moïse au travers des déserts, Court avec Pharaon se noyer dans les mers, Art p. I dans MER
Pour moi, sur cette mer qu'ici-bas nous courons, Je songe à me pourvoir d'esquif et d'avirons, Ép. V dans MER
Après cela, docteur, va pâlir sur la Bible, Va marquer les écueils de cette mer terrible, Sat. VIII dans MER
Et font d'un art divin [la poésie] un métier mercenaire, Artp. IV dans MERCENAIRE
De là vint cet amas d'ouvrages mercenaires, Stances, odes, sonnets, épîtres liminaires, Ép. IX dans MERCENAIRE
Et tout ce que Segoing dans son Mercure entasse, Sat. V dans MERCURE
L'Évangile à l'esprit n'offre de tous côtés Que pénitence à faire et tourments mérités ; Et de vos fictions le mélange coupable Même à ses vérités donne l'air de la fable, Art p. III dans MÉRITÉ, ÉE
....Ces bienfaits dont j'ose me vanter, Par des vers immortels ont dû se mériter, Ép. V dans MÉRITER
Le public, enrichi du tribut de nos veilles, Croit qu'on doit ajouter merveilles sur merveilles, Épître VI dans MERVEILLE
....Un amas de vains admirateurs.... prompts à crier merveille, Art p. IV dans MERVEILLE
Du théâtre français l'honneur et la merveille, Il [Racine] sut ressusciter Sophocle en ses écrits, Poésies div. XIX. dans MERVEILLE
Une merveille absurde est pour moi sans appas, Art p. III dans MERVEILLE
Ce cousin des quatre fils Aimon Dont tu lis quelquefois la merveilleuse histoire, Ép. X dans MERVEILLEUX, EUSE
Il n'est plus question, à l'heure qu'il est, de savoir si Homère, Platon, Cicéron, Virgile, sont des hommes merveilleux ; c'est une chose sans contestation, puisque vingt siècles en sont convenus : il s'agit de savoir en quoi consiste ce merveilleux, Longin, Subl. réfl. 7 dans MERVEILLEUX, EUSE
Ces poulets sont d'un merveilleux goût, Sat. III dans MERVEILLEUX, EUSE
Des désastres fameux ce messager fidèle [un hibou] Sait toujours des malheurs la première nouvelle, Lutr. III dans MESSAGER, ÈRE
Ou que, poussant à bout la luxure latine, Aux portefaix de Rome il [Juvénal] vende Messaline, Art p. II dans MESSALINE
Ce matin donc, séduit par sa vaine promesse, J'y cours [au dîner] midi sonnant, au sortir de la messe, Sat. III dans MESSE
Pour enfermer son sens dans la borne prescrite, La mesure est toujours trop longue ou trop petite, Art p. II dans MESURE
La rime, la césure, La riche expression, la nombreuse mesure, Ép. X dans MESURE
Et malheur à tout nom qui, propre à la censure, Put entrer dans un vers sans rompre la mesure, Art p. II dans MESURE
Ce récit passe un peu l'ordinaire mesure, Sat. X dans MESURE
À pas plus mesurés Qu'un doyen au palais ne monte les degrés, Sat. VIII dans MESURÉ, ÉE
N'est-ce pas l'homme enfin dont l'art audacieux, Dans le tour d'un compas, a mesuré les cieux ?, Sat. VIII dans MESURER
Les guerriers de ce coup vont mesurer la terre, Lutrin, V dans MESURER
Lui-même [Apollon] en [du sonnet] mesura le nombre et la cadence, Art p. II dans MESURER
Est-ce au pied du savoir qu'on mesure les hommes ?, Sat. VIII dans MESURER
Ainsi, sans m'aveugler d'une vaine manie, Je mesure mon vol à mon faible génie, Disc. au roi. dans MESURER
L'un et l'autre rival, s'arrêtant au passage, Se mesure des yeux, s'observe, s'envisage, Lutrin, V dans MESURER
....Cent fois la bête a vu l'homme hypocondre Adorer le métal que lui-même il fit fondre, Sat. VIII dans MÉTAL
La bonne foi.... N'alla pas jusqu'au temps du troisième métal, Sat. X dans MÉTAL
Et, toujours bien mangeant, mourir par métaphore, Sat. IX dans MÉTAPHORE
Ronsard..., par une autre méthode, Réglant tout, brouilla tout, fit un art à sa mode, Art p. I dans MÉTHODE
Sans garder dans ses vers un ordre méthodique, Son sujet de soi-même et s'arrange et s'explique, Art p. III dans MÉTHODIQUE
Ces auteurs... qui... Mettent leur Apollon aux gages d'un libraire, Et font d'un art divin un métier mercenaire, Art p. IV dans MÉTIER
Paul, ce grand médecin.... Est curé maintenant, et met les gens en terre : Il n'a point changé de métier, Épigr. XX dans MÉTIER
Muse, changeons de style, et quittons la satire ; C'est un méchant métier que celui de médire, Sat. VII dans MÉTIER
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, Polissez-le sans cesse et le repolissez, Art p. I dans MÉTIER
Et bientôt vous verrez mille auteurs pointilleux.... Huer la métaphore et la métonymie, Ép. X dans MÉTONYMIE
Je me mets au hasard de me faire rouer, Sat. VI dans METTRE
Tous mes sots à la fois, ravis de l'écouter, Détonnant de concert, se mettent à chanter, Sat. III dans METTRE
La vertu sans l'argent n'est qu'un meuble inutile, Épître V dans MEUBLE
Quoique fils de meunier, encor blanc du moulin, Il est prêt à fournir ses titres en vélin, Épître V dans MEUNIER, IÈRE
J'entends crier partout : au meurtre ! on m'assassine !, Sat. VI dans MEURTRE
Chaque coup sur la chair laisse une meurtrissure, Lutr. V dans MEURTRISSURE
L'un miaule en grondant comme un tigre en furie, Sat. VI dans MIAULER
D'un nouveau microscope on doit en sa présence Tantôt chez Dalencé faire l'expérience, Sat. X dans MICROSCOPE
Et, s'il ne m'est permis de le dire au papier, J'irai creuser la terre, et, comme ce barbier, Faire dire aux roseaux par un nouvel organe, Midas, le roi Midas a des oreilles d'âne, Sat. IX dans MIDAS
J'y cours, midi sonnant, au sortir de la messe, Sat. III dans MIDI
Et déjà, tout confus, tenant midi sonné, En soi-même frémit de n'avoir pas dîné, Lutr. IV dans MIDI
Comme on voit les frelons, troupe lâche et stérile, Aller piller le miel que l'abeille distille, Sat. I dans MIEL
Et le mien et le tien, deux frères pointilleux, Sat. X dans MIEN
J'ai peu lu ces auteurs [les satiriques] ; mais tout n'irait que mieux, Quand de ces médisants l'engeance tout entière Irait la tête en bas rimer dans la rivière, Sat. IX dans MIEUX
Pelletier écrit mieux qu'Ablancourt ni Patru, ib. IX dans MIEUX
Qu'il soit le mieux renté de tous les beaux esprits, Sat. IX dans MIEUX
Le vers le mieux rempli, la plus noble pensée..., Art p. I dans MIEUX
Toutes ces sortes de pieds et de mesures [pyrrhiques, trochées, bons pour la danse] n'ont qu'une certaine mignardise et un petit agrément, Longin, Sublime, 33 dans MIGNARDISE
C'est en vain qu'au milieu de ma fureur extrême...., Sat. VII dans MILIEU
Que le début, la fin [d'un poëme] répondent au milieu, Art p. I dans MILIEU
Damon, ce grand auteur.... de qui le corps sec et la mine affamée...., Sat. I dans MINE
....Fais mine un peu d'en être mécontent, Pour la voir aussitôt, sur ses deux pieds haussée, Déplorer sa vertu si mal récompensée, Sat. X dans MINE
Maudit soit l'auteur dur dont l'âpre et rude verve, Son cerveau tenaillant, rima malgré Minerve...., Épigr. XI dans MINERVE
Ces valets, autour d'eux étendus, De leur sacré repos ministres assidus, Lutr. IV dans MINISTRE
Lucile le premier.... Aux vices des Romains présenta le miroir, Art p. II dans MIROIR
Un discours trop sincère aisément nous outrage ; Chacun dans ce miroir pense voir son image, Sat. VII dans MIROIR
Dans Florence jadis vivait un médecin, Savant hâbleur, dit-on, et célèbre assassin ; Lui seul y fit longtemps la publique misère, Art p. IV dans MISÈRE
On chassa ces docteurs prêchant sans mission [ceux qui jouaient des mystères], Art p. III dans MISSION
Tu dors ! attends-tu donc que, sans bulle et sans titre, Il te ravisse encor le rochet et la mitre ?, Lutr. I dans MITRE
Une ville.... Où le vice orgueilleux s'érige en souverain, Et va la mitre en tête et la crosse à la main, Sat. I dans MITRE
Ronsard.... Réglant tout, brouilla tout, fit un art à sa mode, Art p. I dans MODE
Importun à tout autre, à soi-même incommode, Il change, à tout moment, d'esprit comme de mode, Sat. VIII dans MODE
Une femme surtout doit tribut à la mode, ib. X dans MODE
On n'y peut plus souffrir ses vertus hors de mode, ib. X dans MODE
Le mérite et l'esprit ne sont plus à la mode, Sat. I dans MODE
Un poëte à la cour fut jadis à la mode, ib. dans MODE
Étudiez la cour et connaissez la ville ; L'une et l'autre est toujours en modèles fertile, Art p. III dans MODÈLE
.... Ce guide fidèle [Malherbe] Aux auteurs de ce temps sert encor de modèle, Art p. I dans MODÈLE
Que chacun prenne en main le moelleux Abéli [auteur de la Moelle théologique], Lutr. IV dans MOELLEUX, EUSE
Des siècles, des pays étudiez les moeurs, Art p. III dans MOEURS
Chaque âge a ses plaisirs, son esprit et ses moeurs, Art p. III dans MOEURS
Que votre âme et vos moeurs, peintes dans vos ouvrages, N'offrent jamais de vous que de nobles images, ib. IV dans MOEURS
Prends-moi le bon parti, laisse là tous les livres, Sat. VIII dans MOI
À moi, à moi, soldats ! À moi, Girot, je veux que mon bras m'en délivre [du lutrin], Lutr. IV dans MOI
Le moindre d'entre nous, sans argent, sans appui, Eût plaidé le prélat et le chantre avec lui, Lutrin, III dans MOINDRE
Nous demandons au ciel ce qu'il nous faut le moins, Épître V dans MOINS
Tous les hommes sont fous, et, malgré tous leurs soins, Ne diffèrent entre eux que du plus ou du moins, Sat. IV dans MOINS
Quand nous sommes malheureux, au moins avons-nous la mort, qui est comme un port assuré pour sortir de nos misères, Traité du sublime, ch. VII dans MOINS
D'une longue soutane il endosse la moire, Lutr. IV dans MOIRE
Le Moïse [titre d'un poëme] commence à moisir par les bords, Sat. IX dans MOISIR
Ils s'adorent l'un l'autre ; et ce couple charmant S'unit longtemps, dit-on, avant le sacrement ; Mais, depuis trois moissons, à leur saint assemblage L'official a joint le nom de mariage, Lutr. I dans MOISSON
La parque.... a-t-elle moissonné l'espoir de sa famille ?, Sat. X dans MOISSONNER
Le pain bis renfermé d'une moitié décrut, Sat. X dans MOITIÉ
Par les chemins fleuris d'un charmant quiétisme Tout à coup l'amenant au vrai molinosisme, Il lui fera bientôt, aidé de Lucifer, Goûter en paradis les plaisirs de l'enfer, Sat. X dans MOLINOSISME
Vante un baiser cueilli sur les lèvres d'Iris, Qui mollement résiste...., Art p. II dans MOLLEMENT
L'air qui gémit du cri de l'horrible déesse [la Discorde], Va jusque dans Cîteaux réveiller la Mollesse ; C'est là qu'en un dortoir elle fait son séjour ; Les plaisirs nonchalants folâtrent à l'entour : L'un pétrit dans un coin l'embonpoint des chanoines ; L'autre broie en riant le vermillon des moines, Lutr. II dans MOLLESSE
Prêts à les repousser, les plus hardis mollissent, Épître XI dans MOLLIR
Le livre [un Quinault lancé contre le chanoine Évrard] sans vigueur mollit contre sa tête, Lutr. V dans MOLLIR
Hâtons-nous, le temps fuit et nous traîne après soi ; Le moment où je parle est déjà loin de moi, Epître III dans MOMENT
Mais le barbier, qui tient les moments précieux, Lutr. III dans MOMENT
Debout, dit l'Avarice, il est temps de marcher.- Hé ! laisse-moi. - Debout. - Un moment. - Tu répliques !, Sat. VIII dans MOMENT
Mais depuis le moment que cette frénésie [faire des vers] De ses noires vapeurs troubla ma fantaisie...., Sat. II dans MOMENT
Porte-la [ta cause] dans Trévoux, à ce beau tribunal [tenu par des Jésuites] Où de nouveaux Midas un sénat monacal...., Sat. XI dans MONACAL, ALE
Empêcher que Caron, dans sa fatale barque, Ainsi que le berger, ne passe le monarque, Art p. III dans MONARQUE
Si l'on vient à chercher pour quel secret mystère Alidor à ses frais bâtit un monastère, Sat. IX dans MONASTÈRE
[La chicane].... dévorant maisons, palais, châteaux entiers, Rend pour des monceaux d'or de vains tas de papiers, Lutr. V dans MONCEAU
Il fallait que sa rage.... Allât encor de lois embrouiller le Digeste, Cherchât pour l'obscurcir des gloses, des docteurs, Accablât l'équité sous des monceaux d'auteurs...., Sat. VIII dans MONCEAU
Le monde, de qui l'âge avance les ruines, Ne peut plus enfanter de ces âmes divines, Lutr. III dans MONDE
Par le caprice du monde le plus bizarre, Sat. XII, Avertissement. dans MONDE
[Elle] Croit que c'est aimer Dieu que haïr tout le monde, Sat. X dans MONDE
Le monde, à mon avis, est comme un grand théâtre, Où chacun en public, l'un par l'autre abusé, Souvent à ce qu'il est joue un rôle opposé, Sat. X dans MONDE
Jeune, autrefois par vous dans le monde conduit, ib. X dans MONDE
Le monde cependant se rit de mes excuses, Ép. VI dans MONDE
C'est [Alidor bâtissant un monastère] un homme d'honneur, de piété profonde, Et qui veut rendre à Dieu ce qu'il a pris au monde, Sat. IX dans MONDE
Dans ce grand monde où tu vas l'entraîner [ta femme], Sat. X dans MONDE
Cependant cet oiseau qui prône les merveilles, Ce monstre composé de bouches et d'oreilles, La renommée..., Lutr. II dans MONSTRE
Et le barreau n'a pas de monstres si hagards Dont mon oeil n'ait cent fois soutenu les regards, ib. III dans MONSTRE
T'ai-je peint ces tristes Tisiphones [les femmes qui haïssent leurs enfants], Ces monstres pleins d'un fiel que n'ont point les lionnes ?, Sat. X dans MONSTRE
Son avarice.... Le fit dans une avare et sordide famille Chercher un monstre affreux sous l'habit d'une fille, Sat. X dans MONSTRE
Leur appétit fougueux, par l'objet excité, Parcourt tous les recoins d'un monstrueux pâté, Lutr. V dans MONSTRUEUX, EUSE
Rien n'égale en fureur, en monstrueux caprices, Une fausse vertu qui s'abandonne aux vices, Sat. X dans MONSTRUEUX, EUSE
Au pied du mont Adule, entre mille roseaux, Ép. IV dans MONT
Si quelque objet pareil, chez moi, de çà les monts, Pour m'épouser entrait avec tous ces grands noms, Sat. X dans MONT
Et ne savez-vous pas que sur ce mont sacré, Qui ne vole au sommet tombe au plus bas degré ?, ib. IX dans MONT
Que produit un auteur après tous ces grands cris ? La montagne en travail enfante une souris, Art p. III dans MONTAGNE
De morts et de mourants cent montagnes plaintives, Art p. I (vers de Brébeuf, cité par Boileau) dans MONTAGNE
.... ses vers [de Chapelain] et sans force et sans grâces, Montés sur deux grands mots comme sur deux échasses, Sat. IV dans MONTÉ, ÉE
Deux servantes déjà, largement souffletées, Avaient à coups de pied descendu les montées, Sat. X dans MONTÉE
Ils montent au sommet de la fatale église, Lutr. III dans MONTER
La trop courte beauté monta sur des patins ; La coquette tendit ses lacs tous les matins, Ép. IX dans MONTER
Un fou.... En vain monte à cheval pour tromper son ennui ; Le chagrin monte en croupe, et galope avec lui, Ép. V dans MONTER
Aussitôt sur un trône éclatant de rubis L'imposteur monte, orné de superbes habits, Sat. X dans MONTER
Ou bien montez en chaire ; et là, comme un docteur, Allez de vos sermons endormir l'auditeur, Sat. I dans MONTER
....Le théâtre abhorré Fut longtemps de la France un plaisir ignoré ; De pèlerins, dit-on, une troupe grossière En public à Paris y monta la première, Art p. III dans MONTER
Le fidèle.... Fuyant des vanités la dangereuse amorce, Aux honneurs appelé, n'y montait que par force, Lutr. VI dans MONTER
De l'auguste chapelle ils montent les degrés, Lutr. III dans MONTER
Mon bien se monte à tant : tenez, voilà le vôtre, Sat. X dans MONTER
Marot.... Tourna des triolets.... Et montra pour rimer des chemins tout nouveaux, Art p. I dans MONTRER
Ne demande donc plus par quelle humeur sauvage Tout l'été, loin de toi, demeurant au village, J'y passe obstinément les ardeurs du Lion, Et montre pour Paris si peu de passion, Ép. VI dans MONTRER
J'aime un esprit aisé qui se montre, qui s'ouvre, Ép. IX dans MONTRER
D'un nouveau personnage inventez-vous l'idée ? Qu'en tout avec soi-même il se montre d'accord, Art p. III dans MONTRER
Quel sujet, dira l'un, peut donc si fréquemment Mettre ainsi cette belle aux bords du monument ?, Sat. X dans MONUMENT
Nos beaux jours sont finis, nos honneurs sont passés ; Bientôt vous allez voir vos froides rêveries Du public exciter les justes moqueries, Ép. X dans MOQUERIE
Tandis que mon faquin, qui se voyait priser, Avec un ris moqueur les priait d'excuser, Sat. III dans MOQUEUR, EUSE
Et tous ces lieux communs de morale lubrique Que Lully réchauffa du feu de sa musique, Sat. X dans MORALE
Qu'avez-vous donc, dit-il, que vous ne mangez point ? Je vous trouve aujourd'hui l'âme tout inquiète, Et les morceaux entiers restent sur votre assiette, Sat. III dans MORCEAU
Les morceaux trop hâtés se pressent dans sa bouche, Lutrin, I dans MORCEAU
L'ivoire trop hâté deux fois rompt sur sa tête, Et deux fois de sa main le buis tombe en morceaux, Lutr. V dans MORCEAU
Dont la parole mord en quelque sorte, Dans vos discours chagrins, plus aigre et plus mordant Qu'une femme en furie ou Gautier en plaidant, Sat. IX dans MORDANT, ANTE
. Quand Juvénal, de sa mordante plume, Faisait couler des flots de fiel et d'amertume, Sat. VII dans MORDANT, ANTE
Juvénal, élevé dans les cris de l'école, Poussa jusqu'à l'excès sa mordante hyperbole, Art p. II dans MORDANT, ANTE
Dès que j'y veux rêver [à louer], ma veine est aux abois ; J'ai beau frotter mon front, j'ai beau mordre mes doigts, Sat. VII dans MORDRE
J'aime mieux Bergerac et sa burlesque audace, Que ces vers où Motin se morfond et nous glace, Art p. IV dans MORFONDRE
Et, bravant des sergents la timide cohorte, [le noble] Laissa le créancier se morfondre à sa porte, Sat. V dans MORFONDRE
T'ai-je tracé la vieille à morgue dominante ?, Sat. X dans MORGUE
....à ce discours je te trouve un peu morne, Sat. X dans MORNE
L'homme, en ses passions toujours errant sans guide, A besoin qu'on lui mette et le mors et la bride, Sat. X dans MORS
Dans Florence jadis vivait un médecin.... De tous ses amis morts un seul ami resté...., Art p. IV dans MORT, ORTE
Ce discours d'un guerrier que la colère enflamme Ressuscite l'honneur déjà mort en leur âme, Ép. IV dans MORT, ORTE
Sans tous ces ornements le vers tombe en langueur, La poésie est morte, ou rampe sans vigueur, Art p. III dans MORT, ORTE
Ces histoires de morts lamentables, tragiques, Sat. X dans MORT
...Ce marquis... qui sans cesse au jeu... Voit la vie ou la mort sortir de son cornet, Sat. IV dans MORT
Sur l'ais qui le soutient, auprès d'un Avicenne, Deux des plus forts mortels l'ébranleraient à peine [un infortiat], Lutr. V dans MORTEL, ELLE
Mais je ne trouve point de fatigue si rude Que l'ennuyeux loisir d'un mortel sans étude, Ép. X dans MORTEL, ELLE
Le prélat.... Tout d'un coup tourne à gauche, et d'un bras fortuné Bénit subitement le guerrier consterné ; Le chanoine surpris de la foudre mortelle...., Lutr. V dans MORTEL, ELLE
Quand la Toute-Puissance D'un mot forma le ciel, l'air, la terre et les flots, Sat. XI dans MOT
Ce n'est pas quelquefois qu'une muse un peu fine Sur un mot en passant ne joue et ne badine, Art poét. II dans MOT
Ainsi, recommençant un ouvrage vingt fois, Si j'écris quatre mots, j'en effacerai trois, Sat. II dans MOT
Il est un heureux choix de mots harmonieux ; Fuyez des mauvais sons le concours odieux, Art poét. I dans MOT
Mais mon esprit, tremblant sur le choix de ses mots, N'en dira jamais un s'il ne tombe à propos, Sat. II dans MOT
Et sur le ton grondeur lorsqu'elle les harangue [ses domestiques], Il faut voir de quels mots elle enrichit la langue, ib. X dans MOT
Enfin Malherbe vint.... D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir, Art poét. I dans MOT
Tantôt, cherchant la fin d'un vers que je construi, Je trouve au coin d'un bois le mot qui m'avait fui, Ép. VI dans MOT
Et, sans dire un seul mot, j'avalais au hasard Quelque aile de poulet...., Sat. III dans MOT
Il [Ronsard] vit... Tomber de ses grands mots le faste pédantesque, Art poét. I dans MOT
Tout beau, dira quelqu'un, vous entrez en furie ; à quoi bon ces grands mots ?...., Sat. I dans MOT
... La métaphore et la métonymie, Grands mots que Pradon croit des termes de chimie, Ép. X dans MOT
Le prélat.... Leur confie en ces mots sa trop juste douleur, Lutr. I dans MOT
Et tel mot, pour avoir réjoui le lecteur, A coûté bien souvent des larmes à l'auteur, Sat. VII dans MOT
Et dès qu'un mot plaisant vient luire à mon esprit, Je n'ai point de repos qu'il ne soit en écrit, ib. dans MOT
Un jeune fou qui se croit tout permis, Et qui pour un bon mot va perdre vingt amis, Sat. IX dans MOT
Ils blanchissent auprès d'eux [les rois] dans la pratique des bons mots, qui leur tiennent lieu d'exploits ; mais ils s'attirent, à force d'être plaisants, des emplois graves, ib. X dans MOT
....Qu'il n'est point de coupable en repos ; C'est ce qu'il faut ici montrer en peu de mots, Épître X dans MOT
À ces mots.... reconnaissant ma faute, Sat. III dans MOT
On apporte à l'instant ses somptueux habits, Où sur l'ouate molle éclate le tabis, Lutr. IV dans MOU, MOLLE
Son menton sur son sein descend à double étage, Et son corps, ramassé dans sa courte grosseur, Fait gémir les coussins sous sa molle épaisseur, ib. I dans MOU, MOLLE
.... Un ruisseau qui, sur la molle arène, Dans un pré plein de fleurs lentement se promène, Art p. I dans MOU, MOLLE
....Mangez sur ma parole ; J'aime à voir aux lapins cette chair blanche et molle, Sat. III dans MOU, MOLLE
On ne sait bien souvent quelle mouche le pique, Sat. IX dans MOUCHE
Déjà nouveau seigneur, il vante sa noblesse ; Quoique fils de meunier, encor blanc du moulin, Il est prêt à fournir ses titres en vélin, Ép. V dans MOULIN
Le chantre désolé, lamentant son malheur, Fait mourir l'appétit et naître la douleur, Lutrin, IV dans MOURIR
Laissez-là ces mousquets trop pesants pour vos bras, Ép. IV dans MOUSQUET
Paris, rue Saint-Martin Quand un des campagnards relevant sa moustache ...., Sat. III dans MOUSTACHE
Sentiez-vous, dites-moi, ces violents transports Qui d'un esprit divin font mouvoir les ressorts ?, Sat. IX dans MOUVOIR
Aux accords d'Amphion les pierres se mouvaient, Art poét. IV dans MOUVOIR
Que Rohault vainement sèche pour concevoir, Comment, tout étant plein, tout a pu se mouvoir, Épître V dans MOUVOIR
Le vin au plus muet fournissant des paroles, Sat. III dans MUET, ETTE
Et le triste orateur Demeure enfin muet aux yeux du spectateur, Lutr. VI dans MUET, ETTE
Lorsqu'il entend de loin d'une gueule infernale La chicane en fureur mugir dans la grand'salle, Sat. VIII dans MUGIR
Les murs en sont émus, les voûtes en mugissent, Lutr. III dans MUGIR
Vingt muids rangés chez moi font ma bibliothèque, Lutr. IV dans MUID
C'est là que le prélat, muni d'un déjeuner, Dormant d'un léger somme, attendait le dîner, Lut. I dans MUNI, IE
Ainsi tel autrefois qu'on vit avec Faret Charbonner de ses vers les murs d'un cabaret...., Art poét. I dans MUR
Depuis combien de temps êtes-vous dans nos murs ? Du fleuve ainsi dompté [le Rhin] la déroute éclatante à Wurts jusqu'en son camp va porter l'épouvante ; Wurts, l'espoir du pays et l'appui de ses murs, Ép. IV dans MUR
L'âge viril plus mûr inspire un air plus sage, Art. p. III dans MÛR, ÛRE
Maintenant que le temps a mûri mes désirs, Que mon âge, amoureux de plus sages plaisirs, Bientôt s'en va frapper à son neuvième lustre...., Épître V dans MÛRIR
Vingt carrosses bientôt, arrivant à la file, Y sont en moins de rien suivis de plus de mille [dans les embarras de Paris].... Chacun prétend passer.... Des mulets en sonnant augmentent le murmure, Sat. VI dans MURMURE
Du rouge qu'on vous voit, on s'étonne, on murmure, Sat. X dans MURMURER
Aimez-vous la muscade ? on en a mis partout, Sat. III dans MUSCADE
Il se lève, enflammé de muscat et de bile, Sat. V dans MUSCAT
Muse, redis-moi donc quelle ardeur de vengeance De ces hommes sacrés rompit l'intelligence, Lutr. I dans MUSE
Et réduisit la muse aux règles du devoir, Art poét. I dans MUSE
Le mal est qu'en rimant ma muse un peu légère Nomme tout par son nom et ne saurait rien taire, Disc. au roi. dans MUSE
Ce n'est pas quelquefois qu'une muse un peu fine Sur un mot en passant ne joue et ne badine, Et d'un sens détourné n'abuse avec succès, Art p. II dans MUSE
Je hais ces vains auteurs dont la muse forcée M'entretient de ses feux, toujours froide et glacée, ib. II dans MUSE
Mais tout ce beau discours dont il vient vous flatter N'est rien qu'un piége adroit pour vous les réciter [ses vers] ; Aussitôt il vous quitte, et, content de sa muse, S'en va chercher ailleurs quelque fat qu'il abuse, ib. I dans MUSE
Ma muse en l'attaquant, charitable et discrète, Sait de l'homme d'honneur distinguer le poëte, Sat. IX dans MUSE
Mais sa muse [de Ronsard] en français parlant grec et latin, Art p. I dans MUSE
Damon, ce grand auteur, dont la muse fertile Amusa si longtemps et la cour et la ville, Sat. I dans MUSE
Dût ma muse par là choquer tout l'univers, Riche, gueux, triste ou gai, je veux faire des vers, ib. VII dans MUSE
Dans la disette, une muse affamée Ne peut pas, dira-t-on, subsister de fumée, Art p. IV dans MUSE
On vit avec horreur une muse effrénée Dormir chez un greffier la grasse matinée, Ep. V dans MUSE
Et tous ces lieux communs de morale lubrique, Que Lulli réchauffa des sons de sa musique, Sat. X dans MUSIQUE
Tous mes sots.... Détonnant de concert, se mettent à chanter ; La musique sans doute était rare et charmante, Sat. III dans MUSIQUE
Vas-tu, grand défenseur des droits de ton église, De tes moines mutins réprimer l'entreprise ?, Épître II dans MUTIN, INE
Qu'Éole.... Ouvre aux vents mutinés les prisons d'Éolie, Art p. III dans MUTINÉ, ÉE
Nous ne sommes pas faits, je le vois, l'un pour l'autre ; Mon bien se monte à tant ; tenez, voilà le vôtre ; Partez ; délivrons-nous d'un mutuel souci, Sat. X dans MUTUEL, ELLE
De la foi d'un chrétien les mystères terribles, Art p. III dans MYSTÈRE
C'est ainsi quelquefois qu'un indolent mystique, Au milieu des péchés tranquille fanatique, Du plus parfait amour pense avoir l'heureux don, Et croit posséder Dieu, dans les bras du démon, Ép. XI dans MYSTIQUE
Je ne me déclare caution que de l'histoire du fleuve en colère [le Rhin], que j'ai apprise d'une de ses naïades qui s'est réfugiée dans la Seine, Ép. IV, Passage du Rhin, au lecteur. dans NAÏADE
Il [le dieu du Rhin] se trouble, il regarde, et partout sur ses rives Il voit fuir à grands pas ses naïades craintives, Ép. IV dans NAÏADE
La cour désabusée Dédaigna de ces vers [burlesques] l'extravagance aisée, distingua le naïf du plat et du bouffon, Art poét. I dans NAÏF, IVE
....J'entends et je voi D'où vient que tu t'es fait secrétaire du roi ; Il fallait de ce titre appuyer ta naissance, Sat. X dans NAISSANCE
La grêle Qui.... à coups impétueux Abat l'honneur naissant des rameaux fructueux, Lutr. V dans NAISSANT, ANTE
La famille en pâlit et vit en frémissant Dans la poudre du greffe un poëte naissant, Épît. V dans NAISSANT, ANTE
Nous naissons, nous vivons pour la société, Sat. X dans NAÎTRE
Si son astre en naissant ne l'a formé poëte, Art p. dans NAÎTRE
Des succès fortunés du spectacle tragique Dans Athènes naquit la tragédie antique, Art p. III dans NAÎTRE
De là sont nés ces bruits reçus dans l'univers, Qu'aux accents dont Orphée...., ib. IV dans NAÎTRE
Mais d'où naissent les pleurs que je te vois répandre ?, Phèdre, V, 6 dans NAÎTRE
La tragédie informe et grossière en naissant, Art p. III dans NAÎTRE
Tout poëme est brillant de sa propre beauté ; Le rondeau, né gaulois, a la naïveté, Art p. II dans NAÏVETÉ
La déesse, en entrant, qui voit la nappe mise, Admire un si bel ordre, Lutrin, I dans NAPPE
On dessert, et soudain, la nappe étant levée, Le prélat, d'une voix conforme à son malheur, Leur confie en ces mots sa trop juste douleur, ib. I dans NAPPE
Soyez vif et pressé dans vos narration, Art poétique, III dans NARRATION
Connais-tu la nation dévote ?, Sat. X dans NATION
Je savais que la nation des poëtes, et surtout des mauvais poëtes, est une nation farouche qui prend feu aisément, et que ces esprits avides de louanges ne digéreraient pas facilement une raillerie, quelque douce qu'elle pût être, Disc. sur la satire. dans NATION
L'homme de la nature est le chef et le roi, Sat. VIII dans NATURE
Avant que la raison, s'expliquant par la voix, Eût instruit les humains, eût enseigné des lois, Tous les hommes suivaient la grossière nature, Art p. IV dans NATURE
Que la nature donc soit votre étude unique, Art p. III dans NATURE
La nature, féconde en bizarres portraits, Dans chaque âme est marquée à de différents traits, ib. dans NATURE
Le naturel toujours sort et sait se montrer ; Vainement on l'arrête, on le force à rentrer ; Il rompt tout, perce tout, et trouve enfin passage, Sat. X dans NATUREL, ELLE
Cette mer où tu cours est célèbre en naufrages, Épître I dans NAUFRAGE
Puis bientôt en grande eau sur le fleuve de Tendre Naviger à souhait, Sat. x. dans NAVIGUER
Le jeu n'est sûr avec cette ribaude, Épigr. III dans NE
Esprit né pour la cour, et maître en l'art de plaire, Guilleragues, qui sais et parler et te taire, Ép. V dans NÉ, NÉE
Tu sais bien que mon style est né pour la satire, Ép. VIII dans NÉ, NÉE
Sans ce terrible nom mal né pour les oreilles, Ép. IV dans NÉ, NÉE
Dès le temps nouveau-né, quand la Toute-Puissance D'un mot forma le ciel, l'air, la terre et les lots, Sat. XI dans NÉ, NÉE
Dès que l'impression fait éclore un poëte, Il est esclave-né de quiconque l'achète, Sat. IX dans NÉ, NÉE
Il faut de nécessité que tout ce que nous avons dit arrive en lui, Du subl. XXX dans NÉCESSITÉ
Sitôt que du nectar la troupe est abreuvée, Lutr. I dans NECTAR
Ils passent de la nef la vaste solitude, Lutr. III dans NEF
Un sage ami, toujours rigoureux, inflexible, Sur vos fautes jamais ne vous laisse paisible ; Il ne pardonne pas les endroits négligés, Art p. I dans NÉGLIGÉ, ÉE
Mais lorsqu'on la néglige [la rime], elle devient rebelle, Art p. I dans NÉGLIGER
Un orage terrible aux yeux des matelots, C'est Neptune en courroux qui gourmande les flots, Art poét. III dans NEPTUNE
Quand je vois.... La France sous tes lois maîtriser la fortune, Et nos vaisseaux domptant l'un et l'autre Neptune, Disc. au roi. dans NEPTUNE
Il met tous les matins six impromptus au net, Art p. II dans NET, ETTE,
Et qu'enfin votre livre aille au gré de vos voeux Faire siffler Cotin chez nos derniers neveux, Sat. IX dans NEVEU
Je vieillis, et ne puis regarder sans effroi Les neveux affamés dont l'importun visage De mes biens à mes yeux fait déjà le partage, Sat. X dans NEVEU
Ma maison ni mon lit ne sont point faits pour vous, Sat. X dans NI
Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme, Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme, Art p. I dans NI
Je n'ai point exigé ni serments, ni promesses, Lutr. II dans NI
Défendit qu'un vers faible y pût jamais entrer, Ni qu'un mot déjà mis osât s'y remontrer, Art p. II dans NI
Bientôt ils défendront de peindre la prudence, De donner à Thémis ni bandeau ni balance, ib. III dans NI
Gardez donc de donner, ainsi que dans Clélie, L'air ni l'esprit français à l'antique Italie, ib. III dans NI
Pelletier écrit mieux qu'Ablancourt ni Patru, Sat. IX dans NI
Dont les noms.... placés comme en leurs niches, Vont de vos vers malins remplir les hémistiches, Sat. IX dans NICHE
Mais aucun de ces maux n'égale les rigueurs Que la mauvaise honte exerça dans les coeurs ; De ce nid à l'instant sortirent tous les vices, Ép. III dans NID
Du corps de ce dragon plein de soufre et de nitre, Lutr. I dans NITRE
Tu dirais, reprenant ta pelle et ton rateau : J'aime mieux mettre encor cent arpents au niveau, Que d'aller follement, égaré dans les nues, Me lasser à chercher des visions cornues, Épître X dans NIVEAU
Le style le moins noble a pourtant sa noblesse, Art p. I dans NOBLE
Dans un noble projet on tombe noblement, Longin, Sublime, ch. 11 dans NOBLEMENT
La noblesse, Dangeau, n'est pas une chimère, Quand, sous l'étroite loi d'une vertu sévère, Un homme issu d'un sang fécond en demi-dieux Suit comme toi la trace où marchaient ses aïeux, Sat. v. dans NOBLESSE
Savez-vous si.... Et si leur sang tout pur, ainsi que leur noblesse, Est passé jusqu'à vous de Lucrèce en Lucrèce ?, ib. dans NOBLESSE
Bientôt, pour subsister, la noblesse sans bien Trouva l'art d'emprunter et de ne rendre rien, Sat. V dans NOBLESSE
Mais enfin, l'indigence amenant la bassesse, Le Parnasse oublia sa première noblesse, Art p. IV dans NOBLESSE
Il faut que ses acteurs [de la comédie]' badinent noblement, Que son noeud bien formé se dénoue aisément, Art p. III dans NOEUD
Quand mes cheveux plus noirs ombrageaient mon visage, Ép. V dans NOIR, OIRE
De chiffons ramassés dans la plus noire ordure, Sat. X dans NOIR, OIRE
D'où vient ce noir chagrin qu'on lit sur son visage ?, Épigr. XXXIV dans NOIR, OIRE
Le mal est qu'en rimant ma muse trop légère Nomme tout par son nom et ne saurait rien taire ; C'est là ce qui fait peur aux esprits de ce temps, Qui, tout blancs au dehors, sont tout noirs au dedans, Disc. au roi. dans NOIR, OIRE
Quand la Discorde encor toute noire de crimes, Lutr. I dans NOIR, OIRE
Ce censeur [Boileau] qu'ils ont peint si noir et si terrible, Fut un esprit doux, simple, ami de l'équité, Ép. X dans NOIR, OIRE
La maligne aux yeux faux, au coeur noir, Sat. X dans NOIR, OIRE
Voilà l'homme en effet, il va du blanc au noir, Sat. VIII dans NOIR, OIRE
Quand je veux dire blanc, la quinteuse [la rime] dit noir, Sat. II dans NOIR, OIRE
De ces femmes pourtant l'hypocrite noirceur Au moins pour un mari garde quelque douceur, Sat. X dans NOIRCEUR
L'honneur.... Quel est-il ?... L'ambitieux le met souvent à tout brûler.... Ce poëte à noircir d'insipides papiers, Sat. X dans NOIRCIR
De ce même pinceau dont j'ai noirci les vices...., Sat. IX dans NOIRCIR
D'un seul nom quelquefois le son dur ou bizarre Rend un poëme entier ou burlesque ou barbare, Art p. III dans NOM
Et, sous des noms romains faisant notre portrait, Peindre Caton galant et Brutus dameret, Art p. III dans NOM
