Nicolas MALEBRANCHE (1638 - 1715)

Citations

Bien est France abastardie, Seigneur baron, entendez, Quant femme [la reine Blanche] l'a en baillie, Et tele comme savez, Rom. p. 188 dans ABÂTARDIR
Comme l'Écriture est faite pour les simples comme pour les savants, elle est pleine d'anthropologies, dans ANTHROPOLOGIE
C'est un attribut du sage de.... La fluidité, la dureté, la mollesse, le mouvement et le repos se pouvant séparer de la matière, il s'ensuit que tous ces attributs ne lui sont point essentiels, Rech. de la vér. III, 3 dans ATTRIBUT
Ayant honte de parler simplement pour parler, comme font beaucoup de gens qui parlent cavalièrement de toutes choses, Recherche, liv. II, part. 2, chap. VIII, 2 dans CAVALIÈREMENT
Les chimistes et tous ceux qui employent leur temps à faire des expériences, Recherche, liv. II, part. II, chap. VIII, 4 dans CHIMISTE
J'avoue que la loi que j'impose est bien rigoureuse ; qu'une infinité de gens aimeront mieux ne raisonner jamais que de raisonner à ces conditions ; qu'on ne courra pas si vite avec des circonspections si incommodes, Recherche, I, II, 3 dans CIRCONSPECTION
Quelques-uns même s'imaginent que le ton majeur n'est point différent du ton mineur, de sorte que le comma, qui en est la différence, leur est insensible, Recherche, VI, 4 dans COMMA
Comme les yeux ont besoin de lumière pour voir, l'esprit aussi a besoin d'idées pour concevoir, Recherche, VI, 1 dans CONCEVOIR
Les passions de son coeur lui cachent presque toujours la vérité et ne la lui laissent paraître que lorsqu'elle est teinte de ces fausses couleurs qui flattent la concupiscence, Recherche, VI, 1 dans CONCUPISCENCE
J'appelle simplement figure celle qui est extérieure, et j'appelle configuration la figure qui est intérieure et qui est nécessaire à toutes les parties dont chaque corps est composé, Recherche, I, I, 1 dans CONFIGURATION
Toutes les fois que l'on consent aux vraisemblances, on se met certainement en danger de se tromper, Recherches, VI, 1 dans CONSENTIR
Je crois qu'il est certain que la conservation n'est qu'une création continuée, puisque ce n'est que la même volonté de Dieu, qui continue de vouloir ce qu'il a voulu, Recherche, éclairc. liv. I, t. IV, p. 14, dans POUGENS. dans CONSERVATION
Je ne parle point ici de la contiguïté ; car il est visible que les choses contiguës se touchent si peu qu'il y a toujours beaucoup de matière subtile entre elles, Rech. VI, 2, 9 dans CONTIGUÏTÉ
Il y a deux sortes de vérités, les unes sont nécessaires, et les autres contingentes, Recherche, I, II, 3 dans CONTINGENT, ENTE
Comme Aristote se contredit souvent et qu'on peut appuyer presque toutes sortes de sentiments par quelques passages tirés de lui, Recherche, éclaircissements, liv. I, t. IV, p. 34, dans POUGENS. dans CONTREDIRE
On est obligé de les mettre [des pièces] les unes sur les autres pour voir d'une manière plus sûre que par la vue si elles conviennent en grandeur, Rech. I, 6 dans CONVENIR
Si le rayon tombe perpendiculairement sur une loupe ou verre convexe, il continuera son chemin en ligne droite et passera par le centre de sa convexité, Rech. Éclairc. sur l'optique. dans CONVEXITÉ
Les cordeliers embrassent les sentiments de Scot, parce que Scot était cordelier, Recherche, V, 6 dans CORDELIER
La corruption du coeur consiste dans l'opposition à l'ordre, Éclairc. liv. III dans CORRUPTION
La plupart des livres de certains savants ne sont fabriqués qu'à coups de dictionnaires, et ils n'ont guère lu que les tables des livres qu'ils citent, ou quelques lieux communs ramassés de différents auteurs, Rech. liv. IV, ch. 8 dans COUP
Un livre cousu de passages grecs, hébreux, arabes, de citations de rabbins et d'autres auteurs obscurs et extraordinaires, Recherche, IV, 7 dans COUSU, UE
Saumaise, le plus grand critique de nos jours, Recherche, liv. II, part. 3, ch. 3 dans CRITIQUE
Il faut, autant qu'on peut, apporter des exemples illustres des choses qu'on dit, lorsqu'elles sont de conséquence, et c'est quelquefois faire honneur à un livre que de le critiquer, Recherche, II, III, 4 dans CRITIQUER
Ceux qui ont l'oreille la plus délicate ne sont pas encore assez sensibles pour reconnaître la différence qu'il y a entre certains sons.... il y en a qui ne mettent point de différence entre une octave et trois ditons, Recherche, VI, 4 dans DITON
Celui-ci ne saura pas si l'âme est immortelle ; il serait peut-être bien empêché à vous prouver qu'il y a un Dieu, et il vous réduira les égalités de l'algèbre les plus composées avec une facilité surprenante, Entret. métaph. V dans ÉGALITÉ
L'expérience du verre enfumé, dont on a parlé d'abord, Recherche, Réponse à Régis, ch. 1 dans ENFUMÉ, ÉE
Ceux qui joignent le sublime au nouveau, le grand à l'extraordinaire, ne manquent presque jamais d'enlever et d'étourdir le commun des hommes, quand même ils ne diraient que des sottises, Rech. vér. v, 7 dans ENLEVER
L'amour généreux de la vérité fait très souvent perdre les chaires où l'on ne doit enseigner que la vérité, Recherche, IV, 9 dans ENSEIGNER
J'appelle la faculté ou la capacité qu'a l'âme de recevoir différentes idées et différentes modifications, entendement, Recherche, I, I, 1 dans ENTENDEMENT