J'aimerais mieux encor qu'il déclinât son nom, Et dît : je suis Oreste ou bien Agamemnon, Que d'aller par un tas de confuses merveilles, Sans rien dire à l'esprit, étourdir les oreilles, Art poét. III dans NOM
Je ne puis rien nommer si ce n'est par son nom, J'appelle un chat un chat, et Rollet un fripon, Sat. I dans NOM
Et transportant cent fois et le nom et le verbe, Dans mes vers recousus mettre en pièces Malherbe, Sat. II dans NOM
La Seine a des Bourbons, le Tibre a des Césars, Ép. I dans NOM
À mon gré, le Corneille est joli quelquefois, Sat. III dans NOM
Plus de douze attroupés craindre le nombre impair, Sat. VIII dans NOMBRE
La rime au bout des mots assemblés sans mesure Tenait lieu d'ornement, de nombre et de césure, Art p. I dans NOMBRE
De figures sans nombre égayez votre ouvrage, Art p. III dans NOMBRE
La riche expression, la nombreuse césure, Ép. X dans NOMBREUX, EUSE
Il a tort, dira l'un ; pourquoi faut-il qu'il nomme ? Attaquer Chapelain ! ah ! c'est un si bon homme !, Sat. IX dans NOMMER
Par toi l'humilité devint une bassesse ; La candeur se nomma grossièreté, rudesse, Sat. XI dans NOMMER
Les plaisirs nonchalants folâtrent à l'entour, Lutrin, II dans NONCHALANT, ANTE
Si je voulais vanter un objet nonpareil, Je mettrais à l'instant plus beau que le soleil, Sat. II dans NONPAREIL, EILLE
Le soleil en naissant la regarde d'abord, Et le mont la défend des outrages du nord, Épît. VI dans NORD
[Les oracles] Et sans crainte rendant leurs réponses normandes, Sat. XI dans NORMAND, ANDE
Soutenons bien nos droits, sot est celui qui donne ; C'est ainsi devers Caen que tout Normand raisonne, Épît. II dans NORMAND, ANDE
Notre hôte cependant s'adressant à la troupe : Que vous semble, a-t-il dit, du goût de cette soupe ?, Sat. III dans NOTRE
Qu'est devenu ce teint dont la couleur fleurie Semblait d'ortolans seuls et de bisques nourrie ?, Sat. III dans NOURRI, IE
Qu'il paraît bien nourri ! quel vermillon ! quel teint ! Le printemps dans sa fleur sur son visage est peint, Sat. X dans NOURRI, IE
Ce guerrier dans l'Église aux querelles nourri, Lutr. V dans NOURRI, IE
Son coeur toujours nourri dans la dévotion, Sat. X dans NOURRI, IE
Trois lapins.... qui.... Sentaient encor le chou dont ils furent nourris, Sat. III dans NOURRIR
Aimez-donc la vertu, nourissez-en votre âme, Art p. IV dans NOURRIR
Muses, dictez sa gloire à tous vos nourrissons, Art p. IV dans NOURRISSON
Et son feu [d'un poëte], dépourvu de sens et de lecture, S'éteint à chaque pas faute de nourriture, Art p. III dans NOURRITURE
Quand Bacchus comblera de ses nouveaux bienfaits Le vendangeur ravi de ployer sous le faix, Épître VI dans NOUVEAU ou, devant une voyelle ou une h muette, NOUVEL, NOUVELLE
Toutes ces affectations, si basses et si puériles, ne viennent que d'une seule cause, c'est à savoir de ce qu'on cherche la nouveauté dans les pensées, qui est la manie surtout des écrivains d'aujourd'hui, Longin, Subl. ch. 4 dans NOUVEAUTÉ
Le Rhin tremble et frémit à ces tristes nouvelles, Ép. IV dans NOUVELLE
Ce sont là les leçons dont un père manceau Instruit son fils novice au sortir du berceau, Épître II dans NOVICE
Guillaume, enfant de choeur, prête sa main novice, Lutr. I dans NOVICE
Et le monde effrayé Vous regarde déjà comme un homme noyé, Sat. IX dans NOYÉ, ÉE
Tous ses bords sont couverts de saules non plantés Et de noyers souvent du passant insultés, Épît. VI dans NOYER
Des pois verts qui se noyaient dans l'eau, Sat. III dans NOYER
La raison pour marcher n'a souvent qu'une voie ; Pour peu qu'on s'en écarte, aussitôt on se noie, Art p. I dans NOYER
L'un n'est point trop fardé, mais sa muse est trop nue, Art p. I dans NU, NUE
Il est certains esprits dont les sombres pensées Sont d'un nuage épais toujours embarrassées, Art p. I dans NUAGE
Triste et honteux de voir sa nudité, Il sut qu'il n'était plus, grâce à sa vanité, Qu'un chétif animal pétri d'un peu de terre, Sat. XI dans NUDITÉ
Tandis que dans les airs mille cloches émues D'un funèbre concert font retentir les nues, Sat. VI dans NUE
Ses murs [de la tour de Montlhéri]... Sur la cime d'un roc s'allongent dans la nue, Lutr. III dans NUE
L'autre a peur de ramper, il se perd dans la nue, Art p. I dans NUE
On vit par le public un poëte avoué [Aristophane] S'enrichir aux dépens du mérite joué, Et Socrate par lui, dans un choeur de nuées, D'un vil amas de peuple attirer les huées, Art p. III dans NUÉE
Du fond de notre sacristie Une épaisse nuée à longs flots est sortie, Qui, s'ouvrant à mes yeux dans son bleuâtre éclat, M'a fait voir un serpent conduit par le prélat, Lutr. IV dans NUÉE
J'abats ce qui me nuit partout où je le trouve, Lutr. IV dans NUIRE
On reposait la nuit, on dormait tout le jour, Lutr. II dans NUIT
Mais la Nuit aussitôt de ses ailes affreuses Couvre des Bourguignons les campagnes vineuses, Lutr. III dans NUIT
Ah ! Nuit, si tant de fois, dans les bras de l'amour, Je t'admis aux plaisirs que je cachais au jour, ib. II dans NUIT
Mais jusque dans la nuit de mes sacrés déserts...., Lutr. VI dans NUIT
Ainsi loin du vrai jour par toi toujours conduit, L'homme ne sortit plus de son épaisse nuit, Sat. XI dans NUIT
Écho n'est plus un son qui dans l'air retentisse, C'est une nymphe en pleurs qui se plaint de Narcisse, Art p. III dans NYMPHE
La rime est une esclave et ne doit qu'obéir, Art poét. I dans OBÉIR
Il n'est point de serpent ni de monstre odieux Qui, par l'art imité, ne puisse plaire aux yeux ; D'un pinceau délicat l'artifice agréable Du plus affreux objet fait un objet aimable, Art p. III dans OBJET
Mais il est des objets que l'art judicieux Doit offrir à l'oreille et reculer des yeux, ib. dans OBJET
Demandez à Juvénal ce qui l'oblige de prendre la plume, c'est qu'il est las d'entendre et la Théséide de Codrus et...., Disc. sur la satire. dans OBLIGER
Par les détours étroits d'une barrière oblique, Ils gagnent les degrés et le perron antique, Lutr. V dans OBLIQUE
J'évite d'être long et je deviens obscur, Art p. I dans OBSCUR, URE
Selon que votre idée est plus ou moins obscure, L'expression la suit ou moins nette ou plus pure, ib. I dans OBSCUR, URE
....Vous croyez dans vos rimes obscures Aux Saumaises futurs préparer des tortures, Sat. IX dans OBSCUR, URE
L'un et l'autre rival, s'arrêtant au passage, Se menace des yeux, s'observe, s'envisage, Lutr. V dans OBSERVER
Depuis plus d'une année, J'éludais tous les jours sa poursuite obstinée [une invitation à dîner], Sat. III dans OBSTINÉ, ÉE
L'Académie en corps a beau le censurer [le Cid] ; Le public révolté s'obstine à l'admirer, Sat. IX dans OBSTINER
J'occupe ma raison d'utiles rêveries, Ép. VI dans OCCUPER
On ne peut pas toujours travailler, prier, lire : Il vaut mieux s'occuper à jouer qu'à médire, Sat. X dans OCCUPER
L'ode avec plus d'éclat et non moins d'énergie, Élevant jusqu'au ciel son vol ambitieux, Entretient dans ses vers commerce avec les dieux ; Aux athlètes dans Pise elle ouvre la barrière, Chante un vainqueur poudreux au bout de la carrière, Mène Achille sanglant au bord du Simoïs, Ou fait fléchir l'Escaut sous le joug de Louis, Art p. II dans ODE
Il n'est point de serpent, ni de monstre odieux, Qui, par l'art imité, ne puisse plaire aux yeux, Art p. III dans ODIEUX, EUSE
Je sais que d'un conte odieux Vous avez comme moi sali votre mémoire, Sat. X dans ODIEUX, EUSE
À côté de ce plat paraissaient deux salades, Dont l'huile de fort loin saisissait l'odorat, Sat. III dans ODORAT
Combien n'a-t-on point vu de belles aux doux yeux, Avant le mariage anges si gracieux..., Sat. X dans OEIL
Tout Paris pour Chimène a les yeux de Rodrigue, Sat. IX dans OEIL
Mais le prélat vers lui fait une marche adroite, Il l'observe de l'oeil, Lutr. V dans OEIL
La Pucelle [poëme de Chapelain] est encore une oeuvre bien galante, Sat. III dans OEUVRE
....Lorsque Chapelain met une oeuvre en lumière, Chaque lecteur d'abord lui devient un Linière, ib. IX dans OEUVRE
Donnons à ce grand oeuvre une heure d'abstinence, Lutr. IV dans OEUVRE
Mais souvent sur ses vers un auteur intraitable à les protéger tous se croit intéressé, Et d'abord prend en main le droit de l'offensé, Art p. I dans OFFENSÉ, ÉE
Les trois que Dieu destine à ce pieux office, Lutr. I dans OFFICE
L'office de la nuit, du matin, du soir Quelle fureur, dit-il, quel aveugle caprice, Quand le dîner est prêt, vous appelle à l'office ?, Lutr. I dans OFFICE
J'en suis fourni, Dieu sait [de poivre] ! et j'ai tout Pelletier Roulé dans mon office en cornets de papier, Sat. III dans OFFICE
Mais, depuis trois moissons, à leur saint assemblage L'official a joint le nom de mariage, Lutr. I dans OFFICIAL
Le vigilant Girot court à lui [le chantre de la Sainte Chapelle] le premier ; C'est d'un maître si saint le plus digne officier ; La porte dans le choeur à sa garde est commise, Lutr. IV dans OFFICIER
De mes sonnets flatteurs lasser tout l'univers, Et vendre au plus offrant mon encens et mes vers, Sat. I dans OFFRANT
[La dévote qui....] les yeux vers le ciel, pour se le faire ouvrir, Offre à Dieu les tourments qu'elle me fait souffrir, Sat. X dans OFFRIR
L'Évangile à l'esprit n'offre de tous côtés Que pénitence à faire et tourments mérités, Art p. III dans OFFRIR
Qu'aurait-on dit de Virgile, bon Dieu ! si à la descente d'Énée dans l'Italie, il lui avait fait conter par un hôtelier l'histoire de Peau d'âne et des contes de ma mère l'oie ?, Dissert. sur Joconde (en 1669) dans OIE
Sors de ce lit oiseux qui te tient attaché, Lutr. I dans OISEUX, EUSE
Aux élans redoublés de sa voix douloureuse, Tous ses valets tremblants quittent la plume oiseuse, ib. IV dans OISEUX, EUSE
[Qui] Soutient, dans les langueurs de son oisiveté ... Le pénible fardeau de n'avoir rien à faire, Épît. X dans OISIVETÉ
Les chanoines vermeils et brillants de santé S'engraissent d'une sainte et longue oisiveté, Lutrin, I dans OISIVETÉ
Et son feutre à grands poils ombragé d'un panache, Sat. III dans OMBRAGÉ, ÉE
Ce pupitre fatal qui me doit ombrager, Lutr. IV dans OMBRAGER
Déjà moins plein de feu, pour animer ma voix J'ai besoin du silence et de l'ombre des bois, Épître VI dans OMBRE
C'est une ombre au tableau qui lui donne du lustre, Sat. IX dans OMBRE
C'est d'un roi que l'on tient cette maxime auguste, Que jamais on n'est grand qu'autant que l'on est juste, Sat. X dans ON
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, Art p. I dans ON
Car le feu dont la flamme en onde se déploie Fait de notre quartier une seconde Troie, Sat. VI dans ONDE
On ne peut jamais faire un bon opéra, parce que la musique ne saurait narrer ; que les passions n'y peuvent être peintes dans toute l'étendue qu'elles demandent ; que d'ailleurs elle ne saurait souvent mettre en chant les expressions vraiment sublimes et courageuses, Fragm. d'un prolog. d'opéra, avert. dans OPÉRA
Par toi-même bientôt conduite à l'Opéra, De quel air penses-tu que ta sainte verra D'un spectacle enchanteur la pompe harmonieuse.... Entendra ces discours sur l'amour seul roulants, Ces doucereux Renauds, ces insensés Rolands... ?, Sat. X dans OPÉRA
Bien que j'aie toujours entendu prononcer des opéras comme on dit des factums et des totons, je ne voudrais pas assurer qu'on le doive écrire, et je pourrais bien m'être trompé en l'écrivant de la sorte, Réflexions crit. sur Longin, VIII dans OPÉRA
Pour la voir aussitôt de douleur oppressée, Sat. X dans OPPRESSÉ, ÉE
Oh ! que si cet hiver un rhume salutaire, Guérissant de tous maux mon avare beau-père, Pouvait, bien confessé, l'étendre en un cercueil, Et remplir sa maison d'un agréable deuil ! Que mon âme, en ce jour de joie et d'opulence, D'un superbe convoi plaindrait peu la dépense !, Ép. V dans OPULENCE
Quand je vois.... nos vaisseaux, domptant l'un et l'autre Neptune, Nous aller chercher l'or malgré l'onde et le vent, Disc. au roi. dans OR
À quoi bon ravir l'or au sein du nouveau monde ?, Épître V dans OR
Telle qu'une bergère.... sans mêler à l'or l'éclat des diamants, Cueille en un champ voisin ses plus beaux ornements, Art p. II dans OR
C'est pour eux [ses amants] qu'elle étale et l'or et le brocart, Sat. X dans OR
Car, si l'éclat de l'or ne relève le sang, En vain l'on fait briller la splendeur de son rang, Sat. V dans OR
L'or même à la laideur donne un teint de beauté, ib. VIII dans OR
Si l'or seul a pour vous d'invincibles appâts, Fuyez ces lieux charmants qu'arrose le Permesse ; Ce n'est point sur ses bords qu'habite la richesse, Art p. IV dans OR
Tous les jours à la cour un sot de qualité Peut juger de travers avec impunité, à Malherbe, à Racan préférer Théophile, Et le clinquant du Tasse à tout l'or de Virgile, Sat. IX dans OR
Quelquefois du bon or je sépare le faux, Art p. IV dans OR
Son livre [d'Homère] est d'agréments un fertile trésor ; Tout ce qu'il a touché se convertit en or, ib. III dans OR
Sans succomber pourtant tu soutins cet orage, Sat. XI dans ORAGE
Il [le Tasse] n'eût point de son livre illustré l'Italie, Si son sage héros, toujours en oraison, N'eût fait que mettre enfin Satan à la raison, Art poét. III dans ORAISON
Elle lit Rodriguez, fait l'oraison mentale, Sat. X dans ORAISON
....Et le triste orateur Demeure enfin muet aux yeux du spectateur, Lutr. VI dans ORATEUR
Une chose énoncée d'une façon ordinaire se fait aussi plus aisément croire, Longin, Subl. 25 dans ORDINAIRE
Tous mes sots, à l'instant changeant de contenance, Ont loué du festin la superbe ordonnance, Sat. III dans ORDONNANCE
Là d'un enterrement la funèbre ordonnance D'un pas lugubre et lent vers l'église s'avance, ib. VI dans ORDONNANCE
Ils marchent droit au fleuve [le Rhin], où Louis en personne, Déjà prêt à passer, instruit, dispose, ordonne, Ép. Passage du Rhin. dans ORDONNER
La déesse en entrant, qui voit la nappe mise, Admire un si bel ordre, et reconnaît l'Église, Lutr. I dans ORDRE
Mais il est des objets que l'art judicieux Doit offrir à l'oreille et reculer des yeux, Art p. III dans OREILLE
Tel écrit récité se soutint à l'oreille, Qui, dans l'impression au grand jour se montrant, Ne soutient pas des yeux le regard pénétrant, Art p. IV dans OREILLE
Un seul endroit y mène [à la gloire] et de ce seul endroit Droite et roide.... Pluton : Ah ! elle m'écorche les oreilles, les Héros de roman. dans OREILLE
Le vers le mieux rempli, la plus noble pensée, Ne peut plaire à l'esprit quand l'oreille est blessée, Art p. I dans OREILLE
J'irai creuser la terre, et, comme ce barbier, Faire dire aux roseaux par un nouvel organe : Midas, le roi Midas a des oreilles d'âne, Sat. IX dans OREILLE
Ce soin ambitieux me tirant par l'oreille, Épître V dans OREILLE
On dirait qu'ils ont seuls l'oreille d'Apollon, Disc. au roi. dans OREILLE
Le chantre aux yeux du choeur étale son audace, Chante les orémus, fait des processions, Lutrin, I dans ORÉMUS
Mais, pour un vain bonheur qui vous a fait rimer, Gardez qu'un sot orgueil ne vous vienne enfumer, Art p. II dans ORGUEIL
Son coursier.... Nage tout orgueilleux de la main qui le guide, Ép. Passage du Rhin. dans ORGUEILLEUX, EUSE
Si, tout sorti qu'il est d'une source divine, Son coeur [du noble] dément en lui sa superbe origine, Sat. V dans ORIGINE
L'épigramme, plus libre en son tour plus borné, N'est souvent qu'un bon mot de deux rimes orné, Art p. II dans ORNÉ, ÉE
Telle qu'une bergère, aux plus beaux jours de fête, De superbes rubis ne charge point sa tête, Et, sans mêler à l'or l'éclat des diamants, Cueille en un champ voisin ses plus beaux ornements, Art p. II dans ORNEMENT
De là sont nés ces bruits reçus dans l'univers, Qu'aux accents dont Orphée emplit les monts de Thrace, Les tigres amollis dépouillaient leur audace, Art p. ch. IV dans ORPHÉE
Là le fils orphelin lui redemande [à un mauvais médecin] un père, Art p. IV dans ORPHELIN, INE
La vertu n'était point sujette à l'ostracisme, Sat. X dans OSTRACISME
Cinq et quatre font neuf, ôtez deux, reste sept, Sat. VIII dans ÔTER
Lamoignon, nous irons, libres d'inquiétude, ...Chercher quels sont les biens véritables ou faux, ....Quel chemin le plus droit à la gloire nous guide, Ou la vaste science, ou la vertu solide, Épître VI dans OU
Hélas ! qu'est devenu ce temps, cet heureux temps Où les rois s'honoraient du nom de fainéants ?, Lutr. II dans OU
Cette mer où tu cours est célèbre en naufrages, Ép. I dans OU
L'entrée aux pensions où je ne prétends pas, Sat. IX dans OU
C'est là l'unique étude où je veux m'attacher, Ép. V dans OU
Si Dieu lui-même ici de son ouaille sainte à ces loups dévorants n'avait caché les os, Poés. div. XXII dans OUAILLE
Où sur l'ouate molle éclate le tabis, Lutr. IV dans OUATE
Et souvent, sans ces vers qui les ont fait connaître, Leur talent dans l'oubli demeurerait caché, Sat. IX dans OUBLI
L'esprit dans ce nectar heureusement s'oublie : Chapelain veut rimer, et c'est là sa folie, Sat. IV dans OUBLIER
Mais, sans examiner si vers les antres sourds L'ours a peur du passant, ou le passant de l'ours, Sat. VIII dans OURS
Je ne sais point en lâche essuyer les outrages D'un faquin orgueilleux qui vous tient à ses gages, Sat. I dans OUTRAGE
Et le mont la [une habitation] défend des outrages du nord, Ép. VI dans OUTRAGE
Un discours trop sincère aisément nous outrage, Sat. VII dans OUTRAGER
Ainsi, recommençant un ouvrage cent fois, Si j'écris quatre mots, j'en effacerai trois, Sat. II dans OUVRAGE
Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, Polissez-le sans cesse et le repolissez, Art p. I dans OUVRAGE
Ses ouvrages [de Juvénal], tout pleins d'affreuses vérités, Étincellent pourtant de sublimes beautés, Art p. II dans OUVRAGE
Soyez plutôt maçon si c'est votre talent, Ouvrier estimé dans un art nécessaire, Qu'écrivain du commun et poëte vulgaire, Art p. IV dans OUVRIER, IÈRE
La justice.... Demande l'huître, l'ouvre, et l'avale à leurs yeux, Épître II dans OUVRIR
Un fat quelquefois ouvre un avis important, Art p. IV dans OUVRIR
J'entends déjà partout les charrettes courir, Les maçons travailler, les boutiques s'ouvrir, Sat. X dans OUVRIR
J'aime un esprit aisé qui se montre, qui s'ouvre, Ép. IX dans OUVRIR
Car, sitôt que du soir les ombres pacifiques D'un double cadenas font fermer les boutiques, Sat. VI dans PACIFIQUE
Ses vers, jetés d'abord sans tourner le feuillet, Iraient dans l'antichambre amuser Pacolet, Ép. IX dans PACOLET
Mais l'honneur en effet qu'il faut que l'on admire, Quel est-il, Valincour ? pourras-tu me le dire ? L'ambitieux souvent le met à tout brûler, L'avare à voir chez lui le Pactole rouler, Sat. X dans PACTOLE
De l'encre, du papier ! dit-il [Linière] ; qu'on nous enferme ! Voyons qui de nous deux, plus aisé dans ses vers, Aura plus tôt rempli la page et le revers, Ép. II dans PAGE
Tous les jours malgré moi, cloué sur un ouvrage, Retouchant un endroit, effaçant une page, Sat. II dans PAGE
Le duc et le marquis se reconnut aux pages, Sat. V dans PAGE
Ce n'est pas que j'approuve en un sujet chrétien Un auteur follement idolâtre et païen, Art p. III dans PAÏEN, ENNE
Les faits d'un roi [Louis XIV] plus grand en sagesse, en vaillance, Que Charlemagne aidé des douze pairs de France, Ép. X dans PAIR, AIRE
Un sage ami, toujours rigoureux, inflexible, Sur vos fautes jamais ne vous laisse paisible, Art p. I dans PAISIBLE
Malheureux, laisse en paix ton cheval vieillissant, Ép. X dans PAIX
Quand la discorde encor toute noire de crimes.... Avec cet air affreux qui fait frémir la Paix, Lutr. I dans PAIX
Composa tous ces mots de cimier et d'écart, De pal, de contre-pal, de lambel et de fasce, Sat. V dans PAL
Des sottises d'autrui nous vivons au palais : Messieurs, l'huître était bonne ; adieu, vivez en paix, Sat. II dans PALAIS
Pour augmenter l'effroi la Discorde infernale Monte dans le palais, entre dans la grand'salle, Lutrin, IV dans PALAIS
Soit qu'il fasse au conseil courir les sénateurs, D'un tyran soupçonneux pâles adulateurs, Art p. II dans PÂLE
.... Cet air sombre et sévère, Et ce visage enfin plus pâle qu'un rentier à l'aspect d'un arrêt qui retranche un quartier, Sat. III dans PÂLE
On dit que ton front jaune et ton teint sans couleur Perdit en ce moment son antique pâleur, Lutr. I dans PÂLEUR
L'auteur pâlissant de courroux, Sat. III dans PÂLIR
Après cela, docteur, va pâlir sur la Bible, Sat. VIII dans PÂLIR
[La satire], bravant l'orgueil et l'injustice, Va jusque sous le dais faire pâlir le vice, Sat. IX dans PÂLIR
S'il lui fallait toujours, comme moi [jardinier], s'exercer, Labourer, couper, tondre, aplanir, palisser, Épît. X dans PALISSER
Quand un faux Esculape, à cervelle ignorante, à la fin d'un long mal vainement pallié...., Poésies div. VII dans PALLIÉ, ÉE
Et, passant du Jourdain les ondes alarmées, Cueillir mal à propos les palmes idumées ?, Sat. IX dans PALME
Mais souvent dans le style [l'églogue] un rimeur aux abois Jette là, de dépit, la flûte et le haubois.... De peur de l'écouter Pan fuit dans les roseaux, Et les nymphes d'effroi se cachent dans les eaux, Art p. II dans PAN
De chasser les Tritons de l'empire des eaux, D'ôter à Pan sa flûte, aux Parques leurs ciseaux...., ib. III dans PAN
Quand un des campagnards, relevant sa moustache, Et son feutre à grands poils ombragé d'un panache, Sat. III dans PANACHE
Un éloge ennuyeux, un froid panégyrique Peut pourrir à son aise au fond d'une boutique, Sat. VII dans PANÉGYRIQUE
Et voit-on, comme lui [l'homme], les ours ni les panthères S'effrayer sottement de leurs propres chimères ?, Sat. VIII dans PANTHÈRE
Mes vers, comme un torrent, coulent sur le papier, Sat. VII dans PAPIER
Je reprends sur le champ le papier et la plume, ib. II dans PAPIER
Chacun à ce métier [de poëte] Peut perdre impunément de l'encre et du papier, ib. IX dans PAPIER
[La chicane] Rend pour des monceaux d'or de vains tas de papiers, Lutr. V dans PAPIER
Je confie au papier les secrets de mon coeur, Disc. au roi. dans PAPIER
Et s'il ne m'est permis de le dire au papier, Sat. IX dans PAPIER
Les paraboles et les comparaisons approchent fort des métaphores, et ne diffèrent d'elles qu'en un seul point, Longin, Subl. ch. 31 dans PARABOLE
Que.... au milieu de l'argent et des diamants il mit en parade des sacs et des boisseaux, Du subl. XXXIV dans PARADE
Quoi donc ! cher Renaudot, un chrétien effroyable Qui jamais, servant Dieu, n'eut d'objet que le diable, Pourra, marchant toujours dans des sentiers maudits, Par des formalités gagner le paradis !, Ép. XI dans PARADIS
En me tirant d'erreur m'ôte du paradis, Sat. IV dans PARADIS
Pradon, comme un soleil, en nos ans a paru, Sat. IX dans PARAÎTRE
Pour paraître honnête homme, en un mot, il faut l'être, Sat. X dans PARAÎTRE
Oui, vous [la fontaine de Bourbon] pouvez chasser l'humeur apoplectique..., Mais, quand je lis ces vers par votre onde inspirés, Il me paraît, admirable fontaine, Que vous n'eûtes jamais la vertu d'Hippocrène, Épigr. XVIII dans PARAÎTRE
Loin de les décrier [des poëtes critiqués], je les ai fait paraître, Sat. IX dans PARAÎTRE
Je soutiendrais hardiment qu'à prendre le siècle d'Auguste dans sa plus grande étendue, c'est-à-dire depuis Cicéron jusqu'à Corneille Tacite, on ne saurait pas trouver parmi les Latins un seul philosophe qu'on puisse mettre pour la physique en parallèle avec Descartes, ni même avec Gassendi, Lett. à Perrault dans PARALLÈLE
Rendre le mouvement au corps paralytique, Épigr. XVIII dans PARALYTIQUE
Il ne peut rien offrir aux yeux de l'univers Que de vieux parchemins qu'ont épargnés les vers, Sat. V dans PARCHEMIN
Leur appétit fougueux, par l'objet excité, Parcourt tous les recoins d'un monstrueux pâté, Lutr. V dans PARCOURIR
Quoi ? le pardon sonnant te retrouve en ces lieux ?, Lutr. II dans PARDON
Pardonnez-vous sans peine à tous vos ennemis ?, Ép. XI dans PARDONNER
Il ne pardonne point les endroits négligés, Art p. I dans PARDONNER
Il ne pardonne pas aux vers de la Pucelle, Sat. IX dans PARDONNER
....Il se peigne, il s'apprête ; L'ivoire trop hâté deux fois rompt sur sa tête.... Il sort demi-paré...., Lutr. V dans PARÉ, ÉE
Lions contre lions, parents contre parents, Sat. VIII dans PARENT
Un cousin, abusant d'un fâcheux parentage, Veut qu'encor tout poudreux, et sans me débotter, Chez vingt juges pour lui j'aille solliciter, Épît. VI dans PARENTAGE
Le mérite en repos s'endort dans la paresse, Épître VII dans PARESSE
Où donc est ce grand coeur dont tantôt l'allégresse Semblait du jour trop long accuser la paresse ?, Lutr. II dans PARESSE
Notre muse, souvent paresseuse et stérile, A besoin, pour marcher, de colère et de bile, Épît. VIII dans PARESSEUX, EUSE
En vain vous étalez une scène savante ; Vos froids raisonnements ne feront qu'attiédir Un spectateur toujours paresseux d'applaudir, Art p. III dans PARESSEUX, EUSE
Hésiode à son tour, par d'utiles leçons, Des champs trop paresseux vint hâter les moissons, Art p. IV dans PARESSEUX, EUSE
Approche donc, et viens ; qu'un paresseux t'apprenne, Antoine, ce que c'est que fatigue et que peine, Ép. X dans PARESSEUX, EUSE
Le Normand même alors ignorait le parjure, Épître IX dans PARJURE
Boileau.... Qui mit à tout blâmer son étude et sa gloire, A pourtant de ce roi parlé comme l'histoire, Ép. I dans PARLER
Ce long amas d'aïeux que vous diffamez tous, Sont autant de témoins qui parlent contre vous, Sat. v. dans PARLER
Ne faites point parler vos acteurs au hasard, Un vieillard en jeune homme, un jeune homme en vieillard, Art p. III dans PARLER
Cet autre, abject en son langage, Fait parler les bergers comme on parle au village, ib. II dans PARLER
Assez de sots sans moi feront parler la ville, Sat. VIII dans PARLER
Chaque passion parle un différent langage, Art p. III dans PARLER
....Parmi les douceurs d'un tranquille silence, Lutr. I dans PARMI
Lui-même il s'applaudit, et d'un esprit tranquille Prend le pas au Parnasse au-dessus de Virgile, Sat. IV dans PARNASSE
Phébus a-t-il pour vous aplani le Parnasse ?, ib. IX dans PARNASSE
Non, non, sur ce sujet pour rimer avec grâce, Il ne faut point monter au sommet du Parnasse, Sat. I dans PARNASSE
Le vin au plus muet fournissant des paroles, Sat. III dans PAROLE
Il n'en est pas ainsi de ces esprits frivoles Que tout flatteur endort au son de ses paroles, Épître IX dans PAROLE
Je ris de ses discours frivoles ; On sait fort bien que ses paroles Ne sont pas articles de foi, Epigr. XII dans PAROLE
Si, pour nous réformer, le ciel prudent et sage De la parole enfin lui [à l'âne] permettait l'usage, Sat. VIII dans PAROLE
Un vil amour du gain.... Trafiqua du discours et vendit les paroles, Art p. IV dans PAROLE
Ces pigeons sont dodus ; mangez sur ma parole, Sat. III dans PAROLE
Qu'on ne voit point mes pas sous l'âge chanceler, Et qu'il reste à la Parque encor de quoi filer, Sat. I dans PARQUE
La Parque, ravissant ou son fils ou sa fille, A-, t-elle moissonné l'espoir de sa famille ?, Sat. X dans PARQUE
La tragédie en pleurs D'Oreste parricide exprima les douleurs, Art p. III dans PARRICIDE
Si jamais, entraîné d'une ardeur étrangère, Ou d'un vil intérêt reconnaissant la loi, Je cherche mon bonheur autre part que chez moi, Épît. v. dans PART
Ces neveux affamés dont l'importun visage De mes biens à mes yeux fait déjà le partage, Sat. X dans PARTAGE
Quiconque est riche est tout ; sans sagesse il est sage ; Il a, sans rien savoir, la science en partage, Sat. VIII dans PARTAGE
La Seine.... Voit du sein de ses eaux vingt îles s'élever, Qui, partageant son cours en diverses manières...., Ép. VI dans PARTAGER
La nature, fertile en esprits excellents, Sait entre les auteurs partager les talents, Art p. I dans PARTAGER
Didon a beau gémir et m'étaler ses charmes, Je condamne sa faute en partageant ses larmes, Art p. IV dans PARTAGER
Jamais, pour s'agrandir, voit-on dans sa manie Un tigre en factions partager l'Hyrcanie ?, Sat. VIII dans PARTAGER
Un clerc pour quinze sous, sans craindre le holà, Peut aller au parterre attaquer Attila, Sat. IX dans PARTERRE
L'autre, fougueux marquis, lui déclarant la guerre [à Molière], Voulait venger la cour immolée au parterre, Ép. VII dans PARTERRE
Veux-tu voir tous les grands à ta porte courir ? Dit un père à son fils, dont le poil va fleurir ; Prends-moi le bon parti, laisse-là tous les livres, Sat. VIII dans PARTI
Le pathétique participe du sublime autant que le sublime participe du beau et de l'agréable, Longin, Subl. ch. 24 dans PARTICIPER
Que d'un art délicat les pièces assorties Ne fassent qu'un seul tout de diverses parties, Art p. I dans PARTIE
Il est bon en cela d'imiter la nature, qui, en formant l'homme, n'a point exposé à la vue ces parties qu'il n'est pas honnête de nommer, et par où le corps se purge, mais, pour me servir des termes de Xénophon, a caché et détourné ces égouts le plus loin qu'il lui a été possible, Longin, Sublime, ch. 34 dans PARTIE
Il veut partir à jeun ; il se peigne, il s'apprête, Lutr. v. dans PARTIR
Allez, partez, mes vers, dernier fruit de ma veine, Ép. x. dans PARTIR
Gilotin en gémit, et, sortant, de fureur, Chez tous ses partisans va semer la terreur, Lutr. I dans PARTISAN
L'ouvrage le plus plat a, chez les courtisans, De tout temps rencontré de zélés partisans, Art p. I dans PARTISAN
On ne voit point mes pas sous l'âge chanceler, Sat. I dans PAS
Illustre porte-croix, par qui notre bannière N'a jamais, en marchant, fait un pas en arrière, Lutr. V dans PAS
Un valet le portait, marchant à pas comptés, Comme un recteur suivi des quatre facultés, Sat. III dans PAS
Qu'est-ce que la sagesse ? une égalité d'âme.... Qui marche en ses conseils à pas plus mesurés Qu'un doyen au palais ne monte les degrés, Sat. VIII dans PAS
Marchez donc sur ses pas [de Malherbe], aimez sa pureté, Et de son tour heureux imitez la clarté, Art p. I dans PAS
Bientôt l'ambition.... L'envoie en furieux.... Se faire estropier sur les pas des Césars, Sat. VIII dans PAS
Ô le plaisant docteur, qui, sur les pas d'Horace, Vient prêcher, diront-ils, la réforme au Parnasse !, Ép. II dans PAS
Mais n'allez pas aussi sur les pas de Brébeuf, Même en une Pharsale, entasser sur les rives De morts et de mourants cent montagnes plaintives, Art p. I dans PAS
Lui-même il s'applaudit, et d'un esprit tranquille Prend le pas au Parnasse au-dessus de Virgile, Sat. IV dans PAS
J'allai d'un pas hardi.... Assez près de Régnier m'asseoir sur le Parnasse, Ép. X dans PAS
Un écrit scandaleux sous votre nom se donne ; D'un pasquin qu'on a fait, au Louvre on vous soupçonne, Ép. VI dans PASQUIN
Ma foi, tout est passable [dans ce dîner], il le faut confesser ; Et Mignot sur ce point s'est voulu surpasser, Sat. III dans PASSABLE
Des paveurs en ce lieu me bouchent le passage, Sat. VI dans PASSAGE
Au milieu de l'orage Un ais sur deux pavés forme un étroit passage, ib. dans PASSAGE
En tous lieux les chagrins m'attendent au passage, Ép. VI dans PASSAGE
Chacun prétend passer, l'un mugit, l'autre jure, Sat. VI dans PASSER
Heureux qui, dans ses vers, sait d'une voix légère Passer du grave au doux, du plaisant au sévère !, Art p. I dans PASSER
Je crois déjà les voir [des neveux] au moment annoncé Qu'à la fin sans retour leur cher oncle est passé..., Sat. x dans PASSER
Ainsi que mes chagrins, mes beaux jours sont passés, Ép. v. dans PASSER
Ils passent de la nef la vaste solitude, Et dans la sacristie entrant, non sans terreur...., Lutr. III dans PASSER
Empêcher que Charon, dans la fatale barque, Ainsi que le berger ne passe le monarque, Art p. III dans PASSER
Chaque passion parle un différent langage, Art p. III dans PASSION
[La savante] Pèse sans passion Chapelain et Virgile, Sat. X dans PASSION
Que dans tous vos discours la passion émue Aille chercher le coeur, l'échauffe et le remue, Art p. III dans PASSION
Excusez mes pataraffes et mes ratures, à Brossette, 3 juill. 1700 dans PATARAFFE
Un monstrueux pâté, Lutrin, v. dans PÂTÉ
Et d'un ton paternel réprimant ses douleurs : Laisse au chantre, dit-il, la tristesse et les pleurs, Lutrin, I dans PATERNEL, ELLE
Le pathétique ne fait jamais plus d'effet que lorsqu'il semble que l'orateur ne le recherche pas, mais que c'est l'occasion qui le fait naître, Longin, Subl. ch. XVI dans PATHÉTIQUE
La trop courte beauté monta sur des patins, Épît. IX dans PATIN
Et si, sur un édit des pâtres de Nubie, Les lions de Barca videraient la Libye, Sat. VIII dans PÂTRE
Chez lui deux bons chevaux de pareille encolure Trouvaient dans l'écurie une pleine pâture, Sat. X dans PÂTURE
Tous les hommes suivaient la grossière nature, Dispersés dans les bois, couraient à la pâture, Art p. IV dans PÂTURE
Mais en ma chambre à peine ai-je éteint la lumière, Qu'il ne m'est plus permis de fermer la paupière, Sat. VI dans PAUPIÈRE
Et conclus avec moi Que la pauvreté mâle, active, vigilante, Est, parmi les travaux, moins lasse et plus contente Que la richesse oisive, Épître X dans PAUVRETÉ
[Elle] Pèse sans passion Chapelain et Virgile, Remarque en ce dernier beaucoup de pauvretés, Sat. x. dans PAUVRETÉ
[Sur le ruisseau d'une rue] Un ais sur deux pavés forme un étroit passage, Sat. VI dans PAVÉ
Ma muse, qui se plaît dans leurs routes perdues [des bois], ne saurait plus marcher sur le pavé des rues, Épître VI dans PAVÉ
Luxembourg a du rivage Reculé ses pavillons, Ode I dans PAVILLON
Et sur l'art de former un nouvel embarras Devant elle Rolet [un procureur] mettrait pavillon bas, Sat. X dans PAVILLON
L'un est payé d'un mot, et l'autre d'un coup d'oeil, Sat. X dans PAYER
La pédante au ton fier, la bourgeoise ennuyeuse, Sat. X dans PÉDANT