Voici ce qui arrive ordinairement aux philosophes : ils voient quelque effet nouveau ; ils imaginent aussitôt une entité nouvelle pour le produire, Rech. III, 8 dans ENTITÉ
En exprimant par des lignes ces mouvements, et en tirant à ces lignes des parallèles qui s'entrecoupent, Recherche, VI, I, 4 dans ENTRECOUPER
La réfraction d'un rayon qui, de l'air, entre dans l'humeur aqueuse, est à peu près comme 4 à 3, dans le cristallin comme 3 à 2, dans l'humeur vitrée comme 10 à 7 ou environ, Rech. éclairc. sur l'opt. t. IV, p. 433, dans POUGENS. dans ENVIRON
La plus commune opinion est celle des péripatéticiens, qui prétendent que les objets de dehors envoient des espèces qui leur ressemblent, et que ces espèces sont portées par les sens extérieurs jusqu'au sens commun ; ils appellent ces espèces-là impresses, parce que les objets les impriment dans les sens extérieurs, Rech. vér. III, II, 2 dans ESPÈCE
Je crois pouvoir dire qu'un maître qui voudrait être honoré et servi, comme ayant en lui-même une autre puissance que celle de Dieu, serait un démon ; et que ceux qui le serviraient dans cet esprit seraient des idolâtres, Rech. vér. Éclairc. liv. VI, t. IV, p. 331, dans POUGENS dans ESPRIT
Il est nécessaire, pour la conservation du corps, que nous ayons des sensations essentiellement différentes, quoique les impressions que les objets font sur notre corps ne diffèrent que très peu, Rech. I, 16 dans ESSENTIELLEMENT
Il suffit, pour être estimé savant, de savoir ce que les autres ne savent pas, quand même on ignorerait les vérités les plus nécessaires et les plus belles, Rech. IV, 7 dans ESTIMÉ, ÉE
On n'étend l'esprit qu'en abrégeant ses idées, Rech. VI, II, 1 dans ÉTENDRE
L'esprit de l'homme, n'étant point matériel ou étendu, est sans doute une substance simple, indivisible, et sans aucune composition de parties, Rech. I, 1 dans ÉTENDU, UE
La question se réduit à savoir si cette idée de l'étendue est une modalité de l'âme ; je prétends que non, parce que cette idée est trop vaste, qu'elle est infinie, comme je viens de le prouver, Rech. Rép. à Régis, ch. 2 dans ÉTENDUE
La raison humaine ne nous fait point comprendre qu'il y a un Dieu en trois personnes ; que le corps de Jésus-Christ soit réellement dans l'eucharistie ; et comment il se peut faire que l'homme soit libre, quoique Dieu sache de toute éternité ce que l'homme fera, Rech. III, I, 2 dans EUCHARISTIE
Les uns veulent toujours croire aveuglément, les autres veulent toujours voir évidemment, Rech. IV, 3 dans ÉVIDEMMENT
L'exactitude de l'esprit n'a presque rien de pénible : ce n'est point une servitude comme l'imagination la représente, Rech. I, 1 dans EXACTITUDE
L'excès ou le défaut d'une idée sur une autre, ou, pour me servir des termes ordinaires, l'excès ou le défaut d'une grandeur, Rech. VI, I, 5 dans EXCÈS
La preuve de l'existence de Dieu la plus belle, la plus relevée ; la plus solide et la première, ou celle qui suppose le moins de choses, c'est l'idée que nous avons de l'infini, Rech. III, II, 6 dans EXISTENCE
J'entends clairement cette explication, et je la reçois, Recherche, éclaircissement, liv. VI dans EXPLICATION
L'algèbre réduit à des expressions simples et générales et qui n'ont qu'un très petit nombre de lettres, les résolutions d'un nombre infini de problèmes et souvent même des sciences entières, Recherche, VI, I, 5 dans EXPRESSION
Les esprits fins sont ceux qui remarquent par la raison jusques aux moindres différences des choses ; qui prévoient les effets des causes cachées, peu ordinaires et peu visibles ; enfin ce sont ceux qui pénètrent davantage les sujets qu'il considèrent, Recherche, II, II, ch. VIII, 1 dans FIN, FINE
La plus commune opinion est celle des péripatéticiens, qui prétendent que les objets de dehors envoient des espèces qui leur ressemblent, et que ces espèces sont portées par les sens extérieurs jusqu'au sens commun : ils appellent ces espèces-là impresses, parce que les objets les impriment dans les sens extérieurs, Rech. vér. III, II, 2 dans IMPRESSE
" Plusieurs auteurs se sont servis de cette locution inscrite dans le Dictionnaire de l'Académie : C'est Dieu qui imprime à la matière son mouvement et qui règle sa détermination, Recherche, I, I, 2 dans IMPRIMER
Il n'y a rien de plus consolant ni de plus instruisant tout ensemble pour un chrétien que la lecture des livres saints, Convers. chrét. VI dans INSTRUISANT, ANTE
Laissons aux astronomes à mesurer la grandeur et le mouvement des astres, Entret. sur la métaph. X, 7 dans LAISSER
Ce n'est pas un défaut que d'avoir le cerveau propre pour imaginer fortement les choses et recevoir des images très distinctes et très vives des objets les moins considérables, pourvu que l'âme demeure toujours la maîtresse de l'imagination, Rech. vér. III, II, 1 dans MAÎTRESSE
Les hommes ne sentent pas la chaleur qui est dans leur coeur, quoiqu'elle donne la vie et le mouvement à toutes les autres parties de leur corps ; il faut qu'ils se touchent et qu'ils se manient pour s'en convaincre, parce que cette chaleur est naturelle ; il en est de même de la vanité, elle est si naturelle à l'homme qu'il ne la sent pas, Rech. vér. II, 6 dans MANIER
Les trois manières dont l'âme aperçoit, savoir par les sens, par l'imagination et par l'esprit, ne la touchent pas toutes également, Rech. vér. I, 18 dans MANIÈRE
Les plaisirs étant des manières d'être de notre âme, Rech. vér. liv. VI, part. 2, conclus. dans MANIÈRE
Il est manifeste que le commun des hommes doit être dans une ignorance très grossière à l'égard même des choses qui ont quelque rapport à eux, Rech. vér. IV, 2 dans MANIFESTE
La matière ou l'étendue renferme en elle deux propriétés ou deux facultés : la première faculté est celle de recevoir différentes figures, et la seconde est la capacité d'être mue, Rech. vér. I, 1 dans MATIÈRE
Il vaut mieux ne point méditer que de méditer sur des chimères, Rech. vérité, III, 2, 9 dans MÉDITER
Quelquefois un même homme les voit [les objets] plus grands de l'oeil gauche que du droit, selon les observations que l'on en a faites, qui sont rapportées dans le journal des savants de Rome, du mois de janvier 1669, Rech. vér. I, 6 dans MÊME
Il n'y a rien de méprisable dans la nature, et tous les ouvrages de Dieu sont dignes qu'on les respecte et qu'on les admire, Rech. vér. I, 6 dans MÉPRISABLE
Un docteur pour nous instruire de la vérité, ou plutôt un moniteur assez fidèle pour nous disposer à en être instruits, Recherche, V, II, 9, Conclusion. dans MONITEUR
C'est Dieu même qui éclaire les philosophes dans les connaissances que les hommes ingrats appellent naturelles, quoiqu'elles ne leur viennent que du ciel, Rech. vér. III, II, 6 dans NATUREL, ELLE
Il est évident que des sons et des paroles n'ont point et ne peuvent avoir naturellement de rapport aux choses qu'elles signifient, quoi qu'en disent le divin Platon et le mystérieux Pythagore, Rech. vér. Éclairciss. liv I, t. IV, p. 101, dans POUGENS. dans NATURELLEMENT
Il n'est pas nécessaire de passer deux fois la ligne pour voir observer religieusement des lois et des coutumes déraisonnables, Rech. vér. II, III, 2 dans NÉCESSAIRE
S'étant approché jusqu'au point qu'on appelle le foyer négatif de la loupe, c'est-à-dire un foyer pris de l'autre côté de la loupe, Rech. vér. éclairciss. sur l'optique, t. IV, p. 439, dans POUGENS. dans NÉGATIF, IVE
La noblesse d'une science se tire de la noblesse de son objet : c'est un grand principe, Rech. vér. IV, 7 dans NOBLESSE
Ils appellent indifféremment du nom odieux de novateur les hérétiques et les nouveaux philosophes, Rech. vér. II, II, 3 dans NOVATEUR, TRICE
Les causes naturelles ne sont point de véritables causes : ce ne sont que des causes occasionnelles, qui n'agissent que par la force et l'efficace de la volonté de Dieu, Rech. vér. VI, II, 3 dans OCCASIONNEL, ELLE
Épicure avait raison de dire que les offenses étaient supportables à un homme sage ; mais Sénèque a tort de dire que les sages ne peuvent pas même être offensés, Rech. vér. II, III, 4 dans OFFENSÉ, ÉE
Les médecins ne visitent point assez et ordonnent trop, Rech. vér. Éclairc. liv. III, t. IV, p. 241, dans POUGENS. dans ORDONNER
Dieu veut l'ordre dans ses ouvrages : ce que nous concevons clairement être conforme à l'ordre, Dieu le veut ; et ce que nous concevons clairement être contraire à l'ordre, Dieu ne le veut pas, Rech. vér. éclairc. liv. I, t. IV, p. 72, dans POUGENS. dans ORDRE
Il faut conclure que les passions sont de l'ordre de la nature, puisqu'elles ne peuvent être de l'ordre de la grâce, Rech. vér. V, 1 dans ORDRE
Quoique les musiciens distinguent fort bien les différentes consonnances, ce n'est point qu'ils en distinguent les rapports par des idées claires ; c'est l'oreille seule qui juge chez eux de la différence des sons ; la raison n'y connaît rien, Rech. vér. Éclairc. liv. III, t. IV, p. 213, dans POUGENS. dans OREILLE
Depuis le péché, l'esprit de l'homme est tout païen, Rech. vér. VI, II, 3 dans PAÏEN, ENNE
Il est constant que nous ne saurions juger de la grandeur du mouvement d'un corps que par la longueur de l'espace que ce même corps a parcouru, Rech. vér. I, 8 dans PARCOURIR
Il n'est pas permis de croire les hommes sur leur parole, lorsqu'ils accusent les autres des plus grands crimes, Rech. vér. IV, 6 dans PAROLE
Qu'avons-nous tant faire de savoir si Saturne est environné d'un anneau ou d'un grand nombre de petites lunes, et pourquoi prendre parti là-dessus ?, Rech. vér. IV, 7 dans PARTI
Dieu, comme parle saint Thomas, connaît parfaitement sa substance ou son essence, il y découvre par conséquent toutes les manières dont elle est participable par les créatures, Rech. vér. IV, 11 dans PARTICIPABLE
Toutes ces idées particulières ne sont que des participations de l'idée générale de l'infini, Rech. vér. III, 2e part. ch. 6 dans PARTICIPATION
Lorsqu'on descend dans le particulier, Rech. vér. VI, 8 dans PARTICULIER, ÈRE
La partie principale du cerveau dans laquelle l'âme réside plus particulièrement, Rech. vérité, II, I, 5 dans PARTICULIÈREMENT
Toutes les parties dont l'oeil est composé ont un rapport si juste et si sagement proportionné à l'action de la lumière, que la lumière et les yeux sont visiblement faits l'un pour l'autre, et partent d'une même main, Rech. vér. Éclairc. sur la lum. t. IV, p. 414, dans POUGENS. dans PARTIR
Il [Régis] me passe que Dieu agit toujours par les voies les plus simples, Rech. vér. Rép. à Régis, ch. 2 dans PASSER