Ronsard.... Vit dans l'âge suivant, par un retour grotesque, Tomber de ses grands mots le faste pédantesque, Art p. I dans PÉDANTESQUE
Pour lui Phébus est sourd et Pégase est rétif, Art p. I dans PÉGASE
Il veut partir à jeun ; il se peigne, il s'apprête, Lutr. V dans PEIGNER
Rien n'apaise un lecteur toujours tremblant d'effroi, Qui voit peindre en autrui ce qu'il remarque en soi, Sat. IX dans PEINDRE
Approche donc et viens ; qu'un paresseux t'apprenne, Antoine, ce que c'est que fatigue et que peine, Ep. X dans PEINE
À peine le soleil fait ouvrir les boutiques, Sat. VIII dans PEINE
À ces petits défauts marqués dans sa peinture [d'Achille], L'esprit avec plaisir reconnaît la nature, Art p. III dans PEINTURE
Ce haut rang n'admet pas un poëte pelé, Chapel. décoiffé, 2 dans PELÉ, ÉE
De pèlerins, dit-on, une troupe grossière En public à Paris y monta la première [sur le théâtre], Art p. III dans PÈLERIN, INE
Le Rhin.... Appuyé d'une main sur son urne penchante, Ép. IV dans PENCHANT, ANTE
Aux temps les plus féconds en Phrynés, en Laïs, Plus d'une Pénélope honora son pays, Sat. X dans PÉNÉLOPE
Le prélat pousse un cri qui pénètre la nue, Lutr. V dans PÉNÉTRER
Plus on crut pénétrer, moins on fut éclairci, Sat. XI dans PÉNÉTRER
Et moi, sur ce sujet loin d'exercer ma plume, J'amasse de tes faits le pénible volume, Épître VIII dans PÉNIBLE
Tout doit tendre au bon sens ; mais, pour y parvenir, Le chemin est glissant et pénible à tenir, Art p. I dans PÉNIBLE
L'Évangile à l'esprit n'offre de tous côtés Que pénitence à faire et tourments mérités, Art p. III dans PÉNITENCE
Plus défait et plus blême Que n'est un pénitent sur la fin d'un carême, Sat. I dans PÉNITENT, ENTE
Il est certains esprits dont les sombres pensées Sont d'un nuage épais toujours embarrassées, Art p. I dans PENSÉE
Qu'est-ce qu'une pensée neuve, brillante, extraordinaire ? ce n'est point, comme se le persuadent les ignorants, une pensée que personne n'a jamais eue ni dû avoir ; c'est, au contraire, une pensée qui a dû venir à tout le monde, et que quelqu'un s'avise le premier d'exprimer, 6e préface. dans PENSÉE
Mais l'homme, sans arrêt dans sa course insensée, Voltige incessamment de pensée en pensée, Sat. VIII dans PENSÉE
Ils croiraient s'abaisser dans leurs vers monstrueux, S'ils pensaient ce qu'un autre a pu penser comme eux, Art p. I dans PENSER
Un discours trop sincère aisément nous outrage : Chacun dans ce miroir pense voir son visage, Sat. VII dans PENSER
Pensant qu'au moins le vin dût réparer le reste, Sat. III dans PENSER
Vainement offusqué de ses pensers épais, Loin du trouble et du bruit il croit trouver la paix, Épît. X dans PENSER
Interdire à mes vers.... L'entrée aux pensions où je ne prétends pas, Sat. IX dans PENSION
N'est-ce pas l'homme.... Dont la vaste science, embrassant toutes choses, A fouillé la nature, en a percé les causes ?, Sat. VIII dans PERCER
Perce la sainte horreur de ce livre divin [la Bible], ib. dans PERCER
Effrayer les oiseaux perchés dans mes allées, Épître X dans PERCHÉ, CHÉE
Et qu'enfin tout dévot a le cerveau perclus, Sat. IV dans PERCLUS, USE
L'un a peur de ramper, il se perd dans la nue, Art p. I dans PERDRE
Que l'action, marchant où la raison la guide, Ne se perde jamais en une scène vide, Art p. III dans PERDRE
Une bigote altière Qui, dans son fol orgueil aveugle et sans lumière, à peine sur le seuil de la dévotion, Pense atteindre au sommet de la perfection, Sat. X dans PERFECTION
Le théâtre, fertile en censeurs pointilleux, Chez nous pour se produire est un champ périlleux, Art p. III dans PÉRILLEUX, EUSE
Il n'y a rien dont l'usage s'étende plus loin que la périphrase, pourvu qu'on ne la répande pas partout sans choix et sans mesure, Longin, Sublime, ch. XXIV dans PÉRIPHRASE
Par un coup du sort au grand jour amené, Et du bord du Permesse à la cour entraîné, Épître x dans PERMESSE
Mais c'est un jeune fou qui se croit tout permis, Et qui pour un bon mot va perdre vingt amis, Sat. IX dans PERMIS, ISE
Il gagne les degrés et le perron antique Où, sans cesse étalant bons et mauvais écrits, Barbin vend aux passants des auteurs à tous prix, Lutr. v. dans PERRON
Ce nouvel Adonis, à la blonde crinière, Est l'unique souci d'Anne sa perruquière, Lutr. I dans PERRUQUIER
Deux assiettes suivaient, dont l'une était ornée D'une langue en ragoût de persil couronnée, Sat. III dans PERSIL
D'un nouveau personnage inventez-vous l'idée, Art p. III dans PERSONNAGE
Il n'y a point de figure plus ordinaire dans la poésie, que de personnifier les choses inanimées, et de leur donner du sentiment, de la vie et des passions, Longin, Subl. Réfl. 11 dans PERSONNIFIER
Nous pouvons dire à l'égard de la persuasion, que, pour l'ordinaire, elle n'a sur nous qu'autant de puissance que nous voulons, Longin, Sublime, I dans PERSUASION
Laissez-là ces mousquets trop pesants pour vos bras, Épître IV dans PESANT, ANTE
Il n'est pas sans esprit ; mais, né triste et pesant, Il veut être folâtre, évaporé, plaisant, Épît. IX dans PESANT, ANTE
Quand nous leur témoignons, Proserpine et moi, que cela [le mauvais style de la galanterie] nous choque, ils nous traitent de bourgeois, et disent que nous ne sommes pas galants ; on m'a assuré même que cette pestilente galanterie...., Héros de romans. dans PESTILENT, ENTE
Le feu sort de vos yeux pétillants et troublés ; Votre pouls inégal marche à pas redoublés, Épît. III dans PÉTILLANT, ANTE
Dix mille vaillants Alcides D'éclairs au loin homicides Font pétiller leurs remparts, Ode I dans PÉTILLER
C'est peu qu'en un ouvrage où les fautes fourmillent, Des traits d'esprit semés de temps en temps pétillent, Art p. I dans PÉTILLER
Des héros de roman fuyez les petitesses, Art p. III dans PETITESSE
Ai-je par un écrit Pétrifié sa veine [de Chapelain] et glacé son esprit ?, Sat. IX dans PÉTRIFIER
L'un pétrit dans un coin l'embonpoint des chanoines, Lutr. II dans PÉTRIR
On dirait que le ciel est soumis à sa loi [du noble infatué], Et que Dieu l'a pétri d'autre limon que moi, Sat. V dans PÉTRIR
Dans peu tu te maries, Sat. x dans PEU
En quelque endroit que j'aille, il faut fendre la presse D'un peuple d'importuns qui fourmillent sans cesse, Sat. VI dans PEUPLE
Il [le riche] peut dans son jardin, tout peuplé d'arbres verts, Recéler le printemps au milieu des hivers, Sat. VI dans PEUPLÉ, ÉE
J'ai peur que l'univers, qui sait ma récompense, N'impute mes transports à ma reconnaissance, Épître VIII dans PEUR
Souvent la peur d'un mal nous conduit dans un pire, Art p. I dans PEUR
Il est vrai que du roi la bonté secourable Jette enfin sur la muse un regard favorable, Et, réparant du sort l'aveuglement fatal, Va tirer désormais Phébus de l'hôpital, Sat. I dans PHÉBUS
Pour lui Phébus est sourd, et Pégase est rétif, Art p. I dans PHÉBUS
Un sonnet sans défaut vaut seul un long poëme ; Mais en vain mille auteurs y pensent arriver, Et cet heureux phénix est encore à trouver, Art p. II dans PHÉNIX
De quel front aujourd'hui vient-il, sur nos brisées, Se revêtir encor de nos phrases usées ?, Épître 1 dans PHRASE
Aux temps les plus féconds en Phrynés, en Laïs..., Sat. X dans PHRYNÉ
Et, transportant cent fois et le nom et le verbe, Dans mes vers recousus mettre en pièces Malherbe, Sat. II dans PIÈCE
Sa robe, en vain de pièces rajeunie, Sat. X dans PIÈCE
Et bientôt vous verrez mille auteurs pointilleux, Pièce à pièce épluchant vos sons et vos paroles, Interdire chez vous l'entrée aux hyperboles, Épît. X dans PIÈCE
Il sait que l'ennemi, que ce coup va surprendre, Désormais sur ses pieds ne l'oserait attendre, Lutrin, V dans PIED
Est-ce au pied du savoir qu'on mesure les hommes ?, Sat. VIII dans PIED
Aux accords d'Amphion les pierres se mouvaient, Et sur les murs thébains en ordre s'élevaient, Art p. IV dans PIERRE
À tous ces beaux discours j'étais comme une pierre, Ou comme la statue est au Festin de Pierre, Sat. III dans PIERRE
Ronsard.... Vient.... changer, sans respect de l'oreille et du son, Lycidas en Pierrot et Philis on Toinon, Art p. II dans PIERROT
C'est un homme d'honneur, de piété profonde, Et qui veut rendre à Dieu ce qu'il a pris au monde, Sat. IX dans PIÉTÉ
La Piété sincère, aux Alpes retirée, Du fond de son désert entend les tristes cris De ses sujets cachés dans les murs de Paris, Lutr. VI dans PIÉTÉ
Je riais de le voir, avec sa mine étique.... En lapins de garenne ériger nos clapiers, Et nos pigeons cauchois en superbes ramiers, Sat. III dans PIGEON
Entre ces vieux appuis dont l'affreuse grand'sale Soutient l'énorme poids de sa voûte infernale, Est un pilier fameux des plaideurs respecté, Et toujours de Normands à midi fréquenté, Lutr. v. dans PILIER
L'homme, venez au fait, n'a-t-il pas la raison ? N'est-ce pas son flambeau, son pilote fidèle ?, Sat. VIII dans PILOTE
Et j'approuve les soins du monarque guerrier Qui ne pouvait souffrir qu'un artisan grossier Entreprît de tracer d'une main criminelle Un portrait réservé pour le pinceau d'Apelle, Disc. au roi. dans PINCEAU
[ô toi] Qui, par les traits hardis d'un bizarre pinceau, Mis l'Italie en feu pour la perte d'un sceau, Lutr. I dans PINCEAU
D'un pinceau délicat l'artifice agréable Du plus affreux objet fait un objet aimable, Art p. III dans PINCEAU
On dirait que Ronsard sur ses pipeaux rustiques Vient encor fredonner ses idylles gothiques, Art p. II dans PIPEAU
Tel qu'on voit un taureau qu'une guêpe en furie A piqué dans les flancs aux dépens de sa vie, Lutr. I dans PIQUER
On ne sait bien souvent quelle mouche le pique, Sat. IX dans PIQUER
Souvent la peur d'un mal nous conduit dans un pire, Art p. I dans PIRE
Mais dans l'art dangereux de rimer et d'écrire Il n'est point de degrés du médiocre au pire, Art p. IV dans PIRE
Bacchus le déclare hérétique Et janséniste, qui pis est, Poésies div. VI dans PIS
Quels pitoyables vers ! quel style languissant !, Ép. X dans PITOYABLE
Le sacristain achève en deux coups de rabot, Et le pupitre enfin tourne sur son pivot, Lutr. III dans PIVOT
Là le chantre à grand bruit arrive et se fait place, Lutr. V dans PLACE
Au vestibule obscur il marque une autre place, Art p. IV dans PLACE
Malherbe.... D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir, Art p. I dans PLACE
Mes mots viennent sans peine et courent se placer, Sat. VII dans PLACER
Un lit et deux placets composaient tout son bien, Sat. I dans PLACET
Il compte des plafonds les ronds et les ovales, Art p. I dans PLAFOND
Est-il dans l'univers de plage si lointaine Où ta valeur, grand roi, ne te puisse porter ?, Ép. IV dans PLAGE
Quand mon esprit, poussé d'un courroux légitime, Vint devant la raison plaider contre la rime, Épître X dans PLAIDER
Le moindre d'entre nous, sans argent, sans appui, Eût plaidé le prélat et le chantre avec lui, Lutr. III dans PLAIDER
La vieillesse.... Toujours plaint le présent et vante le passé, Art p. III dans PLAINDRE
Que mon âme, en ce jour de joie et d'opulence, D'un superbe convoi plaindrait peu la dépense !, Ép. V dans PLAINDRE
Sous les fougueux coursiers l'onde écume et se plaint, Épît. IV dans PLAINDRE
Vous-même, monsieur, pouvez-vous vous plaindre qu'on n'ait pas rendu justice à votre dialogue de l'amour et de l'amitié ?, Lett. à Ch. Perrault. dans PLAINDRE
Un long rang de collines, D'où l'oeil s'égare au loin dans les plaines voisines, Ép. VI dans PLAINE
La plaintive Progné de douleur en frémit, Lutrin, III dans PLAINTIF, IVE
Il faut qu'en cent façons pour plaire il [l'auteur dramatique] se replie, Que tantôt il s'élève et tantôt s'humilie...., Art p. III dans PLAIRE
Mais moi, grâce au destin, qui n'ai ni feu ni lieu, Je me loge où je puis, et comme il plaît à Dieu, Sat. VI dans PLAIRE
Et, toujours mécontent de ce qu'il vient de faire, Il plaît à tout le monde et ne saurait se plaire, Sat. II dans PLAIRE
Le couvert était mis dans ce lieu de plaisance [un appartement où l'on étouffait], Sat. III dans PLAISANCE
Il n'est pas sans esprit ; mais, né triste et pesant, Il veut être folâtre, évaporé, plaisant, Ép. IX dans PLAISANT, ANTE
Mais pour un faux plaisant.... Qu'il s'en aille, s'il veut, sur deux tréteaux monté, Amusant le Pont-Neuf de ses sornettes fades, Aux laquais assemblés jouer ses mascarades, Art p. III dans PLAISANT, ANTE
Heureux qui, dans ses vers, sait d'une voix légère Passer du grave au doux, du plaisant au sévère !, Art p. I dans PLAISANT, ANTE
Aux dépens du bon sens gardez de plaisanter, Art p. III dans PLAISANTER
Je me fais un plaisir, à ne vous rien céler, De pouvoir, moi vivant, dans peu les désoler [mes héritiers], Sat. X dans PLAISIR
Craignez d'un vain plaisir [faire des vers] les trompeuses amorces, Art p. I dans PLAISIR
Et que ton corps goutteux, plein d'une ardeur guerrière, Pour sauter au plancher fit deux pas en arrière, Lutr. I dans PLANCHER
Tous ses bords sont couverts de saules non plantés, Épître VI dans PLANTÉ, ÉE
Un vin.... qui, rouge et vermeil, mais fade et doucereux, N'avait rien qu'un goût plat et qu'un déboire affreux, Sat. III dans PLAT, ATE
L'ouvrage le plus plat a chez les courtisans De tout temps rencontré de zélés partisans, Art p. I dans PLAT, ATE
La cour désabusée.... Distingua le naïf du plat et du bouffon, Art p. I dans PLAT, ATE
Et sur les bords du plat six pigeons étalés Présentaient pour renfort leurs squelettes brûlés, Sat. III dans PLAT
Le village au-dessus forme un amphithéâtre ; L'habitant ne connaît ni la chaux ni le plâtre, Épître VI dans PLÂTRE
Et mettant la céruse et le plâtre en usage, Épître IX dans PLÂTRE
Ses bons mots ont besoin de farine et de plâtre, Épître IX dans PLÂTRE
Que Rohaut vainement sèche pour concevoir Comment, tout étant plein, tout a pu se mouvoir, Ép. v. dans PLEIN, EINE
L'un meurt vide de sang, l'autre plein de séné, Art p. IV dans PLEIN, EINE
Le souper hors du choeur chasse les chapelains, Et de chantres buvants les cabarets sont pleins, Lutrin, II dans PLEIN, EINE
Dans un pré plein de fleurs, Art p. II dans PLEIN, EINE
Ces monstres [de mauvaises mères] pleins d'un fiel que n'ont pas les lionnes, Sat. x. dans PLEIN, EINE
Ses écrits pleins de feu partout brillent aux yeux, Art p. II dans PLEIN, EINE
Pour me tirer des pleurs il faut que vous pleuriez, Art p. III dans PLEUR
Quel langage ! a-t-on jamais parlé de la sorte ? mais dites-moi, vous, trop pleurant Artamène, est-ce que vous n'avez pas envie de combattre ?, Héros de romans. dans PLEURANT, ANTE
Le rhume à son aspect [d'un mauvais médecin] se change en pleurésie, Art p. IV dans PLEURÉSIE
Qu'on me chasse ce grand pleureux, les Héros de romans. dans PLEUREUX, EUSE
Et des couvreurs grimpés au toit d'une maison En font pleuvoir l'ardoise et la tuile à foison, Sat. dans PLEUVOIR
Déjà du plomb mortel plus d'un brave est atteint, Épître IV dans PLOMB
Ou d'un plomb qui suit l'oeil et part avec l'éclair, Je vais faire la guerre aux habitants de l'air, ib. VI dans PLOMB
Le vendangeur ravi de ployer sous le faix, Épît. VI dans PLOYER
Déjà Dôle et Salins sous le joug ont ployé, Art p. IV dans PLOYER
Ou quelque longue pluie, inondant vos vallons, A-, t-elle fait couler vos vins et vos melons ?, Sat. III dans PLUIE
Dans le réduit obscur d'une alcôve enfoncée S'élève un lit de plume à grands frais amassée, Lutr. I dans PLUME
Mais en vain dans leur lit un juste effroi les presse ; Aucun ne laisse encor la plume enchanteresse, Lutr. IV dans PLUME
Tous ses valets tremblants quittent la plume oiseuse, ib. III dans PLUME
Ma plume aurait regret d'en épargner aucun, Sat. VII dans PLUME
La plupart emportés d'une fougue insensée Toujours loin du droit sens vont chercher leur pensée, Art p. I dans PLUPART (LA)
Il n'y a rien quelquefois de plus magnifique que les pluriels ; car la multitude qu'ils renferment leur donne du son et de l'emphase ; tels sont ces pluriels qui sortent de la bouche d'Oedipe dans Sophocle...., Longin, Sublime, XI dans PLURIEL, ELLE
On peut, tout au contraire, réduire les pluriels en singuliers ; et cela a quelque chose de fort grand : tout le Péloponnèse, dit Démosthène, était alors divisé en factions, ib. X dans PLURIEL, ELLE
Permettez-moi de vous dire que je romprai tout commerce avec vous, si je vois plus dans vos lettres ce grand vilain mot de monsieur au haut de la page, avec quatre doigts entre deux, Lett. à Brossette, 10 juill. 1701 dans PLUS
Le travail, aux hommes nécessaire, Fait leur félicité plutôt que leur misère, Épît. II dans PLUTÔT
Nouveau prédicateur aujourd'hui, je l'avoue, Ecolier ou plutôt singe de Bourdaloue, Sat. x. dans PLUTÔT
Et malgré les volets le soleil irrité Formait un poêle ardent au milieu de l'été, Sat. III dans POÊLE ou POILE
Tout poëme est brillant de sa propre beauté, Art p. II dans POËME
D'un air encor plus grand la poésie épique, Dans le vaste récit d'une longue action, Se soutient par la fable et vit de fiction, Art p. III dans POÉSIE
Quelle verve indiscrète Sans l'aveu des neuf soeurs vous a rendu poëte ?, Sat. IX dans POËTE
Je sus, prenant l'essor par des routes nouvelles, Élever assez haut mes poétiques ailes, Épît. x. dans POÉTIQUE
La Salle, Béringhen, Nogent, d'Ambre, Cavois, Fendent les flots tremblants sous un si noble poids, Ép. IV, Pass. du Rhin dans POIDS
Faire au poids du bon sens peser tous ses écrits, Épître VII dans POIDS
Voilà jouer d'adresse, et médire avec art, Et c'est avec respect enfoncer le poignard, Sat. IX dans POIGNARD
Aussitôt de longs clous il prend une poignée, Lutr. II dans POIGNÉE
Veux-tu voir tous les grands à ta porte courir ? Dit un père à son fils dont le poil va fleurir, Sat. VIII dans POIL
Et son feutre à grand poil ombragé d'un panache, Sat. III dans POIL
Sur ce point, un jambon d'assez maigre apparence Arrive sous le nom de jambon de Mayence, Sat. III dans POINT
Jadis de nos auteurs les pointes ignorées Furent de l'Italie en nos vers attirées, Art p. II dans POINTE
Et n'allez pas toujours d'une pointe frivole Aiguiser par la queue une épigramme folle, Art p. II dans POINTE
Et le mien et le tien, deux frères pointilleux, Sat. X dans POINTILLEUX, EUSE
Le théâtre, fertile en censeurs pointilleux, Chez nous, pour se produire, est un champ périlleux, Art p. III dans POINTILLEUX, EUSE
Je consens.... Qu'à Paris le gibier manque tous les hivers, Et qu'à peine au mois d'août l'on mange des pois verts, Sat. III dans POIS
Toutefois avec l'eau que j'y mets à foison, J'espérais adoucir la force du poison, Sat. III dans POISON
Ou si, par un arrêt, la grossière police D'un jeu si nécessaire interdit l'exercice, Sat. X dans POLICE
Et qu'un démon jaloux de mon contentement M'inspira le dessein d'écrire poliment, Sat. II dans POLIMENT
On polit l'émeraude, on tailla le rubis, Ép. IX dans POLIR
Si, deux jours seulement libre du jardinage, Devenu tout à coup poëte et bel esprit, Tu t'allais engager à polir un écrit, Ép. X dans POLIR
L'autre en vain se lassant à polir une rime, Disc. au roi dans POLIR
C'est alors [par les casuistes] que l'on sut qu'on peut pour une pomme, Sans blesser la justice, assassiner un honme, Sat. XI dans POMME
Toi.... Qui, par l'éclat trompeur d'une funeste pomme Et tes mots ambigus, fis croire au premier homme...., Sat. XI dans POMME
Chanter Flore, les champs, Pomone, les vergers, Art p. II dans POMONE
Sophocle enfin, donnant l'essor à son génie, Accrut encor la pompe, augmenta l'harmonie, Art p. III dans POMPE
Telle, aimable en son air, mais humble dans son style, Doit éclater sans pompe une élégante idylle, Art p. II dans POMPE
On le verra bientôt, pompeux en cette ville, Marcher encor chargé des dépouilles d'autrui, Sat. I dans POMPEUX, EUSE
Le siècle fortuné Qui, rendu plus fameux par tes illustres veilles, Vit naître sous ta main ces pompeuses merveilles, Ép. VII, à Racine. dans POMPEUX, EUSE
Soyez riche et pompeux dans vos descriptions, Art p. III dans POMPEUX, EUSE
La tragédie, qui est naturellement pompeuse et magnifique, Longin, Sublime, chap. 2 dans POMPEUX, EUSE
Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme, Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme, Art p. I dans POMPEUX, EUSE
Ce Romain [César] dont l'insolent passage Sur un pont en deux jours trompa tous tes efforts, Pass. du Rhin. dans PONT
Imitons de Marot l'élégant badinage, Et laissons le burlesque aux plaisants du Pont-Neuf, Art p. I dans PONT-NEUF
Chercher jusqu'au Japon la porcelaine et l'ambre, Sat. VIII dans PORCELAINE
J'ai gagné doucement la porte sans rien dire, Sat. III dans PORTE
Chacun peut le traiter [un auteur dramatique] de fat et d'ignorant, C'est un droit qu'à la porte on achète en entrant, Art p. ch. III dans PORTE
Déjà, plein du beau feu qui pour vous [mes vers] le transporte, Barbin [un libraire] impatient chez moi frappe à la porte, Épître X dans PORTE
Veux-tu voir tous les grands à ta porte courir...., Sat. dans PORTE
[Il] Laissa le créancier se morfondre à sa porte, Sat. v. dans PORTE
Illustre porte-croix, par qui notre bannière N'a jamais en marchant fait un pas en arrière, Lutr. V dans PORTE-CROIX
Cependant mon hâbleur, avec une voix haute, Porte à mes campagnards la santé de notre hôte, Sat. III dans PORTER
Quel démon vous irrite et vous porte à médire ? Un livre vous déplaît ; qui vous force à le lire ?, Sat. IX dans PORTER
Son mari, qu'une affaire appelle dans la ville, Et qui, chez lui, sortant, a tout laissé tranquille, Se trouve assez surpris, rentrant dans la maison, De voir que le portier lui demande son nom, Sat. X dans PORTIER, IÈRE
La nature, féconde en bizarres portraits, Dans chaque âme est marquée à de différents traits, Art p. III dans PORTRAIT
Qui vit content de rien possède toute chose, Épître v. dans POSSÉDER
Mais la postérité d'Alfane et de Bayard, Quand ce n'est qu'une rosse, est vendue au hasard, Sat. V dans POSTÉRITÉ
Vous croyez [mes vers] à grands pas chez la postérité Courir marqués au coin de l'immortalité, Épître X dans POSTÉRITÉ
Chacun a débité ses maximes frivoles, Réglé les intérêts de chaque potentat, Sat. III dans POTENTAT
Un bruit court que le roi va tout réduire en poudre, Ép. VI dans POUDRE
Oh ! que d'écrits obscurs, de livres ignorés Furent en ce grand jour de la poudre tirés !, Lutr. V dans POUDRE
J'allai loin du palais errer sur le Parnasse ; La famille en pâlit, et vit en frémissant Dans la poudre du greffe un poëte naissant, Ép. V dans POUDRE
Elle [l'ode] ouvre la barrière, Chante un vainqueur poudreux au bout de la carrière, Art p. II dans POUDREUX, EUSE
Puis de là tout poudreux, [vos écrits] ignorés sur la terre, Suivre chez l'épicier Neuf-Germain et la Serre, Sat. IX dans POUDREUX, EUSE
Là, sur des tas poudreux de sacs et de pratique, Hurle tous les matins une sibylle étique, Lutr. V dans POUDREUX, EUSE
Jamais, contre un renard chicanant un poulet, Un renard de son sac n'alla charger Rolet, Sat. VIII dans POULET
Le vieillard, accablé de l'horrible Artamène, Tombe au pied du prélat, sans pouls et sans haleine, Lutr. dans POULS
Le théâtre, fertile en censeurs pointilleux, Chez nous pour se produire est un champ périlleux, Art p. III dans POUR
À côté de ce plat paraissaient deux salades, L'une de pourpier jaune, et l'autre d'herbes fades, Sat. III dans POURPIER
Pourquoi ces éléphants, ces armes, ce bagage, Et ces vaisseaux tout prêts à quitter le rivage ?, Ép. I dans POURQUOI
Ses ais demi-pourris [du lutrin], que l'âge a relâchés, Sont à coups de maillet unis et rapprochés, Lutr. III dans POURRI, IE
Je ne vois rien en vous qu'un lâche, un imposteur.... Et d'un tronc fort illustre une branche pourrie, Sat. v. dans POURRI, IE
Un éloge ennuyeux, un froid panégyrique Peut pourrir à son aise au fond d'une boutique, Sat. VII dans POURRIR
Un livre vous déplaît : qui vous force à le lire ?... Un auteur ne peut-il pourrir en sûreté ?, ib. IX dans POURRIR
Je sors de chez un fat qui.... chez lui m'a forcé de dîner.... Depuis près d'une année J'éludais tous les jours sa poursuite obstinée, Sat. III dans POURSUITE
Mais tout fat me déplaît et me blesse les yeux ; Je le poursuis partout comme un chien fait sa proie, Sat. VII dans POURSUIVRE
Gardez-vous d'imiter ce rimeur furieux Qui, de ses vains écrits lecteur harmonieux, Aborde en récitant quiconque le salue, Et poursuit de ses vers les passants dans la rue, Art p. IV dans POURSUIVRE
Ses écrits [de Juvénal], pleins partout d'affreuses vérités, Étincellent pourtant de sublimes beautés, Art p. II dans POURTANT
Brontin.... sort.... chargé d'une triple bouteille D'un vin dont Gilotin, qui savait tout prévoir, Au sortir du conseil eut soin de le pourvoir, Lutr. II dans POURVOIR
Moi qu'une humeur trop libre, un esprit peu soumis, De bonne heure a pourvu d'utiles ennemis, Ép. VII dans POURVOIR
Je songe à me pourvoir d'esquif et d'avirons, à régler mes désirs, à prévenir l'orage, Et sauver, s'il se peut, ma raison du naufrage, Épître v. dans POURVOIR
Quand mon esprit, poussé d'un courroux légitime, Vint devant la raison plaider contre la rime, Épitre IX dans POUSSÉ, ÉE
Mais puisque vous poussiez ma patience à bout, Une fois en ma vie il faut vous dire tout, Sat. IX dans POUSSER
Je saute vingt ruisseaux, j'esquive, je me pousse, Sat. VI dans POUSSER
L'âge viril, plus mûr, inspire un air plus sage, Se pousse auprès des grands, s'intrigue, se ménage, Art p. III dans POUSSER
[Le hibou] De ses ailes en l'air secouant la poussière, Lutr. III dans POUSSIÈRE
Là sur une charrette une poutre branlante Vient menaçant de loin la foule qu'elle augmente, Sat. VI dans POUTRE
Sans songer où je vais, je me sauve où je puis, Sat. VI dans POUVOIR
Je ne puis cette fois que je ne les excuse, Sat. X dans POUVOIR
Cependant, à l'entendre, il [un poëte] chérit la critique ; Vous avez sur ses vers un pouvoir despotique, Art p. I dans POUVOIR
Enfin Malherbe.... D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir, Art p. I dans POUVOIR
Là sur des tas poudreux de sacs et de pratique, Lutr. v. dans PRATIQUE
Un ruisseau qui, sur la molle arène, Dans un pré plein de fleurs lentement se promène, Art p. I dans PRÉ
Mais que sert que ta main leur dessille les yeux, Si toujours dans leur âme une pudeur rebelle, Près d'embrasser l'Église, au prêche les rappelle ?, Épît. III dans PRÊCHE
Il l'épouse ; et bientôt son hôtesse nouvelle, Le prêchant, lui fit voir...., Sat. X dans PRÊCHER
Mais qui vient sur ses pas ? c'est une précieuse, Reste de ces esprits longtemps si renommés, Que d'un coup de son art Molière a diffamés, Sat. x. dans PRÉCIEUSE
Mais le barbier, qui tient les moments précieux, Lutr. III dans PRÉCIEUX, EUSE
Le mérite pourtant m'est toujours précieux, Sat. VII dans PRÉCIEUX, EUSE
Et déjà mon vers coule à flots précipités, Ép. VIII dans PRÉCIPITÉ, ÉE
Nouveau prédicateur, aujourd'hui je l'avoue.... Je me plais à remplir mes sermons de portraits, Sat. X dans PRÉDICATEUR
Un auteur à genoux, dans une humble préface, Au lecteur qu'il ennuie a beau demander grâce, Sat. IX dans PRÉFACE
Ainsi lorsqu'en un coin, qui leur tient lieu d'asile, D'écoliers libertins une troupe indocile, Loin des yeux d'un préfet au travail assidu, Va tenir quelquefois un brelan défendu, Lutr. III dans PRÉFET
Est-ce pour travailler que vous êtes prélat ?, Lutr. I dans PRÉLAT
Enfin Malherbe vint, et le premier, en France, Fit sentir dans les vers une juste cadence, Art p. I dans PREMIER, IÈRE
L'avare, des premiers, rit du tableau fidèle D'un avare souvent formé sur son modèle, Art p. III dans PREMIER, IÈRE
Mais enfin rappelant son audace première, Lutr. II dans PREMIER, IÈRE
Que Bâville me semble aimable, Quand des magistrats le plus grand Permet que Bacchus à sa table Soit notre premier président !, Chanson. dans PREMIER, IÈRE
Mais souvent sur ses vers un auteur intraitable à les protéger tous se croit intéressé, Et d'abord prend en main le droit de l'offensé, Art p. I dans PRENDRE
Prends-moi le bon parti : laisse-là tous les livres, Sat. VIII dans PRENDRE
Nos braves s'accrochant se prennent aux cheveux, Sat. III dans PRENDRE
Que dès les premiers vers l'action préparée Sans peine du sujet aplanisse l'entrée, Art p. III dans PRÉPARÉ, ÉE
La terre compte peu de ces rois bienfaisants ; Le ciel à les former se prépare longtemps, Épît. I dans PRÉPARER
Et Socrate, l'honneur de la profane Grèce, Qu'était-il en effet, de près examiné, Qu'un mortel par lui-même au seul mal entraîné ?, Sat. XI dans PRÈS
Ce hardi suborneur [le faux honneur].... Avant tout aux mortels prescrit de se venger, Sat. X dans PRESCRIRE
S'il fallait, sans amis, briguant une audience, D'un magistrat glacé soutenir la présence, le Lutrin, III dans PRÉSENCE
La vieillesse.... Toujours plaint le présent et vante le passé, Art p. III dans PRÉSENT, ENTE
Son tour simple [de l'idylle] et naïf n'a rien de fastueux, Et n'aime pas l'orgueil d'un vers présomptueux, Art p. II dans PRÉSOMPTUEUX, EUSE
À ces discours pressants que saurait-on répondre ?, Épître XI dans PRESSANT, ANTE
Perse, en ses vers obscurs, mais serrés et pressants, Affecta d'enfermer moins de mots que de sens, Art p. II dans PRESSANT, ANTE
Un long cordon d'alouettes pressées, Sat. III dans PRESSÉ, ÉE
Soyez vif et pressé dans vos narrations, Art p. III dans PRESSÉ, ÉE
Et, la faux à la main, parmi vos marécages, Allez couper vos joncs et presser vos laitages, Ép. IV dans PRESSER
Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse, Art p. I dans PRESSER
Les morceaux trop hâtés se pressent dans sa bouche, Lutr. I dans PRESSER
Il n'est rien où d'abord son soupçon attaché Ne présume du crime et ne trouve un péché, Sat. X dans PRÉSUMER
Cessez de présumer, dans vos folles pensées, Mes vers, de voir en foule à vos rimes glacées Courir, l'argent en main, les lecteurs empressés, Ép. X dans PRÉSUMER
Soyez-vous à vous-même un sévère critique ; L'ignorance toujours est prête à s'admirer, Art p. I dans PRÊT, ÊTE
Il faut partir, les matelots sont prêts, Sat. VIII dans PRÊT, ÊTE
Si toujours dans leur âme une pudeur rebelle. Prêts d'embrasser l'Église, au prêche les rappelle, Épître III dans PRÊT, ÊTE
Cette utile frayeur.... Vient souvent de la grâce en nous prête d'entrer, Épître XI dans PRÊT, ÊTE
De lui seul il prétend qu'on reçoive la loi, Sat. X dans PRÉTENDRE
Interdire à mes vers, dont peut-être il fait cas, L'entrée aux pensions où je ne prétends pas, Sat. IX dans PRÉTENDRE
Car, grâce au droit reçu chez les Parisiens, Gens de douce nature et maris bons chrétiens, Dans ses prétentions une femme est sans bornes, Sat. X dans PRÉTENTION
Ô toi [nuit], de mon repos compagne aimable et sombre, à de si noirs forfaits prêteras-tu ton ombre ?, Lutr. II dans PRÊTER
Guillaume, enfant de choeur, prêta sa main novice [pour un tirage au sort], Lutr. I dans PRÊTER
Bientôt se parjurer cessa d'être un parjure ; L'argent à tout denier se prêta sans usure, Sat. XI dans PRÊTER
En vain, la peur sur lui [pécheur] remportant la victoire, Aux pieds d'un prêtre il court décharger sa mémoire, Ép XI dans PRÊTRE
Quand Luther et Calvin.... Vinrent du célibat affranchir la prêtrise, Sat. XI dans PRÊTRISE
Alors, sans consulter si Phébus l'en avoue, Ma muse toute en feu me prévient et te loue, Disc. au roi. dans PRÉVENIR
J'ai joint aussi à ces épigrammes un arrêt burlesque donné au Parnasse, que j'ai composé autrefois, afin de prévenir un arrêt très sérieux que l'université songeait à obtenir du parlement, contre ceux qui enseigneraient, dans les écoles de philosophie, d'autres principes que ceux d'Aristote, Disc. sur l'ode. dans PRÉVENIR
Vous ? mon Dieu ! mêlez-vous de boire, je vous prie, Sat. III dans PRIER
Tout ce que j'ai à vous prier maintenant, c'est de me mander...., Lett. à Racine. 4 juin 1693 dans PRIER
Avant qu'un peu de terre obtenu par prière Pour jamais sous la tombe eût enfermé Molière, Épît. VII dans PRIÈRE
Je [moi, la Mollesse] croyais.... Que l'Église du moins m'assurait un asile ; Mais en vain j'espérais y régner sans effroi ; Moines, abbés, prieurs, tout s'arme contre moi, Lutr. II dans PRIEUR
Il [le riche] peut dans son jardin tout peuplé d'arbres verts Recéler le printemps au milieu des hivers, Sat. VI dans PRINTEMPS
Le printemps dans sa fleur sur son visage est peint, Sat. X dans PRINTEMPS
Tandis que mon faquin qui se voyait priser, Sat. III dans PRISER
Et je gagerais bien que, chez le commandeur, Villandri priserait sa séve et sa verdeur [d'un vin], ib. dans PRISER
[Elle] Hante les hôpitaux, visite les prisons, Sat. X dans PRISON
Maudit soit le premier dont la verve insensée Dans les bornes d'un vers renferma sa pensée, Et, donnant à ses mots une étroite prison, Voulut avec la rime enchaîner la raison !, Sat. II dans PRISON
Ils ne savent jamais que se charger de chaînes, Que bénir leur martyre, adorer leur prison, Art p. II dans PRISON
Et croit que devant Dieu ses fréquents sacriléges Sont, pour entrer au ciel, d'assurés priviléges, Sat. x. dans PRIVILÉGE
Ce n'est qu'à prix d'argent qu'on dort en cette ville [Paris], Sat. VI dans PRIX
On croirait à vous voir, dans vos libres caprices, Décider du mérite et du prix des auteurs...., Sat. IX dans PRIX
Du plus habile chantre un bouc était le prix, Art p. III dans PRIX
C'est par là que Molière, illustrant ses écrits, Peut-être de son art eût remporté le prix, Si...., Art p. III dans PRIX
Le perron antique Où sans cesse, étalant bons et mauvais écrits, Barbin vend aux passants des auteurs à tout prix, Lutr. v. dans PRIX
Le bois le plus funeste et le moins fréquenté Est au prix de Paris un lieu de sûreté, Sat. VI dans PRIX