Je crois pouvoir dire que toutes les passions se peuvent rapporter aux trois primitives : savoir, au désir, à la joie et à la tristesse, Rech. vér. V, 10 dans PASSION
Il ne faut donc pas multiplier le nombre des passions selon le nombre des objets qui sont infinis, mais seulement selon les principaux rapports qu'ils peuvent avoir avec nous, ib. V, 7 dans PASSION
De cette manière on reconnaîtra que l'amour et l'aversion sont les passions mères, ib. dans PASSION
Il est vrai néanmoins que les personnes passionnées nous passionnent, et qu'elles font dans notre imagination des impressions qui ressemblent à celles dont elles sont touchées, Rech. vér. II, III, 1 dans PASSIONNER
Depuis le péché, les plaisirs des sens ont abaissé l'âme vers les choses sensibles, Rech. vér. I, 5 dans PÉCHÉ
Ce terme pédant est fort équivoque ; mais l'usage, ce me semble, et même la raison veulent qu'on appelle pédants ceux qui, pour faire parade de leur fausse science, citent à tort et à travers toutes sortes d'auteurs, qui parlent simplement pour parler et pour se faire admirer des sots, Rech. vér. II, III, 3 dans PÉDANT
Si Alexandre penche la tête, ses courtisans penchent la tête, Rech. vér. II, III, 2 dans PENCHER
Passer toutes les nuits pendu à une lunette pour découvrir dans les cieux quelque nouvelle planète, Rech. vér. IV, 7 dans PENDU, UE
La pensée toute seule est donc l'essence de l'esprit, ainsi que l'étendue toute seule est l'essence de la matière, Rech. vér. III, I, 1 dans PENSÉE
Nos jugements ont plus d'étendue que nos perceptions, Rech. vér. III, II, 9 dans PERCEPTION
Les corps peuvent donc changer, mais ils ne peuvent pas périr, Rech. vér. IV, 2 dans PÉRIR
Il est trop clair par l'expérience, que Dieu a fait des machines pour être détruites ; nous sommes l'ouvrage de sa sagesse, et nous périssons ; pourquoi n'en serait-il pas de même du monde ?, Phil. Newt. I, 6 dans PÉRIR
Il ne se fait dans ce cas, comme dans les mouvements contraires, qu'une permutation réciproque des mouvements, à cause de l'égalité des masses, Rech. vér. Lois des mouv. part. 2 dans PERMUTATION
Les personnes d'étude ne veulent pas se donner la peine de philosopher par ordre, Rech. vér. III, I, 3 dans PERSONNE
À la vue de la perte prochaine d'un grand bien, il se forme naturellement sur le visage des caractères de rage et de désespoir, Rech. vér. v, 3 dans PERTE
Les petits esprits, avec toute leur vivacité et toute leur délicatesse, ont la vue trop courte pour voir tout ce qui est nécessaire à l'établissement de quelque système ; ils s'arrêtent à de petites difficultés qui les rebutent, ou à quelques lueurs qui les éblouissent, Rech. vér. II, II, 7 dans PETIT, ITE
Le bon sens et l'expérience nous assurent que le meilleur moyen pour n'être point blessé par la douleur d'une piqûre, c'est qu'il ne faut point se piquer ; mais les stoïciens disent : Piquez, et je vais, par la force de mon esprit et par le secours de ma philosophie...., Rech. vér. v, 2 dans PIQUER
Les plaies du coeur sont plus dangereuses que celles de l'esprit, Rech. vér. IV, 8 dans PLAIE
Sachant que ma rétine n'est pas plane, mais concave, la géométrie m'apprend que les lignes perpendiculaires sur une surface concave se croisent nécessairement, Rech. vér. Éclairc. sur l'opt. t. IV, p. 477, dans POUGENS. dans PLAN, ANE
L'Écriture sainte, les Pères, les plus gens de bien, Rech. vér. éclairc. l. VI, t. IV, p. 300, dans POUGENS dans PLUS
S'ils lisent l'Écriture sainte, ce n'est pas pour y apprendre la religion et la piété ; les points de chronologie, de géographie, et les difficultés de grammaire les occupent tout entiers, Rech. vér. IV, 7 dans POINT
Le cercle, l'ellipse, et généralement toute figure régulière ou irrégulière, curviligne, se peut considérer comme un polygone d'un nombre infini de côtés, Rech. vér. III, I, 1 dans POLYGONE
Quand un homme se met en tête de devenir savant, et que l'esprit de polymathie commence à l'agiter, Rech. vér. IV, 7 dans POLYMATHIE
Lorsqu'on a appliqué un verre à la machine du vide et qu'on en a pompé l'air grossier, autant qu'il se peut, Rech. vér. Éclairc. sur la lum. t. IV, p. 391, dans POUGENS dans POMPER
La force qui met nos esprits en mouvement, c'est la volonté de Dieu qui nous anime et qui nous porte vers le bien, Rech. vér. éclairc. liv. VI, t. IV, p. 315, dans POUGENS. dans PORTER
Les plus habiles praticiens, ceux qui ont l'oreille la plus délicate et la plus fine, ne sont pas encore assez sensibles pour reconnaître la différence qu'il y a entre certains sons, Rech. vér. VI, I, 4 dans PRATICIEN
Je dois distinguer l'idée de ma main, de la perception que j'en ai ; les idées des objets sont donc préalables aux perceptions que nous en avons, Rech. vér. Rép. à Régis, 2 dans PRÉALABLE
L'on ne doit pas s'imaginer que ce qui précède un effet en soit la véritable cause, Rech. vér. VI, I, 3 dans PRÉCÉDER
Lorsque la suite du discours détermine le sens auquel on les prend [les termes], Rech. vér. Éclairc. l. I, t. IV, p. 36, dans POUGENS. dans PRENDRE
L'esprit se rebute et s'abat aussitôt qu'il a fait quelque effort pour se prendre et pour s'arrêter à quelque vérité, Rech. vér. III, II, 9 dans PRENDRE
Lorsque notre âme veut se représenter sa nature et ses propres sensations, elle fait effort pour s'en former une image corporelle ; elle se cherche dans tous les êtres corporels, elle se prend tantôt pour l'un et tantôt pour l'autre, Rech. vér. I, 13 dans PRENDRE
Les fausses louanges que les commentateurs lui donnent [à leur auteur] sont souvent cause que des personnes peu éclairées, qui s'adonnent à la lecture, se préoccupent et tombent dans une infinité d'erreurs, Rech. II, 2e part. ch. 6 dans PRÉOCCUPER
Ils aiment mieux recourir.... à des qualités de la lune pour le flux et le reflux de la mer, qu'au pressement de l'air qui environne la terre, Rech. vér. I, 6 dans PRESSEMENT
La moindre force est capable de les séparer [les deux moitiés de la sphère d'Otto de Guericke], lorsque l'air, étant rentré dans la sphère de cuivre, pousse les surfaces concaves et intérieures, autant que l'air de dehors presse les surfaces extérieures et convexes, Rech. vér. VI, II, 9 dans PRESSER
Il [Adam] sentait comme nous des plaisirs, et même des douleurs ou des dégoûts prévenants et indélibérés, Rech. I, 5 dans PRÉVENANT, ANTE
Il y a cette différence entre le plaisir prévenant et le plaisir de la joie, que celui-là prévient la raison, et que celui-ci la suit, ib. Éclairc. t. IV, p 40, dans POUGENS dans PRÉVENANT, ANTE
Il faut remarquer que la douleur est un mal réel et véritable, et qu'elle n'est pas plus la privation du plaisir que le plaisir n'est la privation de la douleur, Rech. vér. v, 3 dans PRIVATION
L'expérience apprend que la lune paraît d'autant plus grande qu'elle est plus proche de l'horizon, Rech. vér. Rép. à Régis, ch. IV dans PROCHE
Le choc actuel est cause naturelle ou occasionnelle de la communication actuelle des mouvements, par laquelle Dieu, sans changer de conduite, produit une infinité d'ouvrages admirables, Rech. Éclairc. liv. VI, t. IV, p. 279, dans POUGENS. dans PRODUIRE
Quand nous regardons un cube, par exemple, il est certain que tous les côtés que nous en voyons ne font presque jamais de projection ou d'image d'égale grandeur, Rech. vér. I, 7 dans PROJECTION
Si l'on examine les raisons et la fin de toutes ces choses, on y trouvera tant d'ordre et de sagesse, qu'une attention un peu sérieuse sera capable de convaincre les personnes les plus attachées à Épicure et à Lucrèce qu'il y a une Providence qui régit le monde, Rech. vér. II, I, 4 dans PROVIDENCE
Il est nécessaire pour la perfection de l'organe de la vue, que le trou de la prunelle diminue ou augmente à proportion que les objets sont plus ou moins éclairés, Rech. vér. Éclairc. sur l'opt. t. IV, p. 452, dans POUGENS dans PRUNELLE
Ceux qui ont lu Montaigne savent assez que cet auteur affectait de passer pour pyrrhonien, et qu'il faisait gloire de douter de tout, Rech. II, III, 5 dans PYRRHONIEN, IENNE
Une qualité est ce qui fait qu'on appelle une chose d'un tel nom ; on ne peut le nier à Aristote ; car enfin cette définition est incontestable, Rech. VI, II, 2 dans QUALITÉ
Ces livres de science et principalement ceux qui traitent de la physique, de la médecine, de la chimie, sont tous pleins de raisonnements fondés sur les qualités élémentaires et sur les qualités secondes, comme les attractives, les rétentrices, les concoctrices, et autres semblables, Rech. III, II, 8 dans QUALITÉ
Que ce soit l'homme ou la femme qui ait introduit le péché dans le monde, c'est la même chose, selon saint Augustin, Rech. Éclairc. liv. I, t. IV, p. 126 dans POUGENS dans QUE
On avertit seulement que l'état du vieillard n'arrive pas précisément à soixante ou à soixante et dix ans ; que tous les vieillards ne radotent pas...., Recherche, II, II, 1 dans RADOTER
Il n'y a maintenant qu'à nier d'un certain air le péché originel, l'immortalité de l'âme, ou se railler de quelque sentiment reçu dans l'Église, pour acquérir la rare qualité d'esprit fort parmi le commun des hommes, Rech. vér. II, III, 2 dans RAILLER
Ramassera-t-on tous les passages qui sont pour et contre ?, Rech. vér. éclairc. liv. VI, t. IV, p. 299, dans POUGENS. dans RAMASSER
Il est évident à tout homme qui consulte sa raison, et qui méprise les rapports de ses sens, que ce ne sont point les objets que nous sentons, qui agissent effectivement en nous, Recherch. vér. IV, 10 dans RAPPORT
Quand, par exemple, on dit que du drap que l'on mesure a trois aunes, le drap et les aunes sont réelles, mais l'égalité entre trois aunes et le drap n'est point un être réel ; ce n'est qu'un rapport qui se trouve entre les trois aunes et le drap, Rech. vér. III, 2, 6 dans RAPPORT
Parce que toutes les vérités ne sont que des rapports, on peut dire généralement que, dans toutes les questions, on ne recherche que la connaissance de quelques rapports, ib. VI, 2, 7 dans RAPPORT
J'appelle rayon de lumière, ou simplement rayon, la ligne droite tirée de l'objet lumineux, ou éclairé, par laquelle se transmet l'action qui le rend visible, Rech. vér. éclairc. sur l'opt. t. IV, p. 427, dans POUGENS. dans RAYON
Un auteur s'applique à un genre d'étude ; les traces du sujet de son occupation s'impriment si profondément et rayonnent si vivement dans tout son cerveau, qu'elles effacent quelquefois les traces des choses même fort différentes, Rech. II, II, 2 dans RAYONNER