Il [le roi] marche vers Tholus, et tes flots [les flots du Rhin] en courroux Au prix de sa fureur sont tranquilles et doux, Ép. IV dans PRIX
Ce n'est point tous ses droits ; c'est le procès qu'elle aime ; Pour elle un bout d'arpent qu'il faudra disputer Vaut mieux qu'un fief entier acquis sans contester, Sat. X dans PROCÈS
Et le mien et le tien, deux frères pointilleux, Par son ordre amenant les procès et la guerre, ib. X dans PROCÈS
Tous ces gens, éperdus au seul nom de satire, Font d'abord le procès à quiconque ose rire, Disc. au roi. dans PROCÈS
Le plus sage est celui qui ne pense point l'être, Qui.... Se regarde soi-même en sévère censeur.... Et fait, sans se flatter, le procès à son vice, Sat. IV dans PROCÈS
Le Tasse, dira-t-on, l'a fait avec succès ; Je ne veux point ici lui faire son procès ; Mais...., Art p. III dans PROCÈS
Le chantre aux yeux du choeur étale son audace, Chante les orémus, fait des processions, Et répand à grands flots les bénédictions, Lutr. I dans PROCESSION
Que Rhinberg et Wesel, terrassés en deux jours, D'un joug déjà prochain menacent tout son cours [du Rhin], Ép. IV dans PROCHAIN, AINE
Le jour fatal est proche, et vient comme un voleur, Épître III dans PROCHE
Lui-même [un homme économe] le sentit [qu'il dépensait trop], reconnut son péché, Se confessa prodigue, et, plein de repentance...., Sat. X dans PRODIGUE
Vers ce temple fameux, si cher à tes désirs, Où le ciel fut pour toi si prodigue en miracles, Lutr. VI dans PRODIGUE
....Chez toi se prodigue et le rouge et le fard, Sat. X dans PRODIGUER
Chaque climat produit des favoris de Mars, Épît. I dans PRODUIRE
Que produira l'auteur après tous ces grands cris ? La montagne en travail enfante une souris, Art p. III dans PRODUIRE
Le théâtre... Chez nous pour se produire est un champ périlleux, Art p. III dans PRODUIRE
Mais, dans une profane et riante peinture, De n'oser de la fable employer la figure...., Art p. III dans PROFANE
Et qui s'est dit profès dans l'ordre des coteaux [association de gourmets], Sat. III dans PROFÈS, ESSE
C'est là, cher Lamoignon, que mon esprit tranquille Met à profit les jours que la Parque me file, Épître VI dans PROFIT
Aimez donc ses écrits [d'Homère], mais d'un amour sincère ; C'est avoir profité que de savoir s'y plaire, Art p. III dans PROFITER
en cela, comme en tout, le ciel qui nous conduit, Racine, fait briller sa profonde sagesse, Épître VII dans PROFOND, ONDE
Quiconque voit bien l'homme, et, d'un esprit profond, De tant de coeurs cachés a pénétré le fond..., Art poét. III dans PROFOND, ONDE
C'est un homme d'honneur, de piété profonde, Et qui veut rendre à Dieu ce qu'il a pris au monde, Sat. IX dans PROFOND, ONDE
Mais à quoi bon ici du profond des enfers... Rappeler Arius, Valentin et Pélage ?, Sat. XI dans PROFOND, ONDE
Le Rhin, tranquille et fier du progrès de ses eaux, Ép. IV dans PROGRÈS
Aux accès insolents d'une bouffonne joie La sagesse, l'esprit, l'honneur furent en proie, Art p. III dans PROIE
Perrin a de ses vers obtenu le pardon, Et la scène française est en proie à Pradon, Épître VIII dans PROIE
Et j'espérais ma part d'une si riche proie, Athal. III, 3 dans PROIE
L'autre, en style pompeux habillant une églogue, De tes rares vertus te fait un long prologue, Disc. au roi. dans PROLOGUE
Un auteur qui, pressé d'un besoin importun, Le soir entend crier ses entrailles à jeun, Goûte peu d'Hélicon les douces promenades, Art p. IV dans PROMENADE
Thespis fut le premier qui, barbouillé de lie, Promena par les bourgs cette heureuse folie [la comédie naissante], Art p. III dans PROMENER
Quatre boeufs attelés, d'un pas tranquille et lent, Promenaient dans Paris le monarque indolent, Lutr. II dans PROMENER
Au milieu de Paris il promène sa vue, Sat. VIII dans PROMENER
Il me promène après de terrasse en terrasse, Art p. I dans PROMENER
Chacun suit dans le monde une route incertaine, Selon que son erreur le joue et le promène, Sat. IV dans PROMENER
J'aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène, Dans un pré plein de fleurs lentement se promène Qu'un torrent...., Art p. I dans PROMENER
Aux plus savants auteurs comme aux plus grands guerriers Apollon ne promet qu'un nom et des lauriers, Art p. IV dans PROMETTRE
Un jeune homme, toujours bouillant dans ses caprices, Est prompt à recevoir l'impression des vices, Art p. III dans PROMPT, OMPTE
Achille déplairait moins bouillant et moins prompt, Art p. III dans PROMPT, OMPTE
.... je vois, sur ce début de prône, Que ta bouche déjà s'ouvre large d'une aune, Ép. X dans PRÔNE
Cependant cet oiseau qui prône les merveilles [la Renommée], Lutr. II dans PRÔNER
Que nous prônez-vous là ? Quoi qu'en ses beaux discours Saint-Évremont nous prône, Sat. X dans PRÔNER
Mais, pour borner enfin tout ce vague propos, Sat. X dans PROPOS
Chacun sait son métier ; Suivons notre propos, ib. x. dans PROPOS
Le Parnasse surtout, fécond en imposteurs, Diffame le papier par ses propos menteurs, Épit. IX dans PROPOS
Un libertin.... qui.... Tient que ces vieux propos de démons et de flammes Sont bons pour étonner des enfants et des femmes, Sat. IV dans PROPOS
De propos en propos on a parlé de vers, ib. III dans PROPOS
On dit, à ce propos, qu'un jour ce dieu bizarre...., Art p. II dans PROPOS
Si la rime Allait mal à propos m'engager dans Arnheim, Je ne sais pour sortir de porte qu'Hildesheim, Ép. IV dans PROPOS
Le seul chanoine Évrard, d'abstinence incapable, Ose encor proposer qu'on apporte la table, Lutr. IV dans PROPOSER
Ces grands hommes que nous nous proposons à imiter, Longin, Sublime, 21 dans PROPOSER
Et qui vont tous les jours, d'une importune voix, T'ennuyer du récit de tes propres exploits, Disc. au roi. dans PROPRE
Il [Balzac] a effectivement des qualités merveilleuses ; on peut dire que jamais personne n'a mieux su sa langue que lui, et mieux entendu la propriété des mots et la juste mesure des périodes, Longin, Subl. réfl. 7 dans PROPRIÉTÉ
L'audace du docteur, par ce discours frappée, Demeura sans réplique à ma prosopopée, Ép. XI dans PROSOPOPÉE
Mais je veux que le sort, par un heureux caprice, Fasse de vos écrits prospérer la malice, Sat. IX dans PROSPÉRER
Mais souvent sur ses vers un auteur intraitable à les protéger tous se croit intéressé, Art p. I dans PROTÉGER
Mais bientôt, rappelant son antique prouesse, Il [le prélat] tire du manteau sa dextre vengeresse, Lutr. v. dans PROUESSE
[Des vers] Par le prompt effet d'un sel réjouissant Devenir quelquefois proverbes en naissant, Ép. x. dans PROVERBE
Sache quelle province enrichit les traitants, Combien le sel au roi peut fournir tous les ans, Sat. VIII dans PROVINCE
L'enragé qu'il était [Alexandre], né roi d'une province Qu'il pouvait gouverner en bon et sage prince, Sat. VIII dans PROVINCE
L'un et l'autre, à mon sens, ont le cerveau troublé, Répondra, chez Fredoc, ce marquis sage et prude, Sat. IV dans PRUDE
Évrard seul, dans un coin prudemment retiré, Se croyait à couvert de l'insulte sacré, Lutr. v. dans PRUDEMMENT
J'imite de Conrart le silence prudent, Épît. I dans PRUDENT, ENTE
Le feu sort à travers ses humides prunelles, Épître IV dans PRUNELLE
On lit peu ces auteurs nés pour nous ennuyer, Qui toujours sur un ton semblent psalmodier, Art p. I dans PSALMODIER
Lui seul [un médecin] v fit longtemps la publique misère, Art p. IV dans PUBLIC, IQUE
Eschyle.... Sur les ais d'un théâtre en public exhaussé Fit paraître l'acteur d'un brodequin chaussé, Art p. III dans PUBLIC, IQUE
Sans le secours des vers, leurs noms [des anciens héros] tant publiés Seraient depuis mille ans avec eux oubliés, Ép. I dans PUBLIÉ, ÉE
Mais quoi que notre siècle à sa gloire [du Tasse] publie, Art p. III dans PUBLIER
Et combien la Neveu.... A de fois au public vendu son pucelage, Sat. IV dans PUCELAGE
Je veux dans la satire un esprit de candeur, Et fuis un effronté qui prêche la pudeur, Art p. II dans PUDEUR
Si toujours dans leur âme [des ministres protestants] une pudeur rebelle, Près d'embrasser l'Église, au prêche les rappelle, Ép. III dans PUDEUR
Le défaut du style enflé, c'est de vouloir aller au delà du grand ; il en est tout au contraire du puéril ; car il n'y a rien de si bas, de si petit, ni de si opposé à la noblesse du discours, Longin, Sublime, ch. 2 dans PUÉRIL, ILE
Qu'est-ce donc que puérilité ? ce n'est visiblement autre chose qu'une pensée d'écolier qui, pour être trop recherchée, devient froide, Longin, Sublime, ch. 2 dans PUÉRILITÉ
Et puis comment percer cette foule effroyable De rimeurs affamés...., Sat. I dans PUIS
Tout prêt à la laisser, pourvu qu'elle s'apaise, Dans ton coffre, à pleins sacs, puiser tout à son aise, Sat. X dans PUISER
Pouvez-vous nier que ce ne soit dans Tite Live, dans Dion Cassius, dans Plutarque, dans Lucain et dans Sénèque que M. de Corneille a pris ses plus beaux traits, a puisé ses grandes idées qui lui ont fait inventer un nouveau genre de tragédie inconnu à Aristote ?, Lett. à Perrault. dans PUISER
Ils tremblent qu'un censeur.... N'aille du fond du puits tirer la vérité, Disc. au roi. dans PUITS
Ah ! que, pour la punir de cette comédie [feindre d'être malade], Ne lui vois-je une vraie et triste maladie ?, Sat. x. dans PUNIR
Oh ! que ta main par là va sauver de pupilles !, Épître I dans PUPILLE
Et le pupitre enfin tourne sur son pivot, Lutr. III dans PUPITRE
Selon que notre idée est plus ou moins obscure, L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure, Art p. I dans PUR, URE
Marchez donc sur ses pas [de Malherbe], aimez sa pureté, Art p. I dans PURETÉ
Tous les jours à la cour un sot de qualité Peut juger de travers avec impunité, Sat. IX dans QUALITÉ
Un aussi grand prélat que M. Huet, dont, en qualité de chrétien, je respecte fort la dignité, et dont, en qualité d'homme de lettres, j'honore extrêmement le mérite et le grand savoir, Longin, Sublime, réfl. 10 dans QUALITÉ
Quand un livre au Palais se vend et se débite, Que chacun par ses yeux juge de son mérite, Que Bilaine l'étale au deuxième pilier, Le dégoût d'un censeur peut-il le décrier ?, Sat. IX dans QUAND
Plus pâle qu'un rentier à l'aspect d'un arrêt qui retranche un quartier, Sat. III dans QUARTIER
Ce perruquier superbe est l'effroi du quartier, Et son courage est peint sur son visage altier, Lutr. I dans QUARTIER
Eh bien je m'adoucis, votre race est connue ; Depuis quand ? répondez ; depuis mille ans entiers, Et vous pouvez fournir deux fois seize quartiers, Sat. v. dans QUARTIER
Sans cesse au jeu, dont il fait son étude, Attendant son destin d'un quatorze ou d'un sept, Sat. IV dans QUATORZE
[Apollon] Voulut [dans le sonnet] qu'en deux quatrains de mesure pareille La rime avec deux sons frappât huit fois l'oreille, Art p. II dans QUATRAIN
Ainsi, recommençant un ouvrage vingt fois, Si j'écris quatre mots, j'en effacerai trois, Sat. II dans QUATRE
Qu'avez-vous donc, dit-il, que vous ne mangez point ?, Sat. III dans QUE
Inconnu dans l'église, ignoré dans ce lieu, Je ne pourrai donc plus être vu que de Dieu, Lutr. IV dans QUE
Quels honneurs n'a-t-on pas rendus à M. Corneille et à M. Racine ?, Lett. à Perrault. dans QUEL, QUELLE
Mais, quelques vains lauriers que promette la guerre, On peut être héros sans ravager la terre, Épître I dans QUELQUE... QUE
Ils ne savent jamais que se charger de chaînes.... Et faire quereller les sens et la raison, Art p. II dans QUERELLER
....Va pour les malheureux quêter dans les maisons, Sat. X dans QUÊTER
Et n'allez pas toujours d'une pointe frivole Aiguiser par la queue une épigramme folle, Art p. II dans QUEUE
êtes-vous encore ce même grand seigneur qui venait souper chez un misérable poëte ?, Lett. à M. de Vivonne, 2 dans QUI
La déesse en entrant qui voit la nappe mise, Lutr. I dans QUI
Écrive qui voudra ; chacun à ce métier Peut perdre impunément de l'encre et du papier, Sat. IX dans QUI
En un mot qui voudrait épuiser ces matières, Peignant de tant d'esprit les diverses manières, Il compterait plutôt combien dans un printemps Guénaud et l'antimoine ont fait mourir de gens, Sat. IV dans QUI
Bacchus le déclare hérétique, Et janséniste, qui pis est, Chanson à boire. dans QUI
Qui est celui qui vient le premier de tous, nonchalamment appuyé sur son écuyer ?, les Héros de romans. dans QUI
Entre tant d'animaux qui sont ceux qu'on estime ?, Sat. v. dans QUI
Quiconque est riche est tout ; sans sagesse il est sage, Sat. VIII dans QUICONQUE
Dès que l'impression fait éclore un poëte, Il est l'esclave né de quiconque l'achète, ib. IX dans QUICONQUE
Souvent j'ai beau rêver du matin jusqu'au soir ; Quand je veux dire blanc, la quinteuse [rime] dit noir, Sat. II dans QUINTEUX, EUSE
Ne rabaissons point malicieusement, en faveur de notre nation, le plus ingénieux auteur des derniers siècles [l'Arioste], Dissert. sur Joconde. dans RABAISSER
En plaçant un pupitre on croit nous rabaisser, Lutr. IV dans RABAISSER
Le sacristain achève en deux coups de rabot, Lutr. III dans RABOT
L'autre, en vain se lassant à polir une rime, Et reprenant vingt fois le rabot et la lime, Disc. au roi. dans RABOT
Sophocle enfin, donnant l'essor à son génie, Accrut encor la pompe, augmenta l'harmonie, Intéressa le choeur dans toute l'action, Des vers trop raboteux polit l'expression, Art p. III dans RABOTEUX, EUSE
Je n'avais que dix-huit ans quand je fis cette ode, mais je l'ai raccommodée, Note sur l'ode 2 dans RACCOMMODER
Hé bien, je m'adoucis ; votre race est connue, Depuis quand ? répondez. - Depuis mille ans entiers, Sat. v. dans RACE
Oh que de mon esprit.... Ne puis-je faire ôter les ronces, les épines, Et de défauts sans nombre arracher les racines !, Ép. X dans RACINE
Encor si ta valeur, à tout vaincre obstinée, Nous laissait pour le moins respirer une année, Peut-être mon esprit, prompt à ressusciter, Du temps qu'il a perdu saurait se racquitter, Épît. VIII dans RACQUITTER
À peine sur son banc on discernait le chantre, Tandis qu'à l'autre banc le prélat radieux, Découvert au grand jour, attirait tous les yeux, Lutr. I dans RADIEUX, EUSE
Un pédant.... Croit qu'un livre fait tout, et que sans Aristote La raison ne voit goutte et le bon sens radote, Sat. IV dans RADOTER
À l'aspect imprévu de leur foule agréable Le prélat radouci veut se lever de table, Lutr. I dans RADOUCI, IE
....L'oiseau sort ; l'escadron raffermi Rit du honteux départ d'un si faible ennemi [un hibou], Lutr. III dans RAFFERMI, MIE
Raffermis ma vertu, qu'ébranlent tes soupirs, Lutr. II dans RAFFERMIR
Les chagrins dévorants et l'infâme ruine, Enfants infortunés de ses raffinements [de la chicane], Lutr. v. dans RAFFINEMENT
Mais vous, qui raffinez sur les écrits des autres, De quel oeil pensez-vous qu'on regarde les vôtres ?, Sat. IX dans RAFFINER
Quand on parle de sauce, il faut qu'on y raffine, Sat. III dans RAFFINER
Je ne suis pas fort en peine du temps où se tirera votre loterie, et je ne suis pas assez fou pour me persuader qu'en quatre coups j'amènerai rafle de six, Lett. à Brossette, 13 dans RAFLE
La colère dans l'âme, et le feu dans les yeux, Il distilla sa rage en ces tristes adieux, Sat. I dans RAGE
Déployez toutes vos rages, Princes, vents, peuples, frimas, Od. I dans RAGE
Sans mentir, l'avarice est une étrange rage, Sat. IV dans RAGE
Une langue en ragoût, de persil couronnée, Sat. III dans RAGOÛT
Des monceaux de viandes les plus exquises et tout ce qu'on pourrait s'imaginer de plus ragoûtant et de plus délicieux, Longin, Du subl. chap. 34 dans RAGOÛTANT, ANTE
Tel vous semble applaudir, qui vous raille et vous joue, Art p. I dans RAILLER
De choquer un auteur qui choque le bon sens, De railler d'un plaisant qui ne sait pas vous plaire, C'est ce que tout lecteur eut toujours droit de faire, Sat. IX dans RAILLER
De là vient qu'on s'est raillé de Gorgias pour avoir appelé Xercès le Jupiter des Perses, et les vautours des sépulcres animés, Longin, Subl. ch. 2 dans RAILLER
Répondez, mon esprit ; ce n'est plus raillerie, Sat. IX dans RAILLERIE
Il est d'autres erreurs dont l'aimable poison D'un charme bien plus doux enivre la raison, Sat. IV dans RAISON
....Souffrez qu'enfin la raison vous éclaire, Poés. div. XXVII dans RAISON
La raison, pour marcher, n'a souvent qu'une voie, Art p. I dans RAISON
Si son sage héros [du Tasse], toujours en oraison, N'eût fait que mettre enfin Satan à la raison, Art p. III dans RAISON
Vous qui dans les détours de vos raisons subtiles...., Épître VII dans RAISON
Sans raison il [l'homme] est gai, sans raison il s'afflige, Sat. VIII dans RAISON
En vain vous étalez une scène savante ; Vos froids raisonnements ne feront qu'attiédir Un spectateur toujours paresseux d'applaudir, Art p. III dans RAISONNEMENT
Soutenons bien nos droits ; sot est celui qui donne ; C'est ainsi devers Caen que tout Normand raisonne, Ép. II dans RAISONNER
Et la troupe, à l'instant cessant de fredonner, D'un ton gravement fou s'est mise à raisonner, Sat. III dans RAISONNER
Sa robe en vain de pièces rajeunie, Sat. X dans RAJEUNI, IE
Le public, enrichi du tribut de nos veilles, Croit qu'on doit ajouter merveilles sur merveilles.... Il veut en vieillissant que nous rajeunissions, Épître VI dans RAJEUNIR
Avec elle [la femme plaideuse] il n'est point de droit qui s'éclaircisse, Point de procès si vieux qui ne se rajeunisse, Sat. X dans RAJEUNIR
Ta valeur, arrêtant les troupes fugitives, Rallia d'un regard leurs cohortes craintives, Lutr. III dans RALLIER
Ses griffes [de la chicane], vainement par Pussort accourcies, Se rallongent déjà, toujours d'encre noircies, Lutr. V dans RALLONGER
Ils rallument le feu de leur bougie éteinte, Lutr. III dans RALLUMER
Aussitôt malgré moi tout mon feu se rallume, Sat II dans RALLUMER
Car à peine les coqs, commençant leur ramage Auront de cris aigus frappé le voisinage, Sat. VI dans RAMAGE
Un vieil infortiat, Grossi des visions d'Accurse et d'Alciat, Inutile ramas de gothique écriture, Lutr. V dans RAMAS
Mais qui pourrait compter le nombre de haillons.... De chiffons ramassés dans la plus noire ordure, Dont la femme, aux bons jours, composait sa parure ?, Sat. X dans RAMASSÉ, ÉE
Et son corps, ramassé dans sa courte grosseur, Fait gémir les coussins sous sa molle épaisseur, Lutr. I dans RAMASSÉ, ÉE
Comme la grêle Qui, dans un grand jardin, à coups impétueux, Abat l'honneur naissant des rameaux fructueux, Lutr. V dans RAMEAU
Que veut-il, dira-t-on ? quelle verve indiscrète Ramène sur les rangs encor ce vain athlète ?, Épître X dans RAMENER
Il [un forçat] plaint par un arrêt injustement donné L'honneur en sa personne à ramer condamné, Sat. X dans RAMER
Je riais de le voir avec sa mine étique, En lapins de garenne ériger nos clapiers, Et nos pigeons cauchois en superbes ramiers, Sat. III dans RAMIER
Un insecte rampant qui ne vit qu'à demi, Sat. VIII dans RAMPANT, ANTE
L'autre a peur de ramper et se perd dans la nue, Art p. I dans RAMPER
Ses vers plats et grossiers, dépouillés d'agrément, Toujours baisent la terre et rampent tristement, ib. II dans RAMPER
C'est un petit village ou plutôt un hameau, Bâti sur le penchant d'un long rang de collines, Épître VI dans RANG
Que veut-il, dira-t-on ; quelle fougue indiscrète Ramène sur les rangs encor ce vain athlète ?, Épître X dans RANG
Phébus même aurait peur s'il entrait sur les rangs, Épître I dans RANG
En vain aux conquérants L'erreur, parmi les rois, donne les premiers rangs, Épître I dans RANG
Vingt muids rangés chez moi font ma bibliothèque, Lutr. IV dans RANGÉ, ÉE
Il était sur son char ; ses gardes affligés Imitaient son silence autour de lui rangés, Phèdre, V, 6 dans RANGÉ, ÉE
Mais ne craignez-vous point que.... Je ne ranime encor ma satirique audace ?, Épigr. XXX dans RANIMER
Ses souliers grimaçants, vingt fois rapetassés, Sat. X dans RAPETASSÉ, ÉE
Assez d'autres sans moi d'un style moins timide Suivront au champ de Mars ton courage rapide, Épître I dans RAPIDE
Ne vous piquez point d'une folle vitesse ; Un style si rapide et qui court en rimant Marque moins trop d'esprit que peu de jugement, Art p. I dans RAPIDE
La force l'abandonne ; et sa bouche, trois fois Voulant le rappeler, ne trouve plus de voix, Lutr. II dans RAPPELER
Que si quelquefois, las de forcer des murailles, Le soin de tes sujets te rappelle à Versailles, Ép. VIII dans RAPPELER
Mais enfin rappelant son audace première, Lutr. II dans RAPPELER
De Paris à Delhi, du couchant à l'aurore, Ce fameux voyageur [Tavernier] courut plus d'une fois.... Et, bien qu'en nos climats de retour aujourd'hui, En foule à nos yeux il présente Les plus rares trésors que le soleil enfante, Il n'a rien rapporté de si rare que lui, Poésies div. XI dans RAPPORTER
Ou, d'un nouveau procès hardi solliciteur, Aborder sans argent un clerc de rapporteur ?, Lutr. III dans RAPPORTEUR, EUSE
Ses ais demi-pourris, que l'âge a relâchés, Sont, à coup de maillet, unis et rapprochés, Lutr. III dans RAPPROCHER
Rare et fameux esprit [Molière] dont la fertile veine Ignore, en écrivant, le travail et la peine, Sat. II dans RARE
Boirude fuit le coup : le volume effroyable Lui rase le visage, Lutr. V dans RASER
Tout ce qu'on dit de trop est fade et rebutant ; L'esprit rassasié le rejette à l'instant, Art p. I dans RASSASIÉ, ÉE
Mais du discours enfin l'harmonieuse adresse.... Rassembla les humains dans les forêts épars, Art p. IV dans RASSEMBLER
Et quel fâcheux démon, durant les nuits entières, Rassemble ici les chats de toutes les gouttières, Sat. VI dans RASSEMBLER
Je hais ces vains auteurs.... Qui s'affligent par art, et, fous de sens rassis, S'érigent pour rimer en amoureux transis, Art p. II dans RASSIS, ISE
Chez lui [un directeur de femmes], sirops exquis, ratafias vantés, Confitures surtout, volent de tous côtés, Sat. X dans RATAFIA
Sa servante Alison la rattrape et la suit, Lutr. II dans RATTRAPER
Partout le doigt vainqueur [qui distribue la bénédiction] les suit et les rattrape, ib. V dans RATTRAPER
Mais, lorsqu'on la néglige [la rime], elle devient rebelle, Et, pour la rattraper, le sens court après elle, Art p. I dans RATTRAPER
Si dans les droits du roi sa funeste science, Par deux ou trois avis n'eût ravagé la France, Sat. I dans RAVAGER
Et lorsqu'une cabale, Un flot de vains auteurs follement te ravale, Ép. VII, à Racine. dans RAVALER
Seulement pour l'argent un peu trop de faiblesse De ces vertus en lui ravalait la noblesse, Sat. X dans RAVALER
À quoi bon ravir l'or au sein du nouveau monde ?, Épître V dans RAVIR
La Parque, ravissant ou son fils ou sa fille, A-, t-elle moissonné l'espoir de sa famille ?, Sat. X dans RAVIR
Que tu sais bien, Racine, à l'aide d'un acteur Émouvoir, étonner, ravir un spectateur !, Ép. VII dans RAVIR
Mais sitôt que d'un trait de ses fatales mains La Parque l'eut rayé [Molière] du nombre des humains, Ép. VII dans RAYER
Que voulez-vous, monsieur ? je ne puis pas me rebâtir moi-même ; et tout ce que je puis faire, c'est de convenir de mon crime, Lett. à Brossette, 42 dans REBÂTIR
Le chanoine, surpris de la foudre mortelle [la bénédiction], Se dresse, et lève en vain une tête rebelle, Lutr. V dans REBELLE
Mais qui m'assurera qu'en ce long cercle d'ans, à leurs fameux époux vos aïeules fidèles Aux douceurs des galants furent toujours rebelles ?, Sat. V dans REBELLE
Mais lorsqu'on la néglige, elle [la rime] devient rebelle, Et pour la rattraper le sens court après elle, Art p. II dans REBELLE
Si contre cet arrêt le siècle se rebelle, à la postérité d'abord il en appelle, Art p. III dans REBELLER (SE)
Ou de trente feuillets réduits peut être à neuf, Parer, demi-rongés, les rebords du Pont-Neuf, Sat. IX dans REBORD
....La dispute que j'eus avec Sa Majesté.... c'était à propos du mot rebrousser chemin, que le roi prétendait mauvais, et que je maintenais bon par l'autorité de tous nos meilleurs auteurs, Lett. à Brossette, 45 dans REBROUSSER
Tout ce qu'on dit de trop est fade et rebutant, Art p. I dans REBUTANT, ANTE
Avant qu'un peu de terre obtenu par prière Pour jamais sous la tombe eût enfermé Molière, Mille de ses beaux traits aujourd'hui si vantés Furent des sots esprits à nos yeux rebutés, Ép. VII dans REBUTER
Rien ne le rebuta, ni sa vue éraillée [de la femme qu'il voulait épouser], Ni sa masse de chair bizarrement taillée, Sat. X dans REBUTER
Il [le riche] peut, dans son jardin tout peuplé d'arbres verts, Recéler le printemps au milieu des hivers, Sat. VI dans RECÉLER
J'ai lu avec grand plaisir l'exacte relation que vous m'avez envoyée de la réception de nos deux jeunes princes [le duc de Bourgogne et le duc de Berry] dans votre illustre ville [Lyon], Lett. à Brossette, 16 dans RÉCEPTION
Un jeune homme, toujours bouillant en ses caprices, Est prompt à recevoir l'impression des vices, Art p. III dans RECEVOIR
Recevant les amants sous le doux nom d'amis, Sat. X dans RECEVOIR
Mon homme en m'embrassant m'est venu recevoir, Sat. III dans RECEVOIR
Tout s'écarte à l'instant ; mais aucun n'en réchappe [de la bénédiction], Lutr. V dans RÉCHAPPER
Souvenez-vous bien Qu'un dîner réchauffé ne valut jamais rien, Lutr. I dans RÉCHAUFFÉ, ÉE
Ce discours, que soutient l'embonpoint du visage, Rétablit l'appétit, réchauffe le courage, Lutr. IV dans RÉCHAUFFER
Et tous ces lieux communs de morale lubrique Que Lulli réchauffa des sons de sa musique, Sat. X dans RÉCHAUFFER
Alors le noble altier, pressé de l'indigence, Humblement du faquin rechercha l'alliance, Sat. v. dans RECHERCHER
Je [la puce] me repais de sang, et je trouve ma vie Dans les bras de celui qui recherche ma mort, Poés. div. XXIV dans RECHERCHER
La poésie épique Dans le vaste récit d'une longue action Se soutient par la fable et vit de fiction, Art p. III dans RÉCIT
Ce qu'on ne doit point voir, qu'un récit nous l'expose [dans la tragédie], Art p. III dans RÉCIT
Tel écrit récité se soutint à l'oreille, Qui, dans l'impression au grand jour se montrant, Ne soutient pas des yeux le regard pénétrant, Art p. IV dans RÉCITÉ, ÉE
Cependant, à l'entendre, il chérit la critique, Vous avez sur ses vers un pouvoir despotique ; Mais tout ce beau discours dont il vient vous flatter N'est rien qu'un piége adroit pour vous les réciter, Art p. I dans RÉCITER
Et je suis, à Paris, triste, pauvre et reclus, Sat. I dans RECLUS, USE
Leur appétit fougueux, par l'objet excité, Parcourt tous les recoins d'un monstrueux pâté, Lutr. v. dans RECOIN
Ainsi, recommençant un ouvrage vingt fois, Si j'écris quatre mots, j'en effacerai trois, Sat. II dans RECOMMENCER
Finissons ; mais demain, Muse, à recommencer, Sat. VII dans RECOMMENCER
Le duc et le marquis se reconnut aux pages, Sat. V dans RECONNAÎTRE
Mais où cherché-je ailleurs ce qu'on trouve chez nous ? Grand roi, sans recourir aux histoires antiques...., Ép. I dans RECOURIR
Dans mes vers recousus mettre en pièces Malherbe, Sat. II dans RECOUSU, UE
Aimez qu'on vous conseille et non pas qu'on vous loue ; Un flatteur aussitôt cherche à se récrier ; Chaque vers qu'il entend le fait extasier, Art p. I dans RÉCRIER (SE)
Je les ai écrites [les lettres à Racine], la plupart avec la même rapidité que je vous écris celle-ci, et sans savoir souvent où j'allais ; M. Racine me récrivait de même, et il faudrait aussi ravoir les siennes, Lett. à Brossette, XXVI dans RÉCRIRE
....Marchant à pas comptés, Comme un recteur suivi des quatre facultés, Sat. III dans RECTEUR
Car, grâce au droit reçu chez les Parisiens, Gens de douce nature et maris bons chrétiens, Dans ses prétentions une femme est sans borne, Sat. X dans REÇU, UE
Aux usages reçus il faut qu'on s'accommode, ib. dans REÇU, UE
On ne voit point mes vers, à l'envi de Montreuil, Grossir impunément les feuillets d'un recueil, Sat. VII dans RECUEIL
Et tous ces vieux recueils de satires naïves, Des malices du sexe immortelles archives, ib. X dans RECUEIL
Mais il est des objets que l'art judicieux Doit offrir à l'oreille et reculer des yeux, Art p. III dans RECULER
Voulez-vous sur la scène étaler des ouvrages Où tout Paris en foule apporte ses suffrages, Et qui, toujours plus beaux, plus ils sont regardés, Soient au bout de vingt ans encor redemandés, Art p. III dans REDEMANDÉ, ÉE
Lui seul [un médecin] y fit longtemps la publique misère : Là le fils orphelin lui redemande un père, Art poét. IV dans REDEMANDER
Muse, redis moi donc quelle ardeur de vengeance De ces hommes sacrés rompit l'intelligence, Lutr. I dans REDIRE
Du salpêtre en fureur l'air s'échauffe et s'allume, Et des coups redoublés tout le rivage fume, Ép. IV dans REDOUBLÉ, ÉE
Chez tous les conviés la joie est redoublée, Sat. III dans REDOUBLÉ, ÉE
Votre pouls inégal marche à pas redoublés, Ép. III dans REDOUBLÉ, ÉE
Condé même, Condé, ce héros formidable, Et, non moins qu'aux Flamands, aux flatteurs redoutable, Épître IX dans REDOUTABLE
Fait même à ses amants trop faibles d'estomac Redouter ses baisers pleins d'ail et de tabac, Sat. X dans REDOUTER
Un rival orgueilleux.... A détruit le lutrin par nos mains redressé, Lutr. V dans REDRESSÉ, ÉE
Non, il est question de réduire un mari à chasser un valet dans la maison chéri...., Sat. X dans RÉDUIRE
Malherbe.... réduisit la muse aux règles du devoir, Art p. I dans RÉDUIRE
Ne vous enivrez point des éloges flatteurs Qu'un amas quelquefois de vains admirateurs Vous donne en ces réduits, prompts à crier merveille, Art p. IV dans RÉDUIT
Dans le réduit obscur d'une alcôve enfoncée S'élève un lit de plume à grands frais amassée, Lutr. I dans RÉDUIT
Relisant Juvénal, refeuilletant Horace, Épigr. XXX dans REFEUILLETER
Nous pouvons dire que c'est le reflux de son esprit [d'Homère] qui, comme un grand océan, se retire et déserte ses rivages, Longin, Subl. ch. 7 dans REFLUX
J'ai vu dans Saint-Denis la réforme établie, Lutr. II dans RÉFORME
Chacun a débité ses maximes frivoles.... Corrigé la police et réformé l'État, Sat. III dans REFORMER
N'allons donc point ici réformer l'univers, ib. X dans REFORMER
Prendre sur vous le soin de réformer la ville, ib. IX dans REFORMER
A-t-on par quelque édit réformé la cuisine ?, Sat. III dans REFORMER
Marot, bientôt après, fit fleurir les ballades.... à des refrains réglés asservit les rondeaux, Art p. I dans REFRAIN
Quelquefois, le dirai-je ? un remords légitime Au fort de mon ardeur vient refroidir ma rime, Au roi, Ép. VIII dans REFROIDIR
Là [dans la tour de Montlhéri], depuis trente hivers un hibou retiré Trouvait contre le jour un refuge assuré, Lutr. III dans REFUGE
Et Pégase pour eux refuse de voler, Disc. au roi. dans REFUSER
[Le vieillard] Inhabile aux plaisirs dont la jeunesse abuse, Blâme en eux les douceurs que l'âge lui refuse, Art p. III dans REFUSER
Des chantres désormais la brigade timide S'écarte, et du palais regagne les chemins, Lutr. IV dans REGAGNER
Il est vrai que du roi la bonté secourable Jette enfin sur la muse un regard favorable, Sat. I dans REGARD
Et l'honneur dans ce choix [un mariage] ne fut pas regardé, Sat. X dans REGARDER
Mais lui, qui fait ici le régent du Parnasse, N'est qu'un gueux revêtu des dépouilles d'Horace, Sat. IX dans RÉGENT, ENTE
Non que tu sois pourtant de ces rudes esprits Qui regimbent toujours, quelque main qui les flatte, à Seignelay, Ép. IX dans REGIMBER
Notre assassin [un médecin] renonce à son art inhumain, Et désormais, la règle et l'équerre à la main, Laissant de Galien la science suspecte, De méchant médecin devient bon architecte, Art p. IV dans RÈGLE
Quelquefois dans sa course un esprit vigoureux, Trop resserré par l'art, sort des règles prescrites, Et de l'art même apprend à franchir leurs limites, Art p. IV dans RÈGLE
Et la règle déjà se remet dans Clairvaux, Lutr. II dans RÈGLE
....un Dieu maître du monde, Et qui règle à son gré le ciel, la terre et l'onde...., Épître XI dans RÉGLER
Chacun veut en sagesse ériger sa folie, Et, se laissant régler à son esprit tortu, De ses propres défauts se fait une vertu, Sat. IV dans RÉGLER
L'épouse que tu prends, sans tache en sa conduite, Aux lois de son devoir règle tous ses désirs, Sat. X dans RÉGLER
Vierge, effroi des méchants, appui de mes autels, Qui, la balance en main, règles tous les mortels, Lutr. VI dans RÉGLER
Dans le réduit obscur d'une alcôve enfoncée.... Là, parmi les douceurs d'un tranquille silence, Règne sur le duvet une heureuse indolence, Lutr. I dans RÉGNER
Ici s'offre un perron, là règne un corridor, Art p. I dans RÉGNER
Autour de cet amas de viandes entassées, Régnait un long cordon d'alouettes pressées, Sat. III dans RÉGNER
En vain je veux au moins faire grâce à quelqu'un [des mauvais auteurs] ; Ma plume aurait regret d'en épargner aucun, Sat. VII dans REGRET
Brontin en est ému [d'un bruit redoutable] ; le sacristain pâlit ; Le perruquier commence à regretter son lit, Lutr. III dans REGRETTER
[Une personne fière de sa noblesse] Le sourcil rehaussé d'orgueilleuses chimères, Sat. X dans REHAUSSÉ, ÉE
Reine des longs procès, dit-il [à la Chicane], dont le savoir Rend la force inutile et les lois sans pouvoir, Lutr. V dans REINE
Tout ce qu'on dit de trop est fade et rebutant ; L'esprit rassasié le rejette à l'instant, Art p. I dans REJETER
Et tel mot, pour avoir réjoui le lecteur, A coûté bien souvent des larmes à l'auteur, Sat. VII dans RÉJOUIR
Vos bons mots.... par le prompt effet d'un sel réjouissant, Devenir quelquefois proverbes en naissant, Ép. X dans RÉJOUISSANT, ANTE
Ses ais demi-pourris [d'un lutrin], que l'âge a relâchés, Sont à coups de maillet unis et rapprochés, Lutr. III dans RELÂCHER
Je le déclare donc.... Pradon comme un soleil en nos ans a paru.... Saufal est le phénix des esprits relevés, Sat. IX dans RELEVÉ, ÉE