Il faut faire attention à ce principe certain, que la réaction est égale à la résistance que trouve l'action, ou qu'un corps qui en choque un autre, souffre dans ses parties la même compression qu'il produit dans l'autre, Rech. Lois des mouv. part. 2 dans RÉACTION
Ce que je vais dire d'abord n'est que pour ceux qui reçoivent le principe de M. Descartes, Rech. lois des mouv. part. 1 dans RECEVOIR
La principale chose que l'on trouve à redire dans la manière dont M. Descartes fait naître le soleil, les étoiles, la terre et tous les corps qui nous environnent, c'est qu'elle paraît contraire à ce que l'Écriture sainte nous apprend de la création du monde, Rech. VI, II, 4 dans REDIRE
Les corps durs qui font ressort, se redressent lorsqu'on les a courbés, Rech. lois des mouv. part. 2 dans REDRESSER
La force qui donne l'être à toutes choses n'est pas sujette au changement, et, par les forces ordinaires de la nature, ce qui est ne peut être réduit à rien, Rech. IV, 11 dans RÉDUIT, ITE
Tout le monde sait que l'on a dressé des tables de réfractions pour les observations astronomiques, lesquelles tables donnent, pour les différents degrés de hauteur des planètes, différentes élévations apparentes, fondées sur ce que je viens de dire, Rech. vér. Rép. à Régis, ch. I dans RÉFRACTION
Il n'est pas nécessaire de savoir précisément comment se fait la régénération des enfants, pourvu qu'on admette en eux une véritable régénération, ou une justification intérieure et réelle, causée, si on le veut, par les actes qui accompagnent le sacrement, Rech. éclaircissements, I dans RÉGÉNÉRATION
De sorte que le plus faible doit rejaillir avec un mouvement égal à la quantité du choc, ou continuer son mouvement avec une augmentation égale aussi à la quantité du choc, Rech. vér. lois des mouv. part. 1 dans REJAILLIR
Les religieux n'ont pas l'esprit ni le coeur tourné comme les autres hommes du monde, ni même comme les ecclésiastiques ; ils sont unis à moins de choses, mais ils y sont naturellement plus fortement attachés, Rech. V, 3 dans RELIGIEUX, EUSE
Nous voulons parler ou chanter ; mais nous ne savons pas seulement quels muscles il faut remuer pour parler ou pour chanter, Rech. vér. V, 3 dans REMUER
Se repaître plutôt l'esprit de la vanité des paroles que de la solidité des choses, Rech. vér. I, 18 dans REPAÎTRE
Je crois devoir avertir que ce qui gâte le plus la physique de M. Descartes est ce faux principe, que le repos a de la force ; car de là il a tiré des règles du mouvement qui sont fausses, Rech. vér. VI, 2, 9 dans REPOS
Il [un corps] est poussé sans repousser, puisque le repos n'a point de force pour résister au mouvement, Rech. vér. lois des mouv. part. 1 dans REPOUSSER
J'avoue que je dois à M. Descartes, ou à sa manière de philosopher, les sentiments que j'oppose aux siens, et la hardiesse de le reprendre, Rech. vér. VI, II, 9 dans REPRENDRE
Retenons bien que les objets extérieurs ne renferment rien d'agréable ni de fâcheux, Rech. vér. I, 17 dans RETENIR
Les observations astronomiques apprennent que les carrés des temps des révolutions des planètes sont entre eux comme les cubes de leurs distances du centre commun de leur révolution, Rech. vér. éclairc. sur la lune, t. IV, p. 381, dans POUGENS. dans RÉVOLUTION
Il faut se servir d'adresse, et se représenter des choses contraires à celles qui excitent et qui entretiennent ce mouvement, et cela fera révulsion, Rech. vér. V, 8 dans RÉVULSION
La faveur et les rieurs, comme l'on dit ordinairement, ne sont que rarement du côté de la vérité, Rech. vér. IV, 13 dans RIEUR, EUSE
Des crimes qui rompent la société, qui abrégent la vie, et qui déshonorent Dieu en toutes manières, Rech. vér. Éclairc. liv. I, t. IV, p. 110, dans POUGENS. dans ROMPRE
Les rayons sont diversement, ou réfléchis, ou rompus, Rech. vér. Éclairc. sur la lum. t. IV, p. 388, dans POUGENS. dans ROMPU, UE
Si l'on considère que le souffle seul est capable de pousser une balle de plomb avec violence par le moyen des sarbacanes, à cause que la force du souffle ne se dissipe point et se renouvelle sans cesse, Rech. vér. VI, II, 8 dans SARBACANE
Les faux savants ne sont pas les seuls qui veulent paraître ne rien ignorer ; presque tous les hommes ont ce défaut, principalement ceux qui ont quelque lecture et quelque étude, Rech. vér. IV, 8 dans SAVANT, ANTE
Quelques-uns s'imaginent que le ton majeur n'est point différent du ton mineur ; de sorte que le comma, qui en est la différence, leur est insensible, et à plus forte raison le schisma, qui n'est que la moitié du comma, Rech. VI, 4 dans SCHISMA
Comme on ne peut trouver deux visages qui se ressemblent entièrement, on ne peut trouver deux imaginations tout à fait semblables, Rech. vér. II, II, 1 dans SEMBLABLE
Nous devons observer exactement cette règle de ne juger jamais par les sens de ce que les choses sont en elles-mêmes, mais seulement du rapport qu'elles ont avec notre corps, Rech. I, 5 dans SENS
Il est évident de tout ceci, que les sens ne nous sont donnés que pour la conservation de notre corps, et non pour apprendre la vérité, ib. I, 10 dans SENS
Les sensations ne sont rien autre chose que des manières d'être de l'esprit ; et c'est pour cela que je les appellerai des modifications de l'esprit, Rech. vér. I, 1 dans SENSATION
Il faut bien prendre garde à tempérer de telle manière la sensibilité de ses expressions que l'on ne fasse que rendre l'esprit plus attentif, Recherche, VI, 3 dans SENSIBILITÉ
Ceux qui s'abandonnent à toutes sortes de divertissements très sensibles et très agréables, ne sont pas capables de pénétrer des vérités qui renferment quelque difficulté considérable, Recherche, II, 2e part. ch. 8, 1 dans SENSIBLE
On ne connaît son âme que par le sentiment intérieur qu'on en a, Rech. vér. VI, II, 6 dans SENTIMENT
Je distingue entre connaître par idée claire, et connaître par sentiment intérieur, Rech. vér. Rép. à Regis, ch. 2 dans SENTIMENT
Ils n'apportent presque jamais une attention forte et sérieuse pour découvrir la vérité, Rech. vér. I, 18 dans SÉRIEUX, EUSE
S'il y a des choses que l'on doive ignorer, ce sont celles qui ne servent à rien, Rech. vér. IV, 2 dans SERVIR
S'il est certain que tout ce qui est intelligible se réduit aux êtres et aux manières d'être, il est évident que tout terme qui ne signifie aucune de ces choses ne signifie rien, Rech. vér. Éclairc. liv. III, t. IV, p. 220, dans POUGENS. dans SIGNIFIER
Nul homme n'est à soi-même sa raison, sa lumière, sa sagesse ; si ce n'est peut-être lorsque sa raison est une raison particulière, sa lumière une fausse lueur, sa sagesse une folie, Rech. vér. éclair. liv. I, t. IV, p. 91, dans POUGENS. dans SON
C'est une chose assez ordinaire à certaines personnes d'avoir, la nuit, des songes assez vifs pour s'en ressouvenir exactement lorsqu'ils sont réveillés, Rech. vér. II, 3, ch. dern. dans SONGE
Encore que je sois persuade que les véritables sorciers soient très rares, que le sabbat ne soit qu'un songe, et que les parlements qui renvoient les accusations des sorcelleries soient les plus équitables, Rech. vér. II, 3, ch. dernier. dans SORCIER, IÈRE
L'imagination ne peut souffrir les vérités abstraites et extraordinaires : elle les regarde, ou comme des spectres qui lui font peur, ou comme des fantômes dont elle se moque, Rech. vér. éclairc. liv. I, t. IV, p. 67, dans POUGENS. dans SOUFFRIR
Il faut se soumettre à l'autorité de l'Église, parce qu'elle ne peut jamais se tromper ; mais il ne faut pas se soumettre aveuglément à l'autorité des hommes, parce qu'ils peuvent toujours se tromper, Rech. vér. IV, 3 dans SOUMETTRE
Il n'y a rien dans mes écrits qui puisse faire, je ne dis pas juger, mais seulement soupçonner à une personne équitable, que j'aie jamais eu un sentiment si extravagant et si impie, Rech. vér. t. III, Rép. dans POUGENS dans SOUPÇONNER
Ce n'est pas ici le lieu de découvrir les souplesses de l'amour-propre, Rech. vér. II, II, 6 dans SOUPLESSE
La proposition que M. Régis prétend prouver dans le chapitre 30 du troisième tome de sa philosophie, et par laquelle il le finit, n'est pas soutenable, Rech. vér. Rép. à Régis, ch. 1 dans SOUTENABLE
Les poids, pour demeurer en équilibre, doivent être en proportion réciproque avec leurs distances du soutien ; c'est-à-dire, qu'un poids doit être à l'autre poids, comme la distance qui est entre le dernier et le soutien, est à la distance du premier d'avec le même soutien, Rech. vér. VI, I, 4 dans SOUTIEN
Les idées que Dieu a eues [des êtres en les créant] ne sont point différentes de lui-même ; et ainsi toutes les créatures, même les plus matérielles et les plus terrestres, sont en Dieu, quoique d'une manière toute spirituelle que nous ne pouvons comprendre, Rech. vér. III, II, 5 dans SPIRITUEL, ELLE
Je crois que ceux-là se trompent, qui pensent que la rébellion du corps n'est cause que des vices grossiers, tels que sont l'intempérance et l'impudicité ; et non de ceux qu'on appelle spirituels, comme l'orgueil et l'en vie, Rech. vér. Éclair. l. I, t. IV, p. 116, dans POUGENS. dans SPIRITUEL, ELLE
On doit conclure de tout ceci, que les esprits créés seraient peut-être plus exactement définis, substances qui aperçoivent ce qui les touche ou les modifie, que de dire simplement que ce sont des substances qui pensent, Recherc. vér. rép. à Régis, ch. 2 dans SUBSTANCE
Les jacobins se croient obligés de suivre saint Thomas, et pourquoi ? c'est souvent parce que ce saint docteur était de leur ordre, Rech vér. v, 6 dans SUIVRE
Ainsi les satellites de Jupiter et les couches qui les entraînent doivent suivre la règle de Kepler, Rech. vér. éclairc. sur la lum. dans SUIVRE
Le superbe est un homme riche et puissant, qui a un grand équipage, qui mesure sa grandeur par celle de son train, et sa force par celle des chevaux qui tirent son carrosse, Rech. vér. v, 7 dans SUPERBE
Les premières, qu'on appelle perceptions pures, sont, pour ainsi dire, superficielles à l'âme, elles ne la pénètrent et ne la modifient pas sensiblement, Rech. vér. I, 1 dans SUPERFICIEL, ELLE
Un fort grand nombre d'esprits superficiels qui n'approfondissent jamais rien, et qui n'aperçoivent que confusément les différences des choses, Rech. vér. II, part. 2, ch. 8, 2 dans SUPERFICIEL, ELLE
On peut distinguer l'ordre surnaturel du naturel en plusieurs manières ; car on peut dire que le surnaturel a rapport aux biens futurs, Rech. vér. éclairc. l. VI, t. IV, p. 288, dans POUGENS. dans SURNATUREL, ELLE