Nous autres satiriques, Propres à relever les sottises du temps, Nous sommes un peu nés pour être mécontents, Épître VIII dans RELEVER
La Mollesse, en pleurant, sur un bras se relève, Ouvre un oeil languissant...., Lutr. II dans RELEVER
L'un prend le seul Jonas qu'on ait vu relié, L'autre un Tasse français, en naissant oublié, Lutr. V dans RELIÉ, ÉE
Je ne suis point de ces auteurs fuyant la peine.... ils allèguent, pour excuser leur paresse, qu'ils auraient peur, en les trop remaniant [leurs écrits], de les affaiblir, et de leur ôter cet air libre et facile, qui fait, disent-ils, un des plus grands charmes du discours, Oeuv. préf. de 1701 dans REMANIER
[Une savante] Pèse sans passion Chapelain et Virgile, Remarque en ce dernier beaucoup de pauvretés, Sat. X dans REMARQUER
Un escadron coiffé d'abord court à son aide, L'une chauffe un bouillon, l'autre apprête un remède, Sat. X dans REMÈDE
Afin qu'en ta vieillesse un livre en maroquin Aille offrir ton travail à quelque heureux faquin Qui, pour digne loyer de la Bible éclaircie, Te paye en l'acceptant d'un je vous remercie, Sat. VIII dans REMERCIER
Notre style [des satiriques] languit dans un remercîment, Épître VIII dans REMERCÎMENT ou REMERCIEMENT
Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, Art p. I dans REMETTRE
Chacun bénit tout haut l'arbitre des humains, Qui remet leur bon droit en de si bonnes mains, Lutr. I dans REMETTRE
Et la règle déjà se remet dans Clairvaux, Lutr. II dans REMETTRE
Maintenant que nous voilà bien remis, et qu'il ne reste plus entre nous aucun levain d'animosité ni d'aigreur, Lett. à Perrault. dans REMIS, ISE
Aussitôt dans le choeur la machine emportée Est sur le banc du chantre à grand bruit remontée, Lutr. III dans REMONTER
J'ai beau vous arrêter, ma remontrance est vaine ; Allez, partez, mes vers, dernier fruit de ma veine, Épître X dans REMONTRANCE
Apollon.... Défendit qu'un vers faible y pût jamais entrer [dans le sonnet], Ni qu'un mot déjà mis osât s'y remontrer, Art p. II dans REMONTRER
Et ses ruses [de la chicane], perçant et digues et remparts, Par cent brèches déjà rentrent de toutes parts, Lutr. V dans REMPART
Les voilà tous chassés [les valets], Et chez elle à l'instant par d'autres remplacés, Sat. X dans REMPLACÉ, ÉE
Qu'en un lieu, qu'en un jour un seul fait accompli Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli, Art p. III dans REMPLI, IE
....L'esprit enivré d'une douce fumée [dans un songe], J'ai cru remplir au choeur ma place accoutumée, Lutr. IV dans REMPLIR
Il est dans tout autre art [que la poésie] des degrés différents ; On peut avec honneur remplir les seconds rangs, Art p. IV dans REMPLIR
Écolier ou plutôt singe de Bourdaloue, Je me plais à remplir mes sermons de portraits, Sat. X dans REMPLIR
Colletet, Pelletier, Titreville, Quinault, Dont les noms en cent lieux, placés comme en leurs niches, Vont de vos vers malins remplir les hémistiches, Sat. IX dans REMPLIR
Le seul cour roux d'Achille avec art ménagé Remplit abondamment une Iliade entière, Art p. III dans REMPLIR
Et qu'ont fait tant d'auteurs pour remuer leur cendre ?, Sat. IX dans REMUER
Que dans tous vos discours la passion émue Aille chercher le coeur, l'échauffe et le remue, Art p. III dans REMUER
Je peindrai les plaisirs en foule renaissants, Ép. I dans RENAISSANT, ANTE
Tel fut cet empereur sous qui Rome adorée Vit renaître les jours de Saturne et de Rhée, Épit. I dans RENAÎTRE
Je ne puis pour louer rencontrer une rime ; Dès que j'y veux rêver, ma veine est aux abois, Sat. VII dans RENCONTRER
Chez le libraire absent tout entre, tout se mêle.... Chacun s'arme au hasard du livre qu'il rencontre, Lutr. V dans RENCONTRER
S'il rencontre un palais, il m'en dépeint la face, Art p. I dans RENCONTRER
Deux voyageurs à jeun rencontrèrent une huître, Épître II dans RENCONTRER
Tout, hormis toi, chez toi rencontre un doux accueil ; L'un est payé d'un mot, et l'autre d'un coup d'oeil, Sat. X dans RENCONTRER
On dirait qu'elle n'est pas éprise d'une seule passion, mais que son âme est un rendez-vous de toutes les passions, Sublime, 8 dans RENDEZ-VOUS
Pour consumer autrui, le monstre [la chicane] se consume, Et, dévorant maisons, palais, châteaux entiers, Rend pour des monceaux d'or de vains tas de papiers, Lutr. V dans RENDRE
C'est un homme d'honneur, de piété profonde, Et qui veut rendre à Dieu ce qu'il a pris au monde, Sat. IX dans RENDRE
En achevant ces mots, la déesse guerrière.... Rend aux trois champions leur intrépidité, Lutr. III dans RENDRE
Je sais ce qu'un fermier nous doit rendre par an, Lutr. IV dans RENDRE
....Souple à la raison, corrigez sans murmure ; Mais ne vous rendez pas dès qu'un sot vous reprend, Art p. IV dans RENDRE
Le soldat, dans la paix, sage et laborieux, Nos artisans grossiers rendus industrieux, Ép. I dans RENDU, UE
Un rimeur, sans péril, de là les Pyrénées, Sur la scène en un jour renferme des années, Art p. III dans RENFERMER
Maudit soit le premier dont la verve insensée Dans les bornes d'un vers renferma sa pensée !, Sat. II dans RENFERMER
N'allez point de nouveau faire courir aux armes Un athlète tout prêt à prendre son congé, Qui, par vos traits malins au combat rengagé, Peut encore aux rieurs faire verser des larmes, Épig. XXX dans RENGAGÉ, ÉE
Qu'heureux est le mortel qui, du monde ignoré, Vit content de soi-même en un coin retiré ; Que l'amour de ce rien qu'on nomme renommée N'a jamais enivré d'une vaine fumée !, Epître VI dans RENOMMÉE
Lorsque d'un pied léger la prompte Renommée, Semant partout l'effroi, vient au chantre éperdu Conter l'affreux détail de l'oracle rendu, Lutr. V dans RENOMMÉE
Qu'il [Chapelain] soit le mieux renté de tous les beaux esprits, Sat. IX dans RENTÉ, ÉE
Et ce visage enfin plus pâle qu'un rentier, à l'aspect d'un arrêt qui retranche un quartier, Sat. III dans RENTIER, IÈRE
Je me retire donc, encor pâle d'effroi [d'un incendie] ; Mais le jour est venu quand je rentre chez moi, Sat. VI dans RENTRER
Son mari.... Qui, de chez lui sortant, a tout laissé tranquille, Se trouve assez surpris, rentrant dans la maison, De voir que le portier lui demande son nom, ib. X dans RENTRER
L'un me heurte d'un ais dont je suis tout froissé ; Je vois d'un autre coup mon chapeau renversé, Sat. VI dans RENVERSÉ, ÉE
Du repos des humains implacable ennemie.... Je me repais de sang...., Énigme (une puce). dans REPAÎTRE
Par ce sage écrivain [Malherbe] la langue réparée N'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée, Art p. I dans RÉPARÉ, ÉE
Mon disciple, mon fils, viens réparer ma honte, Chapelain décoiffé, SC. 3 dans REPARER
J'approuvais tout [d'un festin] pourtant de la mine et du geste, Pensant qu'au moins le vin dût réparer le reste, Sat. III dans REPARER
Mêlez-vous de boire, je vous prie, A l'auteur sur le champ aigrement reparti, Sat. III dans REPARTIR
Évrard a beau gémir du repas déserté ; Lui-même est au barreau par le nombre emporté, Lutr. V dans REPAS
Une table, au retour, propre et non magnifique, Nous présente un repas agréable et rustique, Ép. VI dans REPAS
Lui-même le sentit, reconnut son péché, Se confessa prodigue, et, plein de repentance, Offrit sur ses avis [de sa femme avare] de régler sa dépense, Sat. X dans REPENTANCE
Un pécheur ému d'une humble repentance, Épît. XI dans REPENTANCE
....Trop tard, dans le naufrage, Confus on se repent d'avoir bravé l'orage, Sat. XI dans REPENTIR (SE)
Dans ce hardi métier [la satire] La peur plus d'une fois fit repentir Régnier, Sat. IX dans REPENTIR (SE)
Il faut qu'en cent façons pour plaire il [l'auteur dramatique] se replie, Art p. III dans REPLIER
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, Polissez-le sans cesse et le repolissez, Art p. I dans REPOLIR
Il va nous inonder des torrents de sa plume ; Il faut, pour lui répondre, ouvrir plus d'un volume, Lutr. IV dans RÉPONDRE
Lorsque sur un défaut ils pensent me confondre, C'est en me guérissant que je sais leur répondre, Ép. VII dans RÉPONDRE
Je ne te réponds pas qu'au retour [de l'Opéra], moins timide, Digne écolière enfin d'Angélique et d'Armide, Elle n'aille.... Avec quelque Médor pratiquer ces leçons, Sat. X dans RÉPONDRE
Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu, Que le début, la fin répondent au milieu, Art p. I dans RÉPONDRE
À peine du limon où le vice m'engage, J'arrache un pied timide, et sors en m'agitant, Que l'autre m'y reporte et s'embourbe à l'instant, Ép. III dans REPORTER
Tu sais par quel conseil, rassemblant le chapitre, Lui-même [le chantre], de sa main, reporta le pupitre, Lutr. VI dans REPORTER
C'est au repos d'esprit que nous aspirons tous ; Mais ce repos heureux se doit chercher en nous, Ép. V dans REPOS
Et, dès qu'un mot plaisant vient luire à mon esprit, Je n'ai point de repos qu'il ne soit en écrit, Sat. VII dans REPOS
Que toujours dans vos vers le sens coupant les mots Suspende l'hémistiche, en marque le repos, Art p. I dans REPOS
Je fais pour reposer un effort inutile, Sat. VI dans REPOSER
Aimez qu'on vous censure, Et, souple à la raison, corrigez sans murmure ; Mais ne vous rendez pas dès qu'un sot vous reprend, Art p. IV dans REPRENDRE
Il est vrai que Quinault est un esprit profond, A repris certain fat...., Sat. III dans REPRENDRE
La licence et l'orgueil en tous lieux réprimés, Épître I dans RÉPRIMÉ, ÉE
Un sage ami, toujours rigoureux, inflexible, Sur vos fautes jamais ne vous laisse paisible.... Il réprime des mots l'ambitieuse emphase, Art p. I dans RÉPRIMER
Cet ascendant malin qui vous force à rimer, Sat. IX dans RÉPRIMER
Puis, en tristes lambeaux semés dans les marchés, Souffrir tous les affronts au Jonas reprochés, Épître. X dans REPROCHÉ, ÉE
A-t-on vu quelquefois, dans la plaine d'Afrique, Déchirant à l'envi leur propre république, Lions contre lions, parents contre parents, Combattre follement pour le choix des tyrans ?, Sat. VIII dans RÉPUBLIQUE
Pour une fille honnête et pleine d'innocence Croit-elle en ses valets voir quelque complaisance, Réputés criminels, les voilà tous chassés, Sat. X dans RÉPUTÉ, ÉE
Et j'approuve les soins du monarque guerrier [Alexandre] Qui ne pouvait souffrir qu'un artisan grossier Entreprît de tracer d'une main criminelle Un portrait réservé pour le pinceau d'Apelle, Disc. au roi. dans RÉSERVÉ, ÉE
Mais à l'ambition d'opposer la prudence, C'est aux prélats de cour prêcher la résidence, Ép. I dans RÉSIDENCE
[L'ode] Vante un baiser cueilli sur les lèvres d'Iris, Qui mollement résiste, et par un doux caprice Quelquefois le refuse, afin qu'on le ravisse, Art p. II dans RÉSISTER
Si je ne me trompe, monsieur, voilà vos doutes assez bien résolus, Dissert. sur Joconde. dans RÉSOLU, UE
Dieu résolut enfin, terrible en sa vengeance, D'abîmer sous les eaux tous ces audacieux, Sat. XI dans RÉSOUDRE
Résous-toi, pauvre époux, a vivre de couleuvres, Sat. X dans RÉSOUDRE
T'ai-je tracé la vieille à morgue dominante, Qui veut, vingt ans encore après le sacrement, Exiger d'un mari les respects d'un amant ?, Sat. X dans RESPECT
Le prélat voit la soupe, et, plein d'un saint respect, Demeure quelque temps muet à cet aspect, Lutr. I dans RESPECT
Que pour les dieux Énée ait un respect austère, Art p. III dans RESPECT
Et change, sans respect de l'oreille et du son, Lycidas en Pierrot, et Philis en Toinon, Art p. II dans RESPECT
Pourquoi donc voulez-vous que par un sot abus Chacun respecte en vous un honneur qui n'est plus ?, Sat. V dans RESPECTER
Le latin dans les mots brave l'honnêteté ; Mais le lecteur français veut être respecté, Art p. II dans RESPECTER
Le madrigal, plus simple et plus noble en son tour, Respire la douceur, la tendresse et l'amour, Art poét. II dans RESPIRER
Chacun, plein de mon nom, ne respirait que moi, Lutr. VI dans RESPIRER
Un des noms reste encore, et le prélat par grâce Une dernière fois les brouille et les ressasse, Lutr. I dans RESSASSER
Quelquefois dans sa course un esprit vigoureux, Trop resserré par l'art, sort des règles prescrites, Art p. IV dans RESSERRÉ, ÉE
Ils sortent à l'instant, et, par d'heureux efforts, Du lugubre instrument [une crécelle] font crier les ressorts, Lutr. IV dans RESSORT
Car de penser alors qu'un Dieu tourne le monde, Et règle les ressorts de la machine ronde..., Sat. I dans RESSORT
[Au théâtre] Le secret est d'abord de plaire et de toucher ; Inventez des ressorts qui puissent m'attacher, Art p. III dans RESSORT
Méritez les lauriers qui vous sont réservés, Et ressouvenez-vous quel prélat vous servez, Lutr. III dans RESSOUVENIR
Bientôt, ressuscitant les héros des vieux âges, Homère aux grands exploits anima les courages, Art p. IV dans RESSUSCITER
Du théâtre français l'honneur et la merveille, Il [Racine] sut ressusciter Sophocle en ses écrits, Poésies div. XIX. dans RESSUSCITER
Ce discours d'un guerrier que la colère enflamme Ressuscite l'honneur déjà mort en leur âme, Ép. IV dans RESSUSCITER
Peut-être mon esprit, prompt à ressusciter, Du temps qu'il a perdu saurait se racquitter, Ép. VIII dans RESSUSCITER
C'est une précieuse, Reste de ces esprits jadis si renommés, Que d'un coup de son art Molière a diffamés, Sat. X dans RESTE
Le chantre, s'arrêtant à cet endroit funeste, à ses yeux effrayés laisse dire le reste, Lutr. IV dans RESTE
Il [Hypéride] a beaucoup de plaisant et de comique, et est tout plein de jeux et de certaines pointes d'esprit qui frappent toujours où il vise ; au reste il assaisonne toutes ces choses d'un tour et d'une grâce inimitable, Traité du subl. ch. XXVIII dans RESTE
De tous ses amis morts un seul ami resté, Art p. IV dans RESTÉ, ÉE
Viens, Girot, seul ami qui me reste fidèle, Lutr. IV dans RESTER
Ce discours, que soutient l'embonpoint du visage, Rétablit l'appétit, réchauffe le courage, Lutr. IV dans RÉTABLIR
En comparaison de tous mes confrères les satiriques, j'ai été un poëte fort retenu, Disc. sur la satire. dans RETENU, UE
Pour lui Phébus est sourd, et Pégase est rétif, Art p. I dans RÉTIF, IVE
Un jeune homme.... Est vain dans ses discours, volage en ses désirs, Rétif à la censure, et fou dans les plaisirs, Art p. III dans RÉTIF, IVE
Aujourd'hui même encor de deux sens affaibli, Retiré de la cour et non mis en oubli...., Ép. X dans RETIRÉ, ÉE
Évrard seul, en un coin prudemment retiré, Se croyait à couvert de l'insulte sacré, Lutr. V dans RETIRÉ, ÉE
Là, depuis trente hivers, un hibou retiré Trouvait contre le jour un refuge assuré, ib. III dans RETIRÉ, ÉE
Et, retiré chez lui, le paisible marchand Va revoir ses billets et compter son argent, Sat. VI dans RETIRÉ, ÉE
La lune, qui du ciel voit leur démarche altière, Retire en leur faveur sa paisible lumière, Lutr. II dans RETIRER
De sorte que tous les jours on rétorque contre lui [Balzac] ce même vers que Mainard a fait autrefois à sa louange : Il n'est point de mortel qui parle comme lui, Longin, Subl. réfl. 7 dans RÉTORQUER
J'ai déjà retouché à tout cela, mais je ne veux point l'achever que je n'aie reçu vos remarques, Lett. à Racine, 6 juin 1693 dans RETOUCHER
Tous les jours, malgré moi, cloué sur une page, Retouchant un endroit, effaçant un passage, Sat. II dans RETOUCHER
Mais sa muse [de Ronsard].... Vit dans l'âge suivant, par un retour grotesque, Tomber de ses grands mots le faste pédantesque, Art p. I dans RETOUR
Et de leur vain projet les chanoines punis S'en retournent chez eux éperdus et bénis, Lutr. V dans RETOURNER
Ostorius : On m'a vu à l'hôtel de Bourgogne.....Pluton : Retourne-t-y-en, Héros de romans. dans RETOURNER
Ce mot me semble froid, Je le retrancherais, Art p. I dans RETRANCHER
Plus pâle qu'un rentier à l'aspect d'un arrêt qui retranche un quartier, Sat. III dans RETRANCHER
Ils [de mauvais écrivains] ont bien ennuyé le roi, toute la cour, Sans que le moindre édit ait, pour punir leur crime, Retranché les auteurs, ou supprimé la rime, Sat. IX dans RETRANCHER
Et du lutrin rompu réunissant la masse, Lutr. I dans RÉUNIR
Il faut y joindre encor la revêche bizarre, Qui sans cesse, d'un ton par la colère aigri, Gronde, choque, dément, contredit un mari, Sat. X dans REVÊCHE
Qu'il [le poëte dramatique] soit aisé, solide, agréable, profond ; Que de traits surprenants sans cesse il nous réveille, Art p. III dans RÉVEILLER
J'ai crié, mais en vain, et, fuyant sa fureur [d'un dragon en un rêve], Je me suis réveillé plein de trouble et d'horreur, Lutr. IV dans RÉVEILLER
....Le petit enfant qui va, saute et revient, Et joyeux à sa mère offre un caillou qu'il tient, Art p. III dans REVENIR
Tel fut cet empereur.... Qu'on n'alla jamais voir sans revenir heureux, Ép. I dans REVENIR
L'aimable comédie, avec lui [Molière mort] terrassée, En vain d'un coup si rude espéra revenir, Ép. VII dans REVENIR
N'imite point ces fous dont la sotte avarice Va de ses revenus engraisser la justice, Ép. II dans REVENU
Je me promenais dans mon jardin d'Auteuil, et rêvais en marchant à un poëme que je voulais faire contre les mauvais critiques de notre siècle, Discours sur la satire XI dans RÊVER
Et, sans aller rêver dans le double vallon, La colère suffit et vaut un Apollon, ib. I dans RÊVER
Surtout qu'en vos écrits la langue révérée En vos plus grands excès vous soit toujours sacrée, Art p. I dans RÉVÉRÉ, ÉE
J'occupe ma raison d'utiles rêveries, Épît. VI dans RÊVERIE
Dans peu vous allez voir vos froides rêveries Du public exciter les justes moqueries, ib. X dans RÊVERIE
Voyons qui de nous deux, plus aisé dans ses vers, Aura plus tôt rempli la page et le revers, : Épît. II dans REVERS
De quel front aujourd'hui vient-il, sur nos brisées, Se revêtir encor de nos phrases usées ?, Ép. I dans REVÊTIR
Mais lui, qui fait ici le régent du Parnasse, N'est qu'un gueux revêtu des dépouilles d'Horace, Sat. IX dans REVÊTU, UE
De ce même pinceau dont j'ai noirci les vices Et peint du nom d'auteur tant de sots revêtus, Sat. IX dans REVÊTU, UE
Que dis-tu de m'y voir rêveur, capricieux, Tantôt baissant le front, tantôt levant les yeux...., Épît. X dans RÊVEUR, EUSE
Philosophes rêveurs, qui pensez tout savoir, Poésies div. I dans RÊVEUR, EUSE
Mais pour moi, de Paris citoyen inhabile, Qui ne lui puis fournir qu'un rêveur inutile, Il me faut du repos...., Ép. VI dans RÊVEUR, EUSE
Elles [les poésies d'Homère] furent apportées tout entières d'Ionie par Lycurgue, et données au public par Pisistrate, qui les revit, Longin, Subl. Réfl. 3 dans REVOIR
Mais la nuit aussitôt de ses ailes affreuses Couvre des Bourguignons les campagnes vineuses, Revole vers Paris...., Lutr. III dans REVOLER
L'Académie en corps a beau le censurer [le Cid], Le public révolté s'obstine à l'admirer, Sat. IX dans RÉVOLTÉ, ÉE
Ces ridicules admirateurs de l'antiquité vous ont révolté contre tout ce que l'antiquité a de plus merveilleux, Lett. à Perrault. dans RÉVOLTER
....nous chanter que, dès le temps de Rhée, La chasteté déjà, la rougeur sur le front, Avait chez les humains reçu plus d'un affront, Sat. X dans RHÉE
Vos froids raisonnements ne feront qu'attiédir Un spectateur toujours paresseux d'applaudir, Et qui, des vains efforts de votre rhétorique Justement fatigué, s'endort ou vous critique, Art p. III dans RHÉTORIQUE
Le rhume à son aspect [d'un mauvais médecin] se change en pleurésie, Art p. IV dans RHUME
Mais dans une profane et riante peinture De n'oser de la fable employer la figure.... C'est d'un scrupule vain s'alarmer sottement, Art p. III dans RIANT, ANTE
Le jeu n'est sûr avec cette ribaude, Épigr. III dans RIBAUD, AUDE
Quiconque est riche est tout, Sat. VIII dans RICHE
Il n'est plaine en ces lieux [Grèce] si sèche et si stérile, Qui ne soit en beaux mots partout riche et fertile, Ép. IV dans RICHE
La riche expression, la nombreuse mesure, Ép. X dans RICHE
C'est ainsi qu'à son fils un usurier habile Trace vers la richesse une route facile, Sat. VIII dans RICHESSE
Fuyez ces lieux charmants qu'arrose le Permesse ; Ce n'est pas sur ses bords qu'habite la richesse, Art p. IV dans RICHESSE
L'ardeur de se montrer, et non pas de médire, Arma la vérité du vers de la satire.... Vengea l'humble vertu de la richesse altière, Art p. III dans RICHESSE
Quatre rideaux pompeux, par un double contour, En défendent l'entrée [d'une alcôve] à la clarté du jour, Lutr. I dans RIDEAU
Ce vieillard dans le choeur a déjà vu quatre âges.... à l'aspect du prélat qui tombe en défaillance, Il devine son mal, il se ride, il s'avance, Lutr. I dans RIDER
On sera ridicule, et je n'oserai rire !, Sat. IX dans RIDICULE
Passer.... La nuit à bien dormir et le jour à rien faire, Sat. II dans RIEN
Celle qui toujours parle et ne dit jamais rien, Sat. X dans RIEN
Moi qui ne compte rien ni le vin ni la chère, Si l'on n'est plus au large assis en un festin Qu'aux sermons de Cassagne ou de l'abbé Cotin, Sat. III dans RIEN
Il engagea ce rien [le peu qu'il possédait] pour chercher la fortune, Sat. I dans RIEN
À quoi bon mettre au jour tous ces discours frivoles, Et ces riens enfermés dans de grandes paroles ?, Sat. IX dans RIEN
N'allez point de nouveau faire courir aux armes Un athlète tout prêt à prendre son congé, Qui, par vos traits malins au combat rengagé, Peut encore aux rieurs faire verser des larmes, Épigr. XXX dans RIEUR, EUSE
Feu M. Patru, mon illustre ami, était non-seulement un critique, mais un très violent hypercritique, et en réputation de si grande rigidité, que...., Lett. à Brossette, 30 dans RIGIDITÉ
Ces rigidités salutaires Que, pour ravir le ciel, saintement violents, Exercent sur leurs corps tant de chrétiens austères, Épigr. XXXVII dans RIGIDITÉ
Un sage ami, toujours rigoureux, inflexible, Sur vos défauts jamais ne vous laisse paisible, Art poét. I dans RIGOUREUX, EUSE
être doux pour tout autre et rigoureux pour soi, Sat. X dans RIGOUREUX, EUSE
Pour ne point s'en servir aux plus rigoureux mois, Dans le fond d'un grenier on séquestra le bois, Sat. X dans RIGOUREUX, EUSE
Dans un roman frivole aisément tout s'excuse ; C'est assez qu'en courant la fiction amuse ; Trop de rigueur alors serait hors de saison, Art poét. III dans RIGUEUR
Et tel qui n'admet point la probité chez lui, Souvent à la rigueur l'exige chez autrui, Sat. X dans RIGUEUR
De grâce, enseigne-moi l'art de trouver la rime ; Ou, puisque enfin tes soins y seraient superflus, Molière, enseigne-moi l'art de ne rimer plus, Sat. II dans RIME
Maudit soit le premier dont la verve insensée.... Voulut avec la rime enchaîner la raison !, ib. dans RIME
Que toujours le bon sens s'accorde avec la rime ; L'un l'autre vainement ils semblent se haïr ; La rime est une esclave et ne doit qu'obéir, Art p. I dans RIME
Si je pense exprimer un auteur sans défaut, La raison dit Virgile et la rime Quinault, Sat. II dans RIME
Vais-je d'un pape illustre [Innocent X], armé contre tes crimes [de l'équivoque], à tes yeux mettre ici toute la bulle en rimes ?, Sat. XI dans RIME
Et si, du son hardi de ses rimes cyniques, Il [Régnier] n'alarmait souvent les oreilles pudiques, Art p. II dans RIME
Quand je veux d'un galant dépeindre la figure, Ma plume pour rimer trouve l'abbé de Pure, Sat. II dans RIMER
Il est vrai, s'il [Chapelain] m'eût cru, qu'il n'eût point fait de vers ; Il se tue à rimer ; que n'écrit-il en prose ?, Sat. IX dans RIMER
Tout n'en irait que mieux, Quand de ces médisants [les satiriques] l'engeance tout entière Irait, la tête en bas, rimer dans la rivière, ib. dans RIMER
Mais je ne puis souffrir qu'un esprit de travers Qui, pour rimer des mots, pense faire des vers...., Disc. au roi. dans RIMER
Muse, c'est donc en vain que la main vous démange ; S'il faut rimer ici, rimons quelque louange, Sat. VII dans RIMER
Et pour rimer ici ma pensée en deux mots, ib. IV dans RIMER
Marot bientôt après fit fleurir les ballades, Tourna des triolets, rima des mascarades, Art p. I dans RIMER
Mais moi, qu'un vain caprice, une bizarre humeur Pour mes péchés, je crois, fit devenir rimeur, Sat. II dans RIMEUR
Il n'est fort, entre ceux que tu [Louis XIV] prends par centaines, Qui ne puisse arrêter un rimeur six semaines, Ép. IV dans RIMEUR
Faut-il d'un froid rimeur dépeindre la manie...., Sat. VII dans RIMEUR
[Des verres] Où les doigts des laquais, dans la crasse tracés, Témoignaient par écrit qu'on les avait rincés, Sat. III dans RINCER
Et toi [Lamoignon].... Viens d'un regard heureux animer mon projet, Et garde-toi de rire en ce grave sujet, Lutr. I dans RIRE
Mais un auteur malin qui rit et qui fait rire...., Sat. VII dans RIRE
Je riais de le voir avec sa mine étique, Son rabat jadis blanc et sa perruque antique...., Sat. III dans RIRE
Je suis assuré que, si Térence et Cicéron revenaient au monde, ils riraient à gorge déployée des ouvrages latins des Fernel, des Sannazar et des Muret, Lett. dans RIRE
Elle voit le barbier, qui, d'une main légère, Tient un verre de vin qui rit dans la fougère (voy. FOUGÈRE, n° 2), Lutr. III dans RIRE
Et je serai le seul qui ne pourrai rien dire ! On sera ridicule, et je n'oserai rire !, Sat. IX dans RIRE
Le théâtre perdit son antique fureur ; La comédie apprit à rire sans aigreur, Art p. III dans RIRE
Mais, de retour enfin, que prétendez-vous faire. - Alors, cher Cinéas, victorieux, contents, Nous pourrons rire à l'aise, et prendre du bon temps. - Eh ! seigneur, dès ce jour, sans sortir de l'Épire, Du matin jusqu'au soir qui vous défend de rire ?, Ép. I dans RIRE
Elle [l'ode] peint les festins, les danses et les ris, Art p. II dans RIS
L'une [assiette] de champignons avec des ris de veau, Sat. III dans RIS
Il en revint couvert de honte et de risée, Sat. I dans RISÉE
Tantôt, comme une abeille ardente en son ouvrage, Elle [l'ode] s'en va de fleurs dépouiller le rivage, Art p. II dans RIVAGE
L'un et l'autre rival, s'arrêtant au passage, Se mesure des yeux, s'observe, s'envisage, Lutr. V dans RIVAL, ALE
Un poëte : Halte-là ; on ne dit point en notre langue, sur la rive du fleuve, mais sur le bord de la rivière, Fragments de dialogue. dans RIVE
Tout n'irait que mieux, Quand de ces médisans l'engeance tout entière Irait la tête en bas rimer dans la rivière, Sat. IX dans RIVIÈRE
Et les nombreux torrents qui tombent des gouttières, Grossissant les ruisseaux, en ont fait des rivières, Sat. VI dans RIVIÈRE
Et fit de sang chrétien couler tant de rivières, Sat. XI dans RIVIÈRE
Et, feuilletant Louet allongé par Brodeau, D'une robe à longs plis balayer le barreau, Sat. I dans ROBE
Besançon fume encor sur son roc foudroyé, Art p. IV dans ROC
La pierre, la colique et les gouttes cruelles.... Sur le duvet d'un lit, théâtre de ses gênes, Lui font scier des rocs, lui font fendre des chênes, Ep. X dans ROC
Tu dors ! attends-tu donc que, sans bulle et sans titre, Il [le chantre] te ravisse encor le rochet et la mitre ?, Lutr. I dans ROCHET
Il [le chantre] saisit, en pleurant, ce rochet qu'autrefois Le prélat trop jaloux lui rogna de trois doigts, Lutr. IV dans ROGNER
Mais un roi vraiment roi qui, sage en ses projets, Du bonheur du public ait cimenté sa gloire, Il faut, pour le trouver, courir toute l'histoire, Épître 1 dans ROI
L'homme de la nature est le chef et le roi, Sat. VIII dans ROI
Ce maître prétendu qui leur donne des lois, Ce roi des animaux, combien a-t-il de rois ?, Sat. VIII dans ROI
Ou, querellant tout bas le ciel qu'elle regarde, à la bête gémir d'un roi venu sans garde, Sat. X dans ROI
Le monde, à mon avis, est comme un grand théâtre Où chacun en public, l'un par l'autre abusé, Souvent à ce qu'il est joue un rôle opposé, Sat. X dans RÔLE
Un roman, sans blesser les lois ni la coutume, Peut conduire un héros au dixième volume, Sat. IX dans ROMAN
Bientôt, l'amour, fertile en tendres sentiments, S'empara du théâtre ainsi que des romans, Art p. III dans ROMAN
Je montrerais qu'il y a des genres de poésie, où non seulement les Latins ne nous ont point surpassés, mais qu'ils n'ont pas même connus, comme, par exemple, ces poëmes en prose que nous appelons romans, et dont nous avons chez nous des modèles qu'on ne saurait trop estimer, à la morale près qui est fort vicieuse, et qui en rend la lecture dangereuse aux jeunes personnes, Lett. à Perrault. dans ROMAN
Des héros de roman fuyez les petitesses ; Toutefois aux grands coeurs donnez quelques faiblesses, Art p. III dans ROMAN
Au lieu que d'Urfé, dans son Astrée, de bergers très frivoles avait fait des héros de roman considérables, ces auteurs, au contraire, des héros les plus considérables de l'histoire firent des bergers très frivoles, Héros de romans, discours. dans ROMAN
Villon sut le premier.... Débrouiller l'art confus de nos vieux romanciers, Art p. I dans ROMANCIER
Tel Hercule filant rompait tous ses fuseaux, Lutr. V dans ROMPRE
[Athalie] Rit des faibles remparts de nos portes d'airain ; Pour les rompre elle attend les fatales machines, Ath. V, 1 dans ROMPRE
Et malheur à tout nom qui, propre à la censure, Put entrer dans un vers sans rompre la mesure, Art p. II dans ROMPRE
Arnauld, des novateurs tu découvres la fraude, Et romps de leurs erreurs les filets captieux, Ép. III dans ROMPRE
Muse, redis-moi donc quelle ardeur de vengeance De ces hommes sacrés rompit l'intelligence, Lutr. I dans ROMPRE
Il se peigne, il s'apprête ; L'ivoire trop hâté deux fois rompt sur sa tête, Lutr. V dans ROMPRE
Il n'y a rien qui rabaisse davantage le sublime que ces nombres rompus, et qui se prononcent vite, tels que sont les pyrrhiques, les trochées et les dichorées qui ne sont bons que pour la danse, Longin, Subl. ch. 33 dans ROMPU, UE
Oh ! que de mon esprit triste et mal ordonné, Ainsi que de ce champ par toi si bien orné, Ne puis-je faire ôter les ronces, les épines !, à son jardinier. dans RONCE
Qu'un autre aille chercher.... Comment, tout étant plein, tout a pu se mouvoir, Ou que Bernier compose et le sec et l'humide Des corps ronds et crochus errant parmi le vide, Ép. V dans ROND, ONDE
Il compte des plafonds les ronds et les ovales, Art p. I dans ROND
Un si galant exploit réveillant tout le monde, On a porté partout des verres à la ronde, Sat. III dans RONDE
Tout poëme est brillant de sa propre beauté ; Le rondeau né gaulois a la naïveté, Art p. II dans RONDEAU
....La foule innombrable De tant d'écrivains divers, Chez Coignard rongés des vers, Épigr. XXVIII dans RONGÉ, ÉE
Vous pourrez voir.... vos écrits.... Parer, demi-rongés, les rebords du pont Neuf, Sat. IX dans RONGÉ, ÉE
....Des flots de vinaigre rosat, Sat. III dans ROSAT
Si.... tu t'allais engager à polir un écrit Qui dît, sans s'avilir, les plus petites choses, Fît des plus secs chardons des oeillets et des roses, Ép. X dans ROSE
[Une dame] Dans quatre mouchoirs de sa beauté salis Envoie au blanchisseur ses roses et ses lis, Sat. X dans ROSE
Irai-je dans une ode, en phrases de Malherbe, Troubler dans ses roseaux le Danube superbe ?, Sat. IX dans ROSEAU
Et s'il ne m'est permis de le dire au papier, J'irai creuser la terre, et, comme ce barbier, Faire dire aux roseaux par un nouvel organe : Midas, le roi Midas a des oreilles d'âne, ib. dans ROSEAU
....La postérité d'Alfane et de Bayard, Quand ce n'est qu'une rosse, est vendue au hasard, Sat. V dans ROSSE
J'allais sortir enfin quand le rôt a paru, Sat. III dans RÔT
Aussitôt de chez eux tout rôti disparut ; Le pain bis renfermé d'une moitié décrut, Sat. X dans RÔTI
Mais enfin par le temps le mérite avili Vit l'honneur en roture et le vice ennobli, Sat. V dans ROTURE
D'un carrosse, en tournant, il accroche une roue, Et du choc le renverse en un grand tas de boue, Sat. VI dans ROUE
Qu'à son gré désormais la fortune me joue ; On me verra dormir au branle de sa roue, Ép. V dans ROUE
Ainsi de la vertu la fortune se joue : Tel aujourd'hui triomphe au plus haut de la roue...., Sat. I dans ROUE
Moi donc, qui dois souvent en certain lieu me rendre.... Ne sachant plus tantôt à quel saint me vouer [dans un embarras de voitures], Je me mets au hasard de me faire rouer, Sat. VI dans ROUER
Un laquais effronté m'apporte un rouge bord, Sat. III dans ROUGE
Mais, pour moi, dont le front trop aisément rougit, Ma bouche a déjà peur de t'en avoir trop dit, Sat. X dans ROUGIR
Cesse de t'étonner, si l'envie animée, Attachant à ton nom sa rouille envenimée, La calomnie en main quelquefois te poursuit, Ép. VII dans ROUILLE
Tous ces discours sur l'amour seul roulants, Sat. X dans ROULANT, ANTE
Et j'ai tout Pelletier Roulé dans mon office en cornets de papier, Sat. III dans ROULÉ, ÉE
L'un [chat] miaule en grondant comme un tigre en furie ; L'autre roule sa voix comme un enfant qui crie, Sat. VI dans ROULER
L'autre esquive le coup, et l'assiette volant S'en va frapper le mur, et revient en roulant, Sat. III dans ROULER
Un torrent débordé, qui, d'un cours orageux, Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux, Art p. I dans ROULER
[Deux champions frappés par un infortiat] .... du bois et des clous meurtris et déchirés, Longtemps loin du perron roulent sur les degrés, Lutr. V dans ROULER
Mon père.... En mourant me laissa, pour rouler et pour vivre, Un revenu léger et son exemple à suivre, Ép. V dans ROULER
Comme on voit qu'en un bois que cent routes séparent, Les voyageurs sans guide assez souvent s'égarent, Sat. IV dans ROUTE
Chacun suit dans le monde une route incertaine, Selon que son erreur le joue et le promène, Sat. IV dans ROUTE
C'est ainsi qu'à son fils un usurier habile Trace vers la richesse une route facile, ib. VIII dans ROUTE
De cette passion [l'amour] la sensible peinture Est pour aller au coeur la route la plus sûre, Art p. III dans ROUTE
Entre ces deux excès la route est difficile, ib. II dans ROUTE
Telle qu'une bergère aux plus beaux jours de fête De superbes rubis ne charge point sa tête, Art poét. II dans RUBIS
Brontin.... Sort à l'instant, chargé d'une triple bouteille.... L'odeur d'un jus si doux lui rend le faix moins rude, Lutr. II dans RUDE
Mais je ne trouve point de fatigue si rude Que l'ennuyeux loisir d'un mortel sans étude, Ép. X dans RUDE
Par ce sage écrivain [Malherbe] la langue réparée N'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée, Art p. I dans RUDE
Non que tu sois pourtant de ces rudes esprits Qui regimbent toujours, quelque main qui les flatte, Ép. IX, à Seignelay. dans RUDE
Et que serait-ce, bon Dieu ! si j'allais rechercher toutes les impertinences de cet ouvrage, les mauvaises façons de parler, les rudesses, les incongruités, les choses froides et platement dites qui s'y rencontrent partout !, Dissert. sur Joconde. dans RUDESSE
Mais du discours enfin l'harmonieuse adresse De ces sauvages moeurs adoucit la rudesse, Art p. IV dans RUDESSE
Le ris sur son visage est en mauvaise humeur.... Ses mots les plus flatteurs paraissent des rudesses, Sat. X dans RUDESSE
Pour traverser la rue au milieu de l'orage, Un ais sur deux pavés forme un étroit passage, Sat. VI dans RUE
Tes bons mots autrefois délices des ruelles, Sat. XI dans RUELLE
Et, chacun vainement se ruant entre deux, Sat. III dans RUER
J'aime mieux un ruisseau qui sur la molle arène Dans un pré plein de fleurs lentement se promène, Art p. I dans RUISSEAU
Et les nombreux torrents qui tombent des gouttières, Grossissant les ruisseaux, en ont fait des rivières, Sat. VI dans RUISSEAU
En vain à lever tout les valets sont fort prompts, Et les ruisseaux de vin coulent aux environs, Sat. III dans RUISSEAU
Attendez, leur dit-il, couple lâche et rusé, Lutr. V dans RUSÉ, ÉE
Si.... Tu t'allais engager à polir un écrit.... Qui sût même aux discours de la rusticité Donner de l'élégance et de la dignité, Ép. X dans RUSTICITÉ
Une table, au retour, propre et non magnifique, Nous présente un repas agréable et rustique, Ép. VI dans RUSTIQUE
On dirait que Ronsard, sur ses pipeaux rustiques, Vient encor fredonner ses idylles gothiques, Art p. II dans RUSTIQUE
Je suis rustique et fier, et j'ai l'âme grossière, Sat. I dans RUSTIQUE
Jamais la biche en rut n'a pour fait d'impuissance Traîné du fond des bois un cerf à l'audience, Sat. VIII dans RUT
Jamais, contre un renard chicanant un poulet, Un renard de son sac n'alla charger Rollet, Sat. VIII dans SAC
Là, sur des tas poudreux de sacs et de pratique, Hurle tous les matins une sibylle étique, Lutr. V dans SAC
Quelle ardeur de vengeance De ces hommes sacrés rompit l'intelligence ?, Lutr. I dans SACRÉ, ÉE
Ils s'adorent l'un l'autre, et ce couple charmant S'unit longtemps, dit-on, avant le sacrement, Lutr. I dans SACREMENT
J'eus beau prendre le ciel et le chantre à partie, Il fallut l'emporter [le lutrin] dans notre sacristie, Où, depuis trente hivers sans gloire enseveli, Il languit tout poudreux dans un honteux oubli, Lutrin, I dans SACRISTIE
D'où vient, cher le Vayer, que l'homme le moins sage Croit toujours seul avoir la sagesse en partage ?, Sat. IV dans SAGE
Il [le Tasse] n'eût point de son livre illustré l'Italie, Si son sage héros, toujours en oraison, N'eût fait que mettre enfin Satan à la raison, Art p. III dans SAGE
La fille qui m'enchante, Noble, sage, modeste...., Sat. X dans SAGE
Qu'est-ce que la sagesse ? une égalité d'âme Que rien ne peut troubler, qu'aucun désir n'enflamme, Sat. VIII dans SAGESSE
Quiconque est riche, est tout ; sans sagesse il est sage, ib. dans SAGESSE
Là, sans s'assujettir aux dogmes du Broussain [fameux dans l'art de la bonne chère], Tout ce qu'on boit est bon, tout ce qu'on mange est sain, Ép. VI dans SAIN, AINE
Je le vois bien, tu vas épouser une sainte, Sat. X dans SAINT, AINTE
Il [le prélat] tire du manteau sa dextre vengeresse ; Il part, et, de ses doigts saintement allongés, Bénit tous les passants, en deux files rangés, Lutr. V dans SAINTEMENT
Ce qu'on doit ne point voir, qu'un récit nous l'expose ; Les yeux en le voyant saisiraient mieux la chose ; Mais il est des objets que l'art judicieux Doit offrir à l'oreille et reculer des yeux, Art p. III dans SAISIR
Voilà ce qui surprend, frappe, saisit, attache, Art p. III dans SAISIR
Une vaine folie enivrant la raison, L'honneur triste et honteux ne fut plus de saison, Sat. V dans SAISON
Reine des longs procès.... Si, dès mes premiers ans, heurtant tous les mortels, L'encre a toujours pour moi coulé sur tes autels, Daigne encor me connaître en ma saison dernière, Lutr. V dans SAISON
Enfin un médecin, fort expert en son art, Le guérit [un fou].... Mais voulant de ses soins exiger le salaire...., Sat. IV dans SALAIRE
Mais pour un faux plaisant à grossière équivoque, Qui pour me divertir n'a que la saleté...., Art p. III dans SALETÉ
Et dans quatre mouchoirs de sa beauté salis [elle] Envoie au blanchisseur ses roses et ses lis, Sat. X dans SALI, IE
Et jamais juge, ordonnant le congrès, De ce burlesque mot n'a sali ses arrêts, Sat. VIII dans SALIR
Entre ces vieux appuis dont l'affreuse grand'salle Soutient l'énorme poids de sa voûte infernale, Lutr. V dans SALLE
C'était peu que sa main [de l'homme], conduite par l'enfer, Eût pétri le salpêtre, eût aiguisé le fer, Sat. VIII dans SALPÊTRE
Vous aurez beau vanter le roi dans vos ouvrages, Et de ce nom sacré sanctifier vos pages, Sat. IX dans SANCTIFIER
Ces monstres.... Qui, prenant en dégoût les fruits nés de leur flanc, S'irritent sans raison contre leur propre sang, Sat. X dans SANG
Faudra-t-il de sang-froid, et sans être amoureux, Pour une Iris en l'air faire le langoureux ?, Sat. IX dans SANG-FROID
Il aurait beau crier : " Premier prince du monde ! Courage sans pareil ! lumière sans seconde ! " Ses vers, jetés d'abord sans tourner le feuillet, Iraient dans l'antichambre amuser Pacolet, Épître IX dans SANS
Tout sans faire d'apprêts s'y prépare aisément, Art p. III dans SANS
Peut-être, avant deux jours, Courtois et Denyau, mandés à son secours [d'une prétendue malade]... Lui sauront bien ôter cette santé d'athlète, Sat. X dans SANTÉ
Cependant mon hâbleur, avec une voix haute, Porte à mes campagnards la santé de notre hôte, Sat. III dans SANTÉ
Sur l'ennemi commun [le lutrin] ils fondent en tumulte ; Ils sapent le pivot, qui se défend en vain, Lutr. IV dans SAPER
L'ardeur de se montrer, et non pas de médire, Arma la vérité du vers de la satire, Art p. II dans SATIRE
Je veux dans la satire un esprit de candeur, Et fuis un effronté qui prêche la pudeur, ib. dans SATIRE
Muse, changeons de style, et quittons la satire ; C'est un méchant métier que celui de médire, Sat. VII dans SATIRE
La satire en leçons, en nouveautés fertile, Sait seule assaisonner le plaisant et l'utile ....Elle seule, bravant l'orgueil et l'injustice, Va jusque sous le dais faire pâlir le vice, Et souvent, sans rien craindre, à l'aide d'un bon mot, Va venger la raison des attentats d'un sot, ib. IX dans SATIRE
Sa conduite [du père de Boileau] dans le palais.... Mieux que leur plume [de ses fils] si vantée Fit la satire des Rollets, Poés. div. X dans SATIRE
Nous autres satiriques, Propres à relever les sottises du temps, Nous sommes un peu nés pour être mécontents, Épît. VIII dans SATIRIQUE
Quand on parle de sauce, il faut qu'on y raffine, Sat. III dans SAUCE
Le reste [des sonnets], aussi peu lu que ceux de Pelletier, N'a fait de chez Sercy qu'un saut chez l'épicier, Art p. II dans SAUT
Sa muse déréglée [d'un poëte sans art], en ses vers vagabonds, Ne s'élève jamais que par sauts et par bonds, Art p. III dans SAUT
On dit.... que ton corps goutteux, plein d'une ardeur guerrière, Pour sauter au plancher fit deux pas en arrière, Lutr. I dans SAUTER
J'ai beau sauter du lit plein de trouble et d'effroi, Sat. VI dans SAUTER
Je saute vingt ruisseaux, j'esquive, je me pousse, Sat. VI dans SAUTER
Je saute vingt feuillets pour en trouver la fin [d'une description], Art p. I dans SAUTER
Ne demande donc plus par quelle humeur sauvage, Tout l'été, loin de toi, demeurant au village, J'y passe obstinément les ardeurs du Lion, Sat. VI dans SAUVAGE
Mais pourquoi, dira-t-on, cette vertu sauvage Qui court à l'hôpital et n'est plus en usage ?, Sat. I dans SAUVAGE
L'Hébreu sauvé du joug de ses injustes maîtres, Art p. III dans SAUVÉ, ÉE
Je me sauve à la nage et j'aborde où je puis, Disc. au roi. dans SAUVER
Quelquefois de fâcheux arrivent trois volées, Qui du parc à l'instant assiégent les allées ; Alors sauve qui peut...., Ép. VI dans SAUVER
....Sur ce point si savamment touché, Desmares dans Saint-Roch n'aurait pas mieux prêché, Sat. X dans SAVAMMENT
Censeur un peu fâcheux, mais souvent nécessaire, Plus enclin à blâmer que savant à bien faire, Art p. IV dans SAVANT, ANTE
Qu'en savantes leçons votre muse fertile Partout joigne au plaisant le solide et l'utile, Art p. IV dans SAVANT, ANTE
C'est cette savante Qu'estime Roberval, et que Sauveur fréquente, Sat. X dans SAVANT, ANTE
Permettez-moi de vous représenter qu'aujourd'hui même encore ce ne sont point, comme vous vous le figurez, les Schrévélius, les Pérarédius, les Ménagius, ni, pour me servir des termes de Molière, les savants en us, qui goûtent davantage Homère, Horace, Cicéron, Virgile, Lett. à Perrault. dans SAVANT, ANTE
Que si quelqu'un, mes vers, alors vous importune Pour savoir mes parents, ma vie et ma fortune, Contez-lui...., Épître X dans SAVOIR
Et qui saurait sans moi que Cotin a prêché ?, Sat. IX dans SAVOIR
J'oubliais de vous avertir que je lui ai auparavant dit encore une particularité qui l'a assez agréablement surpris, c'est à savoir que je prétendais n'avoir proprement fait autre chose dans mon ouvrage que mettre en rimes la doctrine qu'il venait de nous débiter, Lett. à Racine, mercredi 1697 dans SAVOIR
M. Dacier n'étant pas seulement un homme de grande érudition et d'une critique très fine, mais d'une politesse d'autant plus estimable qu'elle accompagne rarement un grand savoir, Longin, Subl. Préf. dans SAVOIR
... Crois-tu qu'aisément elle puisse quitter Le savoureux plaisir de t'y persécuter ?, Sat. X dans SAVOUREUX, EUSE
Mais que deviendras-tu si, folle en son caprice, N'aimant que le scandale et l'éclat dans le vice.... Au fond peu vicieuse, elle aime à coqueter ?, Sat. X dans SCANDALE
Un écrit scandaleux sous votre nom se donne, Ép. VI dans SCANDALEUX, EUSE
Ma famille illustre De l'assistance au sceau ne tire point son lustre, Sat. X dans SCEAU
Les acteurs entrent en scène Voulez-vous sur la scène étaler des ouvrages Où tout Paris en foule apporte ses suffrages, Art p. III dans SCÈNE
Que le lieu de la scène y soit fixe et marqué, Art p. III dans SCÈNE
Toi donc qui, t'élevant sur la scène tragique, Suis les pas de Sophocle, Ép. VII dans SCÈNE
Et la scène française est en proie à Pradon, Épît. VIII dans SCÈNE
Que le trouble, toujours croissant de scène en scène, à son comble arrivé se débrouille sans peine, Art p. III dans SCÈNE
Que l'action, marchant où la raison la guide, Ne se perde jamais en une scène vide, ib. dans SCÈNE
[Les rois fainéants] Laissaient leur sceptre aux mains ou d'un maire ou d'un comte, Lutr. II dans SCEPTRE
Et derrière son dos qui tremble sous le poids, Il attache une scie en forme de carquois, Lutr. II dans SCIE
Quiconque est riche est tout.... Il a, sans rien savoir, la science en partage, Sat. VIII dans SCIENCE
Si dans les droits du roi sa funeste science [d'un financier] Par deux ou trois avis n'eût ravagé la France, Sat. I dans SCIENCE
Ou si.... tu [toi, Équivoque] veux gagner ta cause, Porte-la dans Trévoux, à ce beau tribunal Où de nouveaux Midas un sénat monacal [les jésuites], Tous les mois, appuyé de ta soeur l'Ignorance, Pour juger Apollon tient, dit-on, sa séance, Sat. XI dans SÉANCE
Ô toi [Muse].... Qui, par les traits hardis d'un bizarre pinceau, Mis l'Italie en feu pour la perte d'un seau, Lutr. IV dans SEAU
[Auteurs].... de qui le corps sec et la mine affamée N'en sont pas mieux refaits pour tant de renommée, Sat. I dans SEC, SÈCHE
Bientôt de ce travail revenu sec et pâle, Epît. X dans SEC, SÈCHE
C'est un auteur sec et aride, toutes ses expressions sont rudes et forcées, Dissert. sur Joconde. dans SEC, SÈCHE
Et partout sur le Wal, ainsi que sur le Leck, Le vers est en déroute, et le poëte à sec, Épître IV dans SEC, SÈCHE
Que Rohault vainement sèche pour concevoir Comme, tout étant plein, tout a pu se mouvoir, Épît. V dans SÉCHER
Va maigrir, si tu veux, et sécher sur un livre, Lutr. IV dans SÉCHER
La contrainte des préceptes ne fait qu'affaiblir les ouvrages, et leur donner une certaine sécheresse qui les rend maigres et décharnés, Longin, Sublime, II dans SÉCHERESSE
[L'âne] Content de ses chardons, et secouant la tête : Ma foi, non plus que nous, l'homme n'est qu'une bête, Sat. VIII dans SECOUER
[Le hibou] De ses ailes dans l'air secouant la poussière, Lutr. III dans SECOUER
Le moine secoua le cilice et la haire, Lutr. VI dans SECOUER
Il est vrai que du roi la bonté secourable Va tirer désormais Phébus de l'hôpital, Sat. I dans SECOURABLE
Mais bientôt la raison arrivant au secours, Disc. au roi. dans SECOURS
Le secret [au théâtre] est d'abord de plaire et de toucher, Art p. III dans SECRET
Car tu ne seras point de ces jaloux affreux Qui, tandis qu'une épouse à leurs yeux se désole, Pensent toujours qu'un autre en secret la console, Sat. X dans SECRET
Quelque orgueil en secret dont s'aveugle un auteur, Il est fâcheux, grand roi, de se voir sans lecteur, Épître I dans SECRET
Je t'entends, et je voi D'où vient que tu t'es fait secrétaire du roi, Sat. X dans SECRÉTAIRE
Que me sert en effet qu'un admirateur fade Vante mon embonpoint, si je me sens malade, Si dans ce même instant un feu séditieux Fait bouillonner mon sang et pétiller mes yeux ?, Ép. IX dans SÉDITIEUX, EUSE
C'est quelque air d'équité qui séduit et qui plaît, Sat. X dans SÉDUIRE
La Seine, au pied des monts que son flot vient laver, Voit du sein de ses eaux vingt îles s'élever, Épît. VI dans SEIN
Un avare, idolâtre et fou de son argent, Rencontrant la disette au sein de l'abondance, Sat. IV dans SEIN
Mais une église seule à ses yeux immobile Garde au sein du tumulte une assiette tranquille, Lutr. I dans SEIN
Et [certaines femmes] font de leur maison.... Un séjour de douleur, de larmes et de cris, Sat. X dans SÉJOUR
Par le sel irritant la soif est allumée, Lutr. V dans SEL
Combien le sel au roi peut fournir tous les ans, Sat. VIII dans SEL
Et qu'Horace, jetant le sel à pleines mains, Se jouait aux dépens des Pelletiers romains, Sat. IX dans SEL
Un ouvrage a beau être approuvé d'un petit nombre de connaisseurs ; s'il n'est plein d'un certain agrément et d'un certain sel propre à piquer le goût général des hommes, il ne passera jamais pour un bon ouvrage, Oeuvr. Préf. générale. dans SEL
Que si on me demande ce que c'est que cet agrément et ce sel, je répondrai que c'est un je ne sais quoi qu'on peut beaucoup mieux sentir que dire ; à mon avis néanmoins, il consiste principalement à ne jamais présenter au lecteur que des pensées vraies et des expressions justes, ib. dans SEL
Et mis sur la sellette aux pieds de la critique, Je vois bien tout de bon qu'il faut que je m'explique, Sat. X dans SELLETTE
Souvent, sans y penser, un écrivain qui s'aime Forme tous ses héros semblables à lui-même, Art p. III dans SEMBLABLE
Que vous semble, dit-il, du goût de cette soupe ?, Sat. III dans SEMBLER
Et le docteur en chaire en sema [de pointes] l'Évangile, Art p. II dans SEMER
De nouveau tu semas tes captieux mensonges, Sat. XI dans SEMER
Heureux, si les fâcheux, prompts à nous y chercher, N'y viennent point semer l'ennuyeuse tristesse !, Épît. VI dans SEMER
Soit qu'il fasse au conseil courir les sénateurs, D'un tyran soupçonneux pâles adulateurs, Art p. II dans SÉNATEUR
L'un meurt vide de sang, l'autre plein de séné, Art p. IV dans SÉNÉ
Aujourd'hui même encor, de deux sens affaibli, Retiré de la cour, et non mis en oubli, Épît. X dans SENS
Tu souffres la louange adroite, délicate, Dont la trop forte odeur n'ébranle point les sens, Épît. IX dans SENS
Un auteur vertueux, dans ses vers innocents, Ne corrompt point les coeurs en chatouillant les sens, Art p. IV dans SENS
Profite de leur haine [de tes ennemis] et de leur mauvais sens, Épît. VII, à Racine. dans SENS
Tout doit tendre au bon sens ; mais, pour y parvenir, Le chemin est glissant et pénible à tenir ; Pour peu qu'on s'en écarte, aussitôt on se noie, Art p. I dans SENS
Aux dépens du bon sens gardez de plaisanter, ib. dans SENS
Je hais ces vains auteurs.... Qui s'affligent par art, et, fous de sens rassis, S'érigent pour rimer en amoureux transis, Art p. II dans SENS
Si le sens de vos vers tarde à se faire entendre, Mon esprit aussitôt commence à se détendre, Art p. I dans SENS
Perse, en ses vers obscurs, mais serrés et pressants, Affecta d'enfermer moins de mots que de sens, Art p. II dans SENS
Un sage confident, Conseiller très sensé d'un roi très imprudent, Épit. I dans SENSÉ, ÉE
En vain quelque rieur, prenant votre défense, Veut faire au moins de grâce adoucir la sentence [de noyer les satiriques], Sat. IX dans SENTENCE
Bientôt l'amour, fertile en tendres sentiments, S'empara du théâtre ainsi que des romans, Art p. III dans SENTIMENT
Voilà l'homme en effet : il va du blanc au noir, Il condamne au matin ses sentiments du soir, Sat. VIII dans SENTIMENT
Le courtisan n'eut plus de sentiments à soi, Épît. IX dans SENTIMENT
La Mollesse oppressée Dans sa bouche à ce mot sent sa langue glacée, Lutr. II dans SENTIR
Sentiez-vous, dites-moi, ces violents transports Qui d'un esprit divin font mouvoir les ressorts ?, Sat. IX dans SENTIR
S'il [le poëte] ne sent pas du ciel l'influence secrète, Art p. I dans SENTIR
Je sens de jour en jour dépérir mon génie, Épît. VIII dans SENTIR
L'endroit que l'on sent faible et qu'on se veut cacher, Art p. IV dans SENTIR
L'esprit ne se sent point plus vivement frappé Que lorsqu'en un sujet...., Art p. III dans SENTIR
Le vers se sent toujours des bassesses du coeur, Art p. IV dans SENTIR
Heureux si ses discours [de Régnier], craints du chaste lecteur, Ne se sentaient des lieux où fréquentait l'auteur !, ib. II dans SENTIR
C'est à toi, Lamoignon.... Qu'il sied bien d'y veiller pour le maintien des lois, Épître VI dans SEOIR
Aucun n'avait d'enclos ni de champ séparé, Sat. X dans SÉPARÉ, ÉE
Quelquefois du bon or je sépare le faux, Art p. IV dans SÉPARER
Quand Dieu viendra juger les vivants et les morts, Et des humbles agneaux, objet de sa tendresse, Séparera des boucs la troupe pécheresse, Ép. XI dans SÉPARER
De nouveau l'on s'efforce, on crie, on les sépare, Sat. III dans SÉPARER
Alcippe, tu crois donc qu'on se sépare ainsi ? Pour sortir de chez toi, sur cette offre offensante, As-tu donc oublié qu'il faut qu'elle [ta femme] y consente ?, Sat. X dans SÉPARER
Attendant son destin d'un quatorze ou d'un sept, Voit sa vie ou sa mort sortir de son cornet, Sat. IV dans SEPT
Laisse-moi donc ici, sous leurs ombrages frais, Attendre que septembre ait ramené l'automne, Épît. VI dans SEPTEMBRE
Pour ne s'en point servir aux plus rigoureux mois, Dans le fond d'un grenier on séquestra le bois, Sat. X dans SÉQUESTRER
La paix l'offre à mes yeux plus calme et plus serein, Épît. I dans SEREIN, EINE
Je fais mille serments de ne jamais écrire, Sat. II dans SERMENT
Sur un bouclier noir sept chefs impitoyables épouvantent les dieux de serments effroyables, Sublime, 13 dans SERMENT
J'ai gagné doucement la porte sans rien dire, Avec un bon serment, que, si, pour l'avenir, En pareille cohue on me peut retenir, Je consens de bon coeur..., Sat III dans SERMENT
Vous le verrez bientôt, les cheveux hérissés.... Ainsi qu'un possédé que le prêtre exorcise, Fêter dans ses serments tous les saints de l'Église, Sat. IV dans SERMENT
Avant lui Juvénal avait dit en latin Qu'on est assis à l'aise aux sermons de Cotin, Sat. IX dans SERMON
Cotin, à ses sermons traînant toute la terre, Fend des flots d'auditeurs pour aller à sa chaire, ib. dans SERMON
Le serpent venimeux rampa dans les forêts, Épît. III dans SERPENT
Il n'est point de serpent ni de monstre odieux Qui par l'art imité ne puisse plaire aux yeux, Art p. III dans SERPENT
[La chicane] Tantôt, les yeux en feu, c'est un lion superbe ; Tantôt, humble serpent, il se glisse sous l'herbe, Lutr. V dans SERPENT
Et des ruisseaux de lait serpentaient dans les plaines, Épît. III dans SERPENTER
Ce fougueux l'Angeli [Alexandre] qui, de sang altéré, Maître du monde entier, s'y trouvait trop serré, Sat. VIII dans SERRÉ, ÉE
Perse, en ses vers obscurs, mais serrés et pressants, Affecta d'enfermer moins de mots que de sens, Art p. II dans SERRÉ, ÉE
Serrait de près sa servante aux yeux doux, Épigr. III dans SERRER
Un affreux serrurier, laborieux Vulcain, Qu'éveillera bientôt l'ardente soif du gain, Avec un fer maudit qu'à grand bruit il apprête, De cent coups de marteau me va fendre la tête, Sat. VI dans SERRURIER
On dit que Malherbe consultait sur ses vers jusqu'à l'oreille de sa servante ; et je me souviens que Molière m'a montré aussi plusieurs fois une vieille servante qu'il avait chez lui, à qui il lisait, disait-il, quelquefois ses comédies, et il m'assurait que, lorsque des endroits de plaisanterie ne l'avaient point frappée, il les corrigeait, parce qu'il avait plusieurs fois éprouvé sur son théâtre que ces endroits n'y réussissaient pas, Réflexions sur Longin, I dans SERVANTE
Et nos voisins frustrés de ces tributs serviles Que payait à leur art le luxe de nos villes, Ép. I dans SERVILE
Il n'est pas possible qu'un homme qui n'a toute sa vie que des sentiments et des inclinations basses et serviles puisse jamais rien produire qui soit merveilleux ni digne de la postérité, Longin, Subl. ch. 7 dans SERVILE
Une servile peur tint lieu de charité, Lutrin, VI dans SERVILE
Je vous ai vus cent fois sous sa main bénissante Courber servilement une épaule tremblante, Lutr. IV dans SERVILEMENT
Et ressouvenez-vous quel prélat vous servez, Lutr. III dans SERVIR
Ainsi dit Gilotin, et ce ministre sage Sur table au même instant fait servir le potage, Lutr. I dans SERVIR
Mais sans un Mécénas, à quoi sert un Auguste ?, Sat. I dans SERVIR
Mais que sert que ta main leur dessille les yeux ?, Ép. III dans SERVIR
Ma foi, le jugement sert bien dans la lecture, Sat. III dans SERVIR
Je les aime encor mieux qu'une bigote altière, Qui, dans son fol orgueil, aveugle et sans lumière, à peine sur le seuil de la dévotion, Pense atteindre au sommet de la perfection, Sat. X dans SEUIL
Y a-t-il un homme de bon sens qui daignât comparer tous les ouvrages d'Ion ensemble au seul Oedipe de Sophocle ?, Longin, Subl. ch. 27 dans SEUL, EULE
[Toi, Louis XIV] Et qui seul, sans ministre, à l'exemple des dieux, Soutiens tout par toi-même, et vois tout par tes yeux, Disc. au roi. dans SEUL, EULE
J'ai moi seul autrefois plaidé tout un chapitre, Lutr. III dans SEUL, EULE
Et ses écrits tout seuls doivent parler pour lui [un auteur], Sat. IX dans SEUL, EULE
Il était plein d'esprit, de sens et de raison ; Seulement pour l'argent un peu trop de faiblesse De ses vertus en lui ravalait la noblesse, Sat. X dans SEULEMENT
Oui, je gagerais bien que, chez le commandeur, Villandri priserait sa séve et sa verdeur [d'un vin], Sat. III dans SÉVE
Ayez pour la cadence une oreille sévère, Art p. I dans SÉVÈRE
Quel sujet inconnu vous trouble et vous altère ? D'où vous vient aujourd'hui cet air sombre et sévère ?, Sat. III dans SÉVÈRE
Passer du grave au doux, du plaisant au sévère, Art p. I dans SÉVÈRE
Moi donc, qui connais peu Phébus et ses douceurs, Qui suis nouveau sevré sur le mont des neuf Soeurs, Disc. au roi. dans SEVRÉ, ÉE
Et tous ces vieux recueils de satires naïves, Des malices du sexe immortelles archives, Sat. X dans SEXE
Là, sur des tas poudreux de sacs et de pratique, Hurle tous les matins une sibylle étique, On l'appelle chicane, Lutr. V dans SIBYLLE
Feuilletez à loisir tous les siècles passés, Sat. V dans SIÈCLE
Ainsi qu'en sots auteurs, Notre siècle est fertile en sots admirateurs, Art p. I dans SIÈCLE
Alors, ce fut alors, sous ce vrai Jupiter, Qu'on vit naître ici-bas le noir siècle de fer, Sat. X dans SIÈCLE
C'est par là.... que le sort burlesque, en ce siècle de fer, D'un pédant, quand il veut, sait faire un duc et pair, Sat. I dans SIÈCLE
Nos écrits sont mauvais ; les siens valent-ils mieux ?, Épît. II dans SIEN, SIENNE
Mais je voudrais qu'on cherchât tout d'un temps (La question n'est pas moins belle) Qui du fade Boyer ou du sec la Chapelle Excita plus de sifflements, Épigr. XX dans SIFFLEMENT
La Discorde, à l'aspect d'un calme qui l'offense, Fait siffler ses serpents...., Lutr. I dans SIFFLER
Ce volume effroyable.... Va frapper en sifflant l'infortuné Sidrac, Lutr. V dans SIFFLER
Mais bien que ses durs vers, d'épithètes enflés, Soient des moindres grimauds chez Ménage sifflés, Sat. IV dans SIFFLER
Faire siffler Cotin chez nos derniers neveux, ib. IX dans SIFFLER
Au mauvais goût public la belle y fait la guerre ; Plaint Pradon opprimé des sifflets du parterre, Sat. X dans SIFFLET
Consultons sur ce point quelque auteur signalé, Lutr. IV dans SIGNALÉ, ÉE
Cet empereur.... Qui soupirait le soir, si sa main fortunée N'avait par des bienfaits signalé la journée, Épît. I dans SIGNALER
En parlant d'un homme qui, pour s'agrandir, souffre sans peine, et même avec plaisir, des indignités, ces termes, boire des affronts, me semblent signifier beaucoup, Longin, Subl. 25 dans SIGNIFIER
... Un des campagnards, relevant sa moustache.... Impose à tous silence...., Sat. III dans SILENCE
Grand roi, si jusqu'ici, par un trait de prudence, J'ai demeuré pour toi dans un humble silence, Disc. au roi. dans SILENCE
J'imite de Conrart le silence prudent, Épît. I dans SILENCE
Pour animer ma voix, J'ai besoin du silence et de l'ombre des bois, Épît. VI dans SILENCE
Là parmi les douceurs d'un tranquille silence, Lutr. I dans SILENCE
La déesse guerrière De son pied trace en l'air un sillon de lumière, Lutr. III dans SILLON
Et son rare savoir, de simple marguillier, L'éleva par degrés au rang de chevecier, Lutr. I dans SIMPLE
Le madrigal, plus simple et plus noble en son tour, Respire la douceur, la tendresse et l'amour, Art p. II dans SIMPLE
Que le début soit simple et n'ait rien d'affecté, ib. III dans SIMPLE
Sois doux, simple, équitable, Sat. X dans SIMPLE
Soyez simple avec art, Art p. I dans SIMPLE
Longin ne fut pas simplement un critique habile : ce fut un ministre d'État considérable, Longin, Subl. Préf. dans SIMPLEMENT
La simplicité plaît sans étude et sans art, Ép. IX dans SIMPLICITÉ
Tout éloge imposteur blesse une âme sincère, Épît. IX dans SINCÈRE
Un discours trop sincère aisément nous outrage, Sat. VII dans SINCÈRE
Dans ses vers pleins de sincérité, Ép. I dans SINCÉRITÉ
Écolier ou plutôt singe de Bourdaloue, Sat. X dans SINGE
Et, dans le ventre creux du pupitre fatal, Va placer de ce pas le sinistre animal [le hibou], Lutr. III dans SINISTRE
Oh ! que, si je vivais sous les règnes sinistres De ces rois nés valets de leurs propres ministres...., Epît. VIII dans SINISTRE
Sitôt que sur un vice ils pensent me confondre, C'est en me corrigeant que je sais leur répondre, Épît. VII dans SITÔT
Dépouillons-nous ici d'une vaine fierté, Nous naissons, nous vivons pour la société, Sat. X dans SOCIÉTÉ
Quelle verve indiscrète Sans l'aveu des neuf Soeurs vous a rendu poëte ?, Sat. IX dans SOEUR
Un démon qui m'inspire Veut qu'encore une utile et dernière satire Se vienne en nombre pair joindre à ses onze soeurs, Sat. XI dans SOEUR
Le plus vil artisan eut ses dogmes à soi [chez les protestants], Sat. XI dans SOI
Phèdre, malgré soi, perfide, incestueuse, Ép. VII dans SOI
Possédé d'un ennui qu'il ne saurait dompter [Alexandre], Il craint d'être à soi-même et songe à s'éviter, Ép. V dans SOI
Chacun pris dans son air est agréable en soi, Ép. IX dans SOI
Il [l'homme] sut qu'il n'était plus.... Qu'un chétif animal pétri d'un peu de terre, à qui la faim, la soif partout faisaient la guerre, Sat. XI dans SOIF
De ce sable étancher la soif démesurée, Épît. X dans SOIF
Aussi soigneux désormais de me faire oublier, que j'avais été autrefois curieux de faire parler de moi, Disc. sur la sat. XI dans SOIGNEUX, EUSE
Le soin de tes sujets te rappelle à Versailles, Épît. VIII dans SOIN
Il y a trois sortes de Tendre : Tendre sur estime, Tendre sur inclination et Tendre sur reconnaissance ; lorsque l'on veut arriver à Tendre sur estime, il faut aller d'abord au village de Petits-Soins, Hér. de romans. dans SOIN
je suis las de me voir les soirs en ma maison Seul avec des valets souvent voleurs et traîtres, Et toujours à coup sûr ennemis de leurs maîtres, Sat. X dans SOIR
Du matin jusqu'au soir qui vous défend de rire ?, Epît. I dans SOIR
Sitôt que du soir les ombres pacifiques, D'un double cadenas font fermer les boutiques, Sat. VI dans SOIR
Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme, Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme, Art p. I, 20 dans SOLÉCISME
Pradon comme un soleil en nos ans a paru, Sat. IX dans SOLEIL
Sonnets.... Où toujours le héros passe pour sans pareil, Et, fût-il louche ou borgne, est réputé soleil, Épît. IX dans SOLEIL
Faites choix d'un censeur solide et salutaire, Art poét. IV dans SOLIDE
Voulez-vous faire aimer vos riches fictions, Qu'en savantes leçons votre muse fertile Partout joigne au plaisant le solide et l'utile, Art poét. IV dans SOLIDE
Nous naissons, nous vivons pour la société ; à nous-mêmes livrés dans une solitude, Notre bonheur bientôt fait notre inquiétude, Sat. X dans SOLITUDE
Ils passent de la nef la vaste solitude, Lutr. III dans SOLITUDE
Un cousin.... Veut qu'encor tout poudreux, et sans me débotter, Chez vingt juges pour lui j'aille solliciter, Épît. VI dans SOLLICITER
Ou, d'un nouveau procès hardi solliciteur, Aborder sans argent un clerc de rapporteur, Lutr. III dans SOLLICITEUR, EUSE
Déjà le jour plus sombre, Dans les eaux s'éteignant, va faire place à l'ombre, Lutr. II dans SOMBRE
Il est certains esprits dont les sombres pensées Sont d'un nuage épais toujours embarrassées, Art p. I dans SOMBRE
[L'envie] Du mérite éclatant cette sombre rivale, Art p. IV dans SOMBRE
Le vice toujours sombre aime l'obscurité, Ép. IX dans SOMBRE
Alain, ce savant homme, Qui de Bauny vingt fois a lu toute la Somme, Lutr. IV dans SOMME
C'est là que le prélat, muni d'un déjeuner, Dormant d'un léger somme, attendait le dîner, Lutr. I dans SOMME
Le sommeil sur ses yeux commence à s'épancher, Sat. VIII dans SOMMEIL
Elle plaint le malheur de la nature humaine, Qui veut qu'en un sommeil où tout s'ensevelit Tant d'heures sans jouer se consument au lit, Sat. X dans SOMMEIL
Pour moi, fermant ma porte et cédant au sommeil, Sat. VI dans SOMMEIL
Le quartier alarmé n'a plus d'yeux qui sommeillent, Lutr. IV dans SOMMEILLER
Au prélat sommeillant elle adresse ces mots, Lutr. I dans SOMMEILLER
Et ne savez-vous pas que, sur ce mont sacré [le Parnasse], Qui ne vole au sommet tombe au plus bas degré ?, Sat. IX dans SOMMET
Ils montent au sommet de la fatale église, Lutr. III dans SOMMET
Ces esprits frivoles Que tout flatteur endort au son de ses paroles, Ép. IX dans SON
En vain vous me frappez d'un son mélodieux, Si le terme est impropre, ou le tour vicieux, Art p. I dans SON
Fuyez des mauvais sons le concours odieux, ib. dans SON
Là, plus d'un bourg fameux par son antique nom Vient offrir à l'oreille un agréable son, Ép. IV dans SON
La voilà donc, Girot, cette hydre épouvantable Que m'a fait voir un songe, hélas ! trop véritable !, Lutr. IV dans SONGE
Et, fabuleux chrétiens, n'allons point, dans nos songes, Du Dieu de vérité faire un Dieu de mensonges, Art p. III dans SONGE
Une divinité me l'a fait voir en songe, Lutr. I dans SONGE
L'âge viril plus mûr inspire un air plus sage.... Contre les coups du sort songe à se maintenir, Art p. III dans SONGER
J'y cours midi sonnant, Sat. III dans SONNANT, ANTE
Quoi ! le pardon sonnant te retrouve en ces lieux !, Lutr. II dans SONNANT, ANTE
Et déjà tout confus, tenant midi sonné, Lutr. IV dans SONNÉ, ÉE
On dit, à ce propos, qu'un jour ce dieu bizarre [Apollon], Voulant pousser à bout tous les rimeurs françois, Inventa du sonnet les rigoureuses lois...., Art p. II dans SONNET
Car d'attacher partout ces cymbales et ces sonnettes, cela sentirait trop son sophiste, du Sublime, XI dans SONNETTE
Si.... Tu voyais tous tes biens, au sort abandonnés, Devenir le butin d'un pique ou d'un sonnez, Sat. X dans SONNEZ
La cadence aussitôt, la rime, la césure, La riche expression, la nombreuse mesure, Sorcières dont l'amour sait d'abord les charmer [les poëtes], De fatigues sans fin viennent les consumer, Ép. X dans SORCIER, IÈRE
Travaillez pour la gloire, et qu'un sordide gain Ne soit jamais l'objet d'un illustre écrivain, Art p. IV dans SORDIDE
Une avare et sordide famille, Sat. X dans SORDIDE
Que si d'un sort fâcheux la maligne inconstance Vient par un coup fatal faire tourner la chance, Sat. IV dans SORT
Tel fut chez nous le sort du théâtre comique, Ep. VII dans SORT
Le sort, dit le prélat, vous servira de loi [pour choisir deux personnes], Lutr. I dans SORT
Paris est pour le riche un pays de cocagne ; Sans sortir de la ville, il trouve la campagne, Sat. VI dans SORTIR