Il y a certaines gens qui apprennent toute leur vie à parler, et qui devraient peut-être se taire toute leur vie, Rech. vér. V, 11 dans TAIRE
Il faut que les sens et les passions se taisent, si l'on veut entendre la parole de la vérité, Rech. vér. IV, 11 dans TAIRE
Le fond de l'oeil étant tapissé par la choroïde aussi bien que par la rétine, Rech. vér. Éclair. sur l'opt. t. IV, p. 443 dans TAPISSÉ, ÉE
Il faut se tâter, se manier, se sonder, pour savoir qu'on est vain, Rech. vér. II, II, 6 dans TÂTER
L'esprit est tellement esclave de l'imagination, qu'il lui obéit toujours lorsqu'elle est échauffée, Rech. vér. v, 11 dans TELLEMENT
Leur but principal est de savoir au vrai les opinions qu'ils ont tenues, sans se mettre beaucoup en peine de ce qu'il en faut tenir, Rech. vér. II, II, 4 dans TENIR
Il n'y a rien à quoi l'on ne tienne, quoiqu'on ne le sente pas toujours ; de même qu'on ne sent pas toujours que son âme est unie, je ne dis pas à son bras et à sa main, mais à son coeur et à son cerveau, Rech. vér. IV, 13 dans TENIR
Toutes les choses de la nature se tiennent et se prouvent les unes les autres, Rech vér. IV, 2 dans TENIR
Une plume dans le vide d'air doit tomber aussi vite que du plomb, Rech. vér. Éclair. sur la lum. t. IV, p. 412, dans POUGENS. dans TOMBER
La différence des tons ne vient point de la force des vibrations de l'air, mais de leur promptitude, Rech. vér. Éclairc. sur la lum. t. IV, p. 338, dans POUGENS. dans TON
Les hommes se plaisent généralement dans tout ce qui les touche de quelque passion que ce puisse être ; ils ne donnent pas seulement de l'argent pour se faire toucher de tristesse par la représentation d'une tragédie, ils en donnent aussi à des joueurs de gobelets pour se faire toucher d'admiration, Rech. V, 8 dans TOUCHER
Le tour des paroles de Tertullien, de Sénèque, de Montaigne et de quelques autres, a tant de charmes et tant d'éclat, qu'il éblouit l'esprit de la plupart des gens, quoique ce ne soit qu'une faible peinture et comme l'ombre de l'imagination de ces auteurs, Rech. vér. II, III, 3 dans TOUR
Ceux qui ne veulent point se délasser avec moi peuvent passer outre ; il leur est permis, ils n'ont qu'à tourner la page, Rech. vér. IV, 13 dans TOURNER
Les traces du cerveau n'obéissent point à l'âme, elles ne s'effacent pas lorsqu'elle le souhaite : elles lui font au contraire violence, et l'obligent même à considérer sans cesse les objets, d'une manière qui l'agite et qui la trouble en faveur des passions, Rech. vér. v, 11 dans TRACE
Les démons se transforment quelquefois en anges de lumière, Rech. vér. II, III, 2 dans TRANSFORMER
M. Huyghens, dans son traité de la lumière, conclut par les éclipses des satellites de Jupiter, que la lumière se transmet environ six cent mille fois plus vite que le son, Rech. vér. Éclairc. sur la lum. t. IV, p. 341, dans POUGENS. dans TRANSMETTRE
Il se transpire beaucoup plus d'humeurs par les pores imperceptibles des artères et de la peau, qu'il n'en sort par les autres passages du corps, Rech. vér. II, I, 3 dans TRANSPIRER
Si on croyait qu'il fût à propos, pour la satisfaction de quelques esprits, d'expliquer comment le sentiment qu'on a de la matière s'accorde avec ce que la foi nous enseigne de la transsubstantiation, on le ferait peut-être d'une manière assez nette et assez distincte, et qui certainement ne choquerait en rien les décisions de l'Église, Rech. vér. III, II, 8 dans TRANSSUBSTANTIATION
On croit le mystère de la Trinité, quoique l'esprit humain ne le puisse concevoir ; et on ne laisse pas de croire que deux choses qui ne diffèrent point d'une troisième ne diffèrent point entre elles, quoique cette proposition semble le détruire, Rech. vér. III, II, 8 dans TRINITÉ
Si l'on fait un petit trou à une carte, qu'on l'expose au soleil ou au grand jour, et qu'on mette dessous un verre sur lequel tombe le rayon intercepté, on verra deux petits cercles éclairés...., Rech. vér. Éclairc. sur la lum. t. IV, p. 389, dans POUGENS. dans TROU
Le son ne se fait entendre que par le moyen des vibrations de l'air qui ébranlent le nerf de l'oreille, Rech. vér. Éclairc. sur la lum. t. IV, p. 338, dans POUGENS. dans VIBRATION
Cette vicissitude continuelle qui fait la beauté de l'univers, Recher. vér. Éclairc. l. VI, t. IV, p. 280, dans POUGENS. dans VICISSITUDE
Le second défaut de ceux qui ont l'imagination forte et vigoureuse, est d'être visionnaires d'imagination, ou simplement visionnaires ; car on appelle du terme de fou ceux qui sont visionnaires des sens, Rech. vér. II, 3, 1 dans VISIONNAIRE
Voici donc les mauvaises qualités des esprits visionnaires : ces esprits sont excessifs en toutes rencontres : ils relèvent les choses basses ; ils agrandissent les petites ; ils approchent les éloignées ; rien ne leur paraît tel qu'il est, Rech. vér. II, 31 dans VISIONNAIRE
Il est indubitable que ce n'est pas en soi-même ni pour soi-même que l'esprit voit l'existence des choses, mais qu'il dépend en cela de quelque autre chose, Rech. vérité, III, II, 5 dans VOIR
Dès que l'âme veut que le bras soit mû, le bras est mû, quoiqu'elle ne sache pas seulement ce qu'il faut faire pour le remuer, Rech. vér. II, I, 5 dans VOULOIR