Le vicomte indigné sortait au second acte, Épît. VII dans SORTIR
Attendant son destin d'un quatorze ou d'un sept, [il] Voit sa vie ou sa mort sortir de son cornet, Sat. IV dans SORTIR
Pour sortir de chez toi.... As-tu donc oublié qu'il faut qu'elle [ta femme] y consente ?, Sat. X dans SORTIR
Quelquefois dans sa course un esprit vigoureux, Trop resserré par l'art, sort des règles prescrites, Art p. IV dans SORTIR
Le naturel toujours sort et sait se montrer, Sat. X dans SORTIR
Du fond caché de notre sacristie Une épaisse nuée à longs flots est sortie, Lutr. IV dans SORTIR
De Paris au Pérou, du Japon jusqu'à Rome, Le plus sot animal, à mon avis, c'est l'homme, Sat. VIII dans SOT, OTTE
Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire, Art p. I dans SOT, OTTE
J'irais, par ma constance aux affronts endurci, Me mettre au rang des saints qu'a célébrés Bussi ! Assez de sots sans moi font parler dans la ville, Sat. VIII dans SOT, OTTE
Un poëme insipide et sottement flatteur Déshonore à la fois le héros et l'auteur, Sat. IX dans SOTTEMENT
Faire dire aux échos des sottises champêtres, Sat. IX dans SOTTISE
Des sottises d'autrui nous vivons au palais ; Messieurs, l'huître était bonne ; adieu, vivez en paix, Ép. II dans SOTTISE
Ce nouvel Adonis, à la blonde crinière, Est l'unique souci d'Anne la perruquière, Lutr. I dans SOUCI
Sitôt que du nectar la troupe est abreuvée, On dessert, et soudain la nappe étant levée...., Lutr. I dans SOUDAIN, AINE
Qui vous a pu souffler une si folle audace ?, Sat. IX dans SOUFFLER
Deux servantes, déjà largement souffletées, Avaient à coups de pied descendu les montées, Sat. X dans SOUFFLETÉ, ÉE
[Elle] .... souffre des affronts que ne souffrirait pas L'hôtesse d'une auberge à dix sous par repas, Sat. X dans SOUFFRIR
Mais je ne puis souffrir qu'un esprit de travers.... Se donne en te louant une gêne inutile, Disc. au roi. dans SOUFFRIR
Et l'Académie, entre nous, Souffrant chez soi de grands fous...., Épig. XX dans SOUFFRIR
Que ce style [le burlesque] jamais ne souille votre ouvrage, Art p. I dans SOUILLER
Horace a bu son soûl lorsqu'il voit les Ménades, Art p. IV dans SOÛL, OÛLE
Le Parnasse français, ennobli par ta veine, Contre tous ces complots saura te maintenir, Et soulever pour toi [Racine] l'équitable avenir, Épît. VII dans SOULEVER
Décrirai-je ses bas en trente endroits percés, Ses souliers grimaçants vingt fois rapetassés ?, Sat x. dans SOULIER
Il n'est rien où d'abord son soupçon attaché Ne présume du crime et ne trouve un péché, Sat. x. dans SOUPÇON
Soit qu'il [Juvénal] fasse au conseil courir les sénateurs, D'un tyran soupçonneux pâles adulateurs, Art p. II dans SOUPÇONNEUX, EUSE
Tantale est ivre comme une soupe, Héros de rom. dans SOUPE
Sur ses pas au barreau la troupe s'achemine, Et bientôt, dans le temple, entend, non sans frémir, De l'antre redouté les soupiraux gémir, Lutr. v. dans SOUPIRAIL
[Cet empereur] Qui soupirait le soir, si sa main fortunée N'avait par ses bienfaits signalé la journée, Épît. I dans SOUPIRER
Ce n'était pas jadis sur ce ton ridicule Qu'amour dictait les vers que soupirait Tibulle, Art p. II dans SOUPIRER
La richesse permet une juste fierté ; Mais il faut être souple avec la pauvreté, Sat. I dans SOUPLE
Et, souple à la raison, corrigez sans murmure, Art p. IV dans SOUPLE
Valet souple au logis, fier huissier à l'église, Lutr. IV dans SOUPLE
Le sourcil rehaussé d'orgueilleuses chimères, Sat. X dans SOURCIL
Ainsi s'expliqueront nos censeurs sourcilleux, Épît. x. dans SOURCILLEUX, EUSE
Vers cet endroit du choeur où le chantre orgueilleux Montre, assis à ta gauche, un front si sourcilleux, Lutr. I dans SOURCILLEUX, EUSE
Pour lui [un mauvais poëte] Phébus est sourd et Pégase est rétif, Art p. I dans SOURD, SOURDE
Mais sans examiner si, vers les antres sourds, L'ours a peur du passant ou le passant de l'ours, Sat. VIII dans SOURD, SOURDE
Que produit un auteur après tous ces grands cris ? La montagne en travail enfante une souris, Art p. III dans SOURIS
Un écrit scandaleux sous votre nom se donne, Épît. VI dans SOUS
Qu'il [Chapelain] soit doux, complaisant, officieux, sincère, On le veut, j'y souscris, et suis prêt de me taire, Sat. IX dans SOUSCRIRE
D'une longue soutane il endosse la moire, Prend les gants violets, les marques de sa gloire, Lutr. IV dans SOUTANE
Entre ces vieux appuis dont l'affreuse grand'salle Soutient l'énorme poids de la voûte infernale, Lutr. v. dans SOUTENIR
Ce discours, que soutient l'embonpoint du visage, Rétablit l'appétit, réchauffe le courage, Lutr. IV dans SOUTENIR
D'un air plus grand encor la poésie épique, Dans le vaste récit d'une longue action, Se soutient par la fable et vit de fiction, Art poét. III dans SOUTENIR
Tel écrit récité se soutint à l'oreille, Qui, dans l'impression au grand jour se montrant, Ne soutient pas des yeux le regard pénétrant, Art poét. IV dans SOUTENIR
Souvenez-vous bien Qu'un dîner réchauffé ne valut jamais rien, Lutr. I dans SOUVENIR
Et que tout ce qu'il dit, facile à retenir, De son ouvrage en vous laisse un long souvenir, Art poét. III dans SOUVENIR
Souvent la peur d'un mal nous conduit dans un pire, Art poét. I dans SOUVENT
En vain certains rêveurs vous l'habillent en reine [la raison], Veulent sur tous nos sens la rendre souveraine, Sat. IV dans SOUVERAIN, AINE,
Des vertus de mon roi spectateur inutile, Épît. I dans SPECTATEUR, TRICE
Vos froids raisonnements ne feront qu'attiédir Un spectateur toujours paresseux d'applaudir, Art p. III dans SPECTATEUR, TRICE
Les stances avec grâce apprirent à tomber, Art poét. I dans STANCE
C'est à vous, mon esprit, à qui je veux parler.... Je ris, quand je vous vois, si faible et si stérile, Prendre sur vous le soin de réformer la ville, Sat. IX dans STÉRILE
Clio vint l'autre jour se plaindre au dieu des vers, Qu'en certain lieu de l'univers On traitait d'auteurs froids, de poëtes stériles, Les Homères et les Virgiles, Épigr. XXIV dans STÉRILE
Fuyez de ces auteurs l'abondance stérile, Et ne vous chargez pas d'un détail inutile, Art p. I dans STÉRILE
L'argent, l'argent, dit-on, sans lui tout est stérile, Épît. V dans STÉRILE
De tous ses amis morts un seul ami resté Le mène en sa maison de superbe structure ; C'était un riche abbé, fou de l'architecture, Art poét. IV dans STRUCTURE
Studieux amateur et de Perse et d'Horace, Épît. X dans STUDIEUX, EUSE
Alors ce ne fut plus que stupide ignorance, Sat. XI dans STUPIDE
L'ennuyeux loisir d'un mortel sans étude, Qui jamais ne sortant de sa stupidité...., Épît. X dans STUPIDITÉ
J'y ai joint [à une nouvelle édition] cinq épîtres nouvelles.... elles sont de même style que mes autres écrits, et j'ose me flatter qu'elles ne leur feront point de tort, 4e préface. dans STYLE
Mon style ami de la lumière, Sat. XI dans STYLE
L'un en style pompeux habillant une églogue, Disc. au roi. dans STYLE
Ne valait-il pas mieux vous perdre dans les nues, Que d'aller sans raison, d'un style peu chrétien, Faire insulte en rimant à qui ne vous dit rien ?, Sat. IX dans STYLE
Un style trop égal et toujours uniforme En vain brille à nos yeux ; il faut qu'il nous endorme, Art. poét. I dans STYLE
Le style le moins noble a pourtant sa noblesse, ib. dans STYLE
Mais de ce style [le burlesque] enfin la cour désabusée Dédaigna de ces vers l'extravagance aisée, ib. dans STYLE
Régnier.... Dans son vieux style encore a des grâces nouvelles, ib. II dans STYLE
Ses ouvrages [de Juvénal], tout pleins d'affreuses vérités, étincellent pourtant de sublimes beautés, Art p. II dans SUBLIME
Il n'y a personne qui ne sente la grandeur héroïque qui est renfermée dans ce mot, qu'il mourût, qui est d'autant plus sublime qu'il est simple et naturel, Longin, Sublime, Préf. dans SUBLIME
Il faut savoir que par sublime Longin n'entend pas ce que les orateurs appellent le style sublime, mais cet extraordinaire et ce merveilleux, qui frappe dans le discours, et qui fait qu'un ouvrage enlève, ravit, transporte, ib. dans SUBLIME
Le sublime se peut trouver dans une seule pensée, dans une seule figure, dans un seul tour de paroles, Longin, Sublime, Préf. dans SUBLIME
Le sublime est une certaine force de discours propre à élever et à ravir l'âme, et qui provient ou de la grandeur de la pensée et de la noblesse du sentiment, ou de la magnificence des paroles, ou du tour harmonieux, vif et animé de l'expression, ib. Réfl. 12 dans SUBLIME
Et je hais un sublime ennuyeux et pesant, Art p. III dans SUBLIME
Prévenu comme vous l'êtes que le style simple n'est point susceptible de sublime, vous croyez qu'il ne peut y avoir là de vraie sublimité, Longin, Sublime, Réfl. 10 dans SUBLIMITÉ
Un fourbe cependant, assez haut de corsage, Et qui lui ressemblait [à l'honneur] de geste et de visage, Prend son temps, et partout ce hardi suborneur S'en va chez les humains crier qu'il est l'honneur, Épît. X dans SUBORNEUR, EUSE
Bientôt, pour subsister, la noblesse sans bien Trouva l'art d'emprunter et de ne rendre rien, Sat. v dans SUBSISTER
Une muse affamée Ne peut pas, dira-t-on, subsister de fumée, Art p. IV dans SUBSISTER
Souvent dans son orgueil un subtil ignorant Par d'injustes dégoûts combat toute une pièce, Art p. IV dans SUBTIL, ILE
Une cause qui ne saurait se soutenir que par des équivoques et par de fausses subtilités, Longin, Sublime, Réflex. 10 dans SUBTILITÉ
Engraisse-toi, mon fils, du suc des malheureux, Sat. VIII dans SUC
La colère à l'instant succédant à la crainte, Lutr. III dans SUCCÉDER
Des succès fortunés du spectacle tragique Dans Athènes naquit la tragédie antique, Art poét. III dans SUCCÈS
Crois-moi, dût Auzannet t'assurer du succès, Abbé, n'entreprends point même un juste procès, Épît. II dans SUCCÈS
[Il] N'attend pas pour dîner le succès d'un sonnet, Art poét. IV dans SUCCÈS
Et d'aller du récit de ta gloire immortelle Habiller chez Francoeur le sucre et la cannelle, Épît. I dans SUCRE
En vain pour la trouver [la rime] je travaille et je sue, Sat. II dans SUER
Dans le crime il suffit qu'une fois on débute ; Une chute toujours attire une autre chute, Sat. X dans SUFFIRE
Voulez-vous sur la scène étaler des ouvrages Où tout Paris en foule apporte ses suffrages ?, Art p. III dans SUFFRAGE
Lorsqu'un cri tout à coup suivi de mille cris, Épît. IV dans SUIVI, IE
Un astrolabe en main, elle a, dans la gouttière, à suivre Jupiter passé la nuit entière, Sat. X dans SUIVRE
Un poëme excellent où tout marche et se suit, Art p. III dans SUIVRE
La vertu n'était pas sujette à l'ostracisme, Sat. X dans SUJET, ETTE
N'offrez point un sujet d'incidents trop chargé, Art p. III dans SUJET
Tous mes sots, à l'instant changeant de contenance, Ont loué du festin la superbe ordonnance, Sat. III dans SUPERBE
La table toutefois, sans superfluité, N'avait rien que d'honnête en sa frugalité, Sat. X dans SUPERFLUITÉ
Enfin t'ai-je dépeint la superstitieuse ?, Sat. X dans SUPERSTITIEUX, EUSE
Je vous supplie, sage Pluton, de m'expliquer fort au long ce que vous pensez de l'amitié, les Héros de roman dans SUPPLIER
Ce sont toutes bagatelles que j'ai la plupart composées dans ma plus tendre jeunesse, mais que j'ai un peu rajustées pour les rendre plus supportables au lecteur, 6e préf. dans SUPPORTABLE
Supposons toutefois qu'encor fidèle et pure, Sa vertu de ce choc revienne sans blessure, Sat. x dans SUPPOSER
Sans craindre archers, prévôt, ni suppôt de justice, Sat. VIII dans SUPPÔT
Du reste il [Apollon] l'enrichit [le sonnet] d'une beauté suprême, Art p. dans SUPRÊME
Ces pigeons sont dodus, mangez, sur ma parole, Sat. III dans SUR
Qui fait exactement ce que ma loi commande, A pour moi, dit ce Dieu, l'amour que je demande : Faites-le donc ; et, sûr qu'il nous veut sauver tous, Ne vous alarmez point par quelques vains dégoûts, Épît. XI dans SÛR, ÛRE
Il tire d'un déserteur, d'un prisonnier, d'un passant ce qu'il veut dire, ce qu'il veut taire, ce qu'il sait, et même ce qu'il ne sait pas ; tant il est sûr dans ses conséquences !, Louis de Bourbon. dans SÛR, ÛRE
De cette passion [l'amour] la sensible peinture Est pour aller au coeur la route la plus sûre, Art p. III dans SÛR, ÛRE
Toutefois à la cour les turlupins restèrent..., D'un jeu de mots grossier partisans surannés, Art p. II dans SURANNÉ, ÉE
Onze lustres complets surchargés de trois ans, Épît. X dans SURCHARGÉ, ÉE
Laissez mourir un fat dans son obscurité ; Un auteur ne peut-il pourrir en sûreté ?, Sat. IX dans SÛRETÉ
Le bois le plus funeste et le moins fréquenté Est au prix de Paris un lieu de sûreté, Sat. VI dans SÛRETÉ
Il n'est temple si saint, des anges respecté, Qui soit contre sa muse un lieu de sûreté [où il n'assaille les gens pour leur lire ses vers], Art p. IV dans SÛRETÉ
Il [l'homme riche] est aimé des grands, il est chéri des belles ; Jamais surintendant ne trouva de cruelles, Sat. VIII dans SURINTENDANT
Horace ne se contente pas d'appeler les gens par leur nom : il a si peur qu'on ne les méconnaisse, qu'il a soin de rapporter jusqu'à leur surnom, jusqu'au métier qu'ils faisaient, jusqu'aux charges qu'ils avaient exercées, Discours sur la satire. dans SURNOM
Du corps de ce dragon.... Une tête sortait en forme de pupitre, Dont le triangle affreux, tout hérissé de crins, Surpassait en grosseur nos plus épais lutrins, Lutr. IV dans SURPASSER
Son mari.... Se trouve assez surpris, rentrant dans la maison, De voir que le portier lui demande son nom, Sat. x. dans SURPRIS, ISE
Mais s'il faut qu'avant tout, dans une âme chrétienne, Diront ces grands docteurs, l'amour de Dieu survienne, Épît. XI dans SURVENIR
Souvent, pour m'achever, il survient une pluie, Sat. VI dans SURVENIR
Laissant de Galien la science suspecte, Art p. IV dans SUS-ORBITAIRE
Que toujours dans vos vers le sens, coupant les mots, suspende l'hémistiche, en marque le repos, Art p. I dans SUSPENDRE
Son époux s'en émeut, et son coeur éperdu Entre deux passions demeure suspendu, Lutr. II dans SUSPENDU, UE
Des villes que tu prends les noms durs et barbares N'offrent de toutes parts que syllabes bizarres, Épît. IV dans SYLLABE
Le nouveau Cicéron, tremblant, décoloré, Cherche en vain son discours sur sa langue égaré ; En vain, pour gagner temps, dans ses transes affreuses, Traîne d'un dernier mot les syllabes honteuses ; Il hésite, il bégaye, Lutr. VI dans SYLLABE
Guillaume, enfant de choeur, prête sa main novice ; Son front nouveau tondu, symbole de candeur...., Lutr. I dans SYMBOLE
Que Neptune en courroux, s'élevant sur la mer, D'un mot calme les flots, mette la paix dans l'air, Délivre les vaisseaux, des syrtes les arrache...., Art p. III dans SYRTES
[Une femme qui] Fait même à ses amants, trop faibles d'estomac, Redouter ses baisers pleins d'ail et de tabac ?, Sat. X dans TABAC
Le Parnasse parla le langage des halles ; Apollon travesti devint un Tabarin, Art p. I dans TABARIN
On apporte à l'instant ses somptueux habits, Où sur l'ouate molle éclate le tabis, Lutr. IV dans TABIS
On s'assied ; mais d'abord notre troupe serrée Tenait à peine autour d'une table carrée, Sat. III dans TABLE
Et qu'au retour tantôt un ample déjeuner Longtemps nous tienne à table et s'unisse au dîner, Lutr. IV dans TABLE
Que Racine, enfantant des miracles nouveaux, De ses héros sur lui [Louis XIV] forme tous les tableaux, Art p. IV dans TABLEAU
Que l'on cherche partout mes tablettes perdues ; Mais que, sans les ouvrir, elles me soient rendues, (vers de Quinault, Cyrus, I, 5, dans) Héros de romans. dans TABLETTE
L'épouse que tu prends, sans tache en sa conduite, Aux vertus, m'a-t-on dit, dans Port-Royal instruite, Sat. X dans TACHE
Et sur les pieds en vain tâchant de se hausser, Art p. IV dans TACHER
L'art se tailla des dieux d'or, d'argent et de cuivre, Sat. XI dans TAILLER
J'ai cent mille vertus en louis bien comptés ; Est-il quelque talent que l'argent ne me donne ? C'est ainsi qu'en son coeur ce financier raisonne, Épît. v. dans TALENT
La nature, fertile en esprits excellents, Sait entre les auteurs partager les talents, Art p. I dans TALENT
Soyez plutôt maçon, si c'est votre talent, ib. IV dans TALENT
Mon bien se monte à tant : tenez, voilà le vôtre, Sat. x. dans TANT
Ne sachant plus tantôt à quel saint me vouer, Sat. VI dans TANTÔT
Cet animal [la fourmi], tapi dans son obscurité, Jouit l'hiver des biens conquis durant l'été, Sat. VIII dans TAPI, IE
Si le sens de vos vers tarde à se faire entendre, Mon esprit aussitôt commence à se détendre, Art p. 1 dans TARDER
Jeune et brillant héros, dont la haute sagesse N'est point le fruit tardif d'une lente vieillesse, Disc. au roi. dans TARDIF, IVE
Molière [qui alors allait faire des lectures de sa pièce] avec Tartufe y doit jouer son rôle, Sat. III dans TARTUFE
Là sur des tas poudreux de sacs et de pratique Hurle tous les matins une sibylle étique, On l'appelle chicane, Lutr. v. dans TAS
Un tas de misérables sophistes formés dans l'école du mensonge, Disc. sur la satire XI dans TAS
Tels deux fougueux taureaux, de jalousie épris, Auprès d'une génisse au front large et superbe...., Lutr. v. dans TAUREAU
Qu'est devenu ce teint dont la couleur fleurie Semblait d'ortolans seuls et de bisques nourrie ?, Sat. III dans TEINT
Attends, discret mari, que la belle en cornette Le soir ait étalé son teint sur la toilette, Et dans quatre mouchoirs, de sa beauté salis, Envoie au blanchisseur ses roses et ses lis, ib. x. dans TEINT
L'or même à la laideur donne un teint de beauté, ib. VIII dans TEINT
Qu'il paraît bien nourri ! quel vermillon ! quel teint !, ib. X dans TEINT
Tel Hercule filant rompait tous les fuseaux, Lutr. v. dans TEL, ELLE
Telle qu'une bergère, au plus beau jour de fête, De superbes rubis ne charge point sa tête, .... Telle, aimable en son air, mais simple dans son style, Doit éclater sans pompe une élégante idylle, Art p. II dans TEL, ELLE
Déments donc tout Paris, qui, prenant la parole, Sur ce sujet encor de bons témoins pourvu, Tout prêt à le prouver, te dira : je l'ai vu, Sat. X dans TÉMOIN
Nous l'avons vu, dit l'une, affronter la tempête De cent foudres d'airain tournés contre sa tête, Épît. IV dans TEMPÊTE
Hâtons-nous ; le temps fuit, et nous traîne après soi ; Le moment où je parle est déjà loin de moi, Épît. III dans TEMPS
Vous pourrez voir, un temps, vos écrits estimés Courir de main en main par la ville semés, Sat. IX dans TEMPS
Bientôt ils défendront de peindre la Prudence, De figurer aux yeux la Guerre au front d'airain, Ou le Temps qui s'enfuit une horloge à la main, Art p. III dans TEMPS
Alors, cher Cinéas, victorieux, contents, Nous pourrons rire à l'aise, et prendre du bon temps, Épît. I dans TEMPS
Hélas ! qu'est devenu ce temps, cet heureux temps Où les rois s'honoraient du nom de fainéants ?, Lutr II dans TEMPS
En vain [l'orateur qui reste court], pour gagner temps, dans ses transes affreuses, Traîne d'un dernier mot les syllabes honteuses, Lutr. VI dans TEMPS
Mais je voudrais qu'on cherchât tout d'un temps...., Épigr. XXX dans TEMPS
Maudit soit l'auteur dur, dont l'âpre et rude verve, Son cerveau tenaillant, rima malgré Minerve, Épigr. XI dans TENAILLER
Que leurs tendres écrits [de Théocrite et de Virgile] par les Grâces dictés...., Art p. II dans TENDRE
Puis bientôt en grande eau sur le fleuve de Tendre Naviguer à souhait, tout dire et tout entendre, Sat. X dans TENDRE
Les héros chez Quinault parlent bien autrement, Et jusqu'à : Je vous hais, tout s'y dit tendrement, Sat. III dans TENDREMENT
Contez.... Que plus d'un grand m'aima jusques à la tendresse, Épît. X dans TENDRESSE
Mille oiseaux effrayants, mille corbeaux funèbres De ces murs désertés habitent les ténèbres, Lutr. III dans TÉNÈBRES
L'autre.... Pense être au jeudi saint, croit que l'on dit Ténèbres, Lutr. IV dans TÉNÈBRES
Ce n'est plus qu'un coeur bas, un coquin ténébreux, Ép. IX dans TÉNÉBREUX, EUSE
Une servile peur tint lieu de charité, Le besoin d'aimer Dieu passa pour nouveauté, Lutr. VI dans TENIR
Je vais de toutes parts où me guide ma veine, Sans tenir en marchant une route certaine, Disc. au roi. dans TENIR
Tout doit tendre au bon sens ; mais, pour y parvenir, Le chemin est glissant et pénible à tenir, Art p. I dans TENIR
Et qu'ensuite [dans le sonnet] six vers artistement rangés Fussent en deux tercets par le sens partagés, Art p. II dans TERCET
Ce terme est équivoque, il le faut éclaircir, Art p. I dans TERME
Et ne présume pas que Vénus ou Satan Souffre qu'elle en demeure aux termes du roman, Sat. x. dans TERME
D'où vient qu'elle a l'oeil trouble et le teint si terni ? C'est que sur le calcul, dit-on, de Cassini, Un astrolabe en main, elle a dans sa gouttière à suivre Jupiter passé la nuit entière, Sat. X dans TERNI, IE
Il terrasse lui seul et Guibert et Grasset, Et Gorillon la basse et Grandin le fausset, Lutr. v. dans TERRASSER
Ses vers plats et grossiers, dépourvus d'agrément, Toujours baisent la terre et rampent tristement, Art p. II dans TERRE
Paul.... Est curé maintenant et met les gens en terre, Épigr. XX dans TERRE
J'aime mieux un ruisseau.... .... Qu'un torrent débordé qui, d'un cours orageux, Roule, plein de gravier, sur un terrein fangeux, Art p. I dans TERREIN
Il [Benserade parlant du déluge] s'exprime ainsi : Dieu lava bien la tête à son image ; peut-on.... dire rien de plus petit ni de plus ridicule ?..., Préf. VI, de l'édit. de 1701 dans TÊTE
J'ai trop bien profité pour n'être pas instruit à quels discours malins le mariage expose ; Je sais que c'est un texte où chacun fait sa glose, Sat. x. dans TEXTE
Chez nos dévots aïeux le théâtre abhorré Fut longtemps dans la France un plaisir ignoré, Art p. III dans THÉÂTRE
Le théâtre, fertile en censeurs pointilleux, Chez nous pour se produire est un champ périlleux, ib. dans THÉÂTRE
Le théâtre [à Athènes] perdit son antique fureur, ib. dans THÉÂTRE
[Les maladies] Sur le duvet d'un lit, théâtre de ses gênes, Lui font scier des rocs, lui font fendre des chênes, Ép. X dans THÉÂTRE
Bientôt ils défendront de peindre la Prudence, De donner à Thémis ni bandeau ni balance, Art p. III dans THÉMIS
Les arrêts de Thémis Et Thémis pour voir clair a besoin de tes yeux, Épît. VI dans THÉMIS
Une lâche tiédeur s'empara des courages, Lutr. VI dans TIÉDEUR
Et le mien et le tien, deux frères pointilleux, Par son ordre amenant les procès et la guerre, En tous lieux de ce pas vont partager la terre, Sat. X dans TIEN
Aux accents dont Orphée emplit les monts de Thrace, Les tigres amollis dépouillent leur audace, Art p. IV dans TIGRE et TIGRESSE
Qu'on ne s'attende pas pourtant de trouver ici une version timide et scrupuleuse des paroles de Longin, Traité du sublime, Préface du trad. 1674 dans TIMIDE
....Ces rois nés valets de leurs propres ministres, Et qui, jamais en main ne prenant le timon, Aux exploits de leur temps ne prêtaient que leur nom, Épît. VIII dans TIMON
Pour me tirer des pleurs il faut que vous pleuriez, Art p. III dans TIRER
Le sort, dit le prélat, vous servira de loi ; Que l'on tire au billet ceux que l'on doit élire, Lutr. 1 dans TIRER
Il tourne le bonnet ; l'enfant tire, et Brontin Est le premier des noms qu'apporte le destin, Lutr. I dans TIRER
Ils tremblent qu'un censeur.... N'aille du fond du puits tirer la vérité, Disc. au roi. dans TIRER
Attendez.... c'est depuis vingt ans, On en tira cent exemplaires, Epigr. 5 dans TIRER
Vous avez grande raison de ne me point mettre au rang de ces oncles trop oncles, et je n'ai pour vous que des sentiments qui tirent droit au paternel, Lett. à la Chapelle, 3 janv. 1700 dans TIRER
Le monument ne me semble pas de fort grand goût, et a une pesanteur, à mon avis, tirant au gothique, Lett. à Brossette, 14 mai 1707 dans TIRER
Ai-je offert à tes yeux ces tristes Tisiphones, Ces monstres pleins d'un fiel que n'ont pas les lionnes ?, Sat. x (Voltaire ne veut pas de cette rime, il prononçait ône, Lett. Laus, 7 déc. 1770). dans TISIPHONE
.... tous ces vains amas de frivoles sornettes, Montre, Miroir d'amour, Amitiés, Amourettes, Dont le titre souvent est l'unique soutien, Et qui, parlant beaucoup, ne disent jamais rien, Épît. IX dans TITRE
Traiter comme Senaut toutes les passions, Et, les distribuant par classes et par titres, Dogmatiser en vers et rimer par chapitres, Sat. VIII dans TITRE
Et l'orgueil, d'un faux titre appuyant sa faiblesse, Maîtrisa les humains sous le nom de noblesse, Sat. v. dans TITRE
D'autre part un galant.... Condamne la science, et, blâmant tout écrit, Croit qu'en lui l'ignorance est un titre d'esprit, Sat. IV dans TITRE
Attends, discret mari, que la belle en cornette Le soir ait étalé son teint sur la toilette, Sat. X dans TOILETTE
Alors, pour se couvrir durant l'âpre saison, Il fallut aux brebis dérober leur toison, Épît. III dans TOISON
L'un croit que le tonnerre est tombé sur les toits, Et que l'église brûle une seconde fois, Lutr. IV dans TOIT
Avant qu'un peu de terre, obtenu par prière, Pour jamais sous la tombe eût enfermé Molière, Ép. VII dans TOMBE
Ceux qui sont morts sont morts ; Le tombeau contre vous ne peut-il les défendre ?, Sat. IX dans TOMBEAU
Là, près d'un Guarini, Térence tombe à terre, Lutr. V dans TOMBER
Il [l'homme] tourne au moindre vent, il tombe au moindre choc, Aujourd'hui dans un casque, et demain dans un froc, Sat. VIII dans TOMBER
Isocrate, dans son Panégyrique, par une sotte ambition de ne vouloir rien dire qu'avec emphase, est tombé, je ne sais comment, dans une faute de petit écolier, Longin, Subl. ch. 31 dans TOMBER
Thespis fut le premier qui.... Et, d'acteurs mal ornés chargeant un tombereau, Arausa les passants d'un spectacle nouveau, Art p. III dans TOMBEREAU
Ma plume, ici traçant ces mots par alphabet, Pourrait d'un nouveau tome augmenter Richelet [dictionnaire], Sat. X dans TOME
Ton oncle, dis-tu, l'assassin, M'a guéri d'une maladie, Épigr. XX dans TON
Je n'ai ni le ton ni la voix assez forte, Disc. au roi. dans TON
J'en suis sorti.... la poitrine beaucoup plus dégagée..... et même mon laquais m'ayant demandé quelque chose, je lui ai répondu un non à pleine voix qui l'a surpris lui-même.... il est vrai que je n'ai pu depuis rattraper ce ton-là, mais, comme vous voyez.... c'en est assez pour me remettre le coeur au ventre, Lett. à Racine, 23 août 1687 dans TON
Un esprit né sans fard, sans basse complaisance, Fuit ce ton radouci que prend la médisance, Sat. IX dans TON
Souffrirez-vous toujours qu'un orgueilleux m'outrage.... et, s'égalant à moi, Donne à votre lutrin et le ton et la loi, Lutr. I dans TON
Ce n'était pas jadis sur ce ton ridicule Qu'Amour dictait les vers que soupirait Tibulle, Art p. II dans TON
Prenez mieux votre ton; soyez simple avec art, ib. I dans TON
Tout a l'humeur gasconne en un auteur gascon; Calprenède et Juba parlent du même ton, ib. III dans TON
Son front nouveau tondu, symbole de candeur, Lutr. I dans TONDU, UE
Pour moi qu'en santé même un autre monde étonne, Qui crois l'âme immortelle, et que c'est Dieu qui tonne, Sat. I dans TONNER
Dieu pour s'y faire ouïr tonnerait vainement, Sat. VI dans TONNER
Peindre Bellone en feu tonnant de toutes parts, Sat. IX dans TONNER
La Discorde, qui voit leur honteuse disgrâce, Dans les airs cependant tonne, éclate, menace, Lutr. III dans TONNER
N'allez pas dès l'abord.... Crier à vos lecteurs d'une voix de tonnerre : Je chante le vainqueur des vainqueurs de la terre, Art p. III dans TONNERRE
[Dans la Fable] Ce n'est plus la vapeur qui produit le tonnerre, C'est Jupiter armé pour effrayer la terre, Art p. III dans TONNERRE
Et sur le couple pâle et déjà demi-mort Fait tomber à deux mains l'effroyable tonnerre [un énorme in-folio], Lutr. v. dans TONNERRE
J'ai traité de Topinamboux Tous ces beaux censeurs, je l'avoue, Qui, de l'antiquité si follement jaloux, Aiment tout ce qu'on hait, blâment tout ce qu'on loue, Épigr. XX dans TOPINAMBOUX
Et l'Académie, entre nous, Souffrant chez soi de si grands fous, Me semble un peu topinamboue, Épigr. 25 dans TOPINAMBOUX
Un torrent débordé qui, d'ur cours orageux, Roule plein de gravier sur un terrain fangeux, Art p. I dans TORRENT
Et les nombreux torrents qui tombent des gouttières, Sat. VI dans TORRENT
Il va nous inonder des torrents de sa plume, Lutr. IV dans TORRENT
Où sont ces grands guerriers dont les fatales ligues Devaient à ce torrent [Louis XIV] opposer tant de digues ?, Art p. IV dans TORRENT
Et, se laissant aller à son esprit tortu, De ses propres défauts se fait une vertu, Sat. IV dans TORTU, UE
Le prélat et sa troupe à pas tumultueux Descendaient du Palais l'escalier tortueux, Lutr. v. dans TORTUEUX, EUSE
Et déjà vous croyez dans vos rimes obscures Aux Saumaises futurs préparer des tortures, Sat. IX dans TORTURE
Bien que j'aie toujours entendu prononcer des opéras comme on dit des factums et des totons, je ne voudrais pas assurer qu'on le doive écrire, et je pourrais bien m'être trompé en l'écrivant de la sorte, Réflex. crit. sur Longin, VIII dans TOTON
Le secret est d'abord de plaire et de toucher, Art p. III dans TOUCHER
Un style trop égal et toujours uniforme, En vain brille à nos yeux, il faut qu'il nous endorme, Art p. I dans TOUJOURS
Un sage ami, toujours rigoureux, inflexible, ib. dans TOUJOURS
Aimez sa pureté [de Malherbe], Et de son tour heureux imitez la clarté, Art p. I dans TOUR
Si le terme est impropre ou le tour vicieux, ib. dans TOUR
Les oppresseurs du peuple à leur tour gémissants, Épît. I dans TOUR
Le superbe animal [un taureau], agité de tourments, Exhale sa douleur en longs mugissements, Lutr. I dans TOURMENT
Leur esprit [aux poëtes] toutefois se plaît dans son tourment, Ép. X dans TOURMENT
Quoi ! dira-t-on d'abord, un ver, une fourmi, Un taureau qui rumine, une chèvre qui broute, Ont l'esprit mieux tourné que n'a l'homme ?..., Sat. VIII dans TOURNÉ, ÉE
[Il] Approuve l'escalier, tourné d'autre façon, Art p. IV dans TOURNÉ, ÉE
Je ne vous cacherai point, monsieur, que j'ai été attaqué depuis près de quatre mois d'un tournement de tête qui ne m'a pas permis de m'appliquer à rien, Lett. à Brossette, 24 nov. 1707 dans TOURNEMENT
Et le pupitre enfin tourne sur son pivot, Lutr. III dans TOURNER
D'un carrosse, en tournant, il accroche une roue, Sat. VI dans TOURNER
Il l'observe de l'oeil ; et, tirant vers la droite, Tout d'un coup tourne à gauche...., Lutr. v. dans TOURNER
Sur une table longue et façonnée exprès, D'un tournoi de bassette ordonner les apprêts, Sat. x. dans TOURNOI
.... en tout lieu disposée à les suivre, Sat. XI dans TOUT, TOUTE
Tout éloge imposteur blesse une âme sincère, Épît. IX dans TOUT, TOUTE
Deux nobles campagnards, grands lecteur de romans, Qui m'ont dit tout Cyrus dans leurs longs compliments, Sat. III dans TOUT, TOUTE
Que d'un art délicat les pièces assorties N'y forment qu'un seul tout de diverses parties, Art p. I dans TOUT, TOUTE
Car Mignot, c'est tout dire, et dans le monde entier Jamais empoisonneur ne su mieux son métier, Sat. III dans TOUT, TOUTE
Tout n'est pas Caumartin, Bignon ni d'Aguesseau, Sat. X dans TOUT, TOUTE
C'est là ce qui fait peur aux esprits de ce temps, Qui, tout blancs au dehors, sont tout noirs au dedans, Disc. au roi. dans TOUT, TOUTE
D'un repas sortant toute enfumée, Sat. X dans TOUT, TOUTE
Dès le temps nouveau-né, quand la toute-puissance D'un mot forma le ciel, l'air, la terre et les flots, Sat. XI dans TOUTE-PUISSANCE
Seul tu peux révéler par quel art tout-puissant Tu rendis tout à coup le chantre obéissant, Lutr. VI dans TOUT-PUISSANT et TOUTEPUISSANTE
Un homme issu d'un sang fécond en demi-dieux, Suit, comme toi, la trace où marchaient ses aïeux, Sat. v. dans TRACE
Aussitôt trente noms, sur le papier tracés, Sont au fond d'un bonnet par billets entassés, Lutr. I dans TRACÉ, ÉE
Le blé, pour se donner, sans peine ouvrant la terre, N'attendait point qu'un boeuf pressé de l'aiguillon Traçât à pas tardifs un pénible sillon, Épît. III dans TRACER
Est-ce là cet auteur, l'effroi de la Pucelle, Qui devait des bons vers nous tracer le modèle ?, Ép. I dans TRACER
Ma plume ici, traçant ces mots par alphabet, Pourrait d'un nouveau tome augmenter Richelet, Sat. x. dans TRACER
T'ai-je tracé la vieille à morgue dominante ?, Sat. x. dans TRACER
L'un peut tracer en vers une amoureuse flamme, Art p. I dans TRACER
C'est ainsi qu'à son fils un usurier habile Trace vers la richesse une route facile, Sat. VIII dans TRACER
...le sec traducteur du français d'Amyot, Épît. VII dans TRADUCTEUR
Un vil amour du gain infectant les esprits.... Trafiqua du discours et vendit les paroles, Art p. IV dans TRAFIQUER
Ainsi, pour nous charmer, la Tragédie en pleurs D'Oedipe tout sanglant fit parler les douleurs, Art p. III dans TRAGÉDIE
La tragédie, informe et grossière en naissant, N'était qu'un simple choeur où chacun en dansant, Et du dieu des raisins entonnant les louanges, S'efforçait d'attirer de fertiles vendanges ; Là, le vin et la joie éveillant les esprits, Du plus habile chantre un bouc était le prix, Art p. III dans TRAGÉDIE
Je ferais voir que, pour la tragédie, nous sommes beaucoup supérieurs aux Latins, qui ne sauraient opposer à tant d'excellentes pièces tragiques que nous avons en notre langue, que quelques déclamations plus pompeuses que raisonnables d'un prétendu Sénèque, et un peu de bruit qu'ont fait en leur temps le Thyeste de Varius et la Médée d'Ovide, Lett. à Perrault. dans TRAGÉDIE
Des succès fortunés du spectacle tragique, Dans Athènes naquit la comédie antique, Art p. III dans TRAGIQUE
L'un ou l'autre fit-il une tragique fin ?, Sat. VII dans TRAGIQUE
Je ne puis estimer ces dangereux auteurs Qui.... Trahissant la vertu sur un papier coupable..., Art p. IV dans TRAHIR
Et pourquoi cette épargne enfin ? l'ignores-tu ? Afin qu'un héritier bien nourri, bien vêtu, Profitant d'un trésor en tes mains inutile, De son train quelque jour embarrasse la ville, Sat. VIII dans TRAIN
Elle a pour premier point.... Exigé qu'un époux ne la contraigne point à traîner après elle un pompeux équipage, Sat. x. dans TRAÎNER
Cotin à ses sermons traînant toute la terre, ib. IX dans TRAÎNER
Hâtons-nous ; le temps fuit et nous traîne avec soi, Ép. III dans TRAÎNER
Que feriez-vous, hélas ! si quelque exploit nouveau Chaque jour, comme moi, vous traînait au barreau ?, Lutr. III dans TRAÎNER
Et traînant avec soi les horreurs de la guerre, Sat. VIII dans TRAÎNER
En vain pour gagner temps, dans ses transes affreuses, [un orateur] Traîne d'un dernier mot les syllabes honteuses, Lutr. VI dans TRAÎNER
D'un vin pur et vermeil il fait remplir sa coupe, Il l'avale d'un trait, et chacun l'imitant...., Lutr. I dans TRAIT
En voilà déjà trois peints d'assez heureux traits, Sat. X dans TRAIT
Et surtout prenez soin d'effacer bien les traits Dont tant de peintres faux ont flétri mes portraits, Ép. X dans TRAIT
C'est peu qu'en un ouvrage où les fautes fourmillent, Des traits d'esprit semés de temps en temps pétillent, Art p. I dans TRAIT
La nature, féconde en bizarres portraits, Dans chaque âme est marquée à de différents traits, Art p. III dans TRAIT
Que de traits surprenants sans cesse il nous réveille, Qu'il coure dans ses vers de merveille en merveille, Art p. III dans TRAIT
L'un peut tracer en vers une amoureuse flamme ; L'autre, d'un trait plaisant aiguiser l'épigramme, Art p. I dans TRAIT
Et, pour finir enfin par un trait de satire, Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire, ib. dans TRAIT
Aujourd'hui, vieux lion, je suis doux et traitable, Épît. v. dans TRAITABLE
Sache quelle province enrichit les traitants, Sat. VIII dans TRAITANT
Et lui-même, traité de fourbe et d'imposteur, Sat. X dans TRAITÉ, ÉE
Ces douces Ménades, Qui, dans leurs vains chagrins sans mal toujours malades, Se font, des mois entiers, sur un lit effronté, Traiter d'une visible et parfaite santé, Sat. x. dans TRAITER
Un clerc, pour quinze sous, sans craindre le holà, Peut aller au parterre attaquer Attila, Et, si le roi des Huns ne lui charme l'oreille, Traiter de visigoths tous les vers de Corneille, Sat. IX dans TRAITER
À peine ai-je senti cette liqueur traîtresse, Que de ces vins mêlés j'ai reconnu l'adresse, Sat. III dans TRAÎTRE, ESSE
Dès que l'ombre tranquille Viendra d'un crêpe noir envelopper la ville, Lutr. I dans TRANQUILLE
Son mari, qu'une affaire appelle dans la ville, Et qui chez lui sortant a laissé tout tranquille, Sat. X dans TRANQUILLE
Lui-même [un poëte] il s'applaudit, et d'un esprit tranquille Prend le pas au Parnasse au-dessus de Virgile, Sat. IV dans TRANQUILLE
Passer tranquillement, sans souci, sans affaire, La nuit à bien dormir, et le jour à rien faire, Sat. II dans TRANQUILLEMENT
Si, par un sort pourtant qu'on ne peut concevoir, La belle, tout d'un coup rendue insociable, D'ange, ce sont vos mots, se transformait en diable, Sat. x. dans TRANSFORMER
Je hais ces vains auteurs.... Qui.... fous de sens rassis, S'érigent pour rimer en amoureux transis, Art p. II dans TRANSI, IE
Par cette transition imprévue il prévient le lecteur, et la transition est faite avant que le poëte même ait songé qu'il la faisait, Longin, Subl. 23 dans TRANSITION
Sentiez-vous, dites-moi, ces violents transports Qui d'un esprit divin font mouvoir les ressorts ?, Sat. IX dans TRANSPORT
D'est lui qui vous dira par quels transports heureux Quelquefois dans sa course un esprit vigoureux, Trop resserré par l'art, sort des règles prescrites, Art p. IV dans TRANSPORT
Pour moi j'étais si transporté Que, donnant de fureur tout le festin au diable...., Sat. III dans TRANSPORTÉ, ÉE
En transportant cent fois et le nom et le verbe, Dans mes vers recousus mettre en pièces Malherbe, Sat. II dans TRANSPORTER
Rare et fameux esprit [Molière], dont la fertile veine Ignore, en écrivant, le travail et la peine, Sat. II dans TRAVAIL
Que produira l'auteur après tous ces grands cris ? La montagne en travail enfante une souris, Art p. III dans TRAVAIL
Je sais qu'un noble esprit peut, sans honte et sans crime, Tirer de son travail un profit légitime, Art p. IV dans TRAVAIL
Mon père, soixante ans au travail appliqué, En mourant me laissa...., Ép. v. dans TRAVAIL
Afin qu'en ta vieillesse un livre en maroquin Aille offrir ton travail à quelque heureux faquin, Sat. VIII dans TRAVAIL
Un poëme excellent où tout marche et se suit N'est pas de ces travaux qu'un caprice produit, Art poét. III dans TRAVAIL
Un ouvrage ne doit point paraître trop travaillé ; mais il ne saurait être trop travaillé, Préf. VI, pour l'édition de 1701 dans TRAVAILLÉ, ÉE
Quelque léger dégoût vient-il le travailler...., Sat. x. dans TRAVAILLER
Je sens [quand j'écris une satire] que mon esprit travaille de génie, Sat. VII dans TRAVAILLER
On ne peut pas toujours travailler, prier, lire ; Il vaut mieux s'occuper à jouer qu'à médire, Sat. X dans TRAVAILLER
Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse, Art p. I dans TRAVAILLER
Est-ce pour travailler que vous êtes prélat ?, Lutr. I dans TRAVAILLER
Et, quand la rime enfin se trouve au bout des vers, Qu'importe que le reste y soit mis de travers ?, Sat. II dans TRAVERS
Au travers des ombres de la nuit, Le timide escadron se dissipe et s'enfuit, Lutr. III dans TRAVERS
Mais un auteur novice à répandre l'encens Souvent à son héros, dans un bizarre ouvrage, Donne de l'encensoir au travers du visage, Épît. IX dans TRAVERS
Nous allons traverser les sables de Libye, Épît. I dans TRAVERSER
Apollon travesti devint un Tabarin, Art p. I dans TRAVESTI, IE
Ce poëte orgueilleux [Ronsard], trébuché de si haut, Rendit plus retenus Desportes et Bertaut, Art p. I dans TRÉBUCHÉ, ÉE
J'y passe en trébuchant [sur la planche d'un ruisseau], Sat. VI dans TRÉBUCHER
Et qui, voyant un fat s'applaudir d'un ouvrage Où la droite raison trébuche à chaque page, Ne s'écrie aussitôt : l'impertinent auteur !, Sat. IX dans TRÉBUCHER
Je vous ai vu cent fois, sous sa main bénissante, Courber servilement une épaule tremblante, Lutr. IV dans TREMBLANT, ANTE
Et mon esprit, tremblant sur le choix de ses mots, N'en dira jamais un, s'il ne tombe à propos, Sat. II dans TREMBLER
Cet astre tremblotant [une bougie] dont le jour les conduit Est pour eux un soleil au milieu de la nuit, Lutr. III dans TREMBLOTANT, ANTE
Sous leurs corps tremblotants leurs genoux s'affaiblissent, ib. dans TREMBLOTANT, ANTE
Et, sans les prompts secours qu'on prit soin d'apporter, Il serait sur son lit peut-être à trembloter, Sat. X dans TREMBLOTER
Il trépigne de joie, il pleure de tendresse, Art p. I dans TRÉPIGNER
La vieillesse chagrine incessamment amasse, Garde, non pas pour soi, les trésors qu'elle entasse, Art p. III dans TRÉSOR
Rare et fameux esprit.... Pour qui tient Apollon tous ses trésors ouverts, Sat. II dans TRÉSOR
Son livre est d'agréments un fertile trésor, Art p. III dans TRÉSOR
.. Grossit ses magasins des trésors de Cérès, Sat. VIII dans TRÉSOR
Et chez le trésorier de ce pas à grand bruit Vient étaler au jour les crimes de la nuit, Lutr. v dans TRÉSORIER
Mais pour un faux plaisant.... Qu'il s'en aille, s'il veut, sur deux tréteaux monté, Amusant le pont Neuf de ses sornettes fades...., Art p. III dans TRÉTEAU
Une tête [d'un dragon vu en songe] sortait en forme de pupitre, Dont le triangle affreux, tout hérissé de crins, Surpassait en grosseur nos plus épais lutrins, Lutr. IV dans TRIANGLE
Je sais qu'un noble esprit peut sans honte et sans crime Tirer de son travail un tribut légitime, Art p. IV dans TRIBUT
Et nos voisins frustrés de ces tributs serviles Que payait à leur art le luxe de nos villes [il s'agit de l'établissement des manufactures sous Louis XIV], Épît. I dans TRIBUT
Marot bientôt après fit fleurir les ballades, Tourna des triolets, rima des mascarades, Art p. I dans TRIOLET
Chanter du peuple hébreu la fuite triomphante, Art. p. I dans TRIOMPHANT, ANTE
Voilà nos deux époux sans valets, sans enfants, Tout seuls dans leur logis, libres et triomphants, Sat. x. dans TRIOMPHANT, ANTE
Aussitôt [après un trait malin de satire] je triomphe, et ma muse en secret S'estime et s'applaudit du beau coup qu'elle a fait, Sat. VII dans TRIOMPHER
La Discorde triomphe, et du combat fatal Par un cri donne en l'air l'effroyable signal, Lutr. v. dans TRIOMPHER
Je ne suis pas pourtant de ces tristes esprits, Qui, bannissant l'amour de tous chastes écrits, D'un si riche ornement veulent priver la scène, Traitent d'empoisonneurs et Rodrigue et Chimène...., Art p. IV dans TRISTE
Des voleurs qui chez eux pleins d'espérance entrèrent De cette triste vie enfin les délivrèrent, Sat. x. dans TRISTE
Vers son triste penchant [l'avarice] son naturel guidé Le fit dans une avare et sordide famille Chercher un monstre affreux sous l'habit d'une fille, Sat. x dans TRISTE
Et le triste orateur Demeure enfin muet aux yeux du spectateur, Lutr. VI dans TRISTE
À la fin tous ces jeux que l'athéisme élève, Conduisent tristement le plaisant à la Grève, Art p. II dans TRISTEMENT
Elle [l'élégie] peint des amants la joie et la tristesse, Art p. II dans TRISTESSE
On ne vit plus en vers que pointes triviales, Le Parnasse parla le langage des halles, Art p. I dans TRIVIAL, ALE
On peut trouver encor quelque femme fidèle ; Sans doute, et dans Paris, si je sais bien compter, Il en est jusqu'à trois que je pourrais citer, Sat. X dans TROIS
La bonne foi dans l'amour conjugal N'alla pas jusqu'au temps du troisième métal, Sat. X dans TROISIÈME
Jadis l'homme vivait au travail occupé, Et, ne trompant jamais, n'était jamais trompé, Épît. IX dans TROMPER
Le burlesque effronté Trompa les yeux d'abord, plut par la nouveauté, Art p. I dans TROMPER
Mais souvent dans ce style un rimeur aux abois Jette là, de dépit, la flûte et le hautbois, Et, follement pompeux, dans sa verve indiscrète, Au milieu d'une églogue entonne la trompette, Art p. II dans TROMPETTE
Je ne vois rien en vous qu'un lâche, un imposteur.... Et d'un tronc fort illustre une branche pourrie, Sat. v. dans TRONC
Tout ce qu'on dit de trop est fade et rebutant, Art p. I dans TROP
Assez et trop longtemps ma lâche complaisance De vos jeux criminels a nourri l'insolence, Sat. IX dans TROP
Que le trouble, toujours croissant de scène en scène, à son comble arrivé, se débrouille sans peine, Art p. III dans TROUBLE
Tout le trouble poétique à Paris s'en va cesser ; Perrault l'antipindarique Et Despréaux l'homérique Consentent de s'embrasser, Épigr. XXIX dans TROUBLE
Je me suis réveillé plein de trouble et d'horreur, Lutr. IV dans TROUBLE
D'où vient qu'elle a l'oeil trouble et le teint si terni ?, Sat. x. dans TROUBLE
Dieu disparut lui-même à leurs troubles regards, Sat. XI dans TROUBLE
L'Aurore cependant d'un juste effroi troublée, Lutr. v. dans TROUBLÉ, ÉE
Irai-je dans une ode, en phrases de Malherbe, Troubler dans ses roseaux le Danube superbe ?, Sat. IX dans TROUBLER
Quel sujet inconnu vous trouble et vous altère ?, Sat. III dans TROUBLER
Moi ! dit-il, qu'à mon âge, écolier tout nouveau, J'aille pour un lutrin me troubler le cerveau !, Lutr. IV dans TROUBLER
Ton auguste présence Troublant par trop d'éclat sa timide éloquence, Lutr. VI dans TROUBLER
Quel chagrin, lui dit-il, trouble votre sommeil ?, Lutr. IV dans TROUBLER
Et ne voyez-vous pas que leur troupe en furie [des poëtes critiqués par Boileau] Va prendre encor ces vers pour une raillerie ?, Sat. IX dans TROUPE
Lui-même le premier, pour honorer la troupe, D'un vin pur et vermeil il fait remplir la coupe, Lutr. I dans TROUPE
Comme on voit les frelons, troupe lâche et stérile..., Sat. I dans TROUPE
Un sort malencontreux Conduit en cet endroit un grand troupeau de boeufs, Sat. VI dans TROUPEAU
Que dit-il, quand il voit, avec la mort en trousse, Courir chez un malade un assassin en housse [un médecin] ?, Sat. VIII dans TROUSSE
C'est là ce qu'on appelle un ouvrage achevé ; Surtout l'anneau royal me semble bien trouvé, Sat. III dans TROUVÉ, ÉE
Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire, Art p. I dans TROUVER
Ou qu'il voit la justice en grosse compagnie Mener tuer un homme avec cérémonie, Sat. VIII dans TUER
N'avez-vous pas reçu ma lettre où je vous donnais la vie [dans le duel entre Mme de Sévigné et Bussy], et ne voulais pas vous tuer à terre ?, à Bussy, 4 déc. 1668 dans TUER
Il [Chapelain] se tue à rimer : que n'écrit-il en prose ?, Sat. IX dans TUER
Le vieillard de ses soins bénit l'heureux succès, Et sur un bois détruit bâtit mille procès ; L'espoir d'un doux tumulte excitant son courage, Il ne sent plus le poids ni les glaces de l'âge, Lutr. v. dans TUMULTE
Le prélat et sa troupe, à pas tumultueux, Descendaient du Palais l'escalier tortueux, Lutr. v. dans TUMULTUEUX, EUSE
Toutefois à la cour les turlupins restèrent, Insipides plaisants, bouffons infortunés, D'un jeu de mots grossier partisans surannés, Art. p. II dans TURLUPIN
Et l'orphelin n'est plus dévoré du tuteur, Lutr. VI dans TUTEUR, TRICE
La soif de commander enfanta des tyrans, Sat. X dans TYRAN
L'un et l'autre, à mon sens, ont le cerveau troublé, Sat. IV dans UN, UNE
L'un et l'autre rival, s'arrêtant au passage, Se mesure des yeux, s'observe, s'envisage, Lutr. v. dans UN, UNE
Étudiez la cour et connaissez la ville ; L'une et l'autre est toujours en modèles fertile, Art p. III dans UN, UNE
La postérité jugera qui vaut le mieux des deux [Corneille et Racine] ; car je suis persuadé que les écrits de l'un et de l'autre passeront aux siècles suivants ; mais jusque-là ni l'un ni l'autre ne doit être mis en parallèle avec Euripide et avec Sophocle, puisque leurs ouvrages n'ont point encore le sceau qu'ont les ouvrages d'Euripide et de Sophocle, je veux dire l'approbation de plusieurs siècles, Réfl. crit. sur Longin, réfl. VII dans UN, UNE
Aux temps les plus féconds en Phrynés, en Laïs, Plus d'une Pénélope honora son pays, Sat. x. dans UN, UNE
Je viens d'apprendre en ce moment que M. de Soubise, dont je ne parle point, est un de ceux qui s'y est le plus signalé, Ép. IV, Avertiss. dans UN, UNE
J'entends déjà frémir les deux mers étonnées De voir leurs flots unis au pied des Pyrénées, Ép. I dans UNI, IE
Un style trop égal et toujours uniforme En vain brille à nos yeux, il faut qu'il nous endorme, Art. p. I dans UNIFORME
Ce jugement et cette approbation uniforme de tant d'esprits, si discordants d'ailleurs...., Longin, Subl. v. dans UNIFORME
C'est ainsi qu'à son fils un usurier habile Trace vers la richesse une route facile, Sat. VIII dans USURIER, IÈRE
Dans le calme odieux de sa sombre paresse, Tous les honteux plaisirs, enfants de la mollesse, Usurpant sur son âme un absolu pouvoir, De monstrueux désirs le viennent émouvoir, Épît. X dans USURPER
Mais [moi] qu'une humeur trop libre, un esprit peu soumis De bonne heure a pourvu d'utiles ennemis, Épît. VII dans UTILE
La satire en leçons, en nouveautés fertile, Sait seule assaisonner le plaisant et l'utile, Sat. IX dans UTILE
Quittez ces vains plaisirs dont l'appât vous abuse, Sat. IX dans VAIN, AINE
Imite mon exemple, et lorsqu'une cabale, Un flot de vains auteurs follement te ravale...., Ép. VII dans VAIN, AINE
Par un ouvrage enfin, des critiques vainqueur, Épître v. dans VAINQUEUR
Tel fut ce roi des bons chevaux.... Qui, trottant nuit et jour et par monts et par vaux, Galopa, dit l'histoire, une fois en sa vie, Poés. div. XX dans VAL
Vous dirai - je encor plus ? soit faiblesse ou raison, Je suis las de me voir le soir en ma maison, Seul avec des valets souvent voleurs et traîtres, Et toujours, à coup sûr, ennemis de leurs maîtres, Sat. x. dans VALET
Valet souple au logis, fier huissier à l'église, Lutr. IV dans VALET
Oh ! que, si je vivais sous les règnes sinistres De ces rois nés valets de leurs propres ministres, Et qui, jamais en main ne prenant le timon, Aux exploits de leur temps ne prêtaient que leur nom, Épître VIII dans VALET
Concluons qu'il n'y a qu'une longue suite d'années qui puisse établir la valeur et le vrai mérite d'un ouvrage, Longin, Subl. Réfl. VII dans VALEUR
Et, sans aller rêver dans le double vallon, La colère suffit et vaut un Apollon, Sat. I dans VALLON
On dirait qu'ils ont seuls l'oreille d'Apollon, Qu'ils disposent de tout dans le sacré vallon, Disc. au roi. dans VALLON
C'est par là que je vaux, si je vaux quelque chose, Sat. VII dans VALOIR
Cependant, à le voir avec tant d'arrogance Vanter le faux éclat de sa haute naissance, Sat. v. dans VANTER
Girot en vain l'assure, et, riant de sa peur, Nomme sa vision l'effet d'une vapeur, Lutr. IV dans VAPEUR
Sans cesse en écrivant variez vos discours, Art p. I dans VARIER
Et, traînant avec soi les horreurs de la guerre, De sa vaste folie emplir toute la terre, Sat. VIII dans VASTE
D'un trait de ce poëme [la satire], en bons mots si fertile, Le Français, né malin, créa le vaudeville, Agréable indiscret, qui, conduit par le chant, Passe de bouche en bouche et s'accroît en marchant, Art p. II dans VAUDEVILLE
Tous les criminels [des enfers], résolus de ne pas vous obéir [à vous Pluton], ont pris les armes ; j'ai rencontré là-bas Prométhée avec son vautour sur le poing, Héros de romans dans VAUTOUR
On peut comparer le premier [Démosthène] à cause de la violence, de sa rapidité, de la force et de la véhémence avec laquelle il ravage pour ainsi dire et emporte tout, à une tempête et à un foudre, Longin, Subl. ch. 10 dans VÉHÉMENCE
Oui, je sais qu'entre ceux qui t'adressent leurs veilles, Parmi les Pelletiers on compte des Corneilles, Disc. au roi dans VEILLE
....Le siècle fortuné Qui, rendu plus fameux par tes illustres veilles...., Épît. VII dans VEILLE
Est-ce donc pour veiller qu'on se couche à Paris ?, Sat. VI dans VEILLER
Ces pieux fainéants.... Veillaient à bien dîner, Lutr. I dans VEILLER
Je sens de veine en veine une subtile flamme Courir par tout mon corps, sitôt que je te vois, Longin, Subl. VIII dans VEINE
Je vais de toutes parts où me guide ma veine, Sans tenir en marchant une route certaine, Disc. au roi. dans VEINE
Saint-Amant n'eut du ciel que sa veine en partage, ib. I dans VEINE
Rare et fameux esprit dont la fertile veine Ignore en écrivant le travail et la peine, ib. II dans VEINE
Des veines d'un caillou qu'il frappe au même instant, Il fait sortir un feu qui pétille en sortant, Lutr. III dans VEINE
Quoique fils de meunier, encor blanc du moulin, Il est prêt à fournir ses titres en vélin, Épit. v. dans VÉLIN
.... cet autre fou, non moins privé de sens, Qui jette, furieux, son bien à tous venants, Sat. IV dans VENANT, ANTE
Quand Bacchus comblera de ses nouveaux bienfaits Le vendangeur ravi de ployer sous le faix, Ép. VI dans VENDANGEUR, EUSE
[Soit que] Aux portefaix de Rome il [Juvénal] vende Messaline, Art p. II dans VENDRE
Et vendre au plus offrant mon encens et mes vers, Sat. I dans VENDRE
Un vil amour du gain.... enfantant mille ouvrages frivoles, Trafiqua du discours et vendit des paroles, Art p. IV dans VENDRE
Elle seule [la satire].... à l'aide d'un bon mot Va venger la raison des attentats d'un sot, Sat. IX dans VENGER
Ainsi parle un esprit.... Qui, sous l'humble dehors d'un respect affecté, Cache le noir venin de sa malignité, Sat. IX dans VENIN
Ai je d'un style affreux Distillé sur sa vie un venin dangereux ?, ib. dans VENIN
Vient-il de la province une satire fade, D'un plaisant du pays insipide boutade, Pour la faire courir on dit qu'elle est de moi, Épît. VI dans VENIR
Que, devant Troie en flamme, Hécube désolée Ne vienne pas pousser une plainte ampoulée, Art p. III dans VENIR
Importun à tout autre, à soi-même incommode, Il change à tous moments d'esprit comme de mode, Il tourne au moindre vent, Sat. VIII dans VENT
.... au printemps, quand Flore dans les plaines Faisait taire des vents les bruyantes haleines, Lutr. II dans VENT
Cet auteur n'a que du vent et de l'écorce, Longin, Subl. II dans VENT
Tout le monde sait que le ventre de certains animaux, chez les anciens, était un de leurs plus délicieux mets ; que le sumen, c'est-à-dire le ventre de la truie, parmi les Romains, était vanté par excellence, et défendu même par une ancienne loi censorienne comme trop voluptueux, Réfl. crit. sur Longin, Réfl. VI dans VENTRE
Comme vous voyez, monsieur, c'en est assez pour me remettre le coeur au ventre, puisque c'est une preuve que ma voix n'est pas entièrement perdue, Lett. à Racine, 23 août 1687 dans VENTRE
La cruche au large ventre est vide en un instant, Lutr. I dans VENTRE
Et dans le ventre creux du pupitre fatal Va placer de ce pas le sinistre animal, Lutr. III dans VENTRE
Et trois cent mille francs avec elle obtenus La firent à ses yeux plus belle que Vénus, Sat. x. dans VÉNUS
Leurs tas [d'exemplaires], au magasin, cachés à la lumière, Combattent tristement les vers et la poussière, Art p. III dans VER
Et, transposant cent fois et le nom et le verbe, Dans mes vers recousus mettre en pièces Malherbe, Sat. II dans VERBE
Villandri priserait sa séve et sa verdeur [d'un vin], Sat. III dans VERDEUR
Je me fais un plaisir.... De pouvoir, moi vivant, dans peu les désoler [mes héritiers].... Arracher de leurs yeux de véritables larmes, Sat. x. dans VÉRITABLE
Boileau, qui, dans ses vers pleins de sincérité, Jadis à tout son siècle a dit la vérité, Épît. I dans VÉRITÉ
Ils tremblent qu'un censeur.... N'aille du fonds du puits tirer la vérité, Disc. au roi. dans VÉRITÉ
Sentez-vous le citron dont on a mis le jus Avec des jaunes d'oeufs mêlés dans du verjus ?, Sat. III dans VERJUS
D'un vin pur et vermeil il fait emplir sa coupe, Lutr. I dans VERMEIL, EILLE
Ses chanoines vermeils et brillants de santé, ib. I dans VERMEIL, EILLE
L'autre [Amour] broie en riant le vermillon des moines, Lutr. II dans VERMILLON
Le vers le mieux rempli, la plus noble pensée, Ne peut plaire à l'esprit quand l'oreille est blessée, Art p. I dans VERS
Un esprit de travers, Qui, pour rimer des mots, pense faire des vers, Disc. au roi. dans VERS
Le vers se sont toujours des bassesses du coeur, Art p. IV dans VERS
Ce n'était pas jadis sur ce ton ridicule Qu'Amour dictait les vers que soupirait Tibulle, ib. II dans VERS
L'ardeur de se montrer et non pas de médire Arma la vérité du vers de la satire, ib. II dans VERS
Moi donc qui suis peu fait à ce genre d'escrime, Je le laisse tout seul verser rime sur rime, Ép. II dans VERSER
Et dans leurs coeurs brûlants de la soif de plaider, [la sibylle] Verse l'amour de nuire et la peur de céder, Lutr. v. dans VERSER
Sans attendre.... que d'un bonnet vert le salutaire affront Flétrisse les lauriers qui lui couvrent le front, Sat. I dans VERT, ERTE
Qu'à Paris le gibier manque tous les hivers, Et qu'à peine au mois d'août on mange des pois verts, Sat. III dans VERT, ERTE
Assez faible de corps, assez doux de visage, Ni petit, ni trop grand, très peu voluptueux, Ami de la vertu plutôt que vertueux, Épître x. dans VERTUEUX, EUSE
Tes bons mots.... Hors de mode aujourd'hui chez nos plus froids badins, Sont des collets montés et des vertugadins, Sat. XI dans VERTUGADIN
Maudit soit le premier dont la verve insensée Dans les bornes d'un vers renferma sa pensée !, Sat. II dans VERVE
Et sitôt qu'une fois la verve me domine, Tout ce qui s'offre à moi passe par l'étamine, ib. VII dans VERVE
D'un salon qu'on élève il condamne la face, Au vestibule obscur il marque une autre place, Art p. IV dans VESTIBULE
Elle seule [la satire].... Va jusque sous le dais faire pâlir le vice, Sat. IX dans VICE
Un jeune homme, toujours bouillant dans ses caprices, Est prêt à recevoir l'impression des vices, Art p. III dans VICE
Le commandeur voulait la scène plus exacte ; Le vicomte indigné sortait au second acte, Épît. VII dans VICOMTE
Alors, cher Cinéas, victorieux, contents, Nous pourrons rire à l'aise et prendre du bon temps, Épit. I dans VICTORIEUX, EUSE
La cruche au large ventre est vide en un instant, Lutr. I dans VIDE
L'un meurt vide de sang, l'autre plein de séné, Art p. IV dans VIDE
Que l'action, marchant où la raison la guide, Ne se perde jamais dans une scène vide, Art p. III dans VIDE
Et si, sur un édit des pâtres de Nubie, Les lions de Barca videraient la Libye, Sat. VIII dans VIDER
Ton oncle, dis-tu, l'assassin, M'a guéri d'une maladie : La preuve qu'il ne fut jamais mon médecin, C'est que je suis encore en vie, Épigr. XX dans VIE
La vieillesse chagrine incessamment amasse, Art p. III dans VIEILLESSE
Rien ne peut arrêter sa vigilante audace [de Louis XIV] : L'été n'a point de feux, l'hiver n'a point de glace, Lutr. II dans VIGILANT, ANTE
À quoi bon ce dégoût et ce zèle inutile ? Est-il donc pour jeûner quatre-temps ou vigile ?, Lutr. I dans VIGILE
Sans tous ces ornements le vers tombe en langueur, La poésie est morte, ou rampe sans vigueur, Art p. III dans VIGUEUR
Un vil amour du gain, infectant les esprits, De mensonges grossiers souilla tous les écrits, Art p. IV dans VIL, ILE
Trois Muses, en habit de ville, Y président à ses côtés, Poés. div. IV dans VILLE
Je fuis les chagrins de la ville, Épître VI dans VILLE
Damon, ce grand auteur dont la muse fertile Amusa si longtemps et la cour et la ville, Sat. I dans VILLE
Notre siècle est fertile en sots admirateurs ; Et, sans ceux que fournit la ville et la province, Il en est chez le duc, il en est chez le prince, Art p. I dans VILLE
Assez de sots sans moi feront parler la ville, Disait, le mois passé, ce marquis indocile, Sat. VIII dans VILLE
....verras-tu d'un esprit bien tranquille Chez ta femme aborder et la cour et la ville ?, ib. x. dans VILLE
Qu'est devenu ce teint.... Où la joie en son lustre attirait les regards, Et le vin en rubis brillait de toutes parts ?, Sat. III dans VIN
Que tous les vins pour moi deviennent vins de Brie, ib. dans VIN
À peine ai-je senti cette liqueur traîtresse, Que de ces vins mêlés j'ai reconnu l'adresse, Sat. III dans VIN
Le vin au plus muet fournissant des paroles, Chacun a débité ses maximes frivoles, Sat. III dans VIN
Dont l'huile de fort loin saisissait l'odorat, Et nageait dans des flots de vinaigre rosat, Sat. III dans VINAIGRE
Mais la nuit aussitôt de ses ailes affreuses Couvre des Bourguignons les campagnes vineuses, Lutr. III dans VINEUX, EUSE
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, Art p. I dans VINGT
Les acteurs laissant le masque antique, Le violon tint lieu de choeur et de musique, Art p. III dans VIOLON
Un violon faux qui jure sous l'archet, Sat. III dans VIOLON
L'âge viril plus mûr inspire un air plus sage, Se pousse auprès des grands, s'intrigue, se ménage, Art p. III dans VIRIL, ILE
La jeunesse en sa fleur brille sur son visage, Lutr. I dans VISAGE
Ce guerrier.... Est robuste de corps, terrible de visage, ib. v. dans VISAGE
Chaque mot eut toujours deux visages divers [deux sens, une équivoque], Art p. II dans VISAGE
Un clerc, pour quinze sous, sans craindre le holà, Peut aller au parterre attaquer Attila ; Et, si le roi des Huns ne lui charme l'oreille, Traiter de visigoths tous les vers de Corneille, Sat. IX dans VISIGOTH
Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse, Et ne vous piquez pas d'une folle vitesse, Art. p. I dans VITESSE
Quoi ! dit-elle d'un ton qui fit trembler les vitres...., Lutr. I dans VITRE
Parmi des tas de blé vivre de seigle et d'orge, Sat. VIII dans VIVRE
La raison pour marcher n'a souvent qu'une voie, Art p. I dans VOIE
La voilà donc, Girot, cette hydre épouvantable, Lutr. IV dans VOILÀ
Cet empereur.... Qu'on n'alla jamais voir sans revenir heureux, Épît. I dans VOIR
Et qui, seul, sans ministre, à l'exemple des dieux, Soutiens tout par toi-même et vois tout par tes yeux, Disc. au roi. dans VOIR
Il [Pluton] a peur que ce dieu [Neptune].... D'un coup de son trident ne.... Et par le centre ouvert de la terre ébranlée Ne fasse voir du Styx la rive désolée, Longin, Subl. ch. VII dans VOIR
Le zélé Gilotin, qui prend part à sa gloire, Pour lui rendre la voix fait rapporter à boire, Lutr. I dans VOIX
Là [La Nuit et le hibou] s'élançant d'un vol que le vent favorise, Lutr. III dans VOL
Je mesure mon vol à mon faible génie, Disc. au roi. dans VOL
L'ode.... Élevant jusqu'au ciel son vol ambitieux, Art p. II dans VOL
Puis sur une autre table, avec un air plus sombre, S'en aller méditer une vole au jeu d'hombre, Sat. X dans VOLE
Au lieu de quatre amis qu'on attendait le soir, Quelquefois de fâcheux arrivent trois volées, Épît. VI dans VOLÉE
Le plomb vole à l'instant, Et pleut de toutes parts sur l'escadron flottant, Épître IV dans VOLER
Marchez, courez, volez où l'honneur vous appelle, Lutr. III dans VOLER
Une chambre haute Où, malgré les volets, le soleil irrité Formait un poêle ardent au milieu de l'été, Sat. III dans VOLET
Des filous effrontés, d'un coup de pistolet, Ébranlent ma fenêtre et percent mon volet, ib. VI dans VOLET
Car, sitôt que du soir les ombres pacifiques D'un double cadenas font former les boutiques.... Les voleurs à l'instant s'emparent de la ville [Paris], Sat. VI dans VOLEUR, EUSE
Le jour fatal est proche, et vient comme un voleur, Ép. III dans VOLEUR, EUSE
D'une lâche indolence esclave volontaire, Épît. X dans VOLONTAIRE
Mais l'homme, sans arrêt dans sa course insensée, Voltige incessamment de pensée en pensée, Sat. VIII dans VOLTIGER
Il [Homère dans l'Odyssée] n'a plus cette même force, et, s'il faut ainsi parler, cette même volubilité de discours, Longin, Sublime, VII dans VOLUBILITÉ
Douze ans sont écoulés depuis le jour fatal Qu'un libraire, imprimant les essais de ma plume, Donna, pour mon malheur, un trop heureux volume, Épît. VI dans VOLUME
J'amasse de tes faits le pénible volume, Épît. VIII dans VOLUME
Si Bourdaloue, un peu sévère, Nous dit : craignez la volupté ; Escobar, lui dit-on, mon père, Nous la permet pour la santé, Poésies div. IV dans VOLUPTÉ
Et par cent bouches horribles, L'airain sur ces monts terribles Vomit le fer et la mort, Ode I dans VOMIR
Voulez-vous du public mériter les amours, Sans cesse en écrivant variez vos discours, Art p. I dans VOULOIR
Cela [la perruque exprimée en vers] est dit en quatre vers que je veux bien vous écrire ici, afin que vous me mandiez si vous les approuvez, Lett. à Maucroix, 29 avril 1695 dans VOULOIR
Qu'il soit doux, complaisant, officieux, sincère ; On le veut : j'y souscris, et suis prêt à me taire, Sat. IX dans VOULOIR
Chacun veut en sagesse ériger sa folie, Sat. IV dans VOULOIR
Et Mignot aujourd'hui s'est voulu surpasser, Sat. III dans VOULOIR
Que faites-vous ? D'où venez-vous ? De quoi vous êtes-vous avisé de charger les enfers d'une si dangereuse créature ?, Les héros de romans. dans VOUS
Vous en allez juger vous-même tout à l'heure, Héros de romans. Avocat, De votre ton vous-même adoucissez l'éclat, RAC. Plaid. III, 3 dans VOUS
Un jour, dit un auteur, n'importe en quel chapitre, Deux voyageurs à jeun rencontrèrent une huître, Épît. II dans VOYAGEUR, EUSE
Puisqu'une pensée n'est belle qu'en ce qu'elle est vraie, et que l'effet infaillible du vrai, quand il est bien énoncé, c'est de frapper les hommes, il s'ensuit que ce qui ne frappe point les hommes, n'est ni beau ni vrai, ou qu'il est mal énoncé, Préface VI, pour l'édition de 1701 dans VRAI, AIE
Le gros des hommes peut bien, durant quelque temps, prendre le faux pour le vrai et admirer de méchantes choses ; mais il n'est pas possible qu'à la longue une bonne chose ne lui plaise, Préface VI, pour l'édit. de 1701 dans VRAI, AIE
Rien n'est beau que le vrai ; le vrai seul est aimable, Épître IX dans VRAI, AIE
Mais un roi vraiment roi, qui, sage en ses projets...., Épître I dans VRAIMENT
Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable, Art p. III dans VRAISEMBLABLE
Sa vue embarrassait : il fallut s'en défaire ; Il fut de la maison chassé comme un corsaire, Sat. x. dans VUE
Que ma vue à Colbert inspirait l'allégresse, Ép. x. dans VUE
Rien ne le rebuta, ni sa vue éraillée [d'une laide femme], Ni sa masse de chair bizarrement taillée, Sat. x. dans VUE
Un nuage confus se répand sur ma vue, Traité du subl. VIII dans VUE
Et sa faible raison [de l'ignorant] de clarté dépourvue Pense que rien n'échappe à sa débile vue, Art p. IV dans VUE
Ils n'osent un moment perdre un sujet de vue, Art p. II dans VUE
Un affreux serrurier, laborieux Vulcain, Qu'éveillera bientôt l'ardente soif du gain, Sat. VI dans VULCAIN
Mais, pour te bien louer, une raison sévère Me dit qu'il faut sortir de la route vulgaire, Épît. I dans VULGAIRE
Le sujet ne veut pas de vulgaires efforts, Art p. IV dans VULGAIRE
On s'ennuie aux exploits d'un conquérant vulgaire, Art p. III dans VULGAIRE
Sitôt que d'Apollon un génie inspiré Trouve loin du vulgaire un chemin ignoré, En cent lieux contre lui les cabales s'amassent, Épître VII dans VULGAIRE
De son temps [un conquérant], les hommes venaient ici [dans les enfers] tous les jours par trente et quarante mille ; jamais personne n'y en a tant envoyé, Héros de romans. dans Y
Retourne-t'y-en, Héros de romans. dans Y
Cent mille faux zélés, le fer en main courants, Sat. XI dans ZÉLÉ, ÉE
On prétend que ce fut l'envie qui l'engagea à écrire contre Homère, et que c'est ce qui a fait que tous les envieux ont depuis été appelés du nom de Zoïles, Réfl. crit. sur Longin, Réfl. V dans ZOÏLE